20 ans de marché unique : La clope qu’on partage (IV)

Ce soir, nous les blogueurs et autres gens de la presse, nous étions invités à dîner avec des communiquants de l’Union Européenne. J’avais en face de moi un monsieur que vous lisez peut-être, ou dont vous connaissez en tout cas le nom, et à côté de lui, une dame de la télévision grecque à Thessalonique.

À un moment donné, la dame a dit quelque chose à propos de son pays, et le monsieur à fait un commentaire un peu désabusé, du genre « Bon, il ne faut rien exagérer ».

La dame n’a rien répondu tout de suite, elle s’est simplement levée, à pris son manteau, puis elle a dit :
« Excusez-moi, il faut que je sorte un moment ! »

Je me suis levé après elle. Dehors, je lui ai dit : « Je suis désolé : il y a des gens comme ça ». Elle a sorti son paquet de cigarettes et m’en a offert une. J’ai dit : « C’est une affaire qui finira très mal » et elle m’a répondu : « Chez moi, elle est déjà en train de finir très mal ».

Les gens comme le monsieur se retrouvent le plus souvent dans le camp des vainqueurs. La dame et moi, rarement. On est plutôt du camp de ceux qui parfois se partagent une clope, sans ajouter grand-chose.

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119 réflexions sur « 20 ans de marché unique : La clope qu’on partage (IV) »

  1. Une émission que l’on peut écouter :

    http://www.franceinter.fr/emission-service-public-la-crise-des-annees-30-c-est-maintenant

    Ils militent pour la restructuration de la dette, ou l’inflation.

    François Lenglet
    Journaliste économique, spécialiste de la Chine

    Jean Vigreux
    Historien, professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne

    En cherchant à savoir ce qu’est le bloc-or, je suis tombé sur :

    http://goldcoin.org/money/keynes%E2%80%99s-delusion-and-the-little-fish/3649/

    It was perhaps the perception of the immorality of the Keynesian “solutions” to economic crises that prompted this sarcastic denunciation by Malcolm Bryan, president of the Federal Reserve Bank of Atlanta, 1957:

    If a policy of active or permissive inflation is to be a fact … we should have the decency to say to the money saver, “Hold still, Little Fish! All we intend to do is to gut you.”

  2. Ces gens ne méritent aucune considération.
    Pendant ce temps là au Portugal : http://lejournaldusiecle.com/2012/10/16/le-portugal-senflamme-contre-le-plan-dausterite-de-2013/
    En France on expulse pour construire un aéroport : http://7seizh.info/en-direct-de-notre-dame-des-landes-operations-militaires-dexpulsion-en-cours/
    C’est sur dans le contexte actuel un deuxième aéroport à Nantes c’est vraiment indispensable…

    Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

    Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
    Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
    Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.
    Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime.
    Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
    Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
    C’est le prophète saint prosterné devant l’arche,
    C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
    Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
    Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
    Car de son vague ennui le néant les enivre,
    Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
    Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
    Le sombre accablement d’être en ne pensant pas.
    Ils s’appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
    Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
    Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
    N’a jamais de figure et n’a jamais de nom ;
    Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
    Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
    Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
    Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
    Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ;
    Le bas du genre humain qui s’écroule en nuage ;
    Ceux qu’on ne connaît pas, ceux qu’on ne compte pas,
    Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
    L’ombre obscure autour d’eux se prolonge et recule ;
    Ils n’ont du plein midi qu’un lointain crépuscule,
    Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
    Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

    Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
    Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
    Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l’on va,
    Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
    Regarder sans respect l’astre, la fleur, la femme,
    Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l’âme,
    Pour de vains résultats faire de vains efforts,
    N’attendre rien d’en haut ! ciel ! oublier les morts !
    Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
    Fiers, puissants, ou cachés dans d’immondes repaires,
    Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
    Et j’aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
    Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
    Un arbre dans les bois qu’une âme en vos cohues !

    Victor Hugo

  3. Après un mois d’absence, je retrouve le blog sur cette séquence : une petite merveille.
    Bien vu Zébu, un mouvement de caméra peut traduire instantanément un récit fastidieux.
    Alors bravo Paul Jorion pour cet éclairage particulier d’une histoire inquiétante !
    Salut l’artiste!

  4. et pendant ce temps là..

    au moins c’est clair.. Europe égal « grande Allemagne »..et pour la souveraineté et la Démocratie.. on n’aura plus de droits.

    Le plan de l’Allemagne pour l’Europe fédérale

    Citation:
    «Nous devons à présent faire un grand pas vers l’union budgétaire»,
    a-t-il affirmé mardi matin à son retour d’Asie. Ce pas se ferait par le
    renforcement des pouvoirs du commissaire aux affaires monétaires qui
    pourrait, par exemple, refuser de son propre chef les projets
    budgétaires nationaux qui iraient à l’encontre du pacte budgétaire et
    réclamer des améliorations. «Là-dessus, il devra décider seul pour ce
    qui concerne le respect du pacte budgétaire»,

    On passerait donc, comme le souligne le ministre allemand d’un droit de
    conseil à un droit d’injonction. «Le commissaire au budget devra être
    aussi craint que l’est aujourd’hui le commissaire à la concurrence»,
    explique-t-il.

    Le ministre allemand veut accompagner cette réforme d’une amélioration
    du droit du parlement européen. Ou plus exactement du parlement de la
    zone euro.

    Dans le projet allemand, ce parlement de la zone euro obtiendrait le
    pouvoir budgétaire des parlements nationaux et devrait valider les
    budgets des Etats-membres. Ce serait un pas de géant vers la
    centralisation de l’Union européenne. Mais Wolfgang Schäuble prévient:
    un député européen devra alors représenter le même nombre d’électeurs.
    Pas question donc de donner plus de pouvoir à Malte ou Chypre que ce
    qu’ils représentent vraiment.

    Une Europe budgétaire unifiée dans le cadre du pacte budgétaire serait
    positive pour l’Allemagne qui imposerait ainsi son modèle de stabilité
    au reste de la zone euro. Un modèle qu’elle a déjà mise en œuvre

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121016trib000725157/le-plan-de-l-allemagne-pour-l-europe-federale.html

    là, on entre dans une dictature de fait.. un Homme seul , le commissaire au budget ayant tout pouvoir , sans demander d’avis à quiconque de modifier les budgets si ils ne lui plaisent pas, un homme non élu de surcroit..
    la suppression des parlements nationaux au profit d’un parlement zone Euro, dont l’allemagne serait sans aucun doute le patron..

    ce que Hitler n’a pu faire, Merkel va le réussir.. l’Europe sous la botte Allemande, bien sur sans la barbarie, mais avec combien de victimes de l’ultra libéralisme.?

  5. Ce matin j’ai eu la visite de l’Huissier….

    Je lui ai dit qu’on ne pouvait pas payer et que tout cela allait finir très mal. (J’ai dit: ça va péter sévère).

    Il a pris sa veste, au-revoir Monsieur et a détalé très vite.

    Je pense que ces gens là sentent le truc arriver… contrairement à des pseudos-auteurs qui ont le cul dans le coton.

    1. J’espère pour vous que cela va péter collectivement très vite, car pour l’instant tous les rouages mis en oeuvre pour les recouvrement sont encore bien huilés.

      Avez vous une solution de repli?

      1. Oui, à force on s’habitue.

        J’appelle ça la dématérialisation forcée. Que du bénéfice, j’ai arrêté de cloper, je mange des fruits que je ramasse, des légumes du jardin, j’ai revendu ma voiture, a vrai dire je ne suis pas plus malheureux qu’avant, au contraire.Tant qu’on ne me taxera pas les plaisirs gratuits de la vie, comme prendre la guitare, faire du vélo en forêt, aller aux champignons, se cultiver, regarder les étoiles, j’en passe et des millions, alors la vie vaudra la peine d’être vécue. Disons qu’il y a une marge, encore, avant laquelle rien ne sera plus pareil, c’est l’expropriation (la mise à la rue plutôt, mon logement ne m’appartenant pas.)
        Mais quoi qu’il en soit, il sera toujours temps de prendre les chemins de traverses…

  6. en trente ans de journalisme j’ai croisé ce type de profil dans (presque) toutes ses versions, notamment dans la hiérarchie des journaux…ceux sont des gens qui pensent qu’ils ne sont pas concernés par les risques majeurs de l’époque, le quotidien de la majorité de la population. Perte d’emploi, problème d’argent, de logement, d’éducation des enfants, de soins, etc etc, rien ne les atteint. L’histoire glisse sur eux comme l’eau sur les plumes d’un canard. Ils sont insubmersibles, en tout cas ils en sont persuadés. Et les autres, tous les autres, enfin tous ceux qui n’appartiennent pas à leur monde, exagèrent leurs difficultés. le pauvre et plus généralement l’inférieur, se plaint, c’est atavique, en attendant que les neurosciences montrent que c’est génétique. En1991, j’étais en reportage à Alger juste avant les élections qui allaient donner la majorité aux islamistes. Un soir, dans la boîte de nuit de l’hôtel, avec une journaliste du service politique de l’hebdomadaire auquel j’appartenais, nous avons discuté avec une jeune algérienne de dix huit ans. Appartenant à la Nomenklatura, totalement européanisée, elle et sa famille avaient tout à craindre d’une éventuelle arrivée au pouvoir des islamistes. Etait elle inquiète ? Pas du tout. « nous irons vivre à Londres » . Voilà c’est tout simple. Les grecs feraient mieux d’aller vivre dans leur maison de Londres, le temps que la crise passe. Les choses ne sont jamais aussi graves, qu’on veut bien le croire.

  7. Berlin contre l’émission de dette commune.

    « Vous pouvez le tourner comme vous le voulez, ce type d’émission de dette commune ne pourra se faire avec notre gouvernement », a prévenu le ministre délégué aux Affaires européennes allemand, Michael Link, en marge d’une réunion ministérielle à Luxembourg. Berlin rejette donc toute forme d’émission de dette commune. Pourtant, le rapport du président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, le proposait. Il en sera question au sommet européen de jeudi et vendredi.

    http://www.lesoir.be/100115/article/actualite/fil-info/2012-10-16/berlin-contre-l%E2%80%99%C3%A9mission-dette-commune

  8. On est plutôt du camp de ceux qui parfois se partagent une clope, sans ajouter grand-chose.

    Les mots ont une limite. Vous l’avez touchée et franchie avec cette dame. Elle sait comment ça se passe chez elle. Nous avons encore, pas tous, l’illusion d’être spectateurs. Nous y allons dans ce spectacle pour y être acteurs sous la direction des ces gens qui disent

    Bon, il ne faut rien exagérer

    Les mots ne parlent plus. Ils ne décrivent plus la réalité. Ils sont vides.

    Qu’est-ce qu’il y a au delà des mots ? Nous allons l’apprendre. Ce sera moche. Cette dame le voit. Elle n’a pas de mots pour le décrire. Elle est sortie. Elle n’a pas contredit le

    Bon, il ne faut rien exagérer

    de son interlocuteur. Elle est sortie. Vous en avez compris une partie. Elle l’a accepté. C’est plus que ce qu’elle reçoit d’habitude. Vous n’avez pas tout compris. Sinon vous auriez eu beaucoup de choses à vous dire. Vos mots étaient dans la bonne direction mais pas au coeur de ce qu’elle vit et ressent.

    Vous êtes dans la bonne direction. Vous n’êtes pas au coeur de la situation. Elle y est. J’en suis très loin. Elle a une situation, une position, une reconnaissance. Elle n’est pas la plus à plaindre car elle n’est pas écrasée. Je ne l’envie pas.

    Tout ça pour s’assurer que les créanciers revoient leur argent et pour sauver les plus riches de l’appauvrissement. Tout cela pour protéger une mécanique rationnelle qui détruit les peuples et l’Europe. Tout cela nous a mis dans une situation qui me rappelle les années 30 et tout cela est TINA.

  9. Compatir, soutenir moralement, et financièrement les Grecs il faut bien évidemment le faire du mieux possible. Mais, il faut bien voir que ce qui arrive aujourd’hui résulte de ce qui a été fait hier. On oublie facilement ce qui a été fait de bien et c’est naturel, mais on a vite fait d’accabler les autres pour ce qui arrive de mauvais aujourd’hui alors qu’il y avait bien mieux à faire avant d’en arriver là. Au sujet de ce qui arrive de mal, et afin d’être positif, il convient de saisir l’occasion de tirer les leçons et d’en identifier objectivement les causes.

    Au siècle dernier, en l’espace de 50 ans, l’Europe a vécu et a subi sur son sol, deux grandes guerres et une grande crise économique, les trois ayant eu des implications mondiales. En sus, certains peuples ont eu à subir, au-delà du rideau de fer, presqu’un demi siècle supplémentaire sous le jouc d’Etats communistes. Beaucoup de jeunes générations qui ont subi cette terrible période ont hérité de ce que leurs ainés avaient préparé en mal ou en bien, préalablement.

    Les personnes que j’ai connues et qui avaient vécu cela ne se plaignaient pas, mais leurs épreuves les avaient durablement marquées surtout chez celles qui avaient dû travailler dur pour se sortir de la misère. Elles ne se plaignaient pas et auraient très bien pu dire « Bon, il ne faut rien exagérer » parce qu’elles avaient elles-mêmes subi des épreuves peut-être pire que celles que doit endurer le peuple Grec aujourd’hui. Peut-être que l’auteur de cette remarque pensait à ces anciens et voulait tempérer le manque de sensibilité de cette dame aux souffrances passées.

    En effet chez les générations nées après la dernière guerre, surtout celles issues de milieux aisés, la transmission de ces temps d’épreuves plus anciennes, même si elle s’est faite, n’est probablement pas aussi présente que chez les plus âgées. Or, il nous faut quand même ne pas oublier, que nous avons hérité, grâce à nos anciens, d’une Europe, certes imparfaite, mais qui nous a apporté depuis sa création, 60 ans de paix.

    Ce qui marque chez les générations d’après guerre, qui ont connu une vie globalement plus maternée que les précédentes, en sus de n’avoir jamais connu de guerre entre Etats, ou de graves désordres sur leur sol, c’est de ne pas prendre conscience de tout ce qu’elles doivent aux générations qui les ont précédées.

    Elles semblent bien ingrates à l’égard des générations passées qui ont fait de leur mieux pour préparer le futur en mettant L’Union en route, ce qui a quand-même apporté la paix en Europe.

    Elles semblent également bien égoïstes à l’égard des générations futures, en n’acceptant pas de réduire leur propre train de vie actuel afin de donner de meilleures chances aux générations futures de ne pas être mises dans le besoin et dans de plus sévères restrictions parce que les générations actuelles ne veulent pas modérer les salaires alors que l’Allemagne a su le faire depuis dix ans, ni adopter des durées de travail et un âge de départ en retraite en rapport avec ce qu’ont su s’imposer les autres en Europe.

    Alors oui, il faut aider les Grecs mais si l’on veut ne pas trop pénaliser les générations à venir, il faut aussi faire comprendre et comprendre soi-même qu’on doit travailler pour produire des richesses à un niveau en rapport avec celles qu’on dépense. Cela interdit de s’endetter pour surconsommer et sous-travailler.

    Il y a de gros progrès à faire, et pas seulement en Grèce, sans quoi l’Europe du Sud sera larguée.

    1. « Peut-être que l’auteur de cette remarque pensait à ces anciens et voulait tempérer le manque de sensibilité de cette dame aux souffrances passées » ! C’est le manque de sensibilité de cette dame qui est en question ici, vous avez tout compris, c’est l’évidence même, M. Jducac !
      Dites donc, vous n’êtes pas un peu tordu, non!? Il vous en faut des contorsions pour justifier l’injustifiable pour ensuite faire passer votre message sur le crime d’endettement maintes fois ressasé ailleurs qu’ici. Quel rapport?
      Pour le sous-travail voilà en revanche un concept qu’il est intéressant, n’est-ce pas ce qui a été mis en oeuvre en Allemagne pour diminuer les chiffres du chômage? hum, je ne suis pas sûr de vouloir que vous développiez ce concept finalement.

    2. Misère de misère…
      Ce n’est une génération qui exploite une autre,
      ni qui accumule, spécule, et a créé la nouvelle crise de surproduction.
      C’est une classe sociale, un rapport de production, le capital..

    3. Je n’ai pas tout lu. Il y a des morts en Grèce pour respecter la rationalité économique. Leur mort signale qu’une limite a été franchie.

      L’Aube Radieuse (je crois) arrive. Elle est l’un des résultats du franchissement de cette limite. La dernière fois, cela nous a donné Adolf Hitler et ses petits copains. Il n’y a eu que 40 millions de morts. La prochaine fois, nous y allons, ce sera pire. Il y a un parti assez rude en Hongrie. Le Front National est à l’affût en France. En Espagne les partis socialistes et populaires sont totalement discrédités. Je ne sais pas ce qui se passe au Portugal mais je serais étonné s’il n’y avait rien. En Italie, les néofacistes doivent rigoler. Nos armes sont meilleures nous aurons plus de morts et leurs troupes sont en formation.

      « Bon, il ne faut rien exagérer »

  10. Ce qui m’est arrivé hier soir dans un vestiaire de judo quand j’ai évoqué/laissé entendre que la situation en Grèce était très dramatique et qu’on n’en prenait pas la juste mesure ici, cela ressemble fort à la même scène à quelques nuances près.
    Mon ami (que je considère comme tel) n’a pas dit « Il ne faut rien exagérer », il a dit plutôt un truc du genre « ça m’intéresse pas, non mais on va pas s’occuper de toute la misère du monde! ». Il avait même l’air remonté que j’évoque la question, je ne m’y attendais d’ailleurs pas et suis resté interdit. Je crois que ça veut dire à peu près la même chose ce « Il ne faut rien exagérer ».
    J’ai aussi mon propre traducteur intégré: « je suis bête, inconscient, égoiste et je l’assume. J’ai peur d’affronter la réalité mais ça je ne veux pas le savoir. » Bien sûr, je ne pouvais pas lui dire ça.
    Je suis tout de même revenu à la charge pour essayer de lui dire qu’il risquait de se retrouver dans la même situation en occultant ce qui leur arrive et qu’il pouvait défendre mieux ses intérêts en essayant de comprendre. Il a fini par une boutade.
    Et je l’aime bien. Si j’avais dû fumer une clope, cela aurait pu être avec lui… dilemme…
    Que me conseillez vous docteur?

    1. J’ai le même problème très souvent. Des amis qui n’ont aucune prise de conscience des enjeux des crises actuelles.
      Un avec qui j’aurais bien fumé cette clope ou descendu un bière : je lui parle du nucléaire : oh! en France c’est très sur, contrairement au Japon; les gaz de schistes: il faut bien vivre; de la crise économique : c’est la faute au 35h…
      J’arrive même plus à argumenter point par point, je ne sais pas si c’est d’une utilité quelconque.

    2. Il faut tenir compte du fait que quelqu’un qui vous dit à propos d’une question essentielle qu’elle « ne l’intéresse pas » est en fait au bord de la crise de nerfs. Voyez le romancier à succès que se trouvait chez Taddéi quand je suis passé à Ce soir ou jamais l’autre jour. Le chômage ne l’intéressait pas plus que le Traité européen, mais il était très loin d’être détendu à ce sujet. Lorsque j’ai fait un exposé a Profondville il y à quelques semaines, une personne dans l’assistance, au lieu de me dire qu’il détestait ce que je venais de dire, à formulé son antagonisme de la manière suivante : « Une de mes étudiantes, qui vient de vous écouter, m’a dit que les discussions relatives à la crise l’ennuient désormais profondément ! » Je lui ai répondu : « J’espère pour vous que vous vous trouverez à l’avenir des étudiantes plus intelligentes que celle-là ».

    3. Certes, j’ai expérimenté le même déni platement assumé (à divers degrés de conscience). Il y a tellement de crises sous-imbriquées, en effet, qu’il faudrait ne pas s’arrêter d’argumenter, faire des (r)appels historiques, sans compter la culture générale de plus en plus défaillante.

      On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Mais conduire un troupeau d’ânes au lac qu’ils ne voient pas ?

      Et ces attitudes de fuite vont se multiplier et s’amplifier au fur et à mesure que le puzzle va s’assembler sous les yeux médusés des braves citoyens. Car j’ai le sourd sentiment que ce qui s’accélère dramatiquement, c’est la convergence des crises et la mise en place tranquille de verrous et de boucles de rétroaction (d’ailleurs tiens, ces crises, on dirait qu’elles s’alignent comme les planètes dans la prédiction maya).

      Et à un moment : « mais personne ne nous a rien dit, nuls ces politiques » (bon, en même temps…). Et puis après, on réclamera des têtes (pas les bonnes bien sûr, et celle du voisin de préférence). Et ensuite, on se balancera plein de trucs pas jolis sur le coin de la tronche. Et enfin, la commande ‘cerveau reptilien>violence primaire’ lancera le logiciel ‘dissociété’.

  11. Confusion Reigns In Europe.

    So what about something utterly radical – like simply cancelling government debt? See Gavyn Davies I the FT yesterday. He wrote: “One radical option which is now being discussed is to cancel (or, in polite language, “restructure”) part of the government debt that has been acquired by the central banks as a consequence of quantitative easing (QE).”

    Recently a very experienced leading sovereign default lawyer explained to me and some colleagues a plan for a similar “European Deleverage Programme” that would see sovereign debt/and bank assets addressed simultaneously – radical and then it sounded very unlikely. But perhaps such a radical cancellation of European debt and monetisation is the only answer.

    http://www.zerohedge.com/news/2012-10-16/confusion-reigns-europe

  12. Dans l’émission  » C dans l’air  » hier soir, ce type de personnes que vous décrivez étaient présentent sur le plateau.
    Le sujet était le prix Nobel pour l’Europe, au delà du verbiage habituel pour tenter d’expliquer que nous avions beaucoup de chance d’avoir un projet européen bla bla ..

    suite à un reportage sur la situation des gens en Grèce, et à l’interview d’une femme, qui disait tout ce qu’il y avait de choquant d’attribuer ce prix Nobel, car en Grèce c’était la guerre sociale.

    Après ce reportage, la première intervention a été celle du sieur Dominique Reynié ( expert ….)
    pour, je n’ai plus les termes exacts, expliquer benoitement qu’il ne fallait pas exagérer bla bla … et ceci sans choquer personnes sur le plateau.

    Révoltant

    Je pense que nous avons eu le même type de sentiments.

    1. Une seule conclusion :

      Quand on a Internet et ce blog, la TV est plus que jamais une machine à décerveler, aussi faible soit la dose. Quel est l’intérêt de relever les manques et les ignominies ?
      On sait bien qu’elle les attire.
      Une bonne TV est une TV inexistante.
      Même quand Paul y passe ? Oui, puisque les morceaux choisis sont visibles ici.

  13. C’est pas mal,
    ces petits billets ou billets-tweet,
    que vous nous faites partager…
    taffe after taffe, même innovant.
    À suivre…

  14. Il fut une époque ou j’aurais eu la même réaction que la dame ou je n’aurais pas répondu mais serais resté à table mais plus maintenant. Elle n’aurait pas du quitter la table et aurait du lui clouer le bec en toute politesse.

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