Le réel et le symbolique, à Notre-Dame-des-Landes, par Un agriculteur de Loire-Atlantique

« Ceci ne peut avoir lieu que dans une république déjà corrompue ; dans une république saine, où rien ne donne prise au mal, de pareils projets ne peuvent venir à l’esprit de personne. »

Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live.

 

Le gouvernement a donc décidé de faire du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes une affaire symbolique, en la traitant avec force et fermeté, de crainte sans doute que celles-ci n’aient pas été assez apparentes en d’autres occurrences récentes.

Voilà que tous les âpres débats théoriques sur l’économie, la relance, l’emploi, la compétitivité, le développement économique, apparaissent pour ce qu’ils sont réellement dans les faits : un conflit sur la forme de rapports humains que nous voulons, et le monde qui en découle.

D’un côté, comme tous ceux qui se sont rendus samedi 17 dernier à Notre-Dame-des-Landes ont pu en témoigner, des chaînes humaines de centaines de personnes, un village sorti de terre en une journée, des rires, des fanfares, des discussions, bref cette fameuse « solidarité » et ce « lien » que nous vantent les brochures institutionnelles en papier glacé, mais sous une forme vivante.

De l’autre, des « décideurs » responsables, déjà habitués à gouverner et à se réunir sous la protection de l’armée et qui ne peuvent plus faire maintenant appliquer leurs décisions responsables au service de l’économie abstraite qu’en faisant intervenir la police. Il faut tout leur aveuglement pour ne pas savoir où nous conduit tous, et à très court terme, cette vision des rapports humains.

La police reprend aujourd’hui ses assauts contre les manifestants, occupants, habitants de Notre-Dame-des-Landes. C’est ici que commence le monde de demain.

 

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301 réflexions sur « Le réel et le symbolique, à Notre-Dame-des-Landes, par Un agriculteur de Loire-Atlantique »

  1. Il s’agit d’un projet qui ne peut pas avoir l’ambition d’être rentable à court terme et c’est toujours le cas pour les projets de ce type (même si certains en profitent à court terme ce n’est pas l’aspect que vous contestez.)

    Ce projet a vu le jour il y a un demi siècle mais c’est son utilité durant le prochain demi-siècle qui est mis en avant ou au contraire contesté (plus ou moins implicitement il est vrai, ce qui n’a pas contribué à éclairer les débats qui ont précédés les combats.)

    Ceci dit les régions, départements, agglomérations et communes concernées participent à environ un quart du financement, la répartition des investissements tels qu’annoncés par les partisans du projet est résumée ici: http://www.nantes.futuraeroport.fr/realisation-aeroport/couts-financement

    1. bon, c’est pas comme si à Nantes il n’y avait pas déjà un aéroport qui fonctionne parfaitement
      … ce projet est une pantalonnade. Les zélues nantais sont comme la grenouille de la fable : ils veulent juste grossir ! Nantes Métropole, un projet de civilisation ou fuite en avant ?

    2. L’âge de ce projet me conforte dans l’idée qu’il a toutes ses chances d’être le Concorde du béton aéroportuaire ! Réfléchissez une minute aux perspectives et au coût de l’énergie il y a cinquante ans, et à ces valeurs aujourd’hui ! Ça coince et pas qu’un peu !

      Si ce n’est lui, il y en a un autre quelque part en France, comme il y en a d’autres dans d’autres pays, qui seront des Concorde.

      Pauvre Ayrault !

    1. On construit un aéroport pendant qu’on ordonne la fermeture d’hôpitaux….

      //// Symbole contre symbole ////
      … Ce gouvernement n’aurait-il pas perdu « Le sens des Réalités » ?

    1. Raymond Lutz,

      Allez voir le texte de Dmitry Orlow sur Le gaz de schiste, vu de la Russie !
      Sa thèse est que c’est une pure bulle des cotations, destinée à rameuter des capitaux, une pure propagande, et qu’apparemment le gaz de schiste US, c’est terminé. En tout cas, une chose est sûre, le coup du gaz de schiste est précairissime !

  2. Pour les grands problèmes de société
    il y en a qui râlent après
    il y en a qui râlent pendant

    il y en a qui anticipent , qui préviennent et qui râlent avant.

    Et çà c’est dans l’esprit du blog de Paul Jorion.

  3. Et je ne cesse de m’étonner de voir ce conflit émerger seulement maintenant et non pas au cours des longues années précédentes puisqu’il est allé jusqu’à la signature du marché…
    Et je ne cesse de me demander qui manipule derrière tout cela ? Pourquoi le gouvernement précédent n’a-t-il pas fait appliquer la loi ?
    Si ce dossier local n’avait pas existé pour servir de prétexte à la déstabilisation du Gouvernement, quel autre dossier auraient-ils choisi ?
    Les votes alliés du PC avec l’UMP au Sénat ces dernières semaines en donnent une idée.
    Ce qui me fait penser qu’il y a bien manipulation, cet aéroport étant destiné de toute façon à être construit ailleurs à l’Ouest de l’Europe s’il n’est pas construit en France.

    1. Y a pas de manipulation juste le début des expulsions.
      Quand au vote commun PC et UMP, il s’est fait pour des raisons opposées.

    2. vos sources ?? un complot contre le PS si je vous suis !!!! Nul besoin de complot pour expliquer la nullitude du PS, parti qui ne vise qu’à se reproduire indéfiniment, sans projet, sans analyse des évolutions économiques, sociétales et environnementales. L’heure n’est plus à la gestion de l’existant car tout va basculer par la conjonction des crises. Le PS, c’est le passé, avec toutes ses illusions, dont le culte en la Croissance Infinie…

    3. Meuh non Cholois !
      Cet aéroport n’est absolument pas destiné à être construit quelque part.
      Il y a une probabilité de 80 pour-cent que ce projet soit le Concorde du lobby du béton.

      Ce qui est exact, c’est qu’un projet d’aéroport actuellement en cours quelque part en France a vocation d’être ce Concorde.
      Et d’autres dans d’autres pays, off course.

  4. « Et je ne cesse de me demander qui manipule derrière tout cela ? »
    Une rente de 55 ans pour le groupe Vinci, ça vaut bien quelques petits efforts de manipulation, non ?

  5. Pendant ce temps des crs qui arrosaient paisiblement et pacifiquement les pelouses de la préfecture de Nantes, reçoivent des pluies de cailloux.
    Ils distribuent également du gaz gratuitement pour chauffer les cabanes des expulsés.
    C’est surement çà le débat public et la démocratie interactive.

    Triste soirée… Mais çà va passer au vingt heure…

    Avec un emballage médiatique de convenance…

    1. La carotte et le bâton.

      Il faut calmer le jeu pour endormir le bon peuple après avoir montré que le gouvernement n’était pas si mou (souple, flexible, ramolli, lâche, flasque, cotonneux, désossé, amorphe, atone, avachi, inerte, endormi, veule, faible, molasson, bonasse, pâte molle, pour ne citer que quelques synonymes) que ses opposants le prétendent.
      Le temps est alors l’allié recherché par le pouvoir qui a de bonnes raisons politiques et politiciennes de craindre l’extension de la lutte.

    2. @ Renou
       » C’est bon, tutto va bene . C’est plié… »
      C’est du second degré , je pense .
      Devant le bordel qui monte , Ayrault est obligé de plier .
      Sur place , à la ZAD , ce soir samedi , ces mots ne se traduisent pas vraiment en actes :
      – 23h : on apprend que les gendarmes sont à nouveau en position sur la zone, au carrefour de la Saulce et sur le chemin de Suez .
      – 23h15 : les flics sont donc de retour, probab’ pour le dialogue… Ils sont au niveau de la deuxième barricade protégeant le chantier de réoccupation et gazent les personnes présentes sur place.
      Tiens donc ! N’a pas le téléphone Valls ? N’a pas la radio non plus ? N’a pas entendu son patron causer dans l’poste ?
      Maintenant l’Ayrault va prendre son temps , travailler avec les médias aux ordres et donner une légitimité tirée par les cheveux à ce projet .
      Cependant , à propos de légitimité , ya du monde sur le coup :
      Le projet fait l’objet d’une bataille juridique menée par les élus opposés au projet :
      – Recours contre le refus du Premier ministre (à l’époque François Fillon) d’abroger la Déclaration d’utilité publique (DUP, prononcée le 9 février 2008) du projet en raison de changements intervenus depuis l’enquête publique de 2006 .
      – Les opposants invoquent aussi la hausse du prix du kérosène et une contre-enquête de 2011 contestant l’utilité du projet. Déposé en mars par le Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cedpa), ce recours pourrait n’être jugé que fin 2013.
      – Recours devant la Cour de cassation contre les ordonnances fixant les indemnités d’expropriation (pour les propriétaires qui les contestent et qui ont refusé une procédure amiable). Cette procédure pourrait arriver à échéance courant ou fin 2013.
      – Recours du Cedpa devant le Conseil d’Etat contre le décret du 5 avril 2012 instituant le comité de suivi stratégique de la concession du projet. Décision attendue fin 2013.
      – Recours introduit devant la Commission des pétitions du Parlement européen le 24 octobre pour non-respect des directives européennes.
      – Recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour non-respect du droit à un procès équitable lors du rejet le 9 février 2010 par le Conseil d’Etat du recours de l’Acipa contre la DUP.
      – Les opposants chargés du combat juridique, le Cedpa, l’Acipa mais aussi les élus EELV et Parti de Gauche, ont annoncé que des recours seraient déposés devant le Tribunal administratif de Nantes contre l’arrêté préfectoral autorisant les travaux et approuvant – sous réserves à ce stade – les mesures compensatoires proposées par les porteurs du projet. La publication de cet arrêté est attendue en décembre.
      Ah oui c’est vrai , Ayrault avait déclaré que toutes les voies de recours avaient été examinées et que LA LOI devait passer .
      AH ah ah !
      Des truands , j’vous dis !

  6. Ce matin, vers 10H30, dans la forêt de Rohanne, un engin de terrassement tout neuf, spécialement acheté pour l’occasion par la gendarmerie multinationale, était pitoyablement embourbé dans un trou de boue. 3/4 d’heure pour s’en sortir, sous les quolibets et les moqueries des manifestants qui font front à un mètre ou deux du cordon de gendarmes mobiles qui assure la protection de l’engin. Celui-ci part ensuite vers les maisons en bois construites par les milliers d’opposants de samedi dernier. La clairière où elles se trouvent nous reste inaccessible. Quelques grenades assourdissantes explosent au loin et quelques.
    Du site du trou de boue est délaissé et les deux clans se translatent vers un site où trois ou quatre cabanes sont la cible du futur employé de VINCI : le préfet (il y a de fortes chance en effet qu’il y finisse sa carrière, tout comme son prédécesseur qui a mené au galop la pseudo enquête d’utilité publique attribuant le projet à VINCI et qui en est désormais salarié).
    Des jeunes courageux, à 7, 8, 10 m de hauteur ont subi les assauts des robocops aux flaschball et grenades (ça, je ne l’ai pas vu, c’était très tôt ou peut-être même hier ou avant hier). Deux autres jeunes, sont accrochés en haut d’arbres tout à coté des cabanes et dominent la scène.
    Le ton monte. Des grenades fusent. Une explose devant le tibia de mon amie : énorme bleu.
    Puis ça se calme. Les journalistes arrivent, dans le cercle des bleus casqués. Ils observent mais ne semblent pas très intéressés par la destruction des belles cabanes, exécutées au manitou télescopique, à la pelle à chenilles et au tractopelle. Les engins à pneus ont de plus en plus de mal à se mouvoir. Lorsque des craquements de charpente se font entendre, qu’un pan de construction tombe au sol, cris et sifflets retentissent. Le ton monte encore. Des opposants arrivent toujours. Nous sommes désormais 400 à 500, répartis sur 150 m de front.
    Tentative de percée au Nord : pluie de grenades. Les vents ne nous sont pas favorables. On glisse vers l’Est. La tension redescend mais reste lourde.
    Les opposants jeunes invectivent ou chambrent les condés tandis que les plus vieux arrivent à discuter. J’apprends ainsi d’un gars que ça discute fort entre eux et qu’ils sont partagés à 50-50 sur l’utilité du projet. En tout cas, ils en ont mare d’être là.

    Attroupement de journalistes et d’opposants au milieu du front. J’en vois deux tout nus – fille et garçon – qui expliquent face aux caméras qu’ils vont tenter une percée non violente à quatre pattes et ils nous invitent à faire comme eux. On emboîte et dès le contact, jet de gaz dans la figure. Je suis à deux-trois mètres derrière et j’aurais du jouer au loto : les jets et nuages passent autour de moi, ça me pique qu’un peu.
    Repli général et séance de soins ophtalmiques intenses.

    Bon c’est long. Le reste, finalement, c’est tristesse. Mais Ayrault et Valls, on vous aura !

  7. DERNIER COMMUNIQUE DE LA ZAD :
    samedi 24 novembre 2012, par zadist .

    Ayant pris connaissance de la volonté du gouvernement d’ouvrir des négociations avec les différentes parties en présence dans la lutte, nous avons donc décidé de faire part des nôtres :

    – la fermeture de toutes les entreprises de plus de 12 salariéEs
    – une rente à vie pour les salariéEs
    – 20h de soleil en hiver
    – multiplication par huit de tous les minimas sociaux
    – le RSA pour tous et toutes, attribué dès la naissance (et pour les avortéEs aussi)
    – le retrait des implants capillaires des présentateurs télé
    – le nucléaire remplacé par des ministres qui pédalent
    – l’Elysée transformé en zone humide
    – toutes les lettres au Père Noël reçues seront exaucées par le gouvernement
    – Manuel Valls ainsi que tous les corps de la Défense et de l’Intérieur se tatoueront « Nique la police » sur le front
    – que l’académie française accepte et utilise le langage sms
    – qu’après la mort de Jean Marc Ayrault soit gravé sur sa tombe  » la ZAD m’a tuer »
    – que la Terre tourne dans l’autre sens
    – repousser la fin du monde (bien après le 21 décembre)
    – le même temps à Lille qu’à Marseille, mais sans mistral
    – La Marseillaise sera remplacée par une comptine pour enfant chantée à l’envers
    – les séances de spiritisme seront remboursées par la SECU
    – les pipelines seront exclusivement reservés à des transports de jus de fruits
    – pour chaque animal tué, un parlementaire sera sacrifié (même quand on écrase une fourmi par erreur)
    – 20 à 30 hectares de terres attribuées à tous les gens étant passés ou ayant habités sur la ZAD (plus un tracteur ou hélicoptère si souhaité)
    – que les négociations soient interdites

    cette liste est ouverte et non exhaustive

  8. C’est l’aspect symbolique qui me semble le plus important.
    Surtout le symbole de la volonté du gouvernement de représentation de sa toute puissance. Tout puissant face à des citoyens, mais impuissant face à la finance et aux grands groupes.
    Avec en plus une forme de trahison de se retourner contre ceux mêmes qui l’on élu et la contradiction de prôner des sacrifices aux Français tout en gaspillant de l’argent par ailleurs.
    Comme une majorité de projets pharaoniques et de représentations grandiloquentes (des temples ?), plus inutiles et irrationnels les uns que les autres. C’est ce qui a ruiné une majorité de régions en Italie et en Espagne.
    Si ce projet absurde se réalise, le parti socialiste risque de le trainer comme une casserole pendant des décennies.

  9. ///// de François à François, du courage il faut faire preuve /////
    ou lettre au Président….
         En 1981, on s’en souvient encore, une majorité de français étaient pour la peine de mort et puis, François Mitterrand s’est présenté à l’élection présidentielle et trancha la question par un « je suis contre la peine… ! ». Ce que l’on dira après, c’est que par cette intervention, il avait « avoué » aux français, non une faiblesse politique  (face son électorat de l’époque), mais avait démontré la force de ses convictions morales. Ce qui sembla jouer finalement en sa faveur et assurer en partie, son élection.
    – Certes la question de cet aéroport a été déjà depuis longtemps avancée et discutée. Que des votes ont été prononcés…
    Mais il semble clair que ce projet renvoie aussi à une question plus profonde au sujet de ce gouvernement et en particulier de l’attitude morale du Président Hollande.
    Soit ! Hollande, en homme normal, se veut être prudent et prendre son temps, en p’tit père gestionnaire des finances de l’Etat. Malheureusement pour lui, on ne fixe pas tout un « Cap » pour un Peuple, juste avec de la gestion comptable. Il faut aussi faire preuve de plus de convictions et d’ardeur pour défendre un projet intéressant pour son pays…
    Personnellement et en ayant écho de tout ce qui se dit ici, sur cette affaire d’aéroport, je ne vois pas bien où est le « bon, le beau, le bio », donc le bien, dans l’intérêt à vouloir maintenir la construction de cet aéroport…
    – Ces personnes citoyennes et autres organisations ont raison de manifester leurs inquiétudes diverses, voire éthiques sur ce projet (répondant parfois par la désobéissance civile et publique) et ne pas se contenter des seules normes sociales instituées, parfois dépassées, qui doivent toujours être dans la lignée des expressions et besoins démocratiques collectives et individuelles.
    « Pour rendre les organisations éthiques, il ne faut pas inculquer des normes sociales, mais aider les personnes à découvrir par elles-mêmes la réalité du bien, du beau et du vrai ». Platon
    Il semblerait ainsi que bon nombre de personnes aient voulu se rendre sur place, pour justement voir, entendre et sentir par elles mêmes cette réalité, (ne se contentant pas seulement du beau refrain qu’on leur chante) pour défendre autrement, par des initiatives citoyennes leurs inspirations pour un avenir meilleur.
    Alors, Mr Hollande, sortez donc de votre palais et allez à leur rencontre, afin de vous faire une autre idée du « Maintenant, pour la France » et vous découvrir le courage pour renoncer à un « machin » dont on se demande à quoi et à qui il servira demain…
    À toi de trancher ! Le changement, bain, c’est maintenant, François !

    1. @ BAIN
      « …- Certes la question de cet aéroport a été déjà depuis longtemps avancée et discutée. Que des votes ont été prononcés… »
      « Ce fameux décret d’utilité publique est finalement publié le 10 février 2008, suite à une enquête publique dans laquelle 80 % des contributions faites aux sept enquêteurs étaient opposées au projet. Mais comme on arrête pas le progrès, l’enquête s’est quand même avérée positive pour déclarer une DUP même si sur les sept enquêteurs qui ont fait le travail, deux ont abandonné leur position avant la fin de la commission d’enquête. »
      Extrait d’un dossier complet sur le sujet . C’est très facile et amusant à lire comme on le voit dans ce paragraphe .
      Pour le lien du texte complet voir  » Zad.nadir.org  » et sur le site  » flash infos  » du 25 novembre :
       » un peu de lecture : Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps  » .
      Faites escuses ! je ne suis pas très doué pour transposer les liens .

  10. « Il faut tout leur aveuglement pour ne pas savoir … »

    A mon avis , ils savent et leur aveuglement est volontaire …
    Je ne peux pas imaginer que le matin, devant leur miroir, pendant une fraction de seconde au moins, leur masque ne tombe pas .. mais ce qu’ils voient derrière leur fait trop honte, alors ils se cachent les yeux …

    Depuis que je lis ce blog , le système économique actuel m’apparaît comme un vélo sans pilote, lancé à pleine vitesse : son seul salut est dans la fuite en avant, car s’il s’arrête, il tombe .
    Pareil pour certains politiques ; s’ils s’arrêtaient pour se regarder en face, ils tomberaient – d’horreur …

  11. Des mesures communistes à Notre-Dame-des-Landes ?
    Ou, retour sur une résistance et sur les limites actuelles à la résistance
    « La lutte contre l’aéroport de NDDL est une tentative de créer une brèche dans les remparts capitalistes. Parce que pour beaucoup, pour s’attaquer au capitalisme, il fallait bien commencer quelque part !
    Il s’agit de 2000 ha qui vont d’abord être rasés puis bétonnés, dans le but fou de créer un aéroport international HQE (Haute Qualité Environnementale) . Il y aurait de quoi rire si la population locale favorable à ce projet n’imaginait pas faire de profit. Mais les riches deviendrons plus riches et les pauvres, plus pauvres. La réalisation de ce projet d’aéroport mené par VINCI, entreprise multi – nationale présente sur tous les continents (à Khimki aussi, près de Moscou, ou VINCI veut raser les dernière forêt locale, et où la faible résistance sur le terrain s’oppose à des milices d’extrême droite ultra violentes, où l’assassinat politique est monnaie courante) a donc été retenue, au mépris des populations locales qui ; à fin de résistance , ont lancé un appel à occupation en 2009.
    L’occupation dure donc depuis deux ans, temps utilisé par une poignée de résistant-e-s anticapitalistes pour développer l’autonomie alimentaire, culturelle, et politique. Mais le squat de cette zone à défendre (ZAD) ralentit ces travaux, entraînant le fichage et la répression des militant-e-s, et depuis peu les procédures d’expulsions mais nous résisterons quoi qu’il en coûte !
    Aujourd’hui donc nous lançons un appel à la ré-occupation des lieux et à la rébellion internationale!
    Il va sans dire que quand ils nous expulseront,nous résisterons ! et le soutien international est nécessaire si nous voulons venir à bout du capitalisme !
    Voici donc ce qui leur fait peur : l’autonomie, l’attaque, l’insurrection. Ils savent la société du capital relativement fragilisée dans ce moment actuel de restructuration dans lequel se fait jour une conjoncture, un moment de redéploiement hiérarchique des instances constitutives de la société du capital, un moment d’incertitude. Au sein de cette conjoncture il y a des possibles, des potentialités autant pour le capital que pour son antithèse ; le communisme. Il y a aussi et surtout une nécessité : le combat idéologique par lequel chacune des dynamiques tendra à le mener jusqu’au bout, jusqu’à l’abolition de l’une ou de l’autre de ses contre-parties. Il s’agit donc pour le capital en situation de maintenir son hégémonie et d’approfondir son emprise dans les esprits, d’éradiquer toute contestation qui prendrait l’allure d’une abolition localisée de son ordre et de ses règles. Plus que défendre la construction de cet aéroport, il s’agit bien de s’attaquer à l’effronterie d’une bande « d’anarcho-autonomes d’ultra-gauche » faisant l’apologie d’une autre façon de concevoir la vie sociale, de construire autrement des rapports sociaux qui ne soient plus médiés par les catégories de la société du capital.
    Le combat des pantins de la « politique » et de ceux qu’ils servent, la classe capitaliste elle-même au service du capital pour son plus grand bien, est donc un combat idéologique. Ils n’ont d’autres choix que de le mener jusqu’au bout. De faire de Notre-Dame-des-Landes un désert de béton pour faire en sorte que se réduise toujours davantage la distance entre consommateurs et marchandises. Mais surtout, imposer par Force du Droit la nécessité de tout ceci et l’exposer comme seule « alternative » à la face naïve du prolétariat en attente de solutions aux problèmes actuels. Toute contestation radicale (prendre les choses à la racine) doit donc être bannie de l’espace public. Toute discordance ne doit donc pas s’étendre au-delà de ce que le capital a pu tolérer un temps, le temps de s’amuser de ces babacools et de leurs cabanes dans les arbres. Mais ce temps-là est passé, fini de rire, il est temps de siffler la fin de la partie et de faire en sorte que ne s’étende plus avant une expérience et une lutte qui commence à prendre forme dans le corps social (le fameux « kyste » de Valls – impayable ce type !).
    Mais la question est de savoir si réellement cette lutte sera capable de s’étendre au cœur de la machinerie de la valorisation : dans le secteur de la production, de faire lien avec les luttes (relativement peu) existantes dans les unités de production régionales. Ou, autrement dit, sera-t-elle capable d’utiliser la dynamique d’autonomie sur site qu’elle a construit avec une partie de la population locale, afin de s’étendre et de porter plus avant le fer de la révolte vers le cœur de la production et de la reproduction sociale ?
    La lutte contre l’aéroport de NDDL est une précieuse expérience de ce qui peut être mené localement, en construisant l’autonomie et en la défendant. Mais elle est aussi précieuse en ce sens qu’elle démontre qu’elle ne pourrait être une attaque contre le capital (c’est pourtant en ce sens que certain(e)s de ses protagonistes la présentent : contre l’aéroport et son monde !) que si cette autonomie parcellaire et n’intéressant qu’un secteur de la vie rurale se dépasse à un certain moment et se lie avec d’autres luttes dans d’autres secteurs de la vie sociale capitaliste, à savoir les unités de production, les quartiers « d’exclusion », les luttes de chômeurs, les luttes du prolétariat ouvrier, etc. Se construire une identité au travers d’une telle lutte, c’est positivement s’affirmer dans une opposition constructive face à l’ennemi, mais c’est aussi s’enraciner dans une situation dont la particularité a tendance à enfermer ses acteurs/actrices dans une stricte défense de l’autonomie dont le résultat est d’attirer une foule de charognards en mal de représentativité (les élus EELV et Front de Gauche entre autres, ATTAC et autres « alternativistes »).
    Ceci dit, le point de bascule n’est jamais loin, et les « responsables » politiques et économiques le savent bien. Si le buzz que fait cette lutte s’étend, alors certains liens seront possibles avec d’autres luttes, d’autres rages, dans d’autres zones plus au cœur de la sacro-sainte dynamique de la valorisation du capital. Et alors là BOUM ?!? Valls, Vinci et consorts sur la planète Mars… Une limite sera néanmoins à franchir, celle des médiations de la société du capital contre lesquelles butte la lutte à Notre-Dame-des-Landes. Car cette lutte est contradictoire comme toutes celles qui ont lieu dans le moment actuel : pour tenter une extension, elles ne peuvent empêcher que s’introduisent en son sein d’une part, les médiations diffuses de l’échange marchand simple (présence des paysans et de « l’alternative ») et d’autre part, présence opportuniste de la médiation politique (présence d’élus « verts », Front de Gauche, etc. ou d’associations « négociatrices »).
    Des mesures communistes ont été et sont encore , à ce jour, mises en œuvre sur ces 2000 hectares à Notre-Dame-des-Landes, également en dehors de ce lieu devenu symbolique désormais (par des comités de soutien ailleurs en France – occupation durable d’un local du PS dans le Sud). Mais il s’en faut de quelques encablures pour que s’engage un processus durable de communisation. Ou alors disons que celui-ci reste circonscrit à cette lutte, et à cette cause, celle de la défense d’un site, d’une vision de la production, de la terre. La lutte pourra-t-elle donner une extension irréversible aux pratiques et rapports immédiatement sociaux entre les individus engagés dans le conflit ?
    Le capital impose aussi sa limite, directement, violemment , sous la forme matérialisée de décervelés casqués tentant de mettre un terme à l’expérience, et surtout à l’extension de cette lutte hors des balisages de la médiation, de la négociation. Il sait qu’il y a un risque pour lui dans cette période de bouleversement et c’est la raison pour laquelle s’affolent ses sbires, ministres, capitalistes, préfets et autres. La jeunesse se rebiffe ? Alors les séniles (dont l’âge ne saurait être un critère de qualification) doivent reprendre la main … pour sauver leur propre mort !
    Cette lutte servira au moins d’exemple, démontrera que l’auto-organisation est le premier acte de la révolution … Elle mérite en cela respect et soutien. Ce qui se fait jour au travers de cette lutte et de bien d’autres en d’autres lieux (en Égypte, Tunisie, Afrique du Sud, Grèce, Italie, etc.), c’est l’aboutissement actuel de la contradiction – entre les classes et entre les genres et que l’on peut identifier à la dynamique de valorisation du capital – qui ne peut plus se résoudre par l’affirmation de l’un de ses termes. C’est l’Unité de l’humanité qu’il devient désormais nécessaire d’opposer à la Totalité du capital.
    Max L’Hameunasse

  12. [Notre-Dame-des-Landes] De la barricade considérée comme un des Beaux-Art .

    Le spectacle valait le coup samedi 24 novembre en forêt de Rohanne, où la résistance collective a atteint des sommets d’intensité, de détermination, de cohérence. Bouteilles, cailloux, terre, fusées, feux d’artifices, cocktails Molotov, morceaux de bois et billes d’acier … les flics, c’est comme les cochons : ça mange de tout. Tant mieux : deux jours durant les opposants répartis sur la ZAD leur ont offert un menu varié et copieux, le « spécial Notre-Dame-des-Landes ». Certes, les bleus ne sont pas exempts de cette générosité qui leur est si particulière : ils distribuent dans des proportions effarantes gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes et balles en caoutchouc, ce qui peut finir par devenir gênant ; lors d’une de ces séquences de guérilla bocagère de légende où cela pète dans tous les sens, je me suis fait allumer au flashball, sans conséquence.
    Ah ! il fallait voir le peuple des prés défendant par sa présence aux abords des bois les combattants cagoulés contraints d’en sortir pour se replier, avides d’air pur, d’anonymat, de convivialité. Comme il fallait être avec cette foule de gens aux visages découverts dansant au plus près des lignes, au point d’en bousculer les flics, et applaudir les Irréguliers les protégeant à leur tour à coups de pierres et de branches contre la flicaille en panique (rendez-vous compte : un cercle de braves chantant une ridée bras dessus et bras dessous), après qu’elle les eut gazés.
    À un moment un commando de condés suréquipés a essayé de contourner l’énorme souche renversée derrière un monticule d’humus où s’étaient retranchés nombre de camarades afin de les déloger de ce bastion imprenable d’où partaient nombre d’attaques.
    Dans ces bosquets denses et humides, le mouvement des poulets était rendu d’autant plus difficile que derrière chaque arbre, tapis aux abords du fossé tous les copains se sont figés, projectiles à la main , prêts à tirer. Sur nos arrières vinrent les pétroleurs/ses, avec des sacs de pierres à distribuer : soudain des dizaines d’âmes vaillantes étaient équipées d’un moyen de défense, et toutes étaient tendues vers un seul objectif : empêcher les cognes de progresser. Le temps s’est suspendu… Personne n’en menait large, mais que nous avions du courage ! Et que nous étions beaux, tous ensemble à les mettre au défi de passer ! Ainsi, en bute au harcèlement des premières lignes de tireurs, couvertes par la seconde et la troisième de caillasseurs, morbleu ! ils n’y sont pas arrivés.
    Il leur aura fallu 12 heures pour déloger les opposants installés dans la canopée, abattre dix arbres et détruire une cabane. Mes amis, en vérité je vous le dis : nous sommes légion, quoiqu’ils saccagent, on le reconstruira. Quant aux arbres, il en reste des milliers. Deux jours auparavant, j’étais en compagnie d’un ami accordéoniste avec qui, perché sur une barricade du chemin de Suez, je dégustais un verre de muscadet, non loin du Rosier. Nous devisions sur l’art, sur l’improvisation, sur la beauté, et il nous est apparu que, quel que soit notre rôle dans la vie, il est vital de cultiver sa singularité. Dès lors, lutter à Notre-Dame-des-Landes c’est offrir à tous l’espoir, la force, le courage de vivre un rêve.
    Car c’est un rêve, et il n’en finit plus de s’épanouir.

    1. @ taratata

      Nous étions donc ensembles dans le bois, vous sur un des deux fronts du jour, moi sur l’autre.
      J’entendais au loin des explosions ; c’est là-bas que vous étiez. Salut.

  13. Ma fille de 17 ans a tenu à être présente sur place à Notre Dame des Landes samedi après-midi.
    Elle voulait écrire une page d’histoire : voir basculer cette société vers le nouveau paradigme attendu.
    Nous avons été copieusement « gazés » bien que totalement pacifiques.
    Ce qui a été remarquable, c’est le fait que la majorité présente -qui avait voté PS aux dernières élections- disait : « jamais plus je ne voterai PS, j’ai été trompé ! ».
    Au retour, nous avons imaginé un nouveau slogan pour ces déçus du PS : « En 2013, un nouveau mot fait son apparition dans le dictionnaire. Avant, on disait TRAHISON. Dorénavant, on dira AYRAULTZION ».

  14. J’ai peut-être loupé un épisode, mais on ne parle pas beaucoup dans cette affaire des PPP (partenariats public privé), que les socialistes semblent affectionner particulièrement comme étant le nouveau mode de développement en vogue, et qui est en fait un véritable détournement de fonds publics organisé. Symbole de la collusion entre les grandes sociétés du Cac et les politiciens en place, ce système a pourtant montré maintes fois ses limites et surtout son véritable but (voir en Angleterre, le nouvel hôpital de Paris, le stade de Lille etc, etc…). Ou comment institutionnaliser « la socialisation des pertes et la privatisation des profits » et créer des rentes quasi à vie (55 ans pour cet aéroport je crois) pour les groupes comme Vinci. Car en effet, le but de ces groupes est bien de faire un maximum de profits à court terme, avec la sécurité que les institutions (nous) paieront quoiqu’il arrive les dépassements, pour avoir en retour un service public forcément défaillant (rentabilité), sauf que les rentrées s’y afférant ne rentrent plus dans les caisses de l’état… mais partiront direct en dividendes. Encore une fois ce gouvernement socialiste poursuit la politique ultra-libérale de Sarko et affaiblit l’état dans le but d’y substituer le privé, comme cela se fait dans des pans entiers de l’économie (éducation, santé, recherche) etc…

    Annecdote : la pelouse du stade de Lille (c’est le projet le plus cher qui a remporté l’appel d’offre) doit être complètement changée après 3 mois d’utilisation (mauvaise conception). Coût : 150 000 € mais Elisa, la filliale d’Eiffage en charge de la gestion du stade ne veut pas payer…

  15. mardi 27 novembre 2012, par zadist

    L’objet de ce texte est d’essayer de rendre compte de mon expérience, ce que j’ai fait vu et entendu, depuis le 16 octobre 2012, date du début de l’opération César à Notre Dames Des Landes. Pas d’héroïsme, juste témoigner de manière non anonyme de ce que nous sommes des centaines à faire ; juste témoigner des intimidations, entraves à la liberté de circulation, agressions, provocations et violences gratuites des forces de l’ordre, aussi. Si « héros » il y a (mais je n’aime pas ce terme), ce sont biens les opposant-e-s de la première heure à ce projet d’aéroport, les occupant-e-s « illégaux » mais légitimes, les zadistes, les habitant-e-s des communes concernées et les dizaines de milliers de manifestant-e-s dans toute la France.

    Je pense avoir essayer d’agir le plus calmement et posément possible. Les seules « dégradations » que l’on pourra me reprocher sont les suivantes : avoir marcher dans un champs et abîmé des céréales fraîchement semées entre le lieu-dit La Rolandière et la Forêt de Rohanne le vendredi 23 Novembre et le samedi 24 Novembre et avoir aider à coucher une clôture de fils barbelé le long de la forêt de Rohanne le samedi 24 Novembre pour facilité l’évacuation des personnes blessées et traumatisées. Je demande aux agriculteurs de bien vouloir m’en excuser.

    On pourra, par ailleurs, me reprocher d’être allé sur la ZAD (devenue certains jours une zone militairement occupée interdite d’accès par les forces de l’ordre) pour apporter du matériel de construction (bois, portes, clous, fils et matériel électrique), de la nourriture et des produits de parapharmacie (pansements, huiles essentielles, sérum physiologique, paracétamol, ibuprofène et préservatifs), de l’aide (j’ai emmené, lavé et fait séché des vêtements de zadistes, j’ai participé à la préparation du camp en face du lieu-dit les Rosiers pour accueillir les manifestant-e-s du 17 Novembre et j’ai aidé ce 17 Novembre à la construction des nouveaux bâtiments), du soutien (j’ai accompagné, plusieurs fois avec un véhicule des habitant-e-s de la ZAD qui regagnaient à pieds et fatigué-e- leurs lieux de vie) et du réconfort aux résistant-e-s qui vivent sur place (qui pour certain-e-s ont vu leur lieu de vie et leurs effets personnels détruits). On pourra me reprocher d’avoir manifester à Notre Dame des Landes le 17 Novembre, d’avoir participer à des rassemblements à Saint-Nazaire, d’avoir collé des affiches (sur des panneaux d’affichage libre) annonçant la manifestation de réoccupation du 17 Novembre, d’avoir diffusé via internet et par tracts des documents d’information et d’analyse contre ce projet d’aéroport, d’avoir empêché pacifiquement, le vendredi 23 Novembre (en formant une chaîne avec une centaine d’autres personnes) l’avancée d’une pelleteuse, un tractopelle et un autre engin de travaux publics ( engins accompagnés de gardes mobiles) venus détruire des cabanes habitées, au sol et dans les arbres, dans la forêt de Rohanne.

    Concernant les intimidations, provocations et violences des forces de l’ordre, je peux aussi témoigner des faits suivants :

    Le mercredi 17 Octobre, un car de transport scolaire a été fouillé par les forces de l’ordre et empêché de continuer normalement sa tournée alors qu’il y avait encore des enfants à bord : traumatisme pour le chauffeur, les enfants et inquiétude des parents… Pas d’excuses des forces de l’ordre. Pas de proposition non plus d’escorter ce car si la situation était si dangereuse. Par contre, les forces de l’ordre escortent depuis très loin, si besoin, des engins de travaux publics réquisitionnés.

    Le vendredi 2, j’étais présent au lieu-dit le Tertre pour soutenir les occupant-e-s réfugié-e-s sur le toit d’une maison entourée par les gardes mobiles. Dans cette maison était aussi présent un vigile avec son chien. Quand les forces de l’ordre se sont retirées elles ont « abandonné » ce vigile qui leur a pourtant fait des signes pour qu’il puisse partir avec elles. De la part des personnes présentes (les opposant-e-s au projet d’aéroport), je n’ai noté aucune agressivité ni insulte ni propos déplacés à l’encontre de ce vigile. Au contraire, les personnes lui ont proposé de rester faire la fête et manger avec elles.

    Le vendredi 23 Novembre un entrepreneur de travaux publics, installé sur l’une des communes concernées par le projet d’aéroport, a été réquisitionné et emmené à la ZAD par les forces de l’ordre. Cette personne, apeurée, effondrée n’a heureusement pas pu travailler et n’a donc rien détruit.

    Le vendredi 23 Novembre, vers 9:00, au carrefour des Ardillières, j’ai subi un contrôle d’identité à mes yeux non justifié. Je sortais d’un véhicule qui m’amenait du local syndical de Notre Dame des Landes afin de rejoindre la ZAD. Le conducteur et moi avons dû présenter nos papiers. Nous n’avions ni sac ni objet pouvant présenter une menace.

    Dans l’après-midi du vendredi 23 Novembre, dans la forêt de Rohanne, alors que j’essayais de me rendre sur le lieux de reconstruction dans la chataigneraie et que je venais de la forêt de Rohanne, pour apporter de l’eau aux personnes qui résistaient, j’ai été précisément désigné et mis en joue par un garde mobile armé d’un flash-ball. Sur moi, je n’avais que de l’eau, mon téléphone et mes papiers d’identité. Ce garde mobile était à moins de 10 mètres quand il m’a menacé avec son flash-ball.

    Pendant la journée du 24 Novembre, dans la forêt de Rohanne, j’ai personnellement aidé, secouru, évacué et essayé de rassurer des personnes blessées, traumatisées suite à l’aspersion à bout portant par les gardes mobiles de gaz « asphyxiant ». J’ai moi même subi une telle aspersion dans le dos alors que je portais secours à une femme « âgée » qui était au sol, choquée après avoir été « gazée » en plein visage. J’ai aidé a évacuer deux personnes visiblement touchées aux jambes suite à des tirs de flash-ball. J’ai vu les forces de l’ordre envoyer des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes dans le champ situé au nord et le long de la forêt de Rohanne en direction des manifestant-e-s. Nourriture et eau ont ensuite été volontairement saccagé par des coups de pieds quand les forces de l’ordre se sont avancées. Les civières, destinées à l’évacuation des blessé-e-s ont complètement disparu dans le nuage de gaz lacrymogènes.

    En fin d’après-midi, le samedi 24 Novembre, dans la forêt de Rohanne, à l’emplacement des cabanes dans les arbres, après le départ des engins de travaux publics et des forces de l’ordre je suis allé porté de la nourriture aux personnes qui étaient restées toute la journée dans les arbres dans des cabanes de fortunes ou dans des filets tendus. J’ai découvert un véritable chaos de boue, d’ornières, d’arbres arrachés… Au milieu de tout cela, descendus des arbres, dans les bras les un-e-s les autres, les résistant-e-s hébété-e-s, extrêmement choqué-e-s, silencieux/ses, en larmes qui ne voulaient ni boire ni manger, mais aller tou-te-s ensemble jusqu’à La Vache Rit… A ce moment là je suis moi-même retourné vers les Ardillières pour quitter la ZAD, en larmes…

    Dans les prochains jours, avec des centaines de camarades, je vais retourner à la ZAD pour défendre pacifiquement le chantier de construction dans la châtaigneraie. Je vais continuer à apporter du soutien, de l’aide, des matériaux de construction, de la nourriture aux résistant-e-s de la ZAD. Je vais continuer, avec des milliers d’opposant-e-s à ce projet, à participer aux rassemblements contre l’aéroport, aux manifestations. Je vais continuer à coller des affiches.

    Personnellement, je porterai aussi ce message aux forces de l’ordre qui seront en face de moi : que ceux et celles qui ont participé à la fouille du car scolaire le mercredi 17 octobre sortent du rang et demandent publiquement des excuses aux enfants, aux parents et au conducteur. Que ces hommes/femmes là demandent à ne plus intervenir à Notre Dame des Landes ou ailleurs.

    Je demanderai aussi à mes anciens collègues archéologues de refuser de venir travailler à la ZAD tant que ce projet ne sera pas abandonné.

    Je demanderai aussi aux salariés et aux petits entrepreneurs du BTP de refuser de venir détruire tant de lieux de vie.

    J’espère pouvoir encore rencontrer et dire à celles et ceux qui étaient dans les arbres de la forêt de Rohanne, à celles et ceux qui ont vu leurs lieux de vie ou de travail détruits, que je suis désolé que nous n’ayons pas réussi à mieux les protéger.

    Je vais continuer à porter ce message : Vinci et forces de l’ordre dégagez de la ZAD. L’aéroport ne se fera pas ! On ne lâchera pas !

    A Saint-Nazaire, le 26 Novembre.

    Christophe Camille Bouvier

  16. on connaissait le comptage des chômeurs suivant le ministère du travail
    on connaissait le comptage des manifestants suivant le ministère de l’intérieur

    il y a désormais le nombre de blessés suivant la préfecture de nantes
    medecin de campagne à nddl

    en cas de problème réfléchissez avant d’appeler police-secours

    enfin c’est vous qui voyez…

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