UN NOUVEAU KEYNES, POUR QUOI FAIRE ?, par Caleb Irri

Billet invité. Je publie la lettre que m’envoie ce matin Caleb Irri. Ceci ne veut pas dire que je ne m’associe pas à ceux qui lui recommandent de ne pas être un « idiot utile de l’extrême droite ». Je retirerai bien entendu la présente remarque aussitôt qu’il aura fait un peu le tri dans la rubrique « Liens » de son blog.

Paul, ces derniers temps vous évoquez régulièrement Keynes comme une « alternative » aux choix politico-économiques qui sont faits actuellement. Il l’était déjà de son vivant, et peut-être même était-il de bon conseil, comme certains de ses textes semblent le démontrer ; mais force est de constater que si son nom est resté comme une référence économique, son message et ses propositions ont été dévoyés tout au long des temps qui suivirent, ou refusés comme lors de Bretton Woods. En réalité le bancor n’a jamais vu le jour, pas plus bien sûr que « l’euthanasie des rentiers » n’a été réalisée… Les dirigeants de la planète capitaliste ont pris ce qui les arrangeait et ont laissé tomber le reste : comme toujours dans l’Histoire, les dominants ont imposé aux dominés leur manière de voir et de penser le monde, dans leur propre intérêt et contre celui des autres.

Et si on regarde bien, à vrai dire on ne peut que se rendre à cette évidence : même si le capitalisme et sa propension à faire du plus riche le plus fort ont quelque peu modifié les règles de la domination, la « loi du plus fort » n’a en réalité jamais cessé de s’appliquer. Alors à quoi servirait un nouveau Keynes ? Aujourd’hui se lèverait le meilleur économiste, ou penseur de la terre, nouveau Keynes ou nouveau messie, qu’au mieux il serait inaudible ou rendu tel, et qu’au pire il serait crucifié sur la place publique : on ne l’écouterait pas. Le monde tourne sans vous, sans nous, et nous entraîne sans qu’il semble possible de le faire dévier d’un éternel recommencement : le plus fort finit toujours par l’emporter, et ce sont donc les plus riches qui décident : croyez-vous vraiment qu’ils puissent un jour se tirer une balle dans la tête, ou même dans le pied ?

Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos !

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