Vole à ma zone, un joule peut en cacher un autre, par timiota

Billet invité.

Contexte : Faut-il penser à un plafond de ressource de la Terre sous une forme simplifiée que voici. « À efficacité technologique donnée T et niveau de vie donné A, nous n’aurions pas le choix, nous devrions borner la population P pour ne pas dépasser un impact maximum I sur la terre, du fait que cet impact est proportionnel à P, A et T ».

J’argumente contre cette impression d’incompressibilité, qui est sous-tendue par une prévisibilité illusoire de notre façon d’être au monde. Et ce en assumant nos gènes prométhéens, mais pas qu’eux.

Regardons comme exemple le cas du transport aérien, où l’on croirait pouvoir jurer dur comme fer que « des avions sans matière ni énergie, c’est pas possible ». L’actualité nous fournit un fil pour voir où service rendu et technologies peuvent faire mentir l’inéluctabilité de A et T, en reprenant du souffle sur 1000 ans.

Voyons, un certain bonhomme veut que ses livraisons à ma zone (et Amazon) soient faites par des drones multirotor sans pilote. Est-ce cela la panacée, est-il suffisant de quantifier les quelques déplacements en voiture évités pour s’estimer satisfait ?

Pas tout à fait. Regardons ce qu’a laissé dans nos campagnes d’autres tentatives volantes : Oui, le pigeon voyageur, voilà quelque chose qui livre quelques feuillets ou clé USB là où on veut. Et dont le guano recueilli dans les pigeonniers a pendant longtemps servi d’engrais (« Nous les azo-cyborgs »). D’accord, le pigeon artificiel métaboliseur d’azote n’est pas sur l’écran radar, mais c’est une parabole pour dire que des solutions « écodoubles », qui font plus que remplir le besoin nominal dont on ne sait pas où elles sont maintenant, ont des conséquences potentielles assez poussées (des suggestions de synergies sont données par Ecodouble).

Et pour enfoncer le clou, il existe des projets de transports longue distance par dirigeable, se servant des vents, de toute la météo en fait, et du solaire, et qui seront peu destructibles, car ils seront envoyés « faire un tour » si la tempête menace au sol (ici, , et encore ici, plus ).

À cause de ce type d’évolution, l’équation basée sur la rigidité de A & T pour argumenter d’une limite plus ou moins précise à P contient donc quand même énormément de projections coincées dans l’état actuel, et qui restent arbitraires par rapport aux évolutions.

Replaçons nous en 1988 : pas d’internet, quasi pas d’OGM, …, et nous sommes avec ces choses-là maintenant (en bien et en mal…). Et malgré 25 ans de tous les néolibéralismes qui nous ont empêché de penser le collectif, ce n’est toujours pas le monde de pub de la télé qui sévit sur la Toile.

Il existe donc d’autres formes d' »équilibres ponctués » qui ne nous placent pas dans une logique binaire de « grand soir », le dépassement d’un impact dans un cadre donné : plutôt des séismes de petits soirs qui, accumulés, gagnent un gros effet non linéaire, n’entrant viscéralement pas dans les idées sous-jacentes à « P, A, T » (« ça va buter quelque part cette équation le dit »).

Les façons de buter sont nombreuses et diversifiées et vont induire une mécanique complexe quand elles se déclencheront.

Bref, menace en la demeure, apparence de grosse vague solitonique, mais justement forte non linéarité d’un peu tout.

Ceci ramène le type de loi à base de P A T au seul mais non négligeable rôle d’outil heuristique : comprendre, dans la technologie du moment, quelle est la force de la réduction d’usage d’énergie qu’on doit aborder.

C’est dans ce cadre que je recommande autour de moi à 120% le site de David McKay (en anglais, et en français) : il permet la mise en place d’une réflexion de niveau non trivial. C’est ça qui compte aussi, … qui compte surtout !

 

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