Le moteur franco-allemand : EN DÉFENSE DE SES CHAMPIONS BANCAIRES, par François Leclerc

Billet invité.

Les gouvernements allemand et français viennent-ils enfin de trouver un terrain d’entente ? le moteur de l’Europe aurait-il redémarré avec le soutien de l’Italie ? Reuters a eu connaissance à Bruxelles d’un document – non signé, mais soutenu par les trois gouvernements selon des sources recoupées – mettant en cause le projet de réglementation portant sur la séparation des activités bancaires, dont les principaux éléments ont fuité, et qu’il est prévu de rendre public le 29 janvier prochain.

Les intérêts de Deutsche Bank et de BNP Paribas, leurs deux champions respectifs, sont bien défendus. Opposé à toute stricte séparation des activités dites effectuées « pour compte propre » (proprietary trading), le document réaffirme le concept de « banque universelle », qui en est sous cette appellation flatteuse la plus parfaite des négations. Les deux arguments apportés à l’appui sont classiques : séparer ces activités aurait pour conséquence de renforcer le « shadow banking » (ce qui en soi n’est pas faux !) et de « mettre en danger le financement de l’économie dans sa phase cruciale de relance ».

Au lieu de scinder ces activités, le document propose d’uniquement les séparer sur des « bases fonctionnelles », émoussant encore les dispositions prévues par la Commission qui laissent déjà un grand degré d’appréciation à la BCE dans l’exercice de sa mission de supervision des banques, afin de déterminer la nature des transactions devant être distinguées.

Tout commentaire supplémentaire serait superflu.

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