La gauche : le pouvoir des hommes sur les choses, plutôt que des choses sur les hommes

« L’idée de la gauche n’a que deux siècles, elle est de prime jeunesse », Frédéric Lordon

C’est là l’une des idées phare d’un important article de Frédéric Lordon dans Le Monde Diplomatique en date du mois de septembre.

Lisez cet article qui s’insurge à juste titre contre la nouvelle doxa d’un « dépassement de l’opposition gauche / droite » : ce supposé « dépassement » est plus que jamais la ritournelle éculée qu’entonne la droite, voire l’extrême-droite, quand elles se sentent comme aujourd’hui, le vent en poupe.

Oui la gauche est une idée neuve, et le spectacle grotesque d’une ancienne gauche passée à droite avec armes et bagages lui rend toute son actualité.

Oui la gauche est une idée neuve : oui les « classes oisives », celles qui confisquent de temps immémoriaux à leur seul profit le bénéfice des aubaines que nous dispense la nature qui nous entoure ainsi que celui de l’organisation collective du travail, ont toujours qualifié de « dangereuses », les classes « laborieuses ». Mais le qualificatif est dérisoire car même les révolutions les mieux inspirées n’ont jamais su mettre hors d’état de nuire la machine à concentrer la richesse du prêt à intérêt et de la spéculation, si ce n’est au prix du sacrifice des libertés les plus élémentaires qui les discrédite pour de bon. Classes « dangereuses », les salariés ? Pas véritablement jusqu’ici !

Le travail, le savoir, incarnent le pouvoir des hommes sur les choses ; le capital, la prétendue autorégulation des marchés, incarnent le pouvoir des choses sur les hommes. Les premiers sont la gauche, les seconds, sont la droite. Le choix est clair. Sans équivoque aucune !

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