Nous allons devoir nous inspirer du passé, par Vincent Fagnoul

Billet invité.

Je lisais un article de Sophie Wahnich dans Le Monde du 3/10/2014 « Rebelles, sens dessus dessous » elle le terminait comme ceci :

« Avons-nous besoin d’une éthique de l’individu rebelle ou d’une éthique révolutionnaire de la résistance à l’oppression ? »

J’ai été voir « Résistance (psychologie sociale) » dans Wikipédia voici la première phrase :

« La résistance caractérise, en psychologie sociale, l’aptitude qu’ont les êtres humains à affronter toute situation qui leur paraît illégitime. Elle désigne la possibilité que chacun a de ne pas se soumettre. Il s’agit d’un phénomène universel que chacun, quels que soient sa culture, ses groupes d’appartenance, son âge, son genre, sa position hiérarchique ou autre est capable de mettre en place. »

Un petit peu plus bas deux exemples concrets :

« Paul Grüninger, Suisse

Paul Grüninger était un chef de police qui, dès 1925, fut responsable d’une portion de la frontière austro-suisse, dans le canton de Saint Gall. Chargé de contrôler le passage des frontières, Grüninger a aidé une multitude de réfugiés à quitter l’Autriche et à entrer sur le territoire suisse. Pour cela, il a usé de mille subterfuges : il a postdaté des documents officiels, transporté lui-même des réfugiés d’un côté à l’autre de la frontière, récolté de l’argent, envoyé des lettres aux administrateurs du camp de concentration de Dachau pour libérer certains prisonniers, demandé des regroupements familiaux etc..

D’abord convaincu d’agir en accord avec l’entièreté de la population suisse qui considère son pays comme un havre de paix pour tous et soutenu dans ses manœuvres par ses subordonnés et son chef, Grüninger dut bientôt agir dans l’illégalité lorsque la position des autorités fédérales suisses se durcit. En 1939, il fut accusé de désobéir aux lois fédérales et, un an plus tard, et après un procès sommaire, il fut écarté de son poste et vit sa pension annulée. Il mourut en 1972 dans de pauvres conditions et fut finalement réhabilité en 1995, à la suite du combat de sa fille19. Ceci fait écho à ce que nous avons dit sur la perception des résistants par l’extérieur, à savoir qu’ils ne seront probablement pas jugés favorablement par ceux qui, dans la même situation, n’ont offert aucune opposition.

Selon les témoignages, Grüninger n’a jamais eu comme objectif en soi de défier une quelconque loi, seulement celui de venir en aide à ces réfugiés qu’il savait en besoin et voués à d’innommables souffrances s’ils ne trouvaient pas un lieu sûr. Agissant spontanément, il n’a apparemment longtemps pas eu conscience du caractère unique de son action et de son ampleur19.

Village du Chambon-sur-Lignon, France

Le village du Chambon-sur-Lignon est situé en France, dans le département de Haute-Loire, région Auvergne. Dès la moitié des années 30, ce village accueillit ceux qui fuyaient le régime de Franco. Par ailleurs, le village ne se laissa pas intimider lorsque le gouvernement de Vichy les menaça s’ils ne livraient pas les réfugiés qu’ils avaient cachés pour échapper à la folie nazie5.

En 1940, le maréchal Pétain passa un accord avec Hitler; cet accord requérant de la France qu’elle livre aux troupes nazies tout réfugié qui les intéresserait en échange d’une relative paix sur le sol français. Dès le lendemain, les deux pasteurs du village, André Trocmé et Edouard Théis, invitèrent les villageois à se référer à leurs valeurs chrétiennes pour résister à la pression que ce régime totalitaire mettrait en œuvre contre eux. Résistant aux menaces et à la propagande du Gouvernement de Vichy, ils firent sortir des enfants prisonniers des camps qui s’installèrent alors au village et purent s’instruire à l’école nouvelle Cévenole (Collège Cévenol#L’école nouvelle Cévenole) créée par Trocmé lui-même. Les réfugiés y trouvèrent non seulement une terre d’asile, mais surtout une communauté dans laquelle ils étaient intégrés et bienvenus. !

À plusieurs reprises, le village subit des rafles organisées par les autorités et fut fouillé de fond en comble. Néanmoins, les villageois étant si bien organisés eux-mêmes, une quinzaine de réfugiés furent arrêtés alors que le village en protégea environ cinq mille.

Trois facteurs-clés semblent avoir permis à ce village d’agir à un tel niveau :

  • la rapidité de la résistance : le sermon des deux prêtres a été extrêmement rapide et a tout de suite insisté sur les conséquences graves des nouvelles politiques sur les réfugiés ainsi que sur ce que la morale chrétienne implique de rejeter ces violences et de protéger ceux qui en feraient l’objet
  • la lenteur des représailles : deux ans et deux mois se sont écoulés entre le sermon des prêtres et la première fouille du village, ce qui a laissé assez de temps pour que la majorité des villageois soient impliqués dans la protection des réfugiés. Et ceux qui ne l’étaient pas ont accepté de se taire.
  • le maintien de l’activité première : comme dit précédemment, le village avait déjà aidé des réfugiés fuyant le régime espagnol, ce qui leur a permis de continuer et d’améliorer leurs activités après que cela soit devenu officiellement illégal plutôt que de les débuter.

Ces deux exemples témoignent de ce qu’il est possible de résister au régime le plus tyrannique, à titre collectif ou individuel, selon les valeurs qui priment au moment de l’action. »

J’ai l’impression que nous allons devoir nous inspirer du passé pour résister à l’ordre économique de l’ancien régime (celui d’avant 2008) qui ne veut pas mourir. Se pose alors une autre bonne question de Sophie Wahnich, « Les lieux du politique ».

Ma mère qui a 92 ans me parle, les larmes aux yeux de son village « Queue-du-bois » et de son père, né en 1879, enfant de la mine, orphelin à 4 ans, mineur, gérant de la coopérative et puis bourgmestre, l’ascenseur social à l’époque ce n’était pas un vain mot. Le village me dit-elle n’était qu’animation « La dramatique », « La maison du peuple » où on n’était pas obligé de consommer, « La gymnastique populaire » tous ces lieux et vieux combats pour l’éducation du peuple ont disparu, nous nous sommes endormis sur nos lauriers qui aurait pensé en 1970 que l’extrême droite pourrait gagner les élections en France en 2017 ?

Les socialistes modernes ne voient plus où l’oppression se trouve, ils avaient un devoir historique de vérité envers le peuple, ils l’ont abandonné au profit d’une vaine espérance dans la fuite en avant dans une économie suicidaire, là où justement se trouve l’oppression actuelle.

Mais peut-être est-ce le cours normal de l’histoire ? Attali a-t-il raison dans son article de L’Express du 25/08/2014 ? :

« … les consommateurs prendront peu à peu le pouvoir sur leurs alliés, les électeurs. Ils transformeront les citoyens en consommateurs de politique qui se contenteraient de choisir ou de délaisser les politiciens, comme s’ils étaient des produits jetables, les critiquant pour leurs actes sans penser à agir par eux-mêmes ou à les remplacer… Les consommateurs-électeurs haïront alors les fabricants de produits et de politique, forçant les uns et les autres à plus de promesses et à plus de dettes pour les satisfaire. Ils haïront aussi le travail et ne le supporteront que dans la mesure où on en réduira au maximum la durée, ou à défaut, en consommant des drogues diverses. Ils iront vers des partis extrêmes, aux programmes les moins vraisemblables. Pour escamoter la réalité, pour refuser la rareté, comme le leur enjoint la dictature de la consommation. »

J’arrive au bout de ce que je voulais écrire, j’ai envie de tout effacer, une question me tourne dans la tête comment réformer nos sécurités sociales et moderniser nos états, qu’ils soient enfin capables de relever le défi de la survie de l’espèce si en même temps on ne parvient pas à contrôler une finance mondiale complètement folle ?

Est-ce le signe que le lieu du politique moderne ce n’est plus le village mais plutôt l’internet qui permet comme à Hong-Kong aujourd’hui un rassemblement énorme de la population ?

Trop de questions pas assez de réponses.

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88 réflexions sur « Nous allons devoir nous inspirer du passé, par Vincent Fagnoul »

    1. Si par lois vous entendez « libre-échange » et effets de cliquet, elles servent à nous perdre.
      Comme diraient certains, nous avons donc le devoir de désobéir oui.
      Réjouissons-nous ! c’est une chance d’avoir la matière intellectuelle et physique pour discuter, remettre en cause et condamner des lois, légitimement j’entends. 😉

    2. Désobéir sert à faire évoluer le cadre, à le faire vivre.

      Après l’occupation, des personnes ont été décorées pour avoir trafiqué des passeports….

      Chacun a le choix de vivre, ou juste d’exister.

      Les lois ne contraignent que ceux qui la respectent…

      Ce serait vaiment dommage que seuls les malfrats s’en affranchissent….:)

    3. Il y a les lois légitimes et nous devons les respecter pour assurer le « vivre ensemble » (ou la survie de l’espèce) et les lois illégitimes que nous devons combattre (résistance ou désobéissance civile) pour les mêmes raisons.
      Les permières sont issue de la volonté populaire ET sont conformes à la DUDH,
      Les secondes, non.

      1. D’accord sur le principe, mais ce n’est pas toujours facile, néanmoins, de faire le distingo… Comment trancher en cas de désaccord ? La DUDH suffit-elle ?… Fournit-elle un cadre assez solide ?

        Encore des questions ! 😉

  1. Je souscris à tout ceci sauf la fin sur Hong-Kong.
    Il semble hélas avéré, comme en Ukraine, que le mouvement « démocratique » soit totalement guidé par les USA et leurs agences discrètes.
    Certes, le régime chinois est criticable. A Hong-kong, il l’est sans doute déjà moins. Et Rome ne s’est pas faite en un jour. Bref, à trop énerver les chinois, Washington risque de réveiller des démons et de provoquer – comme partout dans le monde depuis 70 ans – des réactions inverses au résultat recherché. Au Guatemala, pour ne citer que cet exemple, ils ne s’en sont pas encore totalement remis. En Iran ? En Irak ? Je vous laisse juge.
    L’ennemi, ce n’est pas les chinois, c’est la finance. Ne nous trompons pas de combat.

    1. Fais pas comme ces pauvres hongkongais ou ukrainiens, Bilabong, ne descends surtout jamais dans la rue ! Il se trouverait sinon un paquet de connards sur les blogs et les réseaux pour te traiter de jouet des agences ricaines.

    2. Je suis de votre avis, Bilabong.
      Olivier Berruyer « les crises » a montré -courageusement- qu’un mouvement légitime en Ukraine se retrouve pris en main et porté aux extrêmes par des organismes d’inspiration US dont les buts n’ont rien à voir avec ceux du mouvement d’origine.
      Je crois que le processus peut être quasi généralisé: chaque fois qu’un mouvement légitime – plus de démocratie etc…- évolue vers une suite d’affrontements de plus en plus violents, une main US ou proche, est à l’origine.

      Ce devrait être un avertissement pour nous autres. Bien que l’occurence soit très faible – âge moyen trop élevé et assoupissement consumériste- le risque n’est pas nul.
      Restons-en soigneusement au dialogue et à l’action pacifique.
      C’est la base de la Démocratie, autant que son exercice formel tant décrié, qu’il nous faut préserver. Naturellement, cela vaut pour une manifestation pacifique.

      1. Vous pensez vraiment que les habitants de Hong Kong n’ont pas d’autres raisons pour descendre dans la rue que d’être payés par la CIA pour le faire ?

        L’anti-américanisme primaire rend sourd !

      2. On dirait que vous connaissez mal l’histoire récente de l’Ukraine, ainsi que celle de la Russie de Poutine.

      3. « Vous pensez vraiment que les habitants de Hong Kong n’ont pas d’autres raisons pour descendre dans la rue que d’être payés par la CIA pour le faire ? »

        Mais non il ne s’agit absolument pas de cela.
        En HG, Egypte, Ukraine etc… les manifestants ont certainement de bonnes raisons en elles-mêmes.
        Il n’est pas de raison de les croire stipendiés en lien avec la CIA.

        Ce sont les développements suivants qui posent question dès lors
        que la violence pointe son nez. C’est à ce moment qu’un ou plusieurs parmis la multitude d’organismes défendant des intérêts US prennent en main et orientent la suite des évènements.
        Les démonstrations documentées et contradictoires de Berruyer sont claires et sans appel. La vidéo d’ARD de l’enquête sur les tueurs de la place Maidan est un document convaincant concernant un dérapage exploité dans un sens favorable aux intérêts US. En reliant les pointillés suggérés par d’autres informations allant toutes dans le même sens, on est fondé à soupçonner une main US. [Je retirerais cette phrase devant une démonstration contraire documentée; en particulier, l’absence de liens entre les tueurs-nervis pro-nazis locaux et des gros bras orientés US.]
        Ce « moment » ou événement destiné à créer un choc est depuis longtemps analysé par les théoriciens de la manipulation des populations. J’en ai eu connaissance au moment de la guerre d’Algérie: c’était le « truc » des théoriciens de l’ OAS.

        Les billets de M.e Favret-Saada sur l’Egypte et son intuition confirmée que des Frères Musulmans sont parmi les conseillers d’Obama sont aussi suggestifs. ( je ne retrouve plus la référence
        pour Obama .)
        Ici: Le balancier d’Ibn Khaldûn, par Jeanne Favret-Saada
        15 août 2013.

      4. T’as encore accès au site de Berruyer Daniel ? Tu t’es pas fait éjecter ? Pour te dire, moi aujourd’hui en cas de gastro, si j’ai besoin de gerber, j’suis obligé d’aller parcourir sa prose nauséeuse chez son pote Alain S..al, où l’on se fait un plaisir non dissimulé de diffuser largement et fidèlement sa propagande vomitive.

      5. Bonsoir Vigneron

        Avant de lire les_crises,j’étais accro à France Culture.
        Ce site a tout de meme amené beaucoup.

        Autant que celui de Paul Jorion,si ce n’est que les articles de ce dernier sont parfois moins accessibles
        Nauséabond,je ne vous comprend pas.

      6. Raisongarder, j’ai dit nauséeux et vomitif, pas nauséabond. Et je n’ai jamais dit qu’avoir été un temps accro à France Q prémunissait quiconque de la sottise. Et appeler sottise le fait, par exemple, de relayer complaisamment l’abracadabrantesque Asse..neau et de se faire goulument relayer par le charognard en chef de la fachosphère A. So.al, vous con-viendrez que c’est extrêmement indulgent.

    3. THom, Daniel

      Si simplement demander que les engagements qui avaient été pris par le pouvoir de Pékin n’est pas une raison suffisante et légitime de manifester, je me demande quelle idée de la démocratie vous vous faites.
      Que diriez-vous si demain on vous disait : dorénavant ce sont quelques représentants de la FNSEA, du CNPF, Bernard Arnaud, François Pinault, la famille Mulliez, Bernard Tapie qui figurent dans le collège (1000 personnes) des électeurs de nature corporatiste qui élira notre président de la République ? C’est sans exagérer la situation dan laquelle se trouvent aujourd’hui les habitants de HK. On leur a promis une élection au suffrage universel, et maintenant on leur refuse ! C’est le règne de l’arbitraire, désolé.

      Ne pas oublier non plus que HK a joué dans l’histoire moderne de la Chine un rôle important. Sun Yatsen le père de la République chinoise était originaire de cette ville où il avait ses réseaux.
      Nombre de ceux qui manifestent aujourd’hui ont des parents qui ont étudié dans les universités occidentales. Les manipuler est donc parfaitement inutile puisqu’il savent parfaitement comment fonctionne une démocratie (quand bien même les nôtres sont loin d’être parfaites …)

      C’est plutôt une chance pour la Chine d’avoir en soin sein des chinois qui sont acquis à l’idée démocratique. Le pouvoir central chinois avait testé les zones économiques spéciales à partir des années 80 avant d’étendre à l’ensemble du pays les principes capitalistes, bien lui en prendrait aujourd’hui de faire de Hong-Kong une zone politique spéciale, préparant alors la Chine toute entière à sa démocratisation. Mais que-dis-je ? On parle bien à propos de la Chine et de HK de « Un pays, deux systèmes » ?!! c’est même la ligne officielle du gouvernement chinois depuis la rétrocession de HK à la Chine en 1997. L’idée était donc déjà dans l’air …. 😉

      1. ce sont quelques représentants de la FNSEA, du CNPF, Bernard Arnaud, François Pinault, la famille Mulliez, Bernard Tapie qui figurent dans le collège (1000 personnes) des électeurs de nature corporatiste qui élira notre président de la République ?

        Vous ne croyez pas si bien dire! ! Sauf que c’est fait de manière perverse, à traves une présélection médiatique.
        On parlera des candidats « importants » matin, midi et soir, chaque jour tout au long de l’année pour bien nous les rentrer dans la tête,
        Les « petits », auront droit à quelques minutes dans l’année pour répondre aux questions d’un journaliste, légèrement condescendant (on ne mélange pas les torchons et les serviettes)

        Et surtout ceux qui devront rester dans l’ombre, y resteront.

        Ainsi le jour J, le peuple est prêt à mettre le « bon » bulletin dans l’urne.
        La « démocratie » est ainsi respectée.

        En Chine, au moins c’est clair.

      2. Gagnot,

        En Chine, au moins c’est clair.

        Je suis toujours un peu accablé par la propension de certains subtils experts en nuances grisâtre s – peut-être comme abusés ou confirmés faussement par l’art de Soulage – à trouver le noir tellement plus «clair» que le gris.

      3. En Chine, au moins c’est clair.

        Ce qui est encore plus clair c’est qu’en Chine vous risquez la prison (y compris avec détention sans procès) si vos idées ou vos opinions n’ont pas l’heur de plaire aux autorités. Et qu’il faut donc beaucoup de courage pour les exprimer publiquement.
        http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/10/04/un-artiste-arrete-a-pekin-pour-une-photo-en-soutien-aux-manifestants-de-hongkong_4500544_3216.html

      4. @ vigneron

        le noir tellement plus «clair» que le gris.

        Je n’ai pas dit que c’était mieux, hein!

        Mais arrêtons de considérer que nous, les habitants des pays dits « libres », sommes en démocratie. Nos élections ne sont qu’une façade pour mieux nous embobiner, et le sens des mots a été détourné pour rendre impossible la contestation.

      5. @ PIerre-Yves Dambrine

        Il est vrai que chez nous on peut manifester, sous réserve quand même de ne pas trop perturber l’ordre établi par le système au risque, pour les leaders un peu trop populaires, de mystérieusement disparaître, quand il devient impossible de les censurer…

      6. On parlera des candidats « importants » matin, midi et soir, chaque jour tout au long de l’année pour bien nous les rentrer dans la tête,

        Notez d’ailleurs, que plus le rejet du PS/UMP grimpe, plus le FN occupe les médias!
        Mieux vaut dès maintenant préparer les esprits à un éventuel relais sur lequel on pourra compter, on ne sait jamais (sarcastic)

        Quand à exposer des idées alternatives, oui, mais seulement à dose homéopathique après 22h, pour éventuellement les tourner en dérision.

    4. Pour aller dans le sens de ThomBilabong, les mouvements sociaux les plus violents depuis la crise des subprime, qui provient quand même des USA, sont curieusement ailleurs. Et c’est toujours des puissances du même acabit (Chine, Russie) où des endroits géopolitiques (Moyen Orient) qui en font les frais.L’Europe quant à elle, n’a même pas besoin de subir les conséquences désastreuses du chaos social de ses voisins pour que les USA conservent un leadership: les institutions s’en chargent toutes seules.

      1. Si vous le dites…
        Néanmoins, votre position sur le comportement américain à l’international contraste quand même avec votre discours sur l’état de la corruption dans ce pays: Tous pourris à l’intérieur, mais pas prêts à n’importe quoi à l’extérieur.

        Et je vais même plus loin de mon côté, vers la folie: la Turquie, par la stratégie américaine, est prise entre Charybde et Scylla. Soit elle réprime les kurdes et refuse de s’allier aux USA pour faire le ménage en Syrie, soit elle s’allie et elle a droit aux foudres de la Chine et de la Russie.

  2. Le système néolibéral dispose d’une foule de larbins, de serviteurs……….dans le milieu politique, dans les médias, dans la vie publique et culturelle, et même dans la vie courante. Ce qui le rend apparemment invulnérable, de plus en plus fort.
    Il a réussi à s’enraciner dans le sol de la société. Exemple: on attribue à Merkel des pouvoirs politiques extraordinaires (« une des femmes les plus puissantes du monde »), alors c’est en réalité la BCE, le FMI, les créanciers internationaux, les institutions supranationales….qui font de la politique. Merkel n’est une sorte d’huissier qui veille à bonne exécution des meusures décidées ailleurs. D’où l’impression du publique que la classe politique ne peut plus rien.

      1. Vigneron
        Ceci est dû à la faiblesse du SPD qui laissé des plumes depuis les fameuses « réformes » mises en oeuvre par le chancelier Schröder. Les électeurs et sympathisants du SPD se sentent trahis.
        Les Allemands vivent dans l’illusion que c’est grâce à Merkel qu’il y a des emplois. C’est faux bien sûr,

      2. SPD (ou PS), CDU (ou UMP) même combat: être au service des néo libéraux qui les nourrissent (ainsi que les médias qui les font « élire »). C’est A’chement bien fichu.

      3. Gagnot. Pas marre đ’ahaner douillettement ses mantras ?
        La déchomskysation de la pensée critique est un immense chantier d’avenir qui reste (hélas) ouvert aux futures générations. Qui a dit que le travail disparaissait ? La preuve que non.
        Sauf qu’en attendant, « penser » derrière Chomsky, effectivement, c’est le contraire de travailler.

      4. j’ai aussi remarqué que Chomsky pensait la même chose que moi, et?
        Pourriez vous argumenter en quoi nous disons des âneries?

  3. Est-ce le signe que le lieu du politique moderne ce n’est plus le village mais plutôt l’Internet qui permet comme à Hong-Kong aujourd’hui un rassemblement énorme de la population ?

    Bonjour monsieur Fagnoul,

    A cette question essentielle, la réponse est OUI sans aucune hésitation de ma part, sinon, pourquoi s’emploierait-on à vouloir le censurer, voire même le taxer, notamment en France (dixit les dernières lubies « surprises » de réforme de la redevance télévision), à ce point depuis seulement quelques années ; 2012 même, si mes souvenirs sont bons… ça c’est sûr, avant 2008, personne ne s’inquiétait du pouvoir d’émancipation de l’Internet sur l’individu…

    Ce n’est pas un hasard non plus si l’on nous martelait récemment de flash d’information concernant ce fameux prix Nobel en rapport avec le GPS du cerveau humain… Ben voyons… Pendant que l’on nous parle de celui propre à tout individu, on nous éloigne de l’évidence même de celui propre à toute la toile…

    Nous y voilà :
    individu vs toile – individualisme vs collectivisme – « consumérisme » vs altruisme

    Vous citez Jacques Attali dans votre propos, et vous avez raison, mais vous auriez pu tout autant vous contenter de rappeler cet excellent billet de Michel Leis écrit un an plus tôt :
    http://www.pauljorion.com/blog/2013/07/16/il-faut-euthanasier-le-consommateur-par-michel-leis/

    C’est donc bien une évidence aujourd’hui, « le lieu du politique moderne ce n’est plus le village mais plutôt l’Internet »… Et c’est aussi pour cette raison que l’Internet doit demeurer un espace de liberté…

  4. Résistants, révolutionnaires, révoltés, unissez-vous! La force et la violence, l’une oppressive afin de faire perdurer l’ordre bourgeois, l’autre pour lutter contre la répression de tout élan d’émancipation du travailleur exploité dans ce système capitaliste, qui ne rend pas l’individu sociable mais égoïste, et l’entraîne dans la décadence d’un empire qui fera tomber avec lui ceux qui l’ont porté. Qu’il s’écroule et c’est la misère, qu’il tienne et c’est encore la misère, pour les plus précaires déjà la situation devient de plus en plus pénible. Affronter cette crise, quel autre choix avons-nous, en proposant des mesures radicales pour changer notre mode de vie, « sobriété heureuse » et « décence commune » me paraissent deux piliers pour porter le Grand Tournant, et beaucoup d’autres idées portent l’espoir d’un changement. Mais pour éviter la violence, une remise en cause de l’ attitude des riches permettrait que la paix sociale dure quelques mois, ou années de plus, s’ils avaient d’autres projets que s’attaquer au droit du travail, mais ils ne vont pas dans le sens d’une prise en compte globale des enjeux économiques et écologiques, leur vision n’est qu’à très très court-terme, cela ne fait que reculer le moment où la colère devant un avenir éteint éclatera pour exprimer ce qui n’a pu l’être auparavant, ce qui n’est pas dit et partagé dans le débat démocratique aujourd’hui. Ces riches sont tellement déconnectés de nous que nous n’avons rien à en attendre, ils sont pour certains le nez dans la coke et ne renonceront jamais à leurs privilèges, ne se rendent plus compte des excès et des dégâts humains, sociaux, de civilisation, de leurs attitudes. Certains envisageraient même avec les découvertes scientifiques récentes de devenir « immortel », ou « invivable » du point de vue de la nature. Alors si nous attendons d’eux qu’ils se repentent, nous n’en avons plus pour très longtemps avant la chute de cet empire. Désobéir, cela peut être se dépasser et aller au-devant des difficultés en les affrontant frontalement. Mais il faut rester à l’écoute de soi-même et la raison doit nous guider dans cette révolte, dans ce monde absurde gardons le sens de la mesure et de l’équilibre. Mais la colère monte, et je partage cette envie de lutter contre le désordre capitaliste.

      1. il y a partout des rebelles, il y en avait en 68, ils le sont toujours c’est pour ça que la pub nous vend de la rebelle attitude, c’est la recherche de la jouissance, de l’éternelle jeunesse…il nous faut plutôt calmer nos ardeurs, réactionnaires révoltez-vous!
        Il faut être maboul pour se lamenter sur la disparition de l’homme, au lieu d’entonner un « Bon débarras », comme disait Cioran!

  5. Qui ne cherche qu’à sauver sa peau, voilà la faille qui nous sépare.La résistance c’est pour un avenir meilleur pour tous, et ça concerne le plus grand nombre. La démocratie est-ce le moyen où la fin?

      1. C’est désolant d’avoir un président qui sort du PS et de mener une politique ultralibérale. La démocratie nous permet-elle de sortir de ce bourbier économique? C’est la fin des haricots si on accepte le jeu démocratique actuel.

  6. Rebelle , résistance , résilience , révolution , révolte… Que des mots lourds nourris des cultures du monde entre Albert Camus ,André Breton ,Hobbes ,John Locke , Diderot ,Saint Just , Kant ,Hegel….

    La révolte ne peut rien fonder , mais on ne peut rien fonder sans elle .

    L’écriture de l’ordre nouveau ( au moins pour un temps ) , c’est la révolution qui se nourrit des révoltes.

    Si l’ordre nouveau est un nouveau cadre , peut on sortir du cadre sans révoltes d’abord , révolution ensuite ?

    Le rebelle ? Trop flou , trop récupérable , trop mutant, top confortable … J’évite .

    1. Méfie toi Juan, le rebelle est libertarien et pirate aujourd’hui. Il a Snowden et Assange en poster. Et il fout une sacrée merde.

      1. Je reconnais , mais c’est bien aussi la démonstration qu’il ne suffit pas de foutre la merde au nom du rebelle patenté du moment pour faire révolte et révolution .

        Révolution fertile , juste et « de progrès ».

  7. J’attends impatiemment le commentaire de Vigneron ( sauf si sa révolte consiste à ne pas en faire !) .

  8. Selon moi , internet peut alimenter la révolte, mais ne peut contribuer à la révolution , qui réclame déjà des convergences locales ( possiblement au niveau d’un état) qui elles mêmes s’appuient sur des échanges et modes d’accord plus  » traditionnels » et charnels .

      1. Quand il faut du fric pour la révolte , c’est en très grande majorité pour nourrir le commerce des armes .

        Le sujet de la récolte plus ou moins « participative » du fric est un sujet bien connu de toutes les résistances historiques ( FTP , FLN …).

      2. C’est moins cher les armes maintenant (‘darknet’, artisanale, etc), et nombreuses sont les personnes déjà armées , au moins un trentenaire sur 3 dans pas mal d’endroits.. et pourtant je suis presque comme St-Thomas…
        Aussi les armes dorment et leurs réveils est souvent simultanés !

      3. Nous parlions de révolte, pour être organisée, doit elle se financer ? Cette question me parait légitime surtout quand le mouvement est censé se dresser contre la finance et son absurdité criminelle.

        Pour les armes vous devez avoir raison et là n’est pas le sujet. (Je doute que la révolte possible est beaucoup à voir avec celle mener par le FNL, à approfondir oui)

  9. @ Corbeau

    Que des riches veuillent devenir immortels devraient vous réjouir.
    Pourquoi ? Parce qu’ils seraient alors obligés de se projeter vers le futur. Plus d’après moi le déluge, on doit nettoyer sa merde quand on doit vivre dedans.
    Si vous vouliez vraiment que cela aille mieux pour les gens, vous devriez vous plaindre de l’égoisme de riches qui ne veulent l’immortalité que pour eux – notez bien que ce n’est pas nouveau, ils veulent tout pour eux.

    En fait l’immortalité pour tous est concevable.
    Démographiquement, vouloir se prolonger ou vouloir un enfant revient au même. Le problème, si problème il y a, est que les gens vivent plus longtemps (mais doit-on s’en plaindre ?) et que pour autant s’ils ont moins d’enfants, ils en ont trop pour qu’il n’y ait pas croissance démographique.
    Cependant, malgré cette croissance démographique, la faim diminue dans le monde.

    Le problème véritable est la polution, par exemple que les sols soient peu à peu appauvris, et le changement climatique.
    Un problème énergétique, donc.

    Evidemment, on doit respecter la liberté d’avoir des enfants (sauf si on veut être dans une dictature genre Chine) et de se prolonger (à moins qu’on veuile créer une dictature inédite). Mais bah ! Comme certains pensent qu’on est déjà en dictature, je les voit bien établir la leur en disant délivrer le peuple.
    Donc la population ne peut que croitre, du moins dans un premier temps.

    Mais elle devrait décliner.
    Il y a déjà eu transition démographique (démocratiquement en général).
    Plus la richesse et la liberté de la femme croit, moins les gens veulent d’enfant.
    Donc si le monde va mieux, il y a décroissance de la population.
    S’il va plus mal aussi, en principe, parce qu’il y a les quatre cavaliers de l’Apocalypse, famine, guerre, épidémie, mort.
    Un monde où les gens meurent moins est un monde où il ont moins d’enfants.

    Un monde où il y aurait l’immortalité serait mieux gouverné, qu’il n’y ait que queleques riches immortels ou tous ceux qui le veulent.
    Fin de l’irresponsabilité, on vivra dans le monde qu’on crée.

    De plus, un monde où l’immortalité existerait aurait probablement accru l’intelligence humaine.
    Les problèmes qu’on ne peut résoudre avec une intelligence de notre niveau serait résolu par une intelligence plus grande.
    Actuellement, je crois qu’on n’a pas les moyens moyens cognitifs de sortir de l’imppassse.

    PS
    Je viens de lire que vous m’avez écris que l’on a peur de la mort par crainte du jugement sur soi-même.
    Pas moi et bien d’autres, parce que je ne crois pas que Dieu, je ne crois pas à son existence, va me fourer dans son enfer.
    Je n’attends pas l’approche de la mort pour me juger en regard de ma morale et de mes ambitions, je le fais depuis l’enfance. Il est bien malheureux que des gens attendent la faucheuse pour se poser des questions mais il faut dire qu’on est souvent découragé pour le faire, je ne juge personne sauf moi.

    1. « Il n’y a pas un autre monde. Il n’y a même pas ce monde-ci. Qu’y a-t-il alors? Le sourire intérieur que suscite en nous l’inexistence patente de l’un et de l’autre. »Cioran

      1. La devise des new sectes de L.A. :

        Liberté , Inégalités, Immortalité

        .selon le titre d’une revue actuellement en vente dans les kiosques ( Philosophie magazine , je crois )

      2. Si vous voulez l’égalité, battez-vous pour que tous accédent à l’immortalité.
        Si vous ne voulez pas de l’immortalité, ne critiquez pas que tous ne l’aient peut-être pas.

        Je vous ai proposé de participer à l’oeuvre d’extension de l’immortalité à tous.
        Si vous préférez le nihilisme et un égalitarime ennemi de l’égalité en ce qu’il ne se bat pas pour l’immortalité pour tous, tant pis.

         » Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour perserverer »

        Où quand et comment, je verrai.

  10. Bonjour Vincent Fagnoul, de Queue-du-bois,

    Je tique sur votre titre!

    La crise du présent est celle de la fin d’un monde. Elle ouvre un abime!
    L’avenir est inconnaissable. Cependant une certitude que nous pouvons avoir est que pas mal de choses sont à inventer, pour le meilleur comme pour le pire. Elles seront inventées.

    Que restera-t-il du passé?
    D’une part, l’éternelle domination de l’homme sur l’homme est en question, et il n’est pas impossible qu’elle survive.
    D’autre part, la grandeur des résistances et de ses héros le plus souvent anonymes est une valeur éternelle, que vous avez raison de rappeler.

    Nous inspirer du passé?
    Oui, pour choisir son camp et garder le cap!
    Mais pour le reste, et c’est très stimulant, tout ou presque reste à inventer.

    Bien à vous.

    Guy Leboutte, du Condroz belge.

    (PS: pour ce qui est de Jacques Attali, la citation que vous donnez est bien représentative de la pauvreté de ses concepts, ou plutôt des impasses de sa pensée, entre intelligence et niveau d’information – qui sont certains -, et ses compromissions – tout aussi certaines-. Pour moi, l’inanité de ses qualités de futurologue est établie depuis son Dictionnaire du XXIe siècle, de 1998.)

  11. Résistants, révolutionnaires, révoltés, unissez-vous! La force et la violence, l’une oppressive afin de faire perdurer l’ordre bourgeois, l’autre pour lutter contre la répression de tout élan d’émancipation du travailleur exploité dans ce système capitaliste, qui ne rend pas l’individu sociable mais égoïste, et l’entraîne dans la décadence d’un empire qui fera tomber avec lui ceux qui l’ont porté.

    Bien- sur, Corbeau, un peu de défoulement ne fait pas de mal, quoique…
    Pour ma part , la seule « révolution » qui vaille est celle qui permettrait de construire parallèlement aux ruines encore habitées de nos modèles de société mourants, de nouvelles structures sociale plus justes et plus humaines.
    Il n’est pas forcement nécessaire de détruire ce qui ne marche plus quand beaucoup pensent qu’il peuvent encore en profiter.
    Il me semblerait préférable (et moins salissant) d’établir d’abord un nouveau modèle expérimental, d’en éprouver la qualité, puis, de l’amener simplement à concurrencer l’ancien modèle et permettre à chacun de s’en détourner librement.
    Et ce peut-être utile pour la suite de ne pas forcément passer par la case terreur.

    Quant à l’article de J.A. dans l’express cité par Vincent Fagnoul, je ne peux m’empècher de lui trouver une forte odeur de condescendance, à l’égard « des consommateurs » qu’il est certain que nous sommes. Cela ne colle pas très bien avec son attitude fuyante (devant les cameras) lors des rares apparitions de son « patron » à la télévision, ou il l’accompagnait, embusqué derrière des plus grands que lui comme si il voulait disparaître!
    La modestie peut-être…
    Très lourd à porter est le poids des responsabilités d’un conseiller de Mr Le Président, Non?
    A-t-il raison dans cet article? Je ne peux le croire, ma confiance en l’Humain m’en empêche.
    Il semble que ce ne soit pas son cas…

    1. Attali parle de l’humain comme d’une vermine haineuse et destructrice dans cet extrait, le consommateur-électeur c’est l’extension de la norme CE en politique. Je crois qu’il n’a pas tort, mais dénonce t-il vraiment cela, l’a t-il favorisé?
      Je pense qu’une révolution est souvent conduite par des idéologues, ceux qui prétendent connaître la vérité et s’adjugent le rôle de guide. Cela a souvent mené à l’impasse. La révolte doit venir du peuple, et n’enfreindre la liberté de personne, avec les principes de sobriété heureuse et décence commune pour orienter les comportements individuels.
      Tellement de petites choses à faire avant les grands chamboulements!

    2. Il me semblerait préférable (et moins salissant) d’établir d’abord un nouveau modèle expérimental, d’en éprouver la qualité, puis, de l’amener simplement à concurrencer l’ancien modèle et permettre à chacun de s’en détourner librement.

      Et comment faites vous pour qu’il soit indépendant de l’actuel, sachant que l’ensemble des ressources (dont aura besoin ce nouveau modèle), dépendent de l’ancien, voyez:

      Comment s’approprier des terrains pour s’y installer?
      Avec quel moyens y construire les infrastructures?
      Comment fabriquer le moindre truc qui nécessite des moyens industriels?

      En fait le seul nouveau modèle possible, parallèle à l’ancien, existe déja: c’est celui de l’exclusion.

    3. La force et la violence cf. Georges Sorel.Son analyse est intéressante à bien des égards.
      Mais pour éviter la violence, une remise en cause de l’ attitude des riches permettrait que la paix sociale dure quelques mois, ou années de plus, s’ils avaient d’autres projets que s’attaquer au droit du travail, mais ils ne vont pas dans le sens d’une prise en compte globale des enjeux économiques et écologiques, leur vision n’est qu’à très très court-terme, cela ne fait que reculer le moment où la colère devant un avenir éteint éclatera pour exprimer ce qui n’a pu l’être auparavant, ce qui n’est pas dit et partagé dans le débat démocratique aujourd’hui.

      Je ne me défoule pas, je vous lis attentivement.
      salut

      1. Il ne faut rien attendre des riches, ils sont déconnectés.

        Je ne vois que une voie pour reprendre légitimement le pouvoir à l’oligarchie actuelle:

        – rassembler un nombre suffisant de citoyens souhaitant qu’une assemblée constituante écrive une nouvelle constitution, sachant que le pouvoir en place fera tout pour s’y opposer et l’ignorer.
        (une initiative est d’ailleurs en cours en ce sens http://www.m6r.fr/ )

      2. se débarrasser d’une monarchie présidentielle…Je n’ai rien contre un monarque philosophe, si cela peut exister. Etre monarque philosophe, c’est la bienveillance en pratique, c’est la sortie de crise. L’autorité peut permettre de lutter contre l’oligarchie. Ce n’est pas la République qu’il faut changer, c’est la démocratie actuelle.
        Hollande, c’est le monarque errant, moi président moi président, moi je…pour rien faire. Tout est à reconstruire, par quoi commencer? Par la Constitution, qui nous dit « la souveraineté nationale appartient au peuple », ce paradoxe me plait bien, souveraineté nationale et populaire dans la même formule, mais cela doit être redéfini, je vais relire l’Encyclopédie.

        http://www.pauljorion.com/blog/2013/06/30/projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-siecle-contribution-a-un-futur-article-sur-la-democratie-par-michel-leis/

        Les citoyens doivent être plus impliqués et mieux représentés dans la vie démocratique, pour cela le tirage au sort auprès de citoyens volontaires mérite d’être mieux considéré comme alternative à la représentation d’élus servant la classe dirigeante. Le nerf de la guerre c’est l’argent, mais la corruption politique se fond dans une crise morale plus globale à cause de le libéralisme qui pénètre toute la société, d’où la nécessité d’avoir du temps pour devenir citoyen.

  12. Ben non je ne pense pas que J. Attali ait raison, un peu facile de tout mettre sur le dos des électeurs-consommateurs.
    On aurait pu écrire : les travailleurs-élécteurs-consommateurs qui reconnaissaient la nécessité d’un certain travail pour fournir à tous les moyens de subsister profitèrent de l’abondance d’énergie et des découvertes scientifiques et techniques pour l’automatiser et l’effectuer avec moins de travail humain et pouvoir se consacrer à d’autres activités qu’ils reconnaissaient comme plus épanouissantes.
    Etant habitués à bien faire leur travail et à esssayer de faire en sorte que cela profite à tout le monde sans avoir besoin qu’on les contrôle en permanence, ils supposaient que leurs dirigeants faisaient de même. Bien mal leur en prit, ceux-ci n’oeuvraient qu’à détourner les richesses produites pour eux seuls.

    Prochain chapitre à écrire: les citoyens contre-attaquent.

  13. L’actualité apparemment confirme ce que j’ai écrit il y a quelques jours :

    – Jan Jambon au poste de ministre de l’intérieur :
    http://www.lesoir.be/674478/article/actualite/belgique/elections-2014/federales/2014-10-08/casting-gouvernemental-derniers-marchandages

    – Alors que ses fréquentations posent questions : http://www.rtbf.be/video/detail_jan-jambon-ses-liens-avec-l-extreme-droite?id=1864608

    Je ne suis pas historien pas particulièrement cultivé alors est-ce que je me trompe quand je vois un danger terrible dans ces informations ?
    Dans notre monde où les grandes oreilles sont au courant de tout, nous pouvons tous être fichés, classés et que je vois qui accède au ministère de l’intérieur, je n’arrive pas à croire qu’il n’y ai aucune réaction .

      1. D’accord avec vous. En plus d’un nazi notoire à ‘Intérieur, l’extrême droite flamande s’est arrogé les Ministères des Finances et de Défense : tout ce qui compte. L’avenir en Belgique me parait bien noir.

        Nous sommes déjà tous fichés, pas d’illusion. Et la tendance est déjà à la criminalisation de toute forme de résistance. Comme dans ce village français, notre force résiderait dans le nombre, mais nous semblons si dispersés, …

  14. Tout d’abord en parlant du village de Chambon sur Lignon il faut savoir que sa population était dans sa majorité d’obédience protestante. Tout le monde sait que l’église catholique a toujours agit avec une grande violence contre ceux qui ne suivaient pas ses dogmes à la lettre.
    On se rappelle de la fameuse phrase prononcée contre les Cathares « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Les persécutions contre les protestants ont laissé des traces dans leur mémoire à leur tour les protestants aidèrent d’autres persécutés. Cependant, leur élite en la personne du pasteur BOEGNER signa en décembre 1941, un appel à la délation aux populations de Paris » contre ceux qui commettaient des attentats contre l’armée d’occupation. » Bien entendu il n’était pas le seul, cardinaux, Recteur d’Académie, Doyens de facultés, Secrétaire perpétuel de l’Académie française…..
    Quant à l’obéissance aux lois de Vichy, par exemple, et bien si dans la famille on l’avait fait on serait tous morts…. Ma mère, un oncle, un cousin, une de mes tantes ont préféré la Résistanceau port de » l’étoile. » d’ailleurs cela n’avait aucune signification pour nous car nous étions profondément laïque.
    Ma mère a eu de la chance (elle a fait partie des 12 femmes parties de Drancy avec le convoi 67 (1100 personnes) qui étaient encore vivantes en 1945. Avec le nom qu’elle portait pour les types des brigades spéciales (bien qu’elle ait été française (depuis 1927) elle était juive, point…
    Les avocats appellent certaines lois « des lois scélérates » ce n’est pas pour rien
    « Ne faites jamais rien contre votre conscience, même si c’est l’Etat qui vous le demande. » nous a dit Einstein.
    Quant à la citation de M. ATTALI du haut de sa grandeur de grand bourgeois il exprime son mépris du peuple et bien dites lui que de lui « je m’en fiche. » Cordiales salutations
    particulièrement à M. LEBOUTTE E.C.

    1. Parce que je connais de l’intérieur ce qui s’est passé au Chambon sur Lignon dans ces années sombres , je peux vous confirmer que si la nature historiquement résistante du protestantisme dans cette région ,n’est pas pour rien dans le réseau d’entre-aide constitué , il y avait des liens amicaux entre pasteurs et prêtres sans lesquels tout aurait été plus difficile .

  15. Et pourquoi pas l’ amour comme fil d’ Ariane ?
    Le point de vue d’ une prof qui pense l’ avoir rencontré :
    http://milasaintanne.wordpress.com/2010/11/29/jai-un-amour/

    Elle dit vers la fin que les fonctions cognitives et donc biologiques en sont modifiées.

    Toutefois il faut de méfier des mots et des étiquettes (derrière le fond de pension qui extorque du rendement au travail , il n’ y a pas forcement un grand bourgeois, mais un petit, voire un tout petit)

  16. Une pensée pour Malala Yousafzaï et Kailash Satyarthi. Prix Nobel de la paix.

    « pour leur combat contre l’oppression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation ».

    1. Et pendant que l’on pense à eux, on ne pense pas aux oppressions économiques des néo libéraux qui ne ferment pas que des écoles. Et le prix Nobel qui dénoncera ces derniers devra attendre encore un peu. (ok, ce n’est pas comparable avec Malala…)

      1. Les vrais rebelles n’attendent pas qu’on leur décerne un quelconque prix pour agir. C’est tout le sens de ce billet : à tout moment la liberté est contagieuse.

      2. Bien sur que les vrais rebelles n’attendent pas le Nobel. (ma formule était ironique)
        Mais les cérémonies et commémorations en tous genres – plutôt que de vouloir nous donner l’idée de devenir des héros – sont, bien au contraire, là pour nous faire oublier nos révoltes, en disant à notre inconscient « voit comme ces héros en ont bavé… tu as bien de la chance de vivre dans un pays en paix, tu n’as pas à te plaindre!…  » Sinon, on aurait décerné le Nobel, ou au minimum on ne les tiendrait pas dans l’ombre, à tous ceux qui, aujourd’hui, dénoncent le Système qui, au bout du compte, contient les origines des oppressions…

        Et, pendant qu’on envoie hypocritement des fleurs à Malala aujourd’hui, à Mendela hier, la logique du Système continue d’enfoncer les pauvres dans la misère avec les atrocités qu’elle génère (dont celles qu’a vécues Malala, et d’autres aujourd’hui…)
        Bref, les cérémonies et commémorations sont des trompe l’œil.
        Sinon quelle serait leur fonction?

  17. Nous inspirer du passé ? Je ne comprends pas. Duquel précisément ?
    Nous faut-il toujours un modèle, un mode d’emploi, une notice, une procédure ? on veut être sûr ? mais de quoi d’ailleurs ? Les facteurs clés à postériori…. c’est confortable.
    On ne saura pas à l’avance ce qu’il faut faire ou pas faire, ça ne marche pas comme cela, ce n’est pas ça la vie.

    1. Dans la mesure où toutes nos expériences passées , »intellectuelles ou émotives » , sont digérées et remises en images dans notre inconscient individuel ou collectif , et que la vie qui va s’en nourrit aussi , on peut pourtant dire que la vie c’est aussi ça .

      Comme vous , par contre , je ne crois pas qu’une relecture supposée consciente de l’histoire , soit le moteur essentiel de nos actions .Mais ça peut aider un chouïa .

      Les historiens de la rébellion ou pas ( une émission à midi sur ce thème sur France Inter dans 3D ) vont me tomber sur le poil .

    2.  » ce n’est pas ça la vie. »
      Il n’y a pas si longtemps, j’étais de votre avis.
      J’en avais surtout contre les barbus vénérables -à commencer par Socrate ou Platon..- sans cesse évoqués ici. Et j’en ai toujours contre les groupies en mal de gourou ; ils protègent leur vagissement incertains derrière leurs autorités supposées.

      Mais j’ai changé suite à la prise de conscience des ratages passés.
      Jusqu’à présent c’était soit la violence soit une simple permutation des acteurs, avec violence.

      « La vie » est une aveugle qui nous trompe dans les grandes largeurs.
      Perette du pot au lait est devenue une spéculatrice acharnée en un rien de temps et sans que personne ne l’ait voulu. « La vie »…
      Il faut respecter ses processus et fuir comme la peste toute idée d’ingénierie sociale. Nous sommes devant un avenir difficile; confronter le passé, pour éviter ses erreurs les plus évidentes est un processus vraiment conforme à « la vie », à mon avis.
      Une Société – d’accord, une toute petite fraction, mais de bonne volonté- qui réféchit sur elle-même ne peut pas être mauvaise.

      1. ça dépend de ce qu’on définit par la vie… personnellement, je la remonte d’un cran par rapport à vous, et disons que je lui fais confiance à ce niveau là.
        Ce que je veux dire c’est que si on prend par exemple le cas Grüninger dont il est question dans l’article, il a agit de son fait, parce que cela lui semblait normal de secourir des gens, et que ça, c’est quelque chose de profondément vivant (humain) à mon sens.
        Il ne s’est pas laissé convaincre par l’idéologie de son temps présent. Et il n’a pas été consulter un quelconque passé pour se convaincre.
        Parce que avec les exemples passés tout pourris ou pas, il faut bien faire le tri, et ça, ce n’est pas forcément facile – car, nous baignons toujours dans une idéologie, les exemples risquent eux même d’être tout plein d’idéologie, ça peut peut prendre des années pour tout consulter. On aura le temps de disparaître tous avant de bouger le petit doigt.
        Je ne dis pas que c’est simple, je dis juste que s’inspirer du passé, je ne comprends pas bien compte tenu des questions posées.
        Après effectivement, on peut toujours réfléchir et étudier, ça je ne remets pas en question.

      2. @Laura :

        Ne vous prenez pas trop la tête avec ça , des maximes du …passé ont déjà tranché le sujet :

        – « L’homme qui s’attache à son passé ne mérite pas d’avoir un avenir  » . (Oscar Wilde)
        –  » L’humanité qui devrait avoir 6000 ans de sagesse retombe en enfance à chaque génération  » ( Proverbe chinois).

        Par ailleurs , votre ado vous a déjà envoyé aux oubliettes , et ne va pas tarder à venir vous apprendre ce que vous savez déjà .

        Par contre , j’ai déjà émis ici qu’il me faut en gros une quinzaine d’années de recul , pour avoir une idée pas trop fausse de ce qui a vraiment motivé mon action , et même de ce qui s’est passé quand elle s’est déroulée .

  18. cousin hub je suis plus d’accord avec dominique gagnot et daniel  » anti américanisme primaire  » mr jorion on a l’impression de lire la presse système

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