En toute amitié…, par Laura

Billet invité.

Je m’oblige parfois à faire autre chose que rentrer pour récupérer ma dernière fille à la crèche qui ferme à 18h30. Ainsi, cette fin après-midi, j’ai pris le temps de terminer un travail et je suis passée voir mon n° 1, comme ça pour voir, vers 19h30.

J’y avais passé quelques heures épuisantes à mon rapport, en parler un peu me faisait plaisir et pour une fois, je prends mon temps.

J’ai un n° 1 qui a aussi trois enfants, pas beaucoup plus âgés que les miens ; tous les soirs il reste longtemps dans son bureau, et maintenant, alors que la nuit est sur le point de tomber, il discute avec un senior expert ; assis l’un en face de l’autre, riant parfois aux éclats, ils refont le monde.

Comment cela est-il Dieu possible ? J’avance une hypothèse : que cet homme, comme beaucoup que je connais, est un époux qui préfère rester discuter le soir à son bureau au lieu de rentrer, l’amitié masculine.

Peut-être que sa femme, avec sa journée de bureau derrière elle et son plafond de verre bien épais, aimerait avoir un peu d’aide ; peut-être aimerait-elle aussi rentrer « quand les enfants sont couchés, c’est plus reposant ».

Bon, bien sûr, pas d’études, pas d’enquêtes, juste ma vie… et celles de bcp d’autres.

Juste une chose – pour ne pas se méprendre : on est d’accord, nous sommes tous contraints et pas vraiment libres !

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66 réflexions sur « En toute amitié…, par Laura »

  1. Pour être plus clair: la question institutionnalisée de l’égalité professionnelle est perverse car elle confond le père réel et le père symbolique. Si le père réel est absent et donc ne représente pas ou très insuffisamment le père symbolique, tant pis pour lui: ce manque de communication est irrecuperable. Le père symbolique de 2014 n’est pas celui qui rentre tard et tabasse ses mioches. Un parent monoparental peut très bien incarner l’image du pere et de la mere seul. En revanche un absent a toujours tort.

  2. Nous sommes tous prisonniers aujourd’hui, certains ont plus d’espace que d’autres…la véritable question est : que sommes-nous prêts à sacrifier pour nous échapper, pour être libre ….parce que beaucoup préfèrent le statut de prisonnier pour les quelques maigres avantages qu’il procure…de la nourriture et un abri…

  3. L’amitié serait donc plus aisée que l’amour .

    Mais la femme et l’homme se résument ils dans le travail , les enfants et la relation époux/épouse ?

    Aux States, on commence à trouver des multinationales qui proposent aux femmes de congeler leurs ovocytes pour enfanter  » plus tard » , au moment « opportun » , et des couples pour l’accepter.

    Le transhumanisme au trot , avec les œillères .

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