En toute amitié…, par Laura

Billet invité.

Je m’oblige parfois à faire autre chose que rentrer pour récupérer ma dernière fille à la crèche qui ferme à 18h30. Ainsi, cette fin après-midi, j’ai pris le temps de terminer un travail et je suis passée voir mon n° 1, comme ça pour voir, vers 19h30.

J’y avais passé quelques heures épuisantes à mon rapport, en parler un peu me faisait plaisir et pour une fois, je prends mon temps.

J’ai un n° 1 qui a aussi trois enfants, pas beaucoup plus âgés que les miens ; tous les soirs il reste longtemps dans son bureau, et maintenant, alors que la nuit est sur le point de tomber, il discute avec un senior expert ; assis l’un en face de l’autre, riant parfois aux éclats, ils refont le monde.

Comment cela est-il Dieu possible ? J’avance une hypothèse : que cet homme, comme beaucoup que je connais, est un époux qui préfère rester discuter le soir à son bureau au lieu de rentrer, l’amitié masculine.

Peut-être que sa femme, avec sa journée de bureau derrière elle et son plafond de verre bien épais, aimerait avoir un peu d’aide ; peut-être aimerait-elle aussi rentrer « quand les enfants sont couchés, c’est plus reposant ».

Bon, bien sûr, pas d’études, pas d’enquêtes, juste ma vie… et celles de bcp d’autres.

Juste une chose – pour ne pas se méprendre : on est d’accord, nous sommes tous contraints et pas vraiment libres !

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66 réflexions sur « En toute amitié…, par Laura »

  1. L’égalité homme-femme est un des rares sujets à propos duquel j’ai un avis assez tranché: la solution, c’est de travailler du côté des hommes.

    La raison principale de l’inégalité est que le travail familial n’est pas équitablement réparti. Les hommes s’occupent moins de la cuisine, de la lessive, des enfants, etc…(je sais j’enfonce des portes ouvertes jusqu’ici…mais attendez!).
    La solution n’est pas du côté des femmes (ne pas ou moins faire), mais clairement du côté des hommes (faire plus). Donc c’est du côté des hommes qu’il faut faire qqch.

    Dans ce cadre, une mesure évidente à prendre de toute urgence est la suivante: accorder un congé parental aux pères au moins aussi long que le congé de maternité accordé à la mère, et à prendre pendant la première année (ou les deux premières années) de la vie de l’enfant. En fait il devrait être même un peu plus long pour que l’employeur, en face de deux candidats potentiels, un homme et une femme, ne puisse se dire « je vais prendre l’homme, il a moins de chance de prendre un congé de (m)(p)aternité ».
    L’idée est de « forcer » les pères à s’occuper des jeunes enfants et de la maison au moins quelques mois dès le début de l’arrivée des enfants (et je pourrais être tenté de « forcer la main » au pères récalcitrants encore plus). J’ose imaginer que ces quelques mois changeraient l’organisation familiale durablement.

    Je crains malheureusement que les femmes ne voient pas immédiatement que ce serait particulièrement une bonne choses pour…elles. En tous cas c’est ce que certaines discussions de fin de soirée m’ont laissé craindre.

    Mathieu
    (un père qui va conduire et chercher ses enfants tous les jours…)

    1. Un peu basique, non ?
      Les choix sont partiellement enracinés(transmissino culturelle veux-je dire) dans le regard des uns et des autres sur tout ce qui nous entourent :
      qu’est-ce qu’un « ménage bien fait », qu’est-ce que « assez faire attention si le petit a besoin de » (a trop chaud, trop froid, …), choix de courses, de produits et d’outils ménagers, de façon de se servir d’une machine à laver, d’étendre et/ou de repasser le linge.
      Et une fois que l’un des deux a développé une efficicacité 3 fois supérieure à l’autre sur tel ou tel domaine, il est bien difficile d’inverser les rôles.

      Ceci dans le cadre (étroit) de la famille nucléaire.

      La maisonnée / système-familial communautaire (Todd…) peut donner un contexte différent. Pas une solution toute faite mais un changement de cadre. Au lieu de se mettre en appartement ou pavillons segmentés, un lieu de co-éducation/occupation avec deux adultes pour N enfants, à parité, etc. Je vois davantage ceci qu’un forçage, car le forçage serait « renormalisé » par des effets du 2eme ordre dans son avant ou son après par exemple.

      1. Non, à £££ ou $$$ égal, je parle du poids de l’éducation direct et indirect. J’ai pu faire du point de croix en canevas, quand j’étais petit (pas si petit) garçon (pour m’occuper, bien avant la préséance du dieu Pixel et de la Déesse Ecran); je pense que c’est ce qui m’a conféré une agileté minimale pour le bricolage qui m’est venue tard, alors que j’étais plutôt « maladroit ».
        Mais sur la façon de s’occuper des tissus et vêtements par exemple (plier des draps ou les étendre, repasser, etc.) il faut un certain temps pour rattraper 80% de l’apprentissage standard (en fait assez variable, je simplifie) d’une femme aujourd’hui. Et après on bute sur du non-dit « quand tu le fais il y a des plis, tu mélanges les trucs et les machins », bref on passe à beaucoup d’implicite qu’on n’a pas \envie de/méthode pour\ transmettre. Et cet implicite est la trace des années d’apprentissage de jeunesse valorisé.

    2. @ Laura

      Fatiguée ? A titre personnel, et je n’en ferai pas une généralité mais j’ai vécu ces collègues masculins qui glandaient dans la journée et se retrouvaient à rester le soir pour faire ce qu’ils auraient du et pu faire pendant la journée. Y compris discutailler à l’infini, aujourd’hui réseauter.

      @Mathieu
      Nous y viendrons, mais par désir. Vous ne « forcerez » aucun père ni aucune mère à « s’occuper » de jeunes enfants ou de plus vieux d’ailleurs. Vous ne forcerez aucune adoption des parents de leurs nouveaux nés et enfants.
      Les jeunes hommes sont déjà beaucoup moins empruntés avec les enfants et les tâches ménagères que ne l’étaient les générations précédentes. Ils ont été pour la plupart élevés par des parents, dont leurs mères, qui travaillaient.
      Idem les jeunes femmes. Pour ce qui les concerne leurs revenus n’est plus un revenu d’appoint. Il est le revenu et parfois le seul ! Dans une organisation de la maison au cordeau, les garçons ont pris la place non facultative qui leur a été dévolue. Ont donc assumé un rôle.

      « une mesure évidente à prendre de toute urgence est la suivante: accorder un congé parental aux pères au moins aussi long que le congé de maternité accordé à la mère, et à prendre pendant la première année (ou les deux premières années) de la vie de l’enfant »

      Il s’agit là d’un univers magique ou raison et raisonnable se conjugue à une éducation ayant supplanté l’élevage. Ces jeunes pères et ces jeunes mères ont fait leur mue.
      1ers six mois la mère, cause l’allaitement. 2ème semestre, le père.
      Et oui aussi, le télétravail permet toutes les adaptations et organisations.
      Pourquoi 6 mois ? ou plus exactement pour qui essentiellement ? L’enfant, le bébé, le nourrisson le niard.
      Et oui, le travail salarié disparait aussi pour eux : pour ces jeunes femmes et ces jeunes hommes en âge de procréer congé parental partagé ou congélation des ovules pour avoir une probabilité d’être embauchée ?
      Il va falloir aller au bout de la proposition : y ajouter une stérilisation d’une dizaine d’année pour éradiquer la perte de temps due à l’interruption de fécondations inopportunes puisque non carriérées.

      Il y a tous les autres. Pour ces autres là, le congé parental partagé pourrait être une marche vers une émancipation. Je crains ce discours inaudible quand le chantage à l’emploi flexible donc aux revenus intermittents impose des priorités dissociées des conditions personnelles de vie en favorisant le retour du travail à la tâche, ou chaque droit social s’apparente désormais à un privilège voire un archaïsme !

      http://fr.myeurop.info/2014/09/30/conge-parental-passe-a-la-moulinette-13970

  2. Votre No1 mériterait que sa femme l’appelle de temps en temps pour lui dire qu’elle ne rentrera pas ce soir.

    1. Euh, je tente une réponse…

      « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »

      Mais en fait il est prisonnier. 😉

    1. Je crains autant des niards robots, que l’on pourrait débrancher pour faire autre chose, et que l’on pourrait remplacer si le coeur nous en dit.

      1. Ouais, no problem. Par contre, à quand le délit (ou crime !) d’abus sexuel sur robot majeur par mineur de 15 ans ?

  3. Oui, je crains que dans cette fin de système, beaucoup n’ont pas le choix, une trop grande part de leurs temps est subordonnée par des contraintes administratives et surtout financières…
    Travailler , élever des enfants comme nous l’entendons, ou même prendre le temps d’y réfléchir devient impossible.

    ..Comprendre le monde sans que l’on puisse y vivre, c’est déjà ça, mais c’est bien dommage.

    1. Pas toujours, Todd recense N sociétés matriarcales (bon pas des masses soit, mais rien d’inéluctable :question de représentation et de transmission)

    2. et pourquoi pas l’absence de pénis des femmes? franchement.. c’est tout un tas de choses très pointues surtout.
      Mais étant donnée notre évolution, est-ce indispensable de trouver un point principal et originaire d’inégalité?
      A l’heure où l’homme est ramené à son statut de mammifère, je ne crois pas.
      (cela me fait penser au débat de marchand de crabes sur le mariage pour tous.)

    3. Les femmes ont des droits liés aux sciences et techniques médicales. Qu’une situation de catastrophe surgisse les rendant indisponibles et les femmes dans leur grande majorité retrouveront leur vulnérabilité physique, puis sociale.

  4. Elle avait lu une pièce merveilleuse sur un homme qui écrivait en grattant le mur de sa cellule, et elle avait trouvé qu’il en allait de même dans la vie — on grattait un mur. Désespérant de relations humaines (les gens étaient si difficiles), elle allait souvent dans son jardin pour trouver dans ses fleurs une paix que ni homme ni femme ne pouvait lui donner. Virginia Woolf, Mrs Dalloway

  5. Peut-être que ce cher Monsieur, qui doit avoir un QI surdimensionné pour occuper un tel poste, en a marre de se taper la même femme !
    Il préfère alors rester au bureau à faire sembler de travailler et ainsi faire croire au reste du monde que c’est grâce à lui et lui seul que nous sommes tous en vie et que la Terre continue de tourner autour du soleil.

    Comme tous les Hommes …

  6. le numéro 1 va-t-il

    tondre la pelouse
    chercher les ptits plus tot à l’ecole
    faire la cuisine mode survie coquillettes+jambon
    reponse D
    obiwan apprécie la Force de ses excuses pour retard à répetition
    42
    ramener un pot de géranium ou une autre orchidée
    faire un massage de la voute plantaire ?
    faire l’autruche comme d’hab

    oulà , l’aura ou l’aura pas ?

    1. oui, plus généralement ‘le présentiel’ abîme les relations.. heureusement pas toujours, mais je crois que cette une lutte!
      Il faudrait tomber amoureux en 7jours et poursuivre épistolairement en se voyant en pointillés 🙂
      , cela me semble assez en accord avec l’époque.
      c’est un autre sujet mais il parait que macdo et sony préparent des crèches bon prix à l’année. C’est une blague, mais depuis le logo Shell sur les lego (qui à été enlevé), une vaste entreprise est en route.
      Dépossédé de nos enfants… c’est grave docteur?

  7. La description est juste et fidèle. Nombreux sont ceux qui agissent ainsi. En fait, je pense que pour votre n°1, il se sent simplement plus ‘safe at work’ qu’à la maison.

    Tout comme la démotivation résulte d’un mauvais management, un homme qui préfère tarder au travail plutot que de rentrer chez lui voir et jouet avec ses enfants à été ou bien trés fortement démotivé, ou bien ne sais simplement pas faire. Dans les deux cas, il en porte une part de responsabilité mais ne saurait être seul incriminable. Sa moitié, qui en l’occurence n’obtient aucuns résultats de lui, est pour le moins partie prenante et responsable de ce fait.

    Bien souvent, d’un point de vue psychologique, la femme a fait de son domicile son espace, dans lequel son homme est juste toléré. C’est assurément un facteur clef de l’état de fait, et c’est ainsi que la distance homme femme, se creuse au quotidien, et conduit bonne part des couples soit à une cohabitation aimable/placide/amère/haineuse (rayez les mentions inutiles), soit a se séparer de manière aimable/placide/amère/haineuse (rayez les mentions inutiles).

  8. On est pas obligé de se reproduire de manière névrosée aussi , et de se créer ainsi ses propres chaînes !
    Je ne me suis pas reproduit , la terre est déjà assez surpeuplée , et donc je fais ce que je veux de mes soirées et donc je ne viens pas me plaindre d’une situation absurde que j’ai moi même crée !
    L’intelligence eût été la sobriété reproductive , madame !

    1. On trouve ce même genre de discours culpabilisant, accusateur à propos des chômeurs, des pauvres, des laisser pour compte, des plus démunis : c’est de leur faute s’ils sont dans cette situation.
      L’intelligence ne fait pas tout, c’est de coeur que manque ce monde…

      1. …il manque aussi la conscience d’une, de toute manière, liberté toute relative à notre contexte (M. Botul, je ne sais pas vous mais la plupart des habitants de notre planète ne font pas des enfants par choix réfléchis (qui plus est de colonisation exponentielle)).
        C’est pourquoi le système (complexe) actuel, qui constitue une part énorme de notre contexte, joue un rôle très important dans cette ‘privation de vie sociale et relationnelle.
        C’est sur le système (décortiqué en partie sur ce blog) que notre liberté toute relative peut et doit impacter.

    2. une sobriété en tout etne laisser au travail, en tant que contrat économique permettant de vivre, que la place su’il mérite
      c’est à dire toute petite
      permettrait de joyeusement se retrouver pour les tâches indispensables
      et encore plus pour le non indispensable
      voire ne rien faire

  9. Et bien chère madame, moi j’ai passé plusieurs années dans la situation inverse. C’est à dire que tous les soirs, c’est moi qui allait chercher les enfants chez la nounou à 18h00, qui faisait à manger et qui leur faisait le bisou du soir…

    Ceci étant, je n’en fait pas tout un plat parce que je sais que lorsque mon dernier jour viendra, je ne me rappellerai pas de ma fameuse réunion à Londres avec les clients si importants à l’époque mais plutôt de ces simples soirées à préparer à manger pour ceux que l’on aime.

    Cette histoire de « plafond de verre » est elle aussi assez amusante : qu’y a t il de si important « plus haut » pour qu’il faille y sacrifier autant d’énergie ?

    C’est drôle, je prend assez souvent l’avion pour le boulot et à la lecture de votre mail, je pense à tous ces types en costard qui se ressemblent tous et qu’on croise dans l’avion du matin : c’est vrai qu’il y a une écrasante majorité d’hommes qui ont tous l’air d’aller faire des choses importantes. Personnellement, je trouve cette vision profondément déprimante et pour rien au monde je n’échangerai leur place pour la mienne… Mais je m’égare….

    C’est quand même du grand n’importe quoi une société dans laquelle on met les vieux dans des mourroirs, on mets les enfants à la crêche afin de pouvoir tous se lancer dans une course contre la montre dont on sortira exsangues en fin de journée ( à la limite, on pourrait laisser nos enfants à la crèche la nuit, hein, ça nous laisserai encore plus de temps à passer au bureau ).

    ( Edit : A la relecture, je m’apercois que vous avez « un numéro 1 » !!!!! rien que l’expression me fait froid dans le dos : je ne sais pas ce que vous faites comme boulot mais votre contexte professionnel à l’air fascinant ! )

    1. @ J0hn : je plussoie et j’apprécie tout particulièrement que vous parliez de votre dernier jour, qui est finalement la référence ultime par rapport à laquelle toutes nos actions devraient prendre sens… Personnellement, ma première réaction a été d’écrire : « le vrai problème, c’est que des gens puissent trouver du plaisir à travailler quand il y a tant de choses plus amusantes à faire »… et puis, je l’ai effacé, en pensant à l’avance au déchaînement de critiques que ce genre de remarques ne manque pas de susciter.

  10. Vu comme ça, ça n’inspire pas l’envie ni de changer, ni d’y participer. Quel est le genre d’activité où un type se fait appeler N.1 ? Rien que cette appelation, non contestée, pas même ironique, met mal à l’aise et devrait fait fuir.

    Personne pour le remettre à sa place?
    L’amitié masculine est un leurre, une tromperie.
    Quant à giberner pour refaire le monde,- à 19 heure !- c’est typique des hommes sous employés et n’ayant pas conscience des priorités. Si N.1 veut dire « chef », alors on peut ne pas penser beaucoup de bien de ce « chef »…

    « l’amitié masculine » est une raison avancée, on pourrait espérer à contrario que la solidarité féminine soit plus agissante.
    L’union fait la force. Et tout le monde s’en trouve mieux.

    La séparation des activités selon le genre et l’écrasante charge de travail d’une mère ayant une activité salariée est un scandale de notre époque. Ce texte donne l’impression que les victimes y tiennent.
    Le plafond de verre est comme le Samizdat en URSS: il couvrait aussi bien les « bons » qu’ils servaient de camouflage pour les « mauvais ».

  11. Je ne comprends pas ce billet . Pourquoi nous parler de votre n° 1 ? Osez plutôt parler de vous !!
    «  cet homme, comme beaucoup que je connais,( votre mari ,?? ) est un époux qui préfère rester discuter le soir à son bureau au lieu de rentrer, l’amitié masculine.
    « Peut-être que sa femme, avec sa journée de bureau derrière elle et son plafond de verre bien épais, aimerait avoir un peu d’aide « ; que savez-vous de sa femme ? et de leur vie commune ?
    peut-être aimerait-elle aussi rentrer « quand les enfants sont couchés, c’est plus reposant ». Ce soir vous êtes rentrée plus tard que d’habitude, les enfants étaient peut-être couchés ( par qui ? ) .Sous prétexte de dossier à rendre vous vous êtes offert une soirée de vacances.. Bravo.. Faites-le souvent, vous en prendrez l’habitude , votre mari aussi…Et s’il n’est pas idiot il comprendra . Vous êtes quoi par rapport à ce n° 1 ? n° 2,3, 25 ????

  12. Le soir quand il rentre du boulot, un chef n’est jamais « en retard », le code social impose de dire qu’il a été « retenu ». Sans ce subterfuge ses ouailles se rendraient vite compte que toute son activité est sous-traitée par ses subalternes et qu’il ne lui reste que « la représentation ».

  13. Liberté = choisir
    Liberté = risquer
    Liberté = insécurité
    Liberté = être différent
    Liberté = se tromper
    Liberté = oser
    Qui est prêt à assumer tout ceci? Même de temps en temps.

    1. S’il ne s’agit que de se tromper , je peux me porter candidat .

      Mais la liberté , c’est sans doute encore beaucoup plus que  » tout ceci » .

  14. Ce petit mot « en toute amitié » aux hommes et à la cantonade est une curieuse petite musique.
    Il n’est pas prévu que les femmes réagissent ici ? Et effectivement, c’est un site d’hommes pour l’essentiel, à voir le fil de discussion.
    Oui, on est peu tenter d’y participer. Pas d’études ? Il y a des études sur le plafond de verre, sur le temps consacré par les pères (toujours aussi dérisoire). « Besoin d’aide de temps en temps pour qu’elle puisse elle aussi refaire le monde et ne revenir que quand les enfants sont couchés ? » Ce n’est rien changer à la situation décrite, sinon à la marge.
    Les hommes et les femmes sont des genres construits… Mais on en sait presque rien sur les hommes (les Men Studies ne sont pas traduites en français). Les hommes doivent changer eux-mêmes (plutôt que ON doit prendre des mesures du côté des hommes, dit par le premier com). Et les pionniers sont laissés à eux-mêmes aussi.
    La domination masculine qui s’impose aux deux sexes permet aux mâles d’assumer les responsabilités gratifiantes, et non pas cette organisation des menus qui occupe la moitié d’un cerveau humain, dit-on. De jouir de privilèges.
    Le jour où ils prendront des responsabilités ménagères (et non une aide ‘incompétente’ de tps en tps)… n’est pas prévu au programme. Il y a une répartition des tâches « donnée’ (décrite par Bourdieu), mais pas immuable.
    Mais la situation attribue un pouvoir secondaire dans le ménage aux femmes. Elles ne sont pas souvent prêtes à renverser le pot (Dworkin, les femmes de droite) à assumer un féminisme radical, politique. Et les hommes jouent avec ce dilemme (« liberté = risque », etc.)
    En fait, l’union hétérosexuelle est devenue problématique. On a tout modernisé pour que rien ne change. Et la répartition du pouvoir n’est plus acceptable. Les hommes feraient bien d’anticiper le renversement,d’ailleurs. Et les êtres humains : la fin de la procréation ?

  15. On s’est trompé de combat, nous aurions dû nous battre pour l’égalité de la valeur du travail fait au foyer avec celui rémunéré. Les dogmes (néo)libéraux (théories économiques) imposent les symétries qui isolent pour mieux contrôler (forcer le vivant à correspondre aux modèles mathématiques).

  16. Bonsoir à tous
    Bon, j’aurais bien aimé apporter une toute petite pierre à vos poignantes tentatives pour justifier; non déplorer; heu…non expliquer; enfin,non, plutôt remédier; oui, remédier (oui,très bien remédier) au déséquilibre in-sup-por-ta-ble des rapports homme/femme de nos jours…
    Mais tant pis, ma femme me demande de lâcher le clavier car elle vous trouve vraiment tous un peu trop envahissants! Elle est peut être un peu capricieuse ou jalouse, mais je l’aime tellement…
    Je ne saurais la faire attendre!
    Bonne nuit à tous!
    …y compris à Laura…(Pas fréquentables les N°1,sauf pour réclamer une augmentation ou filer sa dem., ce n’est que mon avis, mais devenez N°1 vous-même, vous verrez!)

  17. Je ne comprends pas votre texte, l’idée d’un N°1 m’est étrangère, le reste aussi.
    Quand à moi je garde mon bébé et les plus grands, j’en suis fort heureux, c’est une période unique dans sa vie et dans la mienne. Qu’est-ce-qu’il peut y avoir de plus important? Des contrats « hyper-importants » à négocier, une société concurrente à entourlouper, une planète à réduire en miette ? Il est urgent de ralentir à mon humble avis. Ce monde manque de joie, pas de croque-mort en costard.

  18. C’était un dimanche soir, j’avais 32 ans, un poste à responsabilités, un n°1 au-dessus de moi, deux enfants de 7 ans et 5 ans, un mari qui rentrait chaque soir, trop tard, « retenu » par ses obligations, une personne à demeure pour s’occuper des enfants et de la maison. La semaine de travail recommençait le lendemain. Je peinais à trouver un sens à ma vie.

    Ma fille aînée, au moment du bisou du soir, me posa cette question : Pourquoi tu vas travailler ? A quoi ça sert ta vie ? Elle ajouta : moi je préfère quand tu es à la maison avec nous.

    J’ai démissionné le lendemain. Les revenus du ménage ont été divisés par deux. Je me suis consacrée entièrement au bien être de ma famille. Mes enfants ont très bien réussi leurs études. Ils sont épanouis et heureux dans leur vie, je crois. Mon mari a fait carrière et dit que j’ai été son meilleur soutien.

    Aujourd’hui, mes enfants sont établis à l’étranger ; ils viennent me voir 4 fois par an. La maison est devenu trop grande, trop calme souvent. Je me retrouve, à 55 ans, libre de faire ce je veux désormais, sans trop de contraintes. Le temps est venu, pour moi, de réaliser mes rêves ….Vie de femme.

    1. Si je fais un (rapide et facile) petit calcul, 55 – 32, ça fait 23, et 2014 – 23, ça fait 1991.

      Si je pouvais, je proposerais un petit sondage. Quelle proportion, parmi les lecteurs du blog de Paul Jorion (et les autres aussi, pourquoi pas ?) pourrait aujourd’hui se permettre de vivre sur un seul salaire sans tirer la langue (en incluant un emprunt hypothécaire ET le payement de l’université à deux enfants) ? Vous avez eu cette chance, tant mieux pour vous, mais c’était une autre époque !

      Il serait peut-être intéressant aussi de savoir « pour le compte de qui » votre mari travaillait…

      1. Même en 1991, il n’y en avait certainement pas beaucoup.
        Nous vivons, mal, avec mon seul salaire, nous sommes 3, salaire bien souvent partiel (intérim), complété par Pôle emploi.
        La nouvelle convention unedic des allocations chômage vient de me faire perdre 300 € par mois, donc avec 1500 €- 300 , nous allons vivre encore plus mal!
        Youpi !!

      2. Nous sommes 5 et vivons avec 2000€ par mois, on mange bio et local, on part en vacance chez les amis (j’habite dans un « pays de vacances » ceci dit.) en général.
        Je ne compte pas acheter de maison pour l’instant.
        J’ai pas mal de connaissances qui vivent en yourte, en camion, en bref, dans des habitats précaires, par choix (je précise qu’ils travaillent dur pour la plupart). On a le choix pour beaucoup de chose, il faut oser, c’est tout.
        Je sais qu’un chalet de 45m2 coûte environ 30 000€ alors je ne vois pas pourquoi j’irai mettre 200 000€ dans une maison dispendieuse et trop grande.
        Je ne sais pas si je pourrai payer l’université à mes enfants, mais aux moins, ils profitent d’un équilibre familial dans leur enfance.
        Il y a des chemins de traverses à explorer.

      3. Il y a des chemins de traverse à explorer.

        @Jérome

        Sans vouloir m’égarer dans un sujet qui n’est pas celui de ce billet, il est évident pour moi qu’il y a en effet des chemins de traverse à explorer (dans tous les domaines, d’ailleurs). Mais comme vous le faites remarquer (sans même peut-être vous en rendre compte vous-même), ce sont bien des chemins « de traverse » que vous explorez.

        J’habite en ville. La ville où j’habite, c’est Bruxelles et pas Paris ni Londres. Près de chez moi, un jeune couple vient d’acheter une maison inhabitable dont on pouvait récupérer les quatre murs extérieurs (et encore…) sur un terrain trop petit pour y mettre une yourte. Ce petit paradis, ils l’ont échangé pour la modique somme de 214 000 euros. Précision : nous sommes à 500m du métro.

        Les deux membres de ce couple travaillent à Bruxelles dans des institutions « non-délocalisables ». Bien sûr, si ils en ont envie, ils peuvent changer de vie et adopter votre mode de vie (ou quelque chose d’approchant). Si pas eux, n’importe qui d’autre. Mais est-ce généralisable ? Non. C’est « de traverse ».

        Nous connaissons la fameuse formule d’Alphonse Allais : « On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur. »

        Et en plus, les terrains sont bien moins chers !… 😉

  19. Dois je me reproduire, dit la cellule? Ce débat est amusant. La perspective du temps qui passe, vite, très vite, rend certaines chaînes plus douces, les transformant même en principale raison de vivre pour de nombreux vieux jours. N’oublions pas que la stratégie de reproduction de nos cellules n’est ni une production, ni une marchandise, et que si malgré tout notre mode de vie peut nous laisser penser que nous élevons un amas de chair, nous avons le privilège de créer ce qui est le plus cher au monde: de la communication.

  20. J’étais délégué syndical dans une multinationale et on avait du mal à trouver des candidates pour les élections sociales. Elles nous reprochaient de faire des reunions en fin de journée où les hommes passaient du temps a parler pour ne rien dire et d’expédier le sujet important en 5 minutes. Ça m’ rassuré de savoir qu’elles faisaient le même reproche aux réunions de travail de l’entreprise. Sans parler des journées team building et autres joyeusetés. Elles avaient la certitude de perdre leur temps alors que leurs enfants, leur famille, etc.. Question de priorité
    .. Je mets ça sur le compte des différences culturelles entre hommes et femmes. Qu’en dit l’anthropologue? Est-ce du conditionnement dès l’enfance?

    1. L’anthropologue reprendra les propos de Timiota : toutes les cultures humaines ont constaté que certain(e)s font les mêmes choses trois fois plus efficacement que d’autres et se sont organisées en conséquence.

      Ceci peut déboucher sur de vastes différences d’une culture à l’autre mais aussi sur des récurrences : chasse à l’éléphant pour les hommes, entretien des jardins par les femmes accompagnées des enfants, etc.

      Ceci dit, en tant qu’anthropologue, je n’ai fait « du terrain », comme on dit, que dans des sociétés matriarcales (brutalement matriarcales ?) en Bretagne et en Afrique occidentale, ce qui me fait mettre en doute que le « patriarcat » soit une tendance universelle de la nature humaine.

      1. Au Gabon , où j’ai travaillé en forêt équatoriale, ce sont les femmes qui ont les biceps, et pour cause car elles s’appuient toutes les tâches pénibles ( dont agriculture en particulier );

        J’ignore si c’est cela qui leur permet une certaine forme de liberté, mais j’avais été très estomaqué d’une scène de ménage, au beau milieu de la place d’un village , en forêt des abeilles, où l’une de ces jeunes femmes flanquait une méchante rouste à son « numéro » .

        Au milieu de l’allégresse générale et des moqueries de toute la gent féminine en direction du malheureux , salement amoché .

        J’avais trouvé ça assez jouissif et gai , notant là une forme de liberté et d’épanouissement de la femme gabonaise que je n’ai malheureusement pas retrouvé chez la femme algérienne, pour avoir travaillé à Al Asnam peu après .

  21. Pour être plus clair: la question institutionnalisée de l’égalité professionnelle est perverse car elle confond le père réel et le père symbolique. Si le père réel est absent et donc ne représente pas ou très insuffisamment le père symbolique, tant pis pour lui: ce manque de communication est irrecuperable. Le père symbolique de 2014 n’est pas celui qui rentre tard et tabasse ses mioches. Un parent monoparental peut très bien incarner l’image du pere et de la mere seul. En revanche un absent a toujours tort.

  22. Nous sommes tous prisonniers aujourd’hui, certains ont plus d’espace que d’autres…la véritable question est : que sommes-nous prêts à sacrifier pour nous échapper, pour être libre ….parce que beaucoup préfèrent le statut de prisonnier pour les quelques maigres avantages qu’il procure…de la nourriture et un abri…

  23. L’amitié serait donc plus aisée que l’amour .

    Mais la femme et l’homme se résument ils dans le travail , les enfants et la relation époux/épouse ?

    Aux States, on commence à trouver des multinationales qui proposent aux femmes de congeler leurs ovocytes pour enfanter  » plus tard » , au moment « opportun » , et des couples pour l’accepter.

    Le transhumanisme au trot , avec les œillères .

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