Atmosphère : la connaissance permet d’agir, par Marie-Paule Nougaret

Billet invité.

Les écolos impénitents ne s’étonnent plus depuis longtemps d’une réflexion sur la fragilité du genre humain, immédiatement suivie par une réflexion sur la fragilité de la vie humaine – que chacun prend pour guide s’il se peut. La mort est notre bonne conseillère, rien de nouveau. Je voudrais quand même insister sur le confort incroyable que nous procurent les bactéries – autrement dit la vie.

Selon des observations qui remontent au XIXème siècle, le taux global de l’oxygène dans l’atmosphère ne bouge pas. Il y a 2 milliards d’années, le niveau d’oxygène libre a augmenté, redescendu puis grimpé de nouveau jusqu’à atteindre 20,8% de l’atmosphère, il y a 250 millions d’années, et y rester. On le sait par l’analyse de bulles d’air dans les glaces et des fossiles dans les sédiments.

Cet oxygène provient en grande part d’une cyanobactérie,  l’être vivant le plus répandu, à notre connaissance, Prochloroccus : plus de 180 millions par litre d’eau de  mer chaude. Chaque soir, vers 18h, au coucher du soleil sous les tropiques, Prochloroccus se divise puis, faute de lumière, cesse d’extraire l’oxygène de l’eau pour y récupérer de l’énergie. De ce point de vue la Terre est une grosse horloge bien réglée.

L’oxygène, bien sûr, diffuse aussi, dans la journée, à travers les tissus des végétaux terrestres, lesquels, pas plus que nous, ne peuvent vivre sans bactéries. Indeed la chlorophylle, qui capte les photons, descend elle-même d’une bactérie comme l’a montré Lynn Margulis (évolution par acquisition de génome).

Sans ce renouveau constant, l’oxygène très instable, se combinerait pour s’évanouir par exemple dans le COqui représente 96 % de l’atmosphère ténue de Mars. A 1% de CO2, dans un amphithéâtre bondé, les jeunes filles les plus minces tournent de l’œil. A 2%, même brièvement, les ennuis de santé commencent. 2 ppm de CO2 (parties par million), comme on sait, changent le climat. Mais l’oxygène, produit en permanence, reste calé à 20, 8 % .

C’est que les animaux produisent du  CO2, et les bactéries, entre autres, du méthane, qui suppriment l‘oxygène, l’empêchant de tout griller par oxydation (vieillissement) ou par le feu (O2 s’enflamme facilement). Rappelons que la foudre tombe 1 million de fois par an en France et remercions le méthane émis par les bactéries des vaches – en proportion variable selon leur type de nourriture d’ailleurs.

Ce méthane CHchargé du carbone nous fait une chaude couverture indispensable, que nous avons tendance à trop épaissir, on nous le répète, au moment même où la forêt rafraîchissante disparait sur Terre à un rythme désastreux. Le taux de déforestation en 2008, selon les calculs, était onze fois supérieur à celui des plantations d’arbres de toute sorte, officiellement.

Le jardinier écrivain Gilles Clément répond : « Je n’y crois pas, ils n’ont pas pu compter tous les ravins qui se reboisent». Il a raison, les plantes s’étendent dès qu’elles trouvent l’eau, et c’est un réconfort. Michel Houellebecq s’en désole à la fin de La Carte et le Territoire : « le triomphe de la végétation est total ». Il se trompe. Même en France où certains milieux se referment, la forêt recule. Sans la végétation, et la constante du taux d’oxygène, notre écrivain qui est un mammifère ne saurait respirer.

On ignore les détails, mais de la régulation semble à l’œuvre dans l’atmosphère, qui fait partie de l’écosphère avec la biosphère et la lithosphère (substrat rocheux). Et beaucoup paraît passer par les bactéries.

En revanche on sait très bien qu’il faut éviter de servir du foin fermenté (d’ensilage) aux vaches pour éviter les infections dangereuses dans le lait (listeria) et les jets de méthane intempestifs.  On n’ignore pas non plus que tout arbre est un ralentisseur du cycle de l’eau, ou un dépollueur de composés de pétrochimie grâce aux bactéries des racines.

La connaissance des interactions, qui débute, nous donne déjà de quoi agir, pas de décider que c’est cuit.

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58 réflexions sur « Atmosphère : la connaissance permet d’agir, par Marie-Paule Nougaret »

    1. “La connaissance des interactions, qui débute, nous donne déjà de quoi agir”, et celle des faits, des raisons.

      1
  1. Merci pour ce partage de connaissances à propos des interactions fondamentales.

    20,8 % d’oxygène dans l’atmosphère et cela est permanent, malgré tout. Quelle force de régulation !

    Tout est toujours possible, même l’impossible. Nous avons effectivement de quoi agir.

  2. Bonjour,

    Etes vous en train de nous dire qu’il suffirait de planter des arbres en quantité pour éloigner tout risque important de réchauffement climatique (et par la même occasion de pollution!) sur notre (encore) belle planète?
    On pourrait presque en déduire qu’il sera inutile de mettre des bouchons dans le cul de nos vaches ( ou pire, de devenir tous végétariens) !
    Au fait, observe t’on le début d’une nouvelle baisse du taux d’oxygène libre, alors que celui du CO2 serait en pleine croissance?
    Ou pour poser la question d’une autre façon: Dans notre atmosphère, l’augmentation du taux de CO2 se fait au détriment de quel autre composé?
    Je pense que vous aurez compris à la teneur de mes questions, que je ne suis pas scientifique de formation! J’espère que vous ne m’en ferez pas grief…
    Cordialement, Eric

    1. On ne fait que brûler du carbone fossile, pour l’essentiel.
      Si on part, pour simplifier (je compte tout en millionièmes et pas en % : (x10 000) )
      d’une composition pré-industrielle de
      – 780 000 ppm de N2,
      – 208 000 ppm de 02 (les 20,8%)
      – 7 000 ppm d’H2O
      (très variable suivant température !!! Là c’est pour de l’air moyennement humide à 50%, et vers la T moyenne du globe 12°C )
      – 280 ppm de CO2

      – le complément d’Argon surtout , et autres gaz (SO2,CH4,NO…) (c’est environ 1% ou 10000 ppm de mémoire, ce n’est pas important que ça colle ou pas…)

      Alors quand on brûle le C fossile du charbon, on fait du CO2 en plus et du O2 en moins. Et quand on brûle du gaz russe, on fait du CO2 en plus, de l’H2O en plus et du CO2 en moins (CH4+2 02 –> CO2+2H2O).
      Une partie importante du CO2 va acidifier l’eau des océans, et ne pas se retrouver dans l’atmosphère.
      Néanmoins si on veut se faire une idée grossière de ce qui se passe, on est passé de 280 ppm à 400 ppm en brûlant du C avec du O2. Donc on a consommé au moins 120 ppm de 02, sur les 208 000, les réduisant à 207 680 ppm. Pas de quoi fouetter un chat. Même si on prend 1200 ppm de brûlé avec le CO2 allé dans les océans, c’est 206800 qu’il reste.
      On brûle à peu près un cube de 1 km d’hydrocarbure chaque année, et il faudrait estimer le poids de l’atmosphère en se rappelant qu’il y en a 1 kg par cm2 de surface terrestre, dont 208 g de O2, puis comparer tout ça…
      Cordialement

      1. Pardon, un cube de 2 ou 3 km de côté (5 km3 de pétrole et au moins autant de charbon, on doit être à 10 ou 20 km^3)

      2. @ timiota

        Je joue avec toi.

        A la grosse, pour le pétrole consommé par an, je trouve un cube de 1660 m d’arête ! Soit 4,5 km-cube.
        La biomasse humaine ayant un volume de 0,6 km-cube, en moyenne, chaque humain consomme 7 à 8 fois son volume en pétrole chaque année.
        Et en comptant pétrole et charbon, on bouffe, par tête, autant de nourriture que d’énergie primaire, cela chaque jour qui passe.

        Nota : Dans la comparaison nourriture-énergie primaire, les densités des corps sont considérés comparables, voisines de 1, ce qui n’est pas loin de la réalité.

        Les chiffres peuvent vraiment donner le vertige ! Surtout si l’on considère qu’en “Occident”, on consomme bien plus que nos semblables ailleurs.

    2. Ou pour poser la question d’une autre façon: Dans notre atmosphère, l’augmentation du taux de CO2 se fait au détriment de quel autre composé?

      Pour simplifier le commentaire de timiota qui est scientifique (j”ai rien contre les scientifiques, nous en avons besoin et sa démonstration est pertinente) , étant technicien et jardinier à mes heures, je vous répondrai que c’est au détriment de la matière organique stockée dans le sol, pétrole gaz , charbon durant l’ère carbonifère, et humus depuis les dicotylédones (feuillus si je ne me trompe)
      Ors, sans humus nous mourons.
      Remettre de la science dans l’agriculture et l’économie, remettre la forêt sur pied sera le signe et l’oeuvre de l’authentique civilisation. Jean Pain

    3. Les proportions sont très différentes il s’agit de pourcentage pour l’oxygène et de ppm (parties par million) pour le CO2.
      L’azote représente quand même 70 % de l’atmosphère et le reste correspond aux “gaz rares” selon la définition habituelle.
      Les calculs sont fait à partir de prélèvement sur des îles très lointaines du Pacifique sud et il s’agit de moyenne (moins d’oxygène en altitude). Ça fait pourtant un drôle d’ effet de retrouver les mêmes chiffres dans les livres de chimie vieux de cent cinquante ans
      Mais vous soulevez une bonne question : on parle d’un début de réduction de l’oxygène, pas encore prouvé.

      Non je ne pousse ps au végétarisme, les fermes ont besoin d’animaux. De plus des peuples carnivores comme les Inuit et les Peuls ne souffraient pas de nos problèmes de santé.

      Les mises en garde médicales contre le gras animal oublient soigneusement de préciser que bien des polluants s’y concentrent le long de la chaine alimentaire.
      Ça peut même être une définition du polluant pétrochimique : ce qui n’est pas soluble dans l’eau, partant non recyclable et se stocke dans les graisses (certains métaux y logent aussi).
      Si vous ne pouvez acheter qu’un seul produit bio, prenez le beurre ou des fromages très gras comme le gruyère, par conséquent.

      Un peu de viande donc, mais pas trop car ça prend beaucoup de terre et il faut bien un peu partager.
      Pas n’importe quelle viande toutefois (et je ne parle même pas d’ogm).
      Donner du foin ou du grain fermenté aux animaux revient beaucoup moins cher : ils ne peuvent plus trier et chipoter, on leur fourgue toute la biomasse.
      Mais c’est courir le risque de contamination avec la bactérie du sol dangereuse (pour les humains) Listeria, c’est la fameux accident du fromage qui tue, fréquent dans les années 80 (aujourd’hui on stérilise le lait)
      La contamination vient des pneus du tracteur lors du tassement dans la fosse (l’ensilage est un espèce de choucroute anaérobie) et ça change la flore interne des vaches et les gaz émis.
      Certain agriculteurs, pour éviter listeria vont jusqu’à désinfecter les pneus à l’alcool avant l’opération; mais le goût change de toute façon

      Il n’y a pa que les vaches bien sûr, les roqueforts, à base de lait de brebis n’ont pas le même parfum selon qu’ils proviennent d’ensilage ou non – seulement les éleveurs ne risquent rien. La moisissure peniclium roqueforti, cousine de la pénicilline, est tellement compétitive qu’elle tue tous les autres êtres vivants du lait.

      Il faut aussi savoir que les brebis (agneaux… ) et les pintades restent les derniers animaux d’élevage qui doivent sortir tous les jours ou en crever.
      On sait même enfermer les chèvres 24h/24 désormais.
      Si donc on ne peut s’offrir de fromage bio, se rabattre sur celui de brebis (la suite au prochain numéro).

      1. Merci à timiota, M. Lambote, et l’auteur pour ce cours…magistral.
        J’ai presque tout compris! Sauf que je suis toujours incapable de dire s’il vaut mieux brûler du charbon ou du gaz russe… Euh,du gaz russe?
        Mais l’activité volcanique dans tout cela… Est-elle prise en compte?
        Le CO2 (entre autres gaz) produit par l’activité normale du volcanisme terrestre, ne vient-il pas aggraver certains calculs limités exclusivement aux activités humaines?
        Pour être plus imager: Quel peut-être le rapport approximatif entre le CO2 issus de la combustion mondiale de charbon prise annuellement, par exemple, et celui issu de l’activité volcanique de notre belle planète sur la même année?
        Un calcul de ce type pourrait sans doute permettre de mieux représenter l’importance de la “responsabilité humaine” dans le réchauffement . Mais ce n’est peut-être pas si simple à calculer, excusez-moi!
        Mais alors, si l’on ne met pas de bouchon dans le cul des vaches, peut-être faudrait il en mettre dans tout les trous un peu fumants du globe…
        Car enfin, mes chers concitoyens, la terre pète elle aussi!
        Et ne voyez pas dans mes questions une quelconque tentative pour minimiser l’origine humaine de nos malheurs climatiques, elles ne visent qu’à permettre de se la mieux représenter.
        Cordialement, Eric.

  3. Des remarques et des questions pour certains paragraphes.

    Les ecologistes ne sont pas tous impenitents quand meme!
    La vie nous conseille pas mal non plus!

    L’oxygene, dans quelle proproption pour la cyanobactérie? Elle se divise qu’a 18h00?

    Le rendement de la photosynthese par rapport au cyanobactérie? Et le resultat compte-tenu des quantités? Et les plante en C4?

    L’oxygene est constant mais le CO2 a augementer de 20 a 25%?
    Sur mars n’y a-t-il plus d’atmosphere a cause de la vitesse de liberation?

    Quelle est la variation du CH4 depuis l’elevage industriel? Les orages ca se passait bien avant?

    La foret n’a pas augemente depuis le depart des campagnes et grace aussi aux societes d’autoroutes? Je croyais que de la production de biomasse par hectare etait la plus optimale quand l’homme ne fait rien (a part la rectification de l’acidite)? Une foret de pins, c’est presque une savane (milieu tropical, zone humide, foret tempere.)?

    La part de la vapeur d’eau dans l’effet de serre?

    Les phenomenes probabilistes ne peuvent s’entendre que lorsqu’ils se sont deja produit?

    1. Une foret de pins, c’est presque une savane

      Ah oui! Je me sens drôlement mieux dans une forêt de feuillus diversifiée ou une lande que dans une forêt de pins sombre et froide. D’ailleurs, je n’entends jamais un oiseau dans une forêt d’épicéas, c’est un désert vert.
      La savane se situe dans des zones où il pleut moins de 400 mm d’eau par an et son fonctionnement est différent

      1. Je parle de la biomasse produite a l’hectare par rapport aux autres milieux evoque dans le meme
        paragraphe.

  4. Bonjour à tou-te-s,

    « Dédicace Atmosphère »

    250 millions d’années
    Que le taux d’oxygène dans l’air
    Est par la Vie bien régulé
    De bactéries qui nous sont chères !

    Elles sont présentes dans l’eau de mer
    En centaines de millions par litre
    Et dans les vivants sur la Terre
    Qui ne font pas toujours les pitres !

    Ceux-ci dégazent dans l’atmosphère
    Qui maintient la température
    De jour comme de nuit sans mystère
    Au gré de la bonne aventure !

    Quand celle-ci est exagérée
    Les populations envahissent
    Des lieux non encore explorés
    Auxquels elles portent préjudice !

    Signature : luami CREER
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

  5. Info : une conférence passionnante va bientôt se tenir aux USA, annoncée par le site « La biodiversité pour un climat vivable » (http://bio4climate.org/conference-2014/)
    Du 21 au 23 novembre :
    « Restaurer les écosystèmes peut contrer le réchauffement climatique »
    Extrait de la présentation :
    « Les sols sont le plus grand puits de carbone terrestre de la planète*. La restauration de l’écologie complexe des sols est le seul moyen de supprimer, en toute sécurité et rapidement, le carbone de l’atmosphère, où il est extrêmement dangereux, et de le stocker dans le sol, où il est absolument nécessaire pour régénérer la santé de milliards d’hectares de terres dégradées. »
    « Il faut mettre en place un effort financier mondial pour aider directement les agriculteurs locaux et les éleveurs dans l’apprentissage et l’application des approches de l’agriculture séquestrant le carbone, qui non seulement bénéficient au climat, mais contribuent à améliorer la santé et la productivité de la terre, et donc la santé des gens, qui en dépend. »
    « Collaborons, individus et organisations, pour répondre au défi climatique par l’éco-restauration et la régénération des cycles de l’eau et du carbone. Ces projets peuvent restaurer des milliards d’hectares de prairies dégradées, favoriser le reboisement des zones forestières sur-exploitées, et rétablir les chaînes alimentaires océaniques. »

    * A noter, la traduction étant de moi, il peut y avoir des erreurs que je vous remercie par avance de me pardonner…

    1. @ Hélène Nivoix
      Les pauvres USA découvre le bon sens ,!!
      Bonne nouvelle.
      Le problème, c’est que chez les ricains il y a Goldman Sach, Monsanto, Exxon, et plein d’autres qui n’entendent pas que l’économie devienne une véritable économie écologique ayant pour référence les Lois de la Physique et non pas celles de l’OMC, de Bruxelles, du Congrès US, c’est-à-dire les imbéciles lois de la finance qui veut ses intérêts.

      Pour mettre en place une telle économie, qui pourrait, peut-être, encore nous sauver, il faut abattre la finance actuelle, comme elle s’emploie, elle, à abattre tous les arbres du monde.

  6. La science redécouvre en effet, l’interdépendance des choses, l’extraordinaire complexité des équilibres qui composent notre écosystème, entre extrême fragilité d’un côté, et puissants mécanismes régulateurs naturels de l’autre. Personne ne conteste plus que l’activité de 7 milliards d’humains gloutons en énergie bouscule ces équilibres avec des conséquences probables catastrophiques.
    Or, le problème, ce n’est pas le manque de connaissances, intuitives ou scientifiques, « qui nous donnent déjà de quoi agir ».
    Le problème est la très (trop) grande complexité de nos organisations sociales, qui rend très difficile une adaptation à de nouveaux modes de vie, compatibles avec ce que nous commençons à savoir de ces grands équilibres à respecter. Les bouleversements à venir sont considérables et ne sont rien d’autre qu’un changement de civilisation. Or, la survie de l’espèce, pointée par Paul Jorion est à ce prix.
    Je constate que tous ceux qui sont à la pointe du combat pour faire émerger cette nouvelle civilisation, le Giec, Jancovici, Hulot, Rabhi, Mélenchon, avec sa planification écologique volontariste, et bien d’autres, aucun ne dit que c’est cuit. Tous expliquent que le meilleur de la nature humaine est capable de relever ce formidable défi.

    Mais les résistances, on le voit déjà sont de tous ordres et très puissantes. Ce qui se passe en agriculture en est un parfait exemple, et l’actualité nous montre combien le passage d’un paradigme à un autre ne se fera pas sans violence.
    D’un côté ces nouveaux paysans qui ont compris « l’intelligence » de la nature et combien il nous est profitable de la respecter. Qui sont encore très minoritaire.
    De l’autre, le productivisme industrialisé, la pollution chimique généralisée, (voir le livre de Fabrice Nicolino « Un empoisonnement universel ») et les très puissants intérêts économiques qui ont organisé ce système pour leur plus grand profit.

    Deux camps irréconciliables avec au milieu une élite politique qui, soit n’a pas du tout conscience des enjeux, soit n’a pas le courage d’en tirer les conséquences.

  7. En effet, il faut voir. Le scientifique un peu “maverick” Freeman Dyson a fait les choux gras des climato-sceptique (ce qu’il n’est pas vraiment, quoiqu’il devienne très vieux) en mettant en doute les calculs simples ou même les modèles en cours sur le climat, à cause d’inconnues comme la vapeur d’eau etc.
    Il propose aussi que replanter massivement des forêts ad hoc peut arranger l’affaire.
    Comme je l’ai écrit ci-dessus, il faudrait recréer un cube de 10 ou 20 km3 de biomasse par an.
    Si sur 1 km2, j’en recrée 4 cm c’est déjà un exploit (4 cm dense de biomasse à 100%, pas juste avec des plantes qui occupent 0,5% du volume. La biomasse a un rendement solaire de 0,05 à 0,5% pour faire de l’énergie, pour mémoire.)
    Donc pour passer de 4 cm à 20 km pour faire 20 km3, j’ai besoin d’un facteur 500 000. Donc il faudrait trouve une surface de super qualité de l’ordre de grandeur de toute la France, à planter à 100%. … Chaque année ! c’est là qu’est le hic, car il faudrait ne pas avoir épuisé la Terre, ou arriver à déstocker ce C végétal quelque part, parce qu’en croisière la quantité de C fixée va saturer (forêt de 20 ans .. de 40 ans, produit de moins en moins de biomasse…)

      1. Bonsoir @ timiota,
        Il y a plein de choses intéressantes en ce moment chez nos amis étasuniens, un autre exemple :
        New Global Warming Remedy: Turning Rangelands into Carbon-Sucking Vacuums
        http://alumni.berkeley.edu/california-magazine/just-in/2014-11-06/new-global-warming-remedy-turning-rangelands-carbon-sucking
        By Glen Martin, California Magazine
        Intro :
        « Studies conducted on a ranch in the heart of Marin County and led by UC Berkeley researchers and alums seem to confirm what home gardeners have long suspected: Compost really can save the world. »
        Conclusion :
        « “It’s pretty clear these protocols have the potential to reverse global warming,” concludes Creque. “But that won’t happen if we continue burning fossil fuels at the current rate. That’s also pretty clear.” »

  8. La stabilité remarquable de la proportion de l’oxygène dans l’air à 20.8% résulte d’une régulation; plus élevée, il y a risque de combustion spontanée, plus faible, la vie n’est plus soutenue.
    Or, l'”environnement” de cette stabilité est très complexe.
    La première leçon est que complexité et stabilité sont compatibles. ( Et d’abord que la régulation est toujours possible quelque soit la complexité du “système” ou processus.)

    Le soliton est la manifestation d’un déséquilibre extrême.
    On voit bien qu’il profite à cette frange de la Société capable de prospérer sur un tas de fumier.
    Sa décomposition devient inutile. La seule chose à comprendre est qu’il n’est pas “naturel”, qu’il n’est pas un objet de recherche légitime, qu’il est néfaste et qu’il doit être détruit.
    (Ce qui n’enlève rien aux mérites à sa découverte…)
    La solution est, encore une fois, politique: nous n’en voulons pas.
    La cause immédiate à presque tous les disfonctionnements politico-économiques est le goût incoercible d’une frange de la société pour le spéculation. Les moyens pour agir en contre sont connus, pourvu qu’une volonté se manifeste.
    Les cyanobactéries régulatrices du soliton, c’est nous.
    La seconde leçon que nous donne la Nature est qu’il existe toujours un chemin vers l’optimisme, donc l’action dans la durée.

    1. Gilbert Chauvet: ”
      “ma théorie […] explique pourquoi un système biologique, qui devient de plus en plus complexe, reste stable.”

  9. Je ne résiste pas à partager le lien que j’ai déjà envoyé à Paul sur les statistiques édifiantes de notre consommation de viande, soit le rapport qu’à notre espèce au reste du monde vivant. Ces chiffres expliquent en parti l’impasse écologique grave dans laquelle nous sommes.

    http://www.planetoscope.com/elevage-viande/1172-nombre-d-animaux-tues-pour-fournir-de-la-viande-dans-le-monde.html

    Sauf à être de mauvaise foi ou carnivore sans cervelle, consacrer 18 000 repas végétariens à la production de 1kg de viande est une ineptie écologique. Vous voulez durablement faire un geste pour votre planète ? Alors “Go Vegan !”, et vous vous rendrez compte qu’un changement radical de régime alimentaire est un acte politique plus fondamental que vous ne le pensiez au départ.

    1. Merci pour ce lien.
      Mais pourquoi le radical est necessaire?
      Les gens cherchent peut-etre le gout pas la quantité?
      Les habitudes alimentaires, c’est une grande partie de notre vie,
      c’est tres complexe d’en changer pour la plupart d’entre nous.
      Il suffit de constater le nombre de personnes sachant pertinament que ce qu’elle mange
      ne leur faire pas le plus grand bien.
      En culpabilisant, on ne conveint pas forcement.

      1. @Gluglu :
        Radical : aller à la racine d’un problème.
        Exemple : Imaginez un individu alcoolique, diabétique, hypertendu qui se présente devant son médecin traitant, le médecin lui conseillera un changement radical de ses habitudes alimentaires puisqu’il s’agit de sa survie.

        C’est la même chose pour tout un “corps social” qui doit manger pour vivre.
        Pour satisfaire la consommation sans limite de viande, rien qu’en France, 3 Tonnes d’antibiotiques vétérinaires sont consommés chaque jour, soit 34 g / seconde. L’intégralité est assimilé par les omnivores en fin de chaîne. Un jour des médecins conseilleront d’arrêter totalement la consommation de cette viande frelatée. Ne plus consommer de protéines animales conditionnera la survie, ce ne sera plus un “choix” laissé à l’humanité.

    2. Et tout cela, malheureusement, durera aussi longtemps que les êtres humains
      s’obstineront à agir comme des ennemis envers les animaux,
      et envers tout ce qui vit sur la planète !
      …..!!!!!!!!
      (((( @ @ ))))
      ….)) # ((
      ….WWW ….Grrrrr

  10. En parfait béotien, je pense naïvement que c’est le soleil qui est le facteur le plus important d’évolution du climat. Ce semble être ce que dit en substance Vincent Courtillot, un spécialiste du sujet:
    http://www.youtube.com/watch?v=dPpMdr9VqUY

    Son argumentation vers 17′ me plaît où il explique que c’est le réchauffement des océans par le soleil qui entraîne une élévation de la teneur de l’atmosphère en CO2 par effet “Perrier”.
    Je trouve qu’il démolit l’argumentation inverse, “mainstream”, de manière savoureuse (17’15).

    Qu’en pensent les spécialistes présents sur ce blog?

      1. Thom était un décroissantiste convaincu*. Voici ce qu’il écrit en conclusion d’un article sur l’innovation paru jadis dans l’EU**:

        “Décourager l’innovation

        Les sociologues et les politologues modernes ont beaucoup insisté sur l’importance de l’innovation dans nos sociétés. On y voit l’indispensable moteur du progrès et -actuellement [années 1980]- le remède quasi-magique à la crise économique présente; les “élites novatrices” seraient le coeur même des nations, leur plus sûr garant d’efficacité dans le monde compétitif où nous vivons. Nous nous permettrons de soulever ici une question. Il est maintenant pratiquement admis que la croissance (de la population et de la production) ne peut être continuée car les ressources du globe terrestre approchent de la saturation. Une humanité consciente d’elle-même s’efforcerait d’atteindre au plus vite le régime stationnaire (croissance zéro) où la population maintenue constante en nombre trouverait, dans la production des biens issus des énergies renouvelables, exactement de quoi satisfaire ses besoins: l’humanité reviendrait ainsi, à l’échelle globale, au principe de maintes sociétés primitives qui ont pu -grâce, par exemple, à un système matrimonial contraignant- vivre en équilibre avec les ressources écologiques de leur territoire (les sociétés froides de Lévi-Strauss). Or toute innovation, dans la mesure où elle a un impact social, est par essence déstabilisatrice. En pareil cas, progrès équivaut à déséquilibre. Dans une société en croissance, un tel déséquilibre peut facilement être compensé par une innovation meilleure qui supplante l’ancienne. On voit donc que notre société, si elle avait la lucidité qu’exige sa propre situation, devrait décourager l’innovation. Au lieu d’offrir aux innovateurs une “rente” que justifierait le progrès apporté par la découverte, notre économie devrait tendre à décourager l’innovation ou, en tout cas, ne la tolérer que si elle peut à long terme être sans impact sur la société (disons, par exemple, comme une création artistique qui n’apporterait qu’une satisfaction esthétique éphémère (à l’inverse des innovations technologiques, qui, elles, accroissent durablement l’emprise de l’homme sur l’environnement). Peut-être une nouvelle forme de sensibilité apparaîtra-t-elle qui favorisera cette nouvelle direction. Sinon, si nous continuons à priser par-dessus tout l’efficacité technologique, les inévitables corrections à l’équilibre entre l’homme et la Terre ne pourront être -au sens strict et usuel du terme- que catastrophiques.”

        *: Bien entendu je pense comme le chef! 🙂
        **: Je crois que EU ne lui a plus jamais proposé de faire un papier. 🙂 🙂

        “de la régulation semble à l’œuvre dans l’atmosphère” (extrait du billet)

        Il en connaissait un sacré rayon au sujet des mécanismes de régulation: toute son oeuvre tourne autour de la régulation biologique. Côté maths c’est difficile; c’est réservé à la première division, pas aux troisièmes couteaux comme moi.

      2. @ Lapin basique
        N’y a-t-il pas erreur de logique à pouvoir, comme vous le faites, admirer Thom le “décroissant”- c’est vous qui le dites, et Courtillot dans le même temps ? Que penserait Thom de Courtillot ?

        Courtillot, c’est un géophysicien, et les géophysiciens, les géologues, ils ne les aiment pas ! Ils sont comme des magiciens ; ou plus précisément comme des illusionnistes.
        Ainsi, pour Monsieur Courtillot, le grand copain d’Allègro-stupideto, nous brulons en 150 ans la moitié du pétrole et du charbon accumulés dans le sol depuis 380 millions d’années, et cela n’a aucune conséquence. Car tout est la faute du Soleil !
        C’est un peu court ! Non ?
        Dès lors ne serait-ce pas un gros tour de passe-passe ?

        Pour ce qui est de l’état stationnaire, Nicholas Georgescu Rogen a démontré que ce n’est pas suffisant à long terme pour l’économie, parce que la matière “s’use” aussi si on “l’observe” avec le deuxième principe de la thermodynamique.
        La seule solution réside, pour notre l’économie, en une alliance gagnant-gagnant avec le vivant. Hélas, nous sommes à des années lumière de cela.

    1. Il faut bien prendre conscience que ce domaine des sciences est d’une grande complexite de par le nombre de parametres et d’hypotheses. Cela ressemble plus a la complexite des sciences humaines et n’a pas grand chose a voir avec les maths, la physique, la chimie ou meme la biologie.

    2. Je ne suis pas un scientifique, et je ne juge pas les explications de Vincent Courtillot, connu pour s’opposer à ce qui fait consensus dans la communauté scientifique mondiale. Il concentre son attention sur les phénomènes physiques passés qu’il décrit probablement avec justesse.
      Mais je constate qu’il ne prend à aucun moment en compte les conséquences pour l’environnement de l’action de l’espèce humaine extrêmement énergivore. Or consommer de l’énergie, c’est par définition, modifier notre environnement. En faisant l’impasse sur le fait que nous sommes passés dans un temps très court à l’échelle de la planète, de quelques centaines de milliers d’individus à sept milliards avec une consommation d’énergie par individu multipliée par 10 en quelques décennies, on ne peut pas aboutir à des conclusions pertinentes.

      S’il a raison d’affirmer :
      « C’est le réchauffement des océans par le soleil qui entraîne une élévation de la teneur de l’atmosphère en CO2 par effet « Perrier ».
      Cet argument se retourne contre lui puisqu’il est dit que la plus grande part du réchauffement climatique d’origine anthropique, lié à nos rejets de CO2 dans l’atmosphère, est absorbée par les océans, ceux-ci libèrent d’autant plus de CO2 générant une réaction en boucle qui contribue à accélérer le phénomène.
      C’est la découverte progressive de toutes ces réactions en boucle, comme par exemple la fonte du pergélisol entraînant des dégagements de méthane, qui met en évidence une accélération importante de la dégradation de notre écosystème. Accélération qui se traduit par des rapports scientifiques de plus en plus alarmants.

      1. @ ClaudeL

        Pour moi Courtillot fait preuve d’une grande rectitude intellectuelle et n’intervient sur le sujet de l’évolution climatique que dans le cadre de ses compétences. Il prend bien soin, en général, à la fin de ses interventions, de se placer en citoyen* et d’énumérer par ordre de priorité décroissante les problèmes écologiques que la communauté mondiale a rapidement à résoudre. Cf; à ce sujet, par exemple:

        http://www.youtube.com/watch?v=uXeRbbM2AjY vers 48’40
        http://www.youtube.com/watch?v=dH6TmPHxZ44 vers 37’20

        * ce n’est pas le cas de nombreux experts ou prétendus tels qui n’hésitent pas à user et abuser de l’argument d’autorité.

        “Cet argument se retourne contre lui puisqu’il est dit que la plus grande part du réchauffement climatique d’origine anthropique”

        par qui?

        PS: je ne n’interviendrai plus ici. Mon intention n’est pas de polluer un billet dans lequel j’ai appris comment se régénérait l’oxygène de l’air.

      2. Merci thomomane, dites vous que René vous serait gré de faire primer enfin le discret sur le continu à son sujet.

      3. @ Vigneron

        “René vous serait gré de faire primer enfin le discret sur le continu à son sujet.”

        Comme quoi il y a moyen de dire les choses avec élégance et raffinement. 🙂 🙂

        Sur ce coup là PJ m’a fait l’effet d’un rustre (et je ne parle pas de son acolyte). 🙁

        J’en profite pour remarquer que l’oeuvre de Thom ne vous est pas étrangère. Et pour ceux qui liraient ce commentaire que pour lui le continu précède ontologiquement le discret. un disciple, un condisciple, qui veut faire du prosélytisme ne peut que suivre la parole du maître.

        Si l’auteur de ce billet lit ces lignes je ne comprend pas pourquoi Thom n’est pas LA référence philosophique des écologistes.

        1. BasicRabbit, moi aussi je vais me conduire envers vous avec une très grande courtoisie : je suis prêt à vous offrir une page permanente sur mon blog pour que vous continuiez à nous dire tout le bien que vous pensez de la pensée de René Thom. Cela présenterait deux avantages : le premier est que cela vous dispenserait de perdre votre temps à en discutailler avec nous ici, au risque que nous nous lassions pour avoir déjà lu un million de fois la même chose, le second est que quand l’envie nous vient (dans mon cas c’est à peu près une fois toutes les deux heures) de savoir ce que René Thom pensait d’un sujet quelconque, nous saurions immédiatement où nous rendre !

      4. @ PJ

        “le premier est que cela vous dispenserait de perdre votre temps à en discutailler avec nous ici”

        Le problème c’est que personne n’a jamais discutaillé avec moi de la pensée thomienne sur ce blog!

        ” le second est que quand l’envie nous vient (dans mon cas c’est à peu près une fois toutes les deux heures) de savoir ce que René Thom pensait d’un sujet quelconque, nous saurions immédiatement où nous rendre !”

        Là je vous réponds tout de suite: si quelqu’un veut savoir ce que pense René Thom, la SEULE façon est de se plonger dans son oeuvre. Nous avons eu récemment un court mais vif échange à ce sujet. Ce qui précède semble indiquer que vous l’avez oublié. Pas moi.

        Je suis venu sur ce blog en 2009 (je crois) avec l’intuition qu’il y avait un rapport entre vos deux visions du monde, que vous disiez à peu près la même chose dans deux langages différents. Tenter de conforter cette intuition a nécessité d’essayer de “rentrer” dans les deux visions pour les comparer. Tâche très difficile pour un inculte comme moi.

        J’ai écrit jadis sur ce blog que vous étiez un grand de la pensée contemporaine et je le maintiens. Le seul autre que vous que j’ai vu parcourir, avec une unité de pensée philosophique, le spectre continu qui va des mathématiques, la plus dure des sciences dures, à l’anthropologie, la plus molle des sciences molles, en passant par la linguistique, la neurophysiologie, la sociologie, l’économie, etc., est René Thom. C’est pour moi la marque des grands.

        Dans mon esprit, et seulement dans mon esprit, le “fit” maxi entre RT et vous a été le 7 avril 2012 lors du billet “Notre cerveau: conscience et volonté” où j’ai résumé ma pensée d’alors en un “et la chair s’est faite verbe” (poussé sans doute par une envie inconsciente de “bouffer du curé”). Puis il y a eu votre interview par Nicolas Roberti où j’ai décrypté l’un de vos commentaires en
        1. BR n’a pas compris Thom;
        2. PJ l’a compris mais ne le suit pas.
        Commentaire dont le 2. m’a laissé perplexe parce qu’il ressort de l’interview qu’il y a des points de vue communs entre RT et vous (ainsi, au sujet de Dieu, vos vues sont toutes deux aristotéliciennes -premier selon la nature, dernier selon la génération-).
        Parallèlement (novembre 2012) il y a eu la publication des premiers chapitres de PSI. Bien qu’étant à l’époque ignare en linguistique (je ne me suis pas beaucoup amélioré depuis), j’ai été tout de suite accroché par une référence à Thom et Waddington (à propos des chréodes) et j’ai reconnu dans l’algorithme que vous proposez (algorithme que je n’ai pas “creusé”) les dynamiques de gradient chères à Thom. Mais, après avoir laissé reposer puis lu et relu, il subsistait toujours l’idée que quelque chose ne collait pas entre ce que, toujours dans mon esprit et seulement dans mon esprit, pensaient RT et vous au sujet de l’affect (mot que je découvrais!), quelque chose que je n’arrivais pas à formuler.
        Enfin il y a eu votre billet récent sur le thermodynamicien François Roddier où il m’est apparu que vous approuviez sa manière Prigogine-compatible de voir les choses alors que pour le géomètre Thom “la thermodynamique ignore les formes… qu’elle ne peut que détruire”. Cela m’a fait tiquer parce qu’il y a eu une violente controverse entre Prigogine et Thom à propos du déterminisme et j’avais gardé de votre interview par Roberti que vous étiez du côté du déterminisme: “Nous ne sommes pas passifs au sens où nous éprouvons véritablement ces situations, mais notre degré de liberté, étant ce que nous sommes, est nul : il n’y a aucune possibilité de jouer la pièce autrement.”

        Voilà. Je suis prêt à détailler un peu comment je vois actuellement les divergences entre votre point de vue et celui de Thom (ça aura au moins l’intérêt pour moi de me forcer à mettre mes idées en ordre!). Mais il ne faut pas vous attendre à de grands scoops: l’essentiel figure dans les échanges que j’ai eus récemment avec Pierre-Yves Dambrine.

    3. les deux jouent, semble-t-il, à condition que le carbone gazeux (qui peut tuer les mammifères) reflète bien les infra rouges émis par la terre côté nuit. Certains en doutent.
      Mais il ne semble pas idiot de considérer que les combustions innombrables réchauffent l’air

      En tout cas le carbone fixé dans les arbres rafraîchit et dépollue de bien d’autres manières… Thom est aussi intervenu dans Le Sauvage, si je me souviens bien

      Mais la croissance est t -elle le bon critère ? Pour Edgar Morin, plus près de nous :
      “cette polémique sur la décroissance, c’est un problème de pensée binaire, on oppose la décroissance à la croissance, alors que le vrai problème est de savoir ce qui doit croitre et ce qui doit décroitre. L’économie écologique doit croître, l’agro-écologie doit croître, mais ce qui doit décroitre, c’est l’industrie du jetable, du futile, toute l’économie de l’obsolescence programmée avec les produits faits pour être détraqués, pour être remplacés, ou les produits nocifs à base de sucre qui devraient être interdits… ”

      (entretien donné à Reportere.net)

      1. ,Edgar Morin:

        les produits nocifs à base de sucre qui devraient être interdits…

        Politique prohibitionniste de “diabètocrates” grisâtres. Y’a de l’avenir pour les dealers de chamallow dans les cours d’écoles. Morin en phase régressive de simplification accélérée.

  11. Une lecture au premier degré de ce texte pourrait laisser penser que le pourcentage d’oxygène dans l’air reste à l’équilibre quoi qu’on fasse.
    Où est le danger alors pour l’espèce humaine?
    D’autre part comme on nous affirme que le pourcentage de CO2 augmente dans l’atmosphère, au détriment de quel gaz s’effectue t-il?
    Par contre je suis d’accord sur le fait que la forêt régresse partout y compris chez-nous.
    Il ne faudrait pas d’ailleurs mettre l’extraordinaire capacité d’adaptation de la nature au même niveau que les dégâts quasi irréversibles dont l’homme est la cause (ce n’est pas parce que de la végétation s’adapte malgré tout à un environnement hostile que ce n’est pas sous une forme dégradée).
    Merci pour ce débat.

    1. Le CO2 dans l’atmosphere est en quantite tres faible d’ou la capacite de l’homme a l’influencer.
      Une chose peut etre en quantite tres faible mais avoir de grande consequences.
      La foret ne regresse pas en france!
      Pour la captation du carbone par le monde vivant, c’est le biotope qui determine finalement
      le carbone absorbe (1/3 dans le sol pour les foret temperes si mes souvenir son bon).

  12. @BasicRabbit

    La ‘main Stream’ dont vous parlez va dans le bon sens pour une fois, et elle n’est même pas pris au sérieux ! Pourquoi se délecter de sa démolition?? (cf. 4 novembre, jour noir pour la survie de l’espèce)

    Vous proposez innocemment une réflexion sur chef de fil du mouvement ‘climato septique’, bon.
    Il doute du réchauffement. Et après?
    Décevant, bonne suite à vous.

    1. @ Lucas

      Ma question s’adresse aux spécialistes. Dont j’espère une réponse scientifique argumentée compréhensible du basic-citoyen.

  13. Dire qu’on finit par disparaître dans une atroce solitude. Dans un hôpital, au soleil, dans une prison, à l’ombre, dans une chambre, dans une rue, n’importe où… Dieu, tu me dégoûtes.

    1. oh :/, C’est l’ordre des choses ça… Décidément ‘Dieu est vraiment soumis à d’étranges passions.

      1. Cher Lucas
        Ordre et chaos. Sinon l’œuvre “artistique” tiendrait pas debout. La grande en tout cas.
        Et puis, si c’est pas la passion qu’est-ce que c’est ? Du pipi de chat ?
        Ça peut-être la magnifique lumière ni plus ni moins.

      2. Si la passion provoque du dégout envers l’ordre des choses, alors c’est bas, quand on est censé s’élever…
        Vous voulez mourir comment vous?…

        Lumière du soleil, du bien, de la connaissance et de l’amour?
        Ou de la mousson, de l’ignorance et de la haine?

  14. Avoir conscience de la vie, c’est peut-être découvrir combien tout ce qui nous entoure est bienveillance.
    A commencer par la Terre située à une distance parfaite pour la formation d’eau liquide et d’océans. Plus éloignée l’eau gèlerait, plus proche elle s’évaporerait.

    Et la Lune qui a ralenti la rotation de la Terre sans quoi la vie, les bactéries n’auraient pas pu fabriquer cette atmosphère qui nous protège.
    Oui tout est si exceptionnel pour que la vie existe, c’est bouleversant.
    Tout est comme des lettres qui nous racontent ce que nous sommes

    A nous de trouver les lois de cette bienveillance cosmologique et entrer en symbiose dans ce mouvement créatif de bienveillance.

  15. Le constat me semble juste. Les arbres continuent de pousser.

    Mais comment pourra-t’on mélanger et structurer nos pensées et nos échelles de pensées ensemble afin de nous mettre d’accords, hors des statistiques froides et imbéciles d’une société de consommation productiviste qui s’appuie sur les pires instincts de l’homme pour les marchandiser, surtout culturellement et institutionnellement ?

    Et agir.

    1. @Michel Gaillard
      “Mais comment pourra-t-on mélanger et structurer nos pensées et nos échelles de pensées ensemble afin de nous mettre d’accord, hors des statistiques froides et imbéciles d’une société de consommation productiviste qui s’appuie sur les pires instincts de l’homme pour les marchandiser, surtout culturellement et institutionnellement ?
      Et agir.”
      Et bien voilà , cela reste symbolique mais on pourrait commencer par se ré-unir autour d’un vieil Arbre, comme faisaient nos anciens ! Mais une fois que nous nous serions mis ensemble, c’est sûr que nous aurions du pain sur la planche… un peu comme sur le Blog de Paul Jorion, où plusieurs personnes, expériences et types de savoirs se reconnaissent et parfois se rencontrent.

      1. PJ vieil arbre ? Faudrait son avis.

        Regarde bien les arbres. Ils savent, comme nous, qu’ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu’à une chose : grandir, monter le plus haut possible.

        Christian Signol, Au coeur des forêts

  16. Il y a des régulations au sein de la biosphère, c’est une bonne nouvelle.
    Peut être connaît on moins leurs dynamiques?. En clair, les modifications introduites par les activités humaines en moins de 2 siècles sont elles absorbables par le système.
    Y a t il eu des événements aussi rapides à l’échelle des temps géologiques pour nous rassurer un peu? Des éruptions volcaniques intenses par exemples.
    De toute façon, la sagesse nous conseille de lever le pied en matière de consommation de tout.
    Si ce n’est pas le climat qui apportera la note, se seront les guerres pour l’accès aux ressources.
    Vu que les guerres ont déjà commencé. …

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