IL N’Y A PAS DE DROIT A L’INDIFFÉRENCE, par François Leclerc

Billet invité.

Peut-on s’en tenir à la déferlante qui a submergé les villes de l’hexagone, puis à l’annonce du tirage mirobolant de 7 millions d’exemplaires de Charlie Hebdo, ce « journal irresponsable » dont les rescapés ne capitulent pas ? Sur le pavé, la devise tant galvaudée de la République – « Liberté, Égalité, Fraternité » – a trouvé une illustration que nul n’aurait imaginée, mais que peut-on attendre pour la suite ? Que valent ces valeurs si unanimes si elles ne se concrétisent pas dans la vie de tous les jours ?

Si la volonté de vivre ensemble s’est massivement exprimée, l’unité nationale n’a pas été réalisé. Ceux qui ne s’y sont pas reconnus sont restés à part, pensant que ce n’était pas leur place, tout d’abord ces nombreux habitants des banlieues défavorisées restés chez eux.

On ne peut pas ignorer que l’on est relégué du mauvais côté de la barrière quand on s’y trouve, tandis qu’il est vite fait d’oublier ou de rejeter ceux qui y sont condamnés lorsque l’on est du bon. Tardivement découverte, puis sombrée dans l’oubli, la fracture sociale s’est accentuée avant de prendre racine. Dans les rangs des damnés de notre terre, chez les plus jeunes d’entre eux, une petite minorité a poussé jusqu’au fanatisme une révolte ambiante, la radicalisation islamique étant l’expression d’un repli sur soi, d’une affirmation rebelle en réaction à un sentiment justifié d’abandon.

Le pire, qui est en train d’arriver, serait de l’ignorer pour rester les bras croisés. De se féliciter de la modération d’un premier ministre, dont on craignait qu’il annonce un « Patriot Act » à la française, ou de s’en tenir au très banal « la vie doit reprendre » de François Hollande. A défaut de ponts, des passerelles devraient être jetées entre ces deux univers qui vivent dos à dos. Puisque ceux qui représentent l’État ont abandonné, voilà une raison de plus pour en prendre l’initiative afin de faire connaissance avec les pestiférés de notre société, et de leur apporter avec les moyens du bord cette reconnaissance sociale dont ils ont besoin.

Ceux qui ont vécu dans les mégapoles du Tiers-Monde et des pays émergents voient que notre société est en train de reproduire, sur le terrain et dans les têtes, un même terrible système de mondes parallèles, toutes proportions gardées. Faute que des passerelles soient jetées, faudra-t-il considérer que l’élan auquel nous avons participé n’était qu’un exutoire ?

Partager :

130 réflexions sur « IL N’Y A PAS DE DROIT A L’INDIFFÉRENCE, par François Leclerc »

  1. @ juannessy

    PSDJ ????

    Propositions :

    1)Sur la base d’un travail en commun sur cette plateforme (et des réseaux de chacun-e)sur le constat des non recours comme étant un chantier urgent à mettre en œuvre pour créer une dynamique citoyenne et sociale autour du défaut patent de la solidarité républicaine, chercher et trouver les modalités fonctionnelles d’une organisation et répartition des tâches fonctions des compétences et envies de chacun-e, afin de préparer une requête allant dans ce sens à déposer auprès du conseil d’Etat (et du maître des requêtes).

    – Définir aussi un plan de communication autour de l’utilité et de l’urgence de ce dépôt de requête au cas ou cela intéresse un 20 heure.

    2) Se mettre et/ou faire se mettre en contact grâce à ce réseaux et nos réseaux avec les assoc, institues publiques (CAF, Pôle emploi, etc), assistantes sociales, acteurs-trices politiques locaux nationaux (s’ils-elles veulent), et surtout des témoignages de citoyens-nes (par voix de presse, etc) des chercheurs-euses en sciences sociales, etc, pour concerter sur la base du constat de ces non recours, sur les défaillances, sur la complexification des demandes d’attributions, etc…

    – pour parler entre autres du problème de représentativité réelle absente d’une classe sociale modeste, mixte, plurielle, qui se voie renvoyer la charge républicaine d’être stigmatisé dans ses droits, ses attributions d’aides sociales, la redistribution des dépenses sociales de la solidarité nationale.

    – Pour ouvrir le débat public, politique sur le budget d’Etat, l’austérité, les recettes (donc fraudes fiscales trop peu combattues, la corruption, le pantouflage, les conflits d’intérêts, le clientélisme, les cumulent des mandats d’exécutifs, et dans le temps, etc gangrénant la république, dette publique illégitime) et des dépenses sociales et leur affectation qu’une pensée unique (ump, ps centres fhaine et la « préférence nationale », etc) veulent réduire.

    3) Voir si de ce travail, des résultats un accord commun et une dynamique citoyenne peut être dégagé d’une part quant au moyen à trouver pour réparer ce grave défaut de cette république, cette absence de solidarité, et d’autre part d’organiser et un suivi et un contrôle citoyen de celui ci des 9,9 milliards d’euros en question.

    – Des débats politiques et publics ne manqueront pas non plus d’être animés autour de cette thématique quant à droite certains-es parlent de supprimer les aides sociales aux parents d’enfants « agités » l’école, quant aux FDG M. Mélenchon est d’accord avec le fhaine etc, quand la Cour de justice européenne donne raison aux Etats qui veulent couper les aides sociales aux Etrangers-ères, quant les aides sociales européennes sont en baisses constantes depuis le crack de 2007/8, alors que la socialisation des pertes privées frauduleuses pour parties des banques actionnaires, a fait exploser les dettes publiques, enclenchée la spirale mortifère de l’austérité, quant à parler aussi de géopolitiques opaques, de guerre énergétiques économiques, etc…

    – De ces débats les thématiques de « l’ordinisation », soit du remplacement par des robots etc défiscalisés, remplaçant la seule source de revenu de plus en plus d’employés-es d’ouvriers-ères, etc remettant gravement en cause le modèle social, ainsi que celui de la spéculation outrancière, court-termiste et financiarisation mortifère autant des Etats que des entreprises seront largement mis sur la table

    Voila humblement une réponse à vos questions posées plus haut. Bien sur cela demande d’être discuté agencé autrement peut être agrémenté d’autres idées, etc.

    1. Mais merci de votre effort de synthèse , en particulier dans 2) et 3) qui ordonnent des chantiers faisant ,à coup sur, partie des politiques et des modes de faire à revisiter .

    2. Aurais-je oublié sciemment d’inviter à la table des discutions de a mise au point des disfonctionnements (dans le 2) ), ce que l’on appel les « partenaires sociaux »…? Non ce n’ai pas sciemment mais involontairement derrière ma situation « des acteurs-trices politiques »

      1. C’était sur ce lien lors d’une interview sur RTL il y a plus d’un mois (en novembre 2014) lorsqu’on annoncé que la Cour de justice européenne donnait raison aux Etats de supprimer les aides sociales aux étrangers. Quand le journaliste lui posa la question d’être alors d’accord avec le fhaine sur ce sujet M. Mélenchon eu bien du mal à acquiescer que sa position était similaire, à quelle nuance près… Ce qui est dommage c’est que j’ai ce lien depuis tout ce temps mais maintenant il ne conduit plus à la vidéo du moment mais au site. Des archives sont certainement disponibles, quant i est à noter que la presse se fit peu d’écho de cette info qui en choqua plus d’un-e à l’époque. http://www.rtl.fr/

        J’ai juste trouvé cela, ces quelques lignes en intro http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/11/13/le-retour-du-besoin-de-balais/

  2. Vous aurez remarqué que je ne suis ni un prof de la politique, ni un administratif. Je rajouterez que pour cerner quels seront les rapports de forces qui nous seront opposés il serait bon en amont grâce à cette plateforme et nos réseaux de connaître quels-les sont les acteurs-trices qui ont pondu cette complexité des RSA etc, qui ont voté les lois et leur application (quels partis, et élus-es à titre personnel), dans quel contexte économico-social, quels étaient les défaut du RMI, etc…

  3. «Test décisif» en matière de liberté d’expression, avec de très nombreuses arrestations dans le sillage des attentats par John Dalhuisen d’Amnesty International

    Au moins 69 arrestations se sont succédé en France cette semaine, les prévenus comparaissant pour « apologie du terrorisme », infraction dont la définition reste vague. Le risque est grand que ces arrestations violent la liberté d’expression, a déclaré Amnesty International.

    Toutes ces arrestations ont été effectuées, visiblement, sur la base de propos tenus à la suite des attentats meurtriers commis à Paris contre le magazine Charlie Hebdo, un supermarché casher et des agents de la force publique, le mercredi 7 et le vendredi 9 janvier.

    « Au cours de la semaine qui vient de s’écouler, les dirigeants mondiaux ainsi que des millions de femmes et d’hommes du monde entier ont défendu la liberté d’expression d’une voix haute et forte, et les autorités françaises doivent veiller à ne pas violer elles-mêmes ce droit, a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

    « La façon dont les autorités françaises réagissent à la suite de ces assassinats constitue un test décisif de leur volonté de faire respecter les mêmes droits pour tous. »

    Les arrestations et les procédures judiciaires sont les premières à se dérouler en vertu de la loi de novembre 2014 contre le terrorisme. Elles s’appuient sur un article du Code pénal en vertu duquel la « provocation » ou « l’apologie » d’actes terroristes sont désormais passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et d’une amende de 45 000 euros, la peine étant de sept ans maximum et l’amende s’élevant à 100 000 euros si l’infraction est commise sur « un service de communication au public en ligne ».

    La « provocation » ou « l’apologie » d’un acte terroriste étaient déjà des infractions en France mais, depuis la loi de novembre 2014, ces faits ne sont plus réprimés par la loi sur la liberté de la presse, mais par le Code pénal. Cela permet aux autorités d’accélérer la procédure, ce qui s’est produit pour plusieurs des affaires récentes.

    Outre le cas très médiatique du comédien Dieudonné M’bala M’bala, on peut citer le cas d’un homme qui hurle en pleine rue « Je suis fier d’être musulman, je n’aime pas Charlie, ils ont eu raison de faire ça », ou bien celui d’un homme arrêté pour conduite en état d’ivresse qui aurait crié aux policiers « Il devrait y en avoir plus, des Kouachi. J’espère que vous serez les prochains ».

    Un homme de 21 ans, interpellé dans un tramway pour défaut de titre de transport, aurait lancé aux contrôleurs « Les frères Kouachi, c’est que le début, j’aurais dû être avec eux pour tuer plus de monde ». Il a été condamné à 10 mois d’emprisonnement.

    Nombre de poursuites ont déjà entraîné des condamnations, en vertu d’une procédure accélérée.

    Les arrestations, les comparutions et les peines font suite à une circulaire émise le lundi 12 janvier par Christiane Taubira, la ministre de la Justice, et faisant savoir aux procureurs que « les propos ou agissements répréhensibles, haineux ou méprisants, proférés ou commis en raison de l’appartenance à une religion doivent être combattus et poursuivis avec la plus grande vigueur. »

    Les États sont tenus, en vertu du droit international relatif aux droits humains, d’interdire tout appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence. Mais les infractions définies de manière vague, comme « l’apologie du terrorisme », risquent de criminaliser des propos ou diverses formes d’expression qui, tout en étant indéniablement choquants pour de nombreuses personnes, ne vont pas jusqu’à constituer une incitation à la violence ou à la discrimination.

    Les traités internationaux sur la prévention du terrorisme prévoient la criminalisation de l’incitation à commettre un acte terroriste. Cependant, une notion comme « l’apologie du terrorisme » risque d’être utilisée pour criminaliser des propos tenus sans l’élément intentionnel nécessaire à la définition d’une infraction et sans qu’ils soient directement susceptibles de provoquer des violences de ce type.

    Certains des cas récemment signalés en France ont peut-être dépassé le seuil au-delà duquel il devient légitime d’engager des poursuites, en dépit de la liberté d’expression. Mais d’autres cas ne remplissent pas ces conditions, même si les paroles prononcées sont révoltantes.

    « La liberté d’expression ne doit pas être réservée à certains. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais bien plutôt à la mise en place de mesures réfléchies qui protègent des vies et respectent les droits de tous », a déclaré John Dalhuisen.

    http://www.amnesty.org/fr/france-faces-litmus-test-freedom-expression-dozens-arrested-wake-attacks-2015-01-16

    1. C’est quoi exactement la définition de « terrorisme » ???

      http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9finition_du_terrorisme
      Peu de mots sont aussi chargés, politiquement ou émotionnellement, que « terrorisme ».[..]

      Le terrorisme est un crime dans la plupart des pays et il est parfois défini dans les textes légaux (voir plus bas pour des définitions particulières). Des principes communs parmi les définitions légales du terrorisme font émerger un consensus sur la signification du concept et alimentent la coopération entre les personnels de police de différents pays. Ces principes communs situent le terrorisme quelque part entre un acte de guerre en temps de paix et un crime de guerre commis par un organisme non étatique.

      Parmi ces définitions, plusieurs ne reconnaissent pas la possibilité de l’utilisation légitime de la violence par des civils dans un territoire occupé, et catalogueraient ainsi tous les mouvements de résistance comme groupes terroristes. D’autres font une distinction entre un usage légal ou illégal de la violence. Au bout du compte, la distinction est un jugement politique, qui ne peut être que biaisé par la conviction que « le criminel c’est l’Autre ».

      Les raisons d’une controverse

      La définition du terrorisme est de façon inhérente sujet à controverse. L’utilisation de la violence à des fins politiques est commune aux états et aux groupes non-étatiques. La difficulté est d’arriver à un accord sur une base déterminant quand l’usage de la violence (dirigée par qui, contre qui et pour quoi) est légitime. La majorité des définitions en usage ont été élaborées par des organes directement associés à un gouvernement, et ont un biais systématique excluant les gouvernements de la définition. Certaines de ces définitions sont si larges, comme le Terrorism Act 2000, qu’elles incluent la perturbation d’un système informatique sans intention ou conséquence violente.

      [ …… …… ……. ……

      1. greek crisis, Carnet de notes d’un ethnologue en Grèce, Une analyse sociale journalière de la crise grecque
        http://www.greekcrisis.fr/2015/01/Fr0396.html#deb

        Charlie, tes nouveaux adeptes sont-ils tous de bonne foi ?
        Par Denis Dupré – Enseignant chercheur à l’Université de Grenoble – Billet invité

        Le texte qui suit, s’apparente à une caricature. Non sous forme de dessin mais de pamphlet dont les pressions du “politiquement correct” menacent tout autant l’existence que celle du dessin de caricature. Sa publication est signe de liberté d’expression. Aucun media français, ni en page opinion ni même en courrier des lecteurs, n’a publié ce texte. Une journaliste m’a donné les raisons officieuses. D’abord un ton trop violent. Ensuite, le risque de poursuite judiciaire à partir du moment où des personnes puissantes sont citées. Enfin, le plus important, la mise en question de l’indépendance de la presse française.
        Lire la suite…  »
        [ …. ….. …… ]

        Oui décidément “Le monde est dangereux à vivre, non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” disait Einstein. Reconnaissons que nous n’avons pas été souvent à la hauteur et que nous continuons d’être peu courageux si laissons faire les escrocs que nous devrions dénoncer et démettre.

        Les Charlie ont toujours été bien seuls à Charlie Hebdo et au Canard Enchainé.

        Ne noyons pas l’esprit de Charlie dans les célébrations de notre émotion collective. Osons contrer ceux qui veulent pratiquer le Charlie-washing, ceux qui ne veulent “plus jamais ça” mais sans rien changer à leur business, leur politique, leur dogmatisme éditorial, usons de ce qui nous reste de liberté d’expression, c’est le seul culte qu’apprécieraient les Charlie.

        Saint Charlie et Saint Canard Enchainé, protégez nous de ces nouveaux convertis ! « 

  4. J’ai recu une invitation pour y participer, à la manif « Charlie » du dimanche; je ne suis pas allée, j’ai préféré de rester calfeutré dans ma proprété.
    Ce que je ne comprends pas: les choses ne tournent pas rond en France, le pays traverse une crise multifactorielle, et cela depuis 40 ans. On me raconte que chaque semaine, des paysans au bout du rouleau se suicident, idem des petits patrons, des salariés qui ne supportent pas la pression exercée par leur hierarchie, des chômeurs, des jeunes déséspérés…….Et là soudainement, une manif d’une ampleur jamais vue depuis 1944. Certes, la mort tragique du staff de Charlie Hebdo mérite notre compassion, mais quand même. Une drôle de nation, ces Francais. Comprend qui peut.

    1. (…) une crise multifactorielle, et cela depuis 40 ans (…)

      Une « crise » qui dure 40 ans ce n’est pas une crise, c’est une politique. 😉

      Pour comprendre la « nation française », l’étude des évenemments de 1789, 1830, 1848, 1870 et quelques autres « bouffées de chaleur » populaires (de vraie crises en l’occurence) peut aider AMHA.

      1. Ar c’hazh du
        Je suis d’accord, il y a des volontés politiques derrière tout ca…….et le peuple le tolère passivement, comme les fameuses vaches qui regardent les trains passer

  5. @ L

    C’est de cette vidéo qu’il s’agit en effet. Je n’ai pas dit qu’il y aurait un accord (sous entendant une signature une entente etc) entre les propos de M. Mélenchon représentant le FDG et le fhaine et/ou ses représentants-es. J’ai voulu dire en m’excusant de ma mauvaise expression qu’il serait « d’accord » avec la « préférence nationale » du fhaine, de la droite du centre de la pseudo « gauche » gouvernementale, et maintenant de la décision judicaire européenne, concernant le sujet de l’immigration et du « tourisme social ». Vilaine expression par ailleurs.

    M. Mélenchon à bien fait de dénoncer les raisons des déséquilibres budgétaires des caisses sociales imputables aux fraudes fiscales patronales. Sauf qu’on ne peut accuser que les « grands groupes » quand ces pratiques de fraudes se retrouvent chez les petits moyens patrons. Les fraudes des grands groupes sont plus de l’optimisation à laquelle pour certains (Bouygues, etc par exemple, se rajoute le travail non déclaré, etc.) La part des fraudes à la TVA imputable au patronat participe tout autant à l’assèchement des caisses sociales par ailleurs.

    Derrière cet « accord » médiatiquement parlant, même s’il y a une juste dénonciation de la part du FDG, mais pour partie selon moi, des causes des déficits cumulés des caisses sociales, de moins de solidarité donc, il y a un non dit qui me semble pesant, ambiguë même. Le sujet de l’immigration intra-européenne n’est pas à déconnecter de celui extra-européenne. Car dans cette Europe vieillissante il y a un grand nombre de pays aux frontière exposées en méditerranée, accueillant comme ils le peuvent la misère du monde, celle de l’Afrique entre autre, de population fuyant des guerres dictateurs, le réchauffement climatique, etc, un nombre de migrants-es se voie octroyé le titre de citoyen européen suivant leur capacité prof, etc. Mais aussi suivant les « besoins » économiques en terme démographique des pays membres. fonction de « quota ».

    Cette décision de la Cour de justice européenne est elle même ambiguë par ailleurs il me semble. Car elle feint de se concentrer nous faire nous concentrer sur l’aspect de l’immigration intra-européenne, ce vilain mot de « tourisme social », tout en favorisant la politique des « quotas » d’une immigration extra-européenne mais plus restrictive. Autrement dit elle continue de nier les problèmes de misères, climatiques, d’oppression, etc expliquant les besoins de migration des populations africaines, tout en continuant de réguler en fermant le robinet leur flot pour des intérêts purement économique et loin d’être sociaux, empathiques, etc. Elle feint par ailleurs de nier un autre problème qui se pose aux problèmes complexes de l’immigration d’une part dans un contexte de récession économique d’autre part avec un risque de déflation croissant, mais surtout d’autre part un problème de précarisation de l’emploi en Europe, du fort taux de chômage, et surtout, de perceptive d’emploi future, bouchée par « l’ordinisation », le remplacement de l’Homme et de son seul revenu de survie possible, par la machine défiscalisée.

    Il est vrai que derrière l’immigration intra-européenne, et cette décision, il y a la volonté de considérer un facteur de fraudes sociales de certaines personnes malhonnêtes. Mais ce facteur est minime il me semble par rapport à celui du trafic d’être humain à but économique. Et encore une fois la fraude sociale de quelques-unes sert à masquer une autre bien plus dangereuses de systèmes mafieux. Cette mafia « jouissant » sans plus être inquiétée par cette décision, d’ailleurs, du « vivier » du flot continue de l’immigration extra-européenne légale comme illégale. Quand de l’autre coté cette directive donnant raison aux Etats de couper les aides sociales aux « Etrangers-ères » « du sol national » suivant leur propre critère (« préférence nationaliste »), nie alors l’évidence que l’immigration intra-européenne allant certainement s’accentuer parce que plusieurs facteurs sociaux, sociétaux, mais aussi économico-sociaux vont agiter les sociétés dans les pays européens qui vont perdre leur emploi remplacé par des robots, logiciels, etc, qui vont se concourir férocement vers le moins disant social, cette population migrante intra-européenne va être pénalisé, culpabilisé, pris en bouc émissaire soit disant troublant les « ordres sociaux » à plus d’un titre. Imaginez vous être déraciné, avoir tout perdu sacrifié, travailler dans un job précaire, instable, avec un pouvoir d’achat en chute permanente, le perdre ce job sans avertissement et subir les baisses constantes des aides sociales du pays vous ayant présurés, les stigmatisations des populations endémiques vous culpabilisant sans cesse, et/ou vous haïssant pour partie, sans pouvoir vous en échapper…? Et que dire quant elle sera aussi mise en concurrence en plus de ces stigmatisations discriminations, avec celle extra-européenne qui risque d’ëtre plus massive…? Quel impact possiblement négatif cela pourrait avoir sur les modèles sociaux nationaux et européens, sur la géopolitique, sur l’Union Européenne elle même, tentés de se diriger vers « les préférences nationalistes », à la carte, quant à exclure de l’équation une résolution de la problématique globale de l’immigration dans le monde plus complexe que cette décision de la Cour.

    Il me semble que c’est cette dimension la du problème posé par la Cour (car il me semble qu’elle fait de la préférence fédéraliste continentale) qui a manqué à M. Mélenchon et qui fait qu’il est difficile de faire une distinction entre la ligne du fhaine de la droite haineuse, et l’approche peut être trop cour-termiste de M. Mélenchon…

    Cette article de la droite haineuse est révélateur d’ailleurs http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2014/11/revers-judiciaire-pour-la-pref.html?xtor=RSS-19

  6. Je rajouterai en conclusion une chose. Derrière cette décision à forte symbolique judiciaire, juridique, qui veut si l’on se projète, que d’un coté l’Europe prône le libre échange des biens comme des personnes (mais aisées), la libre circulation des gens (« cultivés », instruits), mais d’un autre coté spécifie que les pauvres, précaires, une fois déplacés, immigrés au sein de l’Europe fonction de quota démographique et économique de fédération, d’entités régionales, d’un pays d’origine sans emploi (du sud par exemple) à un autre dont la promesse est bien modeste, est précaire aussi, ces pauvres se fixent et subissent les diminuions des aides sociales, il y a une population qui est visée dans l’immédiat.

    Je veux parler des gens du voyage Bulgares Roumains de l’Europe de l’est dans son ensemble, des gens les plus fragiles, les plus exploités et stigmatisés dans leur pays « d’origine », dont la culture et tradition incite aux voyages à ne pas se fixer. Alors que cette population est dans la « perception » des occidentaux celle à accueillir le moins possible, celle qu’un certain fantasme préfère voir comme la moins humaine (les plus malhonnêtes même. Chose fausse, préjugés erronés puisque comme dans toute société humaine seule une minorité peut l’être malintentionné)…, la plus à craindre…, etc, On parle de celle population qui franchie les frontières européennes s’adapte à notre mode de vie à leur manière, depuis des siècles, mais qui devrait nous faire peur dans l’absolue… Il me semble qu’elle est la aussi la raison masquée, inavouée comme inavouable pour certains-es(quand on constate en France les tensions et stigmatisations voir violences verbales, physiques que subit cette population y compris de partis soit directement s’en prenant à elle, soit indirectement la défendant à peine) court termiste de la décision de la Cour, des partis politiques cautionnant celle ci, discriminatoire indirectement, et ciblant dans un tout une particularité, une différence singulière et pourtant riche de notre humanité…

    1. Merci pour votre éclairage .
      Cette décision de la CDJE est en effet dangereuse .
      Un article de l’ Humanité de l’ époque en résume bien les risques :http://www.humanite.fr/la-cour-europeenne-au-secours-de-la-preference-nationale-557496
      Un autre article ( payant ) paru dans Politis « Le « tourisme social », fantasme des droites d’Europe » du 20/11/14 précise ( extrait ) :
      « …Selon un rapport établi pour la Commission européenne en 2013, les immigrés européens viennent en priorité pour travailler et non pour profiter des aides des pays riches. Ceux que l’arrêt de la CDJE désigne comme « inactifs économiquement » ne représentent que 0,7 à 1 % de la population totale de l’UE. Un autre rapport, publié par l’OCDE en juin, montre que l’immigration n’est pas un poids pour les économies occidentales. Au contraire, les migrants rapportent davantage en cotisations et en impôts qu’ils ne coûtent en prestations.

      De toute façon, cet arrêt de la CDJE ne va rien changer en pratique, notamment en France, où la législation empêche déjà largement le « tourisme social ». Pour toucher les minima sociaux, les Européens doivent être présents sur le territoire depuis au moins trois mois. Et, même au-delà des trois mois requis, les caisses d’allocations familiales peuvent refuser le RSA aux citoyens européens en quête de travail et qui n’en ont pas trouvé. Sans surprise, la droite et l’extrême droite françaises ont salué la décision de la CDJE. Mais celle-ci pourrait aussi réjouir une partie de la gauche au pouvoir, s’inscrivant dans la continuité du discours stigmatisant les chômeurs, tenu, entre autres, par le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, la dimension xénophobe en plus. … »

      Quant à la strategie de communication de JLM chacun reste juge mais rappeler que les immigrés rapportent plus qu’ ils ne  » coûtent  » n’ est pas dire la même chose que l’ extrème droite .
      Cdlt .

      1. C’est vrai que cette communication diverge. Mais il me semble que ce pose la question de comment appuyer les différenciations à accentuer quand trop de sous-entendus pèsent, d’approximation « médiatique » du moins, pèsent sur le crédit de la ligne de fracture entre ces deux opposés…? Merci à vous aussi L pour ces infos de plus.

  7. Chacun de nous peut prétendre à une place dans un cadre fraternel.
    Et si nous commencions par ne pas confondre les humristes et les historiens?
    Les historiens parlent du passé, ils essaient de le restituer, de la parler, le plus fidèlement possible.
    Les humoristes parlent du présent, en particulier de l’instrumentalisation présente du sacré, des évènements douloureux qui ont été sacralisés ou tabous. Ils mettent à nu les pouvoirs, bien présents eux, de ceux qui s’abritent derrière ce sacré ou ces tabous. Comme les poètes qui disent la vérité des pouvoirs, ils risquent les foudres de ces pouvoirs ainsi mis à nu, ainsi que de tous leurs « fidèles » pris dans la violence symbolique.

Les commentaires sont fermés.