QUATRE MOIS DE GAGNÉS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a obtenu à l’arraché, et avec des résultats limités, un accord d’extension du plan de sauvetage menant seulement jusqu’à juin. Il reste sous surveillance des « institutions », et non plus formellement de la Troïka, et va proposer un plan de réformes lundi prochain, pour approbation d’ici fin avril. Sera alors débloquée, si tout se passe bien, la dernière tranche du plan de sauvetage. Mais pour apprécier le degré de liberté effectif qui va être octroyé, il faut encore attendre de connaître le document de lundi prochain, en attendant l’échéance d’avril. De nouvelles négociations devront être immédiatement engagées pour trouver le financement du remboursement en deux versements de 6,7 milliards d’euros à la BCE cet été.

Il est admis une certaine flexibilité pour l’objectif d’excédent budgétaire primaire 2015, maintenu à 3% du PIB au lieu des 1,5% demandé par le gouvernement grec. Mais rien n’est dit à propos des années suivantes, alors qu’il a été précédemment fixé à 4,5% pour 2016. Pour mémoire, 5 milliards d’euros devront être remboursés en 2016 et 7 milliards en 2017.

Dans les mois à venir, le gouvernement grec va être tenu le nez juste hors de l’eau, et l’enjeu pour lui va être de trouver les moyens de financer ses mesures, une fois avalisées. Les banques vont toutefois accéder de nouveau aux guichets de la BCE, ce qui leur permettra d’acheter des bons du Trésor du gouvernement.

La liberté conquise est donc réduite et conditionnelles, et les négociations seront dorénavant permanentes. A propos de la dette, elles vont devoir s’engager. Il fallait un accord et il en a été trouvé un, qui demande à être confirmé. Mais il ne règle rien pour l’avenir autre qu’immédiat. Le gouvernement grec n’a pas pu obtenir les soutiens qu’il espérait et a dû prendre acte d’un rapport de force défavorable. La suite sera toute aussi difficile si des alliés ne se présentent pas, car il est hors de question pour les autorités européennes, et pas seulement allemandes, de laisser émerger une politique alternative qui donnerait de mauvaises idées.

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