Reconstruire un discours politique, par Michel Leis

Billet invité.

Je viens de participer pendant quelques semaines à l’aventure « Tout Autre Chose » en Belgique avant de claquer la porte. L’objectif était de fédérer des partis et des citoyens derrière une bannière commune. La demande est là ! 15 000 signatures en quelques semaines du côté francophone, à l’échelle de la Belgique, c’est une performance.

Retour d’expérience ? Il a fallu des semaines pour définir une plateforme (minimum) commune : certes, toutes les personnes qui partagent un certain nombre de valeurs peuvent signer à deux mains, mais c’est bien parce que le texte est pour l’essentiel un consensus mou autour de quelques valeurs.

Deuxième retour d’expérience : c’est un terrain pour des enjeux de pouvoir où quelques personnes et organisations essayent d’imposer à tout le monde leur vision. Il se crée des circuits parallèles où se mènent des discussions hors des outils collaboratifs mis en place. Les réunions entérinent des points de vue construits ailleurs, sans réelle possibilité de discussion. Sans doute une question de culture puisque Hart boven Hardn l’aile flamande du mouvement semble avoir plus de succès…

Cette aventure me rappelle un excellent sketch des Guignols, il y a longtemps (ils avaient alors un œil acéré sur certains travers de notre société) avec une discussion sans fin du programme des écologistes où les courants les plus divers (écologie et parachutisme si je me rappelle bien ! … ) réclamaient la parole pour défendre leur point de vue.

À mon sens, il y a trois points qu’il faut absolument surmonter pour reconstruire un discours politique :

Nous nous opposons à une oligarchie dont le modèle n’est pas le libéralisme. Tout le fatras sur le marché que leur concoctent des économistes à la petite semaine (mais non dénué de récompense) c’est juste un moyen et une justification a posteriori. La place de ces oligarques dans la société, leur rémunération, l’appropriation des profits, l’accumulation du patrimoine qui en résulte, ils le doivent à leurs qualités propres (dans la réalité, pour beaucoup d’entre eux, à leur naissance), c’est leur « story telling ». L’idéologie n’est pas le libéralisme, c’est le darwinisme. Ils se voient comme des mâles et des femelles dominants, qui ont une conscience de groupe aiguë, qui agissent par opportunités, les replis, quand il y en a, sont tactiques. Surtout, ils n’ont pas besoin de longs conciliabules pour se comprendre, pour créer un consensus autour de leurs intérêts, ils sont d’une efficacité redoutable. La grande force de leur « story telling », comme l’évoquait Paul Jorion, c’est de distribuer des miettes et de montrer quelques exemples, positifs (la réussite d’un individu) ou négatifs (la déchéance sociale), qui laisse croire que nous prenons part au grand jeu. La réalité statistique est évidemment bien moins glorieuse, mais elle est tout à fait cohérente avec une idéologie darwinienne.

Pour ceux qui tentent de s’opposer à la folie actuelle, un ensemble de valeurs ne font pas une idéologie. La grande force de la gauche et des mouvements sociaux du 19e, c’est un référentiel idéologique commun. Quand Marx s’impose face aux utopies sociales du milieu du 19e, il crée un point d’ancrage fort. Des courants concurrents (dans leur interprétation de la parole de Marx) peuvent passer des alliances ponctuelles d’autant plus facilement. Marx n’apporte pas seulement une idéologie, il apporte une efficacité. Après, on peut s’inscrire dans les querelles d’écoles sur la pensée marxiste, on peut discuter de ce qu’elle a apporté ou pas, des échecs lors du passage à la pratique, reste que l’absence d’un référentiel commun est un manque. En ce sens, l’enterrement en grande pompe de l’URSS exprime le soulagement des tenants d’un monde darwinien qui voient s’effondrer un référentiel idéologique concurrent.

Face à cette efficacité organisationnelle de l’oligarchie dominante, la vision de la démocratie qui construit un programme à partir des apports de ces citoyens me semble aujourd’hui inopérante. Elle conduit au mieux à un système de plus petits communs dénominateurs qui n’ont que peu de poids face à la parole des nombreux experts au service de l’oligarchie dominante. Le discours sonne creux, il n’est pas cohérent, il n’est pas en mesure de changer les rapports de forces qui devraient être l’enjeu essentiel de la politique (je ne rêve pas ici d’une victoire révolutionnaire par KO où une oligarchie remplace une autre oligarchie). La démocratie n’est pas (plus ?) une méthode, c’est un cadre qu’il faut construire et qui doit défendre chacun contre la prédation d’autrui, permettre aux individus de s’exprimer et de s’épanouir sans être dans un système de rapports de forces permanent, et enfin d’exprimer à intervalle régulier des choix collectifs dans un débat public éclairé, avec des politiques qui reflètent réellement les choix effectués.

Rentrer dans le jeu politique en fonction des impératifs tactiques ne nous conduira pas à grand-chose. Il faut renverser les perspectives, faire émerger des programmes pour discuter sur le fond et permettre de fédérer ensuite autour d’un discours fort. Le blog de Paul Jorion pourrait être la vitrine de programmes structurés qui pourraient changer la nature du débat… À condition que les partis, les organisations, pourquoi pas des petits groupes d’individus s’attellent pour de bon à la tâche au lieu de se complaire dans des jeux de pouvoir.

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129 réflexions sur « Reconstruire un discours politique, par Michel Leis »

  1. Faire un programme. … en se prémunissant des flèches du darwinisme qui sait disqualifier par des clichés les solidarités qui seraient à l’œuvre dans ce programme (sociales, scientifiques, économiques, logement, écologique,…)

  2. « À condition que les partis, les organisations, pourquoi pas des petits groupes d’individus s’attellent pour de bon à la tâche au lieu de se complaire dans des jeux de pouvoir. »

    C’est con, vous annihilez toutes ces forces positives en une phrase, car vous comme moi savons que cela ne se fera pas…

    Quant à renverser quelque chose, je pense que c’est la table. Après, on verra qui est encore là pour ramasser !!

    Néanmoins, SOUTIEN TOTAL aux gens comme vous qui luttent !! 😉

  3. Voter pour désigner les membres élus de l’assemblée constituante d’une 6eme République sur m6r.fr m’a éclairé sur le piège qui consiste à faire choisir des représentants dans un éventail de partis énumérant leurs « valeurs » et leurs promesses. A m6r.fr, dans la région qui est la mienne, j’avais au contraire à choisir parmi des gens tous inconnus de moi, car candidats sous un pseudonyme. Mais partageant a priori mes propres intentions de changer d’ère ? J’étais sollicité à participer ainsi à un vote « tirage au sort » sans tenir compte des divergences partisanes entre des PCF, des PG, des EE-verts, et de non politisés réunis sous le concept flou « gens de gauche »? Cette procédure forçait à une parité entre hommes et femmes ainsi désigné-e-s ( à peine plus de femmes candidates que de places prévues à pourvoir, avec une pléthore de candidats masculins!). J’ai participé, trouvant que c’est là un moyen de définir , à défaut d’un programme politique peu concret entre partis jusqu’ici plutôt encore « faux-frères », au moins de nouvelles institutions, de nouveaux principes d’exercice du pouvoir?
    Je rêvais d’anticiper, ainsi, un avenir accessible où ne s’additionneraient plus, comme actuellement, sous le même sigle « Front National » des points de vue citoyens symétriquement antagonistes. Les voix FN du Nord sont celles d’exclus du système officiel et autres déshérités sensibles au discours « social » opportuniste de F. Philippot – et de travailleurs jusqu’ici votant à gauche ayant le sentiment d’avoir été trahis par les partis traditionnels de gauche. Dans le Midi de la France le même parti reçoit le vote de retraités aisés -ou d’anciens exclus d’une ancienne Algérie Française et autres islamophobes, sensibles pour leur part au discours « national » de l’extrême droite traditionnelle! Soit le risque en 2017 d’une addition tragique de valeurs incompatibles : la possibilité de réinventer un «national-socialisme»?

  4. La démocratie, existe-t-elle encore? J’en doute. On assiste à une période post-démocratique et même post-politique.
    Le problème c’est que la doctrine néolibérale diffusée et solidement ancrée dans le sol politique des pays occidentaux implique la responsabilité entière de l’indivdu: il est le forgeron de son bonheur (ou de son malheur), lui seul est responsable pour son « destin économique ». En clair, si l’individu se retrouve au chômage, même involontaire, ou démuni suite à un accident de la vie, ou simplement issu d’un milieu modeste, la société et ses institutions ne lui doivent rien, c’est son problème personnel. Il n’y a plus de collectif, il n’y a que l’individu facce au « marché » et ses exigences.
    Il est un fait que les liens sociaux se délient, la concurrence entre les individus (tous contre tous) accroît, le climat social devient infecte. Face à cela, la classe politique démissionne, se rend la chose facile, poursuit à tricoter ses plans de carrière (défendus avec ardeur), se contente de gérer les affaires à vue, sans visions ni solutions……….
    On en parle depuis plus de vingt ans, et rien ne change.

    1. Rien ? Podemos, Syriza, puis le risque de troubles si le FN accède au pouvoir en France et que quelques étincelles allument le feu … Rien vraiment ?

      1. France; 2017
        Sur le podium Valls, Sarkozy, Le Pen
        Dans l’ordre que vous voudrez
        Ça énerve, ça décourage, ça mobilise ou ça démobilise, mais ce n’est pas nous qui tirons les ficelles
        On est encore, et pour longtemps hélas, dans la logique des partis, un jeu de dupes à grande échelle
        Plus personne – ou presque – n’y croit (d’où l’abstention) mais il n’y a pas de logiciel de rechange.
        Rousseau, Tocqueville, Marx, Orwell… rien n’y fait. Ce ne sont pas les discours les plus éclairés qui manquent. Sans éducation les livres restent sur les étagères.

        Il faudra encore beaucoup de temps ou une grande secousse, et encore ?

        Podemos, Syriza ? Une faible lueur bien fragile. Gare aux courants d’air

  5. Petite pièce d’ archives ; il y quatre ans au début de l’ été. J’ avais adoré cette vidéo parce que beaucoup d’ optimisme et de fraîcheur s’ en dégageait.
    https://vimeo.com/24355440
    Pablos Iglesias dit, à propos des politiciens (et on peut y inclure leurs amis oligarques), qu’ ils sont moches dans leurs costumes étriqués. Ils sont moches, titre d’ un recueil du défunt Reiser.

    J’ avais signé la pétition de Hart Boven Hart, j’ ai vu Tout autre chose sur le web, ça avait l’ air bien ; des artistes et des représentants de la culture, ça avait l’ air bien aussi quoique …, David Murgia a une tête sympa sur la photo, puis j’ ai vu que Hart Boven Hart avait, fait sa petite vidéo tout seul en flamand, vidéo du genre j’ ai déjà vu ça mille fois, la liste des sponsors m’ avait enfin donné un sérieux doute quand à l’ indépendance et la nouveauté de Tout autre chose.
    Bref …
    Je me souviens d’ il y a très longtemps, j’ étais gosse, un reportage, en noir et blanc, qui montrait comment les Vietnamiens avaient foutu l’ Oncle Sam dehors. En creusant des tunnels inlassablement et sans doute en masse, jusqu’ à la fin.
    Donc … -;)

  6. J’ai participé activement pendant quelques 9 mois à Roosevelt 2012 et contribué à la création d’une cellule « Brabant Wallon » . 9 mois de gestation qui ont accouché de quelques  » résolutions  » vagues, suivies d’un ronronnement de satisfaction pour enfin se terminer par les ronflements du groupe endormi. Et pourtant tout avait commencé par 15 propositions concrètes qui sont toujours valables aujourd’hui. Tout Autre Chose a repris le flambeau , j’y ai en tout cas rencontré les mêmes personnes. Bien que je n’aie assisté qu’a deux réunions, j’avais l’impression d’un plus grand dynamisme. Je n’ai pas claqué la porte, je suis parti sur la pointe des pieds car si je ne me sens pas capable de participer à ces interminables discussions qui semblent être le point de départ obligé de tout mouvement politique, j ‘éprouve beaucoup de respect pour ceux qui en sont Ce mouvement va vraisemblablement s’enliser comme avant lui Roosevelt 2012 pourquoi?Un débat , pour progresser et aboutir doit être cible. Ce ciblage ne peut pas pas être une décision démocratique mais plutôt un acte de foi, une adhésion forte à quelques idées cohérentes ( ce qu’on appelle une idéologie) . Cette idéologie manque cruellement partout, dans tous les groupes de discussion que j’ai fréquenté.. Nous n’arrivons pas à y penser parce que c’est impensable! Ce n’est pas une réforme qu’il nous faut , c’est une révolution économique , industrielle, civilisationnelle, un changement brutal de paradigme sur lequel notre fonctionnement quotidien est basé, cela ne se produira pas par réforme successives mais par des ruptures brutales. C’est un peu comme pour le changement climatique on n’agira sérieusement que quand celui-ci s’emballera et sera pratiquement hors contrôle(quand les rétroactions positives seront plus fortes que toute action humaine). Et pourtant , je voudrais tellement me tromper.

    1. Exact Guy : ce n’est pas seulement le programme qui nous manque, c’est avant tout l’histoire que nous raconte ce programme. Et cette histoire ne consiste pas à jeter sur le papier quelques principes universels.

      1. il nous faudrait quelqu’un comme Georges Lucas ( la guerre des étoiles) qui a déjà tout rassemblé : le glissement de la république vers l’empire, l’allégeance des marchands à ce même empire, l’apologie de la diversité des races contre l’uniformité de clones de l’empire jusqu’à finalement la prééminence de l’amour sur le côté obscure de la force.

      2. Cette « histoire » serait celle qui nous permettrait d’avoir des réactions promptes et directes, aisément partagées, aux réponses « dans le cadre » que nous feraient les institutions X ou Y.

        Or tout ce qui est familier est d’abord appris.

        Et apprendre (ou le concept d’idéologie) suggère bien qu’on n’est pas très universel, qu’on a formé quelque chose de précis qu’on ne va pas désapprendre comme ça.
        Un des écueils même sur cette voie est de se transformer en paléo-marxiste (un équivalent je veux dire) avant d’avoir commencé.

        Bref, un apprentissage de lutte verbale d’abord, si je rassemble ces éléments, non ?

      3. C’est vrai , mais on ne perçoit l’Histoire qu’a posteriori , et les programmes ( il est sain qu’il y en ait plusieurs) sont nos tentatives toujours ratées pour essayer de la définir .

        Alors qu’elle se fait de façon beaucoup plus  » anarchique » , un peu dans l’esprit où le souhaite Di Girolimo , et qui était aussi la position de Tolstoï .

        Peut être de Schizosophie ?

        Pour ce qui est de la démarche démocratique , je crois qu’elle est cependant bel et bien , sinon un système , la seule démarche efficace pour maintenir en vie le « système vivant espèce humaine et au delà « .

    2. On peine à voir que le fond de tous nos problèmes vient de ce que l’équilibre social des siècles passés, basé sur le rapport de force capital/travail, a définitivement disparu.

      Le peuple (du moins dans les pays développés…) échangeait sa force de travail contre un accès aux Ressources détenues par les propriétaires, Mais c’est terminé!

      La question fondamentale est donc: Comment le peuple pourrait il maintenant disposer des Ressources? !

      Tout le reste est secondaire à cette question.

      1. la ressource principale c’est l’énergie, elle permet d’avoir accès à presque toutes les autres ressources. le peuple peut devenir producteur et consommateur d’énergie. C’est le point central de la réflexion de Jeremy Rifkin sur la troisième révolution industrielle. Chaque pas vers l’autonomie énergétique réduit la puissance des capitalistes. Produire et consommer localement réduit la puissance des marchands. On peut le faire! Il faudrait maintenant une narration puissante de ce nouveau possible. Allons les chevaliers Jedi la force est avec vous!

      2. Mais l’énergie seule ne sert à rien, il faut aussi : le territoire, l’air, l’eau, les espaces cultivables, les matières premières, les infrastructures, tout ce qu’ont construit nos ancêtres, nos connaissances et savoir faire, et aussi les immeubles et les grandes entreprises…

        En fait tout ce qui est irremplaçable.

      3. Bonjour Weets,

        Quand vous dites que « le peuple peut devenir producteur et consommateur d’énergie » ou que vous parlez de « l’autonomie énergétique » vous utilisez un concept erroné. Aux dernières nouvelles, ni on ne produit, ni on ne consomme de l’énergie, tout au mieux on la dégrade selon un principe de conservation bien connu à ce que je me suis laissé dire.

      4. @ Dominique Gagnot 29 mars 2015 à 09:18

        Mais l’énergie seule ne sert à rien, il faut aussi …………les grandes entreprises…En fait tout ce qui est irremplaçable.

        Ce qui est indispensable, mais remplaçable, n’est-ce pas la vie ?

        Il lui suffit de se perpétuer au travers les générations au sein d’une même espèce, ou alors de faire se succéder les espèces.

        L’homo sapiens n’a-t-il pas hérité un peu de ce gros lourdaud de Neandertal, lequel comme nous-mêmes, n’a pu exister sans énergie à consommer ?

        http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/07/22/homme-de-neandertal-se-soignait-il-par-les-plantes/

        Or l’énergie regorge dans l’univers, et même sur terre. Il suffit à la vie terrestre, d’adapter sa consommation à ses capacités de captation et de transformation. C’est le problème auquel nous sommes confrontés maintenant.

      5. @jducac

        Il suffit à la vie terrestre, d’adapter sa consommation à ses capacités de captation et de transformation

        Encore faut il qu’une minorité ne capte pas tout !!….

      6. @Juannessy:

        Pour ce qui est de la démarche démocratique , je crois qu’elle est cependant bel et bien , sinon un système , la seule démarche efficace pour maintenir en vie le « système vivant espèce humaine et au delà « .

        = TINA

        Oh, oui, c’est la seule et unique démarche qui marche…bon qui pourrait, qui eut marché, quoi, c’est vrai, c’est la seule et unique perspective, vraiment, mais faudrait voir de rafistoler un peu c’t affaire, parce que c’est la seule perspective, y’a qu’à voir…c’est TINA par Nessycité.
        ça marche d’ailleurs tellement fort, que la Terre va y passer, mais la Démocratie restera avec l’esprit si avisé des démocrates, et tous les autres « crates » : bureaucrate, technocrate, ploutocrate, nucléocrate, idéocrate, et vous, planant parmi vos monades, à tout jamais, et pour toujours.

      7. @D.Gagnot

        je saisis l’occaze pour vous répondre au sujet d’Attac et de je ne sais plus quel assos dont vous demandiez si j’y adhérais.
        Quelle idée! Non je n’adhère pas ni à Attac, ni à aucune assos alternativiste.
        Pour ce qui est d’Attac et de leur idée de taxer les transactions, permettez un sourire.
        Vous pensez vraiment que cela est une solution? Mais une solution à quoi?
        Non soyons sérieux, ni la taxe, ni l’interdiction de la spéculation ne sont sérieusement des solutions,par contre l’idée qui en ressort est bien celle de rendre le capitalisme plus « humain », plus viable, écolo-compatible, éthique, responsable, blablabla.

        On peine à voir que le fond de tous nos problèmes vient de ce que l’équilibre social des siècles passés, basé sur le rapport de force capital/travail, a définitivement disparu.

        Ah, mais cette intuition est bonne! Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un équilibre mais d’un moment du rapport de classes…
        C’est ce qui donne le moment présent avec son illégitimité des revendications salariales, c’est-à-dire que les revendications sociales, salariales ne font plus système globalement comme c’était le cas dans la période d’accumulation fordiste-keynésienne, qui ne reviendra plus. Non, le keynésianisme ne reviendra pas, la crise de la période fordiste-keynésienne (crise des années 7O)l’a définitivement balayé, d’ailleurs c’est bien cette période d’accumulation (les 3O machins) qui est responsable de la crise qui s’en est suivie.
        Mais oui, messieurs-dames.

      8. @komunist 29 mars 2015 à 20:07

        c’est bien cette période d’accumulation (les 3O machins) qui est responsable de la crise qui s’en est suivie.

        Pourriez vous expliquer en quoi, car je ne vois pas trop le rapport.

        La crise qui dure depuis 1973 vient de ce qu’on a délibérément tourné le dos au progrès social et précarisé l’emploi, de sorte à retirer tout pouvoir aux « travailleurs ». (le choc pétrolier fut la goutte qui a fait déborder le vase). Sans compter d’autres mesures pour maximiser les rentes.
        Ce fut très progressif, et calculé pour minimiser les conflits. On peut dire que c’est une grande réussite.

        Je ne vois pas en quoi les 30 glorieuses, période de progrès sociaux ininterrompus, seraient responsables de ce virage, si ce n’est que les possédants ont estimés que c’était trop.

        Je ne dis pas que pouvoir consommer toujours plus c’est bien, mais c’est un autre problème…
        ——————————-
        Attac et la proposition de taxer les transactions financières, c’était il y a 15 ans! Et à l’époque c’était pertinent.

        ——————————-
        Vous intéressez vous au M6R, et sinon pourquoi ?

      9. @D.Gagnot

        La crise qui dure depuis 1973 vient de ce qu’on a délibérément tourné le dos au progrès social et précarisé l’emploi, de sorte à retirer tout pouvoir aux « travailleurs ». (le choc pétrolier fut la goutte qui a fait déborder le vase). Sans compter d’autres mesures pour maximiser les rentes.

        La crise des années fin 6O-7O, a abouti à la « restructuration du rapport capitaliste d’exploitation », commencée en 1979 et qui se poursuit dans la crise actuelle.
        Vous demandez quel est le rapport entre la phase d’accumulation fordiste-keynésienne et la crise qui en est le résultat. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte:
        -D’une manière générale, la phase d’accumulation des « trente glorieuses » se présente comme résultat du passage de « la subsomption formelle du travail sous le capital » à « la subsomption réelle du travail sous le capital », c’est-à-dire de deux formes d’extraction de la plus-value : plus-value absolue, dans la première phase, plus-value relative dans la seconde.
        La forme d’extraction de la plus-value absolue est caractérisée par l’allongement de la durée de travail, le regroupement des travailleurs dans de vastes ensembles (usine fordiste), le capitalisme utilise des moyens pré-capitalistes d’échanges et de production à ses propres fins.
        Cette période est la période du « programme ouvrier », le programme ouvrier (des sociaux-démocrates aux anarcho-syndicalistes) se caractérise par la revendication d’une société « socialiste » centrée sur l’affirmation du travail (Qui ne travaille pas, ne mange pas-URSS de Lénine), par une phase intermédiaire socialiste avec ou sans « dictature du prolétariat », etc…
        Les trente glorieuses, sont le dépassement de cette période, sur la base des destructions humaines et matérielles de la 2ème Guerre Mondiale, ces années de reconstruction se sont faites sur le dos des peuples colonisés, et sur l’exploitation des immigrés dans les secteurs à forte demande de main-d’oeuvre (en France, par exemple…). A partir de cette période le prolétariat dans son ensemble, n’est plus « marginalisé », mais est définitivement intégré au procès de production, de valorisation et d’échange capitaliste. L’agriculture devient totalement capitaliste,l’artisanat est en voie de disparition, le savoir-faire ouvrier recule devant la machine et le capitalisme règne en maître partout sur le globe.
        L’intégration du prolétariat par les mesures de salaire indirect (Sécu. congé payé, allocations…) et par la montée du pouvoir d’achat (société de consommation) ont entraîné la crise de cette période, qui, faut-il le rappeler concerne uniquement les pays du centre capitaliste.
        Je dois promener les toutous, je poursuivrai donc plus tard.
        Salutations.

      10. @komunist

        L’intégration du prolétariat par les mesures de salaire indirect (Sécu. congé payé, allocations…) et par la montée du pouvoir d’achat (société de consommation) ont entraîné la crise de cette période

        Que veut dire « intégration du prolétariat » (en langage courant si possible 😉 ) ?
        Pourriez vous expliquer le lien de cause à effet ?

        Merci!

    3. Je suis parfaitement d’accord avec vous, nous sommes en présence de discutions interminables qui n’aboutissent sur rien et qui finissent par s’essouffler.
      Il faut un point d’encrage qui soit planétaire et qui peut résoudre les problèmes de l’épuisement des ressources ainsi que le réchauffement climatique ainsi que sustenter les besoins de toute l’humanité dans le respect des autres espèces sur notre planète.
      Sur un plan plus scientifique, je pense que ce que nous montre François Roddier peut devenir ce point d’encrage, il sera ce que nous en ferons.
      Dans la thermodynamique des transitions économiques, il ne préconise pas une rupture brutale au contraire, il nous reste tout au plus deux générations pour transformer les structures sociales et économiques vers 100% d’énergie solaire. Cela suppose un changement radical de paradigme, de mode de pensée ne serait-ce que par la nature même des énergies en présence.
      Les énergies fossiles sont concentrées, d’approvisionnement constant, et non distribuées, elles cadrent très bien avec le capitalisme, les énergies renouvelables sont diluées, intermittentes et distribuées, elles cadrent beaucoup mieux avec l’autonomie de l’individu, la relocalisation de l’économie et l’information, les connaissances, l’imagination ainsi que la créativité comme ressources principales.
      Pour ma part, je continue à m’impliquer dans le potager communautaire où j’espère cette année montrer les biens fondés de l’agriculture de conservation avec couverts permanents ainsi que son rôle dans les solutions au réchauffement climatique.
      Je suis invité chez « Tout autre chose », ce billet me permettra d’argumenter, merci à tous.

      1. Ne pas oublier qu’il faut d’abord prendre le Pouvoir économique à l’oligarchie mondiale, actuellement propriétaire de l’essentiel des Ressources, indispensables pour faire quoi que ce soit de significatif…

    4. @Guy Weets
       »C’est un peu comme pour le changement climatique…… »
      Ce n’est pas seulement qu’un peu, c’est totalement comme pour les changements climatiques.
      Tout étant reliés la dynamique » économique, industrielle et civilisationnel » qu’est la somme des activités humaines est directement responsable des changements climatiques en cours, de l’épuisement des ressources et de la dégradation de la qualité du milieu de vie soit eau air et terre arable de plus en plus pollué et devenant impropre à la consommation voir toxique maintenant à certains endroits.
      Tout cela parce que nous avons dépassé la capacité des écosystèmes naturels qui jusqu’à récemment (175 ans) avait maintenue un équilibre adéquat de qualité de l’environnement.

      Maintenant cet équilibre est rompu nous sommes en surcapacité d’exploitation des écosystèmes qui sont en passant irremplaçable.
      Rapidement pour faire ici image : Le PIB planétaire, qu’est le cumul des activités humaines soit la transformation des ressources pour consommation (nécessaire et superflue) a fait en sorte que le taux de CO2 dans l’atmosphère passe à 400 ppm.bien au delà du maximum historique de 300ppm jamais dépassé depuis plusieurs siècles avant notre aire industrielle.

      Vous cherchez une cible mesurable, il y a une équation simple à faire ici, pour revenir dans la zone ‘’sécuritaire’’ opérationnelle des écosystèmes soit moins de 300ppm il faut réduire de 25% le PIB mondial c’est ici un des éléments de mesure qui nous permettra d’évaluer l’efficacité des moyens prient dans un virage à 180° de l’économie désormais nécessaire et contrôler par des gouvernements responsable qui se seront réapproprié de façon légitime le contrôle des ressources qui par défaut est laissé au bon vouloir d’un groupe de personnes absolument inconscient du phénomène de la disponibilité de ressource limités dans un cadre économique basé sur une croissance illimité étant préoccupés seulement par leur enrichissement personnelle et d’un désir de domination.
      Le défi dans cette exercice maintenir une qualité de vie très acceptable pour tous sinon c’est le chaos social.

  7.  » Il se crée des circuits parallèles où se mènent des discussions hors des outils collaboratifs mis en place. Les réunions entérinent des points de vue construits ailleurs, sans réelle possibilité de discussion. Sans doute une question de culture. » Je propose de prendre au sérieux votre ressenti. En France, les réseaux sont manifestes, les belles idées sont appréciées mais restent au firmament. Il y a trop de distance entre les valeurs (communes, d’ailleurs : libert-égali-frater-laïcité) et les partis pour incarner des programmes distincts, concrets et participatifs. Donc, c’est : mes amis sont mes amis. En Belgique, il y a une culture du compromis ‘politique’ et donc de la négociation ou médiation, qui est reconnue (cfr Van Rompuy, par exemple), mais qui est culture de ‘négociants’ (je te donne ça, tu…), donc non clairement rationnelle ; et les réseaux ‘apparents’ (les piliers parti-syndicat-mutuelle) couvrent des réseaux cachés que nous connaissons… de par la rumeur : le PS ? la franc-maçonnerie ; le MR-libéraux ? Idem ; la social-démocratie ? la hiérarchie ecclésiastique et l’Opus Dei… Cette culture ‘belge’ se retrouve dans les groupuscules, anciens ou nouveaux, où des réseaux se créent sans se manifester, se structurer, amenant à des querelles de ’boutiquiers’. C’est à elle que vous vous confrontez, non ? Et c’est très désespérant quand on a cru (comme moi !) à la dynamique participative. On devine un plafond de verre. Et le seul espoir est le rapport de force quasi émeutier (symboliquement) pour faire reculer les ‘barons’ et les baronies…
    De ce point de départ, votre développement est presque anodin. Ne cherchez pas à pleurer sur la puissance d’une oligarchie. C’est aussi un tigre de papier et c’est aussi un monstre impérial qui s’écroule.
    En fait, je crois à la nécessité d’un meneur, qui vient quand le moment est là. C’est un autre débat.

    1. moi aussi je crois à la nécessité d’un meneur mais je me connais dès qu’il sera là je crains de me retrouver dans le camp des anarchistes… on ne se change pas si facilement

      1. Si ce meneur crée les conditions d’une majorité démocratique (un groupe fidèle de base, et un programme qui rencontre les besoins déterminants d’une majorité) il devrait pouvoir dépasser et peut-être convaincre ceux qui n’aiment pas le pouvoir et ceux qui doutent un peu du programme mais. S’il inspire confiance et si la manipulation n’est pas évidente. Les réfractaires anarchistes et autres, il y en aura toujours. Mais très peu en Belgique, bien plus en France, question de culture encore (sans doute culture problématique du chef et du désir pulsionnel de lui couper le cou … ).

      2. Chablan ( ce cha n’attrape aucune souris)

        je crois à la nécessité d’un meneur

        Manque que ça, un meneur (tiens pas une meneuse?, ici en Frankreich, nous en avons UNE)

        Comment dit-on en Allemand un meneur, un guide, un chef, et en Italien, et en Roumain, et en Russe, et en flamand?

        Guy weets :

        je crois à la nécessité d’un meneur,

        Un meneur, ouais, tiens c’est ainsi que l’on appelle le chef du troupeau chez les moutons, en général c’est un bélier, faut c’qui faut.
        Manquait plus que ça.

  8. « Pour ceux qui tentent de s’opposer à la folie actuelle, un ensemble de valeurs ne font pas une idéologie. »

    Non, mais quelques mesures claires, ou obsessions, peuvent donner le cap.
    Et l’on ne navigue plus du tout à vue, il faut l’admettre. D’ailleurs l’a t-on déjà fait?

    Justice sociale: Point d’alliance à l’intérieur, et à l’extérieur des frontières (notre impacte négative),
    Prise de conscience écologique sans précédent
    etc…

  9. Ce n’est pas de programme dont nous avons besoin.

    Il faut sortir pour une part du systémique. Ce systémique qui consiste à faire reposer l’évolution humaine sur un système sur lequel on n’a plus prise. (Système ne reposant d’ailleurs sur aucune réalité et n’étant que le plus bas dénominateur commun , la voie semblant la plus facilequi se révèle de plus en plus illusoire)

    Ce fonctionnement systémique a éliminé toute possibilité d’intervention humaine directe et de planification ; dit autrement, toute possibilité d’analyse globale et d’action politique de projet.(TINA)

    Par exemple les très grandes villes ont bétonnées des processus de production, de transports, des modalités de travail et des modes de vie qu’on ne peut aujourd’hui que subir. Nous sommes dans le monde du macro , et de décisions verticales qui s’imposent à nous .

    Par exemple nous désignons des dirigeants, mais nous ne décidons jamais directement des structures et des orientations . Vous votez droite,gauche ou FN aux départementales mais ce que sont les départements , comment ils fonctionnent , le rôle des élus etc jamais vous n’y avez accès.

    Par exemple l’économie et la finance, vous pouvez faire des projections , des analyses , des prévisions , des propositions , mais ces processus sont comme un automate complexe qu’on ne peut réellement comprendre et diriger du fait de l’absence de projet politique…

    Du fait de la démographie et des pouvoir de pollution qui sont aujourd’hui les nôtres, ce systémique ne nous enrichit plus, il nous détruit.
    La seule piste est la réinjection de l’analyse globale et du projet en rééquilibrant d’urgence les choses :
    Sans rompre avec la mondialisation parce que c’est impossible, il faut impulser des politiques de développement local ; organiser la migration d’une partie des populations urbaines vers des entités locales entièrement à créer ; ces entités ne prendraient leurs ordres qu’ au local dans l’élaboration de projets économique , sociaux , culturels , écologiques croisés , transversaux. Ces projets étant réfléchis et décidés par les acteurs locaux eux-mêmes. Les populations restant dans les villes pourraient plus aisément les réaménager, y créer des espaces de production , artisanaux et agricoles , etc etc
    En ville comme en milieu rural (en sachant que le sens de ces concepts évolueraient) , la démocratie représentative , la désignation de représentants pour gérer les affaires publiques devront être obligatoirement rééquilibré par des processus de réflexions et décisions publiques directes définissant le structurant , les orientations. ( voie du référendum)

    Bref un projet national, européen et mondial, de relocalisation, de démocratisation de la démocratie . Un projet substituant le marché, par l’humain et l’écologique, on passe d’un système d’exploitation du monde qu’en définitive on subit à une société qui s’organise et aménage et qu’on dirige en partie .
    Une société fondée sur l’automatisme de l’économique a besoin de spécialisations, de métropoles, d’industrialisation des campagnes, de transports incessants d’hommes et marchandises ….Et d’une démocratie représentative gérant ce système ; pour humaniser et écologiser on a besoin d’un vaste plan de réaménagement du territoire et de démocratie directe, les acteurs, même s’ils continuent à déléguer la gestion, fixant eux-mêmes les grandes orientations .
    Cette sortie du systémique devra être financé en partie par les acteurs économiques profitant actuellement du système ; leur consentement à participer financièrement via l’impôt à un tel projet (soutiens à la relocalisation) reposera sur la conscience (qu’il faut activer) de l’écroulement prévisible du monde tel qu’il va.
    Cette notion de projet et donc d’analyse globale et de planification à long terme est essentielle pour espérer pouvoir sortir de la gestion court terme ; ne pouvant plus reposer sur des planifications type le communisme à l’ancienne , seule l’activation d’échelons de proximité, d’entités territoriales locales planifiées par les acteurs eux-mêmes grâce à des processus démocratiques de réflexion et action collective ,peut laisser espérer autre chose.
    Les modalités institutionnelles de ces actions de relocalisation pourraient être l’expérimentation. On sort en effet du domaine de la concurrence et de la productivité pour rentrer dans la coopération et le projet collectif. La rupture est trop grande et non rentable à court terme, ce qui suppose un appui fort du national et de l’Europe sur cette expérimentation .

    1. J’adhère à ce que vous dites

      Je suis tenté de faire un parallèle avec les catastrophes
      Dans celle de Germanwings, on s’aperçoit avec horreur et sidération qu’on a mis un maillon faible dans le cockpit.
      Ce qui pose (au moins) deux questions
      1) Peut-on diriger un avion « démocratiquement » ? Non bien sur
      2) On voit la différence entre gouverner et diriger. Ce que l’on demande au pilote c’est de gouverner, tenir le cap. Mais ce n’est pas lui qui décide de la destination ou du timing

      En politique aussi l’on s’aperçoit de temps à autre qu’on a mis un maillon faible dans le cockpit (G. Bush, Berlusconi, DSK de justesse..). Et l’on serait bien avisés de demander aux politiques de NE PAS faire de politique, mais juste de gouverner selon une feuille de route sous contrôle démocratique

      Dans la finance; les patrons de Goldman Sachs, Alan Greenspan, B Madoff, …

      Dans la justice; l’affaire d’Outreau, le directeur d’école pédophile de Villefontaine…

      Dans le nucléaire; les patrons de Tepco et certains dirigeants japonais

      Dans la gouvernance européenne (mettez les noms que vous voudrez)

      Alors pour faire face à ces « accidents » on est tenté de mettre en place des procédures, des lois, des contrôles, des traités qui doivent contraindre et contenir les faiblesses des hommes. D’où ce fameux effet cliquet.
      A noter d’ailleurs que cet effet cliquet n’est pas mauvais en soi. Par ex quand il s’agit des acquis sociaux; qui songerait à revenir à l’esclavage ?

      Mais un autre problème apparait, c’est le mur de la complexité, qui réclame toujours plus de lois, plus de contrôles, plus de dirigisme et moins de démocratie sans éliminer pour autant le risque du maillon faible, et accroît un peu plus la complexité.

      D’où la nécessite comme vous le dites, de revenir à des échelles plus petites, davantage maîtrisables, humainement viables, ou s’expriment les choix et les sensibilités

      Cela pose bien sur la question chère à Deleuze du territoire, et donc des frontières

      Les modalités institutionnelles de ces actions de relocalisation pourraient être l’expérimentation

      Tout à fait d’accord. Il est grand temps d’expérimenter autre chose, localement.
      La difficulté étant d’éviter les tendances sécessionnistes aux couleurs de replis identitaire, ou une régionalisation à marche forcée du type européen.

      1. Mais un autre problème apparait, c’est le mur de la complexité, qui réclame toujours plus de lois, plus de contrôles, plus de dirigisme et moins de démocratie sans éliminer pour autant le risque du maillon faible, et accroît un peu plus la complexité.

        Oui, mais non! Si c’est si complexe c’est peut être que le problème est mal posé.
        Si, par exemple, la finalité du système c’est le profit, on est bien parti pour accumuler les problèmes!…

      2. Ce processus de réappropriation de la décision publique directement par les citoyens , reposant sur la distinction entre la gestion confiée à des représentant , les problèmes techniques à des experts et le nécessaire processus de réflexion globale sur la société et débat public de qualité adossé à la décision référendaire quant au choix des orientations et éléments structurant de la société , a ce gros handicap qu’il n’est ni pensé, ni souhaité , la démocratie s’assimilant à cet abus de pouvoir permanent des représentants et au jeu d’appareils .
        De même , et une chose va avec l’autre , il est de l’ordre de l’impensable de réaménager le territoire afin de trouver un équilibre entre les échelons de proximité et l’échelon national , européen et mondial.
        Hors comment se passer du nucléaire et du gaz de schiste si localement on ne s’est pas organisé dans l’alternative?
        Nous ne possédons que l’échelon macro , que le systémique , que la gestion représentative et son pendant ; les lobbys et le rapport de force .
        On est assez mal barré.

      3. @ Merlinll
        Non, Il n’y avait pas de maillon faible dans le cockpitt de l’airbus. Le maillon faible est celui qui a permis qu’un seul homme, sous couvert de haute technologie (estimée plus fiable que l’humain) puisse se retrouver aux commande, pendant que son supérieur était aux chiotte, sans penser que tout deux n’étaient que des hommes…
        Quand la confiance en la machine est supérieure à celle que l’on accorde aux humain pour veiller sur leur propre sécurité, le danger devient nécessairement plus grand.
        Nos machines technologiques, nos découvertes scientifiques, même si effectivement elles font merveille, ne produisent nulle perfection qui justifient qu’on puisse les considérer comme des aboutissements aptes à se substituer à l’homme ou à ses choix.
        Elle doivent conserver pour chacun un caractère perfectible, comme de simples outils de fabrication humaine.
        Nous sommes tous des maillons faibles potentiels ou avérés… Les super héros n’existent pas!
        A mesure que dans toute action, l’engagement humain diminue, la responsabilité des hommes s’affaiblit, et le danger de le voir réduit en esclavage augmente.
        Pour garder le contrôle, le mieux est de ne point s’en laisser déposséder pour le confier à (soi-disant) meilleur que soi, homme ou machine.
        Je me souviens assez bien du tollé qu’avait soulevé la mise en service de l’Airbus auprès des navigants d’alors, l’argument de la sécurité avait alors largement débattu, puisqu’il s’agissait de supprimer le troisième membre de l’équipage… On voit donc bien que le rendement a malgré tout prévalu finalement sur la sécurité… Ensuite le passage au low-cost a fait le reste: équipages constituées à la hâte de membres disponibles sur site à l’instant « t », flux tendu, course aux primes, temps de repos insuffisants, inhumanité des conditions de travail, solitude…
        Même les pilotes passionnés par leur métier et apparemment solides ont besoin de partager entre collègues!
        Mais comment faire quand on en change toutes les deux heures?

        Pour changer de sujet (et encore, je ne suis pas sûr!), J’ai regardé CSOJ, avec encore une fois, un sujet passionnant, sur un sujet cher à certains sur ce forum: La propriété privée…(enfin seulement celle de son propre corps!).
        Je pense qu’en matière d’éthique médicale, il y a quelques motifs d’inquiétude qui chauffent en arrière boutique…
        Serions nous bientôt, mes chers amis, pour la science universelle et bien pensante, à notre mort (voire même avant?), qu’un simple tas de greffons potentiels à réquisitionner selon les besoin du marché par voie légale pour sauver notre prochain…
        Riche idée, qui pourrait valablement justifier que le sang des donneurs bénévole ne soit transfusé qu’aux donneurs bénévoles certifiés, et pour les égoistes qui ne donnent pas?
        Rien. Où si, mais alors non chauffé, hein!
        Je sens que je vais bientôt refuser de donner mon sang, moi!
        A plus, Eric.

      4. Non, Il n’y avait pas de maillon faible dans le cockpitt de l’airbus.

        Il me vient des questions naïves:

        Que nous apporte le transport aérien ?

  10. Marx était un destructeur d’idéologies, et en particulier de celle qui se constituait à son voisinage immédiat. Cela n’a certes pas empêché qu’une idéologie se constitue en son nom, ni même qu’il n’y prêta pas le flan, de n’avoir pas résolu toutes les contradictions qu’il a posées et notamment celle entre démocratie et État.

    Extraits :
    Lettre à Ruge mai 1843
    « La dignité personnelle de l’homme, la liberté, il faudrait d’abord la réveiller dans la poitrine de ces hommes. Seul ce sentiment qui, avec les Grecs, disparaît de ce monde, et qui, avec le christianisme, s’évanouit dans l’azur vaporeux du ciel, peut à nouveau faire de la société une communauté des hommes, pour atteindre à leurs fins les plus élevées : un État démocratique. »
    (source : http://www.karlmarx.fr/marx-correspondance-ruge.php )

    Idéologie allemande 1845 (passage contre Feuerbach)
    « La contradiction entre la personnalité du prolétaire en particulier, et les conditions de vie qui lui sont imposées, c’est-à-dire le travail, lui apparaît à lui-même, d’autant plus qu’il a déjà été sacrifié dès sa prime jeunesse et qu’il n’aura jamais la chance d’arriver dans le cadre de sa classe aux conditions qui le feraient passer dans une autre classe. Donc, tandis que les serfs fugitifs ne voulaient que développer librement leurs conditions d’existence déjà établies et les faire valoir, mais ne parvenaient en dernière instance qu’au travail libre, les prolétaires, eux, doivent, s’ils veulent s’affirmer en valeur en tant que personne, abolir leur propre condition d’existence antérieure, laquelle est, en même temps, celle de toute la société jusqu’à nos jours, je veux dire, abolir le travail. Ils se trouvent, de ce fait, en opposition directe avec la forme que les individus de la société ont jusqu’à présent choisie pour expression d’ensemble, c’est-à-dire en opposition avec l’État et il leur faut renverser cet État pour réaliser leur personnalité. »
    (source : https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000e.htm )

  11. « La démocratie n’est pas (plus ?) une méthode, c’est un cadre qu’il faut construire et qui doit défendre chacun contre la prédation d’autrui, permettre aux individus de s’exprimer et de s’épanouir sans être dans un système de rapports de forces permanent, et enfin d’exprimer à intervalle régulier des choix collectifs dans un débat public éclairé, avec des politiques qui reflètent réellement les choix effectués. »
    Pas de prédation , s’exprimer , s’épanouir hors rapports de force , choix collectifs lors d’assemblées (éclairées j’espère …) et politiques mises en oeuvre qui reflètent les choix effectués ,
    ça se passe à Notre Dame des Landes depuis des années maintenant .
    Et c’est marrant , c’est en train de se répandre comme la vérole sur le bas-clergé breton au 19ème siècle …

  12. Merci pour la mise au point, Michel.
    J’ajoute un élément qui m’a frappé au sein de l’expérience Tout Autre Chose, vécue également de l’intérieur : la frustration créée chez certains citoyens qui se rendent aux tables rondes et discussions, et voient leur parole effective non prise en compte, ou rognée pour entrer dans les cases et le lexique pensés a priori par quelques têtes pensantes. Ce simulacre de « création collective » crée, à nouveau, son lot de déçus, qui finiront par jurer qu’on ne les y reprendra plus.

  13. Merci d ce retour d expérience. Dans le milieu Ariane espace, les ingénieurs utilisent couramment les REX, pour améliorer leur résultats et leur organisation. Ils appliquent une méthode, pour améliorer leurs méthode. Et j ai l intuition profonde que c est cette démarche METHODIQUE, qui manque a l exercice de la politique contemporaine, comme si l art politique… Était et devait rester un art, la technique étant du ressort des petites mains technocrates!!

    Tous ces individus, tous ces groupes qui rêvent de construire quelque chose ensembles doivent (je fais pas dans la dentelle… J exprime mon point de vue!😉) s inspirer de de qui marche. Et ce qui fonctionne assez (trop!) efficacement, ce sont les entreprises, et encore mieux les nouvelles entreprises collaboratives.

    Même si les objectifs de ces entreprises sont a la fois plus simple a réaliser et plus simple a définir, que les objectifs politiques dans une période de transition de société, il me semble nécessaire de construire une tentative de regroupement politique sur la base:d une constituante essentiellement méthodologique, et de se doter des meilleurs outils adaptes.

    Et nous avons une grande chance avec internet : nous avons la capacité de déployer un outil a grand echelle qui permette de construire un contenu solide et très largement soutenu, par exemple, d entrée de jeu au niveau européen. Wikipedia est l exemple:de ce qui est possible de réaliser. C est possible dans l univers de la politique et c est mon sens la seule voie qui permette de construire une nouvelle démocratie beaucoup plus directe et populaire.

    Cela:peut paraitre gentillet, ou naif, comme position, et tout imprégné de techno croyance geeks. En verite c est la constante conclusion de ma réflexion sur le thème politique depuis une vingtaine d années. C est aussi la conclusion de mon intérêt et de mon suivi régulier de tous les outils de décision collabortives. Depuis 20 ans. Le temps est arrive. Le temps est notamment arrive d utiliser la puissance algorithmique pour mettre en oeuvre des algoythmes d auto-modertion d un groupe par lui même. C est un des gros soucis que pose la montée en puissance, par la participation dun grand nombre : comment gérer la modération a un coût réaliste. Il y a des solutions qui émergent de la pratique des forums internet.

    Donc, de manière concrète, je serai partant pour participer ou co organiser un:cycle de réunions en région parisienne sur ce thème précis : quelles méthodes et quels outils mettre en oeuvre pour fonder une démocratie directe a l échelle européenne!?
    Dans l esprit d un groupe de travail OPEN SOURCE et dans le but de construire une solution concrète, opertionnelle, en tentant de rassembler une petite partie de toutes ces énergies qui s separpillent , ou dirais je s egosillent en réunion et palabres ou les égos ont encore un peu trop voix au chapitre! Et peut être quelques financements aussi!

    …?et avec méthode! Sourires!

    M’y 2 cents.

    1. quelles méthodes et quels outils mettre en œuvre pour fonder une démocratie directe a l échelle européenne! ?

      C’est bien de viser haut, mais il y a la barrière de la langue
      Je suis plus enclin à m’impliquer au niveau local d’abord, comme le propose Di Girolamo (plus haut)
      Sans compter l’effet « usine à gaz »

    2. Et ce qui fonctionne assez (trop!) efficacement, ce sont les entreprises, et encore mieux les nouvelles entreprises collaboratives.

      Même si les objectifs de ces entreprises sont a la fois plus simple a réaliser et plus simple a définir, que les objectifs politiques dans une période de transition de société, il me semble nécessaire de construire une tentative de regroupement politique sur la base:d une constituante essentiellement méthodologique, et de se doter des meilleurs outils adaptes.

      + 1000

      Exemple: la coopérative de Mondragon

      Imaginez une telle organisation à l’échelle de la Nation, en attendant plus grande échelle.

      Imaginez que cette organisation détienne les Ressources essentielles, imaginez tout ce qu’il serait possible de faire, démocratiquement, en respectant les individus et la nature !…

      Il me semble parfois que le plus gros problème, c’est peut être de le comprendre.

  14. Face à cette efficacité organisationnelle de l’oligarchie dominante, la vision de la démocratie qui construit un programme à partir des apports de ces citoyens me semble aujourd’hui inopérante. Elle conduit au mieux à un système de plus petits communs dénominateurs qui n’ont que peu de poids face à la parole des nombreux experts au service de l’oligarchie dominante. Le discours sonne creux, il n’est pas cohérent, il n’est pas en mesure de changer les rapports de forces qui devraient être l’enjeu essentiel de la politique

    Il me semble que une solution a ce problème peut venir d un saut d échelle,:autrement dit que le problème soulève tient plus a la modalite de mise en oeuvre qu au principe de rassembler.

    – si on met 30 personne dans une pièce pendant une soirée pour sortir un programme, on aura probablement un résultat léger et potentiellement tronque par les personnalités les plus influentes.

    – si on propose a 300 millions de personnes de construire brique a brique, maison par maison, quartier par quartier, une nouvelle:ville virtuelle, chacune pouvant apporter sa contribution en fonction de ses compétences, au: bout du compte on aura un ensemble:de propositions couvrant un large spectre.

    L:effet du nombre est de donner moins d impact aux égos des un et des autres et de pouvoir étayer, critiquer, compléter. Dans le domaine de la presse l ouverture des articles de journalistes aux commentaires a largement modifie le pouvoir des journalistes, même si ces forums sont peu opertionnels. dans l état actuel de leur conception et réalisations.

    L:effet du nombre est statistiquement de permettre de dégager des consensus de qualite. Bon, il y:aurait des études a faire, a passer en revue sur ce thème, mais globalement, ce dont se sert Google pour évaluer la:qualité des sites est par exemple de prendre en compte le nombre de consultations, la fréquence, la durée de lecture etc.. Statistiquement a la moulinettes de millions ou milliards ça se tient, en gros! Dans la plusoart des cas.

    Donc il faut maintenant a la fois faire beaucoup mieux et introduire cela en politique.

    Et on peut même prévoir un mécanisme d arbitrage ensuite des ressources en fonction de priorites. Et des fonctions de constitution de commissions de représentants en chair et en os bien bien plus transparents.

    Il y a une vraie puissance du nombre, du peuple, potentiellement.
    Cette puissance c est exprimée de manière révolutionnaire en politique.
    De manière:terrible pendant les: guerres.
    Domptée par la publicité de masse, cette puissance fait la puissance des grandes entreprises multinational les.
    Cette puissance du peuple, fait aussi la puissance des nouvelles entreprises du web comme Google, dont le job est de mettre ‘a notre service cette puissance de tous, grâce. Ses calculateurs et: ses algorithme. Ce:sont nos clics a tous qui alimentent ces algorithmes et produisent la:qualité des résultats de nos recherches.

    Ce potentiel de puissance politique du peuple peut être déclenche, active, a condition que des groupes se mettent a construire le nécessaire catalyseur… Petit clin d oeil a la thermodynamique de François Roddier, selon une recette classique qui a fait ses preuves chez Google et wikipedia mais avec une pincée nouvelle :: celle du:crowd funding,:histoire de financer ces outils de manière indépendante.

    D ailleurs de vous a moi, je me demande pourquoi goole n’est pas deja sur le coup!!

    1. Ce:sont nos clics a tous qui alimentent ces algorithmes et produisent la:qualité des résultats de nos recherches.

      J’ai du mal comprendre. Vous voulez changer le monde avec des clics ??

    2. Google et d’autres utilisent déjà des petits génies qui savent faire transpirer le big data , mais apparemment , au moins de façon affichée ,ça n’a pas encore permis de préfigurer le meilleur des mondes . Ou alors ,on n’ose pas en révéler les conditions .

    3. @ roberto man

      – si on propose a 300 millions de personnes de construire brique a brique, maison par maison, quartier par quartier, une nouvelle:ville virtuelle, chacune pouvant apporter sa contribution en fonction de ses compétences, au: bout du compte on aura un ensemble:de propositions couvrant un large spectre.

      Bien voilà, puisque nous n’en sommes qu’au stade de l’élaboration d’une boîte à outils, construisons une ville sur le blog de P. Jorion, s’il est d’accord : JORIONVILLE.

      1. Rassuréz vous :: la créativité est inégalement repartie dans la population… Il n y aurait pas 300 millions de propositions.. Et parmi les 100 aines de propositions qui pourraient émerger, la fonction d une plate forme est d’agreger les avis et plus subtile, les positions nuancees des uns et des autres, pour faire émerger la dizaine de proposition clés, du coup fortement soutenues.

        Bah… Je désespéré pas : ce genre de chose emergera et prendra corps au Brezil… Dans un :pays ou la tradition a moins de poids et d inertie sur les esprits au en France.

      2. Tout ça pour dire que pour ce qui nous intéresse , je crois davantage à la mise en ligne partagée des expériences réussies de terrain , qu’à la remontée de « propositions » .

  15. Merci à Michel Leis pour le compte-rendu de son expérience, qui est aussi celle que beaucoup d’entre nous ont faite, ces derniers temps, avec des groupes divers. Nous sommes certainement plusieurs dizaines de millions, en Europe, à désirer ardemment nous unir pour susciter une autre politique. Au-delà de l’obstacle régulièrement rencontré — les dents longues de candidats à la représentation d’un nouveau « peuple de gauche » –, le plus grand me paraît être l’inexistence d’un consensus minimum et donc d’un possible élan commun.
    Car je suis régulièrement stupéfaite de voir des gens qui, en général, adhèrent aux critiques du néo-libéralisme (disons, pour aller vite, aux idées de Jorion et ses semblables), les oublier dès qu’ils sont appelés à voter. Comme si ces idées ne portaient pas à conséquence. Comme si, soudain, c’était être un aventurier populiste que de voter en s’en souvenant. Cela conduirait à susciter à gauche des partis « Aube dorée » (je le dis pour la poésie du nom) .
    Il en va ainsi pour le choix fondamental d’une orientation de l’économie et de la finance. Mais sur le reste, la démocratie, la représentation, la laïcité, la liberté d’expression, etc…, le dissensus est aussi profond. Et il s’accompagne d’une véritable hargne de chacun à défendre ses multiples positions, si bien qu’il est particulièrement difficile, ces temps-ci, de conserver un nombre raisonnable d’amis, sans même évoquer le projet chimérique de constituer une force politique d’alternance.
    Pour l’instant, je suis bien obligée d’en conclure que nous sommes pris dans un orage énorme, qui fait de millions d’opposants potentiels au néolibéralisme actuel autant d’individus exaspérés, et prêts à accuser leurs semblables en politique, à être « la » cause de la branlée politique que nous prenons. En ce jour d’élection française où certains de mes proches me fuient parce que, sans avoir à me le demander, ils savent que je n’irai pas voter UMP dans mon canton de Marseille, et où je vais renouer avec un autre qui me bat froid à propos de l’interprétation des manifestations pro-Charlie en janvier, je lis Michel Leis avec tristesse, prête néanmoins à sauter sur la moindre occasion d’espérer et d’agir, à quelque échelon que ce soit, y compris dans ma rue.

    1. « …prête néanmoins à sauter sur la moindre occasion d’espérer et d’agir, à quelque échelon que ce soit, y compris dans ma rue. »
      Ya pas une ZAD dans votre coin ?

    2. Vous avez raison Jeanne sur tout, et je m’apprête moi-même à refuser le vote pour les candidats UMP de mon secteur…
      La bonne question est pourquoi ce qu’on appelle la gauche (y compris celle avec qui je suis d’accord sur presque tout, n’arrive jamais à obtenir un consensus sur un programme politique minimum (et durable).
      Un exemple parmi tant d’autres : la laïcité pour le laquelle le débat entre nous atteint souvent le point Godwin!
      De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la droite n’a jamais autant de problèmes pour s’unir.
      En tout cas bravo à Michel Leis dont je soutiens l’analyse (et si possible l’initiative) sans trop y croire.

      1. « les chants désespérés sont les chants les plus beaux ,
        et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots »…..

        Dans la même veine , il y a aussi Guillaume 1er d’Orange-Nassau , un « meneur » un peu étrange .

      2. SAUF QUE: depuis 1905 la laïcité est consubstantielle de la République, cessons d’abord de pratiquer [ou d’accepter que l’on pratique…] : « Tricherie, Mensonge, Corruption(s), Cynisme » avec cette guimauve qui nous sert d’excuse: la Bonne Conscience, alors que nous prétendons et enseignons que nos principes sont :  » LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ».

        Étonnez-vous, après ça, que les enfants et les citoyens de la République ne soient pas schizophrènes, un peu [beaucoup] « paumés » et en perte de repères.

        La sémantique nécessite un sérieux ravalement de façade et les cervelles de nos dirigeants une sérieuse toilette de printemps

    3. J’en profte pour signaler que l’édition augmentée de votre livre « Commment produire une crise mondiale avec douze petits dessins » est dispo en librairie.

  16. Comme on me l’a jadis fait remarqué, « darwinisme » n’est sans doute pas le mot exact dans ce contexte (même si c’est bien celui utilisé couramment, ce qui ne rend pas justice à ce pauvre Charles qui n’en demandait pas tant) car Darwin a de son vivant vivement combattu l’idée que sa théorie puisse être détournée pour analyser le fait social humain. C’est plutôt à H. Spencer qu’il faudrait attribuer cette notion considérée comme le terreau d’idéologies telles que l’eugénisme ou le nazisme (source).

  17. Reconstruire la politique ? D’où venez-vous pour poser une question aussi impie ? Merci pour cette belle histoire belge autour de l’expression quasi inutilisée en France de « Retour d’expérience » ! Si les énarques et leurs amis politiques et administratifs se laissaient aller à observer et analyser leurs propres expériences pour en tirer quelques enseignements, ça se saurait ! En fait tout est déjà dit et répété dans différent billets de ce blog. Encore faut-il avoir suffisamment d’intérêt pour la chose publique, les Lumières, la Démocratie, la République et l’intérêt général.

    « Le climato-scepticisme nous excuse par avance de nos échecs, par Valentin Przyluski »

    « À partir du moment où toute responsabilité est écartée, tout mécanisme de maitrise et de contrôle est peu acceptable car il est injuste et surtout inefficace (sa causalité étant incon-nue). »
    Et sa conclusion : « Le danger de cette désinvolture est qu’elle se montre permissive devant nos échecs. Il y a là un culte de l’excuse à titre préventif, pour repousser la nécessité de vouloir et d’essayer…. Mais c’est trop d’honneur de réfuter les moyens et la fin avancés quand les hypothèses fondant le raisonnement sont fausses sur le plan scientifique. Il est intéressant d’ailleurs que les promoteurs de la science économique trouvent à redire à la science clima-tique. Je m’abstiendrai du jeu des comparaisons … »

    Ben non, nous ne nous abstenons pas du jeu des comparaisons ! Vous ne semblez pas réaliser qu’analyser une expérience peut conduire à enregistrer ses échecs ? Ce n’est pas en France que l’Aristocratie se laissera aller à de telles dérives ! Pourquoi pas une « Nuit du 4 août » avec une « nouvelle » dissolution des privilèges ? Tout a été dit dans « L’étrange défaite » de Marc Bloch, autopsie douloureuse à chaud. Les arguments sont réutilisables ad nauseam.

  18. En effet M.LEIS, voilà le premier piège dans lequel tombe tout nouveau mouvement.
    Par quoi faut-il commencer?
    Un ennemi commun?
    Une vision commune?
    Un socle commun de valeurs?
    Puis tailler et retailler pour ne pas fâcher tel ou tel mouvement jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’énergie dans le texte…
    A mon échelle, selon les périodes, ma hiérarchie des valeurs évolue… alors à grande échelle. C’est trop difficile
    Je me dis que ces mouvement devraient surtout imaginer un système et se concentrer sur le lien entre les individus plus que sur le contenu ( principes, croyances, morale,
    Comment permettre à tous de vivre librement, de faire avancer ses idées depuis le comité invisible jusqu’au FN en passant par Dieudonné?
    Les plus riches s’organisent plutôt bien entre eux car ils ont un système taillé pour eux… et dans lequel nous n’avons aucune chance.
    Je viens d’être élu pour faire parti de l’assemblée représentative m6r et dans mon texte de présentation, j’ai mis Paul Jorion dans mes influences. Je suis partagé entre espoir et réserve mais vais jouer le jeu et tenter de ne pas arriver les mains vides.
    Je ne compte utiliser ce blog comme l’avait pensé Paul Jorion, en réservoir d’idées et chercher ce qui pourrait être utilisé pour organiser ce lien entre nous, êtres humains vivants.
    Il me semble évident qu’un seul système pouvant s’appliquer aux hypers géants comme aux tout petits est une utopie. Je me limiterai donc à chercher comment vivre entre petits aussi différents que nous puissions être.
    Je présenterai ça sur http://www.antiparti.fr

  19. Bonjour. La démocratie est effectivement bien malade. Le symptôme le plus visible de cette crise est la pratique univoque des grands médias, quand le débat devrait prévaloir. Les médias, aux mains de l’oligarchie et idéologiquement déterminés, nous offrent la caricature de ce que devrait être un monde « surinformé ». Nous sommes sous informés bien que gavés d’infos. Il faudrait donc à mon sens retrouver un cadre national pour rendre au débat public et à la décision démocratique sa pertinence avec, de toute urgence, la restitution de la sphère médiatique aux différents courants de pensée. Avec des élites formatées par nos « grandes écoles » et des médias qui en sont l’expression, devant la faillite de « partis de gouvernement » qui appliquent imperturbablement la même politique une fois aux affaires, l’urgence pourrait être de sortir de cette Europe mortifère, de son euro, et de rendre à notre pays sa liberté et son indépendance. Après seulement, la recherche d’un consensus politique autour d’une ou de plusieurs stratégies serait possible. Dans la mesure où le peuple européen n’existe pas, il est vain de courir après une démocratie européenne. Petite précision: la sortie de l’Euro et de l’Europe ne figure pas dans le programme officiel du FN. L’avenir passera forcément par la nation. Imaginer le contraire est s’illusionner sur cette calamiteuse construction européenne. A moins que les faits ne prouvent un jour le contraire. Mais quand? (précision: je suis un homme « de gauche », qui s’inscrit contre les politiques actuelles)

    1. Petite précision: la sortie de l’Euro et de l’Europe ne figure pas dans le programme officiel du FN.

      Un conseil: évitez les précisions, même petites.
      Non seulement la sortie mais bien la fin de l’euro sont dans le programme frontiste. C’est même sous les lumières du défunt – mais regretté – éclairagiste Milton Friedman que la Marine ouvrait ce qui constituait la grande scène du IV de sa bouillie pour chiens programmatique.
      http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/redressement-economique-et-social/euro/

      1. Je reprends ma réponse à M. Vigneron qui n’a pas été retenue. Le FN ne décide pas de sortir de l’Euro et de l’Europe, mais de négocier les modalités éventuelles de ces décisions avec des partenaires plus ou moins décidés à entrer dans ce type de deal. C’est donc de l’enfumage. On sort, ou on reste. La décision doit être franche et claire, et non dépendre de brumeuses discussions diplomatiques que nul ne maîtrise. Voilà le type même de promesse démagogique qui peut déboucher sur n’importe quoi. M. Vigneron, évitez de donner des conseils, même petits. Dialoguez, cela suffit. Cordialement.

    2. « la sortie de l’Euro et de l’Europe ne figure pas dans le programme officiel du FN. »
      partiellement correct: la sortie de l’Euro fait partie du programme FN mais pas la sortie de l’Europe.
      Ce ne me semble pas déraisonnable. la coexistence de l ‘ECU et des monnaies nationales aurait pu être amélioré plutôt que de créer un Euro commun.

  20. Je le répète inlassablement, et ne peux l’éviter sur ce fil.

    Que le peuple reprenne le pouvoir à l’oligarchie, est essentiel.

    le Pouvoir EST dans la Propriété des Ressources, du Capital.

    La gestion des Ressources (le Capital, le Territoire, les grandes entreprises,…) doit être collective, pour servir des objectifs sociaux et écologiques. Et non plus servir le profit financier d’une minorité de possédants.

    La propriété privée doit être remplacée par le droit d’usage privé.

    La rente (Dividendes, loyers…) de la Propriété devenue collective, reviendrait à la collectivité, capable ainsi de financer toutes sortes de projets…

    Ceci ne s’oppose ni à l’entreprise privée, ni à la rémunération individuelle fonction du travail et des talents. Seul l’objectif change.

    De plus, sans impératif de profit financier, la croissance n’aurait plus de raison d’être!

    1. @ Dominique Gagnot 29 mars 2015 à 10:12

      Que le peuple reprenne le pouvoir à l’oligarchie, est essentiel.

      Soit, mais comment exercer le pouvoir ? En le confiant démocratiquement à une oligarchie qui en remplacerait toute une série d’autres pourtant mises en place par voie démocratique et acculées politiquement et physiquement dans une impasse

      http://www.noocafe.com/a-noo/attracteurs.htm#intention_but

      Finalité du politique : la PAIX
      Le but de la politique n’est pas de faire le bonheur de la société.
      Le but de la politique est de mettre en place les meilleures conditions pour que les diverses communautés de vie constituant cette société, puissent y bâtir librement leur bonheur propre, comme elles l’entendent.
      La fonction centrale de la politique est donc logistique, et rien d’autre : le bonheur de la société n’est pas son problème.
      Le seul rôle du politique
      L’Etat ne doit pas avoir le pouvoir de régenter, de réglementer, de forcer nos vies privées. Le seul rôle du politique est de faciliter la lutte contre la violence, sans rien violenter. Les Etats omniprésents, voulant tout contrôler, tout organiser, tout financer ont perdu toute crédibilité.
      L’Etat providence est en faillite et il va entraîner avec lui toute l’économie locale et domestique par vampirisme, s’il ne lui est pas appliqué d’urgence le principe de séparation de l’Etat et de l’Entreprise.

      1. Oui, le devoir de l’État est d’obtenir la paix.

        Que jamais vous n’aurez dans un système injuste par nature.

        Pour le reste, si l’État (je préfère dire le peuple) laisse faire n’importe quoi, c’est l’Argent qui décidera. Non merci, on voit ce que ça donne…

      1. Reste juste à dire comment on fait pour y arriver… un détail sans doute…

        Un détail, oui presque. Voici:

        Imaginez une zone économique fermée (ce qui n’exclue pas les échanges…), comme la France souveraine, dotée d’une Banque centrale, gérant la monnaie nationale.

        Cette banque imprimerait la masse monétaire nécessaire et suffisante pour acheter l’ensemble du Capital physique (les Ressources seulement), situées sur le territoire.

        Les ex-propriétaires privés, pourraient continuer à disposer (ou non, selon la gestion de la collectivité) de ces ressources, à travers un droit d’usage, et non plus d’un droit de propriété.

        Ceci moyennant paiement d’un loyer à la collectivité, ou le versement de dividendes s’il s’agit d’entreprises générant des profits… (sources de revenus considérables pour la collectivité, permettant de financer toutes sortes de projets…)

        J’ai déjà exposé tout cela dans un document… (si la modération accepte… 😉 )

    2. On pourrait s’inspirer du modèle Suisse ou les partis ne sont guère plus qu’une force de proposition. la décision ultime revenant au peuple par le processus de « votation » Avantage suicidaire les suisse se sentent solidaires des décisions prises et en assument la responsabilité

      1. Certains prétendent que le principe de subsidiarité européen est suicidaire , mais jusque là les suisses y avaient échappé .

  21. Stopper la montée de la misère et l’explosion des inégalités nécessite de changer de système économique.
    Arracher le pouvoir à la petite minorité qui nous gouverne nécessite de changer de système politique.
    Limiter les dégâts de la catastrophe écologique qui menace de nous emporter nécessite de changer de mode de production et de consommation.
    Commencer à réaliser ces trois objectifs nécessite de changer de mode de pensée.
    On ne peut pas choisir entre ces quatre priorités, elles doivent être traitées en même temps, même si nous entrons dans le chemin pas à pas.

    Comment espérer qu’il n’y ait pas un peu de tiraillement dans les débuts? Nous devons accepter la diversité et les débats qui en découlent comme une richesse. Mais il faut tourner résolument le dos aux vieilles recettes et aux vieux clivages. Certains citent volontiers Marx. Il avait compris que les clivages, croyants/incroyants, matérialistes/idéalistes, républicains/monarchistes n’étaient plus pertinents pour saisir les problèmes de son temps.

    1. Le Pouvoir de changer (ou non) est à ceux qui détiennent les Ressources, le Capital.

      C’est un fait qu’il convient de rappeler avant tout autre chose, au risque de se perdre.

      1. Bien évidemment, ce point est essentiel. Mais, comme vous le savez certainement, le Capital n’est que du rapport social. Un rapport social qui en dernière instance repose sur la violence. Pour remettre en cause ce rapport social, il faut donc beaucoup de détermination et un grand désir de changement.

      2. Pour remettre en cause ce rapport social, il faut donc beaucoup de détermination et un grand désir de changement.

        Il faut savoir ce que l’on veut!

  22. Créer une plate-forme politique nouvelle, disons un nouveau parti, grande idée. Comme l’a bien compris M. Leis, il faut partir d’une idée « essentielle » et l’habiller un peu, pas commencer par créer le parti avant de savoir à quoi il va servir.
    Un parti a toujours été la création d’un homme (et quelques amis) pour cristalliser une idée à laquelle les gens puissent adhérer, combler un besoin de croire et de faire. Avant même le nom du parti et la définition précise de l’idée de base, il faut un leader charismatique capable de fédérer un courant de pensée. C’est à dire quelqu’un capable, sur son seul nom, de faire renoncer d’eux-même aux gens les infinies variations personnelles de point de vue sur la façon d’atteindre l’objectif.

    Je propose une base de programme très simple, vraiment : dire NON ! aux décisions qui ne vont pas dans le bon sens. Même en dehors des élections, par des manifs en tout genre. La mobilisation massive des militants pour encadrer un refus silencieux de la masse est essentielle.
    Par définition, dire non n’est pas positif en soi, et j’ajoute qu’il ne faut pas proposer de solution alternative toute faite, il faut laisser le système gérer ses incohérences, là le résultat peut être finalement positif. Les hommes politiques professionnels sont là pour proposer des solutions réalisables, et si ce n’est pas bon ce sera encore NON!
    N’importe qui pourrait incarner un parti du NON à condition de savoir parler distinctement, puisqu’il suffit de dire pourquoi, et sans proposer de solution, qui doit émerger du public par un choix ouvert sur un sujet précis.
    Il y a beaucoup de choses, tellement, auxquelles on voudrait dire NON!… ou Non-stop!

    Un parti du NON n’est pas intégrable à un gouvernement, donc en principe moins sensible à la corruption par l’intégration des cadres, quoique, et aux déviances, il faudrait ajouter aux status une clause de suspension pour ceux qui acceptent un poste à responsabilité hors du parti.

    ————-

    Les gens ne sont plus politisé parce qu’il existe une infinité d’institutions qu’il n’est plus nécessaire de recréer, elles ne fonctionnent pas aussi bien qu’on le voudrait mais existent, les gens préfèrent laisser à d’autres le soin de les améliorer « dans le détail ». On ne se bat pas pour un paragraphe.

    Un autre obstacle est le manque d’homogénéité de la population, on a du mal à se reconnaître dans l’autre. Il n’y a plus de misère noire (et on ne s’en plaint pas), il n’y a plus de religion (sauf pour quelques cinglés), il n’y a plus de travail (donc plus de syndicats), qu’est ce qui pourrait encore rassembler beaucoup de gens, derrière quelle idée, et que pourraient-ils exiger (de raisonnable) ?

    Je suis persuadé que le système actuel, qui a en grande partie survécu à la crise de 2008, est en train de s’effondrer lentement et que rien ne pourra arrêter cet effondrement, qui finira, je pense, par une fameuse catastrophe où tout deviendra possible pendant un temps court.

    Plutôt que de créer un parti, option « haute », je pense qu’il faut partir du bas : organiser des circuits, des associations locales d’assistance et de socialisation, pas des clubs mais quelque chose sur le principe des restos du coeur, des circuits parallèles qui s’adressent directement aux gens d’un quartier, d’un village. Beaucoup de ces assos peuvent ensuite s’organiser en fédération et peut-être obtenir un poids politique.
    Voir le post 9 de Di Girolamo pour les détails.
    Ce qui serait important c’est que ce réseau existe et soit structuré quand l’effondrement final se produira, il deviendra alors le modèle solide dont les gens ont besoin et le centre du monde politique.

    1. Je ne crois pas à l’efficacité de dire « non », sans un moyen de pression en rapport.

      Par exemple, comment voulez vous dire non à la précarité, à la misère, etc ?

      Il faut nécessairement des propositions alternatives au système en place, sinon ça ne peut que tomber à plat. On aurait droit, le temps des manifestations, à de beaux discours et promesses, qui n’engagent que ceux qui les croient.

  23. Peut-être conviendrait-il de commencer par le commencement et appeler un chat : un chat .
    … et pour les élections départementales en France, répondre à la question:

    AVEZ-VOUS VOTÉ POUR UN PARTI
    À PROGRAMME NATIONAL-SOCIALISTE…
    EN 2015 ?

    COMME D’AUTRES L’ON FAIT EN 1933
    en pensant que c’était un parti républicain comme un autre

    C’est une grenade dégoupillée …

    1. Et ce n’est pas un hasard si les médias (au service de l’oligarchie propriétaire) en assurent la promotion plutôt que celle du FdG…

  24. Le constat négatif de Michel Leis était malheureusement prévisible. Merci à lui de nous l’avoir transmis !
    Le débat nous donne la fausse impression que les choses avancent. Mais la religion du débat, c’est aussi l’opium du peuple. Cela arrange très bien ceux qui détiennent le pouvoir réel : pendant que nous échangeons des idées, leurs projets de domination avancent.
    Discutez, il n’y a rien à voir !

  25. Je suis allée cette après midi manifester contre l’austérité dans le cadre de la Grande Parade organisée par Hartbovenhard et Tout Autre Chose ..
    Beaucoup de Flamands ont répondu l’appel ..
    Malgré des conditions météo désastreuses (le diable se cache dans les détails) 17 000 personnes ont répondu présents .. c’était très touchant de voir des enfants, des handicapés, des étudiant(e)s, des jeunes,des adultes .. et même les chiens de compagnie !

  26. Cet après-midi, dans la tempête et le déluge, 20.000 personnes ont bravé les éléments pour participer à la grande Parade co-organisée par Tout Autre Chose et son équivalent néerlandophone Hart boven Hard. C,’est cela la spécificité de ces mouvements : une mobilisation festive où chacun peut agir, être là, avoir sa pancarte sur laquelle est inscrit ce qui lui vient des tripes et du coeur. Je connais les manifestations bruxelloises : depuis 35 ans et je n’avais jamais une aussi grande diversité : ces gens déguisés, créatifs et joyeux venaient d’une multitude d’organisations, ayant toutes sa spécificité mais aussi un dénominateur commun de volonté de plus de justice sociale et de modération pro-environnementale.

    Bien sûr, Michel, quand des gens aussi divers se retrouvent à 20 pour écrire des textes plus politiques, cela ne se passe pas comme sur des roulettes. Je participe aux mêmes genres de réunions que Michel et ne suis pas dégoûté. Si j’avais un conseil à émettre ce serait de se méfier de l’excès de démocratie. Tout le monde est sur le même pied et les différends ne sont arbitrés par aucune autorité. Les grandes gueules en profitent parfois mais ce n’est que momentané. Ainsi, le texte que l’on a un jour imposé à Michel a été repris, passé à la moulinette, réécrit, simplifié, soumis à l’appréciation de personnes extérieures et notamment de M. et Mme Toulemonde non spécialiste comme ceux qui s’étripent sur les textes. Ca n’est pas encore fini et certains s’impatientent. Encore des tensions en perspective.

    En tout cas ce que j’ai senti c’est qu’il n’est pas question de créer un nouveau parti, cela irait à l’opposé de la sensibilité de la majorité des participants.

    Tout Autre Chose (TAC) est loin d’être parfait mais c’est une dynamique originale où beaucoup y apprennent les lourdeurs et difficultés du débat contradictoire.

    Contrairement à Michel, je continue à jouer le jeu, serai patient car je sens là-dessous une énergie que je n’avais plus ressentie depuis la création des partis écologistes (début des années 70).

    Les revendications que mettra en avant TAC ne sont pas tout autre chose, elles ne sont que la réécriture dans un autre langage de la moyenne des idées des progressistes de Belgique francophone. Ce qui est tout autre chose c’est la manière de défendre et de diffuser ces idées. Les culturels et les artistes sont très nombreux et un peu à l’origine du mouvement. Laissons-les nous surprendre, nous, les vieux routiers de la politique.

    1. « … se méfier de l’excès de démocratie »

      Ce qui tue ces mouvements, c’est probablement la proportion considérable de personnes qui les rejoignent au moment de leur création et qui « se méfient de l’excès de démocratie ».

      Tout autre Chose semble en avoir son lot.

      1. D’accord, mauvaise formule… Ce que je voulais dire (et ai dit en partie), c’est que la démocratie doit s’organiser. Pour l’instant, elle ne l’est pas au sein de TAC; Donc on a des assemblées libres sans véritables règles démocratiques. Je crois qu’un groupe y réfléchit. Cela ira peut-être mieux quand nous nous organiserons mieux et que la démocratie ne se résumera pas à chacun peut dire et faire ce qu’il veut. (ce que j’ai appelé à tort « excès de démocratie… »).

  27. Nouveau Parti ?
    Pour ce qui est du support politique / sociologique / scientifique … nous l’avons. Mais c’est précisément parce que nous l’avons que nous constatons qu’il ne saurait s’investir dans un « parti » traditionnel.
    C’est pourtant bien la solution que d’avoir une idéologie suffisamment généraliste pour qu’elle puisse se répandre et être comprise. Mais nus ne sommes plus au 19ème et l’extraordinaire empreinte de la « Toile » change la donne. C’est à la fois un outil pour se répandre et un outil pour se disperser, se diluer…
    Il faut donc inventer autre chose, autre chose qui ne pourra être élaboré que collectivement mais en mettant de côté la volonté d’imposer SA vision des choses. Mais peut-être, fais-je fausse route ?

  28. Qu’il s’agisse de tout autre chose ou de quelque mouvement que ce soit. L’approche qui me plait à moi est celle de ce que je veux et pas ce que je ne veux pas. Une approche par le oui. C’est une perte de temps que de tenter de comprendre ou d’expliquer que telle ou telle décision politique ne marchera pas.. C’est tout au plus l’explosion d’une bulle émotionnelle.

    Accumulons des oui, ce sera le début de notre ligne de conduite pour rassembler. Commençons par des oui simples et rassembleurs. Par la suite il nous sera demandé de les justifier. Je préfère ne pas toujours justifier mais demander à mon interlocuteur quelles améliorations il désirerait apporter à mes mots.

    Si ceux qui suivent ce blog savent ce qu’ils désirent qu’ils le disent. mais uniquement de manière positive. simple et claire.
    Paul Jorion s’est dit oui à la création de son blog et il l’a fait.
    Toutes les idées sont les bienvenues. même les plus simplistes du genre : je désire un plus gros salaire et payer moins d’impôt. Je ne vois pas l’utilité d’importer un vêtement si je peux le faire en Belgique. Importons ce que nous ne savons pas faire. C’est plus écologique aussi.
    Ou encore, je pense que si les gens se sentent mieux de par des conditions de travail moins stressantes ils feront moins appel a la sécurité sociale car il en seront moins malades.
    Nos états vivent à crédit et notre croissance est faussée par ce crédit. celui qui n’emprunte pas n’est plus dans la course. mais que désirons nous dans cette course. Il est politiquement impossible d’empêcher cette croissance.

    IL est obligatoire que toute décision soit en accord avec la vie. C’est une ligne de conduite obligatoire.

    Quels oui désirez vous? Quels « oui » désirons nous?

    Je désire que ferment les multinationales destructrices de l’environnement.
    Qui est d’accord?
    Comment faire, ? je n’achète plus le produit qu’elle fabriquent.

    Souvenez vous, la valeur du un est méga importante. nos décisions de chacun sont essentielles

    Voilà, déjà 100 000 oui.
    Idée suivante, à vous l’honneur

  29. J’ai découvert hier une vidéo où une prof d’université explique pourquoi nous nous faisons des illusions (why do we kid ourselves), en prenant l’exemple d’une bactérie dans un bocal contenant de la nourriture et fermé par un couvercle. La bactérie se divise une fois par minute. Si on met la bactérie dans le bocal à 9h ce bocal est rempli à 12h.

    A 11h59 le bocal est à moitié rempli. Mais à ce moment, la situation est inconfortable, et la prof préfère se rendre dans le bocal 10 minutes avant midi, pour écouter ce que les bactéries se disent. Car 10 minutes avant midi, elles n’occupent encore qu’une hauteur égale à 1/1024 de la hauteur totale du bocal.

    Les réactions des bactéries sont édifiantes et m’ont (enfin) fait comprendre cet optimisme délirant de la plupart des gens quand on tente de leur expliquer le problème posé par le phénomène du pic pétrolier. La vidéo est ici: https://www.youtube.com/watch?v=PcY60fwlE8k

    Avec une disponibilité énergétique en déclin, aucun projet de ce type n’aboutira. Aucun parti politique ne pourra nous faire sortir de l’ornière. Il faut accepter l’idée que l’on doive passer à la vitesse inférieure (downshift to a much less extravagant lifestyle).

    Pour ce qui est des meneurs, j’ai récemment adopté John Michael Greer et Chris Nelder. Le premier pour sa stratégie et le second pour ses délais.

    « The best choice for most of us, follows a strategy I’ve described wryly as “collapse first and avoid the rush:” getting ahead of the curve of decline, in other words; and downshifting to a much less extravagant lifestyle while there’s still time to pick up the skills and tools needed to do it competently. »

    http://thearchdruidreport.blogspot.be/2014/04/the-end-of-employment.html

    « You’ve got perhaps two good years left of business as usual, and maybe another three or four after that before things really get difficult. I encourage you to use them well, and do what you can to make yourself resilient and self-sufficient. »

    http://www.zdnet.com/article/peak-oil-isnt-dead-it-just-smells-that-way/

    Comme ce dernier article date de 2013, voici une interprétation possible:

    2014-2015: business as usual
    2016-2017-2018: before things really get difficult
    2019: things really get difficult

    Rendez-vous donc en 2019. Si tous les problèmes sont résolus, si le pétrole coule à flot (p.e. + de 95Mb/j), si la croissance est revenue, si la pollution a augmenté, si l’austérité est derrière nous, etc, alors oui, ces meneurs que j’ai suivis se seront trompés (je me serai cependant bien amusé à récolter et purifier l’eau de pluie, à faire pousser des tas de trucs comestibles et à me chauffer et cuire en utilisant du petit bois).

    Mais si John Michael Greer et Chris Nelder ont raison…

    1. « 2019: things really get difficult »
      ‘Peak-oil’ (peak-all ou presque en fait), et ‘Picsous’… 🙂
      A part ça, je n’avais pas remarqué que les ‘difficultés’ n’avaient pas encore commencées…!

    2. « Less extravagant lifestyle »

      Voici qq mois , j’ai décidé de rediriger ma vie en changeant du tout au tout ma manière de fabriquer mon bonheur.
      Le plaisir est hormonal. Dopamine et bien d’autres. En réfléchissant je me suis dit : Ne serait il pas possible de fabriquer ses hormones autrement. Cela demande un effort bien moindre que l’effort différé du travail pour recevoir l’argent qui me donnerai ma dose de dopamine liée à l’achat d’un bien le plus souvent inutile.
      Qui plus est l’effort est plus sain. Je jouirai donc plus longtemps.
      J’ai donc éliminé de ma vie presque tous les polluants « anti vie », Hormones en dosettes.

      Hier je courais. Voilà ma quatrième course à pied, je m’améliore . Je ne cherche ni la vitesse ni la première place car le bonheur n’est pas là (du moins pas pour moi) Il est dans la course tout simplement. Et je peux vous dire que courir au grand vent cela donne des ailes et pleins d’hormones. C’est de la vraie !! De la pure, a volonté ! Gratos les mecs et les meufs ! Pardon pour cet écart de langage, rien que de l’écrire, je me suis donné une petite dose émotionnelle.

      Les problèmes de crises sont des problèmes qui n’existent pas. Je les refuse, je ne veux pas entrer en eux, je veux comme le Monsieur qui précède un joli légume qui me donne l’énergie gratuite pour disposer de mes doses à volonté d’hormones du plaisir. Via la course, l’amour, et tout ce que votre corps peut vous apporter.

      Il s’agit de découvrir son corps.

      Less extravagant ? je crois que pas du tout. Je suis beaucoup plus extravagant, et créatif lorsque je suis boosté de mes propres hormones du plaisir. Des fous rires, course face à la pluie. Affronter les éléments, ça c’est aussi extravagant. Je redeviens jeune mes amis !!

      J’ai aussi fait un gâteau au chocolat au amandes !! Sans farine ! Un délice !.

      Fabriquez votre bonheur et surtout n’attendez pas que le monde politique vous écoute et vous donne ce bonheur. Plus vous demandez, plus il vous retire . J’ai l’impression de voir tous ces nouveaux votants comme des mains tendues. Vous faut il vraiment un leader ? N’est ce pas vous le leader de votre vie.

      Sachez que si votre désir d’avoir de l’argent vous submerge, il en va de même du monde des décideurs bien plus gourmands. Il désirent la même chose que vous ! Pourquoi voulez-vous qu’ils vous en donnent?

      A celui qui me répondra que ce n’est pas possible, je lui donnerai raison tout en ajoutant que s’il réussi à s’offrir une heure d’auto bonheur rien qu’aujourd’hui voir juste ce matin, il aura déjà gagné et cela signifiera que le processus est engagé.

      Belle journée

      1. Et pour le loyer, l’eau le gaz et l’électricité, la bouffe, les enfants, … vous faites comment?

      2. Lorsque je regarde la masse d’impôt de tout gain ou dépense je suis sidéré.
        Je travaille une heure. 10 euros , 3 euros d’impôts (min), taxe sur l’achat que je vais faire. dans le prix du produit est inclus aussi le montant de l’impôt du vendeur. C’est démentiel.

        Une économie réelle (c’est impossible car ceux qui n’y croient pas écraseront ceux qui ne font pas appel au crédit. par contre, faire appel au crédit nous place de toute façon dans une situation de manque d’argent) Donc les deux systèmes sont identiques du point de vue résultante pour le citoyen.
        Je préfère donc une économie réelle car elle détruit moins.

        L’esclavage devient obsolète. par conséquent nous seront tôt ou tard amenés à refabriquer chez nous .En me posant cependant la question : Serons nous peut être ici les futurs esclaves de demain? Vu les salaires actuels.. on s’en approche.

        Voilà le travail qui revient. En économie réelle ce travail qui revient répond a votre question.
        Sorry pour les idées simplistes et les raccourcis.

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