De la vie d’artiste au Turc mécanique, par Max Berthy

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Graphiste freelance de la gomme et du crayon et autres pinceaux depuis 1973, j’avais sauté en 1985 sur la Pomme de Cupertino en me saignant pour ma première bête de course : un Mac SE.
Une drôle de boîte à chaussure munie d’une poignée, dépourvue de disque dur dont le Système d’exploitation était tout entier contenu dans une disquette de 650 Ko…

Cet avantage technologique concurrentiel (à renouveler cependant à prix d’or tous les 6 mois — loi de Moore oblige) s’ajoutant à un zest de talent se concrétisait dans un chiffre d’affaires sympa qui me permettait de faire vivre ma famille et financer les études hors de prix de mes gosses dans une prestigieuse école d’art US.

Bon, OK, je bossais 12 heures par jour et le produit de la moitié de ce labeur technico-créatif était reversé cycliquement dans les caisses de l’État dans la joie et la bonne humeur (humour !).

Le job me plaisait, c’était avant le marketing, il y avait quelques clients fidèles, voire talentueux, et même sans rire : du respect mutuel dans ces échanges gagnant/gagnant… si, si !

Et roule comme ça ma poule pour une quinzaine d’années…

La première année de ce millénaire, j’avais 50 ans, Arthur C. Clarke et Kubrick s’étaient plantés : en 2001 l’homme ne tutoyait toujours pas les Grands Architectes de l’univers dans la banlieue de Jupiter à l’occasion d’une conjonction de planètes.

Un peu déçu, mais pas surpris, j’étais prévenu : depuis ma passion pour Robida dont je collectionnais les images dans un cahier d’écolier quand j’avais 10 ans, je savais que le futur est difficile à appréhender.

La bulle Internet faisait pschitt.

La démolition express de deux tours nous faisait entrer tous feux éteints pour un temps soigneusement indéterminé dans le Nouvel Ordre Mondial plutôt flippant.

À mon tour je fis pschitt quelques années plus tard.

Au Graphiste par vocation avait succédé l’infographiste de hasard, lui-même se réduisant ensuite en opérateur PAO.
D’anciens mécanos ou magasiniers au chômage recyclés en 3 semaines de stage devenant les O.S. interchangeables de la chaîne graphique.

L’estocade finale devait être portée pourtant par les chacals des agences d’interim et les sites internet proposant des « Missions » mises aux enchères à l’envers sur l’internet (du genre : La Sté Rapetou veut remodeler son image d’entreprise, sa charte graphique et son logo : mise à prix 100 euros… qui dit moins d’Islamabad à Roubaix en passant par Vladivostok ?).

En conséquence, la paupérisation des jeunes assez flexibles qui « s’adaptaient » les contraignait alors de vivre chez leurs parents jusqu’à fort tardivement.

Le travail spéculatif passe dans les mœurs comme une lettre à la poste (le travail spéculatif est le fait d’espérer gagner un contrat en produisant ses idées gratuitement pour un prospect ou un client), et l’exemple est donné maintenant au plus haut niveau, comme ici tout récemment.

Une conscience tranquille relayée même par le Ministère de la Culture, c’est dire la banalité du mal ! 

Oui, je sais, ça renvoie une Erreur 404. C’est que, devant la levée de boucliers le Ministère a supprimé la page au bout de quelques jours mais la page en cache est bien là. Peu informés probablement, ces gens-là ne savaient pas… sans doute.

Mais la pente est bien savonnée et la partie seulement remise.

J’ai jeté l’éponge bien avant cette dégringolade tout en étant encore trop jeune pour avoir le compte requis de Points de Retraite… conscient de tester à nouveau les avant-postes — peu enviables cette fois — de ce qui attend les multitudes à venir.

Me voici donc gratifié d’une aumône mensuelle à perpet très inférieure au seuil de pauvreté défini par l’INSEE.

Le Turc mécanique.

Aujourd’hui, j’ai toujours un ordi, et scrutant autour de moi les possibles de mon futur de vieux, je découvre éberlué le Turc mécanique…

Un produit sidérant de notre époque, au développement déjà fulgurant que ni Arthur C. Clarke ni Robida n’auraient eu la perversité d’entrevoir.

Pour bien voir la cynique abjection du concept, d’abord un peu d’histoire :

Le Turc mécanique fait référence à CECI.

La Socété Amazon l’a réinventé en s’emparant du nom et de ce qu’il recouvre, c’est-à-dire une arnaque saupoudrée d’un foutage de gueule à peine dissimulé : Le Turc Mécanique est un marché du travail.

Un phénomène de nouveau marché aux esclaves d’ailleurs largement documenté, mais qui m’avait échappé jusqu’ici. La preuve ! Et dans la presse française.

Sentant le bon business-modèle à suivre, une boîte française a d’ailleurs sauté dans ce train avec enthousiasme en en créant une version bien de chez nous (le français, c’est bien connu n’étant pas doué pour les langues étrangères) : foulefactory.

Cauchemar certes, mais dans deux ou trois ans, quand j’aurai brûlé mes dernières cartouches… qui sait ?

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44 réflexions sur « De la vie d’artiste au Turc mécanique, par Max Berthy »

  1. Il y a là une mise en abyme fascinante.

    Nous ne serions que de modestes addendums de rouages existants, contrôlés (avec un jeu d’apparence) par un groupe de sachants eux-mêmes récalcitrant à leur destin (comme le fut à la longue l’inventeur (austro)hongrois Kempelen du turc mécanique ).

    Et de nos frottements dans ces machineries découlerait un droit à gratter comme écaille au mur quelques fifrelins juste même pas décents.

    C’est le stade ultime de la « prolétarisation » au sens de Stiegler, me semble-t-il: perte ou des savoir-faire ou leur réduction à quelque chose qui ne fait plus sens (comme expliquer l’économie pour Alan Greespan en octobre 2008, note Bernard Stiegler).

    Projection de l’humain dans l’inhumain, je crois.

    1. Projection de l’humain dans l’inhumain, je crois.
      Timiota,
      J’ai le souvenir, qu’après avoir acheté le DVD de l’Encyclopédie Diderot D’Alembert, j’avais su qu’une édition papier avait été entièrement ressaisie, retapée par des petits doigts sud-coréens (de préférence pas alphabétisés pour éviter qu’ils ne mettent du sens dans la refrappe, sens source de bourdes…), par deux équipes autonomes, puis qu’un logiciel avait repéré les différences entre les deux versions, enfin que des francophones avaient finalisés les corrections à apporter. Du bon travail !
      Ce que je découvre ce soir avec effroi, l’effroi de l’ignorance du naïf pas au fait, est un avatar de plus de cette marchandisation de la mondialisation ou l’inverse. « Stade ultime de la prolétarisation » si c’est l’ultime, c’est peut-être une bonne nouvelle, mais je ne vous suivrai pas dans votre « Projection de l’humain dans l’inhumain ». Dès que des humains parlent d’inhumain à propos des faits, gestes, paroles, actes, etc. d’autres humains, j’ai le soupçon que l’épithète leur est bien utile pour catégoriser ce qu’ils réprouvent, condamnent, et/ou ne comprennent pas. Ben non, il n’y a que de l’humain, de l’humain et toujours de l’humain. De l’humain qui ne plaît pas c’est sûr, mais en quoi des affaires de jouissance devraient être présentables au bon sens commun ? Car sous les horreurs impensables courent des affaires de jouissances ou l’inverse, des jouissances des affaires, sans foi ni loi. Depuis les visions de « La guerre du feu » de Jean-Jacques Annaud, un peu plus de dialogues polis, poleis et polices, soit, mais tous ces encadrements ne bouchent pas les béances humaines, y a de la marge, de la marge à faire, dans l’inverse : faire de la marge.

    2. monsieur berthy ce n’est pas pour cela qu il faille craquer ainsi et decourager les pooovres petits francais … enfin si vous aviez choisi et assume un boulot dans la sante, le medical comme je l ai fait vous en auriez trouve qq satisfactions … eh oui comme disait prevert ( jacques) la terre et les hommes( les femmes surtout) sont parfois si jolis … vive la vie vive les humains ( les animaux non on les bouffe)

      1. ahhh au fait nous nous verrons peut etre lors d une manif anti-marineland … puisque jai compris que vous etiez contre le tourisme a antibes surtout orphelin depuis les inondations j aimerais bien voir a quoi vous ressemblez adiou ciao viva iou siou un verrait nissart

  2. Je ne pense pas que le Turc Mécanique soit l’avenir du lumpenprolétariat 2.0, car même à quelques centimes d’euros de l’heure, les pauvres sont encore trop chers. C’est bien pourquoi on leur demande (via le TM) de vérifier l’efficacité d’algorithmes… qui demain les remplaceront.

  3. Je me sens très proche du contenu de votre billet car, malgré que je sois de la génération d’après la vôtre, j’ai suivi exactement le même cursus… Plus spécialisé technicien PAO je suis passé du MacIIfx (alors ultime évolution d’un métier qui a débuté avec les incunables presque cinq siècles auparavant) à l’assurance de n’en avoir que pour deux ans, avec comme unique revenu un pourcentage de l’ancien entrecoupé d’intérim sur IBook (ô combien stylisé, la beauté du diable) et avec un salaire inférieur à mon premier mois travaillé, il y a une trentaine d’année.

    Votre billet parle de l’influence désastreuse de l’informatique sur certaines professions, sur le monde du travail et son incapacité à discerner les compétences (pour ce qui nous concerne, dorénavant tout le monde a les logiciels de PAO professionnels chez soi), sur l’utilisation de ces dissonances par les employeurs (du pain béni en plus du nombre croissants de demandeurs aux abois), de la vision new-age du monde global du travail que l’on voudrait nous vendre en nous culpabilisant au passage car passez « in », reconvertible, adaptable… (Pour illustrer le monde global on pourrai aussi parler de la saisie de textes manuscrits par des sociétés vietnamienne ou de l’impression de livres et d’emballages en Chine, produits disponibles dans tous nos rayons de magasins, spécialisés ou pas, français…)

    Pour ma part j’ai choisi une autre option-solution que la votre : je me reconvertis dans un métier totalement différent et surtout, surtout, manuel : le travail des mains, le savoir-faire manuel, c’est l’avenir. Impossible de tricher. Une soudure est réussie ou ratée. La vraie binarité. La tendance « back to basic » a, à mon avis, beaucoup d’avenir, tout autant que la tendance « switch off the screens »… j’entrevois une « petite » révolution informatique, mais dans l’autre sens, on commence à en voir les prémices dans le domaine de la téléphonie… ce n’est peut-être qu’une vision du futur de nos sociétés déformée par mes soucis actuels… le turc mécanique sera peut-être la norme bientôt… et ce qui m’effraie encore plus c’est de penser que « tout le monde » trouvera ça normal, trouvera cette évolution inéluctable voir même positive, car derrière chaque écran, petit ou grand, se « cache » un cerveau influençable.

    1. Bonjour

      Le travail manuel n’échappe pas au phénomène: la multiplication des produits grand public faciles à mettre en oeuvre réduit le champ. Il est possible de remplacer les soudures par des colles: des tôles d’avions sont collées entre elles et non plus soudées.

      Un excellent peintre en bâtiment près de chez moi n’a plus de travail alors que le charpentier de mon village et des maçons alentour en ont tant qu’ils veulent: la différence est créée par la lourdeur du matériel et de l’oeuvre qui nécessite des moyens de manutention et de mise en oeuvre lourds et coûteux en plus de la compétence.

      Donc expertise manuelle oui, c’est « payant » à condition de choisir un domaine dans lequel la courbe d’apprentissage est longue et ardue et le coût de première production élevé.

      Après, il y a d’autres facteurs importants dont le statut juridique – définissant le régime des charges- et les compétences en gestion et savoir faire.

      Un soudeur spécialisé sur les conduites de gaz ou liquides corrosifs ou toxiques a encore de beaux jours devant lui cependant, de même qu’un Compagnon….Mais en fin de compte il est nécessaire de rester vigilant sur l’évolution de la technique et du métier…

      En ce qui me concerne, la production de bateaux en plastique d’abord puis Ikea ensuite ont fait disparaître beaucoup de mes semblables (professionnels)

      Il serait bon aussi de choisir une activité pouvant s’exercer longtemps en passant du matériel à l’immatériel ( technique à l’art et de l’objet à l’humain) afin de pouvoir oeuvrer jusqu’à un âge avancé!

      Bonne chance . Cordialement. Steve

    2. Je confirme tes sentiments… C’est en marche, et cela passe bien évidemment par la dé : -numérisation, -connexion, -intoxication etc. La numérique c’est le stade actuel de l’occultation du monde, de l’effacement de l’existence. Retour au réel donc, comme on peu, dans l’à-peu-près, le grain et le bruit, le bougé, le non-liénaire etc.

      1. Oui Jicé mais je me disais, après avoir écrit ce commentaire, comment ferai-je pour lire le blog de Mr Jorion si j’éteins mon écran ? Comment lirai-je mes mails ? Que ferai-je de mes milliers d’images stockées sur Pinterest ? La toile est bien une toile d’araignée : je suis collée à elle par mon affect, l’araignée aux yeux multiples joue là-dessus aussi.. toile chronophage, toile drogue qui me permet parfois d’oublier un instant le contenu des journaux… éteindre les écrans ne va pas être simple… Je serai toujours nostalgique de l’image merveilleuse de la toile que j’avais aux débuts des années 2000 : lieu de liberté, d’expression, démocratie virtuelle idéale…

        L’araignée commence à dévoiler son image : elle se révèle grande prêtresse du consumérisme, manipulatrice de temps de cerveaux disponibles, big sister sous prétexte de protection, idole aux mains de personnages obsédés par le pouvoir (à suivre la campagne électorale d’Hilary Clinton) et maintenant déesse du travail cool peu rémunéré…

        Arrêter nos écran ne veut pas dire vouloir retourner à la bougie… Comment trouver un juste milieu ? Comment faire pour que le progrès technique ne soit pas nocif pour la majorité ? Quels critères pour éviter de basculer dans la nocivité ? Un ordinateur qui remplace un métier complexe, répétitif et gaspilleur de temps ne me dérange pas (les micro-ordinateurs doivent beaucoup aux comptables, qui étaient très heureux, à juste titre, d’utiliser les premiers tableurs). Des millions d’ordinateurs qui remplacent des métiers humains me dérangent (derniers en date : caissière de supermarché et de péage d’autoroute, employé(e) de bureau de La Poste). Un robot qui remplace un métier dur, répétitif et nocif ne me dérange pas. Des milliers de robots qui remplacent les hommes dans les usines, me dérangent.

        On ne peut pas, bien entendu, faire confiance à la raison humaine, surtout lorsqu’elle est galvaudée par un « système capitaliste qui n’a de cesse de scier la branche sur laquelle il est assis » (allitération entre guillemets).

    3. « et ce qui m’effraie encore plus c’est de penser que « tout le monde » trouvera ça normal, trouvera cette évolution inéluctable voir même positive, car derrière chaque écran, petit ou grand, se « cache » un cerveau influençable ».
      Cher confrère (si vous me permettez…) la fabrique de consentement fait ces en ce moment même ingurgiter tout cru et avec un entonnoir la « nécessité » de substituer le Droit du Travail par le Droit des Contrats du monde anglo-saxon.
      Profession par profession, branche par branche, individu par individu, entre l’Entreprise et la partie la plus faible, équitablement, ça va de soi… hein ?
      Depuis la tranchée d’avant-poste du freelance, isolé par définition, nous avons testé, là aussi depuis longtemps, ce modèle équitable de négociation entre une poule libre dans un poulailler libre avec non pas un renard mais un… Tyrex libre.
      Les anciens s’étaient battus bien avant contre cet sauvagerie, rien de bien nouveau mais des rapports de force oubliés à réinventer.
      Faire valoir notre droit commun hexagonal de la Propriété Artistique et du Droit d’auteur (plutôt protecteurs) dans ce biotope restreint est depuis longtemps un fusil à un coup garantissant de façon imparable de ne plus jamais travailler avec le client invité à le respecter (surtout quand il s’agit de gros commanditaires).
      Viva la Muerte ! il restait alors la jouissance suicidaire d’attaquer à posteriori le contrat léonin, ce qu’il me fut plaisant de m’offrir de temps à autre avec succès… devant les tribunaux.
      Mais une seule cartouche, une seule.
      Mais ça, c’était avant car la jungle n’a désormais plus de frontières.
      Le Turker est déjà bien au-delà de ces principes surannés.
       
      C’est LE modèle transitoire jusqu’à ce que lui-même s’auto-détruise comme le signale un peu plus haut Roberto.

  4. L’exploitation de l’homme par l’homme, encore et toujours, version internet. Le nouveau prolétariat devrait renoncer à cela. A t-il encore le choix? Il y a tellement mieux à faire que le servage.

    « Les temps modernes » n’en finissent pas de finir.

  5. Oui, le prix du tricot fait main va probablement augmenter.

    Mais j’ai la faiblesse de croire que ce qui va dans un sens peut se retourner dans l’autre sens,  alors je cherche la formule magique du retournement, un peu comme au judo, utiliser l’élan de l’adversaire pour qu’il se casse la g****e . Pour commencer je vais marchandiser mon adresse E-mail, il n’y a pas de raison que d’autres en tirent profit.

    Au plan collectif,  l’intérêt individuel bien compris passe par la coopération, la S.A  n’est qu’une communauté d’actionnaires.

    Je soupçonne que le  » Cloud » ne soit qu’ un magnifique piège dématérialisé pour rassembler les données et donc neutraliser les tribus subversives, souriez vous êtes filé.

    Non les gens ne souhaitent pas que l’obtention de « capital » (cf. le billet de Michel Leis ), ce qu’ils veulent c’est du bonheur, élever dignement leurs enfants, manger à leur faim ; mais surtout réaliser leurs rêves. Alors le capitalisme est présenté comme la grande porte de la réalisation personnelle. Comme ce sésame est faux on nous balance de la compétition, des idoles aristocratiques et roturières, du sexe calibré, et des jeux, des jeux encore des jeux afin que nous buvions cette amère potion avec le sourire. La masse critique de ceux qui ne peuvent jouer au golfe n’est pas encore atteinte. Les algorithmes y travaillent., encore un peu de patience.

    P. Jorion a raison, le capitalisme est en danger d’effondrement parce que les consommateurs privés d’emploi ne pourront plus consommer et parce que les ressources de la Planète  s’épuisent.

    Qu’il s’effondre tout seul, le capitalisme, moi j’ai autre chose à faire, aider mes petits-enfants à inventer un monde solidaire plus humain et à s’y tracer un chemin hors des sentiers battus par les serfs d’une nouvelle féodalité.

    1. Mes excuses pour l’orthographe défectueuse du mot « golf »  dans ma précédente réponse; il était tard, à la guerre comme à la guerre, voici donc le golf clair.

  6. A vos propos, j’ajouterai la méprise, déjà grande et toujours en prolifération, sur ce qu’est l’intelligence. De faculté (non-close) de l’individu (grosso modo, je dirais « à mettre en forme de l’informe et à créer des associations parfois inattendues » ; mais je ne suis pas expert en la matière), elle tend à prendre son autre sens, celui qu’on trouve dans HIT ou, précédemment, dans CIA : renseignements.

    Celles et ceux qui, au quotidien, doivent survivre n’ont d’autres choix que d’exploiter des renseignements dans le sens le plus conforme à ce qu’en attendent qui en tire le plus grand profit.

    Dans ce cadre, plus aucun esprit critique n’est possible, tout devient analyse statistique. Je devrais dire (et c’est un terrible dévoiement) : quelque chose qui, globalement, est tendanciel et, au niveau de l’individu, probabiliste.

    Si, un jour, le système capitalisme a été un moyen de favoriser l’ambition de créer le futur, force est de constater que, à notre époque, on s’y prend en utilisant un mélange de divination dans cette boule de cristal qu’est le big data et de conformation abêtissante des désirs des masses aux désirs de ses thuriféraires illuminés et autres prêtres féroces.

    Mais, après tout, quoi de plus simple pour créer une intelligence artificielle (le saint Graal qui, me semble-t-il, était déjà à l’œuvre derrière la conception du turc mécanique) que d’imposer à petit feu une définition de l’intelligence pleine d’artifices ?

    Toute cette méprise humaine va de pair avec tout le mépris pour l’humain.

  7. Des robots, des larbins, des zombies du télé-travail…, toujours moins chers.

    Quand va-t-on questionner cette idée bizarre de travailler pour de l’argent ?

    Ou pire encore, de faire de l’argent avec de l’argent ?

    1. Il vous manque un adversaire… Sans doute le marché capitaliste a-t-il accaparé la science et la technique, donc précipité son devenir technoscience, mais c’eut été impossible dans la domination du rationnel -ou du moins d’une de ses figures. Dans tout les cas va falloir revoir l’architectonique de tout ça, en y réinjectant les approximation du dialogique (donc de l’éthico-politique, bref de l’humain).

  8. Oui, nous sommes entrés dans une période de nouvelles crucifixions ou crucifictions. Nos chemins ne sont pas balisés de types qui agonisent empalés sur des pieux mais les chemins de Syrie qui mènent en Europe sont bourrés de cadavres et sentent la mort.
    Ici, comme vous l’avez très bien écrit dans ce billet, la croix se numérise. Après UBER, WATSON, AIRBNB, voici MECHANICAL TURK… et d’autres surprises nous attendent.

    La Pythie a de quoi s’interroger.

     

    1. C’est intéressant la crucifixion: innovation Perse dans l’exaspération de l’apprentissage de la violence légitime… (bon il y a beaucoup de « de » 🙂 ), qui n’a été stoppé que par un Dieu fait homme.

      Cela rejoint les stigmates (j’avais un peu peur que la « stigmatisation », c’est-à-dire le châtiment des hommes, sur nos hubris à tendance proto-divine, ne l’use trop vite, mais ce mot conserve encore un peu de sens), ces traces d’une crucifixion qui nous laisse la vie (et des plaies).

      La globalisation (la concurrence fausse ou tronqué) exacerbe tout, les identités, les perspectives et les mémoires.

      1. Entre les crucifixions et le comptages de cadavres, il va falloir penser à amener de la chaux…
        et quand vous serez redescendu de la croix buvez un bon verre, ça rafraichit les neurones ! 🙂 🙂

  9. Bon, en même temps, les moines qui recopiaient et enluminaient à la main des manuscrits ont dû être tristes quand Gutenberg est passé par là. On ne fabrique plus les clous à la main. Fin du XIXe siècle, il fallait 11 journées de 11 heures à un ouvrier pour tailler à la main un engrenage… vous voyez d’ici le prix d’une boite de vitesse si on en était resté là.

    La technologie et ses « avancées » n’est pas en cause, il ne faut pas se tromper de cible. C’est l’organisation politico-financière et culturelle dans laquelle elle se déploie qui la rend aliénante ou libératrice.

    Pour l’instant, je ne vois pas d’alternative à la captation de la plus-value par les propriétaires de robots matériels et logiciels, comme cela a déjà été dit ici. Mais l’avenir n’est jamais écrit…

    1. @Troncal

      « La technologie et ses « avancées » n’est pas en cause, il ne faut pas se tromper de cible. C’est l’organisation politico-financière et culturelle dans laquelle elle se déploie qui la rend aliénante ou libératrice.»

      En effet et pas de nostalgie passéiste dans ce bilan.

      J’ai réellement trouvé mon compte dans cette «révolution technologique», mais en conformité avec les schéma mentaux et éducatifs qui étaient les miens : je m’y suis collé, reléguant dans la semaine ma table à dessins pour cette drôle de machine et c’était clairement libérateur.

      Je me suis donc retroussé les manches et ça a donné de bons résultats. Parallèlement, beaucoup de mes collègues qui avaient alors 10 à 15 de plus et n’ont pas pris la vague ont quitté la scène.

      Mais il me semble que la réponse adaptative d’aujourd’hui ne réside vraiment plus dans le fait se relever les manches et de s’y coller.

    2. Comment expliquez vous la perméabilité entre technologie et organisation politico-financière « et culturelle »  ?

      Quelle boussole pour orienter le tout ?

      1. Le logiciel est le même : rationalité intrumentale, réduction du réel aux conditions de l’exactitude, mathématisation du monde confondu (de plus en plus à dessein) avec le monde lui-même.

    3. La technologie n’est pas neutre?

      Si elle fait appel à du capital-risque pour exister et pouvoir se développer, ce dernier attend forcément un retour sur investissement.
      Si la Fondation Bill et Mélinda Gates investissent dans le mouvement Food 2.0, c’est pour être encore plus présent demain dans les faux steaks et faux fromages qui seront sensés nourrir une partie de l’humanité.
      Idem pour Peter Thiel co-fondateur de Paypal.
      Idem pour Google qui rachète des sociétés robotiques et développe son Google Car + intelligence artificielle + big data + réseaux internet par drones interposés.

      Dans le dernier livre de Dominique Nora d’où je tire ces informations, il est rappelé que KODAK, multinationale hier de 140000 employés, pesant 28 milliards de $ en Bourse a fait faillite en 2012, victime de la photo numérique.
      Des cabinets d’Etude prédisent 3,5 millions d’emplois détruits en France d’ici 10 ans. Technologie oblige.

      La technologie neutre ? Des clous ! Oui !
      Cloudés ! Que nous sommes !

      Va falloir songer à se débrancher.

    4. sauf que

      1. la liberté n’est pas un temps libéré mais vide. Ce que le mouvement de l’innovation technologique en cours s’efforce -au fond à son corps défendant, son logicielle étant pétaphysique- de réaliser : conrètement : nous laisser seuls  (cogito ergo sum) et vides (occultatio mundi) ….

      2. Ce temps est devenu un marché, une marchandise.

       

      Belle liberté, en effet, qui advient tout sauf par hasard.

  10. Merci pour ce constat précis . Les employeurs, en effet,  investissent pour doter les robots d’une capacité d’autonomie qui nous dépasse tous, et de loin… nous devenons les petites mains  passagères d’un « Mecanical Turk » sophistiqué. Dans ce contexte, la clause de subordination qui caractérise le contrat salarié devient de plus en plus obsolète, demain elle nous paraîtra immorale.  Exclus du chômage, notre fonction est de faire croire qu’il n’y a pas d’alternative à la subordination, qu’il faut travailler comme un Turc et pour rien,  ou faire respectueusement  allégeance  aux  normes moralisatrices de l’aide sociale, à moins que nous ne servions de contre-exemple utile, en nous abritant dans l’une ou l’autre forme de dépendance aux réseaux de l’économie souterraine.
    Lions indissolublement le droit à un revenu universel   au droit, au travail autonome pour les désemployés.

    Pourquoi ne pas unir nos forces pour créer des  institutions d’emploi autonome ?

    Nous n’avons que peu d’emprise sur la mégamachine économique et sociale; aussi,  ne devrions-nous pas concentrer nos énergies  sur les points par lesquels nous pouvons quelque peu en  réorienter la marche?
    Si le travail nous permet de satisfaire, inégalitairement, nos besoins, il constitue, aussi, le premier instrument de contrôle social permettant de reconduire cette inégalité. Les transferts sociaux constituent déjà l’assise d’une allocation universelle, mais ne sont utilisés que comme garantie antiémeute;  a moins de prendre le risque de faire péter tous les couvercles, ces transferts seront maintenus, et nécessairement un jour ou l’autre, les propriétaires de robots seront,  taxés pour leur emploi !
    Pour ne pas reproduire, une fois encore, la subordination des plus démunis aux mieux placés, et que l’on ne me fasse pas rire avec les  « fablab pour bobo stiglérien», la question centrale est la construction de l’autonomie pour  les enfants de familles paumées depuis trois  générations de vie vécue dans des banlieues pourries, comment … ? Comme balayeurs participatifs dans nos fablab ?

    Nous avons besoin d’un nouveau contrat social. Plutôt que d’offrir des strapontins aux exclus, il faut nous battre avec eux, pour  leur permettre d’instituer, par eux-mêmes, les réseaux de  réciprocités concrètes qui  permettront d’en finir avec l’injustice.

     Construire le bien commun par des réciprocités concrètes.
     
    Nous vivons sur l’image « naturaliste », mais désuète d’un « bien commun », (l’eau la terre les minerais) qu’il serait bien de partager égalitairement. D’autre part, les grands idéaux d’égalité et de fraternité qui, au 19e siècle, accompagnaient l’invention des  coopératives de production, de distribution ou de consommation, la création des phalanstères et celle des colonies idéales du Nouveau Monde, etc. n’ont pas suffi à engendrer des rapports sincères entre les  associés: l’inégalité, l’injustice, l’hypocrisie s’y sont réinstallées.
    De même aujourd’hui, pour que nous  devenions altruistes, il ne suffira pas de déclarer l’économie sociale “positive” ou “solidaire” : le commun ne doit-il doit  y être pensé, non pas comme un ensemble de tartes à partager en morceaux égaux pour tous, mais comme une construction culturelle collective, assurant la sécurité ,  la justice,  et la beauté du monde, c’est-à-dire,  comme un tissu de relations de réciprocités qu’il faut sans cesse retravailler afin d’accomplir ces objectifs.

    1. Dans cette veine , vous retrouvez vous dans  » l’économie et l’amour collaboratifs » de Jacques Attali  ?

      En quoi l’art a -t-il à voir avec la réciprocité ?

      1. Onfray utilise l’expression de « syndrome Attali » pour caractériser le fait que « toutes ses approximations sont toujours possibles ».  Pour la suite de votre question, je m’inscris dans la perspective des structures de réciprocité complexes, développée par Dominique Temple. Plus précisément et pour prendre un exemple, il me semble  la taille paysagère des haies et des arbres d’une commune, sera sans doute, à terme, plus soignée, si elle s’effectue dans le cadre d’une coopérative municipale (Jean Zin) aux activités multiples, puisqu’elle  est portée par l’assentiment de la population, que dans le cadre restreint d’un contrat privé avec un entrepeneur paysagiste. Pour un éventuel suivi de ces problématiques, voir quelques notes préalables et très incomplètes sur www. ita.community.

      2. Merci de l’écho .

        Par contre votre exemple me consterne , car , pour avoir été d’une certaine façon dans un type d’organisation telle que ce que vous espérez , je vous garantis que l’assentiment de la population conduit souvent à raser les haies et les arbres plus qu’à promouvoir le paysage , qu’ils soient entretenus par une administration , une scop ou un privé .

        La  » population » n’aime le beau que lorsqu’il est donné , matière à spéculation ,pillable plus que transformable .

        La  polyvalence d’un service « citoyen » (si vous saviez tout ce que ça réveille pour moi …) est le dernier des soucis des élus , des électeurs et l’ennemie jurée des  » optimisants « .

         

        Et pour les élus qui ont bien voulu avec moi , tenter d’expliquer en quoi la capacité de services multiples était un plus pour la collectivité , ils ont bien vite du revenir à des chemins plus « traditionnels » pour sauver leur mandat .

         

        Mais si Dominique Temple est capable d’être élu sur ses bases réprocitaires , et d’arriver au bout de son mandat , je me shoote à l’EPO et je reprends le boulot !

  11. Comment rester humain?
    « (Ré)apprendre à utiliser le temps libéré par l’automatisation de nos sociétés: voilà l’un des enjeux majeurs auquel nous invite ici Bernard Stiegler. Disposer du temps libre est également propice à la rêverie, et pourquoi pas une rêverie quelque peu utopique qui entreverrait les contours d’un avenir où l’humain et la technique seraient réconciliés? Car enfin, et l’auteur le reconnaît tout en le démontrant, notre humanité est indissociable de notre technique. Le processus d’hominisation, comme le remarquait l’ethnologue français André Leroi-Gourhan, passe nécessairement par un processus d’extériorisation technique. Or, ce processus tend aujourd’hui à s’inverser, procédant désormais d’une intériorisation de la technique par l’homme, dans l’homme, comme autant d’augmentation technologique (enhancement), très en vogue aujourd’hui. Une intériorisation qui peut dès lors tendre à une nouvelle forme d’aliénation que d’aucuns saluent comme l’avènement d’une nouvelle forme d’humanité, constituée de post-humains ou de cyborgs.

    La technique n’est pas neutre. Elle participe à l’édification de l’environnement dans lequel l’homme évolue, s’évolue et se représente à lui-même. Or, c’est bien l’homme qui module son environnement par l’usage qu’il fait de la technique. Le problème n’est donc aucunement la technique en elle-même, mais bien le cadre sociétal dans lequel elle s’inscrit, et donc le nouveau projet néolibéral qui motive ses utilisations et ses fins, constituant ce «capitalisme 24/7».

    Rester humain au cœur des sociétés automatiques, passerait par notre résistance à conserver notre faculté de rêver, et donc de penser, autrement, jusqu’à produire un autre savoir que celui dans lequel nous réduit le capitalisme 24/7: l’avenir du savoir qui permettra de transformer le devenir en un véritable avenir pour l’homme et que Bernard Stiegler nous dévoilera dans le second tome de La société automatique. »

    «Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle,

    la liberté de la propriété, la liberté de la pensée,

    la liberté du travail.»

    Jean Jaurès

    http://www.slate.fr/story/102475/avenir-homme-automatique

  12. Merci à vous. Un remerciement sincère et bienveillant est toujours appréciable face à une humanité usée et désabusée , fatiguée de ses illusions et qui se déshumanise sans même en avoir conscience parfois… humain trop humain ???

    J’en profite aussi pour remercier l’auteur de ce billet pour ce partage de son expérience et tous ceux et celles qui contribuent au partage de leur humanité , si forte et si fragile à la fois; donc de leur propre richesse sur ce blog.

    M Jorion, merci aussi à vous, bien entendu. 🙂
    ha et je n’oublie pas Julien alexandre, vigile vigilant sur sa tour de guet… 🙂

  13. Bien jetté Max,Max rejetté,turc mécanique je connais, chui cultivé,low -costisation généralisée,cherchons désespérément le wagon de seconde classe,concentration du capital aidant, plus que la classe affaire ou compagnie pas chère , un privilège quand même,mieux que de traverser la méditerranée sur un radeau pourri,très convenu ,tout cela;la banalité du bien.

    1. Même pas de l’archéologie 🙂 Je suis un quadra et j’ai réalisé mon premier stage de formation PAO chez Linotype Lyon… On peut voir encore des Linotype dans certains halls d’accueil de grands quotidiens ou de grandes imprimeries… Si je me réfère aux anciens, pour imprimer un quotidien avec cette machine il fallait mener un combat nocturne contre la chaleur et le saturnisme… doit-on le regretter ?

  14. Alfred de Musset écrivait :  » il n’y a pas d’art , il n’y a que des hommes « .

     

    Et Georges Sand répondait : « l’art est une démonstration dont la nature est la preuve ».

    L’artiste , l’homme et la nature naissent et meurent ensemble .

    Surtout les deux premiers !… même si , comme le prétendait Andy Warhol , on peut se trouver bien d’être artiste commercial , puis « artiste d’affaire » .

    1. Artisan et artiste ont la même racine . Le second n’ayant pas toujours eu beaucoup de considération pour le premier , et quelquefois , réciproquement .

      Tous les deux se découvrent esclaves du monde comme il va , avec ses petites merveilles , rejoignant le peloton compact des damnés de la terre et semblant donner tort à Wilde qui affirmait que c’est la vie qui imite l’art et pas le contraire .

      Dieu est mort ,

      l’art est mort .

      On va enfin commencer à y voir plus clair .

      Peut être .

  15. Le modèle de la grande plateforme qui met en contact demandeurs et prestataires se généralise. C’est ça « l’uberisation »… En fait, Mechanical Turk existe depuis des années (2005 !!!) pour des prestations où les humains font mieux et moins cher que les machines, pour l’instant… Les graphistes et les créatifs font déjà les frais de ce mode de prolétarisation. Les producteurs de textes pour le compte d’entreprises (dont je suis) commencent à être mis à mal par des intermédiaires (plateformes) qui tirent les prix vers le bas et qui expliquent que si vous êtes vraiment un bon rédacteur/traducteur/relecteur, votre note augmentera (la notation est une des règles d’or des grandes plateforme) et vous permettra de facturer plus cher… En débarquant sur ces magnifiques plateformes, n’espérez pas facturer plus de 40€ le feuillet. A ce prix, même en bâclant la copie et même en travaillant nuit et jour, aucune chance d’en vivre…

  16. Je me demande ce que l’aurignacien ( assez grand à ce qu’on dit ) qui a laissé la trace de sa main sur la paroi de la grotte Chauvet , aurait compris du « travail » de tas d’info-graphistes de hasard qui se sont échinés à reproduire son …quoi au juste ? , sur des murs de résine reconstituant le « sanctuaire » original .

    L’art vivra tant qu’il révèlera ce qui nous est caché et que personne ne « comprend » .

    Mais l’artiste meurt de  » la foule » .

    1. Juanessy

      je vais vous confier un secret : l’art est sauvage , férocement sauvage et sauvagement féroce, et fait pour les sauvages, et tout le monde n’aime pas les sauvages.

      No problemo.

      That’s life !

       

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