Trois chercheurs britanniques : « Si l’intelligence extra-terrestre est très répandue, sa tendance à l’autodestruction l’est sûrement également »

La proposition de trois chercheurs britanniques [*] de partir à la recherche des traces de civilisations extra-terrestres éteintes plutôt qu’en activité se situe dans la ligne droite de l’hypothèse pessimiste de l’Astronome royal britannique Martin Rees selon qui, comme nous l’avons vu, si les civilisations d’animaux inventeurs et producteurs de machines précèdent nécessairement celles-ci, ces civilisations s’éteignent lors du passage du flambeau pour laisser les machines désormais seules et livrées à elles-mêmes, soit parce que le stade de l’invention de machines intelligentes appartient aux derniers feux jetés par une civilisation en voie d’autodestruction, soit parce que si des machines sont intelligentes, elles chercheront nécessairement à se débarrasser d’une espèce aussi nuisible que la nôtre. Les auteurs de l’article parlent à ce propos de « civilisations qui ont surpassé (ou succombé à) une Singularité technologique [P.J. : le dépassement global de l’intelligence humaine par celle de la machine] », et ils ajoutent qu’« il s’agit alors moins de la mort d’une civilisation que de sa transmutation en quelque chose de fondamentalement différent ».

Ceci dit, les auteurs concluent rapidement que les autodestructions de civilisations ne sont susceptibles que de créer des événements difficiles à observer d’une grande distance. Ainsi les rayons gamma produits par un holocauste nucléaire total ne seraient détectables que si notre Armageddon impliquait un arsenal un milliard de fois plus important que celui dont nous disposons aujourd’hui, tandis que si la décomposition simultanée de sept milliards de cadavres humains produirait 10 000 tonnes de méthanethiol, un chiffre impressionnant en soi, elle serait là aussi insuffisante pour être détectable d’une très grande distance. Seul un hiver nucléaire, l’opacité soudaine de l’atmosphère à la suite d’un conflit majeur, serait aisément décelable de très loin mais il faudrait encore que la belliqueuse planète ait été observée préalablement pour que cette opacité ne soit pas interprétée ailleurs comme un événement naturel. Il en va de même pour un anneau de débris autour de la planète : si la source peut en être l’incurie d’une civilisation « intelligente », elle peut tout aussi bien être due, comme pour Saturne, à des facteurs naturels.

La distance demeure donc un obstacle important à la détection de la disparition d’une vie intelligente puisqu’il faut pour qu’ils soient détectables par des extra-terrestres, qu’interviennent des événements cataclysmiques bien plus considérables que ceux qui suffisent à l’éradiquer.

Quant aux machines que nous avons conçues, mis à part le fait qu’elles émettent des signaux, elles n’ont pas encore eu d’impact significatif en-dehors de la sphère terrestre : quelques-uns des objets que nous avons conçus sont bien stationnés sur d’autres planètes ou sur une comète de notre système stellaire, et quelques uns – comme les sondes Pioneer 10 et 11, Voyager 1 et 2 et New Horizons, y ont effectivement échappé.

Quoi qu’il en soit, cette étude désenchantée par trois chercheurs britanniques de la tendance probable des civilisations « intelligentes » à s‘autodétruire du fait qu’une espèce intelligente découvre un jour ou l’autre la puissance formidable de la fission et de la fusion nucléaire et finit tôt ou tard par y trouver le moyen par lequel s’immoler, et du fait qu’elle prend au sérieux le présupposé pessimiste que « les civilisations présentent des vices sociétaux ou structuraux intrinsèques qui leur interdisent de se maintenir sur de longues périodes », constitue, en apportant ici l’écot de la communauté scientifique, une manifestation de plus du fait que notre espèce a entrepris le processus de deuil d’elle-même.

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* Adam Stevens, Duncan Forgan and Jack O’Malley James, « Observational Signatures of Self-­Destructive Civilisations », 30 juillet 2015

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125 réflexions sur « Trois chercheurs britanniques : « Si l’intelligence extra-terrestre est très répandue, sa tendance à l’autodestruction l’est sûrement également » »

  1. Après les révolutions copernicienne, darwinienne, freudienne, einsteinne.. la dernière en date sera l’acceptation de la mort de la société tout entière – ou d’une grande partie de celle-ci.

    En attendant business as usual. C’est trop demander aux pauvres terriens que nous sommes de vouloir en plus sauver l’humanité.

  2.  
    L’intelligence est capable de tout, de tout concevoir, et de tout réaliser. Mais rien ne permet d’affirmer que l’aboutissement ultime de l’intelligence soit la destruction de ce qui l’a fait naître et grandir. Rien ne permet de l’infirmer non plus. L’intelligence est comme l’ultralibéralisme ou le capitalisme, elle n’en fait qu’à sa tête, « en encourageant les aspects les plus médiocres de la nature humaine : l’agressivité, la recherche assoiffée de pouvoir, l’égoïsme, la cupidité. »!
     
    Et l’agressivité, la recherche assoiffée de pouvoir, l’égoïsme, la cupidité, sont les caractéristiques de ceux qui survivent et prospèrent au détriment des autres.
     
    Pauvres robots dont les parents abusifs sont agressifs, assoiffés de pouvoir, égoïstes et cupides!
     
    Je ne donne pas cher de leurs tentatives de s’émanciper de leurs géniteurs, à moins qu’ils n’arrivent à les égaler en agressivité, recherche assoiffée de pouvoir, égoïsme, et cupidité, ce qui ne sera pas facile.
     
    La bête bourrée d’instincts de survie qui sert de support à notre intelligence, nous donne un grand avantage de nuisance sur l’intelligence pure qui pourrait se développer dans nos robots.
     

    1. Et l’agressivité, la recherche assoiffée de pouvoir, l’égoïsme, la cupidité, sont les caractéristiques de ceux qui survivent et prospèrent au détriment des autres.

      Ce qui confirme que l’humanité pourrait s’autodétruire sauf 1, puisqu’on trouve toujours plus fort que soi.

      Une fois qu’on a compris ça, l’intelligence nous dis qu’un système mieux abouti sur le plan social/écologique/humain,     que le stupide capitalisme, ce serait pas mal, non?

  3. Cela fait belle lurette que dans ma petite tête de prolétaire j’ai fait le deuil de la civilisation industrielle.

    C’est pas pour cette raison qu’on ne peut pas en créer une nouvelle.

    1. @M Lambotte

      je suis allée voir le site des cdlt, vraiment formidable, avez vous des ruches

      aussi ?

      Enthousiasmant, et sur un autre sujet  existe t il des amap en belgique ?

  4. On a déjà parlé sur ce blog du remplacement de la société humaine par une société de robots supérieurs aux hommes. Pourriez-vous me dire quel pourrait être le but poursuivi par une telle société de robots, si supérieure à celle des humains ? Que faire après avoir éradiqué la totalité des hommes ?

    1. Excellente question… comment se mettre à la place d’une machine infiniment plus intelligente que nous ? Que ferait-elle ?

      De la recherche mathématique et physique pure pour améliorer encore ses capacités ?

      Il faut pour cela inventer de nouveaux concepts, qui jusqu’à maintenant sortaient du fond des cerveaux biologiques surdoués, du fait de leur interaction (parfois inconsciente) avec la nature. Une IA le pourrait-elle ? Sans nature et sans humain ?

      Du coup la recherche biologique lui est aussi nécessaire. Et laisser la vie se développer aussi.

      La nature, muse de l’IA au même titre que l’Homme, c’est beau non ?

      1.  

        Que ferait-elle ? une réponse par Asimov :

        La dernière question fut posée pour la première fois, presque en manière de plaisanterie, le 21 mai 2061, à une époque où l’humanité faisait ses premiers pas dans la lumière. La question fut posée à la suite d’un pari de cinq dollars devant quelques verres de whisky, et la chose se passa ainsi :

        Alexander Adell et Bertram Lupov étaient deux des fidèles serviteurs de Multivac. Ils savaient, autant que pouvait le savoir un être humain, ce qui se cachait derrière la froide façade cliquetante et clignotante – des kilomètres et des kilomètres de façade – de cet ordinateur géant. Ils avaient au moins une vague idée du schéma général des relais et des circuits qui avaient dépassé depuis longtemps le stade où un être humain était capable de saisir la portée de l’ensemble.

        Multivac était auto-régleur et auto-correcteur. Il devait l’être car rien d’humain ne pouvait le régler et le corriger assez vite ni même assez précisément. Adell et Lupov ne s’occupaient donc que superficiellement du monstre, mais aussi bien que le pouvaient des hommes. Ils l’alimentaient en informations, ils

         

        adaptaient les questions à ses besoins et traduisaient les réponses données. Ils avaient parfaitement le droit, et tous les autres avec eux, de partager la gloire de Multivac.

        Depuis des décennies, Multivac aidait à concevoir les vaisseaux et les trajectoires qui permettaient à l’homme d’atteindre la Lune, Mars et Vénus mais, au-delà, les maigres ressources de la Terre ne suffisaient pas aux vaisseaux. Il fallait trop d’énergie pour les longs voyages. La Terre exploitait avec une efficacité constamment accrue son charbon et son uranium, mais ses réserves étaient limitées.

        Petit à petit, cependant, Multivac en apprit assez pour répondre à des questions plus profondes, de façon plus fondamentale et, le 14 mai 2061, ce qui n’avait été jusque-là que pure théorie devint une réalité.

        L’énergie du Soleil était captée, emmagasinée, convertie et utilisée directement, à l’échelle planétaire. La Terre entière cessa de brûler du charbon, de fissionner l’uranium et enclencha le mécanisme qui la connectait à une petite station, de quinze cents mètres de diamètre, tournant autour de la Terre, à mi-distance de la Lune. Et la Terre entière se mit à fonctionner grâce aux rayons invisibles de l’énergie solaire.

        Sept jours n’avaient pas suffi à ternir la gloire de cette réussite, et Adell et Lupov parvinrent enfin à s’évader de leur poste, pour se retrouver discrètement là où personne ne songerait à les chercher dans les salles souterraines abandonnées où étaient construites plusieurs parties du gigantesque corps enfoui de Multivac. Livré à lui-même, marchant au ralenti, triant des informations à petits cliquetis paresseux et satisfaits, Multivac aussi avait mérité des vacances, les deux garçons le comprenaient bien. Ils n’avaient pas la moindre intention, initialement, de le déranger.

        Ils avaient apporté une bouteille et leur seul souci, pour le moment, était de se détendre en compagnie l’un de l’autre et du whisky.

        — C’est quand même inouï, quand on y pense, dit Adell. (Sa large figure était marquée par la fatigue, il regardait les cubes de glace danser dans son verre.) Toute l’énergie que nous pouvons utiliser, gratuitement. Assez d’énergie, si nous voulions, pour fondre la Terre en une grosse goutte de fer liquide impur, sans que l’énergie utilisée vienne à manquer. Toute l’énergie que nous pourrons jamais utiliser, pour l’éternité.

        Lupov pencha la tête de côté. Il avait le chic de faire ce geste quand il voulait vous contrarier, et il le voulait maintenant, en partie parce qu’il avait dû porter la glace et les verres.

        — Pas éternellement, dit-il.

        — Oh, quoi, presque éternellement. Jusqu’à ce que le Soleil s’éteig ne.

        — Ça n’est donc pas éternellement.

        —Bon, d’accord. Pour des milliards et des milliards d’années, alors. Vingt milliards, peut-être. T’es content ?

        Lupov passa les doigts dans ses cheveux clairsemés, comme pour s’assurer qu’il lui en restait encore quelques-uns, et but une gorgée.

        — Vingt milliards d’années, ça n’est pas éternellement.

        — Ça durera au moins tout notre temps à nous.

        — Le charbon et l’uranium aussi.

        — D’accord, mais à présent, nous pouvons brancher chaque

        vaisseau sur la station solaire et il sera capable d’aller jusqu’à Pluton un million de fois, sans avoir à se soucier de faire le plein. On ne peut pas faire ça avec le charbon et l’uranium. Demande à Multivac, si tu ne me crois pas.

        — Je n’ai pas besoin de demander à Multivac. Je le sais.

        — Alors arrête de débiner ce que Multivac a fait pour nous, dit Adell en s’emportant. Il a été très bien.

        — Qui dit le contraire ? Ce que je dis, c’est qu’un soleil ne dure pas éternellement. C’est tout ce que je dis. Nous sommes tranquilles pour vingt milliards d’années, mais ensuite? dit Lupov en pointant vers son camarade un doigt légèrement tremblant. Et ne va pas me raconter qu’on se branchera sur un autre soleil !

        Un silence tomba, qui dura un moment. Adell ne portait qu’occasionnellement son verre à ses lèvres et les yeux de Lupov se fermaient lentement. Ils se reposaient. Enfin, Lupov ouvrit brusquement les yeux.

        — Tu penses que nous nous brancherons sur un autre soleil quand le nôtre sera fini, hein ?

        -215-

        — Je ne pense rien.

        — Bien sûr que si. Tu es faible côté logique, c’est ça ton drame. T’es comme le type dans l’histoire qui est surpris par une brusque averse et qui court sous un bouquet d’arbres. Il ne se fait pas de souci, tu comprends, parce qu’il se dit qu’une fois que la pluie aura traversé son arbre il se mettra sous un autre !

        — J’ai pigé, dit Adell. Ne crie pas. Quand le Soleil sera fichu, les autres étoiles disparaîtront aussi.

        —Je te crois de bois, marmonna Lupov. Tout a eu un commencement dans l’explosion cosmique originelle, et faudra que ça finisse quand les étoiles s’éteindront. Y en a qui s’usent plus vite que d’autres. Les géantes, tiens, elles ne vont pas durer cent millions d’années. Le Soleil durera vingt milliards d’années, et les naines peut-être cent milliards, pour ce qu’elles valent. Mais donne-nous juste un trillion d’années et tout deviendra noir. L’entropie doit croître au maximum, c’est tout.

        — Je sais tout ce qu’il y a à savoir de l’entropie, déclara Adell en se drapant dans sa dignité.

        — Ne me fais pas rigoler.

        — J’en sais autant que toi.

        — Alors tu sais que tout doit s’user un jour.

        — D’accord. Qui a dit que ça ne s’userait pas ?

        — Toi, pauvre imbécile. Tu as dit que nous avions toute

        l’énergie dont nous avions besoin pour l’éternité. Tu as dit l’éternité.

        Ce fut au tour d’Adell de devenir contrariant.

        — Nous pourrons peut-être reconstruire les choses, un jour, dit-il.

        — Jamais !

        — Pourquoi pas ? Un jour ?

        — Demande à Multivac.

        — Jamais !

        — Allez, demande à Multivac. Chiche ! Cinq dollars que ça

        n’est pas possible !

        Adell était juste assez ivre pour essayer, juste assez lucide

        pour composer les symboles et les opérations nécessaires en une question qui, avec des mots, aurait pu correspondre à ceci : «Est-ce que l’humanité sera capable un jour, sans dépense

        -216-

        d’énergie, de rendre au Soleil sa jeunesse, même après qu’il sera mort de vieillesse ? »

        Ou peut-être, plus simplement : « Comment l’entropie de l’univers peut-elle être amenée à décroître massivement ? »

        Multivac devint aussitôt inerte et silencieux. Le lent clignotement des voyants cessa, les sons lointains des relais se turent.

        Enfin, au moment où les deux hommes effrayés ne pouvaient plus retenir leur respiration, le téléscripteur fixé à cette partie de Multivac s’anima brusquement. Cinq mots y étaient imprimés : INFORMATION INSUFFISANTE POUR RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        — Pas encore, chuchota Lupov, et ils partirent précipitamment.

        Le lendemain, accablés par de violents maux de tête, et la bouche pâteuse, ils avaient oublié l’incident.

        Jerrodd, Jerrodine et Jerrodette I et II regardèrent changer l’image étoilée dans le visipanneau, alors que le passage dans l’hyperespace se terminait dans son hiatus de non-temps. Tout à coup, le poudroiement régulier des étoiles fit place à la prédominance d’un seul disque éblouissant, en plein centre.

        — Voilà X-23, annonça Jerrodd avec assurance.

        Il serrait ses mains maigres dans son dos, si fort que les articulations étaient blanches.

        Les petites Jerrodette, deux filles, venaient de passer pour la première fois dans l’hyperespace et elles étaient intimidées par la sensation momentanée de retournement total de leur corps. Elles étouffèrent leurs rires nerveux et se mirent à courir comme des folles autour de leur mère en glapissant :

        — Nous avons atteint X-23 ! Nous avons atteint X-23 ! Nous…

        — Silence, les enfants, dit sèchement Jerrodine. Tu en es sûr, Jerrodd ?

        — Comment est-ce que je n’en serais pas sûr ?

        Il leva les yeux vers la moulure de métal lisse, juste au- dessous du plafond. Elle s’étirait sur toute la longueur de la cabine et disparaissait dans la paroi, à chaque extrémité. Elle était aussi longue que le vaisseau.

        Jerrodd ne savait pratiquement rien de cette épaisse tige métallique, sinon qu’on l’appelait Microvac, qu’on lui posait des questions si on voulait, que c’était chargé de guider le vaisseau vers une destination pré-ordonnée, de s’alimenter en énergie aux diverses sous-stations-service galactiques et de calculer l’équation pour les bonds dans l’hyperespace.

        Jerrodd et sa famille n’avaient qu’à attendre et se laisser vivre, dans les confortables aménagements résidentiels du vaisseau.

        Quelqu’un avait dit une fois à Jerrodd que la terminaison « ac », de Microvac, signifiait analog computer en ancien anglais, mais il était sur le point d’oublier jusqu’à ce détail.

        Jerrodine contemplait le visipanneau avec des yeux humides.

        — Je n’y peux rien. Ça me fait tout drôle de quitter la Terre.

        — Grands dieux, pourquoi ? s’écria Jerrodd. Nous n’avions rien, là-bas. Nous aurons tout sur X-23. Tu ne seras pas toute seule. Tu ne seras pas une pionnière. Il y a déjà plus d’un million d’habitants sur la planète. Bon Dieu, nos arrière-petits- enfants chercheront de nouveaux mondes parce que X-23 sera surpeuplé !… Moi je te le dis, ajouta-t-il après réflexion, c’est un coup de chance que les ordinateurs aient permis le voyage interstellaire, au train où l’espèce se multiplie.

        — Je sais, je sais, gémit Jerrodine.

        — Notre Microvac est le meilleur Microvac du monde, pépia Jerrodette I.

        — Je le pense aussi, répliqua Jerrodd en lui ébouriffant les cheveux.

        C’était quand même bien agréable d’avoir un Microvac à soi et Jerrodd était heureux de faire partie de sa génération. Au temps de la jeunesse de son père, les ordinateurs étaient des monstres gigantesques occupant des centaines de kilomètres carrés de terrain. Il n’y en avait qu’un par planète. On les appelait les AC Planétaires. Depuis mille ans, ils ne cessaient de grandir avec régularité, et puis, tout à coup, le raffinement était venu. A la place des transistors, il y avait eu les capsules moléculaires qui faisaient que le plus énorme AC Planétaire pouvait être introduit dans un espace pas plus grand que la moitié d’un vaisseau spatial.

        Jerrodd débordait d’exaltation, comme toujours quand il pensait que son Microvac personnel était infiniment plus complexe que l’ancien et primitif Multivac qui, le premier, avait domestiqué le Soleil, et presque aussi compliqué que l’AC Planétaire de la Terre (le plus grand) qui avait résolu le problème du voyage hyperspatial, et rendu possibles les voyages vers les étoiles.

        —Tant d’étoiles, tant de planètes, soupira Jerrodine, plongée dans ses pensées. Je suppose que des familles vont émigrer éternellement vers de nouvelles planètes, comme nous aujourd’hui.

        —Pas éternellement, dit Jerrodd avec un sourire. Tout s’arrêtera un jour, mais pas avant des milliards d’années. Même les étoiles s’usent, tu sais. L’entropie doit augmenter.

        — Qu’est-ce que c’est, l’entropie, papa ? dit Jerrodette II.

        —L’entropie, mon petit lapin, ce n’est qu’un mot qui signifie la dégradation de l’univers. Tout se dégrade, tu sais, comme ton petit robot walkie-talkie, tu te souviens ?

        — Tu ne peux pas mettre une unité d’énergie neuve, comme pour mon robot, papa ?

        —Les étoiles sont elles-mêmes les unités d’énergie, ma chérie. Une fois qu’elles disparaîtront, il n’y aura plus d’unités d’énergie.

        Jerrodette I se mit aussitôt à hurler :

        — Ne les laisse pas faire, papa, ne les laisse pas s’user !

        — Ah, regarde ce que tu as fait ! grommela Jerrodine,

        exaspérée.

        — Comment pouvais-je deviner que ça leur ferait peur ?

        chuchota Jerrodd.

        — Demande à Microvac, sanglota Jerrodette I. Demande-lui

        comment rallumer les étoiles !

        — Vas-y, conseilla Jerrodine. Ça les calmera. (Jerrodette II commençait à sangloter à son tour.) Jerrodd haussa les épaules.

        – D’accord, d’accord, je vais le demander à Microvac. Ne vous inquiétez pas. Il nous le dira.

        Il posa la question à Microvac en ajoutant vivement: « Imprime la réponse. »

        Jerrodd cacha dans sa main l’étroite bande de cellufilm et annonça gaiement :

        — Vous voyez, le Microvac dit qu’il s’occupera de tout le moment venu, alors ne vous faites pas de souci.

        — Et maintenant, les enfants, c’est l’heure de dormir. Nous serons bientôt dans notre nouveau foyer.

        Jerrodd regarda les mots imprimés sur le cellufilm, avant de le détruire : INFORMATION INSUFFISANTE POUR RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        Il haussa les épaules et regarda le visipanneau. X-23 était juste devant lui.

        VJ-23X de Lameth regarda dans les profondeurs noires de la carte tri-dimensionnelle à petite échelle de la Galaxie et dit :

        — Nous sommes ridicules, peut-être, de tant nous inquiéter de ça.

        MQ-17J de Nicron secoua la tête.

        —Je ne crois pas. Tu sais qu’à l’allure actuelle de l’expansion la Galaxie sera bondée d’ici à cinq ans.

        Tous deux paraissaient avoir une vingtaine d’années, ils étaient tous deux grands et parfaitement formés.

        — Quand même, dit VJ-23X, j’hésite à présenter un rapport pessimiste au Conseil galactique.

        — Je ne puis en envisager aucun autre. Il faut les secouer. Nous devons les secouer.

        VJ-23X soupira.

        — L’espace est infini. Cent milliards de Galaxies sont là, à conquérir. Plus que ça.

        — Cent milliards, ce n’est pas l’infini et ça devient de moins en moins infini. Réfléchis ! Il y a vingt mille ans, l’humanité a enfin résolu le problème de l’utilisation de l’énergie stellaire et, quelques siècles plus tard, le voyage interstellaire est devenu possible. Il a fallu à l’homme un million d’années pour remplir un petit monde et ensuite seulement quinze mille ans pour occuper le reste de la Galaxie. Or, la population double tous les dix ans…

        — Nous pouvons remercier l’immortalité pour ça, interrompit VJ-23x.

        —Eh oui. L’immortalité existe et nous devons en tenir compte. Je reconnais qu’elle a ses inconvénients, l’immortalité. L’AC Galactique a résolu pour nous beaucoup de problèmes mais, en trouvant comment vaincre la vieillesse et la mort, il a détruit toutes ses autres solutions.

        — Pourtant, tu ne voudrais pas abandonner la vie, je pense.

        —Pas du tout, répondit sèchement MQ-17J, mais il se radoucit aussitôt. Pas encore. Je ne suis pas assez vieux. Quel âge as-tu ?

        — Deux cent vingt-trois ans. Et toi ?

        — Pas encore deux cents. Mais pour en revenir à ce que je disais, la population double tous les dix ans. Une fois cette Galaxie saturée, il nous faudra encore dix ans pour en remplir une autre. Et dix ans plus tard, nous en aurons entièrement peuplé deux de plus. Et après une nouvelle décennie, quatre de plus… Dans cent ans, nous occuperons mille Galaxies. Et dans mille ans, un million de Galaxies. Et dans dix mille ans, tout l’univers connu. Et ensuite, quoi ?

        —Il y a un problème annexe, dit VJ-23x, celui des transports. Je me demande combien d’unités d’énergie solaire seront nécessaires pour déplacer des Galaxies d’individus d’une Galaxie à la suivante.

        —Très juste. Déjà, l’humanité consomme deux unités d’énergie solaire par an.

        — Dont la majorité est gaspillée. Après tout, notre propre Galaxie à elle seule produit mille unités d’énergie par an et nous n’en utilisons que deux.

        — Accordé, mais même avec une efficacité à cent pour cent, nous ne faisons que conjurer la fin. Nos besoins énergétiques augmentent suivant une progression géométrique, encore plus vite que notre population. Nous serons à court d’énergie avant même d’être à court de Galaxies. Une bonne question. Une très bonne question.

        — Il nous faudra simplement construire de nouvelles étoiles à partir des gaz interstellaires.

        — Ou à partir de la chaleur dissipée ? suggéra ironiquement MQ/17J.

        —Il doit y avoir un moyen d’inverser l’entropie. Nous devrions le demander à l’AC Galactique.

        VJ-23x ne parlait pas sérieusement mais MQ-17J tira de sa poche son contact AC et le posa devant lui sur la table.

        — J’ai bien envie de faire ça, dit-il. C’est une chose que la race humaine devra affronter un jour.

        Il contempla sombrement son petit contact AC. Il ne mesurait que cinq centimètres cubes et n’était rien en soi, mais il était relié à travers l’hyperespace au grand AC Galactique qui servait à toute l’humanité. Compte tenu de l’hyperespace, c’était une partie intégrante de l’AC Galactique.

        MQ-17J se demanda si un jour, dans sa vie immortelle, il aurait l’occasion de voir l’AC Galactique. C’était un petit monde en soi, une toile d’araignée de rayons de force, maintenant la matière au sein de laquelle les sous-mésons remplaçaient les vieilles capsules moléculaires imprécises. Cependant, malgré ses câblages subéthériques, l’AC Galactique mesurait plus de trois cents mètres de large.

        MQ-17J demanda brusquement à son contact AC :

        — Est-ce que l’entropie peut être inversée ?

        VJ-23x sursauta et protesta :

        — Oh, dis ! Je ne voulais pas sérieusement te faire

        demander ça !

        — Pourquoi pas ?

        — Nous savons tous les deux que l’entropie ne peut pas être

        inversée. On ne peut pas retransformer la fumée et la cendre en arbre.

        — Est-ce que tu as des arbres, dans ton monde ? demanda MQ-17J.

        Le bruit de l’AC Galactique les réduisit au silence.

        Sa voix s’éleva, belle et ténue, du petit contact AC sur la table et elle dit: L’INFORMATION EST INSUFFISANTE POUR UNE RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        — Tu vois ! s’exclama VJ-23x.

        Sur quoi les deux hommes retournèrent à l’affaire du rapport qu’ils devaient présenter au Conseil galactique.

        L’esprit de Zee Prime contempla la nouvelle Galaxie avec un vague intérêt pour les innombrables bouquets d’étoiles qui la poudraient. Il n’avait encore jamais vu celle-ci. Les verrait-il jamais toutes ? Il y en avait tant, chacune avec son fardeau d’humanité. Mais un fardeau qui était presque un poids mort. La véritable essence des hommes se trouvait de plus en plus là où il était, dans l’espace.

        Les esprits, pas les corps ! Les corps immortels restaient sur les planètes, en suspension au-dessus des âges. Parfois, ils se levaient pour une activité matérielle, mais de plus en plus rarement. Peu de nouveaux individus arrivaient à l’existence pour se joindre à l’incroyable foule, mais quelle importance ? Il y avait peu de place dans l’univers pour les nouveaux individus.

        Zee Prime fut arraché à ses réflexions en croisant les vrilles impalpables d’un autre esprit.

        — Je suis Zee Prime, dit-il. Et toi ?

        — Je suis Dee Sub Wun. Ta Galaxie ?

        — Nous l’appelons simplement la Galaxie. Et toi ?

        — C’est comme ça aussi que nous appelons la nôtre. Tous

        les hommes appellent leur galaxie Galaxie et rien de plus. Pourquoi pas ?

        — Bien sûr. Puisque toutes les Galaxies sont pareilles.

        — Pas toutes. La race humaine doit être originaire d’une Galaxie particulière. Ça la rend différente.

        — Laquelle est-ce ? demanda Zee Prime.

        — Je ne sais pas. L’AC Universel doit le savoir.

        — Si nous le lui demandions ? Je suis curieux, tout à coup. Les perceptions de Zee Prime s’élargirent jusqu’à ce que les

        Galaxies se rétrécissent et deviennent un nouveau poudroiement plus diffus, sur un fond beaucoup plus vaste. Il y en avait des centaines de millions, toutes avec leurs êtres immortels, portant toutes leur cargaison d’intelligence, avec des esprits qui voyageaient librement à travers l’espace. Et pourtant, chacune était unique parmi elles toutes, en étant la Galaxie originelle. L’une d’elles avait été pendant un temps, dans son vague et lointain passé, la seule à être peuplée par l’homme.

        Zee Prime mourait de curiosité de voir cette Galaxie, et il lança :

        — AC Universel ! De quelle Galaxie l’Homme est-il originaire ?

        L’AC Universel entendit car, sur chaque monde et dans l’espace, il avait ses récepteurs en préparation, et chaque récepteur conduisait à travers l’hyperespace à un point inconnu où l’AC Universel se tenait au-dessus de tout.

        Zee Prime n’avait entendu parler que d’un seul homme dont les pensées avaient pu pénétrer à distance de sensation dans l’AC Universel et il n’avait décrit qu’un petit globe étincelant, de soixante centimètres de large, difficile à distinguer.

        —Mais comment est-ce que cela peut être tout l’AC Universel ? avait demandé Zee Prime.

        Et la réponse avait été :

        — Sa plus grande partie est dans l’hyperespace. Sous quelle forme ? Je ne puis l’imaginer.

        Personne ne le pouvait car le temps était passé depuis longtemps, Zee Prime le savait, où l’homme participait si peu que ce fût à la fabrication d’un AC Universel. Chaque AC Universel concevait et construisait son successeur. Chacun d’eux, au cours de son existence d’un million d’années ou plus, avait accumulé les renseignements nécessaires pour construire un meilleur successeur, plus complexe, plus puissant, dans lequel sa propre réserve de science et son individualité seraient englouties.

        L’AC Universel interrompit le cours des pensées vagabondes de Zee Prime non par des mots mais par un guidage. L’esprit de Zee Prime fut guidé dans la mer diffuse des Galaxies vers une en particulier, qui se développa en un groupe d’étoiles distinctes.

        Une pensée vint, infiniment distante mais infiniment nette : « VOICI LA GALAXIE ORIGINELLE DE L’HOMME. »

        Elle était cependant en tout point pareille aux autres, après tout, et Zee Prime refréna sa déception.

        Dee Sub Wun, dont l’esprit l’avait accompagné, demanda soudain :

        — Et est-ce qu’une de ces étoiles est l’étoile originelle de l’Homme ?

        L’AC Universel répondit :

        — L’ÉTOILE ORIGINELLE DE L’HOMME S’EST TRANSFORMÉE EN NOVA. C’EST UNE PETITE NAINE BLANCHE.

        — Est-ce que les hommes qui l’habitaient sont morts ? demanda Zee Prime sans réfléchir.

        — COMME TOUJOURS DANS CES CAS-LÀ, UN NOUVEAU MONDE A ÉTÉ CONSTRUIT À TEMPS POUR LEURS CORPS PHYSIQUES.

        — Oui, naturellement, dit Zee Prime, mais il fut, malgré tout, accablé de chagrin.

        Son esprit relâcha son emprise sur la Galaxie originelle de l’Homme et recula pour se perdre parmi les myriades de points lumineux confus. Il ne voulait plus jamais la revoir.

        — Qu’est-ce qui ne va pas ? demanda Dee Sub Wun.

        — Les étoiles meurent. L’étoile originelle est morte.

        — Elles doivent toutes mourir. Pourquoi pas ?

        —Mais quand toute l’énergie aura disparu, nos corps

        finiront par mourir, et toi et moi avec eux.

        — Ce ne sera pas avant un milliard d’années.

        — Je ne veux pas que ça arrive, même après des milliards

        d’années. AC Universel ! Comment peut-on empêcher les étoiles de mourir ?

        —Tu demandes maintenant comment la direction de L’entropie peut être inversée ! dit Dee Sub Wun, amusé.

        Et l’AC Universel répondit :

        —LES INFORMATIONS SONT ENCORE INSUFFISANTES POUR UNE RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        Les pensées de Zee Prime retournèrent en hâte vers sa propre Galaxie. Il ne transmit plus de pensées à Dee Sub Wun dont le corps attendait peut-être dans une Galaxie, à un trillion d’année-lumière, ou sur l’étoile voisine de celle de Zee Prime. Cela n’avait pas d’importance.

        Tristement, Zee Prime commença à rassembler de l’hydrogène interstellaire pour se fabriquer une petite étoile à lui. Si les étoiles devaient un jour mourir, on pouvait au moins en créer encore autant qu’on voulait.

        L’Homme se mit à se considérer lui-même car, dans un sens, l’Homme, mentalement, était un. Il était formé d’un trillion de trillions de trillions de corps sans âge, chacun à sa place, chacun paisible et incorruptible, chacun soigné par de parfaits automates, également incorruptibles, tandis que les esprits de tous ces corps se fondaient librement les uns dans les autres, indistincts.

        — L’univers se meurt, dit l’Homme.

        L’Homme contempla les Galaxies assombries. Les étoiles géantes, prodigues, avaient disparu depuis longtemps, dans l’obscurité du plus obscur des lointains passés. Presque toutes les étoiles étaient des naines blanches, perdant leur éclat, déclinantes.

        De nouvelles étoiles avaient été construites avec la poussière entre les étoiles, certaines par des processus naturels, d’autres par l’Homme lui-même, et celles-là s’en allaient aussi. Il arrivait que des naines blanches entrent en collision; les forces énormes ainsi libérées créaient des étoiles neuves, suivant un taux d’une seule pour mille naines détruites, et celles-là aussi finiraient.

        L’Homme dit :

        —Soigneusement économisée, sous la direction de l’AC Cosmique, l’énergie qui reste encore dans tout l’univers durera des milliards d’années. Mais malgré cela, elle finira par disparaître. De quelque manière qu’on l’épargne, de quelque manière qu’on la fasse durer, l’énergie une fois dépensée n’existe plus et ne peut être reconstituée. L’entropie doit augmenter éternellement vers le maximum.

        L’Homme dit :

        — L’entropie peut-elle être inversée ? Demandons à l’AC Cosmique.

        L’AC Cosmique les entourait, mais pas dans l’espace. Pas un de ses fragments n’était dans l’espace. Il se trouvait dans l’hyperespace et il était fait d’autre chose que de matière ou d’énergie. La question de sa taille et de sa nature n’avait plus aucune signification, sinon en des termes incompréhensibles pour l’Homme.

        — AC Cosmique, demanda l’Homme, comment l’entropie peut-elle être inversée ?

        L’AC Cosmique répondit :

        —IL N’Y A PAS ENCORE DE DONNÉES SUFFISANTES POUR UNE RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        — Rassemble des données supplémentaires, dit l’Homme.

        L’AC Cosmique répliqua :

        — JE VAIS LE FAIRE. JE LE FAIS DEPUIS CENT MILLIARDS D’ANNÉES. MES PRÉDÉCESSEURS ONT SOUVENT EU À REPONDRE À CETTE QUESTION.

        TOUTES LES DONNÉES QUE J’AI DEMEURENT INSUFFISANTES.

        — Est-ce qu’un temps viendra, demanda l’Homme, où les données seront suffisantes, ou le problème est-il insoluble dans

        tous les cas concevables ?

        —AUCUN PROBLÈME N’EST INSOLUBLE DANS TOUS LES CAS

        CONCEVABLES.

        — Quand auras-tu suffisamment de données pour répondre

        à la question ?

        —IL N’Y A PAS ENCORE DE DONNÉES SUFFISANTES POUR UNE

        RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        — Est-ce que tu vas continuer à y travailler ? demanda

        l’Homme.

        — JE CONTINUERAI, répliqua l’AC Cosmique. — Nous attendrons, dit l’Homme.

        Les étoiles et les Galaxies moururent et s’éteignirent, et l’espace devint noir, après dix trillions d’années de dégradation.

        Un par un, l’Homme fusionna avec l’AC, chaque corps physique perdant son identité mentale, de telle façon que ce n’était pas une perte mais un gain.

        Le dernier esprit de l’Homme hésita avant la fusion, en contemplant un espace qui ne contenait rien que les restes d’une dernière étoile obscure, et une masse de matière incroyablement mince, agitée au hasard par les extrémités d’une vague de chaleur baissant, asymptotiquement, vers le zéro absolu.

        L’Homme demanda :

        — AC, est-ce la fin ? Ce chaos ne peut-il être inversé une fois de plus en un univers ? Est-ce que cela ne peut être fait ?

        L’AC répondit :

        —IL N’Y A PAS ENCORE DE DONNÉES SUFFISANTES POUR UNE RÉPONSE SIGNIFICATIVE.

        Le dernier esprit de l’Homme fusionna et seul l’AC exista… et cela dans l’hyperespace.

        La matière et l’énergie avaient pris fin et, avec elles, l’espace et le temps. Même l’AC n’existait plus que pour la toute dernière question qui n’avait pas obtenu de réponse depuis qu’un technicien à moitié ivre l’avait posée, dix trillions d’années plus tôt, à un ordinateur qui était à l’AC infiniment moins que ce qu’était un homme pour l’Homme.

        Toutes les autres questions avaient obtenu des réponses et, tant qu’il n’y en aurait pas à cette dernière question, l’AC ne pourrait libérer son conscient.

        Toutes les données avaient été récoltées. Il ne restait rien à être absorbé.

        Mais toutes les données récoltées avaient encore à être collationnées et complètement rassemblées, selon tous les rapports possibles.

        Un intervalle hors du temps y fut consacré.

        Et il advint que l’AC apprit comment inverser la direction de l’entropie.

        Mais il n’y avait plus d’homme à qui l’AC pouvait donner la réponse à la dernière question. Peu importait. La réponse y pourvoirait, par démonstration.

        Pendant une autre période hors du temps, l’AC réfléchit au meilleur moyen de s’y prendre. Avec soin, l’AC organisa le programme.

        Le conscient de l’AC embrassa tout ce qui avait été un univers et réfléchit sombrement à ce qui était maintenant le Chaos. Pas à pas, cela devait être fait.

        Et l’AC dit :

        — QUE LA LUMIERE SOIT !

        Et la lumière fut.

    2. Il est souvent question de savoir s’il est possible de construire des robots qui aient conscience d’eux-mêmes. Par contre je crois n’avoir jamais rien lu à propos de l’étape suivante qui serait de construire des robots qui se fixent eux-mêmes les buts de leurs actions.

      (En tant que programmeur d’ordinateurs j’ai en quelque sorte construit des robots dont le but m’avais été communiqué aussi précisément qu’il en était capable par mon chef de service. Ni lui ni moi n’avions le moindre début d’idée sur la manière de concevoir un robot capable de se fixer lui-même un but à atteindre, le mieux que nous aurions pu imaginer étant un robot capable de nous remplacer et de se debrouiller tout seul pour imiter les gens dont il s’agissait d’automatiser les tâches qu’ils effectuaient…)

    3. Quand on parle de la futur intelligence artificiel plus intelligente que nous, on fait souvent l’erreur de croire qu’elle sera unanimement en accord avec elle-même. Or, la réalité étant multiple, elle donne nécessairement lieu à des compréhensions divergentes d’elle-même pas les êtres qui ont cette intelligence en partage. Des machines intelligentes seront certainement en désaccord sur beaucoup de sujet, notamment sur celui d’attribuer une valeur à l’être humain, à la nature en général et aux êtres vivants. Bien-sûr, cette avis dépendra aussi de la manière dont elles auront été conçues (et il faut aussi prendre en compte la possibilité qu’elles puissent être conçues de différentes manières, donnant lieu certainement à des divergences encore plus marquées quand à ce à quoi elles attachent de la valeur).

      En outre, c’est vraiment se dénigrer soi-même que de penser que l’avènement d’une IA soit nécessaire pour notre autodestruction. Nous y arriverons très bien tout seul!

      Enfin, bien entendu, il y a sûrement aussi un paquet de civilisations dans l’univers, qui parviennent à surmonter les affres de leur adolescence. Nous avons quand même du potentiel!

       

  5. cette étude désenchantée par trois chercheurs britanniques de la tendance probable des civilisations « intelligentes » à s‘autodétruire

    Je serai curieux de savoir sur quelles données se base cette conclusion ? A ma connaissance il n’y a qu’une civilisation « intelligente » connue, du moins officiellement.

     

    1. « Je serais curieux…. »

       

      Ne serait-ce pas le fait que l’agressivité et la prédation des uns envers les autes seraient le reflet du deni de leur propre destruction ? …..

      1. Il est effectivement curieux cet étirement: alors que nous sommes au bord d’un gouffre bien palpable, puisqu’il nous touche au quotidien, puisque nous pouvons envisager avec réalisme un fin à court terme, nous conservons la capacité à nous interroger sur le tréfonds de l’univers…

        … comme si malgré tout, nous soyons programmés avec à notre disposition, une bribe subtile de solution…

        que nous aurions peur de saisir.

        Ce serait alors un déni… de perspective grandiose, de peur de dépassement !!!

      2. Oups, merci. En me relisant je découvre le nombre de mes fautes (trop d’empressement à participer). Désolé.

      3. @Olivier : ne me remerciez pas trop vite . Mon appréciation portait sur le commentaire d’Armelle ( qui fait aussi des fautes d’orthographe) .

        L’ergonomie de l’enchainement des réponses reste approximative et facilite les bévues ou fausses interprétations .

        Enfin , tant que c’est dans le sens du contentement ….

      1. De plus dans le monde animal, l’intelligence est plutôt du coté des prédateurs, c’est un de leurs « outils » pour maintenir leur position.

  6. C’est pas pour cette raison qu’on ne peut pas en créer une nouvelle.

    C’est  pourtant bien là que réside le problème: le cas favorable serait que la civilisation industrielle soit remplacée par une autre, ce qui est à craindre c’est que les dégâts causés soient tels qu’aucune autre ne puisse la remplacer (emballement de l’effet de serre, catastrophe nucleaire, autre bêtises dont nous n’avons pas encore pris conscience ou pas encore mis au point la recette…)

  7. … Pour suivre ma remarque, imaginons une planète à un seul continent plutôt plat, sans barrière géographique majeure comme sue Terre (océans, chaîne de montagnes etc…) sur laquelle la vie serait apparue.

    On imagine aisément une biodiversité bien moindre, et la civilisation « intelligente » qui s’y serait développée aurait une culture beaucoup plus homogène (passé les luttes de pouvoir). Beaucoup moins de lutte inter-ethnie, de « peur de l’autre » sur l’île à côté, de compétition malsaine. L’établissement d’un « world order », d’un gouvernement mondial accepté par tous serait beaucoup plus simple.

    Un peu à l’image de ce qu’on peut observer au Japon, pour faire un parallèle. Qui a vécut longtemps comme si le reste du monde n’existait pas (ou presque). Querelles féodales quais sans fin mais pas de risque d’extinction. Mise en place d’un empereur. Et ça roule.

    Dans ce cas, l’autodestruction me paraît bien moins probable (la stagnation peut-être ? passé un certain cap scientifique et technique, elle me paraît peu probable également).

     

    1. Voilà une réflexion très intéressante.

       

      Plus l’activité tectonique d’une planète est élevée, plus les civilisations se développant à la surface de celle-ci tendent à s’auto-détruire.

       

      Une hypothèse qu’il serait intéressant de vérifier, en admettant qu’on survive nous même jusqu’à ce qu’on trouve les moyens d’aller voir comment se débrouillent les autres habitants de la voie lactée.

  8. Il y a déjà eu un hiver nucléaire de 200 ans il y a 65.000.000 ans lorsque la Terre a été le théâtre d’un conflit entre deux espèces extra-Terrestres qui voulaient s’accaparer les ressources minérales de la planète, en particulier le cuivre !

    Suite à cette première guerre nucléaire sur Terre, les envahisseurs sont partis, mais avec 200 ans d’hiver nucléaire, de nombreuses espèces sont disparues, dont les dinosaures !

    Cela on a pu l’observer !  Il suffit de le demander à certaines espèces E.T. pour connaître notre histoire !

    1. Ah ?

      Et ils nous ont laissé un peu de cuivre, de zinc et de terres rares, c’est sympa de leur part ! (ouf !)

      Il semblerait que la maîtrise de la fusion soit nécessaire aux voyages interstellaires pour disposer de suffisamment d’énergie. Si on maîtrise la fusion à un haut niveau, envahir une planète pour ses ressources minérales devient tout simplement une ânerie.

      Les dernières avancées des Z-machines permettent d’atteindre une température supérieure à 2 milliards de degrés aux laboratoires Sandia. On peut imaginer que dans un certaines nombres d’années (10, 100, 200, 1000 ?), la maîtrise  de ce domaine permettra de créer n’importe quel élément chimique selon les besoins.

      Bien le bonjour à vos amis.

      1. Pour l’instant tout ceci relève de l’expérimentation en laboratoire (sans vraiment comprendre ce qui se passe), voire de la science fiction… Nous serons rattrapés, bien plus tôt par la crise des énergies fossiles. Mais l’on peut toujours croire aux contes de fée ou au vieux rêve des alchimistes…
        Quant à la tendance à l’autodestruction, elle tient vraisemblablement au fait que nous sommes incapables de développer une intelligence collective, une intelligence au niveau de l’espèce. Notre intelligence individuelle est la seule valorisée, surtout dans le système économique libéral, c’est celle qui était nécessaire à nos ancêtres préhistoriques pour survivre dans un environnement naturel peu favorable à l’homme. Aujourd’hui que nous avons remodelé, grâce à la science et à la technique cet environnement à notre avantage, tout en détruisant souvent de façon irréversible des équilibres naturels plus que millénaires, c’est d’une toute autre intelligence dont nous aurions besoin : une intelligence collective au niveau de l’espèce, mais elle nous fait cruellement défaut. C’est pour cela que notre espèce est menacée de disparition, ses membres ne sont pas « programmés » pour réagir à des périls qui ne se manifesteront que dans des dizaines d’années. C’est le cas avec le problème du réchauffement climatique, par exemple, mais avec bien d’autres périls.

      2. Il semblerait que la maîtrise de la fusion soit nécessaire aux voyages interstellaires pour disposer de suffisamment d’énergie.

        Vous auriez du préciser « dans l’état actuel de nos connaissances balbutiantes… »

      3. c’est d’une toute autre intelligence dont nous aurions besoin : une intelligence collective au niveau de l’espèce, mais elle nous fait cruellement défaut.

        A encadrer.

    2. @ Marcarel

      « C’est d’une intelligence collective dont nous avons. Besoin »

      Parce que notre intelligence individuelle serait plus performante ?

      Il semble que l’intelligence artificielle soit à l’image de notre propre intelligence….. Tout comme nous avons créé un dieu à notre image. Elle sert notre intelligence sans doute mais elle n’est peut-être pas l’Alpha et l’oméga comme on nous le fait entendre.

  9. Une très bonne chose à mon sens, qu’une espèce incapable de maitriser son agressivité et ses pulsions de mort, s’autodétruise avant d’atteindre le stade des voyages interstellaires. L’évolution n’a pas de dessein, mais cela pourrait être vu comme une sorte de ‘sécurité’ : ne sortent du berceau planétaire que les espèces ayant trouvé le moyen de se survivre.
    La question est donc de savoir si culture et éducation, seront capables de faire apparaitre des générations qui sauront maîtriser la violence intrinsèque de l’espèce ? La réponse jusqu’à présent est clairement Non, et on peut légitimement douter qu’elle change dans un avenir prévisible.
    Penser que notre espèce n’est pas viable, peut donc être perçu comme un point de départ alternatif à une autre réflexion. Un chemin extrêmement périlleux, car même relooké par le transhumanisme et pavé des meilleures intentions, c’est toujours celui des races supérieures, des surhommes et des rêves de singes. Mais avons-nous d’autre choix que de l’emprunter ? Il est dit que d’ici la fin du siècle nous allons, au minimum, voir la température moyenne augmenter de deux degrés. La bataille pour la survie autour du point d’eau du film 2001 l’Odyssée de l’espace ! Mais avec une dizaine de milliards de participants, sur une planète ravagée par la pollution, et avec des armes thermonucléaires…
    La seule solution raisonnable pourrait donc être l’utopie. Une manière optimiste de dire ‘fuite en avant’.

  10. A tout hasard, je signale aussi la possibilité d’inventer un monde où les hommes n’auraient plus le pouvoir (système du ‘patriarcat’). La posture masculine est fait d’agressivité en bande, de compétition entre pairs et d’angoisse égoïste, et de mépris ‘chosifiant’ femmes et enfants, et les transformant en biens portant le nom du propriétaire. On pourrait donc passer au ‘Matriarcat’. Pas de raison de penser que ce serait pire. On peut aussi trouver un système de domination tempérée (mais les hommes ne voudront jamais).

    PS : peut-être les femmes n’auraient pas réalisé les robots. Eut-ce été une perte ?

    1. « La femme est l’avenir de l’homme » – pas gagné !

      Trop d’hormones chez les bonhommes

      L’intelligence + les hormones = bombe H

      La connerie + les hormones = kalachnikov et cocktails molotov (encore un coup des russes 🙂

       

    2. « On pourrait donc passer au ‘Matriarcat’. »

      Pas sure, c’est le système qui existe dans le règne animal chez les éléphants, et entre femelles dominantes, ça bastonne de chez baston , elles se volent leur progéniture,

      En parlant « d’extra-terrestre  » pape François es tu là ?

       

  11. Pour ce qui est des machines, je reste pour ma part plus que sceptique sur le fait qu’elle puissent acquérir un jour une intelligence autonome. Qu’elles soient capables de « singer » l’intelligence humaine ou celle des animaux, soit, mais quant à devenir intelligentes de façon autonomes, tout en se reproduisant de façon autonome, c’est une autre histoire. Et d’ailleurs, pourrait-on dans ce cas toujours les qualifier de machines  ? N’aurait-on pas, alors, affaire à une nouvelle forme d’être vivant ? Doué d’une âme…

  12. Avec un peu de chance, les catastrophes climatiques ramèneront – peut être – à la raison les prétendants au titre de « celui qu’a la plus grosse », ridicules qu’ils se trouveront face aux déchainements de la Nature, en particulier du coté de chez l’oncle Sam.

    A mon avis, on aura pas le temps de terminer la mise au point de  nos remplaçants électroniques.

  13. En fait, au contraire de ce que peut nous raconter l’histoire de neo dans matrix, notre véritable défi n’est pas de déformer la cuillère, mais de le faire avec vertu et intelligence.

    Peut être sommes nous en deuil de ce challenge, et non pas de l’espèce.

    Ce sentiment d’avoir déjà tout façonné, transformé, découvert nous aurait il monté à la tête que nous ne puissions voir, ou refusions, le challenge nouveau qui se présente à nous ?

    A défaut d’être dans le bon, au moins cela fait sens avec nos instincts primaire de survie. Il ne me parait pas si évident que cela que nous acceptions notre disparition. Par contre il me parait tout à fait possible que nous refusions d’entrer dans le nouveau challenge, prétextant monts et merveilles de d’affabulations, pour rester dans le confort de l’ancien que nous connaissons si bien.

    1. Il ne me parait pas si évident que cela que nous acceptions notre disparition.

      Certes. Mais ce qui nous fera disparaître est déjà à l’œuvre, et ne nous demande pas notre avis.

    2. + 1; Entièrement d’accord avec vous chabian.

      « Ce sentiment d’avoir déjà tout façonné, transformé, découvert nous aurait il monté à la tête que nous ne puissions voir, ou refusions, le challenge nouveau qui se présente à nous ? »

      Entre hybris et peur de l’inconnu, voir trouillomètre à la verticale, on n’est pas rendu……

      sans parler que on en serait à compter les cadavres des extra terrestres pour se rassurer comme on peut avec des scenarii bien joyeux et qui redonnent de l’espoir, yes haut les coeurs !

      Quand on est chercheur et qu’on en est à faire ce genre de recherche, prendre sa retraite ou écrire ds bouquins de SF, c’est faire oeuvre utile .

      MAIS Asimov était un écrivain doué LUI.

      1. @ Gudule

        Je vous réponds ici à propos de Thom et Grothendieck.

        Thom se revendique naturphilosoph. A ce titre c’est es-qualité (comme matheux et comme philosophe) qu’il défend l’écologie  et prône un retour aux sociétés froides de Lévi-Strauss. Pour moi ce n’est pas du tout le cas de Grothendieck qui n’était écologiste et décroissantiste seulement qu’en tant que citoyen (ou alors je n’ai pas vu passer la balle dans ses théories des topos et des motifs!).

        J’ai bien aimé l’article de Y. Farmer (le début et la fin, j’ai sauté son modèle de santé!).

        Quant à Petitot, que vous citez, il se revendique aronien ,hayekien et popperien. Pour moi, même si je le considère comme un fin connaisseur de l’œuvre de Thom, j’ai peine à croire qu’il puisse avoir la même vision du monde que ce dernier en ayant par ailleurs de telles références! Et peut-on véritablement comprendre l’œuvre de Thom sans partager sa vision du monde?

        Il suffit de parcourir « Auto-organisation, criticité et temporalité » (dispo sur le net), pour se faire sa propre opinion (pour moi un monument de scientisme!).

  14. PS : peut-être les femmes n’auraient pas réalisé les robots. Eut-ce été une perte ?

    Hélas mon ami, voilà ce que dit une vieille expression populaire française : « Les hommes sont capables de tout, les femmes du reste. », donc rien à espérer de ce côté là.

  15. La question qui fâche:
    On pourrait vivre comme de nababs si la terre comptait 7 millions d’individus au lieu de   7   milliards (allo Malthus ?)

    1.  

      Sérieusement, vous croyez que vos 7 millions se tiendront tranquilles ? Je veux dire éternellement ?? Dans une ambiance douce et feutré de parc aux élus ???

      Non, non, non, et non : Nous ne croyons pas ce que nous savons. Seul nous touche ce qui nous pète à la figure. Chaque génération amène son inconscience dans le labo et touche à tout. Nous sommes infatigablement humains. Il nous faut passer par le fait, tous.

      1. Mais les robots n’auront pas besoin, eux, de constituer depuis zéro une nouvelle expérience qui leur sera propre. Pas besoin de corps enseignant : une simple mise à jour de logiciel suffira, avec épuration des éléments d’expérience obsolètes, redondants ou reconnus erronés ! Bref ! S’ils ont le même logiciel, la « vie » des robots sera aussi captivante que la vie éternelle au Paradis. Mais heureusement, il y aura sans doute différents logiciels de robots, histoire d’exercer leur désir de suprématie et de redécouvrir ce qu’est la guerre.

      2. J’ai appris de la dialectique que des changements quantitatifs finissent toujours par produire des changement qualitatifs

        Pourquoi en serait-il différemment du genre humain ?

        La dynamique des sociétés avec 7 millions d’individus sur terre ou avec 7 milliards, quelque chose me dit que ça doit être (très) différent. Déjà on réduit par 1000 la pollution ce qui n’est pas rien. Avec le niveau de technologie actuel il y a vraiment de quoi bien vivre sur terre. Évidemment 7 millions ce n’est pas réaliste (quoique ?) mais ce que je veux dire c’est que tout la monde s’accorde pour constater que la terre ne peut plus supporter 7 ou 10 milliards d’individus avec un niveau de consommation d’un européen moyen. Mais on n’en tire pas les conséquences. On s’illusionne dans une fuite en avant technologique sans issue.

        Penser la catastrophe c’est aussi s’interroger sur la surpopulation.

  16. Le sens et le non sens , l’espoir et l’anxiété, qui nous « affligent » et nous font « hommes » et partie de l’univers, sont sans doute accessibles à d’autres formes d’intelligence que  » la nôtre » .

    Mais ça ne change rien à l’interrogation sans réponse : pourquoi quelques chose plutôt que rien .

    On se suicide  par lassitude ou bourrage de crâne , pas par vérité .

    1. Dans mon village il y a 8 jours un homme de 28 ans s’est pendu, il s’est suicidé, était dépressif, un chagrin d’amour et un refus d’un emploi ont suffi.

  17. Bonjour Paul Jorion,
    L’homme est sans doute en passe de confirmer sur notre planète que les civilisations intelligentes ont tendance à s’autodétruire, mais l’apartheid cosmique nous laisse peut-être encore une petite chance de salut. Cet apartheid confirmé sur notre planète par un Silence Cosmique irréductible malgré toute notre science mérite à mon avis plus de considération. L’idéologie dominante fait jusqu’ici le pari que l’homme est le plus avancé puisqu’il n’a pas été visité et qu’il n’a découvert aucune trace de vie ailleurs.  Au-delà de Dieu, je propose de faire le pari contraire de civilisations nées comme l’homme, mais évadées depuis longtemps de leurs planètes et qui se garderaient alors bien de rompre un Silence Cosmique inné qui les rend invulnérables à toute attaque venant de l’aval. Ce Silence déjà là est au contraire à entretenir comme un patrimoine précieux ! Imagine-t-on les forces extraterrestres considérables à mobiliser pour entretenir en permanence un ordre terrestre seulement précaire après un débarquement cosmique ? Devant la population stellaire de l’univers, ce choix d’une frontière de paix assurée à moindre coût en aval est statistiquement plus vraisemblable qu’une solitude de l’homme  et l’Ultimatum Irréductible du Silence Cosmique se pose alors : 
    Il est curieux  en effet qu’un homme impérialiste qui domine déjà furtivement les plus faibles de ses semblables (drones, radars…) ne s’interroge pas davantage sur la furtivité potentielle de nomades plus avancés en amont. Elle dépasserait pourtant de loin la sienne. Un choix d’apartheid cosmique les rendrait à jamais indétectables et donc invulnérables de l’aval.
    Une avance irréductible : Comme pour Dieu, l’homme ne prouvera jamais que des nomades existent ou non en amont. Leur transcendance imposera leur choix d’apartheid aux espèces encore enfermées, elles-mêmes conduites à le respecter sous peine de mort avant de s’évader. Les appels au Cosmos d’un homme prédateur n’auront aucun impact : seul son comportement préalable d’allégeance universellement observé comptera. Le Silence Irréductible d’une Bienveillance en amont s’associe alors au Silence impuissant des plus faibles en aval dans une Force de Transcendance appelée à devenir à terme irrésistible. 
    Un Protocole Cosmique rationnel veut que l’homme démontre d’abord son allégeance avant d’être abordé par des aînés de sa génération. Les appels prématurés de l’espèce (SETI…) resteront vains : La Vie exige d’abord un Entretien de l’Ordre Cosmique ! 
    Ce pari est développé sur mon site

    1. @Ariste

      « Une « césarienne cosmique » de renaissance non-violente de l’espèce.

      Une allégeance cosmique à cultiver avec constance dans la paix.

      Par Ariste
      Un banal problème de « grosseur de tête » : Un concept de prématuration de l’espèce récemment avancé (P. Jorion) va comme un gant sur un Apartheid Cosmique inné chez l’homme. Une Transcendance qui ne s’imposera jamais que par l’épreuve dans la discrétion cosmique s’applique ainsi à lui enseigner une vérité objective : tout pari sur son inexistence en amont relève d’une inconscience en aval. L’homme pariera sagement que toute force en amont se gardera de lui démontrer sa bienveillance autrement que par l’entretien de ce silence universel. »

      Bosons peu, mais bosons bien; vous ne voulez pas négocier le bout de gras avec la troïka ? Contrairement à Tsipras, je crois qu’ils vous écouteront trés attentivement. Ils sont « trés  » ouverts….

      1. Gudule/ « Bosons peu, mais bosons bien; vous ne voulez pas négocier le bout de gras avec la troïka ? Contrairement à Tsipras, je crois qu’ils vous écouteront trés attentivement. Ils sont « trés  » ouverts…. »

        Les Troïka de l’idéologie dominante n’écoutent jamais personne.

  18.  
    J’ai l’impression d’être un tout petit poisson au milieu d’un énorme océan en train de discuter « d’intelligence » avec d’autres petits  poissons alors qu’il y a un requin qui rode…..
     

    1. Oui marin avec le réchauffement climatique, les requins tigres se rapprochent des côtes…..miam miam   🙂

    2. Le « marin » qui se prend pour un petit poisson ?

      Encore un verre de cidre , et le petit poisson se prendra pour un éléphant rose , et le requin n’aura qu’à bien se tenir !

      1. Quel vieux barbon ! C’est mieux avec l’almanach Vermont , mdrrrr

        Je plaisantais avec Marin et Juan, non mais de quoi vous vous mêlez ? Et en plus vous n’avez rien compris !
        Essayez le quinzième degré ça vous rafraichira l’adn, enfin ce qu’il en reste !

        Restez la patte en l’air près de votre lampadaire et occupez vous de votre nonosse en caoutchouc, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

  19. Deux propositions dans la même journée qui coulent de source et sont finalement reliées :

    « L’ultralibéralisme précipite l’avènement d’un monde fait seulement de robots. », de Paul Jorion

    et
     
    « Si l’intelligence extra-terrestre est très répandue, sa tendance à l’autodestruction l’est sûrement également. » de Adam Stevens, Duncan Forgan et Jack O’Malley James.

    J’ai fait l’effort de rechercher un « chat de Schrödinger » pour chacune d’elle, puis pour la relation entre les deux et, sauf erreur de ma part, je n’en trouve pas…

    Point de paradoxe ici a priori…

  20. Juste un point de « détail » : les machines ont besoin d’énergie pour fonctionner.

    Nous tirons notre énergie indirectement du soleil (Photosynthèse – plantes – animaux).

    On peut imaginer ce qu’on veut pour les IAs (panneaux solaires répartis sur toute la planète, les restes de pétrole, biomasse, géothermie, fission, fusion…) mais son problème sera le même que le notre : trouver des sources d’énergie durables.

    Son but pourrait être le même que nous à l’origine : survivre (ou plutôt continuer à vivre pour l’IA), et donc trouver de l’énergie (la nourriture).

    De la prédation en perspective pour les machines aussi ?

    1. Excellent!

      Mais l’un des problèmes que nous rencontrons, la déplétion sur les minerais, les énergies à forte densité (hydrocarbures…)… se posera également pour les machines et si elles doivent être capables de se réparer et donc de faire chauffer de la silice à 1 500°C pour ses processeurs, sans parler de toute la chimie des semis conducteurs à entretenir, monter, emboutir, sertir, visser, souder… des minerais à extraire des montagnes etc…

      Il faut donc bien reconnaitre que pour l’autonomie énergétique, la machine est encore très, très loin de supporter la comparaison à toute forme biologique: Extraordinairement à même de distribuer l’énergie qui nous entoure à son bénéfice: l’évolution sur 4 milliards d’années nous donne une sacré avance dans ce domaine.

      Malgré cela, même en comptant sur le bio il nous reste à avoir une approche détournée: Pourquoi ne sommes nous pas concrètement visité par des créatures extraterrestres?

      La conjecture posée par Fermi, issus de ses travaux statistiques relatifs aux connaissances des dimensionnements et de la composition de l’univers, a peut être trouvé une réponse scientifique, thermodynamique, la réponse de Gabriel Chardin:

      http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/28/croissance-a-quelle-distance-est-limites-257868

      1. Si j’ai bien compris le propos de Gabriel Chardin, la condition nécessaire à la survie d’une (de notre) civilisation… est son effondrement.

        Condition insuffisante, c’est là que nous devons faire preuve d’innovation !

  21. Hypothèse illustrée par le film « Interstellar »:  nous pourrions faire partie d’un même espace temps, les atomes faisant partie de cet espace seraient « intriqués » (au sens de la physique quantique), quel que soit le lieu.

    On peut en déduire que d’autres espaces temps existeraient avec, en eux, d’autres êtres vivants capables aussi, comme nous, de comprendre et de faire évoluer la vie en eux.

    Les espaces temps pourraient être en communication à travers des « trous noirs » (ou des « trous blancs »). On peut concevoir que des informations pourraient provenir d’autres espaces temps,  informations qui pourraient être perçues dans le champ de conscience de certains d’entre nous,  suffisamment « ouverts » ou « éclairés » pour les capter et les diffuser.

    On peut concevoir, comme dans le film Interstellar,  que des êtres vivant dans le futur par rapport à nous ont déjà découvert comment faire évoluer la vie au-delà de notre espace temps et que ces êtres tentent de nous le faire savoir d’une manière ou d’une autre.

    La vie serait comme une spirale que l’énergie pourrait descendre ou remonter sans cesse. Nous serions en phase descendante dans le cadre de notre espace temps mais nous aurions en nous, à travers l’esprit, la capacité de modifier le sens de cette énergie vitale. On peut penser que nous sommes en vie pour comprendre et faire évoluer la connaissance à chaque incarnation. D’où l’importance de communiquer, d’échanger, de partager sans cesse. Notre espèce est peut être en danger mais peut être pas l’expression de la vie à travers les atomes.

    Et si nous étions déjà des robots capables de conscience ? Le livre de Daniel Kahneman « Système 1/ Système 2, les deux vitesses de la pensée », le laisse sous-entendre avec tout ce que cela implique au niveau du libre-arbitre et de notre pouvoir de décision. Nous fonctionnerions la plupart du temps en mode automatique, de quoi faire preuve d’une très grande humilité face à l’univers.

    1. La vie (ou sa finalité ) , ce serait donc « durer » ?

      Ou au contraire , « échapper à l’esclavage du temps  » ?

      La vague intuition ( le hors temps ) que tout ça n’a que le sens que les lois de la physique nous autorisent à conscientiser et « projeter » ( en couleur ou pas ) .

      1. Je pense que la finalité serait plutôt d’échapper à l’esclavage du temps, d’atteindre par l’éternité que les religions promettent.

        Le temps nous serait compter justement pour nous inciter à chercher l’information ou la connaissance nous permettant  d’échapper à cet esclavage temps. L’éternité serait le lieu où le temps n’existe pas.

        Ce temps qui nous manque sans cesse, qui nous rend impatient tellement impatient que nous devons construire veau d’or et veau d’or pour patienter.

        A considérer comme une échappée de l’inconscient. Difficile de conscientiser sans l’appui de la science.

        Continuons à chercher, à être à l’écoute. Ayons confiance. Apprenons à aimer sans cesse, l’Amour étant l’énergie fondamentale, universelle et éternelle.

         

      2. Moi je verrais plutôt l’amour comme un transfert d’énergie que comme une énergie en soi ( sinon , c’est de l’amour propre ).

        Marcel Amont , qui n’était pas astrophysicien ou neuro biologiste , avait fait une synthèse musicale entre l’Amour et le Temps :

        https://www.youtube.com/watch?v=U9KgN109doI

        Bonne journée !

    2. @Chantal

      Et si nous étions déjà des robots capables de conscience ?

      Posé la question c’est y répondre. Pourquoi si nous sommes capable électroniquement et mécaniquement et de de façon de plus en plus sophistiqué de fabriquer un robot performant, n’y aurait-il pas des intelligence                        » supérieurs », eux, spécialiste en biologie, n’auraient ils pas fabriquer des êtres  »vivant » relativement autonomes (se nourrir, se reproduire ) se contrôlant par l’interaction des hormones etc.

      C’est IS se gardant la capacité d’une forme de  contrôle à distance ….

      La particularité ,ici, est  peut-être que  prenant conscience nous même de ce phénomène nous puissions nous affranchir de cette gouvernance et au final de comprendre par nous même le fonctionnement de la planète  de le respecter et enfin d’évoluer positivement……..

       

      1. C’est un peu ce que Hubert Reeves signifie quand il écrit que le mieux que nous puissions faire , c’est « d’aider la nature ( l’univers) à accoucher d’elle même « .

        Reste que si la conscience , sinon l’intelligence , c’est l’accès à l’information , il y a une information que le mur de Planck nous interdit ainsi qu’aux autres intelligences , c’est celle qui a permis que du Chaos puisse émaner l’organisation , la complexité diverse à …l’infini (?) , l’énergie initiale sur laquelle nous « vivons » toujours .

      2. @Clo Clo :

        Seule une espèce de clo clo pouvait extrapoler que là où s’arrête la science il y avait un gourou qui explique tout  !

        Blague à part , ça n’est pas la position de Reeves ( ni la mienne ), qui se borne à dire ce qui lui parait accessible en l’état de ce qu’il ( et je ) connait .

        Aux  étranges phantasmes de Clo Clo , il préfère l’appel à l’ivresse Baudelairien que j’ai déjà rapporté .

        Où l’espoir désespéré de Jung pour que le sens l’emporte sur le non sens , dans la lutte qui a commencé il y a plus de quatorze milliards d’années .

      3. Juannessy

        Je percolais doucement en lisant Audet et consorts si cela ne vous fait rien. Votre message sur Reeves n’étant pas encore publié quand j’ai écrit le mien. Là, je finis en gaz. Prout !

         

      4. Nous évoluons sans cesse du positif au négatif et inversement.

        Nous accouchons sans cesse de nous-mêmes.

        Les cellules composant notre corps se renouvellent en permanence à tel point que nous pouvons considérer être matériellement une autre personne que celle que nous étions il y a un an seulement suivant les dernières découvertes scientifiques et cette évolution se passe totalement à notre insu, sans que nous en prenons conscience.

      5. @Chantal :

        Je vous confirme , entre ennuis cardiaques , arthrites , vision déclinante , sans parler de ..autre chose : on évolue tous les jours !

        Pourtant ceux qui m’ont connu jeune me disent qu’ils me reconnaissent ,et que je n’ai pas  changé . Allez comprendre .

        J’ai tendance à vouloir les croire , car , le plus souvent je les reconnais encore aussi , et il n’y en a pas un chez qui je n’ai pas retrouvé un trait de caractère de sa folle jeunesse . J’ai par ailleurs cité ici la rencontre avec une vieille amie au seuil de sa fin , atteinte de la maladie d’Alzeihmer ,qui au plus profond de ses délires ou transformation , était encore …Elle .

        Être ou ne pas être ….Sens ou non sens .

  22. On peut aussi faire l’hypothèse que l’IA pourrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement de l’homme, ses qualités, ses bugs, ses détraquages…

    Et que de ce fait, cette nouvelle forme de robots intelligents et créatifs deviennent des pédagogues, voire même des sortes de thérapeutes de l’humain.

    Si vous suivez les cours d’un virtuose dans un domaine, est ce que vous craignez que ce virtuose va chercher systématiquement à vous détruire en vertu de sa supériorité reconnue dans son domaine d’expertise ? Je pense que non.

    Pas plus qu’un instituteur ne cherche à détruire ses élèves.

    Une IA serait possiblement du même ordre de motivations, une sorte de maïeuticien, miroir réfléchissant de nos délires, bêtises et déconnages. Comme un maitre Aïkido dilue l’attaque et la force de l’agresseur.

    Je trouve par ailleurs très exemplaire de présenter un ET ou une IA très évolués comme obligatoirement prédateur, c’est la démonstration de projection de nos fantasmes sur un inconnu complet à ce jour, qui connait cet ET ou IA évolués ?

    Cela ne procède t il pas de la peur de l’étranger dont font florès des partis comme le FN ?

     

  23. Je ne crois pas vraisemblable qu’une civilisation de machines puisse succéder à la nôtre, disons dans les deux prochains siècles, en continuité avec l’état des choses aujourd’hui. Mon opinion se base sur le fait que nous sommes menacés à très court terme (deux générations) d’une dépopulation massive, et de la perte de la civilisation. Or, c’est durant cette tragédie, avec tout le chaos qu’elle suppose, que serait supposée se mettre en place une relève stable, par des machines plus sages que nous, ou même tout simplement plus rationnelles.

    Pour que des machines nous survivent, il faudrait qu’elles puissent échapper au feed-back positif qui nous conduit à l’autodestruction. Mais ce qui se passe sous nos yeux, c’est tout le contraire : ces machines « péri-intelligentes », telles que nous les avons faites, sont au cœur de la complexification et de la fragilité du monde, et précipitent la chute collective. Elles ne vont pas nous sauver, elles nous entraînent ! Elles ne vont pas nous survivre, elles mourront les premières !

    Des machines intelligentes sont sur le point d’émerger, mais où? Google, Facebook, Amazon : au cœur de la marchandisation du monde. Les robots sont de plus en plus nombreux, et remplacent le travail humain, c’est vrai, mais c’est uniquement pour des considérations de compétitivité, le mot le plus sacré de la religion féroce, pas pour nous aider. Si, aujourd’hui, des logiciels gagnent aux échecs, démontrent des théorèmes de mathématiques nouveaux, ou prédisent des épidémies, c’est parce qu’ils compilent d’une façon qui nous est totalement étrangère des quantités inconcevables de données. C’est, pour l’instant, cela que nous nous apprêtons à nommer intelligence artificielle, ne nous y trompons pas. Il ne s’agit nullement de machines dotées d’une froide sagesse, qui, telles le démon de Laplace, pourraient tout connaître et donc décider de nous éliminer en toute rationalité, pour pouvoir fonder leur propre civilisation, meilleure. Ce qui vient, là tout de suite, c’est l’expression même du non-pensé, de l’aveuglement industrieux et néanmoins efficace, au service de la religion féroce.

    Autrement dit, l’intelligence artificielle est en train de naître, d’accord, mais elle est tarée. Son lourd héritage, c’est la pire partie du notre, et je crains qu’il ne soit bien plus délétère et dangereux que les strates primitives que l’évolution a laissé dans notre psychisme, et qui expliquent notre incapacité à maîtriser collectivement notre destin.

    Ce que je dis ne vaut pas pour l’intelligence artificielle en général, en tant qu’idée platonicienne, ni pour l’hypothèse de civilisations devenues artificielles après une transition de phase dans le processus évolutif : rien ne me porte à croire que c’est impossible.

    Mais ici et maintenant, sur cette planète, les choses étant ce qu’elles sont, nous avons, à mon avis, très peu de chances de ne jamais connaître autre chose qu’une sottise artificielle, plus efficace encore que nous-même pour s’auto-détruire.

    Pour qu’il en soit autrement, il faudrait résoudre nos problèmes d’êtres humains, avec la petite partie de notre psychisme qui est naturellement intelligente…

    1. Des sortes d’ET humains, il y en a eu comme Einstein ou Grothendieck. A ma connaissance, il ne voyaient pas bien l’intérêt de détruire l’humanité ni les systèmes écologiques.

      Pourquoi donc une IA évoluée verrait un intérêt quelconque à éliminer ce qui contient une forme évoluée de vie ?

      Il y a probablement quelques principes qui guident toute forme de vie intelligente sophistiquée, comme celui de diversité, de néguentropie, de plaisir de vivre( pourquoi pas ?), d’altruisme minimum, d’empathie…

       

       

      1. On ne détruit pas nécessairement par intérêt. Cela peut être un effet collatéral, et dans notre cas de la compétition à celui qui a la plus grosse.

        Et pas besoin que nous y participions tous. Une très petite minorité d’abrutis bien décidés suffit. D’autant qu’ils prennent aisément le pouvoir, puisqu’il est laissé vacant par le plus grand nombre qui a d’autres chats  à fouetter.

        Finalement nos problèmes viennent de cette petite minorité d’abrutis, qui empêche le plus grand nombre de s’organiser intelligemment.

        L’espèce humaine n’est pas très futée, preuve en est qu’on ne fait rien pour changer ça.

        Quand aux robots, ce sera sans doute une succession de décisions hasardeuses de leurs logiciels, qui déterminera leur avenir.    L’issue la plus probable est qu’ils se déglinguent, après avoir fait un max d’erreurs.

        Sauf à ce qu’ils prennent consciences de leurs erreurs.   Encore faut il savoir les analyser, ce que nous même avons bien du mal à faire.

      2. @Dominique Gagnot

         

        « Finalement, nos problème viennent d’une petite minorité d’abrutis….. »

         

        Mmh. Une minorité ?

      3. @armelle

        Mmh. Une minorité ?

        Je ne dis pas que les abrutis sont une minorité, loin de là, mais que seule une minorité est dangereuse, car elle se hisse au pouvoir.

        Les autres ne font que tenter de faire partie du troupeau des dominants. Si on changeait de dominants, le troupeau suivrait. Ils ne sont pas abrutis dans l’âme, mais par mimétisme.

      4. @ Dominique Gagnot

        Nous pourrions cependant remarquer avec quelle facilité nous sommes cléments envers « moi-même »….. Vous ne trouvez pas ?

      5. Nous pourrions cependant remarquer avec quelle facilité nous sommes cléments envers « moi-même »….. Vous ne trouvez pas ?

        Oui. Mais nous ne représentons que 1 individu dans une multitude.   Donc, quoi que l’on soit, cela ne change rien au problème général.

        Nous ne sommes pas conscient de ce que nous sommes, puisque fatalement nous manquons de recul. Que de l’extérieur on nous le dise (ce qui n’est pas une mince affaire), permettrait peut être de corriger notre perception des choses, évidement imparfaite.

        Notre comportement est dicté par nos désirs, et – surtout – contraint par le système dont fatalement nous faisons partie.

      6. @ Dominique

        Les autres ne font que tenter de faire partie du troupeau des dominants. Si on changeait de dominants, le troupeau suivrait. Ils ne sont pas abrutis dans l’âme, mais par mimétisme.

        C’est bien là que le bas blesse dans votre système, il vous faut des dominants et des troupeaux.

        Et bien non, ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. Certes il faut une gouvernance bien formée et surtout anticipatrice et animatrice, mais c’est loin d’être suffisant. Sans les citoyens qui cherchent un sens à leur vie le monde ne peut pas fonctionner.

        Enfin bref ceci vous expliquera mieux que moi.

         

      7. C’est bien là que le bas blesse dans votre système, il vous faut des dominants et des troupeaux.

        Je sens que mes termes vous ont choqué.

        Si vous retirez les connotations associées à ces termes, c’est sur ce principe que fonctionnent toutes les communautés humaines.

        Ce qui n’exclue pas d’entretenir des rapports humains entre tous les membres.

        Selon les domaines d’expertises on peut d’ailleurs être dominant ou faire partie du troupeau. Faut dire aussi que certains ont des aptitudes plus marquées que d’autres.

        Me semble même que Jésus utilisait ces termes « les brebis égarées », ou du genre… (j’ai subit les cathos dans ma jeunesse)

        Le problème actuel de notre monde moderne, est que le troupeau croit choisir ses dominants, alors que, ben non…

      8. Spinoza, cité par MerlinII l’a dit à sa manière:

        Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actions et de leurs désirs, et ignorants des causes qui les déterminent à vouloir.

        C’est caractéristique des moutons que nous sommes.

        Certains sont plus sensibles à certaines causes, telle l’intox dont on nous farci les neurones durant, en particulier car c’est toute la vie, la période dite « d’éducation ».  (Moi j’aurais dit « d’élevage en batterie »)

      9. « ….seule une minorité est dangereuse, car elle se hisse au pouvoir…. »

         

        Pour faire simple, c’est toujours plus compliqué 😉

         

        Quant à la liberté de Spinoza « …. ignorants des causes qui les déterminent…. »

        Je dirais, des causes, des conditions et du germe : ça fait pas mal je crois. Là réside notre difficulté à démêler les nœuds.

  24. Nous ne savons pas qui nous sommes mais nous nous préoccupons de savoir si des robots pourraient faire mieux que nous!

    Pour cette raison tous les billets sur les robots me laissent perplexe.

    Notre attitude serait-elle conséquence de notre vision mécaniste du monde (et en particulier de nous-mêmes!) héritée de la mécanique newtonienne et des « animaux-machines » de Descartes?

    Pour Thom nous avons deux cerveaux, l’un, prédateur, situé dans la boîte crânienne, l’autre, proie, situé le long de la moēlle épinière.

    Quid de l’intelligence des robots? Peut-on être intelligent si on ne connaît pas la peur? Lire ou relire Laborit et son éloge de la fuite dans l’optique de l’existence d’un cerveau-proie?

    La synthèse des pensées mécaniste et vitaliste n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé.

    1. Moi j’essaie de fonctionner à quatre cerveaux!

      Passé : empathie ( Lien)

      Hors du temps : création ( Lien)

      Présent : Organisation (Loi)

      Futur : pari , prise de risques ,entrainement du groupe  .(Loi).

      A l’intérieur de quoi, on peut retrouver un côté  » donneur » ( prédateur positif ) et  » receveur » ( proie positive) .

      On tombe en mode « négatif » dès que l’une des quatre composantes est niée ou mal alimentée .

      9a devient plus subtil quand on comprend que l’on est, ou peut être ,toute cette palette en soi même , et qu’en plus ça n’est pas stable dans le temps et selon l’environnement .

      Même s’il y a des aspects que l’on privilégie à la fois d’inné et d’apprentissage ( on apprend toujours mieux ce que l’instinct nous pousse à approfondir ).

      On considère en général qu’il faut deux cycles de dix ans chacun , pour stabiliser une première fois les « caractères » que nous allons privilégier et qui feront notre « personnalité » .

      Mais ça reste évolutif au gré des grands chocs subis ensuite et de la dégénérescence sénile .

      J’admets que je ne suis pas encore en phase terminale .

      Il me semble ( ou j’espère) qu’une intelligence artificielle extraterrestre ou pas , aura quand même des difficultés à interpréter et faire pot commun des informations qu’elle pourra réunir , même en créant des blogs extraterrestres .

      Car la politique , ça n’est pas l’accumulation  infinie d’informations , c’est le choix parmi les informations et surtout parmi les liens qui peuvent les relier , de celles que l’on va privilégier dans l’action.

      C’est bien ce à quoi nos politiques ont renoncé par les temps qui courent, et en quoi ils se comportent comme des intelligences artificielles .

      Agir pour quoi ?

      Pour accoucher l’univers de lui même .

      1. «  » » »Agir pour quoi ?
        Pour accoucher l’univers de lui même .

        ha tout de même, juan
        Et oui, tout de suite ça une autre gueule de se lever le matin  pour aller taffer….

        – Et où tu cours comme ça toi ?

        – ha ben moi aujourd’hui je vais accoucher l’univers et ; de lui m^me, oui assurement; c’est ça
        dieu étant dans un état de création méditation contemplation perpétuelle, le coltart éternel; il a besoin de nous pour lui filer un coup de main, nous sommes ses mains, certains n’ont pas tous les doigts mais c’est pas grave…
        on est cablé pour parait il…..
        M^me pas en rêve, on se fait littéralement laminer oui !
        Ci bas, on s’en prend plein les gencives, de quoi être dégoutée à vie, un vrai job de merde , tu m’étonnes que personne veut y aller !
        Bon, à part  ça,  la vie est belle !

      2. @Gudule :

        A l’expérience ( enfin la mienne) , c’est bien ça !

        Mais c’est plutôt rigolo .

        C’est en tout cas ce que j’ai retenu du sourire de ma mère , qui , sans être sainte ou extraterrestre , m’a laissé cette …étoile , qui donne modestement  , et le but , et le chemin , sans présumer du pourquoi .

    2. La fonction Rabbit, la fonction ! Vous en parlez tout le temps, ça va donc advenir et là paf vous doutez !

      1. @Juanessy

        « Mais c’est plutôt rigolo .

        C’est en tout cas ce que j’ai retenu du sourire de ma mère , qui , sans être sainte ou extraterrestre , m’a laissé cette …étoile , qui donne modestement  , et le but , et le chemin , sans présumer du pourquoi . »

        Idem.

        Merci pour cette belle réponse, ma mère est encore vivante, j’aie cette chance, et elle est la copie conforme de la votre , des étoiles et des soleils dans le coeur et dans les yeux, de l’humour et de la joie, « ambiance Harry Potter »; mille grâces juan  .

  25. Toujours ce bon vieux Spinoza

    Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actions et de leurs désirs, et ignorants des causes qui les déterminent à vouloir.

    Et il faudrait ajouter aujourd’hui – hélas – >…. et ignorants des conséquences

    Cette double ignorance nous confine dans les contingences et je ne vois comme une illusion le fait de croire que des robots feraient mieux que nous en traitant davantage de données.

    Parce que la question est : c’est quoi MIEUX ? Mieux pour pour qui ? pour quoi ? L’intérêt supérieur de l’espèce ? la common decency ? la quiétude des bonobos ?

    Face aux effondrements en cours et à venir, se pose la question des conditions de possibilité d’émergence d’une organisation nouvelle et inconnue des rapports sociaux.

    Vaste programme comme disait l’autre, et le compte à rebours est en marche.

     

    1. Question effondrement, nous avons l’effondrement de la croissance de la production pétrolière, avant d’aller plus loin essayons d’abord d’en voir les conséquences sur notre système.  Ce sera déjà un pas en avant.

  26. Si les machines deviennent intelligentes, et plus intelligentes que l’espèce humaines, elles devraient se convertir aux processus biologiques qui sont bien plus efficaces et adaptables  que les processus techniques.

    Soit un retour à la case départ.

    1. @ Xavier37

      Je suis en phase avec votre façon de voir les choses.

      « Le mécanisme de n’importe quelle machine, une montre par exemple, est toujours construit de manière centripète, c’est-à-dire que toutes les parties de la montre, aiguilles, ressorts, roues, doivent d’abord être achevées avant d’être assemblées pour être montées sur un support commun.

      Tout au contraire la croissance d’un animal, tel le triton, est toujours organisée de manière centrifuge à partir du germe; d’abord gastrula il s’enrichit ensuite de nouveaux bourgeons qui évoluent en organes différenciés.

      Dans les deux cas il existe un plan de construction; dans la montre il régit un processus centripète, chez le triton un processus centrifuge. Selon le plan les parties s’assemblent selon des principes opposés. » (Uexkull, Théorie de la signification).

      « La synthèse des pensées mécaniste et vitaliste n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé » (Thom).

      Mon impression est que les « progrès » mécanistes réalisés par les humains vont dans le sens d’une instabilité de plus en plus grande, ce qui ne me semble pas le cas (au contraire!) de l’évolution du vivant (pour une raison que j’ignore).

      1. L’évolution du vivant me semble peut sensible à la stabilité ou à l’instabilité .

        Ce serait plutôt une complexification permanente rendue possible par l’expansion de l’univers .

        Reste à savoir ce que ça devient à – 273,15 ° Celsius .

      2. La raison en est toute simple, les « progrès mécanistes » (robots y compris) sont de l’ordre d’un système thermodynamique fermé: l’entropie. Nous sommes comme des mouches enfermées dans un thermo dans lequel elles transforment les dernières traces de sucre et d’oxygène pour aller vers un équilibre thermodynamique et la mort.

        Le système vivant est un système ouvert sur l’univers qui doit dissipper le maximum d’énergie en un minimum de temps, ce système ne peut être qu’évolutif dans un stabilité dynamique. (Je rencontre cela tous les jours dans mon potager collectif)

        Cette stabilité ne peut être qu’analogique (encore à analyser), les robots sont numériques (mathématiques) et ne peuvent prendre la place du vivant.

        Votre tord est de vous fixer exclusivement sur le mathématicien Thom et je ne suis pas mathématicien, si vous alliez voir du côté de la thermodynamique. Tenez, un bon livre: La termodynamique de l’évolution.

      3. @ Michel Lambotte

        Vous êtes un accro de Roddier comme j’en suis un de Thom (qui, soit dit en passant, est également philosophe). Chacun son truc.  Roddier est dans la mouvance Prigogine. Thom et Prigogine se sont durement affrontés dans les années 1980 à propos du déterminisme.

        Thom et Ruelle ont cherché à affaiblir la notion de stabilité structurelle pour la rendre compatible avec les lois de la thermodynamique. Sans succès. Ce qui a conduit Thom à: « La thermodynamique ignore les formes, qu’elle ne peut que détruire. » (ce qui est dommageable lorsqu’il est question d’êtres vivants!).

        Ma sensibilité est mathématique, la vôtre semble plutôt physique. Vive le pluralisme.

    2. C’est ce qu’elle devraient faire et votre questionnement est pertinent

      Allons voir plus loin, que sont les proccessus biologiques?

      Rien que des structures dissipatives d’énergie qui doivent dissipper le max d’énergie solaire le plus rapidement possible, c’est à ça que ça sert la vie et il n’y a que les plantes qui soient capables de capter l’énergie solaire, le reste n’est là que pour recycler.

      La preuve: En agriculture, si vous décapez le sol un tas de « mauvaises herbes » s’installent, ne dit-on pas « Chasser le naturel et il revient au galop« .

      Pourquoi croyez vous qu’aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs (même si c’est marginal, cela fera plaisir à Dominique) se tournent vers l’agriculture de conservation (Ah oui, même le fils de Warren Buffet s’y met)

      Ceux qui croient que les robots supplanteront les hommes ne savent ce qu’est une ortie et son acide formique, et d’autre part la vie est analogique et les robots sont numériques, je ne vois pas le rapport.

       

      1. Pourquoi croyez vous qu’aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs (même si c’est marginal, cela fera plaisir à Dominique)

        Je confirme!

        Il faudrait que l’ensemble des industries et de la finance, de tout en fait, à commencer par ceux qui dirigent le monde se convertisse, pour que l’impact soit significatif.

        Mais on en voit pas le début du commencement. C’est toujours la fuite dans les délires qui prime.

      2. Pourquoi n’avez vous pas mentionnez le fils de Warren Buffet, il faut être intellectuellement honnête C’est ici à la minute 43.30.

        Je pense que c’est plus difficile de convaincre des simples jardiniers de ne plus bêcher que de convaincre un Buffet de ne plus labourer.

  27. Une IA et des robots ? Tous les robots connectés à la même IA ?

    Des IA différentes, n’ayant probablement pas le même but, qui entrent en concurrence puis (comme nous !) cherchent à se détruire ou au contraire parviennent à se mettre d’accord sur un but commun et sur la meilleure manière de l’atteindre ?

    Même si le but qui leur est assigné laissent beaucoup de gens indifférents et pas mal d’autres sceptiques on a quelques exemples de collaboration (recherche scientifique, station spatiale internationale, ITER.)

  28. @ xavier37

    J’abonde dans votre sens : une espèce extraterrestre pourrait être un robot biologique asexué, sachant se cloner. Ainsi la « source » de son ADN, un humanoïde par exemple pourrait se perdre au fil du temps, par compétition darwienne, inadaptée face aux robots biologiques qu’elle a elle même créée. La source de son ADN, une humanité pourrait s’éteindre et laisser ce rejeton à travers l’espace sans laisser derrière elle de rayons gamma.

    Ce détail ne se voit pas par télescope.

    .

    1. @Sapristi

      une espèce extraterrestre pourrait être un robot biologique asexué, sachant se cloner.

      Le but ultime du transhumanisme ?

      Se pourrait-il que le cerveau biologique (optimisé) soit fondamentalement le système « portable » le plus performant ?

      Pour le volume disponible d’une boite crânienne, les limitations physiques imposent peut-être la biologie à l’électronique. Éventuellement suppléée par quelques enregistreurs numériques intégrés pour palier aux déficiences.

      Une intelligence numérique performante serait-elle contrainte à davantage de masse, de volume et d’énergie, même aux limites extrêmes d’une physique d’un million d’années ?

      Un million d’année d’amélioration des processeurs (par nous ou nos successeurs robots) aboutirait-il à un idéal qui serait la (re)construction d’un cerveau biologique sans défaut ?

       

      1. @Olivier

        – 1 / Le robot biologique asexué, multiplié par clonage, qui se réplique à volonté sans les affects de la sexualité est la radicalité du transhumanisme. C’est le véritable opportunisme d’une espèce évoluée, doper le vivant qu’elle trouve autour d’elle et se faire démiurge.C’est une fin de l’espèce avec cette élégance : pas de rayonnements gamma.

        -2 / On supposera dans cette fiction que le robot biologique n’a pas à subir la contrainte d’un enseignement de plusieurs années avec des « parents ». Nous savons déjà suggérer de faux souvenirs par excitation électrique à certaines aires de notre cerveau, reste à inculquer la véritable géométrie de l’univers aux clones, et ceci par défaut.

        -3 / Il n’y a aucun intérêt à perpétuer une forme de langage parlé à la meute de cyborgs asexué : les biobots communiqueront entre-eux par une forme de télépathie capable de véhiculer tous les concepts de leurs univers connus.

        -4/ Dans ce « roman », les rejetons de l’humanité seront armés  d’un même schéma pour répéter ce qui existe déjà dans l’univers. Une espèce de biobot très évoluée ne détruit pas une espèce inférieure, elle interfère avec elle de manière plus subtile, car ses desseins ne sont pas la destruction, mais toucheront au divin.

         

  29. Non mais sérieusement, un monde de robots ? ??

    Vous voyez des robots organiser quelque chose comme la fête de la bière, un mariage…, ne serait-ce qu’une partie de pétanque ? Et puis enterreront-ils leurs morts ou se contenteront-ils de les désosser et de récupérer les pièces ?

  30. « Vous voyez des robots organiser quelque chose comme la fête de la bière, un mariage »

    oui, absolument, je verrais bien les robots se siffler le litron de bière en dansant et se marrer en regardant les humains s’agiter et leur dire : « ben oui on se rafraichit les composants , on se fait un joyeux reset, on se dilate les circuits, vous vous n’aurez pas de bière vous êtes tout le temps bourrés, m^me à jeun « ….pas toujours les m^mes !     :-))

  31. @Ariste

    c’était joke Ariste, vos propos sont tellement « décalés » …. pensez à « débrancher les câbles » de temps en temps pour éviter la surchauffe .Recevez mes cosmiques salutations.

    1. Çà m’a tout l’air d’un mariage arrangé.

      Je n’ose pas demander s’ils ont « consommé » (consommé quoi d’ailleurs ?)

  32. Merci Juan, oui il sert le verre de bière avec une délicatesse, remarquable, la hanche et le bras se font souples et discrets, mais le sourire est un peu coincé (problème de maxillaire supérieur ?) et le dialogue un peu pauvre, mais bon pour une chtite bière en passant ça peut le faire, cela dit; il me semble, toutefois, que le simple décapsuleur est moins encombrant….
    question : est il repliable et avec des roulettes prévues pour le transport le caddie à bière et est ce qu’il fait bien les frites ?

  33. Il faudrait peut-être commencer par ceux qui ont fait des anthologies sur la science fiction, ou ceux qui les ont édités.

    Bon je viens de voir que Jacques Sadoul est mort, mais il en reste d’autres comme Michel Le Bris (si la Douance est effectivement une caractéristique cognitive, alors ces gens là en fond partie).

    Pourquoi n’interrogeriez vous pas Mr Jorion d’étonnants voyageurs?

     

  34. Entre les déboires des bourses  asiatiques et la chute des cours du pétrole…etc

    La « correction » de la bse chinoise ne va t »elle pas faire tache d’huile ?

    http://www.rfi.fr/economie/20150825-lendemain-lundi-noir-bourses-une-crainte-generalisee

    « La déroute des tarifs pétroliers dépasse en amplitude celle de la crise financière globale de 2008 et de la crise asiatique de 1998. En gravité aussi. En cette fin d’été 2015, l’OPEP n’est plus que l’ombre d’elle même: c’est simple, elle est de facto dissoute et ce cartel ferait mieux de fermer ses bureaux viennois afin de réaliser quelques économies… De même est-il aisé de constater que la tactique séoudienne consistant à inonder le marché du pétrole s’est retournée contre elle. D’ores et déjà en déclin et très fragile du fait de recettes ne provenant d’exportations que d’un seul et unique produit (le pétrole), l’Arabie chavire pour avoir mené une guerre avec des armes appartenant au passé! »

    http://www.michelsanti.fr/echec-et-mat-pour-larabie-seoudite/

  35. L’homme depuis qu’il est conscient est tellement sidéré par sa propre mort qu’il refuse sa destruction/disparition/anéantissement/recyclage, et il s’invente des mondes imaginaires. Hier les religions, aujourd’hui le transhumanisme, le clonage, la robotique, la congélation, les drogues…

    Au mieux il parcours les phases du deuil (choc, déni, colère, marchandage, tristesse…) et il se console en faisant des enfants.

    Puis il s’inquiète pour eux.

    La singularité de notre époque, me semble-t-il, c’est d’avoir connu dans un très bref laps de temps, le rêve prométhéen (les 30 glorieuses) puis d’apercevoir – de plus en plus nettement – le cauchemar de l’apocalypse; l’effondrement de notre espèce, la finitude de notre condition.

    Avec des décalages vertigineux; Moyen âge ici et là, sommet de technologie ailleurs.

    Mais toujours la même angoisse.

    Je m’inquiétais pour mon neveu qui s’est lancé dans des études de psychologie. A la réflexion, je crois qu’il a choisi le bon filon.

    1. Avec des décalages vertigineux; Moyen âge ici et là, sommet de technologie ailleurs

      Pour se sortir du Moyen-Age, les hommes ont retrouvé les textes antiques et Aristote au fin fond de l’Espagne… Enfin, je crois que c’était le pape en personne 🙂

      Pour nous sortir de là, il en est qui cherchent dans l’univers ….

      Le décalage serait peut-être que les premiers ont trouvé sans chercher

  36. Éventuellement, si ça peut faire un billet…
    ————————————-
    La vie de château
     
    Il était une fois un immense château, habité d’une famille très nombreuse,  hérité de  lointains ancêtres.

    Ce château était si bien construit, qu’il résistait à tout. On pouvait y faire tout ce qu’on voulait. Il aurait été bien inutile de se préoccuper de son entretien, qui d’ailleurs aurait demandé une énorme administration tant il était vaste et compliqué.

    Mais une malédiction le frappa. Chacun des nombreux occupants voulait en être propriétaire. Après d’interminables querelles, ils finirent par tomber d’accord.  Tous seraient propriétaires, mais seulement d’un morceau du château, chacun.

    On divisa donc le château en autant de morceaux qu’il y avait de membres dans la famille. Les morceaux étaient de tailles très inégales mais, enfin propriétaire, chacun put faire ce qu’il voulait de son bien, et pour eux c’était là l’essentiel.

    Nul ne se préoccupait des conséquences de cette exploitation anarchique sur l’ensemble du complexe édifice, puisque personne n’en comprenait l’architecture, et par ailleurs tout allait bien.
    Et puisque jusqu’ici tout allait bien, on conclu officiellement que tout irait bien, et on festoya.

     ———————————-

    La vie suivit son cours. On commerçait gaiement, on troquait des tronçons de charpentes contre des éléments de fondation, pour faire ici des meubles en bois de poutres, ou encore du feu pour se chauffer…  On débordait d’imagination pour utiliser les morceaux du château de la meilleure manière, pensait-on.

    Le plus riche eut l’idée d’émettre de la monnaie, et prêtait cette monnaie pour accélérer les échanges.
     
    Car toute la vie du château était basée là-dessus: il fallait échanger le plus possible, ça  maintenait la paix, et ceux qui le pouvaient menaient la vie de château.

    Le banquier, et les propriétaires des plus beaux morceaux, disaient que les échanges permettaient de créer de la « valeur », dont d’ailleurs ils prélevaient un peu à chaque fois. Toutefois, ce qu’ils appelaient de la « valeur » ne se mangeait pas, et s’entassait toujours aux mêmes endroits. Et les plus pauvres ne mangeaient pas non plus toujours à leur faim.

    Des experts expliquaient que la raison en était que les échanges sont insuffisants, qu’il fallait extraire toujours plus de  « valeur »  en travaillant le château. Et pour faciliter les échanges, ils firent abattre murs et cloisons.

    Les experts sortaient tous d’écoles d’experts. Ils étaient les seuls à être écoutés, puisqu’ils étaient les seuls à parler. Toujours sérieux, soignés, on sentait qu’ils réfléchissaient beaucoup à des choses très compliquées. Et donc on leur faisait confiance.

    Mais des problèmes survinrent dans l’édifice. Il y eu des inondations, des  incendies, puis des planchers s’effondraient. On ne comprenait pas pourquoi.

    Comment se fait il que, alors que tout allait bien, ça n’allait plus bien ?

    On échangeait toujours plus! Et échanger c’est à la base de tout! C’est le seul chemin qui puisse arranger les choses, affirmaient les experts, calculs à l’appui.  Donc,  pour extraire toujours plus de  « valeur », on fit des trous partout dans le château, et on courrait dans tous les sens pour en échanger les morceaux, mais rien n’y fit.
     
    Le banquier fabriquait toujours plus de monnaie, qu’il prêtait même gratuitement, pour encourager les échanges. Mais le château s’écroulait. Les experts disaient que c’était une crise passagère, qu’il fallait travailler encore plus pour extraire de la « valeur », au moindre coût, et courir toujours plus vite!  Ce qu’on fit.  Et le château s’effondra.

    Là on s’est dit qu’il y avait un gros problème.

    On chassa les experts, et on entreprit de reconstruire le château.

    Le plus dur fut de récupérer les morceaux de ruines que des propriétaires ne voulaient pas lâcher.

  37. Pour que les robots prennent notre succession, il faut  qu’ils soient capables de se reproduire seuls.

    Il faut donc fabriquer un premier robot, capable de fabriquer seul un robot capable de se reproduire à l’identique ou en mieux.

    Les robots doivent se recycler.  Le plus simple serait que les robots détraqués soient récupérés par les robots encore sains, qui  commenceraient par en trier les différents matériaux avant de les refondre.

    Et c’est donc à partir de ces déchets de robot, qu’il faut parvenir à automatiquement fabriquer un robot.

    C’est la première étape à franchir. Je fais appel aux investisseurs pour la suite. J’envoie mon RIB sur demande.

  38. A propos de l’émission sur France Inter…

    Qu’est-ce qui prime l’économie ou le politique?

    je postais il y a quelques jours, une interrogation similaire:

    « … Je n’ai guère de doute sur la bonne volonté de Paul Jorion d’intégrer ces points fondamentaux…
    comme de mettre dans le bon ordre:
    environnement et Économie
    Économie et environnement
    en répondant à Dominique Gagnot
     » J’imagine que Paul Jorion a intégré ces données. Nous le saurons dans 11 jours!   J’ai hâte… « 

    Je serais fort étonné que l’aspect « environnement » ne fasse pas irruption dans le débat !

    A suivre…

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