Russophilie et Front National

Il ne faut peut être pas aller chercher trop loin quand il s’agit d’expliquer pourquoi une sympathie pour le Front National conduit à la russophilie et pourquoi la russophilie conduit à la sympathie pour le Front National.

Je n’irai pas puiser pour mon explication dans les structures familiales comme le fait l’ami Todd, mais dans les types psychologiques élémentaires, et dire deux mots vite fait de la « personnalité rigide ».

La personnalité rigide aime les explications simples, et mieux encore, les explications simplistes. Le raisonnement paranoïaque n’est pas en-dehors de son champ d’action : plus c’est simple en effet, mieux ça vaut. La personnalité rigide aime les chefs, les meneurs d’homme – sans préjugés idiots d’ailleurs : voyez
l’ascendant qu’eut Margaret Thatcher sur tout ce que le monde compta à une époque en matière de personnalités rigides.

La russophilie est l’image en miroir de l’antiaméricanisme primaire et on pourrait à la limite lui concéder là un bon point en prétendant qu’il trouve son origine dans l’antiaméricanisme raisonné, qui hait lui les guerres injustes menées par la nation en question pour assouvir sa soif d’énergie fossile, sa CIA brutale, sa NSA qui prend bien note de tout ce que je vous dis en ce moment et de la manière dont vous m’écoutez, son École de Chicago sacrifiant de bon cœur son allégeance ténue à la démocratie si
l’ultralibéralisme devait être mis en cause. Hélas, trois fois hélas, ce n’est ni l’annexion d’Hawaï, ni la guerre du Vietnam, ni le renversement de Mossadegh en Iran et d’Allende au Chili, que l’antiaméricanisme primaire déteste, et à la limite, il s’en accommoderait même très bien, non ce qu’il exècre, c’est le laisser aller, le bordel : les pieds sur la table et le ketchup giclé sur le homard.

Oui, d’accord, à une époque, les deux incarnations ultimes de la personnalité rigide : le nazisme et le communisme soviétique, ont envoyé leur peuple respectif se massacrer l’un l’autre d’enthousiasme. Les Russes ont été héroïques à Leningrad, héroïques à Stalingrad, et Berlin n’est pas tombée : Berlin a été rasée, pâté de maison après pâté de maison et pas pendant plusieurs heures : pendant plusieurs semaines. Femmes et enfants surtout, parce que des hommes, il n’en restait plus beaucoup. Les peuples sont héroïques vous savez, tous ! Pour de mauvaises comme pour de bonnes raisons. Pourquoi alors une guerre civile entre les personnalités rigides du nazisme et du communisme soviétique ? Parce que l’un et l’autre étaient hégémoniques : chacun d’eux voulait le monde entier pour lui tout seul : Lebensraum contre
« internationalisme prolétarien communiste ». Sinon ils étaient faits pour tomber un jour d’accord – d’ailleurs ils l’ont fait : le pacte Molotov-Ribbentrop de partage secret de l’Europe entre eux deux ! Mais cela n’a pas duré, la moitié n’était pas assez : ils voulaient chacun tout !

Est-ce à dire qu’il faille abandonner les personnalités rigides à leur triste sort ? Les ignorer nous dans notre campagne intrépide pour un monde meilleur ? Non, parce que nul n’est à l’abri de se transformer lui-même ou elle-même en personnalité rigide, car elle pousse sur le terreau de l’insécurité : c’est la peur qui encourage l’amour de l’explication simpliste, l’amour du Führer et du Petit père des peuples. On les aime pour la raison banale qu’on tremble !

Keynes disait qu’espérer l’unanimité, l’accord de tous sur tout, était une rêve inaccessible, mais que la minimisation du ressentiment elle, ne l’était pas. Il avait raison et c’est pourquoi notre tolérance doit devenir zéro envers l’austérité, la « compétitivité », le pacte « de responsabilité », et autres merdes qui font pousser comme herbe au printemps le ressentiment de ceux que l’on accule à l’abîme. Politiques dont le seul mérite est de satisfaire quelques individus déjà très contents d’eux-mêmes de toute façon, et qui foutent en l’air la vie des gens ordinaires, et qui les font aimer les dictateurs, parce qu’ils leur apparaissent tragiquement comme le dernier rempart contre la déchéance et la mort. Honte à ceux qui, de leur palais doré, sèment suavement la peur, par méchanceté, ou pire encore, par indifférence.

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153 réflexions sur « Russophilie et Front National »

  1. Paul,

    A lire les commentaires, peut-être qu’un billet sur les « blessures narcissiques » serait utile ?

  2. Quand on a un pied dans le système (disons un doigt de pied …), il faut faire sa BA en participant à la lutte contre la propagande Russe, comme décidé par des instances de l’EURSS.

     

  3. Pour la première fois peut-être, je ne partage pas l’opinion de Paul Jorion sur la Russie et Poutine. Je ne vois pas bien pourquoi être russophile impliquerait d’être ukrainophobe et partisan de Poutine. Je n’aime pas aussi cette façon  de placer systématiquement la Russie dans le camp du mal et par conséquent l’UE et l’occident  dans le camp du bien, sans parler un seul  instant, des responsabilités écrasantes des nationalistes ukrainiens dans les origines du conflit qui oppose les deux pays. Pourquoi ne pas parler également de l’histoire (et pas seulement de la deuxième guerre mondiale), dans les causes de ce conflit? Autre désaccord, croyez-vous sérieusement que les néolibéraux qui sont au pouvoir presque partout en occident (et tout particulièrement dans les ex pays de l’Est) restent « spectateurs » dans ce conflit (alors qu’ils soutiennent d’une manière évidente l’Ukraine contre la Russie)? Quant à la Russie actuelle et à Poutine lui-même, ils sont une conséquence directe des suites du démantèlement de l’URSS et des conditions économiques et politiques scandaleuses que les néolibéraux ont imposé à la Russie à partir de 1989. Les dirigeants occidentaux récoltent en quelque sorte là-bas, ce qu’ils ont semés (comme ailleurs en Orient et en Afrique).

  4. Le culte du chef est à l’honneur en Marinie comme en Poutinie et la psychorigidité fait pour moi bon ménage avec l’organisation militaire.

    Mes connaissances en anthropologie et sociologie sont trop insuffisantes pour dépasser l’observation « de comptoir » que les sociétés sans chef sont actuellement inexistantes et ont été probablement très peu nombreuses. Tout est à mon avis dans la graduation du chef qui va du chef « réel », qui impose ses vues à la société par la force et/ou qui la convainc par son charisme, au chef symbolique dont l’unique rôle consiste  (justement et) uniquement à symboliser l’unité et la stabilité d’un corps social anarchique (étymologiquement sans chef).

    Selon René Thom une organisation sociale anarchique de type militaire est possible à la condition qu’il y ait trois gradients d’autorité indépendants (c’est moi qui interprète ainsi ses propos qui sont plus techniques).

    L’analogie corps humain/corps social est licite, toujours selon Thom, parce que ce sont, dans les deux cas, fondamentalement les mêmes dynamiques morphogénétiques qui sont à l’œuvre.

    Le corps humain a-t-il un chef? Si on y pense, on pense qu’on y pense grâce à son cerveau, et on en conclut, peut-être hâtivement, que le corps humain a un unique chef et que celui-ci est le cerveau.

    Ces problèmes centraux que sont, en Biologie la stabilité du corps (disons) humain, et en Sociologie la stabilité du corps social, sont loin d’être résolus.

  5. La proposition de Sapir me parait être en adéquation avec le blocage de la situation politique institué par le traité de Lisbonne au sein de l’U€ :
    Promouvoir des fronts de libération dans l’optique de larges rassemblements en référence au CNR.

    Le non au référendum de 2005 n’aurait pas été majoritaire sans les voix de tous bords.
    L’objectif était de rejeter le traité et je ne crois pas que d’aucun à gauche ait hésité à voter non au motif que le FN appelait à voter non.
    Il y avait un objectif commun et cela ne veut pas dire qu’il y avait convergence ni identité de vue . . .

    Sapir défend bec et ongle que la sortie de l’Euro est un préalable à toute politique qui prétendrait tourner le dos à l’austérité.
    L’exemple de la Grèce semble lui donner raison contre Jacques Généreux qui a longtemps défendu que l’Euro ne serait qu’un outils.

    Aussi bien le PG que le PCF ne sont pas sur cette ligne mais j’espère qu’il y viendront et le plus vite sera le mieux.

    En ce qui concerne le PG, pour moi le plan A (on discute au sein de l’U€ et on avise) est obsolète.
    Il faut envisager immédiatement le plan B, c’est à dire, sous quelque forme que ce soit,
    des mesures unilatérales qui nous redonne un espace vitale au sein duquel la démocratie ne sera pas bafouée au premier pet de travers.
    Désobéissance ou sortie, peu importe, mais des actes fondateurs qui nous redonne notre souveraineté, car c’est bien de ça qu’il s’agit.
    Aujourd’hui, la Grèce est sous tutelle au sein de l’U€ ! et si l’on en croit Varoufakis, demain ce sera la France.

    Dans les commentaires à « Clarté » l’article de Lordon, il y a un long texte qui critique et démolit sa rhétorique, avec lequel je suis assez d’accord.
    sous le titre de « Réponse(s) » de Alexandre Tzara : en une dizaine d’interventions qui débutent le 28 août @17h33.

  6. Vos opinions sont respectables. Je les constate et les lis avec intérêt et les critiques au meilleurs sens du terme.

    Cependant concernant l’amalgame anti-américanisme primaire et russophilie (primaire peut être?) j’y vois une allégeance à la doxa de la pensée « convenable » des eurolâtres. Je dis eurolâtres car cela enveloppe tant l’Europe qu’ils ont inventé contre notre grès et notre intérêt, que l’euro qui est sans aucun doute l’instrument le plus redoutable de la domination de « cette Europe » sur l’avenir des peuples qui la composent.

    Les liens de cette Europe avec les USA ne sont pas à démontrer. En quoi critiquer cela est-il un signe d’américo-phobie primaire (primaire est à éviter si l’on tient à être pris au sérieux)? Une partie de ma famille est étasunienne et j’apprécie comme ils sont et comme ils vivent…je vis autrement et ils m’apprécient comme je suis et vis.

    Porter un regard critique sur les événements se déroulant en Ukraine par exemple, implique t-il de ne pas considérer les intérêts de la Russie du point de vue de ce pays et de sa population ?

    Il m’est pénible de trouver sous votre plume une vision à ce point conforme à la propagande d’un BHL ou des chefs de la Commission de Bruxelles ou de l’OTAN ou des USA…

    Avec tout mon respect,

     

     

  7. Cher Paul, vous avez zappé mon commentaire, ce qui peut apparaître simpliste, j’y avais pris de la peine, je m’en vais donc le poster sur mon site pucciarelli.fr. Cordialement.

  8. J’écoute France Inter….   mon dieu, Pécresse, et elle a été ministre…
    Qu’a t-elle dit?
    Elle a parlé de jambon pas bon, de nouveaux emplois pour promener les chiens des personnes âgées du 4èm étage, d’études tout au long de la vie, sans doute en promenant des chiens pour les payer.
    C’est l’avenir vu par Valérie Pécresse.
    Merci de lui avoir laissé le temps d’exprimer sa pensée.

    1. Pécresse -Jorion……Hélas !!!……Nous avons entendu des propos de campagne électorale (V.P)…Bien loin du sujet proposé…Il m’a semblé que P.Jorion avait assez de mal à faire revenir « le débat »….Au sujet : Économie / Politique…Évidement, on a pu s’en apercevoir quand J.P , a parlé d’une étude de deux chercheurs U.S , sur le désir des citoyens…et « les financiers »…Quelques minutes avant la fin de l’émission…mais tout ça c’est aux U.S…!!!  Normal…J’ai aussi entendu tout à la fin que Madame Pécresse était l’invitée … &, P.Jorion  l’accompagnateur….!!!…Bizarre….Détrompez mois , de grâce !!!…..J’invite P. Jorion, pour une prochaine invitation de ce genre à se munir d’une longue cuillère !!!!!

      Et, je confirme : LA MER MONTE!!!!!

       

    2. Et rien sur la politique industrielle, numérique, sur l’écart des niveaux de vie en Europe (17 fois comme aux states), la balance commerciale,l’écologie, l’énergie… et même pour les migrants elles pouvaient tacler le gouvernement qui a taclé la proposition des taxes sur les transactions financières qui auraient pût financer un développement raisonnable et par conséquent une limite des flux de survies (le coup du bon et du mauvais chasseur ou migrant…)

      Elle a été ministre de quoi déjà, des échelons administratifs à la république Dominicaine (cela peut sembler péjoratif, mais c’est pas si simple de développer l’économie d’une île, quand aux échelons, qu’il y en ai 2 ou 72 c’est plus par de la sociologie qu’il faut commencer), ah non de l’enseignement supérieur de l’une des 10 puissances mondiales finançant du spatiale, produisant des mathématiciens, des médecins, des physiciens, des biologistes, comment dire en restant sympathique, elle était surement brillante avant de faire une école de commerce.
      Bon ce commentaire n’a pas grand intérêt, vous pouvez le supprimer

    3. @ DG

      Je fais partie comme vous des auditeurs attérés. VP a récité son catéchisme libéral, « la croassance », « le praugrès », « la vie est une sélection, « la destruction créatrice* », etc.

      Il était prévu que les temps de parole de VP et de PJ  seraient égaux. J’ai eu l’impression que c’était loin d’être le cas. Quelqu’un a-t-il fait le décompte exact?

      * pourquoi pas la destruction constructive pendant qu’elle y est!  Après tout faire et défaire c’est toujours travailler. Géniale solution au problème de l’emploi!

      1. Oui, PJ n’a pas eu beaucoup de temps de parole, mais quel bonheur de laisser une ancienne ministre se mettre, seule, à poil. C’est ça la transparence.

      2. Je l’ai trouvé très 18ème siècle avec quelques délicats délires de grande bourgeoise.

        Dans son rôle de pingresse ou d’ogresse.

        Une armée de toutous bien en laisse à leur service : le bonheur est pas compliqué chez ces gens-là.

    1. Avec du spéculaire tu fais de la pédagogie pour réintroduire la différence droite/gauche ?

      Pour instruire les jeunes…, de NOS nouvelles vues en 1980 de l’autre coté du miroir

      http://cccp.tv/video/Mezhdunarodnaja_panorama_trevogi/

      Y a même un intellectuel qui parle de la crise globale en France,  économique, morale, politique, dans tous les domaines avec des millions de chômeurs, des jeunes sans métiers, des gens qui ont faim  etc.

      Pis Ouf, l’année suivante la gauche est arrivée au pouvoir… Mais t’as déjà vu le film…

       

      1. Je pensais plutôt aux homologies auxquelles le miroir faisait écran. La ringardise moderne de Pugacheva me rappelait celle de Michèle Tor. J’aurais pu envoyer des parallèles Okoudjava/Brassens ou Vyssotski/Brel pour les rendre plus sympathiques. Mais je ne suis pas nostalgique.

        Le pull-over noir de l’intellectuel parle bien rouge en évoquant « LES forces de l’impérialisme qui existent » sous l’angle du décryptage soviétique de la propagande antisoviétique à Paris en pleine occupation de l’Afghanistan. Comme si elles étaient toutes « occidentales ». Quand on sait ce que les soviétiques avaient fait des soviets…

        Les jeunes ont été nourrissonnés aux effets de l’occupation ultérieure du même pays via l’ISI, la CIA.

        Cela dit, tu as bien fait de t’en prendre à la faiblesse de l’argument de « psychorigidité », dont on connaît les usages managériaux, comme de rappeler la naïveté de Jorion, mâtinée d’orgueil, à croire que ce ne sont pas les arguments xénophobes qui rallient les votes populaires sous la bannière fasciste.

      2. Je savais que tu serais en désaccord avec ma lecture de ton miroir, puisque l’appréhension d’un capitalisme d’État mène au regard homologique. La façon dont ça s’est dissous plaide en faveur du capitalisme d’état, puisque les soviétiques n’ont pas vu où ça les menait. Le référendum ne disait pas l’alternative qu’on sait depuis. Je suis nostalgique sans savoir discerner si c’est de ma jeunesse comme telle, où des rêves d’un autre monde qui m’agitait. La définition du soviet en 17 et par là suite n’est plus le même pour sûr. J’ai toujours utilisé le terme d’intervention soviétique et pas d’occupation, je continuerai, même si je sais que tu appelles impérialisme soviétique ce qu’ils appelaient internationalisme prolétarien. Si les US n’avaient pas joué là à la guerre froide, on n’aurait pas aujourd’hui et les décennies à venir, les conséquences. Il se serait passé ce qui s’est passé en Ouzbékistan jusqu’au milieu des années 30, guérilla des féodaux jusqu’à extinction. L’orgueilleux n’use pas de la citation latine plus bas, il ne cède pas et accuse l’autre. Sûr qu’il a des façons de remonter les bretelles de certains qui vont dans ton sens, mais pourquoi donner dans la dentelle gentiment, dans un monde pas gentil, pis y a les demandes d’amour blessées chiantes.

  9. M. Jorion,

    Cela fait quelles années que je lis votre blog et assiste à vos conférences. Votre analyse décalée me semblait salutaire dans cette époque de caporalisme médiatique.

    J’observe cependant depuis quelques mois, à mon grand regret, une baisse très nette de la qualité de vos interventions. L’affirmation péremptoire, l’analyse de comptoir l’emportent sur le travail de fond. Faut-il mettre cette évolution sur le compte de votre nouvelle qualité d’intellectuel médiatique ? Pierre Bourdieu en avait pourtant très précisément analysé les travers dans « Sur la télévision ».

    Si vous voulez réellement faire œuvre utile, méfiez-vous de la griserie provoquée par cette situation nouvelle. Raréfiez votre parole, soupesez chacun de vos mots. A défaut, le naufrage est inévitable.

    Cordialement,

    Pierre

  10. J’ai tenté par deux fois d’expliquer pourquoi je suis rigide selon la définition de cet article, mais ça ne passe pas. Pourtant j’essayais d’apporter quelque chose de personnel au débat démarré par Sapir en France. J’essaye encore.

    1. Le seul et unique critère qui me fait voter pour tel ou tel, c’est la sortie de l’Euro. Au point où nous en sommes, il n’y en pas d’autre.

    2. Russie, Union Soviétique, Poutine? C’est quoi tout ça? Ne me concerne pas pour sortir de l’Euro.

  11. Russophilie et FN
    Bonjour,
    132 commentaires que je n’ai pas tous lus ! Beaucoup vous critiquent essentiellement en dérivant sur le rapprochement gauche – FN (le cas Sapir et autres) et l’europhobie qui leur est commune, alors que (j’ai relu), vous n’en parlez pas !
    Bizarre ! Ce sujet semble obséder beaucoup de vos suiveurs qui ne comprennent pas que le texte dénonce la ‘psycho rigidité’ en en prenant les 2 exemples les plus monstrueux. Vos contradicteurs se sentent visés.

    Pourquoi ?
    Une gauche française partage une passion (psycho rigide) avec le FN (et Poutine) : le nationalisme. La haine de l’Europe et de l’euro les rapproche inexorablement ainsi que la haine des USA et – accessoirement- des sionistes.

    Ceci dit, je vous cite :
    « .. notre tolérance doit devenir zéro envers l’austérité, la « compétitivité », le pacte « de responsabilité », et autres merdes… »
    N’y a-t-il pas, là aussi, une dose de psycho-rigidité ? L’austérité me semble imposée inexorablement par les limites naturelles de notre petite planète (une des vagues du soliton).

    Aux sapiristes: En quoi le remplacement de l’euro par un franc sapir /lepen/mélenchon ou la mise au gibet de la troïka bruxelloise feront ils couler le lait et le miel (en fait – le pétrole). Il ne suffit pas de le « croire », il faut le prouver rationnellement. Vivions nous au paradis avant l’euro ? Le peuple grec n’a pas voulu le retour de la drachme, est-il stupide ?

    1. A Hadrien,

      Ce n’est pas vraiment une dérive, on fait juste le lien avec le billet précédent.

      Quand vous parlez du nationalisme,et de la haine de l’Europe et de l’euro qui les rapproche inexorablement ainsi que la haine des USA et – accessoirement- des sionistes, vous suintez vous aussi la haine. Pour ma part, ma réaction est celle de l’autodéfense, point barre, aucune sympathie avec l’oppresseur, je cherche des gens qui souffrent du même mal et ensemble nous sommes plus fort pour lutter. Se mettre d’accord, c’est cela une société.

      1. J’ajoute qu’avec le modèle mondialiste, sous couvert d’un dialogue pacifié avec le monde entier, l’individu se retrouve de plus en plus seul et isolé, incapable de se faire entendre, et le modèle européen actuel (ce que vous appelez « l’Europe ») l’illustre bien, notre voix ne compte plus. La mondialisation c’est paradoxalement le repli sur soi, écrasé par l’ultralibéralisme et l’ultrasécuritaire, d’où se pose des questions de monnaie nationale, de frontières, de nations, pour redonner une cohésion à un monde qui se fissure en une multitude d’intérêts divergents, une population manipulée et portée à s’entredéchirer.

      2. Je veux croire aussie « qu’une personne en qui la classe ouvrière se reconnaît aujourd’hui massivement, ne peut être entièrement mauvaise », comme l’a dit Paul Jorion au sujet de Le Pen fille. A voir si une ouverture est possible sur le front de la libération nationale.

  12. et vous hadrien que pous prouvez vous rationnellement ? à part CROIRE aux bienfaits d’une europe et d’un euro que personne ne voit, ce qui explique la très grande désaffection de la grande majorité des européens lors des élections, ou le recours  au vote contestataire, qui à force de discours comme le votre, passera de contestataire à victorieux (et je ne souhaites pas la victoire du FN croyez moi)

     

    mélenchon s’est converti enfin très récemment à la sortie de l’euro apres l’echec de syriza, avant lui des sapir, todd, london, maris (le regretté) ce sont exprimé à ce sujet. aucun n’a dit que ça serait une partie de plaisir ou que le miel coulerait à flots. Il suffit de lire leurs écrits qui sont nombreux pour y trouver les arguments qui semblent vous échapper. Nombreux sont aussi les économistes qui admettent que l’euro est une erreur fondamentale sans en prôner toute fois la sortie, peut être en .

    Je ne suis pas expert mais il parait que des 60 et quelques monnaies communes crées à ce jour, aucune n’a survécu. Serions nous plus intelligent que nos ancêtres ?

    Les peuples et les nations sont peut-être des entités un peu plus complexes que des lubies monétaristes imposée par un matraquage médiatique (maastrich) ou   trahi dans ces choix (TCE 2005).

    A ce jour le rejet de l’europe grandit chaque jour dans l’ensemble des pays membres, et ce n’est pas l’épisode grec (malgré le post de Paul Jorion annonçant la victoire inévitable de Tsipras il y a quelques semaines) qui va améliorer les choses.

    Cordialement

  13. et désolé pour les nombreuses fautes d’orthographe et de grammaire … effet d’une colère rentrée

  14. Bonjour Hadrien,

    Je dois vous avouer, que de mon point de vue, la politique à notre époque n’est que l’expression de la vision du dominant. L’intérêt public est quelque chose qui fait hurler de rire les dirigeants.
    Certains citoyens, qui y croyaient encore, l’on d’ailleurs douloureusement expérimentés avec le cas « Tsipras ».

    Concernant, le retour à une monnaie nationale, cela est un débat qui a du sens et qui n’est pas superflux. Je pense qu’il ne faut surtout pas le mélanger avec des considérations politiques car tel est le piège. Cela doit être analysé de façon neutre pour ne pas laisser le politique ajouter « du bruit » au sujet. Je me permets ainsi de partager mes interrogations sur ce que suscite pour moi ce débat au-delà des éternels clivages politiques.

    1- Paul Jorion se place dans une perceptive keynésienne (ou néo-Keynésienne), or créer une politique de cet ordre dans une zone monétaire hétérogène (chaque pays ont des productivité et des taux de croissance différents) conduit à une inefficacité car la politique monétaire et budgétaire doivent être considérées comme un tout cohérent. Il s’agit du fameux policy mix. Dans les faits, l’absence d’adéquations entre la politique monétaire et budgétaire provoque dans de nombreux pays des situations aberrantes (bulle sur tous les marchés financiers, bulle immobilière, aucun investissement dans les technologies vertes, dans la recherche etc…). De plus, le coefficient multiplicateur de Keynes ne peut plus s’appliquer car nos économies sont très ouvertes sur le reste du monde notamment via la sous-traitance en cascade et l’exploitation des pays à faibles revenus.

    2- Si on prends le cas de la Grèce, en considérant un retour à la drachme avec défaut sur toute la dette. A part, les pays européennes qui auraient à avouer qu’ils ont absorbés de façon honteuse les pertes des banques 2011, est-ce que la Grèce serait vraiment perdante en sachant qu’il s’agit d’un pays qui ne vit presque que du tourisme ? (et donc qui a besoin d’une monnaie faible).

    3- La réappropriation du système bancaire pour l’intérêt collectif, ne passe-t-elle par la réappropriation de la banque centrale ? Il s’agit d’une question ouverte.

    1. Je suis bien d’accord avec vous, et j’irais même beaucoup plus loin.

      Reprendre notre monnaie et mettre notre Banque centrale, au service de l’intérêt général est une évidence.  Quelle escroquerie!

      Et nationaliser les entreprises stratégiques ou systémiques, (ce que De Gaulle a fait en 1946 !)  (avec indemnisation, évidement)

      et les Ressources primaires en général. (Mais ça, c’est pour dans 1000ans :/ )

      Le tout est de savoir si on veut que le peuple soit souverain, ou pas!

      Aujourd’hui, la souveraineté est à la Finance!  C’est incroyable que l’on ait pu faire ça dans de soi disant démocraties.

    2. Bonjour, Alexandre.

      L’intérêt public est quelque chose qui fait hurler de rire les dirigeants.

      Je pense que l’on peut dire cela depuis la nuit des temps. La difficulté: définir cette notion.

      1- Paul Jorion se place dans une perceptive keynésienne

      Je n’ai pas lu Keynes, mais les gauches s’en revendiquent en prônant une relance par le pouvoir d’achat. Cela implique que la zone considérée est +- autarcique – surtout sur le plan énergétique  ou au moins, suffisamment grande pour négocier en position de force avec les pétroliers – A part la Norvège aucun état européen ne répond à cette définition.

      2- Si on prends le cas de la Grèce…

      Sur ce blog, on a bcp insisté sur le respect de la démocratie et du peuple grec. Je constate qu’il a refusé le retour à la drachme, définissant ainsi son ‘intérêt public’.

      3- La réappropriation du système bancaire…

      Je reste surpris que le public n’ait pas pris le contrôle des banques au prorata des sommes qu’il y a mis. Bizarre.

      Maintenant, je ne prétend pas que l’euro seul soit la porte du paradis. Tous les experts répètent que cette monnaie réclame un état, ici les états unis d’Europe, avec une fiscalité, des transferts, un budget, des projets (transition énergétique etc..).

      Il faut, selon la formule de P Jorion sortir du problème euro par le haut, en fédéralisant. Une certaine gauche le refuse, se réfugie avec le FN dans un chauvinisme d’un autre âge, croyant abriter le peuple derrière des frontières qui sont les meilleures armes de ses ennemis financiers. L’hymne de la gauche : » l’internationale » semble oublié. Or il faut sauver « les damnés de la terre ». Pour ce, les progressistes (si ça existe encore) doivent travailler, pour le moins, au niveau européen.

      1. Hadrien,

        Vous raisonnez en tout ou rien, alors que tout est affaire de compromis.

        Privilégier nos industrie et entreprises n’est pas autarcie.

        Le pétrole ça s’échange contre ce que nous produisons.

        Donc plus nous protégerons nos entreprises (en attendant de s’entendre avec le reste du monde) plus on aura de choses à échanger contre du pétrole. Alors que si on laisse notre tissu industriel se faire démolir, on aura plus rien à échanger pour acheter du pétrole.

         

        Pour fédéraliser, il faut s’entendre. En attendant de s’entendre, chacun retourne chez lui, et échange comme avant.

        On peut ensuite reformer une fédération avec des nations qui poursuivent les même objectifs, sinon c’est absurde.

        Et reconstruisons une autre Europe, des peuples et non des banquiers/rentiers…

      2. Hadrien,

        La Grèce n’est pas la France, le drachme n’est pas le franc.

        Que d’amalgames…

        Il est d’autant plus facile de reprendre sa monnaie que l’on a de ressources, en particulier industrielles.

        Plus on attend, moins on aura de ces ressources, pour cause de concurrence mortifère…

        Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres, et surtout avec des fous aux commandes.

  15. Ce billet encore pour moi , avec quelques jours de recul , une énigme .

    Car , si tant est que l’on puisse caractériser le « génie » des peuples  , confondre la « violence aveugle  » dont est capable l’âme russe ( et c’est alors un effet passionnel) , avec « les œillères psychorigides » dont est capable le peuple allemand ( américain blanc et japonais aussi d’ailleurs , et c’est alors l’effet d’une crispation sur le « hic et nunc » organisé ) , est une erreur qu’un ami de la psychanalyse ne doit pas faire .

  16. *Le tacticien réfléchit en fonction d’un contexte donné et particulier. Tandis que le stratège, réfléchit aux enjeux réunis en un tout.*

    A trop vouloir démontrer qu’il peut être un bon analyste en prospective économique, M. Sapir, ne sous-estimerait-il pas en revanche « l’art de la stratégie » ?
    Dit autrement : en ne réfléchissant qu’aux éventuelles tactiques politiques autour d’une habile manœuvre de rassemblement anti-euro, ne serait-il pas en train de commettre une lourde négligence : celle de ne pas comprendre « à terme » la finalité du jeu de dupes du FN, en vue d’atteindre son véritable but stratégique, son but de guerre : prendre le pouvoir.
    Bien sûr, pour cela, le FN sait qu’il doit encore « progresser » sur le champ électoral, en s’impliquant davantage sur les sujets politiques, économiques, sociaux et également moraux qui divisent les Français.
    Ainsi, en sous-estimant l’ambition comme la stratégie du FN, M. Sapir ne ferait que d’ouvrir davantage un boulevard à l’extrême droite, en laissant supposer bien trop naïvement « à terme », que le parti de Mme Le Pen pourrait rejoindre, en une certaine manière, un assemblage pour le moins hétéroclite de souverainistes de droite, de gauche et d’extrême-gauche, rassemblés dans un refus commun de la pensée unique UMPS pro-euro. Mais, si cet assemblage bizarre venait à se concrétiser en un front commun « à deux visages », en fonction d’un durcissement de la crise basculant dans une situation encore plus désastreuse, alors je crains fort que cette fois-ci, la véritable question qui viendrait à se poser « à terme » serait celle de savoir comment se sortir de ce piège ruineux pour la gauche et la démocratie… Tiens ! J’en aperçois déjà un, sur la piste, se proclamant bientôt comme le héros, défenseur de la République. Sans doute un stratège et un tacticien hors pair… pour « Les Républicains »…

    1. Un stratège agit ( et utilise des tactiques ) en fonction d’un but futur .

      Un tacticien agit en fonction des données et des opportunités présentes, pour un but qui se définit au jour le jour ..

      Il n’y a pas de bon stratège qui ne soit pas bon tacticien .

      Les tacticiens bons et mauvais , fleurissent au gré de l’absence d’exigence citoyenne .

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