De la boîte à outils. Petit traité de mécanique à l’usage d’Ofellus, par Jean-Claude Balbot

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je suis administrateur d’un réseau national de développement agricole et rural dont le fonctionnement se revendique de l’émancipation de ses membres par l’éducation populaire, au sens avancé dans les jours heureux de la fin de la dernière guerre ; pas dans le sens de celle qui s’échoua quelques années plus tard dans les maisons de la culture de Malraux.

Où est le savoir nécessaire à l’émancipation ? Qui le mobilise ? A l’aide de quels outils ? Au profit de qui ? De quelle réalité nous parle-t-on quand on nous serine « soyez réalistes, inclinez-vous » ? Voilà des questions qui sans cesse nous travaillent dans nos rencontres avec les chercheurs, les ingénieurs mais aussi l’administration, les ministères, les parlementaires. L’ensemble de nos adhérents sont des « résistants » aux injonctions d’une politique agricole publique incapable de se réformer et dont les résultats finissent par indisposer ceux même pour la satisfaction desquels elle fut bâtie.

Il nous faut de l’assurance, de la confiance en soi, pour affronter cette doxa si cruelle qui trouve dans chaque texte législatif, dans chaque « déclinaison française » des décisions européennes, l’occasion d’assurer ses positions. Cette confiance, cette assurance, quelques uns en sont sans doute dotés plus que d’autres, mais tous nous savons qu’elle demande à être confortée sans cesse.

La plupart d’entre nous sommes du genre à savoir répondre à leur voisin, à leur beau-frère : C’est pour ça que je le fais ! Et nous sommes redevables de cela à nos réussites économiques certes, mais aussi à la fréquentation constante d’ « intellectuels » tels que Paul Jorion. Dans tous les domaines. Si nous fréquentons les livres et le blog de Paul, comme ceux d’autres, ce n’est pas par enthousiasme ou par besoin d’admirer mais bien parce que de nombreuses questions, y compris très triviales, restent sans réponses satisfaisantes et que nous cherchons à nous « sortir de la bouteille à piéger les mouches »

Quel hommage rendre à Paul en ce moment si particulier où nous sentons bien que de mauvaises manières lui sont faites ? Lui montrer que bien sûr on peut se servir de ses livres comme d’une boîte à outils et affirmer que nous le faisons avec profit.

Et lui en donner un exemple, dont voici le contexte :

La semaine dernière nous nous sommes réunis une bonne quinzaine de paysans et nos interlocuteurs habituels. Nous étions plus de trente pour aborder sous l’angle de la multifonctionnalité de l’agriculture l’usage d’un des produits non alimentaires de nos fermes : l’accueil dit « social » de personnes qui, pour une raison ou une autre, demandent à rompre avec le milieu urbain.

Chaque année nous échangeons autour de nos pratiques et cette année le thème central de ces rencontres a été la fixation du prix des accueils.

Nous nous sommes confrontés notamment  à des interventions de deux universitaires (une géographe et un socio-économiste proche de Bernard Friot) Personne n’a bronché, alors que notre quotidien est d’arracher patates et poireaux, traire et nourrir chèvres, vaches ou brebis. Les retours sont même plutôt enthousiastes. Les débats intenses débouchèrent sur des éléments de pratiques.

J’ai lu le premier matin le texte que vous trouverez ci-dessous en l’état quasi natif : rien d’extraordinaire là dedans, pas un mot que vous n’ayez lu 1000 fois ici, pas une idée dont il n’a été débattu 100 fois sur ce blog par Paul, François, Dominique, Roberto, Marie-Paule et tant d’autres. Aucun talent particulier, juste la certitude que c’est discutable, mais indispensable.

Il ne faut pas renoncer, nombreux sont ceux qui continuent à lire et à remercier que d’autres leurs permettent de s’élever au dessus de la mêlée où ils se tiennent quotidiennement.

Ces journées n’auraient pas pu se tenir avec ce contenu il y a seulement 2 ans. Le niveau monte, et pas seulement celui de la mer !

Pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui ? Quel est le sujet ? Pour calculer un prix de séjour ? Pour calculer le prix d’un séjour ?

Disons plus sûrement pour parler de « La justice dans les échanges »

Nous savons approximativement comment sont construits nos coûts de revient, approximativement, car suivant l’école comptable à laquelle nous nous référons, nous entrons tel ou tel élément dans telle ou telle colonne.

Nous sommes conscients, tout du moins je l’espère, que la lecture économique n’est une science ni exacte, ni neutre. Que c’est une technique au service d’une politique.

Plus fort cependant, nous ignorons comment sont construits les prix auxquels sont vendus les produits de nos activités. Et je ne parle pas seulement, vous l’avez bien compris, des séjours dans nos fermes.

Il n’est que voir pour s’en persuader défiler si violemment, cet été, les paysans réclamant des « prix rémunérateurs » et le désarroi pathétique des gouvernants devant la question soulevée.

Nous rencontrons au moins trois façons d’expliquer la formation des prix et du coup, sans doute, trois possibilités d’agir si d’aventure la situation que nous vivons ne nous convient pas.

Soit nous acceptons la religion du marché et nous faisons en sorte de pouvoir y survivre. C’est chacun sa gueule, au meilleur le pompon !  Se trouvera-t-il quelqu’un ici pour soutenir cette position ? Je donnerai plus loin quelques éléments de réflexion auxquels il faudra alors répondre.

Soit nous pensons que nos revenus doivent être maxima, car c’est là que se niche la valeur de notre travail, et nous devons nous battre pour collectiviser les outils de production. Car ce sont leurs détenteurs qui fixent les salaires. En m’aventurant un peu, je pense que Nicolas C. nous amènera sans doute à réfléchir dans cette voie.

Soit nous pensons que le prix d’une chose est le reflet de ce à quoi nous consentons, de plus ou moins bon gré. Et alors nous devons chercher la voie de la mesure dans le prix.

C’est ce à quoi je vous propose de réfléchir maintenant, sachant donc que durant ces deux jours ce point de vue sera soumis à la question.

Quelle est l’explication la plus commune de la construction des prix ?

La seule enseignée car considérée comme « naturelle » : Le prix est fils de Concurrence Pure et Parfaite.

Cette doxa économique dominante veut que le prix s’établisse à travers « la loi de l’offre et de la demande ».

Un mécanisme naturel ferait se rencontrer les vendeurs et les acheteurs, et les prix s’établiraient comme s’équilibrent les plateaux d’une balance Roberval. Toutes interventions (entraves ou avantages, protectionnisme ou dumping) sont déloyales car opposées à la meilleure allocation possible des ressources.

Dans ce cadre idéologique, des politiques comme la PAC sont liées à des « défaillances de marché » et doivent être très temporaires, le marché « naturel » devant reprendre sa place « naturelle » le plus rapidement possible. Le terme « naturel » fait ressentir l’idée forte qui est derrière une telle vision : les rapports de force n’existent pas dans une bonne économie.

En forçant la métaphore nous pourrions dire que c’est la loi de la gravité qui est responsable de l’établissement d’un prix. Du coup c’est aussi la nature des choses que certains soient plus riches que d’autres, que certaines tâches soient toujours assurées par les mêmes. La nature récompense les meilleurs travailleurs, les meilleurs entrepreneurs.

Il n’y a pas de dynamique dans les rapports sociaux, du moins elle n’est pas nécessaire.

Ceux qui acceptent cette loi en sont souvent les premières victimes. (Les paysans les plus libéraux dans la rue réclamant des prix rémunérateurs).

Ce modèle économique possède un catéchisme, une doctrine de la foi définissant en 5 points la Concurrence Pure et Parfaite.

Toutes ces conditions sont assorties de l’hypothèse que l’agent économique est rationnel. Et l’agent économique est en effet très rationnel puisqu’à l’exemple de VW toutes les entreprises, et surtout les plus importantes, passent l’essentiel de leur activité de recherche à s’exonérer des conditions de la Concurrence Pure et Parfaite.

N’allons pas plus loin que ça sur cette façon de voir.

Toutefois ne perdons jamais de vue pendant ces deux jours que c’est la religion largement majoritaire en ce pays comme dans bien d’autres.

Pour donner mon point de vue sur la question de la construction du prix en accueil social, j’ai choisi de procéder par analogie avec la question du prix en circuits courts de produits alimentaires. Cette question m’est en effet plus familière, et surtout, c’est en essayant d’y répondre que m’est apparue une explication qui peut, j’en suis persuadé, nous soutenir dans le travail de ces journées.

Quand nous nous sommes intéressés à la question de l’accès pour tous à la nourriture, nous avons fait un constat : le système agro-industriel ne pouvait mettre la nourriture à disposition de tous sans intervention des pouvoirs publics. D’où la croissance de l’aide alimentaire et du crédit à la consommation.

Puis lors d’un contact avec des usagers d’un centre social nous avions constaté que, producteurs en vente directe, nous vendions à des prix qui rendaient nos produits inaccessibles pour eux. A l’issue de cette rencontre l’un de nous, maraîcher, a fait remarquer que dans la communauté d’origine de sa compagne, en Inde, personne ne proposerait à la vente de la nourriture que d’autres ne pourraient acheter.

Une telle affirmation va à l’encontre de la doxa économique dominante que j’évoquais à l’instant.

Nous le voyons bien : le comportement des hommes semble « résister » à la loi puisque d’une part, ici, l’intervention publique est nécessaire pour « corriger » cette loi et que d’autre part, ailleurs, certains s’exonèrent du profit maximum   comme objectif économique.

Si cette loi ne nous permet pas de saisir le mécanisme de la formation des prix, quels sont alors les facteurs autres qu’économiques qui interviennent dans la constitution du prix ?

Un anthropologue – Paul Jorion, pourquoi ne pas le nommer ? – à la suite de l’observation des ventes de poissons en Bretagne et en Afrique il y a quelques années, avait fait le même constat et en avait tiré quelques enseignements pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans la vente de gré à gré. Je pense que nous pouvons à notre tour en tirer profit. Et je vais tenter de vous les résumer.

Pour qu’il y ait un marché, il faut qu’il y ait un acheteur et un vendeur. Pour qu’il y ait un acheteur, il doit avoir les capacités d’acheter et conserver ces capacités.

Pour qu’il y ait un vendeur il faut que la vente lui permette de survivre durablement.

Redisons bien que nous souhaitons que l’un et l’autre voient ces conditions remplies durablement.

Le prix à payer pour un produit va s’établir alors entre deux bornes. L’une, inférieure, est le coût de revient du bien vendu : vous ne pouvez durablement vendre en dessous de ce prix sans disparaitre du marché.

L’autre, supérieure, est le prix au dessus duquel la subsistance de l’acheteur est mise en cause, au-dessus duquel il ne pourra durablement acheter.

Vous ne pourrez pas vendre au dessus de ce prix sous peine de voir disparaitre l’acheteur.

C’est ce qu’exprimait sous une autre forme le maraicher tout à l’heure.

Entre ces deux bornes l’échange existe. En deçà ou au-delà de ces bornes, le marché s’évapore par disparition d’une des parties. Entre ces deux bornes l’échange existera, plus ou moins satisfaisant pour l’un ou l’autre.

Il revient aux deux parties d’évaluer ces bornes ; la sienne et celle de son « partenaire ». Il ne faut pas que l’acheteur veuille faire descendre le prix en-dessous du prix de revient du vendeur. Et inversement le vendeur ne peut pas espérer un prix supérieur au prix de subsistance de l’acheteur.

Les intérêts des partenaires sont antagonistes mais solidaires. Ce n’est plus de la mesure du prix des choses dont il est question mais de la mesure dans le prix des choses.

Entre deux bornes se forme le prix par la mobilisation des ressources de chacun, dans un rapport de forces auquel participent les quantités d’offre et de demande mais pas seulement, et sans doute pas surtout.

Ce sont par exemple la bonne renommée des uns et des autres, le rang social des uns et des autres, les relations de parenté, même éloignées, la fatigue ou l’impatience d’une des parties, des aléas de santé et bien d’autres éléments « subjectifs », non quantifiables facilement.

L’on pourrait dire que sur un marché, acheteurs comme vendeurs ont au moins deux impératifs : vendre ou acheter à un prix permettant leur survie, et faire bonne figure, tenir son rang.

Paul Jorion observe la façon dont s’établissent les prix dans les ventes de gré à gré de poissons sur les campements côtiers des pécheurs nomades d’Afrique de l’Ouest. Ce sont les femmes qui achètent les poissons à l’arrivée du bateau. Pour les revendre.

Si le pêcheur se met en tête de vendre une proportion importante des captures à une seule acheteuse au prétexte qu’elle pourrait offrir un prix plus élevé, la colère des autres femmes se manifeste. Cette colère se justifie par la nécessité pour ces femmes d’écouler une quantité minimum de marchandise…. afin de se procurer, grâce à l’argent obtenu, les produits indispensables à la survie du ménage. Le pêcheur y cédera car, plus que son revenu immédiat, c’est son statut à terme dans la communauté qui lui importe.

Des mécanismes du même ordre sont mis à jour dans les échanges entre pêcheurs côtiers et mareyeurs dans le Morbihan, avant l’instauration de la vente sous criée.

L’économie des sociétés humaines a été longtemps de trocs et d’échanges non marchands. Ce serait l’agriculture et la sédentarisation qui, en permettant l’accumulation, ont amené à diviser le travail.

Si l’on fait fi, bien entendu de la division sexuée du travail qui, sur cette question, méritera sans doute un développement particulier, et je ne doute pas qu’Agnès T… tout à l’heure s’en charge.

Le travail se divisant, il y eut un jour un cordonnier et un maçon, l’un ne pouvant faire des maisons, l’autre ne pouvant faire des chaussures, l’un ne voulant dormir dehors, l’autre ne souhaitant pas marcher nu pieds.

Le cordonnier commande une maison et, pour rémunérer le travail, donne une paire de chaussure ? Probablement pas !

20 000 paires de chaussures ? Et qu’en ferait le maçon ?

C’est ainsi que naquit la monnaie. Permettant de rendre commensurables des choses trop différentes

C’est ainsi aussi que fut établi le premier prix : Combien de chaussures pour une maison ?

Est-ce la quantité de travail contenue dans l’un et l’autre de ces objets qui va servir de critère à l’évaluation ?

Le prix n’exprime pas la valeur des produits, mais seulement le besoin réciproque que chacun a des œuvres de l’autre.

Un exemple contemporain suffira à montrer cela. Aujourd’hui quand vous achetez un tracteur, 40% du prix va rémunérer des logiciels. Impossible de dire que c’est une quantité de travail contenue dans ces logiciels qui est ainsi évaluée. Par contre si l’on se pose la question de ce qui nous oblige à consentir à cela, de ceux qui nous obligent à consentir à cela, alors nous voyons apparaître encore ce besoin réciproque.

Et pour le coup le prix est là l’illustration de la forte dissymétrie des besoins de réciprocité ! Car il n’y a pas là une bonne mesure dans le prix puisqu’une partie non négligeable de la collectivité ne peut accéder au bien. Quand on ajoute que la dissymétrie obtenue est soutenue par des politiques publiques coûteuses nous mesurons notre faible poids, pour ne pas dire notre absence, dans la détermination de ce prix.

Ce que nous devons rechercher c’est la mesure dans l’échange, pas la mesure des biens échangés. Et ça fait toute la différence.

La volonté de faire disparaitre les éléments « irrationnels » de l’échange a conduit à mettre en place des marchés au cadran, « moderniser, rationnaliser, émanciper ».

Marché au cadran qui, en rendant anonymes les vendeurs et acheteurs, devait permettre aux premiers de bénéficier à plein de la concurrence pure et parfaite. Or que constatons nous ? Le contraire, systématiquement le prix s’établit et se maintient à un niveau très proche du niveau de survie du vendeur.

L’anonymat de la construction des prix ressemble à une spoliation de biens, en tout cas c’est un instrument de la disparition des paysans.

Les rapports de forces naissent de la division du travail. C’est la division du travail qui oblige à facturation et à établissement d’un prix. Le prix est la face visible du rapport de forces, rien d’autre, pas de quoi s’en rendre malade.

Le rapport de force n’est que l’expression de la force que nous mettons à vivre ensemble, de l’appétit que nous avons à vivre ensemble, à affirmer la nécessité de ce besoin d’échanges en lieu et place du besoin d’échanger des biens.

L’homme est un animal social. Un vieil animal social.

Bien entendu, plus vous divisez le travail, plus vous exacerbez les rapports de force, plus vous rendez leur maitrise complexe. Jusqu’en arriver à la situation au 19ème siècle, d’une division telle que ces rapports de force ont pris la figure de la lutte des classes. Et la situation n’a cessé de s’aggraver.

A contre courant de cette exacerbation de la division du travail, l’accueil social dans les fermes participe d’une tentative de réintégration de la question « sociale » dans l’économie agricole.

Nous accueillons, non pas parce que nous sommes des « accueillants », mais parce que nous sommes des paysans, des ruraux, des hommes et des femmes, que nous rendons service, aujourd’hui, comme hier, à des voisins.

C’est la distance entre les parties de l’échange, distance incarnée par le travailleur social à qui tu factures ton travail qui te mène à confondre prix et valeur car la disparition du gré à gré a fait disparaitre les rémunérations non monétaires.

Et c’est ce qui s’exprime, plus ou moins formalisé, quand l’un de nous dit : je fais de l’accueil « sans prix », « sans conditions ». Et c’est aussi ce qui explique le malaise que certains éprouvent devant une facture d’accueil à 100 euros la journée : « oh certes celui-là il est malin, mais aux dépends de qui ? »

C’est parce que nous nous n’avons plus nos vieux, nos handicapés, nos pauvres auprès de nous ; parce que nous nous sommes séparés d’eux ; parce que nous avons divisé le travail ; c’est pour cela que les travailleurs sociaux sont là. Il faut savoir ce à quoi nous avons consenti hier pour avoir une idée de ce à quoi nous consentons aujourd’hui, et de ce à quoi il nous faudra consentir demain.

Car le prix révèle notre « consentement à payer ». C’est le « prix à payer » pour pouvoir vivre ensemble Et quand le prix est bâti sans cette mesure dans le prix que nous revendiquons, alors certains ne peuvent plus vivre ensemble, ne plus vivre avec nous. Leur voix s’éloignent, leurs voix s’éteignent.

Et c’est en découvrant que nous n’avons plus de voisins que nous avons cherché une agriculture durable. C’est en disant qu’il nous importe plus d’avoir des voisins qu’une ferme compétitive que nous instituons la durabilité en agriculture. Nous pouvons renoncer à des rémunérations importantes, à des modes de vie dispendieux, pour conserver des voisins.

Car cela n’a pas de prix. Ce à quoi nous accordons de la valeur n’a pas de prix.

Il est inutile de chercher dans le prix d’une chose la représentation d’une valeur : la valeur n’est pas là. Le prix n’est que la traduction d’un rapport de forces entre deux parties, il n’est pas l’expression d’une quelconque valeur, il n’y a pas de valeur cachée derrière un prix.

Si nous n’acceptons pas le prix offert pour notre travail, nous ne devons pas dire « je ne suis pas reconnu à ma juste valeur », « je ne suis pas rémunéré à la hauteur de ce que j’estime valoir ».

Reconnaissons simplement que nous n’avons pas construit les positions sociales et politiques, qui nous permettraient d’exiger mieux. Que nous nous sommes sans doute dérobés devant le rapport de force. D’ailleurs les sociétés ou l’écart entre riches et pauvres est minima, sont les sociétés où le taux de syndicalisation est le plus élevé.

Concluons :

Cette approche sans doute peu habituelle de la construction des prix nous indique ce nous ne devons pas attendre d’un prix, ce qu’un prix ne peut pas nous dire : la reconnaissance de la valeur de nos activités. Il ne faut pas perdre notre temps à chercher sous le lampadaire ce que nous avons perdu de l’autre coté de la rue.

Mon point de vue à travers l’expérience de la vente directe et de l’accueil social est que pour obtenir un prix satisfaisant, je dis bien : satisfaisant, il faut se consacrer à la compréhension des deux bornes évoquées plus haut entre lesquelles se fabrique le prix.

L’une nous est sans doute plus familière ; celle en dessous de laquelle nous ne pouvons vendre durablement : le coût de production de la marchandise.

Dans ce coût peut être pris en compte l’amortissement du capital investi, et les intérêts d’un prêt éventuel. Devons-nous, pouvons-nous, faire payer cela au client ? Dans tous les cas ? Je pense que la réponse ne sera pas la même pour tous au même instant… et ne sera pas la même pour chacun à tout moment. Devons nous alors proposer une réponse identique pour tous ?

La deuxième borne est celle qu’a à l’esprit le prescripteur de l’accueil, le prix au dessus duquel il ne peut durablement payer les séjours. Quel sont les éléments matériels et immatériels qui rentrent dans ce calcul ?

Sont-ils, ces éléments, les mêmes pour tous ? Le travail social a une histoire que nous évoquerons tout à l’heure, et ce ne sera pas la première fois ; j’ai souvenir en effet que notre rapport à cette activité a bien évolué, depuis Aix il y a 5 ans où nous avions rencontré Saul Karsz, à aujourd’hui, alors que nous allons mener une recherche sur l’accès à l’alimentation, en passant par l’an dernier à Ferrals où les débats ont marqué les esprits de beaucoup, cette histoire de l’accueil social amène les prescripteurs à des positions éloignées les unes des autres : de l’indifférence à des demandes de meilleurs prix, à la participation active à la recherche de ressources complémentaires, en passant par la déploration de ne pouvoir mieux faire.

Pouvons-nous attendre des réponses identiques à nos demandes dans ces conditions là ?

Ce dont je suis certain c’est que nous ne pouvons pas rester sur la touche et exiger qu’on nous passe le ballon !

Merci et bonne journée

Crest, 15 Octobre 2015

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64 réflexions sur « De la boîte à outils. Petit traité de mécanique à l’usage d’Ofellus, par Jean-Claude Balbot »

  1. Prix d’un outil…
    Force est de constater qu’il existe bien un handicap plus élevé pour les petits que pour les gros… exemple:
    Des logiciels à plusieurs dizaines voire de centaines de k€ permettent de réaliser des travaux de qualité, que ce soit par des bureaux d’étude intégrés dans de grandes structures ou par des TPE.
    Le logiciel est au même prix dans les deux cas.
    Seulement l’usage qui en est fait ne pèse pas le même poids: dans la TPE, le logiciel sera utilisé, parmi d’autres (€++) à hauteur de quelques heures par mois, alors que dans l’entreprise plus grande, ce sera à temps plein par une personne qui aura eu le loisir de se former à fond pour son utilisation.
    Ce handicap pour les petits est contre-productif et va toujours dans le même sens de la concentration……………

    C’est sûr qu’envisager une mise à disposition juste d’outils largement amortis, nous place d’entrée… dans un autre monde.
    Faut-il continuer à le considérer comme utopique ?

  2. « c’est la religion largement majoritaire en ce pays »
    Sans tomber dans les excès d’un déterminisme anthropologique, je remarque que l’endroit de cette rencontre est un haut lieu historique du protestantisme puis du républicanisme dont les célèbres graffiti de la tour-prison de Crest apportent un témoignage émouvant. Je doute que ces réflexions soit audibles chez les gros céréaliers du Bassin Parisien.

  3. Bonjour et merci de cet article.

    Les réflexions sur la relation entre le prix et la valeur mettent en évidence que cette relation est plus ou moins existante selon les approches.

    Force est de constater que lorsque ces réflexions sont élaborées sur la base de cas concrets, seuls sont présentées des situations où le prix serait surestimé au nom d’une prétendue valeur, résultante d’un rapport de force qui serait déséquilibré.

    « Le prix de ces chaussures de marque ne peut être justifié par ses coûts de production, il n’est que le fruit d’un rapport de force entre une marque dominante et un consommateur ayant la faiblesse de vouloir y accéder »

    Quid de la situation inverse dans laquelle je me trouve par exemple lorsque j’achète au marché de délicieuses fraises à moins de 50 centimes le kilo ?

    Le maraîcher semble être content de les vendre, mais ma conception de la valeur de ces fraises me fait culpabiliser de ne les acheter qu’à ce faible prix.

    De la même façon, le vil prix de certains biens achetés aux enchères, lieux oh combien symbolique du marché, n’est-il pas souvent indécent ?

    Voilà ce qui me fait croire que prix et valeur sont liés, au moins moralement. Reste à savoir si la morale est un mot connu du marché.

    Je serais heureux que ces deux « anecdotes » enrichissent le débat par un autre versant de la construction du prix relativement à la valeur.

    1. Je voudrais nuancer pour les chaussures de marque. J’ai pu porter des chaussures à talon neuves d’une grande marque que me donnait une amie, une fois qu’elle avait présenté la collection à ses clients. Je ne sais pas si le prix était justifié si tant est qu’un prix soit jamais « justifié » mais je peux vous certifier que les chaussures étaient incroyablement plus confortables que les chaussures « ordinaires » (et beaucoup plus jolies). C’était du à la qualité du cuir et au savoir-faire des ouvriers chausseurs (mon amie m’avait raconté ses visites à l’atelier de fabrication). Bien sûr que c’étaient des chaussures ridicules et mauvaises pour le dos comme toutes les chaussures à talon haut….mais c’est un autre sujet.

      1. Un autre sujet ? je cois que non.
        Pourquoi avoir le plaisir de ne pas payer à son prix marqué un « accessoire » féminin alors qu’une de ses finalités est le mal de dos ?

        J’ai essayé des chaussures à talon haut: c’est un instrument de torture et un briseur (gâcheur) d’autonomie. Ils rendent ses porteurs fragiles. Étant un homme, je ne suis pas à même de juger de leurs avantages mais s’agissant d’ « avantages », ils sont dans la même lignée que les pieds bandés des chinoises.
        Il n’aura fallu que quelques siècles pour passer de « séduction » à « inacceptable », mais la direction est tracée…
        Je suis heureux que ni ma femme ni mes filles fassent une fixette sur les talons hauts. Accessoires inconnus.
        Nous sommes en plein dans la question valeur/prix. Ici, en plus des critères énumérés plus haut, cet exemple en rajoute un autre: l’irrationalité.

      2. Oui et Daniel a raison……
        Et si il n’y avait qu’une ou deux ou trois sortes de chaussures fabriquer, selon des besoins spécifiques d’utilités, la mode étant exclus, et ce par ces mêmes experts avec comme premier objectif la durabilité dans le temps….techniquement facile aujourd’hui.
        Même chose pour les vêtements……pour les voitures, pour les habitations…..
        Que se passerait-il?

      3. « Que se passerait-il? »

        En généralisant cette volonté d’éliminer ce qui est superflus ou nuisible, l’activité économique, dans le système actuel, tomberait de 90% (pour dire que c’est énorme)

        Le chômage augmenterait d’autant, le « travail » ne pourrait plus financer l’état, etc.
        Les « propriétaires » des ressources refusant d’ être « spoliés », pour compenser, tout s’arrêterait, sauf pour cette minorité, qui elle pourrait mener grand train, avec une « cour » à son service.

        En fait, comme avant 1789. La Propriété ayant remplacé le droit du sang.

        De toutes façons, c’est vers ça que l’on va, mais en douceur.
        On tente de ralentir la vitesse de chute en créant de nouveaux besoins destinés à ceux qui ont le pouvoir d’achat nécessaire, mais on ne peut l’empêcher, elle est intrinsèque au système.

        Voila 45 ans que ça dure, et on ferme soigneusement les yeux.

      4. @Dominique
         »En généralisant cette volonté d’éliminer ce qui est superflus ou nuisible, l’activité économique, dans le système actuel, tomberait de 90% (pour dire que c’est énorme) »
        Je comprends très bien la situation vers laquelle nous nous dirigeons, sauf qu’il faut tout arrêter le superflue et ne conserver que le nécessaire c’est la seule solution possible et cohérente face aux problèmes que nous impose le système actuel avec les changements climatiques, la pollution et l’épuisement des ressources.
        Il faut revenir à une économie de proximité pour échapper à l’esclavage des grands propriétaires en parallèle de la déchéance du système actuel pour en bout de ligne mettre un point final à ce comportement contre Nature……
        Les esclavagiste sans esclaves ça ne va pas très loin……
        Aurons-nous la perspicacité d’agir?…..parce que finalement ce sont des solutions très simples il suffit d’avoir une certaine volonté……
        Le système Amish de base est un bon exemple, si l’air est encore respirable et l’eau propre après l’effondrement économique en vue c’est eux qui survivront et prendrons la relève …..et/ou ceux qui aurons adopté un comportement semblable

      5. Alain, ce n’est pas non plus à la porté de tout le monde de faire ça!
        Il faut vivre à la campagne, disposer d’un certain minimum, et ne rien devoir à personne.
        Sinon, oui je plussoie.

      6. @Dominique
         »Il faut vivre à la campagne, disposer d’un certain minimum, et ne rien devoir à personne »
        J’ai bien mentionné le système Amish de  »base ».
        Brièvement dans l’état ou nous sommes il faudrait l’adapter tout en conservant l’aspect proximité du système et en maintenant un bon moyen de communication qu’est l’internet.
        Évidemment en y coupant l’inutile(publicité et amusements), ce qui augmenterait de 50% et plus sa capacité actuelle sans rien modifier dans sa structure d’opération tout en diminuant de ce fait les besoins en énergie etc…….
        En passant c’est ici un exemple de démonstration de gestion des ressources adéquate dont je vous parle régulièrement.
        Pour revenir au système Amish je dirais que la plupart des individus des communautés ont un métier autre en plus de l’agriculture comme plombier, charpentier, métallurgie etc. tout ce qu’il faut pour maintenir une qualité de vie optimal…..
        Pour ce qui est du financement de leurs projets, je ne connais pas dans les fins détails de la façon dont ils procèdent mais il y a de petites entreprises en démarrage qui bénéficient de prêt important qui opèrent à moins de 10% de leur capacité et qui ne sont pas embêter par les mensualités ……..
        C’est un autre exemple de ce qui pourrait être pour nous un prêt,dans mes termes se serait une autorisation accompagné de crédit d’opération sans remboursement, par l’État dans un secteur indispensable au bénéfice de la communauté, dans le cas Amish que je cite il s’agit de transformation alimentaire de base……
        Si vous vous souvenez vous m’aviez demander des exemples concrets…… en voici et réel….

      7. ça suppose que la collectivité ait repris la propriété des terres, et autres ressources indispensables, pour les mettre au service de la communauté. Oui, les Amish sont un bon exemple…

      8. @ Dominique Gagnot dit : 26 octobre 2015 à 12:16

        « Il faut vivre à la campagne, disposer d’un certain minimum, et ne rien devoir à personne. »

        Pour ne rien devoir à personne, le mieux est de s’emparer par la force des terres que leurs propriétaires actuels ont souvent mis 3 à 4 générations à acquérir par leur travail.

        C’est ce qu’on appellerait peut-être : la nouvelle justice sociale.

        Pour appliquer le système Amish il faut tenir compte du fait 90% de la population française vit en zone urbaine.

        http://www.rfgenealogie.com/s-informer/infos/nouveautes/77-5-des-francais-vivent-en-ville

        C’est quand même beau de rêver à ce qui pourrait se mettre en place une fois que la population aurait été réduite à 20% de ce qu’elle est actuellement.

        La phase de décroissance va être terrible à vivre. (Voir figure 16)
        http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

      9. « des terres que leurs propriétaires actuels ont souvent mis 3 à 4 générations à acquérir par leur travail. »

        Rectification jducac: ils ont acquit des terres … qui appartiennent à tout le monde !

        A moins, bien sur, que vous puissiez démontrer que quelqu’un a fabriqué la Terre avec ses petits bras musclés.
        A défaut (ce qui est probable) la Terre appartient à tous ses habitants qui ne peuvent détenir qu’un droit d’usage, à titre privé, provisoire. C’est évident, non ?
        —————————

        « Pour appliquer le système Amish il faut tenir compte du fait 90% de la population française vit en zone urbaine. »

        Ils vivent aujourd’hui en zone urbaine, car aujourd’hui il n’y a guère le choix. S’ils pouvaient vivre mieux à la campagne, dans un système adapté, ils le feraient.
        Sauf à être masochiste, c’est tout aussi évident.
        ————————————-

        « C’est quand même beau de rêver à ce qui pourrait se mettre en place une fois que la population aurait été réduite à 20% de ce qu’elle est actuellement.
        La phase de décroissance va être terrible à vivre »

        Pas du tout ! Il suffit d’abandonner ce stupide capitalisme énergivore, ce qui permettrait d’implanter un système peut être 10 fois plus efficace.

        C’est idiot de gaspiller l’essentiel de l’énergie et des ressources si précieuses, dans des choses qui ne servent à rien.
        Encore une fois, c’est évident.
        ——————————–

        Vous êtes un homme du passé, dépassé par les idées nouvelles auxquelles vous ne comprenez rien. Pire, vous refusez d’évoluer.
        Laissez donc les nouvelles générations prendre votre place, et tout ira bien.

      10. @ Dominique Gagnot dit : 26 octobre 2015 à 22:08

        « Rectification jducac: ils ont acquit des terres … qui appartiennent à tout le monde ! A moins, bien sur, que vous puissiez démontrer que quelqu’un a fabriqué la Terre avec ses petits bras musclés. »

        Non Dominique. Si la matière est née du travail initial de je ne sais qui, n’importe quel espace géographique n’appartient pas à n’importe qui, ni à tout le monde, puisqu’il est le résultat d’une mise en valeur de nombreuses générations qui, antérieurement, y ont investi leurs peines et leur efforts pour que leurs successeurs aient encore de quoi perpétuer leurs gênes d’humains, dans un environnement leur permettant encore de vivre.

        L’espace où nous vivons aujourd’hui en France est le fruit de la conquête par le sang, les larmes et la sueur de nos prédécesseurs nationaux. Leurs louables actions, perdues de vue, voire méprisées, par les générations les plus jeunes et souvent les moins évoluées, devrait me semble-t-il, être prises en considération et constituer la raison première d’exister de toute personne consciente de ses devoirs liés à sa condition humaine.

        Ces devoirs sont loin de ceux des espèces animales que vous incitez à imiter. C’est ce que semblent oublier bon nombre d’inconscients de ce qu’ils doivent à la sagesse de leurs anciens.

        Quand vos parents ou vous-même avez acquis votre logement, c’est-à-dire un espace terrestre, cet espace avait été antérieurement privatisé, c’est-à-dire placé sous la protection d’un statut de droit collectif qui confère au propriétaire non seulement un droit d’usage mais bien plus que cela, notamment un droit de cession et de transmission.

        Cette possession privée qui a engendré la perception, par l’Etat, d’impôts et taxes, a progressivement permis la mise en valeur de son environnement dont vous êtes indirectement un peu propriétaire, certainement bien plus que ceux dont les prédécesseurs n’ont ni travaillé ni investi nulle part, où qui, par leur comportement irrespectueux du droit et mérites des autres, ont rendu l’espace où ils vivaient, invivable.

        « Vous êtes un homme du passé, dépassé par les idées nouvelles auxquelles vous ne comprenez rien. Pire, vous refusez d’évoluer.
        Laissez donc les nouvelles générations prendre votre place, et tout ira bien. »

        Ôte-toi de là ! Dégage que je me mette à ta place. Peu importe si toi-même et nos nombreux ancêtres vous-vous soyez décarcassés pour que notre civilisation fondée sur la récompense liée au mérite du travail généreux et bien fait, en meurt.

        Après moi le déluge ! A quoi bon se soucier de ceux qui nous succèderont ! Voila la réalité du message que vous m’adressez ! Il est suicidaire pour l’humanité entière.

      11. En effet l’espace que nous habitons a été mis en valeur.
        Mais il préexistait à nos ancêtres, et était favorable a une mise en valeur (climat, nature du sol, ressources)

        Ensuite, si nous sommes nés ici et pas en Syrie (au hasard), de plus en bonne santé etc. c’est juste un gros coup de chance.

        Oseriez vous expliquer à ceux qui sont dans la galère, qu’ils le méritent? (ben oui, ils avaient qu’à faire comme vous…)
        Vous êtes juste inconscient de l’énorme coup de chance que nous avons eu. Et il n’est pas sur que vous puissiez lutter contre les miséreux, tellement ils vous sont supérieurs en nombre…, ni contre les hyper riches, tellement leur pouvoir est supérieur au vôtre.

        Le coté amusant est que les hyper riches vous considèrent de la même manière que vous, vous considérez les hyper pauvres!… Pas besoin de faire un dessin.

      12. – En même temps que nos chagrins
        Vous pouvez préparer vos larmes
        Un jour nous ferons notre pain
        Dans vos pétrins avec nos armes
        Y’en a marre
        En même temps que nos frangins
        Qui se préparent dans le monde
        A réviser tous vos machins
        Nous autres on compte vos secondes
        Y’en a marre –
        Léo Ferre (extrait)

      13. @ Dominique Gagnot dit : 27 octobre 2015 à 17:25

        « Ensuite, si nous sommes nés ici et pas en Syrie (au hasard), de plus en bonne santé etc. c’est juste un gros coup de chance. »

        La chance n’a rien à voir dans le fait que je sois né en France ou vivaient mes parents. La probabilité était très grande que je naisse à cet endroit alors qu’elle était infinitésimale que je naisse en Syrie.

        La probabilité était également très grande que j’adopte la culture, l’enseignement, les valeurs morales et les préceptes de mes parents, ce qui est le cas de la plupart des enfants.
        Ce qui constitue une anomalie, un accident et donc, selon moi une malchance, c’est quand, pour diverses raisons, on nait et on façonne son comportement sans tenir compte de son milieu de naissance, voire même en allant à l’opposé.

        Mes parents étaient pauvres mais ils ne haïssaient pas les riches et, comme moi, ils ont vécu heureux ainsi. Si vous pensez qu’il vaut mieux attiser les haines, je pense que ça n’est pas bon pour l’humanité.

        « Le coté amusant est que les hyper riches vous considèrent de la même manière que vous, vous considérez les hyper pauvres!… Pas besoin de faire un dessin. »

        Vous parlez sans aucune preuve de ce que vous avancez. Vous vous vous faites des illusions. C’est un peu comme quand vous nous aviez dit en avril 2015 :

        « C’est pour ça que je propose de reprendre en main la politique économique du pays, en régulant les échanges, de sorte a reconquérir savoirs faire, autonomie, et désendettement. »

        Je vous souhaite une bonne soirée.

      14. Oui c’est vrai je me faisais des illusions, quant à la faisabilité…

        Je n’ai pas de haine envers les riches, hein.
        Je me fous d’eux autant qu’ils se foutent de nous, et c’est pour ça qu’il faut reprendre la propriété des Ressources qu’ils détiennent! Sinon, aucune faisabilité…

      15. jducac, puisque vous n’êtes aucunement responsable du choix de vos parents, vous faites référence au « droit du sang » qui, je vous le rappelle, a été aboli en 1789…
        Par ailleurs, nos ancêtres viennent tous d’Afrique, et encore, on ne sait pas trop ce qui est à l’origine de tout ça.
        Pourquoi ne vous revendiquez vous pas de là bas?

      16. Enfin, les pauvres qui « réussissent » sont très rares en ce bas monde. Et donc vous méprisez les autres, qui pourtant travaillent, et en bavent beaucoup plus que vous…
        C’est assez ignoble comme point de vue.

      17. @ Dominique Gagnot dit : 27 octobre 2015 à 23:31

        « jducac, puisque vous n’êtes aucunement responsable du choix de vos parents, vous faites référence au « droit du sang »

        Permettez-moi ce conseil : Quand la soirée arrive reposez-vous au lieu de délirer de fatigue. Vous pourriez faire alors des déductions de pure et franche logique, et surtout bien intentionnées, au lieu de chercher à me piéger

        « Par ailleurs, nos ancêtres viennent tous d’Afrique, et encore, on ne sait pas trop ce qui est à l’origine de tout ça.
        Pourquoi ne vous revendiquez vous pas de là bas? »

        Parce que j’imagine mes origines encore plus anciennes.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_%C3%A9volutive_de_l%27Homme

        Et aussi parce que les différentes zones géographiques donc climatiques, ont interagi avec l’espèce humaine lui conférant des caractères des aptitudes et des comportements particuliers liés « aux terroirs » et à leurs histoires.

        @ Dominique Gagnot dit : 27 octobre 2015 à 23:37

        « Enfin, les pauvres qui « réussissent » sont très rares en ce bas monde. Et donc vous méprisez les autres, qui pourtant travaillent, et en bavent beaucoup plus que vous…C’est assez ignoble comme point de vue. »

        Encore une fois vous me prêtez des sentiments que je n’ai pas. Il est certain que j’ai toujours soutenu et soutiens encore les travailleurs « généreux » en termes d’efforts et de recherche d’efficacité au travail. Cela m’a conduit à me comporter de même.
        En retraite aujourd’hui, je ne suis plus considéré comme un travailleur actif, même si je ne ménage pas ma peine pour faire apparaître, chez mes contradicteurs, celles de leurs façons de voir qui me semblent résulter d’analyses incomplètes ou biaisées à cause d’a priori idéologiques.

      18. «  » Il est certain que j’ai toujours soutenu et soutiens encore les travailleurs « généreux » en termes d’efforts et de recherche d’efficacité au travail. Cela m’a conduit à me comporter de même.
        En retraite aujourd’hui, je ne suis plus considéré comme un travailleur actif, même si je ne ménage pas ma peine … » »

        C’est magnifique. Vous méritez une place dans les muséum.

  4. « Il y a une belle phrase de Simmel qui dit « l’argent c’est ce qui permet de ne pas regarder les autres dans les yeux ». Or, justement, l’humanité est faite pour regarder les autres dans les yeux. Et, profondément, nous sommes des humains qui regardons les autres dans les yeux, qui avons quelque chose à leur dire en les regardant dans les yeux. Et cela le marché ne supporte pas. »
    http://www.agirparlaculture.be/index.php/portrait/263-bernard-maris-un-humaniste-assassine

    1. « Et, profondément, nous sommes des humains qui regardons les autres dans les yeux, qui avons quelque chose à leur dire en les regardant dans les yeux. Et cela le marché ne supporte pas. »

      Bien vu ! 😉

  5. Bonjour à touTEs,
    Excellent article.
    Il me semble que nous pourrions ouvrir une discussion sur la gratuité.

    La célèbre formule « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » me semble aller bien au-delà de ce choix frustrant entre troc et monétisation.

  6. Ce que je vois de mon côté d’acheteur auprès d’une coopérative de producteurs bio locaux, qui s’est organisée suite à la création d’une Amap par les mêmes:
    La formule Amap que j’ai pratiquée à mon arrivée dans la région ne me convenait que très partiellement, car vivant seule mais ayant très souvent mes enfants et petits enfants à la maison, la formule ne me permettait pas de varier les quantités achetées. J’ai donc applaudi l’ouverture du lieu de vente, me permettant d’acheter les quantités souhaitées selon le moment.
    Consciente des coûts engendrés par la maintenance du magasin, ouvert deux jours par semaine,j’ai de bon coeur accepté une augmentation des prix pratiqués dans ce magasin, et j’ai intégré aussi le fait de la diminution de visibilité des quantités à produire par rapport à la formule Amap.

    La formule magasin a remporté très vite un franc succès, et est arrivé l’été, avec un mois de fermeture du magasin.
    A la réouverture, certains prix avaient doublé,oui vous lisez bien, doublé! Pensant à une erreur d’étiquetage, j’ai demandé au producteur de ce produit, qui m’a confirmé le prix, arguant du fait que le prix antérieur ne reflétait pas les coûts de production, et même que ceux ci avaient augmenté. Or le prix du gasoil avait fortement baissé, et contrairement à son affirmation, celui des céréales aussi.

    Ce produit particulier a subsisté quelques semaines, puis a simplement disparu de la vente. Le rayon viande a diminué de 80/100 en quelques mois. Pour ma part, j’ai trouvé l’attitude des producteurs, passant du discours « entraide solidaire » à l’Amap et au début du magasin, à un discours triomphaliste et assez arrogant devant la fréquentation importante du magasin, très désagréable. J’ai eu le sentiment que le discours idéologique dépendait plus du niveau de leur rentrées financières, que de véritables interrogations sur la fixation des prix, le rôle de l’agriculteur paysan,bio de surcroît, dans la préservation des terres et l’accès à une nourriture de qualité.

    Le magasin s’est lentement désertifié, il semble y avoir un revirement léger, tout du moins au niveau de l’accueil, les prix n’ont pas baissé mais les rayons s’appauvrissent, je ne sais s’ils ont trouvé de nouveaux débouchés plus rémunérateurs, en ce qui me concerne, un lien a été coupé, quand je ne peux que ressentir qu’il s’agissait de faire du bio, mais avec le modèle dominant de l’économie de marché.

    J’ai eu le sentiment d’avoir soutenu ces producteurs locaux bio en faisant un gros effort( pour mon porte monnaie) afin de les aider dans une démarche différente, et de m’être fait rejeter ensuite, quand le succès a été là, et qu’ils avaient attiré une nouvelle clientèle plus consumériste, sans lien avec une démarche politique.

  7. Je tiens d’abord a vous remerciez de ce que nous n’avons pas toujours dans les centres villes en terme de conscience, mais aussi car se construit aujourd’hui une société dont les rupture de paradigme et la question de la transmission de génération est finalement a faire incluant la facilité du lien a la technologie.

    Pour cela, la problèmatique selon moi tient souvent a la notion des mots que l’on peut avoir pour nommer une situation.

    Pour ce qui me concerne, étant d’une génération ou les grands parents était paysans, la jeunesse fut la prise de conscience de ce que la nature pousse (ce qui est peu dire face a des centres villes qui dont la nature fait fonction comme la fleur d’un élément du décor.

    Mais le sens par exemple de la définition du mot paysans face a celui d’agriculteur, face a celui de la gestion qui se fait de l’alimentaire aujourd’hui. Le citoyen des villes que je suis est chanceux de ce que l’âge et le passage de transition de génération a pu me donner comme accès transversaux qui tient au différenciel générationnel et qui selon moi permet ou pas la compréhension des enjeux globaux comme de la micro ou macro économie.

    Comme vous le savez, le concept d’algorythme est selon moins la question de la compréhension plus globale entre ce qui se fait dans la nature, et ce qui peut se faire dans un média technologique en terme de sens comme de durée.

    Je reste de ceux qui pensent que l’intelligence des citoyens est bien plus forte que ce que le pouvoir souhaite, et de fait si l’on observe la situation par pertinence, je crois que nous pouvons poser la question suivante :

    Alors que la France était sensé être le pays de la gastronomie, vers la transformation technologique qui en principe permet de construire un sens alimentaire nouveau, des liens a l’éducation alimentaire et a la nature, nous avons eu un silence sur la transformation alimentaire qui comme les trusts, délivrent ce qui est aujourd’hui accessible pour tous, autant que des magasins qui n’ont qu’un rôle de distribution, mais qui nous fait aller aujourd’hui vers une alimentation de constat, a savoir qu’il n’y a plus de contrôle des ingrédients.

    Scandales après scandales, nous constations l’optimisation alimentaire, avec par exemple des écarts de 30% entre Paris et sa banlieue, une gentrification qui ne permet la transmission alimentaire et qui conduit de fait indirectement a ce que la masse l’emporte sur le collectif, le quantitatif sur le qualitatif.

    Le problème ne serait pas si important si l’on avait aujourd’hui dans l’exercice économique qui suit, le constat partout dans le monde que l’économie vivrière n’est plus, les mono économies qui n’ont qu’un sens boursier, mais qui crée la pénurie chez les uns, l’opulence chez les autres!!!

    Nous avons dans le même temps le questionnement similaire sur le sens de la technologie, fond ou forme? citoyen ou consommateur? être ou avoir?

    La rupture générationnelle sur l’alimentaire est la, car je pense que la globalisation pour le non alimentaire peut se voir d’un intérêt d’accessibilité, changer un système de proximité pour un système global correspond de fait a la perte du sens, du goût, mais aussi de l’idée de l’aliment lui même.

    L’arbitrage sur la consommation est a mon avis une question qui se pose non sur l’outil, (nous avons tous internet) mais sur la capacité de pouvoir faire sens de la technologie dans l’utilisation direct, car pour un artiste que je suis, le gratuit me permet l’accès a tous et toutes, mais d’éviter surtout les intermédiaires qui eux n’ont que sens du paysage de paysans, mais de fausse modernité ou l’abstraction de la nature est possible !!!!!

    Polyglotte souvent je raconte l’histoire suivante:

    Dans les langues scandinaves, lorsqu’une femme est enceinte on dit Gravide. (ce qui pour le paysans correspond a l’animal), mais qui pour eux est applicable autant a l’animal qu’a l’humain.

    Nous utilisons deux mots pour distinguer l’homme de la nature, ce qui est a mon avis aussi la question de la gestion des équilibres, qui si il fait la distinction entre l’homme et l’animal, de facto la mise a distance est une manière de ne vouloir faire lien entre l’humain et la nature!

    L’approche est importante de fait, et nécessite autant de réflexion et de lien entre les personnes qui sont capable d’éclairer le sens que le savoir peut avoir comme force face a l’inertie de ce que le marché produit en sens d’incompréhension.

    C’est comme vouloir lutter soit même contre la pollution, en sachant que le fabricant n’est pas astreint aux contraintes de l’utilisateur, comme vouloir changer a partir de millions de personnes si l’on sait que ceux qui ont les clefs pourraient contraindre (cela s’appelle en fait la régulation).

    Du fait, puisque nous avons clairement une vassalisation des populations par le prisme d’incompréhension des enjeux, d’une mécanique de trust qui ne peut voir ce qui peut faire sens pour la planète, ce n’est pas son rôle, mais surtout le mécano démocratique ne donne aucun lobby a l’ue, pour la représentation de la société civile.

    Pour que nous puissions avoir un ministre de l’économie qui se dit de la société civile, mais qui pratique une politique de trust, venant de ceux ci, il ne devient plus possible de faire sens du récit quant a la necessité d’une autonomie dans la globalisation présente.

    Il y a aussi une autre réalité a comprendre.

    La politique économique française est construite a partir de gros groupes, et sans autres intermédiaires que des sociétés dépendant directement de leur adaptabilité, mais dont les gros groupes tiennent la vie ou la mort d’une structure.

    De ce fait et sans aller plus loin, comme la technologie, il faut pouvoir penser les choses dans l’anticipation, et souvent le constat est est de mise qui par le prisme des intellectuels de la génération de la guerre disparaisant, nous constatons donc l’avènement d’une ignorance au savoir, du statut comme seul résus de réalité, mais surtout sur la construction de ce que la communication prend le pas sur les actes, donc sur l’utilisation de pouvoir par l’inertie, qui par l’endettement, ne peut produire d’évolution sur les nouveaux modèles.

    Actuellement dans la musique, je ne peux être en direct avant l’écoutant, du coup les plateformes sont en bourse sur votre travail, et vous ne gagnez rien….

    Cela ne vous rappel rien? donc la question se trouve dans le sens et la vision que l’on peut avoir a court moyen et long terme.

    Pour cela, en ce qui concerne la société dirigeante actuelle, appelons un chat un chat, l’objectif du pouvoir fait perdre la vision, comme les cheveux de Sansom !

    Un élite administrative qui n’assume plus leurs passages dans l’économie de marché , et qui pour autant ne sont responsables de rien.

    Le refus de l’économie circulaire, qui peut garantir si un évènement climatique, la capacité d’autonomie des citoyens.

    Tout cela est la clef de compréhension et donc d’action qu »il serait nécessaire d’avoir.

    Et pour terminer, la mutation technologique au vue de la connaissance générationnelle est devant nous ! donc un doute sur la capacité de pouvoir transformer sans avoir de sens philosophique du temps et de l’économie!

  8. Merci octobre pour le lien vers cette belle interwiew de N Maris. Que du bonheur, je partage volontiers ces propos.

    « Le fait que l’on détruise du lien social, c’est quelque chose de très pernicieux, et à terme de très dangereux : c’est porteur d’une grande violence et assez suicidaire. Je pense que cette société, qui détruit systématiquement l’altruisme, la coopération, la fraternité, est extrêmement suicidaire. »
    http://www.agirparlaculture.be/index.php/portrait/263-bernard-maris-un-humaniste-assassine

    Face aux réductions drastiques de la part du social (importante et patente depuis 3 ans), dans le budget des ct et de l’état (et m^me dans le budget européen :https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_européen_d%27aide_aux_plus_démunis) , et ce meme si cette part reste importante, il nous faudra bien faire preuve d’imagination, d’altruisme, de solidarité, pas seulement une « question de survie. »

    Un modèle , parmi tant d’autres, dont on peut peut être s’inspirer :

    « Avant de rencontrer Amma, j’avais une vie qui correspondait à ce que beaucoup appellent le Rêve Américain. Je la trouvais plutôt vide. Puis, j’ai laissé tout le confort, j’ai commencé à désapprendre et je me suis mis à faire du bénévolat pour les oeuvres de charité.  »

    Jay Misra, ancien directeur exécutif du Soros Fund Management, ancien directeur du marketing de 3COM Corporation, Etats-Unis, 2003.

    http://www.etw-france.org/etw-france/etw-solidaire/

    Merci pour ce billet qui soulève de vraies questions d’actualité (accueil des refugiés, )

    adoque dit « C’est sûr qu’envisager une mise à disposition juste d’outils largement amortis, nous place d’entrée… dans un autre monde.
    Faut-il continuer à le considérer comme utopique ? »

    1. Oui, c’est ce que j’essayais d’expliquer hier : que mes livres sont faits pour aider à changer le monde, et cela fait plaisir qu’on les lise et qu’on comprenne ce qui y est dit. J’ai rédigé hier une « lettre de motivation » pour un poste. Ce que j’ai mis en premier, c’est que j’avais travaillé dans la pêche artisanale. Le plus gros de ce que j’ai compris, je l’ai compris là.

  9. @ Jean-Claude Balbot

    « Où est le savoir nécessaire à l’émancipation du monde agricole ? »

    Permettez-moi de vous conseillez de ne pas chercher trop hors du monde agricole lui-même. Ce monde recèle en son sein un gisement de bon sens traditionnel qui est loin d’être aussi riche et réaliste ailleurs, notamment chez tous ces « diseux qui ne sont pas les faiseux ». Ainsi parlait-on encore à l’immédiat après guerre dans ma famille de petits agriculteurs, voire même d’ouvriers agricoles et de servantes de ferme.

    Beaucoup de ceux-là ont su se reconvertir et réussir leur vie hors du secteur agricole ce qui témoigne de leur aptitude innée à s’émanciper.

    Le monde agricole a su considérablement s’émanciper notamment en améliorant son efficacité, durant les 25 dernières années. Il s’est montré en conséquence, bien plus capable de progresser que ceux qui, par la voie politique ou de celles qui lui sont associées (celles qui vivent des subsides de l’Etat) hantent le ministère de l’agriculture ou autres, à l’affût de subsides qui leurs permettront de vivre pour de bonnes, de belles et nobles causes, au crochet du pays et de ses créanciers.

    Cela ne durera qu’un temps.

    « L’effectif du ministère de l’agriculture n’a suivi ni la décroissance sensible du nombre des agriculteurs (la population active agricole est passée de 1,9 million en 1980 à 0,9 million en 2005), ni la diminution de la part du secteur agro-alimentaire dans l’économie (2 % du PIB en 2005 contre 4,2 % en 1980). Il s’est au contraire accru de 6,5 % si on prend en compte les emplois budgétaires du seul ministère et il a doublé si on intègre dans le calcul les agents des opérateurs du secteur agricole (18.480 en 1980 et 35.646 en 2006 selon les éléments sur les effectifs gérés communiqués par le ministère). »

    http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/fonctionnaires-cour-des-comptes-agriculture-202-60364.html

    Depuis 2006, malgré la politique visant à remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, le rapport productifs (les exploitants agricoles) sur les improductifs (tous les autres) ne semble pas s’être beaucoup amélioré. (40 000 agents aujourd’hui)

      1. jducac est un disque rayé des années 50. Il ne sait lire. Mais seulement répéter, répéter, répéter,répéter, répéter, répéter, répéter, répéter, répéter,répéter, répéter, répéter, répéter, répéter, répéter,répéter, répéter, répéter, répéter, répéter, répéter,répéter, répéter, répéter,…

      2. @ Dominique Gagnot dit : 24 octobre 2015 à 22:35

        « jducac est un disque rayé des années 50. Il ne sait lire. »

        Depuis que j’ai eu 15 ans (il y a longtemps) et que j’ai été capable de vivre et de progresser (m’émanciper) au sein de mes semblables français et autres, notamment ceux participant aux programmes spatiaux européens dans le cadre d’une compétition mondiale, je n’ai fait que m’appliquer à raisonner logiquement en ne m’appuyant que sur la vérité.

        Parce qu’elle dérange certains, alors, ils ne visent qu’à faire taire ceux qui la défendent.

        Vous, cher Dominique, vous êtes tombé dans ce travers stérile qui ne vous mènera à rien, car vous le savez bien, la vérité finit toujours par triompher.

        Je vous souhaite néanmoins un excellent dimanche.

      3. « Je vous souhaite néanmoins un excellent dimanche. »

        Qu’est-ce qu’on en a foutre de votre dimanche curé ?
        Le jour du larbin qui exploite le moindre replis de sa cervelle.

  10. Étant un peu peintre et faisant de l’auto stop, je me suis retrouvé un jour passager d’un automobiliste qui m’a dit :  » van Gogh est mort pauvre , c’est seulement après sa mort que ses tableau ont valus une fortune ! » rentré chez moi, je me suis dit : il n’a peut-être pas gagné grand chose, mais il a vécu les tableaux qu’il a peint.

  11. « et faire bonne figure, tenir son rang »

    l’acceptation de l’organisation hiérarchique est-elle une condition de la formation du prix . Le nombre inscrit sur l’étiquette d’un jouet n’est-t-il pas l’aprrentissage de la soumission à l hiéra

    1. L hiérarchie est aussi le rapport entre un groupe multiple et quelques individus.
      C’est le même schéma que la lutte, on peut imaginer deux lutteurs, sauf qu’un des deux est multiple (les salariés) les bras, les jambes, le dos, sont autonomes, l’autre est entier (le patron) c’est sa tête qui contrôle l’ensemble de ses membres. Tandis que le premier doit tout le temps dire à ces membres comment ce placer en espérant bien ce faire comprendre, mais cela marche aussi dans l’autre sens, sa tête ne perçoit pas les sensations des jambes.
      Au final c’est logique que le deuxième lutteur gagne il a besoin de moins d’énergie pour synchroniser ses mouvements et il faut moins de faux mouvements.
      Sans hiérarchie (la tête qui dirige) le premier lutteur n’a aucune chance, mais sans l’écoute de ses membres il n’en a pas beaucoup plus.

  12. La Culture ne doit pas faire partie du mercantilisme exacerbé des négociations commerciales.

    La culture ne doit pas faire partie du mercantilisme exacerbé des négociations commerciales.

    La culture est de la Culture.

    Delphin

    1. La Culture, j’imagine que ce n’est pas les traditions rurales, ouvrières, artisanales, populaires, les chants exilés au Québec (l’exile est plutôt l’adage des prolos), c’est celle qui vient du haut, pour que le bas la respecte et craigne à dire qu’il n’a pas compris.
      Les fables c’est bien aussi et les droits d’auteurs sont tombés.
      Il y a eût un temps où on défendait un protectionnisme agri-culturel, mais on abandonne toujours plus vite le marteau puis la faucille, enfin bon s’il reste dans la culture dans tout ça on fera un musée.

    2. Exception culturelle appliquée à l’étendue des savoirs et des métiers. Des frontières pour équilibrer les rapports de force. Du protectionnisme économique contre la finance folle. Le capital taxé à la source, les banques sous tutelle, planification des besoins et transition énergétique. Vitrines éteintes et repos rémunéré le dimanche. Formation continue et valorisation de l’intérêt général. Revenu décent et loyer plafonné. Interdiction de la spéculation. Référendum régulier et non cumul des mandats. Bouger les lignes, le 1% qui dépasse reste à portée de main. Prendre l’argent là où il est. Galère quotidienne contre paradis fiscal. Harmoniser les conditions de travail. Paix interprolétaire, grève générale et nouvel ordre international.

  13. Pas un mot sur André Pochon!?
    Pas une occurrence d’agroécologie!?
    Et les CETA (Centres d’Etudes Techniques Agricoles)?
    Et l’écologie sociale de Bookchin?
    L’émancipation est pourtant au cœur de ces réalisations. Emancipations vis à vis de l’agrindustrie ou de l’agrobusiness. Emancipation sociale aussi.
    La méconnaissance ou la sous-estimation de la question de « la tyrannie de l’absence de structure » (Tyranny of structurelessness – Jo Freeman 1970) me semble devoir être soulevée. Le mot hiérarchie agit comme un repoussoir et un inhibiteur à la mise en place de structures tournées dans le sens de l’émancipation. On ne peut que constater qu’il y a pourtant une permanence et de nécessaires fonctions associées à la hiérarchie. C’est que tout groupe, tout collectif a besoin de se coordonner et doit prendre efficacement des décisions. Hiérarchie ne signifie pas domination. La marge de manœuvre est étroite, mais c’est pourtant dans cette marge que la hiérarchisation fonctionnelle me semble devoir se développer. La sociocratie de Gerard Endenburg, sans être un modèle définitif, est une boîte à outils et un prototype de remise en question radicale du pouvoir, faisant une place à chacun, sans pour autant abandonner ce besoin de hiérarchisation fonctionnelle, répondant en tous points aux préconisation de Jo Freeman pour qui prétend ne pas négliger la structuration et ainsi éviter le piège de la tyrannie de l’absence de structure.

    1. Et les CETA (Centres d’Etudes Techniques Agricoles)?

      Euh, j’ai bien l’impression que l’auteur du billet est administrateur de la fédération nationale des CIVAM, i.e. aussi bien sinon mieux que les CETA…

  14. @Michel Martin
    Utile est votre lien
     » permanence et de nécessaires fonctions associées à la hiérarchie  »
    http://jeanzin.fr/2014/04/12/permanence-et-fonctions-des-hierarchies/
    pour éviter de tomber dans les extrêmes.
    Il est vrai que ce qui est souvent dénoncé au travers de la « hiérarchie » n’est que cet aspect de domination abusive… l’aspect pyramidal… Raccourci donc.
    Votre lien invite à la réflexion sur d’autres modes d’organisation, sur la manière de fédérer les partenaires autrement que par la « surveillance », le « contrôle »…
    A mettre dans la boîte à idées, la boîte à outils… urgemment !

  15. @Dominique Gagnot
     » Il faut vivre à la campagne, disposer d’un certain minimum, et ne rien devoir à personne. « 

    Il me semble que @Alain Audet parlait d’une situation  » après effondrement économique »…
    Dans ce cas, quid de la « disposition » d’un terrain, quid de la « dette » à…?

    Au moins d’une manière transitoire, les squats seront la règle, de toits et de terrains… ça se fait déjà, non ?

  16. L’économie du partage et le lien social

    « Autre point commun; l’économie du partage, comme l’économie « don et contre-don » repose sur la confiance entre les individus, sur leur propension à collaborer, sur l’honneur et la fierté de chacun ainsi que sur une connaissance d’un certain nombre de règles tacites. Cette nouvelle économie du partage (au demeurant bien plus dynamique que son alter égo reposant sur l’échange marchand) me parait en mesure de créer un nouveau lien social, de jeter les bases de nouvelles structures sociales et, j’irais même jusqu’à dire qu’elle pourrait engendrer de nouvelles civilisations. »

    http://www.mutinerie.org/lechange-le-don-et-le-lien-social/

    Les lieux de travail qui ont changé l’histoire.

    « Avant le coworking, l’histoire a connu d’autres expériences de lieux de vie et de travail partagés qui me font penser de près ou de plus loin à ce que nos communautés expérimentent à travers nos espaces. Ces lieux ont été capables de changer l’histoire durablement et de manière positive. Ils ont contribué à forger à catalyser et à diffuser des valeurs et des idées neuves. »

    « Pourquoi et comment ces lieux se sont créés et ont pu prospérer ? Comment s’organisaient ils ? Quel impact ont ils pu avoir sur les sociétés dans lesquelles ils sont nés ?  »

    « 1) Le Monastère

    « Et oui, parmi les expériences du passé dont le coworking peut s’inspirer, le monastère tient une belle place. Au moyen-âge, et jusqu’à nos jours, les monastères n’ont jamais été simplement des lieux de prière ou de recueillement. Ils sont aussi des lieux de travail, de réflexion, de partage et de création artistique. A certaines époques, leur poids dans l’économie et dans la société était colossal… Ils ont traversé les siècles en modelant, et parfois en transformant les sociétés au sein desquelles ils sont apparues. »

    Héritage

    « À la fin du XIe siècle, Cluny exerce son autorité sur 1450 maisons, dont 815 en France, 109 en Allemagne, 23 en Espagne, 52 en Italie, 43 en Grande-Bretagne. Difficile de raisonner en PIB à cette époque mais il est évident que l’ordre de Cluny pesait très lourd dans l’économie européenne médiévale… Sans compter les savoirs-faire uniques et les technologies qu’ont apporté les moines au fil du temps ni l’activité d’archivage, de conservation et de diffusions de textes antiques par les moines dont l’appropriation par les humanistes quelques siècles plus tard a permis à l’Europe de s’extraire de l’époque féodale. »

    http://www.mutinerie.org/les-lieux-de-travail-qui-ont-change-lhistoire-1le-monastere/

    1. @Gudule… (version courte)
      ça vaut la peine d’être répété
      et c’est même nécessaire pour désintoxiquer nos neurones des déchets envahissants de notre civilisation.
      […]
      Nous devons engendrer une nouvelle civilisation…
      le comprendre, sinon disparaître.

    2. @Gudule,
      la question de la gratuité/reconnaissance clive malheureusement le monde des solidaristes (l’abbé Pierre/Léon Bourgeois). Pour faire court, la gratuité serait plutôt soutenue par des religieux et la reconnaissance par les laïques. J’ai un faible pour la reconnaissance, parce que c’est un moyen pour celui qui donne de savoir si ce qu’il donne est bien consenti, souhaité, par celui qui reçoit. Si on se place dans une logique d’échange, la reconnaissance est une information qui indique le consentement, qui clarifie l’échange.
      Un point contradictoire qui devrait mettre la puce à l’oreille des tenants de la gratuité, c’est que plus un acte semble gratuit et plus il aurait de la valeur, donc plus il serait reconnu finalement!

      1. @M Martin

        Vous soulevez une question intéressante.
        Je ne les oppose pas, car je les trouve complémentaires. Ce qui m’intéresse est cette complémentarité. La reconnaissance est ce qui fonde le lien social entre individus et ce quel que soit son moyen d’expression : elle valorise L’ECHANGE et le PARTAGE.

        L’acte gratuit est certes, louable, mais à mon humble avis, vouloir l’imposer (et ce quel que soit le paradigme qui le soutient, laïque ou religieux) et « sans reconnaissance » me semble irréaliste et relève d’un fanatisme que je trouve plutôt dangereux. Voire de l’asservissement.

        La gratuité, n’est en rien « supérieure », elle est certes d’un autre degré, mais elle peut mal comprise et interprétée , et à tort, comme l’opportunité de gruger et de profiter d’un tiers. Donc, elle n’exclut pas la clairvoyance . Sans celle ci, elle est tout simplement dangereuse,la nature humaine étant ce qu’elle est….

        Ce qui justifie l’acte gratuit et le valorise relève du domaine du libre consentement et ce libre consentement n’exclut en rien la reconnaissance. Pour faire court, qu’un acte soit « gratuit » ou pas et qu’il soit l’oeuvre d’un esprit religieux ou laïque , est à mon humble avis un faux problème. La reconnaissance étant forcement corrélé à un acte que celui ci soit gratuit ou pas. Sans cette reconnaissance, et ce quel que soit son moyen d’expression, un échange me parait difficilement viable. Sinon cela relève de l’autisme (pathos).

        Donc, je partage votre point de vue, à une nuance prés, que je trouve, fondamentale, : un acte , gratuit ou pas, est indissociable de la reconnaissance, c’est la base de l’échange . La sainteté est un cheminement que trés trés peu d’individus sont aptes à vivre. Vouloir l’imposer est extrêmement dangereux. Tout autant que l’héroïsme. Attention aux dérives dogmatiques.
        Donc, dans une société libre et démocratique, un individu doit avoir la LIBERTE et le CHOIX.

        « En résumé, la gratuité et la reconnaissance ne sont pas opposées dans le sens où ce sont deux façons de concevoir sa participation au collectif. La tolérance voudrait que les deux formes puissent coexister et se comprendre. Prenant acte de la formation de la société des individus ou de la multitude des gratuités possibles, j’ai fait le choix de placer la reconnaissance, la gratification, au coeur de la construction de l’Etat Providence Participatif, suivant ainsi l’adage qui dit que tout travail mérite salaire, ou une traduction possible, que toute action au profit du collectif mérite reconnaissance. »

        Non seulement, il le « mérite » mais il est INDISSOCIABLE. L’amour, l’acte gratuit, inconditionnel ou pas, reste le plus noble des défis MAIS il doit être LIBREMENT CONSENTI; car c’est cette liberté et ce DESIR qui lui confèrent sa véritable beauté et sa noblesse….et cela n’a pas de prix !
        Merci à vous.

  17. « …c’est de l’histoire qui date maintenant, racontée par un acteur André Pochon. »
    http://transfaire.antilles.inra.fr/spip.php?article101
    (lien aimablement fourni par Michel Martin)

    Il s’y trouve – au moins – une bonne question: celle de la taille « optimale » d’une entreprise (agricole dans l’exemple)… selon la productivité recherchée, mais il apparaît, et ce n’est pas la moindre des choses, un aspect « qualité » qui change, à n’en pas douter, les paramètres de l’équation.

  18. @jducac
     » Pour appliquer le système Amish il faut tenir compte du fait 90% de la population française vit en zone urbaine. « 

    Faut-il considérer que cette organisation hyper citadine soit une réussite ?
    Si l’exemple du système Amish repose sur des « terres »… qu’est-ce qui empêche de transposer leur système dans d’autres domaines d’activité beaucoup moins agricoles ?
    Réussissant à être peu dépendants des technologies industrielles, les Amish peuvent nous ouvrir une piste: celle de la dimension judicieuse des entreprises, des communautés, dégageant peut-être (!) moins de « profits », mais produisant davantage d’harmonie homme-terre.

    Considérez par exemple, comment sont taillés les meilleurs verres d’optique: les méthodes industrielles sont bonnes pour leur ébauche (et pour les visiteurs) alors que le polissage de finition se fait par des polisseurs en toute discrétion.
    Un intéressant sujet de recherche pour notre proche futur consiste à adapter les méthodes nécessaires à la production de microélectronique… chantier ouvert !

  19. « Un point contradictoire qui devrait mettre la puce à l’oreille des tenants de la gratuité, c’est que plus un acte semble gratuit et plus il aurait de la valeur, donc plus il serait reconnu finalement »

    Ce n’est pas contradictoire, seulement le problème, vient plutôt du fait que trés peu, effectivement, en saisissent la profondeur et la portée. C’est donc plutôt dans cette beauté et dans cette profondeur que la valeur de la gratuité voire de la générosité résident et d’un certain degré d’appréhension du réel voire de sensibilité individuelle et nous sommes trés différents les uns des autres dans ce domaine. On ne parle donc pas d’imposition mais de degré d’ouverture , cela on peut y sensibiliser, mais en aucun cas le forcer…
    Sinon pourquoi un génie comme Van Gogh n’a t il été « reconnu » que par certains de ses amis , peintres ou pas, qu’une fois mort et pas de son vivant ? La bonne blague..
    Trop de gens au contraire pensent que la gratuité est un dû….et apprécient difficilement et à leur véritable valeur la gratuité la beauté et le don (donner) !
    La reconnaissance : alors là, quand il y en a , imaginez la « surprise », c’est l’oasis dans le désert…. bref, pour le coup, ça relèverait presque du miracle… mdrrrr ;-)))

      1. C’est pas de « recomposition d’une gauche humaniste » dont le monde a besoin mais bien d’un nouvel humanisme.

  20. @M Martin
    Ce clivage me semble effectivement artificiel et il ne saurait donc constituer un frein. Pour revenir à l’ici et maintenant, au présent et se recentrer : en matière de « freins », une analyse profonde de la désaffection et de la perte de confiance importante des individus dans les partis (gauche ou droite) dits « modérés » vous parait elle évitable ?
    Voilà un « phénomène grave » qui mérite toute notre attention et qui ne date pas d’hier….

  21. Excellent! Un nouvel humanisme dont le monde a besoin. Voilà ! C’est exactement ça, ma pensée profonde est en totale harmonie avec celle de Vigneron.
    Plus que jamais intuitif et en grande forme…

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