Le rêve à suivre d’une société en paix (II), par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

34 solutions pour alimenter l’espoir de sortir de l’état de guerre et pour rêver à une société pacifiée

Monnaie/International :

1- Créer un nouvel ordre monétaire mondial, ou a minima européen : ce nouvel ordre sera fondé sur la compensation entre les monnaies et la création d’une unité commune de compte.

2- Interdire, ou taxer de manière prohibitive, la spéculation financière, en s’appuyant sur le nouvel ordre monétaire.

3- Fonder une Alliance mondiale francophone, premier monde linguistique de demain, avec notamment comme objectif de mutualiser les moyens nécessaires à la protection de l’environnement et de la biodiversité, en priorité du monde marin (le domaine maritime de la France est le second plus important au monde après celui des USA, et peut-être bientôt le premier).

 

Europe :

4- Organiser la mutualisation puis la restructuration d’une partie de la dette publique en Europe : mutualiser les dettes publiques en Europe au-delà de 60% du PIB et restructurer cette dette, en priorité intra-européenne.

5- Faire converger les systèmes fiscaux des sociétés en Europe : comme cela a été le cas pour la TVA, où les taux ont fortement convergé, cette convergence permettra de tarir progressivement la guerre fiscale à laquelle participent l’ensemble des nations européennes, avant qu’à long terme, une fiscalité unique soit mise en place.

6- Transférer la gestion des Fonds structurels aux citoyens européens constitués en espaces communs : l’objectif est de permettre aux citoyens, de manière transnationale, de définir les orientations de ces fonds et de gérer leur utilisation, dans le cadre d’espaces communs aux européens et à l’intérêt général, sous le contrôle du Parlement européen.

7- Créer des outils permettant une pacification et une culture européenne partagée et concrète entre les différentes nations et individus en Europe : notamment, au niveau de l’administration publique européenne, en créant une École Européenne de la Fonction Publique pour former les futurs cadres administratifs européens en prenant soin de ne pas reproduire les tares de l’ENA, et au niveau linguistique, en investissant dans la recherche sur un logiciel de traduction simultanée des langues européennes, écrit et parlé, qui demeurera en licence libre. Au niveau éducatif, une année a minima d’étude post-bac dans un pays de l’UE sera obligatoire pour valider au niveau européen un diplôme d’enseignement supérieur.

8- Transformer les institutions européennes pour les adapter aux nouvelles réalités ainsi engendrées (nouvelles institutions, nouveaux pouvoirs, nouveaux droits).

 

Sécurité collective :

9- Transformer le système de protection collective, sur la base de la réciprocité : le système de protection actuel étant basé majoritairement sur le travail (cotisations sociales), un nouveau système de protection collective sera basé sur la participation active des assurés, intra et inter-générationnellement. Cette participation permettra notamment de financer le Socle républicain (cf. plus loin) mais aussi d’asseoir le système social sur la réciprocité et partiellement sur la gratuité. La dépendance, due à l’allongement de l’espérance de vie, et les handicaps seront intégrés dans ce système de protection, ainsi que leurs aidants.

10- Protéger le nouveau système de sécurité collectif et financer les systèmes tiers à travers la monnaie : afin que les systèmes de sécurité collectifs ne soient pas mis en concurrence, le système de compensation monétaire intégrera pour chaque monnaie, au sein d’un espace monétaire et entre les différents espaces ou monnaies, une pondération des parités monétaires (dévaluation/réévaluation) en fonction des niveaux de sécurité collective de chaque système. Les différentiels produits seront alors portés au crédit des pays dont les systèmes de protection collectifs nécessitent un investissement/financement.

11- Créer un organisme indépendant de contrôle de la santé publique : afin d’éviter les bombes à retardement de demain créées par les profits d’aujourd’hui sur la santé, cet organisme non étatique et géré par des représentants des citoyens, aura pour tâche d’évaluer et de contrôler les éventuels impacts sur la santé publique et de transmettre au pouvoir judiciaire les poursuites éventuelles, ainsi qu’au législateur des propositions de loi. Son financement proviendra de la taxation des pollutions engendrées par les acteurs concernés, ainsi que des demandes d’autorisation de mise sur le marché de certains producteurs (cf. plus loin).

 

Socle républicain :

12- Gratuité de l’éducation, de la formation tout au long de la vie, de la mobilité partagée, de l’accès à Internet : cette solution permettra de pacifier les relations sociales, dans les dimensions des besoins sociaux essentiels (apprendre, communiquer, se déplacer). Elle sera financée par les gains obtenus grâce au nouveau système de protection collectif (cf. plus haut).

13 – Garantie territoriale : cette garantie doit permettre de pacifier les relations entre les différents territoires et au sein même des territoires. Cette garantie porte sur la garantie d’un accès au réseau téléphone/internet partout en haut débit (obligation partagée fournisseurs/Etat), la priorité des moyens publics aux quartiers populaires et aux zones rurales (mutualisation des services, etc.), un doublement des budgets ZEP (Zones d’Education Prioritaires).

 

Logement :

14Passer de l’aide au logement en aide du logement : l’objectif de cette solution est de faire du logement un élément positif de la socialisation et non une contrainte comme actuellement. Les aides publiques au logement seront supprimées, ce qui permettra de financer : une garantie universelle gratuite instituée au bénéfice des locataires/propriétaires, des investissements massifs de construction de logement à ‘dépenses plafonnées’ (% revenus). Une criminalisation du logement insalubre sera instituée ainsi qu’une gestion socialisée des logements à ‘dépenses plafonnés’ ainsi construits.

15- Lutter contre la spéculation immobilière et foncière : cette spéculation génère des prix prohibitifs et nuit à l’ensemble de la population. Une fiscalisation très progressive des plus-values liées à la vente du domicile principal sera créée au-delà d’un plafond. Les investissements en équipements écologiques seront déduits de la base de calcul.

 

Environnement :

16- Transformer les systèmes de production/approvisionnement et de consommation énergétique : l’objectif fixé est d’atteindre 50% de la consommation électrique en renouvelable pour 2030. Pour ce faire, un taux de TVA réduit à 5,5% sera institué pour les énergies renouvelables (passer d’une moyenne de 14% à 5,5%).

17- Réduire la pollution par la monnaie et la fiscalité : les niveaux de pollutions nationaux seront reliés aux parités monétaires et un système de bonus/malus fiscal au sein de chaque monnaie sera mis en œuvre. Un même système de déductibilité des investissements écologiques sera institué dans les deux systèmes, monétaire et fiscal.

18- Engager les travaux de dépollution et de protection environnementale : ces chantiers, sur plusieurs générations, seront financés par les taxations des pollutions et partiellement grâce au Service de Protection collective et de l’environnement (cf. plus loin).

19- Renverser la charge de preuve de non-toxicité pour l’industrie chimique et l’agro-alimentaire : pour pouvoir prétendre être agréé, un produit chimique ou issu de l’agro-alimentaire devra prouver sa non-toxicité (preuve du demandeur). Le demandeur devra financer à l’organisme de contrôle de santé publique les études nécessaires.

 

Agriculture :

20- Relier la proposition de substitution, rendue obligatoire, des produits phytosanitaires et des méthodes agronomiques biologiques aux produits chimiques (pesticides, fongicides) à un système de bonus/malus : cette substitution incitera les agriculteurs à produire dans un environnement sain, pour eux comme pour les consommateurs. Le fait d’utiliser des produits phytosanitaires sains leur permettra de bénéficier d’un bonus des aides financières liées à la production, pouvant compenser d’éventuelles pertes de rendement. Des aides à la reconversion, découplées de la production, seront instituées afin de permettre aux agriculteurs de sortir progressivement d’un système dont ils sont devenus dépendants.

 

Economie/Finances :

21- Créer un Crédit national solidaire sans intérêt, articulé au système de protection collective : le versement des intérêt cumulés au capital génère des processus parfois destructifs, notamment dans le cas actuel d’un absence de forte croissance. Un fonds commun de placement sera institué et géré en commun par les épargnants, sous la garantie de l’État. Le crédit ne sera pas gratuit (coûts de gestion, prime socialisée de risque, taux d’inflation) et servira prioritairement aux investissements d’avenir et aux TPE/PME, ainsi qu’aux épargnants eux-mêmes (absence de rémunération, au-delà du taux d’inflation).

22- Modifier le statut d’actionnaire-propriétaire d’entreprise par la généralisation des actions sans droits de vote : la confusion entre le capital apporté et le capital social permet aux actionnaires de s’immiscer dans la gestion des entreprises ou en effectuant une pression sur les dirigeants. L’article L228-11 du Code du Commerce sera modifié pour permettre de modifier le plafond au-delà de 50% du capital social d’une entreprise. Une pondération de l’IS (impôt sur les Sociétés) et de la fiscalité des dividendes tenant compte du % d’actions sans droits de vote, en +/-, sera instituée, afin d’inciter les investisseurs et les entreprises à développer un découplage entre acteurs de l’entreprise et ses financeurs-actionnaires.

23- Instituer un impôt sur la robotisation qui détruit les emplois, au profit de ceux les occupaient : les progrès de l’informatique et de la robotisation conduiront de plus en plus à automatiser un nombre croissant d’emplois, y compris les plus qualifiés (médecins, avocats, journalistes, etc.). Cet impôt reposera sur l’EBE (Excédent brut d’exploitation) et son rapport au nombre d’emplois/masse salariale et servira à financer le système de protection collectif (reconversion professionnelle, allocation chômage, etc.).

24- Unifier la fiscalité des revenus en France (CSG+impôts) : cette unification donnerait une meilleure lisibilité et progressivité à l’impôt sur le revenu, contribuant ainsi à la pacification sociale.

 

Démocratie/Institutions :

25- Établir de nouveaux espaces politiques où le citoyen définira et gérera ce qui relève du commun : la perception d’une mise à l’écart des citoyens du pouvoir décisionnaire au profit exclusif de leurs représentants, voir de lobbies, renforce la guerre démocratique par l’abstention et le vote extrême. Il est essentiel, plus qu’une seule démocratie directe, que les citoyens puissent non seulement participer à la définition des politiques mais aussi à leur gestion. Dans ce cadre, un nouvel espace institutionnel et juridique sera créé, possédant la même autonomie juridique que ne peuvent l’avoir l’autorité judiciaire et la justice administrative et regroupant dans un Code les domaines concernés : environnement, échanges de savoirs, etc. Par-delà ces aspects juridiques et institutionnel, les citoyens contribueront à gérer en commun ce qu’ils ont identifié comme relevant de l’intérêt commun et/ou de ce qu’ils font en commun.

26- Redéfinir la représentation élective : 1 mandat (électif, représentatif) = 1 homme, 2 mandats successifs maximum, des droits nouveaux liés à l’exercice de la charge (formation d’élu pour les citoyens qui le souhaitent, reconversion professionnelle en fin de mandat et allocation chômage)

27- Equilibrer les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire : proposition de loi partagée entre l’exécutif et le législatif, suppression du 49-3, pouvoirs de contrôle élargi du parlement sur l’action de l’exécutif (évaluation des politiques publiques mises en œuvre, vote possible de suppression d’une loi au vu de son évaluation, etc.), mandat présidentiel de 7 ans non renouvelable, contrôle parlementaire de l’activité du CSM (Conseil supérieur de la magistrature).

28- Contrôler les élus : simplification de la déclaration et de la consultation publique de la déclaration du patrimoine, état de présence, liste des votes effectués, procédure possible de destitution.

29- Contrôle des conflits d’intérêt des élus : du fait des liens récurrents entre le monde politique et économique ou financier, il sera institué une autorité indépendante constituée de magistrats de la Cour des comptes chargé de vérifier d’éventuels conflits d’intérêt. En cas avérés, le représentant risquera l’inéligibilité pour 10 ans et l’interdiction d’exercer sa profession, outre les peines prononcées par les autorités judiciaires le cas échéant.

30- Modifier le système de nomination au Conseil constitutionnel : proposition des nominations par les institutions politiques, nomination des membres par le CSM

 

Justice/Intérieur :

31- Rendre la magistrature judiciaire et administrative indépendante : suppression des nominations/promotions par les institutions politiques, suppression du statut de fonctionnaire pour les magistrats administratifs.

32- Mutualiser les moyens judiciaires et de renseignements européens contre le terrorisme, la criminalité organisée et les crimes et délits financiers (fraude fiscale, etc.) : après les attentats de 2015 est apparu un manque criant de coopération européenne en matière de renseignement. Plus largement, notamment dans le cadre d’un nouveau système monétaire européen, il devient urgent de mutualiser les moyens d’investigation et judiciaire contre le crime organisé transnational. Un parquet européen sera créé pour ces crimes et une nouvelle institution européenne centralisera les données transmises par les différents services et institutions européens concernés.

 

Défense et protection collective :

33- Augmenter et modifier les capacités d’une intervention armée européenne : la pluralité des outils et des industries de défense en Europe concourent à une faible capacité opérationnelle hors des capacités propres dont les membres européens peuvent disposer. Ceci limite la capacité européenne d’intervention en dehors de ses frontières. La Brigade franco-allemande devra ainsi élargir son spectre de participation à d’autres nations, unifier les règles d’engagement, les procédures et l’armement utilisé et passer à un niveau de division opérationnelle (20 à 30 000 hommes).

34- Instauration d’un Service de protection civile et environnementale : la fin de la conscription et l’institution d’une armée de métier ont acté de la fin d’un des processus de socialisation importants pour les jeunes génération, le service militaire constituant une des obligations considérées alors comme relevant de l’intérêt général, comme de payer ses impôts ou de voter aux élections. L’instauration d’un tel service a pour objectif de proposer une alternative répondant à la fois aux besoins de socialisation des jeunes générations entre elles et de répondre, sous une forme adaptée, à la notion d’intérêt général. Ce service sera obligatoire, de 6 mois et pour tous les jeunes à partir de 18 ans, pour des missions de protection civile (accidents environnementaux ou industriels majeurs, protection des populations des intempéries, etc.) ou environnementale (dépollution, protection des zones écologiques, etc.). Cette solution sera proposée au niveau national et européen, afin de favoriser les échanges entre les générations européennes (en lien notamment avec les espaces communs de niveau européen, définis plus haut).

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106 réflexions sur « Le rêve à suivre d’une société en paix (II), par Zébu »

  1. Quelques propositions dans l’intérêt de la “Survie de l’espèce”, d’autres qui se discutent.
    Mais les dites propositions qui rogneraient sérieusement les profits n’ont de toute façon aucune chance d’être adoptées. Jamais, nulle part, la bourgeoisie n’a cédé le pouvoir sans une révolution sociale. Tous les projets de réforme se sont terminés en trahison (exemple Mitterrand) ou en massacre (exemple Allende).
    La voie de la réforme est une impasse. Celle de la révolution sociale est risquée, mais il n’en existe pas d’autre qui permettrait de changer de civilisation. Un grand auteur et militant avait déjà tiré les leçons de l’histoire, il y a plus d’un siècle. Devinez qui ?
    Son texte est ici: http://wp.me/s5oNrG-62657

    1. Merci pour la référence.
      Une illustration (entre autres) de ce brouillage des conflits de classe c’est qu’il n’y a plus de patrons: que des entrepreneurs.
      Et quand par “malheur” des ouvriers s’en prennent à des “entrepreneurs” c’est la comparution immédiate, et la prison ferme.

      “La république démocratique est la meilleure forme politique possible du capitalisme; aussi bien le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise.”

  2. Monnaie/International:
    -“un nouvel ordre monétaire mondial”…; vous l’avez fait exprès…de ne pas dire INTER-NATIONAL (Sergio Rossi au Sommet Internationaliste du Plan B à Paris en a précisé la nuance et la teneur: mondialisme versus internationalisme, monnaie unique et monnaie commune…Internationalisme c’est la coopération des Nations).
    – Si l’on arrive à trouver une fonction utile à la spéculation financière, peut-elle être autorisée dans certains cas en octroyant un “permis de spéculer”, une habilitation selon les circonstances, avec une mise raisonnable payée à la collectivité.

    Europe
    – Mais pourquoi mutualiser puis restructurer cette dette, suffit que chaque pays restructure d’abord sa dette puis après mutualiser…comme ça la Grèce rentre dans les clous (comme pour rentrer dans l’euro grâce au montage d’une banque de wall street) et on serre les vis… Une dette, cela engage t-il des citoyens contribuables que l’on a mis en concurrence dans un marché où la concurrence n’est ni juste libre ni non faussée, et plus grave encore non-ÉQUITABLE; défendre une “dette équitable” à minima au niveau européen.
    – A côté de cette belle idée d’Ecole Européenne de la Fonction Publique, où l’on retrouve la patte élitiste de Zebu, on peut imaginer l’ Amicale Européenne des Mouvements Citoyens, où chacun peut s’investir et se former sur les nouveaux enjeux et défis.
    – Faire converger également le coût du travail, revoir le système de protection sociale, paiement par l’impôt (européen?) ou cotisations sociales, smic européen selon monnaie unique ou monnaie commune, d’accord sur le constat de nécessité d’une convergence fiscale des sociétés, sauf que ce partenariat franco allemand est hostile et déséquilibré, convergence à privilégier avec les pays du Sud.

    Sécurité collective:
    – Cela à plus attrait à du Bien-être, mais il faut sérieusement envisager le vieillissement de la population européenne, et voir les modalités d’accompagnement des personnes âgées aux revenus modestes. L’électorat des retraités n’est pas à négliger dans ce pays, avec ce climat d’insécurité parlez confort retraite All inclusive.
    – Évidence, constat, réalité, la répression est un échec pour lutter contre la drogue, économiser sur le circuit pénal pour davantage prévenir l’usage nocif, donc autoriser l’usage et distribuer un produit contrôlé de qualité.

    Socle républicain:
    – Mutualiser les Ressources Primaires (aujourd’hui on paye pour internet? Sans parler des autoroutes appartenant aux sociétés privées, avec une IA dans toute sa splendeur au péage et du travail en moins pour payer des impôts et entretenir les infrastructures) et utiliser l’argent gagné par ce pillage des Ressources Primaires pour réparer et redémarrer un nouveau contrat social.

    Agriculture:
    – Le local est à préférer à toute autre offre alléchante. Plutôt que de chercher à sortir progressivement les agriculteurs “d’un système dont ils sont devenus dépendants”, institutionnaliser cette dépendance par la création d’une Chambre de l’Agriculture Européenne compétente pour planifier la production et la distribution de la filière, les agriculteurs deviennent des fonctionnaires (si ça leur déplaît leur dire qu’on trouve des médecins, des cuisiniers ou des menuisiers qui sont fonctionnaires, plein de métiers différents utiles au bien commun)

    Economie/Finance:
    – C’est là une idée qui rassemble, Paul Jorion avait proposé la taxe Sismondi, idée noble et révolutionnaire!

    Démocratie/Institution:
    -Ne peut-il être mis en corrélation le concept de “réseau social” et celui de “démocratie participative”
    – Interdire le cumul des mandats, ça c’est très bien
    . Mettre la citoyenneté au service des nations, tirage au sort de certains élus éventuellement présélectionnés et préparés à la fonction, service civique=mandat.
    – Les niches sociales des régimes spéciaux sont à revoir (le Sénat par exemple), justice et solidarité ne peuvent supporter des avantages jadis acquis mais plus justifiés, l’intérêt général c’est plus pour le plus de monde possible.
    – Contrôle des conflits d’intérêt des élus: à Bruxelles, le lobbying fait rage, cela peut paraître ringard mais l’intérêt général mérite un serment et jurer probité.

    Justice/Intérieur:
    -Idée de gôche: moins de récidive si les peines sont aménagées et les sorties préparées.

  3. Bravo. Sur bien des points, ce programme approche de façon concrète l’idée de “l’internation” de Mauss (indiquée par Stiegler), donnant les clés pour penser la communauté de type nationale à l’échelle européenne. Sophie Wahnich rappelait dans son intervention toute fraiche aux 6 heures de Grenoble pour les libertés sur Mediapart que la nationalité elle-même ne s’est formalisée qu’en 1797, assez tard dans le processus révolutionnaire. Quelque chose pouvait être appelé “nation” et servir de carburant (et l’on parlait de d’indignité nationale), avant qu’il y ait besoin d’une définition formelle et rigoureuse de la nationalité. Sans doute une affaire d’intérêt commun, qui pouvait s’imposer en avant de distinction plus formelle et qu’on savait tatillonnes dès lors qu’on voudrait les mettre en œuvre et en avant , générant les échappatoires qu’on sait aux débats réellement importants.

    1. Merci Timiota de rappeler Mauss et son ‘internation’.
      Pour ma part, il me semble qu’au sortir de la seconde guerre mondiale, et après la fin des grandes grèves de 47, il y a eu disons 10, 15 ans pour une fenêtre de tir pour création une fédération (ou confédération, peu importe) européenne. Ceci n’est pas advenu et on sait bien le rôle de la France là-dedans.
      En règle générale, de ce que j’en connais, les fédérations dans le monde sont issues de guerres (RFA), d’indépendance (USA, Suisse) ou révolutionnaires (Mexique, URSS), rarement de processus pacifiques (Australie, Canada, Royaume-Uni).
      Il a fallu parfois des guerres civiles pour trancher des points fondamentaux (esclavage aux Etats-Unis, religion catholique au Mexique). L’Europe a raté le coche dans les années 50 et l’Histoire ne repasse pas les plats. L’approche a ensuite été clairement économique et financière, qui est arrivée à une impasse, fort logiquement. Car cette approche a surtout fait l’impasse sur le ‘faire ensemble’ des citoyens européens. En lieu et place de se focaliser sur les institutions européennes qui cristallisent, il me semble effectivement plus pertinent de travailler à ce que Mauss définissait comme ‘internation’ pour l’Europe, le temps de laisser au temps de produire ce que d’aucun dénomme un ‘sentiment européen’ par la mise en commun d’outils concrets au service des citoyens européens et de leur intérêt général. Quand ceci sera réalisé, concrètement, il sera alors temps de réformer nos institutions européennes : c’est ce que propose Varouf, dans son timing. C’est la bonne voie. L’inverse sera un échec, comme cela l’a été depuis 25 ans, parce que chaque progression fédérale a engendré, dans le cadre politique quasi constant qui est celui de l’UE, des forces nationales ‘de rappel’. On peut le regretter, on peut s’en prévaloir, mais la solution demeure dans le dépassement de cette dialectique qui finira en guerre si elle perdure dans le contexte actuel de l’Europe. Les européens veulent-ils vraiment une ‘guerre de sécession’ pour trancher définitivement ce point ? Je ne crois pas.

      1. Au lieu de prendre la Suisse comme exemple on a choisi les USA (quintessence de la catastrophe écologique) !

        Les 2 choses qui ont permis l’union semblent absentes en Europe:
        – la menace de reconquête partielle par l’Angleterre, l’Espagne et la France
        – l’énorme quantité de richesses – la moitié d’un continent considéré comme non peuplé – à la disposition d’un très petit nombre de colons massés le long de la cote est.

        L’UE est certes menacée (finance, économie, attentats) mais les armes pour les combattre ne sont pas dans les mains de chaque citoyen comme l’étaient les fusils à l’époque. Les richesses à se partager existent mais on est tournés vers le passé, pas vers l’avenir.

  4. Pour la monnaie internationale.
    Pour taxer la spéculation financière.
    Pour Fonder une Alliance mondiale francophone.
    Europe :
    Pour organiser la mutualisation puis la restructuration d’une partie de la dette publique en Europe : mutualiser les dettes publiques en Europe au-delà de 60% du PIB et restructurer cette dette, en priorité intra-européenne.
    le point 5 de convergence est maladroit d’un point de vu linguistique ; conséquence etc…..Donc je reste Mi-Ti-G/Rat-le BOL=°!°)cet…

  5. bravo, sans doute tout n’est pas parfait mais enfin du concret à nous d’enrichir ce travail remarquable. Cela ressemble au conseil de la résistance …ça va dans le bon sens

      1. ..rien sur l’éducation? cela s’inscrit sur du longterme , il me vient un reportage sur le Bouthan c’est vraiment pas mal ce qu’ils font .
        Il me semble qu’il est indispensable d’intégrer la notion de connaissance intérieure , se connaitre soi-même pour mieux se respecter et pouvoir respecter les autres.
        Cela vous semble bisounours et pourtant c’est la clé de tout.
        Soit l’on vous apprends la politesse (respect des règles) et c’est contraignant
        soit l’on apprends à avoir du respect pour les autres (bienveillance de l’autre) et c’est tout autre chose, et ce respect d’autrui et proportionnel au respect que je m’accorde. Sans connaissance de soi cette notion de respect, de bien vivre ensemble, est des plus fragile.
        Toutes ces propositions sont vraiment bienvenues mais faut il encore des hommes pour les recevoir et les mettre en application
        sans une certaine masse critique elles seront imposées ou elles s’imposeront, je préfère la seconde formule elle assure leurs pérennité.

      2. Toutes ces années de tension au niveau de l’emploi ont abouti à la transformation de l’école en fabrique à “bons travailleurs”, aux comportements raccords avec l’esprit des entreprises, c’est dire la catastrophe qui s’en suivit…. La relation pédagogique s’est délitée pour n’être qu’un neurotransmetteur de procédures, la dimension humaine, considérée ringarde, s’est effacée, à coups d’injonctions de Bulletins officiels et d’inspecteurs…. Pour faire passer la pilule, le discours est centré sur “le jeune est au centre de l’apprentissage”, pub entêtante, masquant à peine l’objectif de faire de ces p’tits mioches, des surveillants de machines.
        Les jeunes ont, aussi, besoin de rêve …. Ils aiment entrevoir la “grandeur” d’un homme, l’extraordinaire aventure qu’est la vie pour motiver les efforts, la recherche, la connaissance dans toutes ses dimensions mais les usines à fabriquer des “socles communs” de connaissances ruissellent des pleurs de ces jeunes adultes, enfin murés par un savoir dénué de sens.

  6. Ces propositions me paraissent des plus intéressantes. Autant dans ce que je peux pouvoir interpréter dans leurs grandes lignes, et en articuler les liens fondamentaux qu’elles défendent, que dans ce que je pense qu’il reste à développer à chancun-e son ressenti, son degré de compréhension, des portées qu’elles peuvent donner à échanger, à débattre… démocratiquement… C’est à dire qu’il reste pour et à chacune d’elles, et chacun-e de nous, à développer ce qu’elles pourront changer en mieux, en mieux disant même, par rapport aux maux et problématiques, que chacun-e préfère combattre en priorité…

    J’y voie plus de démocratie dans la noblesse du terme… pour atteindre leur objectifs, que la « démocratisation » actuelle, autant des populismes discursifs, de la démagogie généralisable ( de la pensée unique et son pendant extrême du fhaine), la « démocratisation » des méthodes de gouvernance (publique/privée), des pratiques autant politiques que quotidiennes concernant la société civile, etc, de moins en morales, éthiques, loyales, ou dit autrement de plus en plus illégitimes, illégales, frauduleuses, odieuses.

    1. Cette “démocratisation” est aussi appelée à mon sens “socialisation” et concerne trop de “déresponsabilisations” et d’irresponsabilités” de trop d’acteurs sociaux, politiques financiers, économiques, monétaires, environementaux, etc, etc, etc.

      1. Aurais-je oublié de rajouter des remerciements à l’auteur du billet, M. Zébu, mais surtout à la formidable qualité du travail de groupe que j’entrevoie dans ces propositions…? M’en excusant j’espère que c’est chose faite avec ce rajout.

      2. Merci Pierre.
        Mais le mérite en revient aux véritables auteurs : Jorion, Piketty, Attali et … Keynes. Le reste, c’est de la broderie.
        😉
        Je retiens votre idée de démocratie, comme processus ouvert de débats sur des solutions/outils dont les citoyens peuvent/doivent se saisir, pour atteindre un même but.

  7. C’est bien, les contributions sur les programmes se multiplient, il faut absolument obliger les politiques à aller sur ce terrain.

  8. Dans l’hypothèse que ce programme soit récupéré par “le sauveur potentiel de la gauche” et élu (ça fait déjà beaucoup), les costards gris de la troïka déboulent le lendemain même de l’élection pour obliger le nouveau président à obéir à ses créanciers avec un flingue sur la tempe !! Hop disparu le beau programme… c’est qui le chef ?? Sans dénonciation de cette UE et de ses traités et la sortie de l’euro de la France – que personne ne propose, on peut toujours s’occuper à écrire des programmes ou jouer à Euromillions©® !! Penser hors du cadre, c’est peut-être commencer par là ?

    1. Non, Meta, cette pensée là (ce que vous décrivez comme solution selon vous) est totalement DANS le cadre, et ce depuis 25 ans (Acte Unique). A mon sens, les institutions et les traités n’empêchent aucunement ces solutions de se mettre en oeuvre. C’est bien d’une volonté politique, et de cette volonté là seulement, qu’il manque.

      1. Euh… pour moi ce qu’il s’est passé en Grèce cet été est symptomatique d’un déni de démocratie à l’échelle de l’UE. La volonté politique est, elle, un cran en dessous. (de la volonté politique il y en a toujours, mais elle ne s’adresse que rarement à ceux qui ont permis l’élection)

      2. zébu,

        Au détail prêt que 28 (et non 1 seul) chefs d’états doivent être d’accord sur ce programme!…
        Aucune chance que ça se fasse donc.

      3. La volonté politique n’est elle pas la résultante de forces populaires ou de forces particulières?
        Le coup de force tient au fait que le vrai pouvoir est désormais européen (UE, BCE ) ou transnational (FMI, Agences de notation…) alors que les nations se chamaillent entre elles et en interne. Faudra t il attendre l’émergence d’un peuple européen?
        Une nation seule a t elle encore la puissance nécessaire pour “renverser la table” ?

      4. @ DG :
        Argument qui peut aisément se retourner pour les partisans d’une solution, d’abord, de réforme institutionnelle des traités et des institutions européens : ‘à 28, pas à 1’, ‘aucune chance que cela ne se réalise’.
        De facto, cet argument revient donc in fine à une solution de retrait souverainiste. C’est une option, celle de la re-construction d’une relation après un divorce, mais il est très rare alors de re-créer une union ensuite.
        Ce que je reproche à ce type d’argument, c’est d’avancer masqué, pour d’évidentes raisons de stratégies politiques.
        Enfin, rien n’interdit de créer un groupe de nations qui souhaitent aller dans cette direction de le faire.

      5. @ Merlin II :
        Pourquoi ? Le ‘populaire’ s’exclue du ‘politique’ (ou vice-versa) ? Je pense que dans nombre des solutions ici présentées que ‘le’ politique se décline en ‘populaire’ (au sens rousseauiste : l’ensemble des citoyens).

      6. @ Meta :
        La volonté politique est absente du niveau européen. Les volontés nationales (ou absence de) sont pourtant bien présentes au niveau européen et elles se dénomment … ‘Conseil européen’. Ce sont elles qui ont triomphé pendant la crise grecque. C’est cela qu’il faut changer. Et cela ne se fera pas par une réforme de plus des institutions politiques européennes (réformes par ailleurs elles-aussi engluées dans la règle d’unanimité). Il manque un ‘sentiment commun’ et certains n’en veulent pas, tout simplement.

      7. @ Xavier37 :
        “Une nation seule a t elle encore la puissance nécessaire pour « renverser la table » ?” : exactement. Ce que je pointe, c’est la sempiternelle illusion patridaire de la révolution en un pays s’étendant ensuite par ‘contagion’ à l’Europe. La révolution française se répandant dans l’Europe comme une trainée de poudre est un mythe : sauf exception, ce sont bien les armées révolutionnaires d’abord et surtout de Napoléon ensuite qui ont répandu la révolution française en Europe (ce qui ne veut pas dire que Les Lumières n’avaient pas fait le job avant, et celles de la révolution pendant).
        Alors quoi : “Rule, Gallia, Rule !” ?

      8. zébu 8 février 2016 à 14:06

        A 28, vos propositions seront refusées par un pays ou un autre. Elles sont donc complètement irréalistes.

        Et donc, la seule option – réaliste – est que les pays les plus à même de fuir cette Europe sans trop souffrir, en partent à leur rythme, pour reformer une Autre zone économique qui adopterait vos propositions (par exemple). (pas question de nationalisme, hein…)

        En attendant, notre tissu industriel disparait sous la pression d’une concurrence délirante. Plus on attend, plus ce sera difficile donc.

        Enfin si la France sortait, de plus petits pays nous rejoindraient rapidement…
        ———————————
        Vous dites ceci :
        “Ce que je reproche à ce type d’argument, c’est d’avancer masqué, pour d’évidentes raisons de stratégies politiques.

        Qu’entendez vous par là, et ou est le problème ?

      9. zébu,

        Vous proposez 34 réformes, que la France pourrait au moins adopter en sortant avec éventuellement d’autres pays, si l’Europe ne veut pas,
        … et vous dites que rien ne garanti que d’autres pays nous suivraient!

        Mais alors comment pouvez penser que ces 34 réformes puissent être adoptées par l’Europe, si “d’autres pays ne suivent pas” ? !

      10. Volonté politique et calcul stratégique, prudence mère de sûreté… Sarkozy lança l’idée d’un projet euro-méditerranéen. Il voulait coopérer avec ses amis du défilé du 14 juillet. Syrie, Libye, Turquie, les camps de réfugiés, Schengen…ce projet euro-méditerranéen sera pour le prochain président une mission prioritaire.

      11. @ DG :
        Rapidement. Soit un argument A et un argument B. L’argument A est reconnaître qu’avec la volonté politique, il est possible de transformer cette situation actuelle. L’argument B est son contraire et professe que seule la sortie de l’UE permettrait de modifier la situation actuelle.
        Dans le cas de l’argument A, si l’on considère qu’il est possible de réformer les institutions et les traités européens (parce qu’argument A), alors on ne peut pas opposer ce type d’argument à ceux qui partagent ce même argument, à savoir que seule la volonté politique fait défaut pour ce faire. C’est un pari politique, que je respecte dans les deux sens.
        Encore faudrait-il ne pas mélanger les deux, A et B, à savoir : professer qu’il est possible de modifier les traités tout en sachant que ce n’est pas le cas.
        Il faut donc, clairement, expliciter sa position : prôner non seulement la sortie de l’euro mais aussi de l’Union Européenne, puisque les traités, c’est bien plus que l’euro. Sinon, il y a duperie, à fortiori si l’on interdit à ceux qui prônent la même voie, à savoir la volonté politique, d’utiliser l’argument A.
        Sortir de la zone euro et de l’UE, c’est aussi sortir du système TARGET 2 et du SBCE. C’est, clairement, s’exposer à la spéculation et la guerre monétaire, mais seul. Quand on voit que la Chine qui dispose pourtant de trillions de dollars de réserve de change a épuisé 700 milliards ces derniers mois, ça donne à penser. Ce que l’on sait rarement aussi, c’est que sur les 29 de l’UE, seul 9 ne font pas partie de la zone euro (mais font bien partis du SBCE, qui permet de coordonner les actions des BC au niveau de l’UE, zone euro ou pas zone euro) et que sur ces 9 là, 4 (5 avec la Croatie ?) sont dans le système Target 2, système de compensation européen.
        J’imagine fort bien la situation de la France, entrant dans la ronde de la guerre de la ‘dévaluation compétitive’, qui n’aura qu’un temps, quand tous les autres pays (puisqu’il faut bien dire à tous que si la France sort de l’UE, c’est la fin de l’UE) de l’ex-UE, ses partenaires commerciaux principaux feront la même chose.
        Dernière chose : même un Varouf, qui pourtant sait de quoi il parle quand il parle des autistes dirigeants européens, n’a JAMAIS souhaité sortir ni de l’euro, encore moins de l’UE. Et qu’il prône, en connaissance de cause, sa stratégie actuelle.
        Faudrait se réveiller, DG …

      12. Varoufakis n’envisage pas de sortir de l’euro, mais la France ce n’est pas (encore) non plus la Grèce…

        Mais si son truc marche, je m’incline et suis, hein.
        Sinon, ben faudra bien sortir de ce truc machiavélique.
        Car à défaut d’en sortir vivant, on sera tous morts.

    2. zebu,

      Votre logique est logique, je suis d’accord.

      Mais vous faites l’hypothèse que si on sort de l’Euro (et de l’Europe bien sur), notre compétitivité serait handicapée.

      J’en suis tellement d’accord, que je n’envisage pas de rentrer dans ce jeu.

      Il faudrait faire avec ce qu’on a. Comme font les Colibris.
      Pour une fois je les rejoins.

      Et avouez qu’une zone économique grande comme la France + la Grèce + le Portugal + l’Espagne + l’Italie + tous les pays du monde (Amérique latine, Afrique) qui voudraient nous rejoindre,
      avec les savoirs faire des uns et les ressources des autres,
      on pourrait déjà faire quelque chose de sympa, non?
      C’est déjà mieux qu’un potager.

      Pourquoi voulez vous absolument commercer avec une zone économique qui ne partage pas nos valeurs, alors qu’on peut s’en passer ?

  9. Mais Zébu et la culture ?
    Plateforme européenne de création et d’échanges artistiques, démocratisation de l’art.
    Hexagone : start up de créatifs et de création artistique, façon X Niel, ouvertes sur les différentes disciplines artistiques, en lien avec la plateforme européenne, pépinières d’apprentissage, d’échanges et de créations artistiques, et démocratiques à cout réduit et accessibles à toutes et tous et avec mise en réseau sur le net.

    Ps : aborigènes, le temps du rêve c’est le temps de la création, 😉

    “Le Temps du Rêve, aussi appelé le Rêve, est un terme commun dans la narration animiste de la création du monde chez les Indigènes d’Australie. Le Temps du Rêve explique les origines de la création du monde mais aussi la création d’une personne ou d’un groupe. Le Rêve peut être perçu comme le « temps sans fin » de la création originelle et de la création perpétuelle.”

    1. oui, Gudule, Le Temps du Rêve : c’est le temps de la création ; pour l’Europe, non pas revenir à ce temps là, mais repérer les traces qui permettent d’expliciter (re-situer) la création d’un ‘groupe’.
      La Culture ? Oui, ta proposition est bonne, je l’intègrerais dans ce que je dénomme un ‘commun’, européen, national, local puisque la culture est par définition un commun possible.
      En s’appuyant sur les outils que j’ai pu identifier : internet gratuit, mobilité partagée, logiciel de traduction en licence libre, …
      Une culture qui soit ouverte aussi aux mondes extérieures à l’Europe, avec notamment pour ce qui concerne la France (mais pas seulement) l’Alliance francophone.

      1. “Une culture qui soit ouverte aussi aux mondes extérieures à l’Europe, avec notamment pour ce qui concerne la France (mais pas seulement) l’Alliance francophone.”

        Merci.
        Génial , je plussoie et replussoie……. 😉

  10. J’adresse aussi mes remerciements aux messieurs “Jorion, Piketty, Attali et …” comme M. Zébu a fait remarquer à qui de droit reviennent des mérites,

  11. Une remarque sur l’agriculture.
    C’est la maîtrise de l’agroécologie qui permet de faire des produits bios compétitifs. C’est donc sur la connaissance et le développement des connaissances en agroécologie qu’il faut mettre l’accent. L’agroécologie regroupe principalement les pratiques d’association de plantes, du maraichage, d’agroforesterie et d’élevage. Le socle actuel de connaissances est déjà étoffé, mais il y a encore beaucoup à faire.

  12. Zeb,
    Deux points fondamentaux qu’on ne peut pas mettre sous le boisseau.

    – L’Éducation : comme co responsabilité (surtout s’agissant de nos actions) enseignée idéalement à l’attention des plus jeunes afin de contrer une éducation mortifère maintenant presque exclusivement tournée vers la compétitivité/emploi, et qui conduit plus tard des individus vers le j’m’en foutisme et le cynisme.

    – La Culture : bon, là, il y aurait beaucoup de choses à développer…
    je dirais déjà sous forme de boutade une culture qui ne soit pas : “donner leur du pain et des jeux et que ce bon peuple la ferme.”
    Et la culture comme marchandise est un désastre.

    Sinon je ne peux qu’encourager cette démarche pour faire évoluer une société sclérosée. Donc, c’est très positif.

  13. Pour réduire le champ du capitalisme sans pour autant se passer de capital, pourquoi ne pas favoriser la solidarité coopérative collaborative, pourquoi ne pas créer une communauté coopérative autour d’outils de gouvernance éprouvés et d’une solidarité de fiancement (type capital-risque, capital auto-géré, crowdfunding…)?

    1. Bonne idée que je partage, mais une telle coopérative doit aussi être à l’abri d’une concurrence mortifère, à défaut de quoi elle aura bien du mal à lutter.

      Ce qui suppose encore une fois de sortir des traités…

      1. @D. Gagnot,
        La part de l’économie coopérative se développe, sans doute un peu trop doucement, mais elle se développe, ce qui veut dire qu’elle est compétitive, bien que n’ayant pas les mêmes atouts que l’économie capitaliste classique de l’actionnaire majoritaire.
        La notion de communauté coopérative existe aussi, mais elle me semble demeurer trop faible sur le plan du savoir faire en gouvernance coopérative et en solidarité de financement de nouveaux entrants. C’est sur ces deux points que de nouvelles communautés coopératives pourraient gagner en compétitivité et en dynamisme.

  14. Bel exercice, qui ouvre le champ à couvrir. Avec incompétence, deux questions :
    1/ Pour la santé, rien que de la “solidarité entre citoyens” ? En fait la sécu fut d’abord charité (le couvent doit redistribuer aux pauvres 1/20e de ses revenus, le dimanche à la porte de l’église) ; puis bienfaisance bourgeoise (les “plus imposés de la commune” gèrent un fonds de bienfaisance et vérifient le bien-fondé d’aide individuelle aux vrais nécessiteux. En alternative à ce paternalisme, les caisses ouvrières sont créées avec gestion ‘par les pairs’. Rapidement, les patrons puis l’Etat participent à ces caisses tenues par le Mouvement ouvrier puissant. Puis en 45, la Sécu est universalisée et étatisée. Avec les cotisations individuelles précomptées, nous avons perdu le sens de la solidarité en pensant ‘taxation’. MAis la Sécu (globalement) est plus juste que la fiscalité et l’Etat est sensé combler le trou du chômage, etc., par la fiscalité. Depuis 1989 (au moins), le libéralisme détricote cela. Il faut revenir aux bases de la Sécu. Votre solidarité citoyenne parait un peu angélique (ou bien j’ai pas compris).
    2/ Même chose à propos de la Santé. Un organisme de contrôle seulement pour la responsabilité des pollutions. Quid d’une politique de prévention, de bonne santé préparant au vieillissement accru ? quid de la fin du lobby pharma et de ses priorités, et du lobby “médecine allopathique”, encourageant des premiers soins familiaux mais aussi des thérapies nouvelles, non explorées, approfondies ni validées aujourd’hui ?
    Bonne continuation

    1. Pour ce qui est des allocations familiales, c’est le patronat qui organisa un système d’assistanat pour lutter contre la baisse de la natalité dans les années 30, il fallait de la main d’oeuvre. S’il n’en faut plus alors…

      1. Voila.

        On peut tout résumer par “les riches n’ont plus besoin des pauvres”

        Leur seul problème est de ne pas faire trop de vagues. Tout en douceur, sans bruit, par derrière, masqués derrière de gros bobards que des journalistes consciencieux sauront diffuser.

        Et ça marche! Hein vigneron?

      2. @krow et chabian,
        Mais aujourd’hui, il y a un fort besoin de main d’œuvre pour travailler dans le domaine social, main d’œuvre insolvable dans l’état actuel (c’est sûr que si on arrivait à rediriger un peu de l’argent de la sphère financière vers le social, ce serait différent). Je propose de mutualiser le travail social, à la fois pour libérer de la main d’œuvre, redistribuer le travail et consolider l’état providence en le rendant participatif.
        Pour couvrir les seuls besoins en aidants auprès des personnes atteintes d’Alzheimer+Parkinson, j’ai compté qu’il faudrait pas loin de 10 Millions d’aidants (un groupe d’environ 10 aidants autour d’un cas, à raison de 6h par jour et il y a pas loin de 1 Million de malades-800 000 Alzheimer et 200 000 Parkinson). Aujourd’hui, les aidants ont de très grosses difficultés à faire face, aussi bien matériellement que psychologiquement.

      3. @ Dominique Gagnot – Dans la relation exploitants/exploités ce que Marx appelait “reproduction de la force de travail” se présente maintenant de manière très différente:
        – globalement la force de travail disponible dépasse largement les besoins (même si, heureusement, il manque des spécialistes dans tel ou tel domaine)
        – il est beaucoup plus facile qu’à l’époque de changer de lieux de production ou de déplacer la main d’oeuvre d’un pays à l’autre.

        C’est absolument fondamental pour comprendre et combattre ce qui est entrain de se passer. A désolé, mais on n’a plus besoin de vous il faut répondre par qui n’a plus besoin de qui?

        Le titre du livre de P.J. aurait pu être: Pas besoin d’éteindre la lumière en partant, un robot s’en occupe.

      4. @Michel Martin,
        Libérer quelques heures dans la semaine pour se consacrer au travail social est une proposition très intéressante et permettrait de soulager tout le monde. Aujourd’hui on parle de tâches de bénévolat pour les bénéficiaires du RSA afin de justifier cette allocation de survie qui reste bien inférieure au seuil de pauvreté, et j’entends des gens de gauche dirent que oui, ça permettrait de rester au contact avec le travail, c’est bien ça le plus important: rester productif au moindre coût! Le travail médico-social que vous mettez en avant ne doit pas être sous-évalué aussi bien sur les compétences qu’il nécessitent que sur la juste rétribution qu’il mérite. Le marché du travail a besoin de souplesse, la formation professionnelle subit une gabegie d’importance, les énarques si fiers et magnifiques sur qui le destin de la France repose sont-ils dépourvus de toute volonté ou de toute inventivité?

      5. @Michel Martin – situation identique dans l’enseignement où pour prendre un exemple 1 instit pour plus de 20 gosses dans une classe du primaire ça ne fonctionne que pour une minorité d’entre eux (ceux dont les parents etc…)

        Quand on fait la liste de tout ce qu’il faudrait faire – de ce qu’on pourrait faire si “l’argent nécessaire n’est pas disponible” n’y faisait pas obstacle – on a un peu l’impression de voir des gens mourir de faim à coté d’un champ inculte et des outils pour le cultiver.

      6. GL,

        Je suis bien d’accord, mais quand vous dites :

        “A désolé, mais on n’a plus besoin de vous il faut répondre par qui n’a plus besoin de qui?”

        vous oubliez que la raison du plus fort est toujours la meilleure…

      7. “en aidant auprès des personnes atteintes d’Alzheimer+Parkinson; ”

        Médico-social ET social, nuance…

        Médical, où médico-social , secteurs très professionnalisés : ces secteurs sont bien développés, dans l’hexagone, surtout dans les départements peuplés et ayant le plus de personnes âgées . Ce sont les départements ruraux les plus pauvres et/ou les moins peuplés; qui sont effectivement les plus carencés, notamment pour le médical et le médico-social. Bref, de quoi “faire” !

        Le social, secteur accompagnement aux personnes dépendantes avec ce type de pathologie, est présent et développé pour ce qui concerne les aides à domiciles (ménage, cuisine,”petits soins” etc.) ce sont des services dépendant des mairies donc des ccas. Il y a cependant un turn-over important, car ce type d’accompagnement est particulièrement lourd et épuisant psychologiquement, même et surtout pour une bleue ayant eu une formation “light”…la “vocation” résiste mal à la confrontation du réel.

        Je trouve assez peu réaliste à proposer le surdéveloppement de la sphère des aidants du secteur social. Il me semblerait plus judicieux de garder le nombre constant et/ou de mieux doter les départements et communes carencés voire de mieux former et “coacher” les aidants pour ce type d’accompagnement spécifique; plutôt que de lâcher des bleues qui “craquent” au bout de 2 mois…de service auprès d’individus ayant des psychopathologies lourdes voire relevant de la psychiatrie, avec des conséquence physiques importantes et trés invalidant, à terme .

        En outre, très peu d’individus sont capables de s’occuper de personnes atteintes de ce type de pathologie, à long terme, sans tanker vers un autre secteur moins “lourd” soit moins usant. Au quotidien, ça devient vite “l’enfer”. Raison pour laquelle, pour les couples âgés dont un souffre de ce type de maladie, un entourage et un soutien familial voire amical, et professionnel sont nécessaires et vitaux .

      8. @gudule

        “…pour ce type d’accompagnement spécifique; plutôt que de lâcher des bleues qui « craquent » au bout de 2 mois…de service auprès d’individus ayant des psychopathologies lourdes voire relevant de la psychiatrie, avec des conséquence physiques importantes et très invalidant, à terme .”

        D’accord c’est pour ça que pour ces métiers le turn-over est une bonne chose (pas tous les 2 mois non plus d’où le besoin d’une autre approche du circuit de la formation dans la carrière des salariés peu qualifiés en année d’étude) car difficile d’être efficace à plein temps jusqu’à la retraite dans ces métiers. Le contrat de travail est à redéfinir car il repose sur le lien de subordination, d’où les difficultés du salarié à être acteur de sa vie professionnelle en étant perçu comme charge pour son employeur, le décor est planté, le scénario n’est qu’une règle comptable. Proudhon avait bien noté qu’ 1 salarié pour 100 heures de travail ne vaut pas 100 salariés pour une heure car ne sont pas pris en compte cette volonté du travail commun et cet effort de collaboration, qui sont niés ou considérés comme allant de soi (des situations de mal être au travail viennent de cet oubli, on met des gens qui ne se ressemblent pas et ne s’apprécient pas dans des box ou des open-space et ça pourrait très mal se passer sans cet effort de collaboration à ne pas négliger), donc non rémunérés dans ce projet d’entreprise, où les entrepreneurs sont devenus des exemples, des bourreaux qui se victimisent et jouent les héros, et nous devrions les suivre, subordonnés sans mot dire, en supportant leurs caprices.

      9. Exportons plutôt nos Alzheimer au Bengladesh et importons des croulants muséophiles dorés sur tranche. Avec un statut fiscal aux p’tits oignons (bio de Roscoff AOP), ça peut le faire.

  15. Je suis d’abord un écologiste et cette qualité me pousse à exciper de Rob Hopkins pour insister sur l’idée de créer des espaces où l’on peut, en toute sécurité, parler, assimiler, ressentir et valider les actions déjà entreprises par d’autres. ” Sentir qu’on participe a un effort collectif, qu’on fait partie de quelque chose de plus grand que soi”. Je voudrais, de ce point de vue, exprimer à ma façon qu’ il faut accompagner l’anticapitalisme d’une vision positive de l’avenir. Oui l’anticapitalisme dont il faut oser écrire sans relâche, qu’il nous mène à la mort. Paul Jorion parle souvent du cadre. Je pose comme fondement que le bon cadre pour penser ne peut pas être le capitalisme. Même réformé, bricolé. Quand cessera-t-on de vouloir jouer au foot sur un terrain auquel il manque un but.
    Le marché dans sa quête du profit – rapide et maximum – ne permet pas d’engager le long terme et le collectif. Le capitalisme ne peut se développer que dans un monde
    hyper-productiviste et nous entraîne dans une société hyper-consommatrice donc destructrice à tous égards. Il importe, avant toutes choses, d’insister sur le lien entre le système dominant de la planète et les destructions massives et irréversibles qu’il cause. Il est impossible de se réclamer de certains systèmes, de certaines idéologies, de certaines appartenances et de prétendre réformer l’organisation de nos sociétés ou de se prétendre écologiste. Impossible et malhonnête. Le système capitaliste, en dépit des rodomontades, des coups de menton et des Grenelle ou COP ne peut que générer de la barbarie. Le “personnel politique” est impuissant à lutter contre les pouvoirs financiers. Pu aboulique. Après les différentes formes de barbarie économique, sociale, sanitaire, culturelle et bien sûr physique par l’extension de la violence, nous rencontrons une barbarie écologique, nouvelle pour beaucoup – voire même ignorée – de nos concitoyens. Ne laissons pas l’écologie récupérée par les marchands et les financiers. Le capitalisme vert est une hérésie et la croissance verte une tromperie délibérée. Aurons-nous enfin envie de nous mêler de ce qui nous regarde ? Ou bien maintiendrons-nous, durant quelques années encore, la tête dans le sable ? Ouvrir ou fermer nos gueules ? Le capitalisme ne se rafistole pas, il se bazarde.
    J’ai écrit voici en février 2014, le texte qui suit dont je ne donne à lire ci-après que quelques extraits. ( Inspiré par mes lectures, des Villes en transition aux convivialistes. Par le blog de Paul ou d’autres. Par Paul Ariès. Hervé Kempf. JP Besset. Nicolas Hulot) Je n’y ai pas de mérite particulier.
    On l’aura compris, je ne suis pas un environnementaliste, je suis un écologiste. Je place le principe de préservation de notre milieu au-dessus des autres. Évidemment la nature peut survivre à l’Homme, elle peut entrer en résilience et s’organiser autrement. Les êtres humains doivent admettre qu’ils vont vivre différemment. Admettre qu’ils ont besoin des autres, d’être ensemble d’où qu’ils viennent, quel que soit le système idéologique qu’ils ont soutenu jusqu’à présent. Admettre qu’ils n’ont pas le droit de faire tout ce que leur imagination propose et tout ce que la technologie fouettée par l’économie de marché décrète. Je trouve plutôt joyeux d’être associé à une telle entreprise. Maintenant, il faut retrouver la lenteur indispensable aux prises de décisions larges, il faut tenter de sortir des références et cadres de pensée familiers pour tisser ensemble mille brins complexes, avec leur logique et leur tension.
    Pour redonner un sens à nos vies, envisageons quelques préalables. 1/ Nous entendre sur une pratique démocratique la plus large, qui ouvre la décision au plus grand nombre et réinvente la représentation ( conférence de citoyens ). 2/ Accepter qu’un contrôle démocratique soit exercé par les seuls citoyens. 3/ L’économie doit être remise à sa place, au service de l’humanité et des êtres vivants qui demeurent à ses côtés dans le respect absolu de la planète, de ses ressources et de ses capacités à se régénérer. La seule activité économique n’est une réponse raisonnable aux demandes de justice car elle nous entraîne dans une spirale. Productivité/maladies et accidents professionnels, publicité/ mensonge, pillage/gaspillage, déchets, pollutions etc…
    Voici pêle-mêle, quelques idées forces. Réappropriation par les citoyens rassemblés en société de la création et de l’usage de la monnaie. Prêts sans intérêts. Interdiction de la spéculation. Suppression des Bourses. Contrôle du système bancaire. Remise en cause de la propriété et de la rente. Définition collective des besoins. Gestion des biens naturels collectifs. Mise en commun d’installations et de moyens de transports. Une nouvelle représentation du monde conduit à changer de comportements. Si nous ne faisons rien d’ici à quelques décennies, nous serons face à des seuils d’irréversibilités. Et il faut beaucoup de temps pour faire naître une alternative. Nous devons faire émerger un projet, le rendre crédible puis majoritaire pour imposer une nouvelle hiérarchie des normes juridiques, pour faire des lois et les appliquer. Aucune crise ne peut être résolue sans un surcroît de démocratie. Cette crise écologique planétaire est la mère de toutes les crises économiques qui vont suivre si rien n’est fait. Certains lobbies essaient de réduire l’écologie aux petits oiseaux, et de faire croire qu’elle est moins importante que les enjeux financiers. Or, on ne peut pas dissocier l’économie de l’écologie. Cette crise est potentiellement explosive. Pour y remédier, il faut repenser le système d’impôts et de taxes dans les pays occidentaux, et instaurer un système général de « pollueur- payeur», d’usage/mésusage. Aller vers la décroissance et la sobriété. Lors de la conférence de Copenhague, en 2009, la preuve a été apportée, sans le moindre doute, que la solution de la « crise » climatique ne pourra jamais venir d’une union mondiale des nations ou d’une « Haute Autorité » mondiale de l’environnement. Car jamais les gens qui nous gouvernent n’auront un niveau de conscience suffisant pour s’entendre entre eux, tout affairés qu’ils sont à défendre leurs intérêts nationaux et leurs entreprises, leur soif de pouvoir mondial, leurs juteuses aides au développement ou leurs chances de réélection. En 2017, la planète devra supporter l’équivalent thermique d’une nouvelle Europe et 2 milliards de personnes supplémentaires qui n’auront pas accès à notre mode de vie (Afrique noire, Pakistan et alentours, Philippines, Indonésie, Mélanésie…) Ces derniers pèseront sur les pays riches par le désespoir qui les poussera à émigrer. Le travail ne doit plus être LA valeur centrale de nos sociétés. Le remplacer par des activités d’apprentissage, de création, de poésie, de relation aux autres…Bien vivre ne peut pas avoir le même sens partout et il est urgent d’en finir avec le mythe de l’opulence et d’oser la révolte. Dans une économie fondée sur l’utilisation des ressources locales, les hommes sont immédiatement sensibles aux détériorations de leur environnement et cherchent à le préserver. Nous devons réfléchir à nos vies, nos comportements, nos responsabilités et nous désencombrer, devenir disponible à notre propre transformation. Nous sommes solidaires de toute l’humanité passée, présente et à venir. Solidaire et coresponsable de tout. Nous ne devons pas hésiter à poser des actes de refus pour faire face. Il est évident qu’il n’y a qu’une seule voie, si l’humanité veut survivre, celle des initiatives individuelles conscientes en vue d’une relocalisation de toute l’activité humaine, de l’alimentation, des transports, de l’économie, de la production d’énergie…
    Comment transformer notre peur en confiance ? Que veut-on au fond ? Nous ne reviendrons pas à la croissance et au plein emploi. C’est un mensonge entretenu. Le plus important, pour commencer, ce sont les choses qui se font à très petite échelle… sur des choix de nourriture, d’habitat, de déplacements. Nos formes de démocratie ne sont pas à l’échelle de l’urgence et de l’ampleur des problèmes qui se posent à l’humanité. Il va falloir trouver des formes de décision politique qui restent profondément démocratiques. Il ne faut surtout pas s’insensibiliser car sinon on se désactive; pire on ne s’active que pour soi. Il faut que la parole circule, sous forme de consensus, mais aussi de disputes, se convaincre de l’importance de la simplicité volontaire et du renoncement à notre vie d’avant.
    Alors quelle expérimentation collective favoriser ? Coopérativement, diminuons sévèrement les transports mondiaux et par conséquent relocalisons l’économie, diminuons durement le nombre de grandes centrales électriques et de grandes industries fonctionnant avec du gaz ou du pétrole et remplaçons-les par de petites industries ou centrales locales fonctionnant avec des énergies renouvelables et des matériaux locaux. Les exemples ne manquent pas. Cessons dès à présent de« déforester », diminuons la consommation d’animaux nourris au soja et consommons des productions végétales locales. Étendons la sphère de la gratuité et instaurons la gratuité de l’usage et le renchérissement du mésusage. Étendons la sphère des entreprises mutualistes, sociales et solidaires, développons les Amap, les SEL… Rapprochons de nous la production de nourriture bio ( souveraineté alimentaire ) et adonnons-nous peu à un à nouveau régime alimentaire (moins de viande). Développons les économies d’eau. Donnons plus d’importance aux moments artistiques pour tous. Notre projet s’efforcera d’articuler écologie et justice sociale. Il voudra sécuriser et faire décroître les inégalités. ( Revenu universel d’existence, droits de tirage sur les biens naturels universels et revenu maximum autorisé ). La relocalisation est à la fois la seule solution à la crise climatique et la meilleure voie de la résistance à l’oppression du Nouvel Ordre Mondial qui se resserre sur nous peu à peu. Cultivons notre propre autonomie et nos solidarités locales.
    Préparer la transition à l’après pétrole est toujours à l’ordre du jour. La notion de résilience en matière d’écologie est essentielle. C’est l’aptitude d’un système de l’échelle des individus à celle d’économies entières à maintenir son intégrité et à continuer à fonctionner sous l’impact de changements et de chaos provenant de l’extérieur. La faiblesse de la mondialisation est son extrême dépendance au pétrole. Elle repose sur des carburants fossiles bon marché sans substituts adéquats à l’échelle de notre actuelle utilisation. Selon Rob Hopkins nous pouvons nous appuyer sur les enseignements de la permaculture, redécouvrir les capacités de chacun, réhabiliter la débrouillardise et les savoirs anciens, retrouver le sens de la communauté, la joie du vivre ensemble, nous inspirer mutuellement, nous enthousiasmer. A plusieurs, nous pouvons faire du concret, nous concentrer sur les possibilités plutôt que sur les probabilités. Il ajoute qu’il ne faut pas oublier que les idées nouvelles passent par 3 étapes : d’abord on les ridiculise, ensuite on les ignore et enfin on les accepte comme ayant toujours été vraies.
    Comment faire ? Se rassembler et décider d’agir ici et maintenant. Déterminer ce qui peut être fait de concret autour de soi, encourager ce qui se fait déjà et sensibiliser à l’urgence d’agir. Se lancer dans diverses actions à sa portée. Alimentation, habitat, transports. Établir un Plan de Descente Énergétique pour atteindre une dépendance minimale au pétrole. Les gouvernements réagissent peu, alors le citoyen doit agir localement, relocaliser, faire de la communauté immédiate la source et le point de mire de toute stratégie de transition immédiate. Des changements devront être effectués à une échelle extraordinaire pour réduire la dépendance de nos sociétés au pétrole bon marché tout en maintenant leur cohérence sociale et écologique, et leur stabilité.
    Pourquoi envisager une descente énergétique ? Une société sans carburants fossiles ferait de 70 à 100 fois moins de travail qu’une société qui en est pourvue. Elle serait très différente. Le déclin de l’énergie nette du pétrole ajouté aux pics combinés du pétrole, du gaz naturel, du charbon, de l’uranium… nous obligera à vivre dans une société moins riche. Faire avec moins et sélectionner l’essentiel, chercher un chemin descendant prospère, voilà notre défi. La descente énergétique, c’est la réduction inévitable et radicale de la consommation matérielle et / ou de la population humaine qui va caractériser les décennies et les siècles du déclin de l’abondance et de la disponibilité des carburants fossiles. Le déclin de l’énergie nette est le miroir inverse de l’énergie nette produite depuis la Révolution Industrielle.
    Pourquoi rebâtir la résilience ? La résilience est la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction. ( Brian Walker). Nous sommes dépendants de l’imprévisible et n’avons pas de plan B. La résilience d’un système provient du nombre d’éléments ET du nombre de connexions entre eux. Chaque communauté élabore ses solutions, ses outils et travaille à de petits changements dans une multitude de niches locales. Les rétroactions directes concernent la rapidité et l’intensité avec lesquelles les conséquences d’un changement à un endroit sont ressenties et prises en compte à un autre endroit. Dans un système globalisé, les rétroactions sur les impacts émettent des signaux
    faibles. Avant l’ère du pétrole, les gens étaient plus habiles, plus pragmatiques, plus connectés à la source de leur énergie, de leur nourriture. Les économies locales étaient plus diversifiées et plus résilientes. La relocalisation est le processus par lequel une région, une ville, un quartier se libère d’une dépendance excessive envers l’économie mondiale et investit ses propres ressources afin de
    produire une part importante des biens, des services, de la nourriture et de l’énergie qu’il consomme apportant son propre fonds local de capital financier, naturel et humain.
    Mais alors que produire localement ? Des fruits et légumes de saison, des produits laitiers, du poisson frais, du bois d’oeuvre, des céramiques, des matériaux isolants, du verre, de la laine, du cuir, du papier, des matériaux de construction… Une communauté économiquement indépendante devrait chercher à accroître le contrôle qu’elle exerce sur sa propre économie. Pour reconstruire la résilience, il faut commencer par l’alimentation puis produire des matériaux de construction, des textiles, des bois d’œuvre, des énergies… Il faut également créer ses propres devises. Ne pas oublier également de décentraliser le pouvoir en faveur des citoyens. Nous persistons, nos représentants persistent à penser que les économies croissent indéfiniment, que les échanges continueront de croître, que nous ferons toujours de plus en plus d’argent, que nous consommerons de plus en plus, que le nombre de consommateurs augmentera sans arrêt, que les ressources naturelles ( matières premières et énergie ) pour produire de plus en plus seront toujours disponibles à faibles coûts. Ils tentent toujours de nous faire croire que nous aurons toujours accès à un crédit bon marché, que nous emprunterons toujours car nous serons de plus en plus riches, de plus en plus habiles (technologie), de plus en plus solvables. Que la valeur de nos maisons continuera d’augmenter, que nous devons abandonner l’agriculture traditionnelle et autres métiers au profit des services, que l’équation croissance économique plus progrès donne l’assurance d’une vie épanouie et que sans cela nous connaîtrions la pauvreté, les émeutes et le désordre. Tout cela est à remettre en question.
    Autre point capital. Qu’est-ce que la monnaie et d’où vient-elle ? Dans les économies occidentales, il y a de plus en plus d’argent créé par les prêts de nombreuses institutions. De plus en plus de transactions ont lieu sans l’établissement de liens de confiance construits sur des relations humaines et personnelles. L’argent échangé n’est pas lié à la communauté dans laquelle il est dépensé. La reconstruction du lien de confiance entre les gens et les entreprises sera le cœur des économies relocalisées. Pour que tout le monde puisse emprunter et rembourser, l’économie doit continuer à croître or la croissance économique signifie un accroissement de la consommation d’énergie. Ce modèle économique lié à l’énergie des carburants fossiles est inadéquat pour répondre aux défis pic du pétrole/réchauffement. En résumé, notre économie doit croître pour soutenir un système monétaire qui exige de la croissance. Mais, notre économie est remise en question par un système énergétique ne pouvant croître. Deux notions liées à un monde naturel qui s’atrophie rapidement.
    Les outils qui nous ont conduit à la catastrophe ne peuvent pas nous aider à en sortir. Beaucoup d’entre nous connaissent une baisse de leur pouvoir d’achat. L’argent officiel est de plus en plus rare, cela génère de plus en plus de pauvres. L’hypothèse de l’effondrement des banques et des monnaies nationales nous confronterait rapidement à l’augmentation des prix. Que deviendraient les millions de personnes travaillant dans des centres commerciaux ou offrant des services, tous dépendants de niveaux de consommation non viables. Il faudrait créer des modèles d’affaires viables dans le paradigme en vigueur aujourd’hui, de telles façon qu’ils puissent prospérer dans celui de demain même si celui-ci est presque impossible à imaginer. Dans une économie plus résiliente, plus locale, en réseau. Nous devons imaginer à l’échelle locale une nouvelle économie pour l ‘équité, la santé environnementale et le bien-être humain.
    Quelques mots pour terminer. J’ai eu l’impression, en écrivant tout cela, de découvrir qu’on ne cherche jamais à comprendre pourquoi – pour quoi – l’humanité agit comme elle le fait. On se contente de constater des comportements isolés que l’on grossit pour les observer, les analyser sans chercher leur cohérence. Face aux difficultés rencontrées il me semble qu’on ne peut opposer que trois attitudes. 1/ Les nier et poursuivre sa route. 2/ Multiplier des réponses techno-scientifiques à leur tour consommatrices d’énergie et de ressources polluantes et non-renouvelables en partie, le tout dans l’intérêt de quelques-uns. 3/ Refuser obstinément de s’engager sur des voies obscures qui ne sont pas dans l’intérêt des hommes.
    Pouvons-nous encore accepter que notre but, notre raison d’être, puisse être plus modeste, que nous nous contentions d’être et de vivre sans posséder en reconnaissant notre dimension spirituelle et créatrice ? J’aurais bientôt soixante-neuf ans et assez de recul pour affirmer qu’après une cinquantaine d’années passées à m’intéresser à la vie politique, les positions tranchées des uns et des autres conduisent à des impasses. Elles ne progressent pas dans l’opinion et témoignent le plus souvent d’une forme de conservatisme théorique. Pour moi, il est urgent de trouver et de proposer un autre chemin. Nous devons agir sur plusieurs leviers à la fois: l’écologie, la démocratie, la justice sociale, l’économie (monnaie et finances) … pour concevoir notre avenir. Dans une approche holistique. D’abord nous mettre d’accord sur le constat de l’urgence écologique, ensuite définir les besoins de chacun en matière d’alimentation, de santé et d’éducation dans le respect des biens naturels de l’humanité et enfin définir une politique économique cohérente avec l’ensemble. Nous avons pris l’habitude de raisonner dans un monde surtout matérialiste dont la spiritualité a été confisquée puis défigurée ou saccagée par les religions. Peut-être le moment est-il venu de nous laisser toucher par l’esprit du Tao : être le plus présent possible, mais en total lâcher-prise et sans intention ? Et d’être ouvert à l’Inconnu. Un passé malade peut se soigner, en changeant de point de vue. L’Histoire n’est qu’un point de vue. Nous pouvons l’interpréter à chaque moment de manière différente selon notre degré de conscience.

    1. Ben oui il faut sortir du capitalisme. Pour être précis, le peuple doit prendre la Propriété des Ressources primaires, car le réel Pouvoir EST dans cette propriété…

      Mais :

      Il est très difficile de demander aux français de sortir du capitalisme après des décennies, (siècles), de propagande pro capitaliste (logique, les proprios privés ont le Pouvoir!)

      => commençons par sortir de l’Europe d’abord et au plus tôt.
      (Pas tout à la fois, sinon c’est accumuler les obstacles.)

      Si seulement on avait un type pro capitaliste, mais qui semble ouvert comme Piketty… ce serait déjà énorme.
      C’est désolant, mais on en est là.

    2. T’as oublié le programme d’éradication des Tao-écowarriors roropéens, Zeb. Y’a du taf, y’en a déjà des émules, crypto ou pseudo, plein les couloirs à Bruxelles.

    3. “mais en total lâcher-prise”

      non, non, non, remettez les doigts dans la prise pour un reboot…et aprés merci de faire un résumé du Wu weï dans le texte , merci, amicales zintentions.

  16. Proposition : Regarder “demain le film” et s’appliquer les recettes à soi même et au niveau local en laissant les despotes et fanatiques qui nous gouvernent s’amuser entre eux et avec ceux qui les croient!

    1. Alors ça, c’est complètement bisounours, hein.

      Oui on peut faire plein de zolis choses, mais… il faut savoir se passer des Ressources, du Capital, c’est à dire créer un monde de seconde zone, qui vit d’amour et d’eau fraîche, car le reste, ben ce sont EUX les hyper friqués, les banquiers qui le détiennent.

      Laisser croire que “si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main”, on pourrait s’en sortir,
      ça rend un immense service à ceux qui détiennent le Pouvoir, le vrai, qui est le Pouvoir économique et financier…

      Jamais aucune communauté, et dieu sait s’il y en a eu depuis 1968!, n’a réussi a faire autre chose que des sortes de monastères…
      Ok, c’est mieux que le néant.

      1. Peut-être qu’ils ont déjà compris qu’il fallait penser à l’après-réveil. Qui sont les bisounours dans ce cas ? Peut-être des Dominique Gagnot qui se moque de tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

        Quand on lit les commentaires des déçus, suite aux promesses non tenues des élus, dans l’article signalé par Paul J. “Des élèves de CM1 déçus par leur « ministre du potager »
        extrait :
        ils voulaient un potager. On leur a raconté des salades : après avoir écrit à la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, ils pensaient recevoir de quoi réaliser un potager comme elle l’avait annoncé. Au final, les jeunes de l’école Suzanne-Lacore ont reçu… des guides sur les insectes pollinisateurs, sans aucune allusion à leur demande.

        Quand les déçus s’expriment ainsi :
        “Mépriser les adultes électeurs, passe encore, on a l’habitude maintenant, mais mépriser des enfants c’est lamentable.”
        c’est bien de clientélisme électoral dont on parle.
        Donner son vote pour un potager et obtenir quelques dépliants pour mettre ses épluchures de pommes de terre en guise de potager, quelque part c’est vendre son âme au diable.

      2. Dominique, quand on donne son avis il faut savoir de quoi on parle. Moins mais mieux, tel est le nouveau paradigme.
        Ségolène c’était en rapport à l’article signalé par Paul J. évoqué, en rapport à ta manière de te moquer de ceux qui bêchent et transpirent dans leur potager pour y faire pousser des jolies fleurs (et plein d’autres choses comestibles) et n’attendent plus après les belles paroles et promesses des politiques pour vivre.

      3. Sauf exception, ça m’étonnerais bien qu’ils puissent vivre d’un simple potager! Il doit aussi y avoir des sous qui tombent chaque mois… non?

      4. Des épinards et des carottes, des patates et des ognons (nouvelle orthographe paraît-il, très utile tout ça !!!) ça sera plus facile à troquer contre des oeufs de poule et des poulets qu’avec des dollars. Pour les sous, on a déjà parlé de l’allocation universelle par exemple, et pour beaucoup de sous, d’ici quelques temps il faudra bien trouver autre chose que la spéculation.

      5. Salut Dominique, je pense pas que les personnes qu’on voit dans le film soient des bisounours et je ne pense pas qu’ils aient demandé quoi que ce soit aux élites psychopathes qui nous gouvernent et pourtant ça marche. Moins il y aura de gens qui s’intéresseront a ce que font nos soi-disant élites mieux on se portera…

      6. “Moins il y aura de gens qui s’intéresseront a ce que font nos soi-disant élites mieux on se portera…”
        ————————–
        Ouhlà! surement pas zozioo, vous n’avez pas conscience du Pouvoir absolu que leur confère la Propriété des ressources essentielles, et du contrôle de la monnaie!

        Ce sont EUX qui entretiennent ce Système mortifère! Si on ne parvient à le renverser, LEUR Système continuera de tout bousiller, avec ou sans agriculture bio!

        Il est impossible d’ignorer ça, car nous habitons sur la même planète que eux.

  17. Bernard Maris avait écrit “Houellebecq économiste” pour rendre hommage à l’un des écrivains les plus intéressants de l’époque. Dans sa correspondance de 2008 “Ennemis publics”, Michel Houellebecq dit sans détour qu’il appréciait de résider en Irlande car il y avait peu d’impôt et qu’il préférait la notion d’usager à celle de citoyen, le rôle de l’Etat devant être limité à se consacrer pleinement à ses fonctions régaliennes. Il dit, cela peut déplaire à ER, que “jamais je ne me suis senti de devoir, ni d’obligation, par rapport à la France, et le choix d’un pays de résidence a pour moi à peu près autant de résonance émotive que le choix d’un hôtel”. Il dit encore: “Le tourisme est aujourd’hui le premier secteur économique mondial…C’est cela qu’espéraient de toute leur âme fébrile et financière, assoiffée d’harmonie, les nouveaux riches japonais et russes; nous le leur avons offert. Ils ont eu leur fromage au lait cru, leurs églises romanes; ils ont eu leur confit de canard. Nous accueillerons avec la même bonhomie les nouveaux riches chinois et indiens.
    Et comme activité économique pour la France de demain, ça suffira bien. S’imagine t-on vraiment que nous allons devenir des leaders dans l’industrie du logiciel ou des microprocesseurs? Que nous allons maintenir une industrie puissante et exportatrice? Que paris va se transformer en un pôle d’excellence financière? Allons allons. On gardera quelques activités manufacturières, c’est certain, un peu dans le même secteur (haute-couture, parfums, plats cuisinés Joêl Robuchon). Des trains aussi, par exception, les Français aiment bien les trains.
    Est-ce que ça veut dire que j’accepte sans broncher cette nouvelle division du travail? Ben oui, et je ne vois d’ailleurs pas comment je pourrais faire autrement. Les “nouveaux pays émergents” veulent gagner de l’argent, grand bien leur fasse; nous avons les moyens de le leur faire dépenser. Disons les choses plus crûment: est-ce-que j’ai envie de voir transformer la France en un pays muséifié, mort? en une sorte de bordel à touristes? De faire un peu à la France ce que Bertrand Delanoê, ce génial précurseur, est en train de faire à Paris? Sans hésiter, je réponds OUI.” Le tourisme, le rêve à suivre d’une société en paix…

      1. Un jeune rappeur chante qu’il pouvait “clouer le bec de Houellebecq” (Nekfeu), l’egotrip…
        Les romanciers actuels qui peuvent nous inspirer sont assez peu nombreux, je citerais Rufin (Globalia, l’Abyssin, le Grand-Coeur), Olivier Maulin, Emmanuel Carrere…
        Le livre et la paix, y a-il un lien de cause à effet? Ne vaut-il pas mieux chanter, voire pisser dans un violon?

  18. @Peska
    Je ne peux qu’approuver votre commentaire ayant écrit pour l’ensemble exactement les mêmes propos mais de façon beaucoup moins habile.
    Vous écrivez ‘’ Pour moi, il est urgent de trouver et de proposer un autre chemin.’’
    Brièvement, je crois qu’il faut dans un premier temps établir un protocole de gestion écologique des ressources visant à en assurer la pérennité et par la suite bâtir une économie cohérente en tenant compte en priorité de ce protocole.
    Maintenant voyons les appuis………

  19. Y manque le kick à tout çà – et à quoi que ce soit d’autre en Europe d’ailleurs. J’en vois qu’un, de coup de kick, positif j’entends, qui puisse secouer ce demi milliard d’avachis que nous sommes. Qu’une initiative qui mettrait tout le monde le nez dans son histoire et son futur, qui obligerait chacun à se déterminer et l’UE à cesser de tourner autour du pot : lancer un projet de fusion France-Allemagne. Relancer devrais-je dire, Adenauer en 50 l’avait évoqué et avant lui Briand évidemment s’en était fait le héraut malheureux. Les dangers sont concrets et urgents, alors il faut un challenge concret qui dépasse aussi bien les mesures défensives et conservatoires que les babillages et rhabillages programmatiques et gestionnaires.
    Terminé le « kick the can », faut un BIG KICK (j’ai pas dit Dick !). Pour passer l’Aubisque avant la voiture-balai faut poser le tandem et foutre un moteur dans l’biclou, y’a pas à tortiller.

    1. Anschluß ! Très bonne idée. Difficile, mais très bonne idée. Puis de fusion en fusion, un seul putain d’Etat de 1/2 milliard d’individus.

    2. Rameuter de vieilles idées 1920-1930, avec des has-been comme Briand – qui vaut bien Juppé en has-been contemporain- ça va nous mener loin !

      Car la question est : “Et après”. L’union France-Allemagne est une solution a une question qui ne se pose plus.

      Je remarque que c’est quand la France est dans un désordre noir qu’on propose une dissolution du pays dans une union plus vaste et où nous sommes minoritaires.

      Croire que l’impérialisme allemand va nous faire cadeau de son empathie est une sottise sans fond.

      La France seule a la taille critique pour proposer les solutions réelles à notre crise. Y rajouter 80 millions de citoyens réticents ( réticents, n’en doutez pas.) n’est d’aucune aide.

      1. La France seule a la taille critique pour proposer les solutions réelles à notre crise.

        Oui, encore. Ne pas attendre que nous ne sachions plus rien produire…

    3. Par-delà la question de savoir si cette option du ‘big kick’ est toujours pertinente ou pas (et je n’ai pas dis qu’elle ne l’était pas), il reste que si même Briand au sortir de la plus vaste boucherie humaine européenne, si même Adenauer au sortir du plus vaste meurtre de masse de l’histoire humaine n’y sont pas arrivés, crois-tu vraiment que, dans le contexte actuel, ce soit une option quelconque, avec des acteurs comme Hollande ?
      Même Merkel ne le pourrait pas, à supposer qu’elle le veuille et qu’elle l’ai jamais pensé !
      Le big kick, s’il existe, c’est bien celui qu’il faut éviter.
      La fusion, c’est bien connu, ce n’est pas la fission : il faut une énergie considérable pour la produire, à l’inverse de la fission.

  20. Modifier le point 3 :
    Dans cette tour de Babel appelée Europe, promouvoir une langue commune, égalitaire, … (esperanto par exemple 🙂 les traductions automatisées, robotisées sont assez efficaces avec cette langue pivot. Et ce n’est pas trop difficile à comprendre.

    Je vous copicole une traduction google … pour l’exemple.

    Redakti Ero 3:
    En tiu turo de Babelo nomata EÅ­ropo, promociante komunan lingvon, egalecon, … (Esperanto ekzemple 🙂 AÅ­tomatigita traduko roboto estas sufiĉe efika kun ĉi pivota lingvo. Kaj ne tro malfacile komprenebla.

    L’hégémonie d’une langue, l’avantage indu aux natifs de cette langue, la disparité que cela crée est une fissure dans l’édifice d’une société en paix.

    L’absence de langue commune sépare les peuples, empêche le partage des cultures, … Chacun peut être de son pays mais personne ne sera européen tant qu’on n’arrive pas à communiquer avec son voisin.

  21. Tout de même, ça l’fait déjà mieux que le gardien du musée houellebecquien; endormi et avachi, qui, telle la belle au bois dormant, ronfle sous le nez du touriste hagard et charmant, certes, même si joyeusement aviné ….

    Ha les vertus du big kick…
    Mais que serait le lâcher prise sans le big kick…?

  22. Prendre l’UE, conçue comme cheval de Troie par les USA, comme solution à nos problèmes, après 60 ans de vassalisation patente avec en ce moment l’acmé du TTIP, est soit d’une naïveté confondante, soit d’une bétise crasse…

    1. Quand on cause traité international merci de causer en langue internationale, pas en dialecte régional, Tafta donc et pas Ttip.
      (1er avertissement, il vous reste deux avertissements avant blâme suzerain)

    2. Confondre le contenant du contenu est soit d’une naïveté confondante, soit d’une bêtise crasse. Qui définit la politique européenne en UE ? Le Conseil. Qu’est-ce que le Conseil ? L’ensemble des gouvernements … nationaux. Vassalisation ou pas aux US, changer le contenant ne changera pas le contenu. On est donc bien sur une question de volonté politique. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, qu’il ne faille pas modifier le contenant. Mais qu’en termes de priorités, c’est bien le contenant et l’orientation politique sur lesquels il s’agit d’agir en priorité. C’est le sens de la proposition de Varouf.
      Enfin, croire, ou faire croire, qu’en sortant de l’UE on pourra résoudre le problème de la redéfinition de l’orientation politique de l’Europe est un non sens : ce n’est pas en s’excluant qu’on forcera les autres, tous les autres, à redéfinir la position de ceux qui y restent … (si tant est qu’il reste quoique ce soit après une sortie volontaire de l’UE d’un de ses membres, à fortiori de la France, y compris la possibilité post-disparition de l’UE d’autre chose que d’une vague et très hypothétique ‘coopération’ entre les nations, qui ne règlera pas de toute façon la question de la guerre monétaire ; cf. SME).
      Au moins, la position d’une sortie souverainiste, mais assumant seule ses propres définitions d’orientations politiques pour elle-même et non pour autrui, a le mérite d’être cohérente, à défaut d’être réaliste.

  23. Bonjour ZEBU,
    34 propositions +- concrètes: bravo ! Ceci change des slogans vides de sens.
    Question: vos 1 et 4: Comprends-je ?
    Vos remplacez le $ par un système ‘bancor’ mais conservez l’€.

    1. Oui (pour faire court 😉 ).
      Si cela n’est pas possible au niveau mondial, le faire au niveau européen.
      Et conserver l’euro comme monnaie de change externe dans ce cas.

  24. On retrouve , au travers de cette liste de perspectives , qui n’ont pas toutes un caractère opérationnel , l’esprit sinon la teneur des tentatives émises en particulier par Jacques Attali lors de ses essais de 2004 ( ” la voie humaine”) ou 2006 ( ” une brève histoire de l’avenir” ) . Il y appelait à un travail partagé pour engraisser et conforter ses propositions de l’époque , qui n’ont pas à rougir trop de l’érosion des dernières années .

    J’y avais apprécié l’effort fait pour distinguer ce qui était de la puissance de fait des différents niveaux internationaux , et en ce qui concerne notre pays , le caractère stratégique et existentiel de la langue française ( qu’elle soit “mother tongue ” ou ” language” !) .

    Avec le recul , il me semble qu’il serait périlleux de ne travailler “que” la liste des propositions : c’est une condition strictement nécessaire mais insuffisante dans un monde qui ne sait pas se mettre en mouvement par la seule raison ( et je ne suis pas du tout certain qu’il “suffise” de créer un néologisme de type ” altruisme rationnel” pour promouvoir l’empathie , la collaboration et le “bien public”) .

    Tout programme sera contesté et critiquable qui ne sera pas porté par un ” Récit” universaliste donnant sa raison d’être et de faire à chaque être . Il n’y aura pas de transcendance des égoïsmes individuels sans “Esprit” .
    Il n’y aura pas de démocratie réelle si on abandonne le terrain aux idéologies , et en particulier à celles qui nient l’individu et la puissance publique démocratique .

    (PS : je me demande ce que le pape et le pope vont se raconter tantôt à Cuba) .

    1. Bonsoir Juan.
      “un » Récit » universaliste donnant sa raison d’être et de faire à chaque être” : je propose ‘Faire ensemble’.

      1. Bonsoir ,

        C’est peut être un peu court comme “Récit” !

        Mais je reconnais que l’exercice , qui ne devrait pas en être un , est difficile , et qu’il relève de talents , de dons et de véritable altruisme , qui ne sont pas les miens ou pas assez .

        Car , il ne s’agit pas de se contenter de dire ” que faire” ( que ce soit ensemble ou pas ) mais d’exprimer , d’incarner , d”être” , le “comment faire” et surtout le “pourquoi faire”.

        Dans cet ordre , j’ai déjà dit que je n’ai encore trouvé que le sourire de ma mère , qui d’ailleurs ne disait pas le “quoi faire” ( elle laissait à chacun la liberté et la responsabilité de son “avoir”), mais donnait merveilleusement dans un même signe , le “comment ” et le “pourquoi” .

        C’est aussi un peu court comme récit , mais j’ai l’excuse qu’elle l’a écrit des 96 ans de sa vie , pour me donner l’occasion d’essayer de le poursuivre sur le même mode jusqu’à …la fin .

        On cherche et l’esprit et l’incarnation . Sans doute multiples et complexes ( mais pas compliqués! ).

  25. Bref, le rêve à suivre d’une société en paix risque fort en fait de déboucher, non pas le champagne, mais sur une guerre planétaire majeure à un horizon de quoi ? 10 ans , 15 ans ? Moins ?

    D’où vont venir les premiers missiles balistiques qui vont tomber sur nos tronches ? Boum, tout va faire Boum ! Raaah les cons !

    Ouais ça fait Madame Irma à deux balles, j’avoue. Mais comment faire taire cette sensation qui monte inlassablement et qui me dit que tout va partir en cacahuète ? Ca se dessine là, sous nos yeux, l’un après l’autre les cadrans passent au rouge. Merde dans les années 20 et 30 y en a bien qui ont vu arriver le naufrage non ?

    Je n’ai pas vu de proposition, dans cette longue et courte liste, pour que le Titanic évite l’Iceberg désolé.

    1. Actualité:
      la terre tremble, l’immeuble vacille, il va s’effondrer…
      En fait, dès le départ, il EST effondré.
      Nous sommes dans la même situation, seule l’échelle de temps est légèrement différente.

      Nous sommes déjà entrain de remuer les décombres… contre toute attente, il y a des survivants.

      1. Vi, c’est ça.
        On est comme des accidentés de la route sortant tout juste des urgences et à qui on refile une bagnole (celle accidentée mais passée au marbre) en criant : ‘Fonce !’

      2. Oui attendez hein, le mal est là même s’il ne se déclare pas, un laps de temps encore et les survivants vont pâlir et vaciller…dans les décombres de cet immeuble effondré les tréfonds d’un leurre en fumée, toxique comme fumée!

    2. Keynes, dès 1919.
      Sans doute, ses solutions sont arrivés trop tardivement pour éviter l’Iceberg, puisque l’Europe l’avait déjà percuté, suite au Traité de Versailles : hyperinflation en Allemagne en 1923, puis déflation après la crise de 29. Dès 1932, le NSDAP est le premier groupe parlementaire et la guerre d’Espagne commence en 36 (publication de la Théorie Générale). Keynes propose selon moi des solutions de pacification ex-post, en connaissance de cause.
      Le Titanic ne peut pas éviter l’Iceberg : le monde (et l’Europe) l’a déjà percuté, par deux fois, l’une en 1971, l’autre en 2007.
      Chercher des solutions de ce type est impossible parce que cela impliquerait de remonter le temps.
      Ce qui reste, ce sont des solutions, après le calfatage des voies d’eau qui est en train de céder sous la pression des liquidités injectées dans les ballasts, de pompage, de double-coque, de compensation des caissons, de navigation par temps clair, des instruments pour naviguer dans le brouillard, un capitaine et un équipage qui ne soient pas sous cocaïne/tranxène, une bonne cartographie des bancs de sable et des écueils, une boussole qui indique le nord de manière permanente, de jeter par-dessus bord les choses inutiles et celles qui plombent la ligne de flottaison, de passer de plus en plus à la voile et à l’énergie solaire (oui, mais High-Tech), de foutre aux fers les flibustiers et ceux qui voudraient s’amuser d’y regoûter, d’une gestion en commun des parties communes, …
      C’est ça, pour arriver à un port où on pourra mettre à cale pour réparer, ou mettre les canots de sauvetage à l’eau. Mais pour aller où ?

      1. Correction : en 71, c’est le gouvernail qu’a pété, et l’Iceberg, on se l’est bien pris en pleine face et à pleine vitesse en 2007.

      2. “Mais pour aller où ?”

        J’allais vous le demander.

        Remarquez, vu que tout va finir en miette, la question ne se pose même plus lorsque l’on flotte sur l’océan accroché à un morceau de bois. L’on se contente de dériver. Ce qui est en fin de compte l’option à retenir selon moi. Mais je n’arrive pas à m’y résoudre.

      3. “Mais je n’arrive pas à m’y résoudre.”

        Cloclo, après avoir pris le coup de calgon électrique dans la baignoire (tout ça pour un malheureux fil qui dépasse…); maintenant vous dérivez……ja-mais je vous abandonnerais sur un morceau de bois à la dérive vers les 50èmes hurlant, ja-mais de mon vivant, foi de Gudule, je ne laisserais ainsi Cloclo partir en bibine……allez les potes et les potesses ! Tous à l’eau pour sauver Cloclo !

      4. A l’eau ? Non mais allo quoi, ça va pas la tête ? Suis encore dans les quarantièmes rugissants, pas foutu le mec, il encaisse encore bien la bibine. Qu’est ce qu’on peut picoler d’ailleurs quand on dérive…

  26. @Armelle
    “… masquant à peine l’objectif de faire de ces p’tits mioches, des surveillants de machines. “

    Projet d’un adolescent: devenir photographe… il fallait passer par la case de l’école parisienne.
    Avant de s’inscrire, il y a eu la lecture (et l’interprétation) du programme. Tout y était pour faire d’excellents techniciens pilotant des développeuses de films et de tirage.
    L’objectif n’étant pas celui-là, il a fallu retourner aux livres de la bibliothèque où les pionniers de la photographie exploraient tout le techniquement possible de l’époque.

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