Le nouvel esprit du terrorisme, par Stéphane Gaufrès

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le 2 Novembre 2001, le journal Le Monde publiait « L’esprit du terrorisme », réflexion de Jean Baudrillard, dans laquelle il tentait de réintégrer l’acte terroriste dans une généralisation de la logique propre du monde occidental.

« Le terrorisme est l’acte qui restitue une singularité irréductible au coeur d’un système d’échange généralisé. Toutes les singularités (les espèces, les individus, les cultures) qui ont payé de leur mort l’installation d’une circulation mondiale régie par une seule puissance se vengent aujourd’hui par ce transfert terroriste de situation. »

La notion de singularité, que Baudrillard nomme aussi « excès de réalité », se retrouve aujourd’hui comme un dénominateur commun aux attentats-suicides en Europe et au vote Trump aux États-Unis.

Roger Cohen, éditorialiste au New-York Times, s’interroge sur la fascination qui peut se déclencher pour « un homme qui prend tellement de plaisir à faire du mal aux autres ». L’homme évoqué n’est pas un terroriste, mais le candidat du parti républicain aux élections présidentielles des États-Unis. Judith Thurman, journaliste au New Yorker, évalue l’engouement du peuple américain pour le milliardaire comme une addiction morbide, une volonté « d’assister à une apocalypse », une « pulsion nihiliste ». Périphrases qui pourraient décrire aussi exactement l’acte terroriste.

Le peuple américain se lèverait donc comme le terroriste de son propre système. Le vote Trump, tout comme le vote Le Pen en France, peut être vu comme le passage à l’acte de citoyens autrefois passifs et anodins, tout comme les djihadistes convertis. Ni les inégalités, ni les menaces, ni les injustices en elles-mêmes ne justifient la radicalité de ces « pas en avant », qui auront d’ailleurs des effets parfaitement opposés aux buts revendiqués. Les « passages à l’acte » auxquels nous assistons visent le système plus profondément, et en quelque sorte, plus au-dessous de la ceinture, à un point où les élites, ou ce qu’on identifie comme telles, n’ont plus d’argumentaire à tenir. Les dérapages verbaux et même physiques de Trump n’ont finalement eu d’autre fonction que de laisser les éditorialistes traditionnels… sans voix. Thurman déplore que le phénomène médiatique, né de la montée en puissance de ce candidat sans précédent, ait envahi l’espace éditorial et « encore une fois, on n’a pas eu le temps de parler de Hillary ». Voilà qu’une journaliste, censée rapporter, expliciter et servir l’événement, s’insurge contre l’événement lui-même, sans se rendre compte qu’elle franchit là une ligne rouge du journalisme, que c’est elle-même qu’elle met hors-jeu de la réalité objective qui lui fait face.

Le même trouble est apparu au lendemain du Brexit. L’événement, pourtant prévu correctement par les instituts de sondages, constituait un tel impensé pour l’ensemble des classes politico-médiatiques dominantes, qu’il est apparu un vide sidéral dans les analyses et les prospectives après le référendum. Vide qui a été comblé maladroitement par des dénis, des délais, des menaces, des diversions régionales. Seules les institutions financières ont finalement « analysé » objectivement ce qu’ouvrait le Brexit : de l’incertitude. Une incertitude radicale, opaque, et même, comble du paradoxe, « démocratique »… Rien d’autre de tangible que de l’incertitude.

Tout comme le terrorisme, le vote Trump et le Brexit défient le système à un niveau où il ne peut répondre dans sa logique habituelle. Les trois comportent une part suicidaire, ou du moins, pour les deux derniers, une part de défi irraisonné.

Quelle ivresse morbide a connu l’homme au volant du camion à Nice pendant les 15 minutes du carnage ? Cette question serait pertinente s’il s’agissait d’un fait divers. Mais l’arène terroriste transforme l’acte singulier en le situant dans une logique et une continuité angoissante de faits de guerre. Mohamed Lahouaiej Bouhlel ne serait probablement pas passé à l’acte sans cet écho prévisible qui y ferait suite, et qu’il a tout d’abord intériorisé. Le terrorisme est une arène médiatique où le meurtre-suicide individuel est transfiguré en violence collective symbolique, sacrificielle du côté des agresseurs et inhumaine du côté de la société attaquée. Cette arène n’est pas décrétée par les terroristes eux-mêmes : quand Barack Obama professe qu’une centaine de morts en France est un défi conséquent à l’ensemble de la civilisation démocratique, constat auquel nous nous identifions peut-être, il place ces morts au-delà de leur réalité objective, si triste soit-elle, pour en faire culte, et donc terreur. Il y a toujours en France immensément plus de chance de mourir en sautant dans sa piscine que dans un attentat.

Les passages à l’acte contre l’ordre apparent des choses, par le vote ou la violence nue, qui se multiplient et se diversifient à travers le monde, semblent revendiquer un contrepoint radical à une injonction au progrès qui a perdu son objet, mais qui maintient sur les individus une pression sociale désormais stérile. La soumission à un pouvoir ou l’intériorisation d’une civilité, qui empêchent justement les passages à l’acte, ne se réalisent pas par une adhésion magique (patriotique) au corps social, mais par la conviction qu’un destin peut être, grosso modo, considéré comme commun, et respectueux de ce « qui compte », pour chacun. Ce qui compte, c’est bien souvent des choses simples, l’autonomie financière, la réussite de ses enfants, l’accomplissement professionnel, mais ça peut être aussi une « identité », au fond toutes les choses qui ne font pas partie de la « marge nette » des entreprises, à laquelle on a inféodé toutes les représentations communes.

Le texte de Baudrillard mettait en parallèle l’hyper-radicalité du terrorisme à l’hégémonie inattaquable du monde du « bien ». Cette hégémonie ne semble aujourd’hui plus si pertinente, et les éditorialistes de la morale libérale traditionnelle semblent presque mis en minorité. Mais l’autre question demeure, renforcée, celle de l’imaginaire de la catastrophe, que nous intériorisons par renoncements successifs. Nos convictions et nos choix se réalisent souvent dans le cadre d’une représentation symbolique, et à cet endroit-là, le fait que « nous attendons la catastrophe » a le même poids et le même danger que le fait que « la catastrophe nous attend. »

Partager :

43 réflexions sur « Le nouvel esprit du terrorisme, par Stéphane Gaufrès »

  1. Toute utilisation du mot « terrorisme » hors du cadre l’action politique et du mot « terroriste » hors de l’acte de violence réalisé dans ce cadre relève de la propagande.
    L’usage actuel de ces mots a échappé à la seule propagande et est devenu une mode.
    Et comme toutes les modes, ça passera.
    Juste comme ça, il y 10 ans tout pet de travers était l’œuvre d’Al Qaida, aujourd’hui, c’est DAESH. Bah, demain ça sera autre chose.
    Ça ne change rien à la situation, aux origines des choses et aux conséquences, sinon à continuer dans la déliquescence…

    1. + 100, Il a raison !

      A PHOTOGRAPHER HOLDING HIS CAMERA IS THE SAME AS A MILITANT HOLDING HIS KALASHNIKOV. THE CAMERA IS A WEAPON, BECAUSE IT REVEALS THE UGLY TRUTH, AND REMOVES ALL MASKS
      http://www.khaledakil.com/blog/

      « In a recent article for the New York Times, Akil wrote about the woes of now trying to travel as a Syrian – he was rejected entry to the US to attend an art event because « there was war in my country ».

      « Being an avid follower of news and global social trends, I found this unnerving contradiction between the playfulness of the Pokémon world and the danger which Syrians and Syrian children live through every day, » he told Al Jazeera. »

  2. L’abandon d’un destin commun…voila des mots biens choisis.
    Sans destin commun, chaque individu devient un être qui se bat contre tous les autres. Cela peut aussi bien expliquer le vote FN que l’attitude du pilote de la German Wings…
    Bien dit.

    1. Effectivement, admirable.
      Admirable par les photos des deux ersatz de prix Nobel d’économie pour illustrer une simili réflexion pseudo-politique exaspérante d’authentique médiocrité.

      1. Il n’empêche , si l’on s’en tient à la fin de la (simili)réflexion :
        … » Marine le Pen, opposée à un candidat de l’ex-UMP a une chance réelle d’être élue. Cette chance provient de la radicalisation des choix politiques qui conduira une partie des électeurs de gauche à se réfugier dans l’abstention plutôt que de reporter leurs voix sur le candidat de la droite traditionnelle. Ce choix exprimera, par défaut, une préférence pour le « risque » que représente Marine le Pen face à la certitude d’une continuité désormais jugée insupportable. Ce ne sera nullement un choix « protestataire » mais bien l’expression d’une préférence, même si cette dernière est le produit d’un effet de contexte qui se traduit par l’exaspération politique et sociale croissante« …
        Ça a de la gueule , non ?
        A mon sens , mérite au moins (simili)réflexion… °(^!^)° …

      2. Je crois surtout que sur le même thème son père Michel aurait fait fi d’une pseudo-théorie de psycho-économistes nobélisés justifiant par une situation inacceptable l’avantage électoral du challenger risqué (Waow ! mazette…) et préféré s’appuyer sur un Adorno et ses Études sur la personnalité autoritaire…

    2. :-))
      La médiocrité des uns est l’éloquence de ceux qui n’ont pas sû dire mais qui croient encore à la subversion par l’image « détournée ».
      [réf. manquantes_insérer]
      Merci j’ai bien ri

  3. Vous parlez de violence nue et ça m’a rappelé le texte de D. Temple La violence nue « Il y a une relation entre l’aliénation de la raison dans le pouvoir pour le pouvoir, le pouvoir nu, et la violence nue que les critiques de cette aliénation dénoncent à juste titre comme la manifestation du Satan(…) L’absolu de la conscience affective et des valeurs éthiques n’est donc pas la seule origine de la violence nue. L’aliénation de la raison dans la force l’est tout autant(…) Le meurtre-suicide est une vengeance sans pardon(…) L’hypocrite pourrait changer la donne, refuser une telle provocation en se reconnaissant le premier agresseur. Mais il préfère nier et nommer son ennemi terroriste(…) La rhétorique du terrorisme voile qui est le premier agresseur », avait-il écrit.
    Ce voile dissimule en effet mieux les intentions des uns qu’il ne couvre celles des autres. Dans le cas du Brexit, le fait que certains européistes souhaitent le pire aux Anglais pour la bonne administration de l’UE et attendent de se gausser de ces « mauvais élèves » de l’UE, cela permet de comprendre ce choix anglais, voir s’il est possible de donner un nouveau cap à nos relations. Les frontières plus que jamais sont des champs de batailles, il y a des frontières partout, l’individualisme libéral régressif a fait de l’homme une limite menacée par sa volonté d’expansion, conduisant au repli autistique d’un nous et d’un je qui s’identifie par le rejet du reste du monde, ne pouvant se prévaloir d’aucune autonomie mais le sentiment de danger étant présent le comportement déterminé en oeuvre est la violence. La violence est la tendance naturelle, la force est l’élément qui peut permettre un état stationnaire. Voile, travestissement, l’Islam est instrumentalisé, le terrorisme est le problème insoluble de la mondialisation libérale, le retour de bâton qui frappe aveuglement d’autres aveugles et tout le monde se cogne, et ça clignote, le dernier qui s’en va n’aura plus grand chose à éteindre.

    1. La frontière, qui définit le « je », puis le « nous », en fonction de l’autre, des autres, est l’endroit précis ou se joue ce qui nous spécifie en tant qu’humains. Elle est toujours ambivalente, comme la peau, et vit en perpétuelle négociation. Le « voile » de Temple est comme le mur de Trump, et le mécréant du djihadiste : une mise en scène hors de proportion de l’ombre portée de l’altérité.

      1. La responsabilité distingue le « je » et le « nous », celle-ci favorise le développement et la mutualisation. La justice est rendue par les maîtres pour les maîtres au nom…du peuple, la responsabilité ne peut donc être reconnue. Les maîtres ne remplissent pas leurs devoirs même s’ils affirment que les serviteurs ont des droits. Trump, Brexit, attentats, c’est une agression permanente faute de justice. Esclavage, déportation, colonisation, responsabilités et culpabilités, reconnaître et soutenir pour mutualiser les efforts de paix, mais l’hypocrisie est la seule grille de lecture géopolitique, ce voile dissimule les véritables intentions en même temps qu’il les déclare.

      2. On peut dire aussi justice rendue par le peuple pour le peuple au nom du maître et on comprend l’ampleur de l’hypocrisie. Tendance naturelle, le Grand Satan fait donc croire qu’il n’existe pas en se manifestant par Dieu, l’aliénation et l’éveil comme paradis et enfer.
        https://youtu.be/EGrcEiEpWgk
        Bonne journée

  4. « Il y a toujours en France immensément plus de chance de mourir en sautant dans sa piscine que dans un attentat. »
    ………………….
    Plutôt démago comme constat. Ca me fait penser à ceux qui disent à celui/celle qui est cocufié « mais t’en fais pas, tu en trouveras des centaines »…
    Ou a celui qui a perdu son enfant dans un attentat « pas de bol, tu as vraiment la poisse car il y a plus de chance de mourir en sautant dans sa piscine que dans un attentat » etc etc.

    1. Il y a bien sûr quelque chose dans le tremblement médiatique autour des attentats qui relève d’une authentique compassion pour les victimes. Mais s’est en même temps la ruse du système : utiliser nos sentiments pour nous impliquer dans une vision du monde qui ne nous est pas propre. La vraie démago est là, et elle a utilisé ce ressort depuis des millénaires pour justifier, en général, la guerre.

    2. « Il y a toujours en France immensément plus de chance de mourir en sautant dans sa piscine que dans un attentat. »

      Pour écrire ça, faut au moins être devenu un zombi atteint du virus de la gouvernance par les nombres.

      Quand Baudrillard écrit en 2001 : « Terreur contre terreur – il n’y a plus d’idéologie derrière tout cela » il en dit autant sur son point aveugle que sur son incapacité d’analyse politique.

      Dans World War Z les nord-coréens résistaient en s’arrachant les dents. Je ne dirai pas ce qu’il faudrait arracher pour éviter la contamination ambiante.

      Bien au devant du peloton égaré, ça dit mieux ici :

      http://www.slate.fr/story/121241/bisexualite-homosexualite-refoulee-attentat-nice

      Après les bandes clandestines de frérots psychopathes, voilà les excursions anonymes paranoïaques, et je doute après 2 siècles de psychiatrie que l’Etat d’Urgence fasse solution préventive pour ce type de profil.
      On n’est pas sorti d’affaire…

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_d%C3%A9mons_de_Loudun

  5.  » un dénominateur commun aux attentats-suicides en Europe et au vote Trump aux États-Unis. »

    Et même si c’était vrai… Imaginer l’ivresse triomphante d’un votant pour Trump. Lecture, stop.

    Y’a rien de commun. Phrase vide. Faut revenir sur terre. Donner la mort est un absolu et dans ce cas un absolu dans l’inhumanité.
    Du reste, va falloir cesser de casser du sucre sur le dos des soi-disant mal votant, Trump ou Lepen. Ces gens-là expriment quelque chose qu’il serait bon de comprendre, sous peine de crever tous ensemble comme des cons.

    1. Effectivement, Daniel…
      Mais pour comprendre, il convient de ne pas avoir de piscine,
      Et donc de ne risquer de sauter QUE dans un attentat!
      Le risque le plus terrible étant, pour les autres, de sauter avant d’avoir, au préalable, pensé à y mettre un peu d’eau…
      Mais je suis là, en train d’expliquer, au risque d’excuser!
      Pardon.
      Eric.

      1. Bref, Je ne suis pas certain de parvenir à rentrer dans le moule à Gaufrès…
        PFFF…
        J’ai pas pu m’empêcher!
        Pourvu que ça ne soit pas pris pour un attentat!
        Eric

  6. Baudrillard baudrillardant (spéculant crépmusculairement) sur la spéculation ( La transparence du mal, essai sur les phénomènes extrêmes, 1990 ).

    Ainsi pour les échanges économiques. La spéculation, comme turbulence, rend impossible l’extension totale des échanges réels. En provoquant une circulation instantanée de la valeur, en électrocutant le modèle économique, elle court-circuite aussi la catastrophe que serait la commutation libre de tous les échanges – cette libération totale étant le véritable mouvement catastrophique de la valeur.

  7. Asma Lamrabet: « Il faut déconstruire la lecture patriarcale qui mine la pensée islamique »

    INTERVIEW – Après son intervention remarquée sur 2M au sujet de la dépénalisation de la rupture du jeûne en public pendant ramadan, la chercheuse et médecin Asma Lamrabet, qui vient de publier un livre, en anglais, intitulé « Vingt questions et réponses sur l’islam et les femmes d’un point de vue réformiste », se prête à nouveau au jeu des questions et réponses sur une série de sujets qui ont fait l’actualité: libertés individuelles, égalité dans l’héritage, féminisme islamique… Entretien.

    « HuffPost Maroc: Quelle perception avez-vous en tant que tenante d’une théologie de la libération sur les restrictions faites au niveau des libertés individuelles?

    Asma Lamrabet: La théologie de libération se base essentiellement sur la libération et la dignité humaines et par conséquent toute atteinte faite aux libertés individuelles est une atteinte à ces principes et va à l’encontre du principe de la liberté de choix qui est l’aboutissement de toute conviction spirituelle. »

    http://www.huffpostmaghreb.com/2016/07/24/deconstruire-patriarchale-pensee-islam_n_11136176.html?utm_hp_ref=maroc

    1. Construire/déconstruire, c’est tout un. Surtout que le patriarcat semble avoir des liens cachés avec la construction, … du béton essentiellement.
      Des explications ici:
      Campagne “Reconstruire Kobanê = Démolir le patriarcat”
      http://www.kedistan.net/2016/06/11/reconstruire-kobane-demolir-patriarcat/

      Je rappelle discrètement qu’il se passe des choses sérieuses et passionnantes au Rojava: la liberté et l’autonomie de la Femme comme critères d’une révolution réussie, ou une Révolution au carré. Et ce au pays du patriarcat arabo-musulman et du machisme méditerranéen. Faut le faire. Un détail, les activistes, 40 000 femmes environ, sont armées, spécialité fréquente de tireur de précision. Chaleureuses mais déterminées.
      Pourquoi en parle-t-on si peu ?

      1. daniel 25 juillet 2016 à 22 h 54 min
        « Pourquoi en parle-t-on si peu ? »
        J’imagine une fausse naïveté dans votre question, et que vous avez des éléments de réponse.
        Néanmoins juste pour le plaisir (comme dans la lecture des « vieux fourneaux »), je vous donne mon opinion :
        Si Rojava n’était pas apparenté à PKK, ce qui est souvent entendu comme Parti Kommunist Kurde, ce qui n’est pas faux vu ses origines d’inspiration marxiste-léniniste, ça ferait moins repoussoir pour les braves gens d’ici. Mais les anglo-saxons ont toujours « parié » sur les féodalités religieuses depuis la politique de la Cie des indes orientales au Koweït jusqu’à la formation de ces pseudo monarchies pétrolières modernes dans la péninsule arabique. Je pourrai développer mais j’ai la flemme.

      2. Je viens d’écouter les infos France Inter : plus qu’à attendre qu’un zinzin assassine un imam en criant Vive le Christ ! Les nervis du FN sont discrets, ils attendent le kairos du Goodwill.
        J’ai retrouvé la bêtise écrite par Cédric Mas le 9/01/2015 : « l’importance de les appréhender vivants ne semble jamais avoir été envisagée, le court terme étant privilégié sur le long terme » à laquelle j’avais réagi à l’époque. Il n’y aura plus de tir de sommation même avec des types désarmés.
        Presque tout part du soutien entre les moudjahidines afghans, les saoudiens et pakistanais aux ordres des USA puis de la formation et du financement des talibans : il s’agissait d’empêcher une fois de plus l’expansion du « communisme » comme « ils » disaient. Le projet socialiste, internationaliste et laïc auxquels les élites du tiers monde s’étaient « converties » pendant les décolonisations a fait long feu avec la dissolution de l’URSS, et sur ce vide idéologique, j’ai vu pendant 3 étés de 6 semaines passés en Turquie partout en 1996,1997,1998 des mosquées en construction partout, dons des Saoudiens ou des émirats du golfe, (et je disais aux turcs de rencontre : don sans réciprocité ?), j’ai vu en Roumanie les églises en constructions dans le Maramures et la Bucovine en 2000 où des villages entiers surtout le week-end bâtissaient ces jolis modèles en pin, un peu comme on rebâtit actuellement le Monastère bouddhiste du Haut Pisang dans l’Annapurna où chaque villageois (de la vallée, pas seulement du village) doit consacrer deux mois dans l’année à l’œuvre commune. Et c’est pareil en Russie.
        Quand les tours du WTC sont descendues les Cie pétrolières US étaient encore en pourparlers avec le Mollah Omar. http://www.journal-la-mee.fr/1042-usa-la-guerre-contre-un-homme.html, pour rafraichir la mémoire. Je constate d’ailleurs de plus en plus que Google fait le ménage dans son thésaurus.

      3. On est bien d’accord, il aurait été préférable de provoquer la chute de l’Ours en 1979 au lieu de 1989 et éviter celle des tOurs en 2001.
        Sinon, qui arme le PYD en Syrie kurde (et donc le PKK en Turquie) depuis 2014 et via récemment la pseudo-coalition ad hoc dite  » Forces démocratiques syriennes  » ?

      4. Merci Daniel pour ce rappel intéressant.
        Je suis d’accord, il faut en parler :
        ROJAVA : UN ESPOIR DÉMOCRATIQUE DANS UNE RÉGION EN PROIE AU TERRORISME ET À L’EXTRÉMISME

        ANALYSE – Le 17 mars dernier, la Fédération démocratique du nord de la Syrie-Rojava s’est déclarée indépendante. Depuis le 23 mai, celle-ci possède même une représentation à Paris. Au milieu du chaos, cette région fédérale nommée Rojava tente de mettre en place depuis près de quatre ans un système politique démocratique et égalitaire. Elle survit à une situation désespérée et à un manque de soutien, et lutte efficacement contre l’organisation Etat Islamique. Quel avenir pour Rojava ?  »
        http://www.cipadh.org/fr/rojava-un-espoir-démocratique-dans-une-région-en-proie-au-terrorisme-et-à-l’extrémisme

        http://www.rfi.fr/france/20160524-rojava-kurdes-syriens-representation-paris-issa-khaled

  8. Nous pouvons donc être optimistes.

    Baudrillard , en se justifiant, entre autre, de M.Shalin, partait du principe que, puisqu’il en faut si peu pour vivre, la « valeur est toujours une valeur d’échange » c’est-à-dire un positionnement dans un rapport structurel et jamais une valeur référentielle de type « valeur d’usage » mais à laquelle vous devez vous accrocher, plus encore que sur la réelle présence du corps du Christ. Sur ce point de départ, Baudrillard s’est amusé à empiler quelques beaux ouvrages : Pour une critique de l’économie politique du signe , Le Miroir de la production, L’échange symbolique et la mort ,entre 72 et 76, ( « mon dieu » comme « on » devient vieux) . Ayant ainsi retracé la généalogie de la valeur, non pas selon les rapports de force entre groupes sociaux , mais comme positionnement de groupes sociaux au travers d’une succession de simulacres, c’est-à-dire de formes d’organisation sociale fonctionnant d’abord sur l’échange de signes, mais en faisant croire que ce qui s’échange à « de la valeur », histoire de se bagarrer pour montrer que c’est du vrai .

    Dans ce processus, chaque étape simule une précédente, la Renaissance l’Antiquité comme le brillant du Ripolin reproduit le brillant de la cire en se passant de la servante. La logique du signe consiste à faire prendre une succession de simulacres, comme une perte de réalité. Dans cette suite, les systèmes sociaux fonctionnent comme machine à échanger des signes de positionnement vis-à-vis d’autres signes. La Renaissance simule l’Antiquité, comme le Ripolin simule le brillant de la cire ( façon Veblen), mais sans la servante. Voilà qui précisément est réjouissant, l’inversion de la valeur des signes opposés ne demande pas de changer les règles de l’échange, il sufit d’inverser la position des pièces sur l’échiquier . Ainsi c’est désormais en simulant, contre Daesh et les Narcos, une défaite chèrement perdue que nous allons gagner, précisément en nous passant de la victoire, comme aujourdhui nous nous servons des plats fin en nous passant de cuisiner. L’affaire est claire si l’on aborde la crise selon le versant emprunté par Maillard, saint Victor, ou Gayraud , c’est toujours la transgression intentionnelle des règles qui fondent la morale du système pour précisément la sauver de son inévitable perdition si elles étaient respectées. « Qu’inventerais-je demain » se réveille le Banquier. L’invariant étant le maintien d’une hiérarchie quelconque, par l’industrie, le commerce, la finance : qu’importe le simulacre, il suffit que chacun se tienne, à son barreau – mais entre deux « autres » -, et peu importe si l’échelle rétrécit . Les temps sont magnifiques partout sur la planète, le moindre village réunit les paumés, les jeunots, au même café ou le vendredi soir les flics de quartiers viennent s’approvisionner  » en blanche » avec l’argent noir de la semaine. No’t docteur , not’ boucher, l’avocat, not’ tout le monde y peuvent plus s’en passer – c’est le fait social massif- ( en préparation depuis les années vingt et) aujourdhui, il fait tourner la planète via les Wall Street et Goldman. Cet océan de pognon, ce Maelström, c’est lui qui les a sauvés. L’affaire Saviano n’est pas entendue, même s’il faut, çà et là, passer vingt pages de son bouquin, ce livre-là , il faut le lire. Comme le signale Sollers, c’est le monde dans lequel nous vivons – empalé au fer rouge si tu romps le silence, on fera en sorte de t’entendre crier pour ne pas l’avoir fermée . Comprendre notre temps, c’est se taire quand le Califa joue les Robins des Bois, pillards, et que pas rigolard pour un Nasredin, il rafle, prend tout ce qui peut, n’ investit pas et surtout ne rien dire lorsqu’il nous délivre de l’or dans le SWIFT; il n’est ainsi pas étonnant que les Russes et les Chinois veuillent leur propre lessiveuse. Pour gagner à ce jeu, recycler nos Toyotas, conclure des contrats juteux avec des Agences de l’aveuglement, il faut perdre la guerre et la perdre toujours; et ce n’est « guerre difficile » … puisque, quel que soit le coût du filet, les mailles seront toujours trop larges pour les Rambo de Dieu ( façon Lacheroi ). https://rha.revues.org/7512 . Et puis perdre c’est encore gagner sur l’Ennemi Intérieur ! https://conflits.revues.org/3128 . Ne soyons pas inquiets, Les volailles de haute volée sauront encore se compromettre avec les basses oeuvres pour devenir Présidents. De plus, puisque les Princes arabes veilleront au grain en compagnie des Milliardaires chinois et russes, personne n’aura jamais l’idée d’acheter Paris pour en faire un désert pour bigots, est-ce une catastrophe ?

    1. Merci Jean-Luce. Saviano « romp le silence », en effet, mais pour en tirer exemple, il faudrait séparer en général ce qui ressort de l’ombre, et de la lumière. Le terrorisme, le vote Trump et le vote Le Pen, ont tendance à faire exception à l’échange symbolique, car ils ont pour sujet un « non » irréductible. « On ne discute pas avec le Front National » ; « On ne négocie pas avec des terroristes ». Mais les deux se manifestent quand même dans notre monde, notre monde médiatique, et avec une incroyable efficacité d’audience. Beaucoup dans les médias américains s’en sont rendus à la conclusion que les médias avaient produit, souvent à leur grand dépit, le phénomène Trump. Les actions symboliques des extrémismes brouillent justement la carte du civil et du mafieux, en renversant les rôles : le détraqué est sur la scène, il a réussi à sortir du « fait divers », il est promu aux « affaires internationales ». Et l’homme d’affaire cynique et violent est promis au trône du juge de paix. Que devient dans ce contexte un lanceur d’alerte? On l’oublie. Parce qu’il ne peut faire partie de la caste des héros : il est à jamais dépassé par le sacrifice de ceux qui gueulent ou tirent leur nihilsme, en se mettant en jeu, en pâture, aux téléspectateurs avides.
      L’objet de notre sacrifice collectif, notre victime expiatoire, est en train de redevenir « coupable », et donc à achever sans merci. René Girard doit se retourner dans sa tombe.

    1. Je vois le crime comme indissociable de cette souffrance psychique suicidaire qui s’élargit comme une tache noire dans ce monde où, durant les quarante dernières années, le suicide a augmenté de 60 %, selon l’Organisation mondiale de la santé.

      L’histoire est jolie, mais fausse, si l’on en croit l’OMS en tout cas… Le taux de suicide a baissé dans pratiquement tous les pays développé depuis 1979 (premières données disponibles), y-compris en Italie.
      http://apps.who.int/healthinfo/statistics/mortality/whodpms/tables/tablea.php
      Et que dire du roman usagé des paysans indiens suicidés par Monsatan…
      Qui peut écouter sans sourire un zèbre pareil ? C’est bon pour Mermet ou l’Huma, pas pour le BJ. Mieux vaut encore Baudrillard, ça va de soi.

    2. @ Merci pour l’article.

      Le chiffre d’ une augmentation des suicides de 60 pc ne m’ étonne guère. Il y a deux ans, j’avais dénombré entre les mois de décembre et fin janvier, dans un entourage relativement proche pas moins de…18 suicides.
      La loi belge permet d’ ailleurs, sous certaines conditions, pour des motifs de souffrance insupportable et d’échec des traitements, l’euthanasie et ça n’ avait pas l’air d’être très difficile à obtenir (façon de parler), ceci ayant fait l’objet de conversations entre mon médecin traitant et moi.
      En Grèce les suicides ont étés également très nombreux ces dernières années.
      On a aussi mentionné comme le dit l’article dès les années quatre-vingt, quatre-vingt-dix, les concepts de winners et de loosers, concept qui relèvent de la fumisterie à mes yeux mais qui sont malheureusement intégrés par nombre d’individus, ce qui peut se révéler problématique.

      Autre chose chose, concernant l’article de Slate.fr mentionné plus haut qui parle de l’ orientation sexuelle des assassins (Nice, Orlando) et de la fameuse paranoïa homosexuelle, il faut savoir que Guy Hocqenghem parlait dans un de ses ouvrages (plus idée duquel désolé) de paranoïa hétérosexuelle (donc l’inverse) ; le fait de se savoir pouvant être pénétré pour un hétérosexuel mâle par un autre homme relève d’un sentiment de très grande peur (paranoïa), peu me contrediront en tout cas dans les anciennes générations.
      Mais enfin, les gays d’aujourd’hui sont des gens souvent sur virilisés pour ne plus être confondus avec ce qui servit autrefois à les insulter. Ceci dit, toutes les représentations sont acceptées dans cette communauté.

      Rien à ajouter pour le moment.

      1. Pierre 26 juillet 2016 à 0 h 02 min
        Si de nos jours et c’est mondialisé, « on » parle d’homos et d’hétéros, ça « nous » vient de Freud qui a installé ce lexique. Les « sodomites » qui n’ont jamais existé en extrême orient, ont disparu en occident, et LGBT dit bien le rejet du lexique freudien.

        Non, vous confondez la « très grande peur » comme vous dites, qu’un autre use de votre katapugon et d’en perdre ainsi la maîtrise acquise (issue de la discipline sphinctérienne entre autre), avec la dimension persécutive dont le jeu grammairien est un classique depuis Schreber. (Il me hait, je le hais, je l’aime, il m’aime etc.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Paul_Schreber

        Même s’il y a des bavures en psychiatrie comme chez les tourneurs fraiseurs, je ne doute pas du consensus sur le coté zinzin des terreurs assassins. Les zinzins jadis étaient occupés par le diable, après les V1 et V2 l’accès au ciel s’est transformé, donc les délires sur les martiens et autres petits diables rouges ou jaunes sont arrivés. Aujourd’hui le retour du religieux promet nouveautés et vétustés.

        Chez les chrétiens éthiopiens qui se nomment orthodoxes, je discutais l’an dernier en anglais avec un jeune type plutôt instruit qui me disait sa déception du mariage homosexuel aux États Unis et le coté perte de valeur des chrétiens US. Quand je lui ai dit qu’en France, il y avait le mariage gay, il m’a répondu très vivement « No it’s impossible, you lie to me ». Je n’ai rien répondu pour calmer le jeu, puis il changé de conversation.
        Pas besoin d’aller si loin me direz-vous pour ce type de réaction ! sûr ! À propos d’autres choses, ICI aussi !

  9. Effectifs dans la finance, la France n’est décidément pas de ce monde ni de ce temps…

    Entre début 1999 et fin 2014, les activités financières et d’assurance ont créé près de 67.600 nouveaux emplois. Sur la période, les effectifs ont progressé de 9,7%. L’industrie financière a donc au final produit plus d’emploi qu’elle n’en a détruit.

    « La finance emploie plus de personnes aujourd’hui qu’avant les crises de 2000 et de 2008 avec même un pic des effectifs atteint en décembre 2011, soit alors 763.500 employés, résume Alain Gabian, directeur des statistiques des études et de la prévision à l’Acoss, qui rappelle que sur cette période « l’industrie a, elle, perdu des dizaines de milliers d’emplois de manière continue ».

    La finance française a relativement peu souffert de la crise de 2008, si ce n’est en expérimentant un tassement de ses effectifs en 2012 et 2013. Sur cette dernière année, cette industrie est passé sous le seuil des 760.000 employés. C’est seulement fin 2014 que cette barre a été à nouveau franchie avec 3.140 nouveaux employés sur le dernier trimestre de l’année dernière. Signe d’un nouveau mouvement à la hausse ?

    http://news.efinancialcareers.com/fr-fr/202251/six-verites-sur-levolution-de-lemploi-et-des-remunerations-en-finance-en-france-depuis-15-ans/

  10. Il y a certainement des choses pertinentes dans ce billet et le texte de Baudrillard , mais j’ai de la peine à y voir une expression utile qui rende l’histoire compréhensible au commun des mortels quelque soit son pays , sa couleur de peau , ses croyances .

    Le seul  » dénominateur commun  » que je relèverai et qui fasse interrogation politique , économique , philosophique , et qui est commun à bien d’autres sinon tous , c’est l’absence de projet viable pour l’humanité , et même ,côté terrorisme, le seul projet de tuer et détruire .

  11. http://www.bloomberg.com/view/articles/2016-07-25/cybersecurity-experts-say-russia-hacked-the-democrats

    But the bigger issue is who was responsible for the hack in the first place. Bob Gourley, a former chief technology officer for the Defense Intelligence Agency and now the co-founder and partner Cognitio, a cybersecurity consultancy, told me Sunday that he thinks the Russians did it.
    « The software code that I have seen from the hack had all the telltale signs of being Russian, including code re-used from other attacks, » Gourley told me. « This is a really big deal. Some people in the community are saying this is the Russians pretending to be a hacker, then giving that information to Julian Assange is all part of an operation. » (Assange founded WikiLeaks.)

    Qui écoute encore sans sourire ce zèbre d’Assange ?

    1. Bernie Sanders a de quoi être scandalisé, aussi, il me semble, même si il ne semble pas « surpris » :

      « Deux semaines après avoir officiellement apporté son soutien à Hillary Clinton, il semblait toutefois peu probable que le sénateur du Vermont fasse marche arrière. Réagissant dimanche à l’affaire des mails du parti, il s’est dit «scandalisé mais pas surpris». «Mon travail, à ce jour, est de faire battre Donald Trump et de faire élire Hillary Clinton», a martelé sur NBC le sénateur du Vermont. »
      http://www.liberation.fr/planete/2016/07/25/les-democrates-desunis-derriere-clinton_1468495

  12. La liberté individuelle n’est  »humaine » que si elle donne une place – porte attention- à l’autre selon La Loi de Moïse ( Genèse /Exode ) : Tu ne tueras pas etc…..Chacun devrait comme se La remémorer chaque jour !
    La Genèse encore et toujours : c’est le schéma répétitif de toute l’Histoire de l’Humanité. Dommage de ne pas le savoir ou de l’oublier.
    Un rappel : le Big Bang n’est pas que la seule Histoire du cosmos. Il  »est » aussi à notre niveau de temps : je peux considérer qu’ aucun individu n’existe en tant que tel avant la fusion créatrice de l’ovule et du spermatozoïde , sorte de big bang créateur de chaque humain
    Cela me rappelle les  »matriochka » les poupées gigognes russes .
    C’est La Vie !

    1. @Old Billy
      J’aime bien votre image des poupées gigognes… me demandant quels sont les ovules et spermatozoïdes du Big Bang 🙂
      Aussi se remémorer la Loi de Moïse, en se demandant sur qui s’appliquait le commandement « tu ne tueras pas » puisque suivi d’une conquête peuplée de génocides… « bénis ».
      Une « poupée » plus récente: Paul de Tarse qui aura plus suivi, reproduit, les traces de Moïse que celle de Jésus de Nazareth.
      Il est des schémas répétitifs qui gagnent non seulement à être connus, mais aussi à être analysés, de manière justement à ne pas les reproduire jusqu’à la destruction.

  13. Pour Youcef Seddik, directeur du Centre de presse d’Alep, les médias occidentaux parlent trop de Daech. Et pas assez des révolutionnaires qui se battent pour sortir de l’enfer. Rencontre à la Maison des journalistes, à Paris, lors de son passage en France.

    « “Daech ne représente pas l’Islam, il trompe les jeunes, il les utilise comme on jette du bois dans du feu, c’est un holocauste.” »

    Grâce à votre travail, la guerre en Syrie est l’une des plus documentées de l’histoire. Pourtant, les décisions politiques ne suivent pas. Comment rester motivé et continuer à témoigner ?

    « Les révolutionnaires en Syrie n’ont jamais cherché la guerre mais, au contraire, ont toujours cherché à manifester de façon pacifique pour changer le régime dictatorial. C’est ce régime qui nous a imposé la guerre. Nous y avons perdu de nombreux amis et sacrifié beaucoup afin de libérer notre peuple. Notre défaite signifierait la victoire des dictateurs, et la perte pour l’humanité du sens de la lutte pour la liberté. Nous ne donnerons pas cet exemple. »
    http://www.telerama.fr/medias/youcef-seddik-journaliste-nous-syriens-sommes-bien-places-pour-comprendre-ce-que-ressentent-les-parisiens,134699.php

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.