Epidémiologie appliquée au Néolibéralisme, démocratie en mode dégradé, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité.

Dans un témoignage récent, l’anthropologue Paul Jorion constate qu’il a vécu les derniers jours de tribus bretonnes dépassées par les technologies de l’époque. Depuis il a évoqué l’extinction quasi-volontaire d’une culture et d’une civilisation qui se sont cru au-dessus de toutes les autres, au-dessus de tout. Nous y sommes « conviés et persuadés » par les prêtres d’une religion féroce dont la devise pourrait être « Donnez-moi un point d’appui et je détruirai le monde ».

Pierre Dardot et Christian Laval décrivent l’apparition du néolibéralisme et son étiologie en un ouvrage serré, « Ce cauchemar qui n’en finit pas – comment le néolibéralisme défait la démocratie » 2016) qui est une synthèse d’années de réflexion (Cf. La nouvelle raison du mondeessai sur la société néolibérale », 2009, et Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle », 2014). Ils déconstruisent avec minutie les engrenages de l’épidémiologie : « C’est une accélération de la sortie de la démocratie » avec la complicité de toutes les structures politico-administratives, partis politiques et bureaucratie mêlés à toutes les strates du mille feuilles, car chacun rêve encore de tirer son épingle du jeu aux dépens de ses voisins, puis de vous et moi qui les finançons. C’est une gouvernance par la crise aux bénéfices de systèmes financiers mondiaux devenus la nouvelle aristocratie, maîtres juridiques d’un régime qui asphyxient une planète déjà épuisée – sans verser dans aucune théorie du complot. À la page 462 de La nouvelle raison du monde : « Le cynisme, le mensonge, le mépris, le philistinisme, le relâchement de langage et des gestes, l’ignorance, l’arrogance de l’argent et la brutalité de la domination valent des titres à gouverner au nom de la seule « efficacité ». Nous sommes bien en démocratie en mode dégradé, très dégradé et le terrain en exprime les conséquences quasi mécaniquement.

Fort de quelques dizaines d’années passées à analyser et à réguler la vie d’écosystèmes aquatiques, j’ai fait mienne l’accroche de David F. Wallace : « Un vieux poisson croise deux jeunes et leur lance en guise de salutation : Bonjour les amis, comment est l’eau de matin ? Les deux jeunes se regardent étonnés : l’eau ? Quelle eau ? » Cette harangue vaut pour la culture néolibérale qui imprègne nos organismes et nos institutions du XXIème siècle : « Quelle culture néolibérale ? Quel néolibéralisme ? En quoi serait-ce toxique ? »

En fait, les engrenages épidémiologiques de cette pathogénicité nouvelle, dite « émergente » car née des dérives d’un système mal régulé, sont très similaires à ceux qui induisent des mortalités chroniques et aiguës dans les bancs de coquillages d’élevage et naturels, le long des côtes. Ces catastrophes sont parfois accélérées par la prolifération de pathogènes mais les mécanismes internes qui produisent ces épidémies, voire ces pandémies, résultent le plus souvent d’un laisser-aller politico-administratif qui instruit le suicide écologique de Gaïa et le néolibéralisme ; le terrain ne fait qu’exprimer des conséquences physico-chimiques.

Il est nécessaire pour tout scientifique de citer ses sources mais l’image s’impose ici. L’iconographie de l’ouvrage « Epidémiologie appliquée à la lutte collective contre les maladies transmissibles majeures » (2010 ; 600 pp.) dessine des engrenages riches de sens et de complexité. En pathologie et en épidémiologie, tout peut être important, surtout ces détails auxquels nul n’a pas encore porté attention, rien n’y est simple et tout se complique vite quand on perd ses repères.

Epidemiologie couverture

J’oserai souligner à ces maîtres que l’épidémiologie en milieu aquatique a ses spécificités propres car les engrenages y sont changeants, et ils se modifient dans le temps et dans l’espace. Bactéries et plancton prélèvent continuellement des nutriments et y rejettent d’autres. L’eau se modifie de manière continue et à son tour modifie tous les mécanismes physiologiques des organismes présents, ce qui peut provoquer l’apparition de phénomènes inattendus, par excès ou carence. Bref, la physiologie et la pathologie en écosystèmes aquatiques, marins ou d’eau douce, suivent des méandres très différents de ce qui se déroule sur terre.

L’approche vétérinaire vise à mettre des connaissances scientifiques prises aux différentes échelles de la matière, sur des observations empiriques du vécu de terrain, afin de rétablir des fonctions vivantes affaiblies ou déficientes. Le vétérinaire utilisera donc différentes techniques à la fois pour explorer le vivant, les pathologies et pour rétablir la santé, à court et à long terme. Il est souvent difficile d’expliquer qu’une pathologie naît « simplement » d’une accélération de certains processus ou du ralentissement des défenses et que ce sont ces subtilités qu’il faut vivre sur le terrain pour en apprécier l’importance et l’origine. Il n’est pas envisageable de prétendre guérir sans une auscultation poussée. Toute médecine vise d’abord à ne pas nuire puis elle doit s’appuyer sur ce qui fonctionne encore au mieux pour rétablir la santé de l’ensemble. Mais, comme partout, nul ne fait de miracle dans un monde aquatique : il faut d’abord remettre l’organisme affaibli dans un écosystème sain et compter sur la nature pour faciliter le chemin de la santé. L’usage d’un traitement, d’un médicament est sans effet si vous ne restaurez pas d’abord les qualités essentielles de l’écosystème. En tolérant les mauvaises habitudes passées, il n’est pas possible de corriger quoi que ce soit : c’est ce qui se passe sous nos yeux sur les estrans.

Huîtres, moules, coquillages et estrans meurent pour des raisons très similaires. À tous les niveaux des processus vitaux (physico-chimiques, biochimiques, zootechniques, économiques…) de multiples engrenages naturels ont perdu leur efficacité faute d’être correctement utilisés ou simplement respectés, et les lois de l’épidémiologie y sont modifiées et accélérées L’eau de l’écosystème aquatique recueille tous les rejets produits émis puis doit remplir simultanément plusieurs fonctions de respiration, de nutrition, d’épuration, sans oublier de circulation, d’agitation, etc. Quand l’une d’elles est mal régulée, la pathologie s’installe plus ou moins rapidement. A titre d’exemple, une prolifération d’algues toxiques signe d’abord une dissolution insuffisante des intrants et souvent une courantologie perturbée. La Loi Biodiversité n’y changera pas grand chose : c’est un cache-sexe d’une pratique néolibérale de plus, faute de prendre à corps des pathologies locales qui dépassent l’entendement du politique et de ses administrations. Si la Nature a pu compenser nos excès pendant des siècles, ce sera de moins en moins le cas : ces pathologies naissent du laisser-aller décrit par P. Dardot et C. Laval, « une forme de démission intellectuelle et politique ».

En conclusion, le Néolibéralisme est né de dérives chroniques accumulées au cours des temps d’une démocratie en mode dégradé, selon des mécanismes épidémiologiques similaires à ceux qui asphyxient les estrans et induisent des mortalités conchylicoles majeures. Il ne faut pas conclure trop vite que Homo sapiens a un Q.I. d’huître car il a les capacités de se sauver. Encore faudrait-il que quelqu’un, quelque part en manifeste l’envie…

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30 réflexions sur « Epidémiologie appliquée au Néolibéralisme, démocratie en mode dégradé, par Jean-François Le Bitoux »

  1. Démocratie en mode dégradé ? Je dirais plutôt le contraire : hyper-démocratie, car multiplication du nombre d’instances représentatrices et du nombre d’élus même si le cumul des mandats limite un peu la chose. Aussi, le raccourcissement des cycles (présidentielles françaises passées à 5 ans au lieu de 7, situations bloquées comme en Espagne amenant à revoter pour la même chose) accentue le phénomène. Vous réclamez le droit de vote et bien vous en aurez de quoi en faire une indigestion. Et pour finir, mention spéciale à ceux qui réclament une 6e république, ils ne font que projeter leur frustration dans un système qui imaginent-ils, leur sera favorable malgré une faible assise électorale.

    1. Je suis d’accord sur le fait que les mots Démocratie et Citoyenneté sont largement dévoyés et dégradés par le politicien, au quotidien. J’ai été surpris de constater sur Wikipedia que « fonctionner en mode dégradé » est une expression militaire ou de crise qui signifie, sauver ce que l’on peut avec les moyens du bord ! Bien entendu, c’est aussi un moyen de dire que le Citoyen est pris ( au mieux) pour un imbécile !

  2. Gouvernements et acteurs économiques (sous forme de lobbys, « pressure groups », puissants investisseurs, institutions supranationales à vocation économique etc.) forment un ensemble inséparable. Par conséquent, quelque soit le candidat vainceur de la « course hippique » en 2017 (l’ancienne UMP ou le PS), la politique menée sera sensiblement la même, rien ne changera sur fond.
    Le problème qui sera posé au noveau gouvernement francais: comment « gérer » et justifier le fossé de plus en plus large et profond qui sépare deux populations: l’une exercant des activités valorisantes et bien remunérées, l’autre fera partie de la version moderne du « Lumpenproletariat » – et c’est cette population-là qui est en très forte progression en Europe et en Amérique du nord. Ce processus semble irréversible. Le personnel politique ne pourra ad aeternam raconter des histoires aux gens, du style « demain il fera meilleur ». « le changement c’est maintenant », il faut plus croissance, moins de dépenses pour le social etc.

  3. Ne pas négliger que la « propriété privée » des moyens de production, et d’existence, n’est pas d’origine divine, mais est relative au Système.

    Un changement de Système « suffirait » à bouleverser la donne.
    Finit les lobbys, finit la dictature de la Finance, finit…

    Ne serait il pas temps d’imaginer l’après capitalisme ?
    Est ce un sujet tabou ?

  4. J’aimerais croire que le plus grand nombre se réveillera un jour pour imposer aux industriels et commerciaux le respect de notre planète et de notre environnement au détriment du profit infini. Je ne le crois pas. Il y a de belles initiatives locales de sobriété heureuse et autres retours à la terre qui fonctionnent avec plus ou moins de succès et qui veulent donner l’exemple et c’est très bien. Pour qui iront-ils voter, iront-ils seulement ? On nous propose dans les médias 2 blocs qui dans le fond ne font qu’un et des partis « extrémistes ». La majorité des gens ne remet pas en cause l’équation et vote pour le leader qui a l’assentiment du groupe dominant dans lequel il retrouve quelques convictions qui sont les siennes ( il semble interdit de penser).
    Nous finirons comme les moules, malades de nos négligences.

  5. Une chose est sûre, les politicards vont faire tout se qu’ils peuvent pour diviser la société : diviser pour mieux régner, vieux comme le monde.

    1. Excellente synthèse mais ce que constatent et démontrent Dardot et Laval c’est qu’il ne s’agit pas d’une crise, d’un simple perte d’équilibre ponctuelle, mais d’une nouvelle culture qui s’est imposée à tous sans que le politique n’y trouve à redire car il y a trouvé manière à s’accrocher. La sélection pour les postes de bureaucrate obéit aux mêmes logiques: mettre en oeuvre ou pas lois, directives et arrêtés selon la pression ponctuelle et l’intérêt électorale. A ce jeu de la médiocrité devinez qui gagnera ? La pathologie est chronique et les « crises aiguës » n’en sont qu’une manifestation. Il y a 1000 façons de détruire un écosystème; beaucoup moins de le renforcer. En dénonçant la crise – sans même essayer de la traiter, encore mois d’en prévenir une rechute – on évite de poser les question qui dérangent.

  6. Thermodynamique , épidémiologie , Histoire ….

    Il faudrait être physicien, biologiste , historien, et/ou philosophe pour être un bon politique ?

    On y voit surtout des avocats .

      1. Disons qu’elle l’a été , et que dans le meilleur des cas cela laisse croire à certaines « dispositions d’esprit » .

        Il y a eu ( et il y a encore) un temps où le corps médical était , comme les agriculteurs , très ,sinon trop, largement représenté dans le corps politique .

        Pour avoir été quelques temps confronté à eux , je les ai presque toujours préféré dans leur rôle politique que dans celui de médecin . Leurs salles d’attente comportaient d’ailleurs plus de quémandeurs que de patients .

        Je n’ai jamais pris le risque de choisir un médecin élu comme toubib référent .

    1. @ Juannnessy
      Dites « géologue haïssant l’argent » et vous aurez une bonne idée de ce qu’il faut être pour faire un bon politique.

      Cela dit, elle ou il ne vous promettra alors que de la sueur, de l’instruction et de la sobriété : des propositions à ne même pas espérer pouvoir s’inscrire à une primaire de primaires.

      Alea jacta est : Il ne va bientôt plus nous rester qu’à verser sang et larmes.

      1. Lors d’une émission de radio j’entends parler d’un peuple africain ( faites excuses pour l’imprécision …) qui nomme une sorte de veilleur qui est chargé d’écouter les doléances de chacun et de résoudre les conflits , une sorte de sage , choisi d’ailleurs , si ma mémoire est bonne , parmi les plus âgés .
        Ce qui m’a plu dans cette histoire c’est le mode de nomination de ce chef qui n’en est pas un ; celui-ci , pour accéder à cette fonction doit impérativement TOUT QUITTER, c’est-à-dire absolument TOUS SES BIENS (maison , argent , animaux …) . C’est la communauté qui veillera désormais sur lui .Et c’est complètement démuni qu’il sera enfin accepté.
        Que ceux qui briguent un mandat fassent de même .

      2. @procastin:

        Il me semble que JC demandait la même chose à ses adeptes, et que la bible évoque ce père qui doit être prêt à sacrifier son fils .

        Je ne suis pas sur que l’on possède encore la meilleure façon d’éviter les tentations parasites , mais ça passe selon moi surtout par le partage du contrôle , de la sanction + ou – , et la durée limitée du pouvoir octroyé au « mandaté » ( mandaté au nom de tout ce que l’on veut ).

        PS : entendu ce matin sur France Inter Thomas Piketty qui donnait son avis sur les multiples candidatures aux primaires . Il confirme qu’il n’est pas lui même candidat , et souhaite essentiellement agir pour que les vrais débats aient lieu .Ça me conforte dans l’idée que Piketty , comme Attali , est un home d’influence et de structuration , pas un homme de pouvoir. Mais pour ce qu’est le pouvoir encore à ce jour , c’est plutôt un compliment sous les touches de mon clavier . Pour que le pouvoir devienne efficient , il faut sans doute …voir ci dessus .

  7. L’avocat dispose effectivement d’un mode de réflexion et d’expression différent des autres acteurs: le mode juridique. Le mode « communicant » fait aussi partie d’un savoir faire suffisant pour accrocher l’attention dans la caverne de Platon, sans chercher à en sortir. Réciproquement ce qui est rapporté sous un mode scientifique ou philosophique accroche peu. Je ne suis même pas certain que le mode économique ait du sens pour ces décideurs.
    C’est bien le mode juridique qui prime et c’est un monde auquel je me sens assez étranger car je n’arrive à y trouver les bases structurantes. « En droit, tout est gris » – c’est une expression d’avocat que j’ai entendu à plusieurs reprises et qui ne me rassure pas sur le droit.
    Mais je ne demande pas à nos dirigeants d’être des spécialistes mais « seulement » (?) d’être ouverts à des informations parfois dérangeantes; celles que leur apportent un regard d’anthropologue par exemple ! Il faudra se demander ce qui chez eux, bloque cette curiosité et qui est sans doute ce qui rassemble les lecteurs de ce blog.

    1. Ma réponse serait plutôt qu’il n’y a de bonne politique ,à défaut de bons politiques, que si le cadre démocratique institutionnel ,à la fois l’impose et l’autorise .

      Ce qui suppose que la perpétuelle construction et correction du cadre devienne plus authentiquement le fait des citoyens , passant en particulier dans la maîtrise des temps dans leur durée et dans leur qualité .

      Mais citoyens de quoi ?

      1. Je crois que nous sommes d’accord et c’était un peu le but de la « provocation » par l’épidémiologie.
        La bonne politique dépend du cadre démocratique institutionnel qui « à la fois l’impose et l’autorise » comme une population de plus en plus nombreuse doit respecter des normes sanitaires plus exigeantes car les lois de la biologie, de la microbiologie prennent le dessus sur nos caprices d’enfants gâtés qui détruisent l’environnement sans même s’en rendre compte. La vie démocratique demande un respect citoyen qui est vite oublié dans les partis politiques et qui pour moi, explique la défiance accumulée. En ce qui concerne les ratées de la gestion de l’estran et les facilités paresseuses de l’Administration en charge, (car ça fait 150 ans que ça dure et rien n’indique que ça va changer !) voir les publications de l’équipe juridique de Ifremer/Amure (http://www.umr-amure.fr/)

      2. L’idéalisme vous fait enfoncer des portes ouvertes. Et votre optimisme est rassurant. Mais les citoyens n’ont pas que « ça » à faire. « Ça » = « Ce qui suppose que la perpétuelle construction et correction du cadre devienne plus authentiquement le fait des citoyens , passant en particulier dans la maîtrise des temps dans leur durée et dans leur qualité . » Évidemment, si la qualité en général et l’engagement personnel altruiste sont au rendez-vous, tout ira sur des roulettes en vue du Graal démocratique. Mais il se trouve que ce n’est pas le cas. Et si j’en juge par l’âge moyen des volontaires dans les associations que je connaît, la relève est loin d’être assurée. Le pays utile est vieux, c’est un fait. Comment faire pour que les « jeunes » s’intéressent au cadre démocratique?

      3. @Daniel :

        Et bien ,si ça ne peut être le cas, on peut essayer de tendre vers .

        Mais on est encore plus sur de n’aboutir nulle part , si on ne sait pas ce qu’on cherche , ou que l’on cherche des chimères.

        Si les « citoyens » n’ont pas aussi « ça » à faire, c’est assez simple : ils ne sont pas citoyens.

        Clémenceau votait pour le plus bête ( inoffensif selon Mauriac) . Mon optimisme se borne à croire que le vote des plus (réellement) bêtes ne feront pas toujours le moins « bête » (le plus malin) élu qui aura su le mieux les flatter.

    2. être ouverts à des informations parfois dérangeantes; celles que leur apportent un regard d’anthropologue par exemple !

      Comme ce pauvre Mendès, suivant le choix de Mitterrand, qui nomme Soustelle en Algérie…
      Des anthropologues ont toujours travaillé pour les politiques, les militaires, les colonisateurs, les services de renseignement, les entrepreneurs humanitaires, so what ?

      1. Un détail important: quand tout se passe bien, il y a forcément quelqu’un ou quelques uns qui « régulent » cet écosystème. Dès qu’une population croît, l’émergence de pathologie est naturelle, normale ! C’est l contraire qui est étonnant. ( population de fourmis, de termites,…) L’insouciance de la santé chez les mammifères se travaille longtemps l’avance pour en prévenir les effets malins. La cellule maligne est une cellule qui n’obéit plus aux schémas précédents, et prétend s’affranchir de l’écosystème immédiat, tout en y puisant son énergie vitale. C’est effectivement une dérive vieille comme l’apparition de la vie! On peut quand même la stimuler ou la ralentir.

      2. Rajouter l’ethnologie. Jean Servier a collaboré avec les militaires en Kabylie . Je n’en sait pas plus que ce qui est dit dans les livres d’Yves Courrière sur la guerre d’Algérie.
        De même, la très grande Germaine Tillion finalement enrôlé par Soustelle.
        C’était une époque troublé et ces personnages ont su prendre parti et s’engager. Ce courage, juste ou dévoyé, mérite un petit rappel.

  8. Je crois que l’on peut clore provisoirement ce débat ici.Merci à tous. Je continuerai à évoquer la vie des bancs de mollusques dans un environnement de plus en plus asphyxiant !
    Il faudra revenir sur les déclarations de Piketty et sur ce rapport de plus de 950 p sur « Refaire la Démocratie », qui a le mérite d’exister;

    http://www2.assemblee-nationale.fr/static/14/institutions/Rapport_groupe_travail_avenir_institutions_T1.pdf

    1. Merci du lien sur ce travail dont j’ai entendu hier le premier écho sur les ondes . Mais vous avez raison , d’abord lire ce qui peut nous réconcilier avec la vie politique .

      Je ne l’ai pas encore fait, en me réservant une prise de tête préalable sur ce que j’aurais eu envie de privilégier dans cet exercice ; et de comparer ensuite avec le texte pour mettre en évidence les oublis , les points communs , les suppléments .

      PS : j’ai cru un instant que Accoyer était cité en tête au titre de ses anciennes fonctions . Heureusement , démocratiquement , il ne s’agissait que de respecter l’ordre alphabétique .Ça m’a rappelé le calvaire d’un copain qui s’appelait Zuccaro , et qui était toujours le dernier à savoir quel sort on lui réservait .

      1. J’ai survolé au moins le canevas ( très riche) , et faute d’être en état de digérer ( certains journaleux prétendront le faire) tous les items affichés ou latents qui se trouvent dans ce rapport , je me borne , dans l’instant à quelques flashs :

        – on pose sans discussion que la démocratie doit être ( rester en suite de Locke et Montesquieu) « libérale « . Au delà des malentendus possibles sur  » libéralisme » , je ne vois nulle part reposer la nature , la fonction , les conditions , les limites des  » propriétés » . Car « l’asservissement »( sur lequel avait trébuché Montesquieu mais pas Condorcet ) me semble être encore plus clairement celui là aujourd’hui .

        – Bien que le groupe se dise transversal et pluridisciplinaire , il est en fait très traditionnel , et on aurait à gagner à penser l’évolution de nos démocraties ,par croisement avec des approches hétérodoxes d’autres disciplines ( la Biologie , pourquoi pas )

        – la mise en oeuvre de forces antagonistes nécessaires , gagnerait aussi de la même façon à être analysée et enrichie , par l’apport d’autres systèmes et disciplines qui ont parfois mieux su gérer la « mise en avant » et éviter les blocages de l’ensemble action/réaction , qu’ils traitent .Cas particuliers : Europe , Décentralisation et Régions.

        – la démocratie réussie , c’est l’expression et la réalisation d’un désir collectif qui permet à chacun de se trouver une place . Même si les ouvertures faites sur la proportionnelle , le RIP …sont bonnes à prendre , on peut craindre que le manque de clarté sur les processus de prises de décision , ne permettent pas la qualité de celle ci centralisée ou participative ( retrouver mon pensum sur les différentes formes de réunions et prises de décisions).

        – autres ….

        PS : apprécié la présence de Bernard Thibault dans le groupe .

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