Nous sommes tous enlisés, et pas qu’un peu…, par Philippe Soubeyrand

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Cher Paul,

Je vous parle en toute franchise. Je comprends ce lecteur, ou cette lectrice je ne sais pas, qui vous a écrit. C’est tout naturel. Mais je ne comprends pas la réponse ouverte que vous lui adressez, et qui donc s’adresse à nous tous au passage. Combien d’entre nous ne sont pas tout simplement désespérés aujourd’hui tant absolument rien ne se passe, ni du côté de la gauche qui nous mène en bateau, ni du côté des écologistes dont je viens de terminer la lecture de leur charte ; c’est une catastrophe !

Mais qui sont tous ces gens qui nous imposent finalement leurs propres règles sans se concerter avec nous d’abord ? Nous avons déjà donné, cette méthode nous conduit dans le mur. Ces deux primaires vont donc à nouveau déboucher sur une catastrophe si rien ne change d’ici là…

Piketty ne semble vraiment pas vouloir y aller, tout comme Hulot d’ailleurs qui fait pourtant lui aussi l’objet d’appels incessants pour se présenter. Par aucun moyen déjà tenté (pétitions, vidéos, textes, etc.), ni l’un, ni l’autre ne veut y aller. Pourtant, un autre moyen n’a toujours pas été tenté, et on se demande bien pourquoi : rendre vraiment viraux tous ces appels, et donc, dans le cas de Piketty, rendre viral votre appel en faveur de Piketty (et sachez que je dis la même chose à ceux qui veulent une candidature Hulot), afin que ces appels soient bel et bien portés par le plus grand nombre d’entre nous, et plus seulement par un tel, ou un tel, ou un tel… vous me suivez ?

Dit autrement, cette campagne pré-primaires est molle car trop cloisonnée ! Tout le monde le dit ! Dans les soirées, les repas entre amis, etc… Bref, c’est la confusion totale qui règne ! A qui la faute ? Pas aux citoyens eux-mêmes en tout cas, la plupart ne demandent que ça !

Pour renverser cela, pour parvenir à ce que ces appels soient enfin portés par le plus grand nombre, il ne faut pas se laisser intimider par les médias de masse, ni se disperser dans les messages ; soit on est en campagne, soit on n’y est pas… or là, désolé de le dire ainsi, mais on n’y est pas, à seulement 7 mois de l’échéance, et encore, je devrais plutôt dire 3 mois si je tiens compte de la procédure constitutionnelle elle même devant avoir lieu.

Aussi, excusez moi de me répéter, mais cela ne va pas… et c’est mon droit de vous le dire en tant qu’électeur écologiste de gauche face à un constat pour le moins décevant…

Dans le même temps, Mélenchon, Le Pen et tous les autres sont tous d’ores et déjà en course… seuls la gauche et les écologistes sont littéralement à la rue, ne parvenant pas à rassembler/fédérer autour d’eux ! Voilà pourquoi au rythme où vont les choses, il ne nous restera plus que Mélenchon…

Et là, ce ne sont ni les idées, ni les femmes, ni les hommes, ni vous, ni les Amis du Blog de Paul Jorion, ni moi, qui posent problème, mais bel et bien la méthode employée elle-même qui écoeure ces mêmes électeurs du fait de sa lourdeur et de ses inerties !

Vous ne sauverez jamais le genre humain si la France continue à être aussi mal représentée… et pour qu’elle soit parfaitement représentée, il faut laisser les citoyens français s’approprier sans attendre et dès maintenant cette campagne… l’attente, voire le tâtonnement, a assez duré ! A force de laisser trainer les choses comme nous le faisons, à un moment donné, ça sent le loup, il y a anguille sous roche comme on dit du point de vue des gens, et nous aurions tort de les en blâmer…

Maintenant, peut-être ne voulez-vous pas mener campagne, tout simplement ? Ce que je peux parfaitement comprendre. Auquel cas, dites le franchement, car une campagne nécessite malheureusement une présence H24…

Et croyez moi, à ce stade, au regard de l’échéance, ce n’est plus de l’impatience de quadras + et non moins colleurs d’affiches ! C’est du réalisme !

Amitiés et bon weekend,

Philippe

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152 réflexions sur « Nous sommes tous enlisés, et pas qu’un peu…, par Philippe Soubeyrand »

    1. Original .

      Et le premier ministre ?

      Il est apparemment plus facile de composer un gouvernement selon ses phantasmes, que de tomber à peu près d’accord sur le mandat réel donné à l’heureux « élu » .

  1. Enfin, quand je lis tous commentaires, je me dis que le titre de l’article est bien choisi.
    Enlisé jusqu’au au menton la gauche
    Finalement être de droite, c’est beaucoup plus simple, il y a dix prétendants mais tous d’accord sur l’essentiel.
    La gauche c’est vingt prétendants et 40 programmes (au cas où il faut changer de cap en cours de route).
    Bon, j’exagère… Un peu

  2. Pour revenir au titre de ce billet… voila c’est fait : je rejoins le camp des « DESESPERES » !! Tout bien pesé, il me semble que les forces en place sont encore très très trop puissantes. Comme un gigantesque moteur électrique : tant qu’il y a encore de l’énergie disponible, ça tourne et mouline… et on peut pas arrêter et mouvement sans se faire broyer.
    Mais, bon, avec panache, avec panache me disais-je. Dé-zespéré mais avec panache.

  3. A tous ceux ici qui vilipendent le système en place : je sous signale, à toutes fins utiles, que JLM propose justement d’en finir avec cette monarchie républicaine, machine à broyer, qui ne permet qu’à une petite caste de se maintenir au pouvoir ; pour ma part, je ne regarde plus le bonhomme, Hollande avec ses belles promesses nous a bien eus, je lis le programme ; et celui de JLM vaut le détour, enrichi par les citoyens qui le soutiennent !!! qui, ici peut prétendre l’avoir lu????

    1. Bien d’accord, c’est le seul (le Fdg) qui a fait un vrai travail d’analyses et de propositions.
      Le problème, c’est que ça fout des boutons à tous ceux qui causent mais sans avoir fait le travail de fond. Ils préfèrent peut être la critique vaine à la construction.

    2. Ben , j’ai cru comprendre qu’il dit lui même que ce programme , qui doit introduire et précéder la réécriture de la Constitution , s’il est élu, n’est encore pas tout à fait bouclé .

      C’est d’ailleurs une des préventions que l’on peut avoir vis à vis du programme , au delà de la pertinence et cohérence de pas mal de points, c’est qu’il préfigure structurellement la future dite Constitution , où les  » constituants » auront déjà leur feuille de travail .

      Mais je suis assez d’accord avec celles et ceux , pas forcément majoritaires , qui commencent d’abord par lire le menu avant de s’intéresser à la réputation du chef .

      Michel LEIS nous a d’ailleurs laissé un menu ( j’ai pas encore tout lu) qui a aussi ces pertinences et cohérences, et qui à défaut d’être digne d’un grand restaurant international , est digne de la meilleure cuisine française accessible à toutes les bourses . Sa particularité par contre , c’est qu’il n’y a pas de chef en cuisine, alors qu’il y a déjà des clients dans la salle .

    3. ariel 74 a raison.Les travaux et débats de Mr.Jean-Luc
      Mélenchon semblent fort peu connus et a fortiori
      suivis par les intervenants sur le Blog.Du coup,les
      propos qui sont consacrés à ce candidat potentiel tout
      à fait sérieux,m’apparaissent vraiment très injustes et
      totalement « décalés ».

  4. Bien sûr, il faut soutenir Mélenchon.
    Il a un programme de gauche, une vision pour la France et ..
    il fait campagne, lui !
    il est prêt à s’en prendre plein les dents, y compris et surtout par tout un pan de l’ex-gauche qui a montré ce qu’elle savait faire mais il a du répondant car …
    Il a des convictions, lui !
    Il ne souhaite pas sortir de l’euro mais se faire entendre dans l’union européenne quitte à menacer d’en sortir, le fameux plan B. Aux échecs ne dit-on pas que la menace (crédible) est plus forte que son exécution ?
    Pourquoi faudrait-t-il une primaire ? c’est le premier tour la primaire, et rien n’est perdu : car malgré sa primaire, la droite viendra aussi en ordre dispersé.
    il est dans la réalité, lui !
    il n’est pas une abstraction, une construction intellectuelle. C’est bien de réfléchir, voire de disserter sur le candidat idéal, mais un jour il faut coller des affiches.
    Et comme ça ne sert à rien d’être désespéré je vous dis, à bientôt, prés de vos murs favoris.

    1. Vous avez des infos sur la stratégie de la droite au premier tour ?

      Sur les programmes ( que je n’ai jamais vu s’inscrire pertinemment sur une affiche , collée ou pas ) , j’aime assez la batterie assez ramassée de questionnements à leur faire , qu’Attali ( encore lui grondent certains ) met en avant sur son blog dans un billet intitulé  » demandez les programmes » .

      J’aurais volontiers signé la liste , même si , sans doute , je n’aurais pas toujours le même jugement que lui sur une même réponse à une même question .

      http://blogs.lexpress.fr/attali/2016/09/19/demandez-les-programmes/

      1. Voilà du nouveau.Pour Juannessy les « programmes »
        devraient figurer sur des affiches.(sic).Curieuse façon
        de voir (?) les choses.

      2. Une nouvelle fois , ne lisez pas que mes commentaires et les vôtres .

        Au cas particulier , prenez le temps de (re?)lire le propos de PhD juste au dessus .

    2. Pour ouvrir une nouvelle voie, le FG a des vues intéressantes sur le social et l’écologie. Il devrait toutefois faire peau neuve, le PC après Marchais s’est empêtré dans l’économie de marché (et la main d’oeuvre bon marché) et ne convient plus à notre époque. Trop de petits partis, le collectif se heurte à toutes ces divisions. Un candidat au-dessus des partis aurait séduit plus qu’un apparatchik, pour gouverner par contre c’est autre chose.
      Mélenchon devrait mettre en avant son projet d’une nouvelle République pour légitimer son incarnation du renouveau, sans des partis qui visent les 5% mais en permettant la confrontation et le débat au sein d’une primaire citoyenne, la place de leader lui revenant, le programme restant à écrire collectivement lors de débats, selon les orientations d’intellectuels reconnus par la »gauche » (ce terme est à bannir pour 2017). Un candidat unique pour un programme débattu hors des partis. Pourquoi Mélenchon, parce que l’occasion a fait le larron.
      Mais il faut refonder une unité, une entité présentable (qui puisse battre le FN). Pour cela, exit le PC et le parti de gauche.
      Alors pourquoi pas le Front des Républicains? Sans LR bien sûr pour mettre de la confusion tout en restant clair.

      1. En somme ,il faut être au dessus des partis en fondant un nouveau parti , parce qu’après tout , en politique , une entité , c’est un parti …

        Même que ça peut être utile pour avoir le droit ( parrainages) et les moyens ( logistiques et financiers ) de se présenter à l’élection .

        Ce qui est sur , c’est que , quel que soit l’élu(e) , les emmerdes et les enjeux n’auront pas changé, eux , et que nous aurons toujours les mêmes intentions sur la meilleure façon d’y parer .

  5. En bref, JLM qui n’a pas voulu de primaires de gauches pourrait organiser une primaire de programmes, si la République citoyenne qu’il souhaite consiste au débat, avec une participation élargie à tous les électeurs de gauche. On n’est pas si loin d’un programme sans candidat car il n’y a pas de débats sur la personne mais sur le programme. Aux philosophes d’organiser un programme pour le futur prince, selon la terminologie platonicienne.
    Comme nom de rassemblement: Démocratie Républicaine, ou front démocrate républicain.

    1. Alliance Démocratie et Ecologie Républicaine.
      ça donne ADER …….Ou avec « Front »,de quoi faire FEDER
      (Front pour l’écologie,la démocratie et la République)mais
      le logo est déjà pris.

      1. Suggestion pour un rassemblement des droites européennes : Ï€VS3I
        = PIC3I
        = Pour l’Identité Contre l’Immigration l’Insécurité l’Islamisation.

  6. Bonjour,

    Je me permets de profiter de manière éhontée du rappel qui est fait dans le billet par rapport à l’appel à la candidature à la présidentielle de Thomas Piketty, pour m’interroger quant à l’opinion qu’il exprimait dans un manifeste « pour une Europe plus démocratique » publié en mai 2014 – et à l’évolution que cette opinion a pu connaître depuis.

    Cette question naît de ma lecture du moment : « And The Weak Suffer What They Must? » de Yanis Varoufakis, Bodley Head, 2016. En pages 223 & 224, je lis ceci (traduction de mon cru, donc comportant probablement des imperfections) :
    Le parlement européen est en effet la seule institution européenne qui puisse prétendre ressembler à une institution politique fédérale. Élue de manière directe lors d’élections pan-européennes, pour un œil non averti, elle peut sembler être un équivalent de la Chambre des Représentants américaine, ou de la Chambre des Communes britannique. Cependant, un examen plus rapproché montre que le Parlement Européen n’a rien à voir avec une assemblée qui soit cohérente avec une démocratie libérale. Dans cette dernière, tout le pouvoir législatif appartient au parlement ou au congrès, et il existe une ligne de démarcation claire entre l’exécutif et le corps législatif. Dans l’Union Européenne, le principal organe législatif demeure le Conseil des Ministres, qui se réunit et vote derrière des portes fermées, et est composé non pas de législateurs, mais de membres des exécutifs des états-membres. De plus, la zone euro est dirigée par un groupe informel – l’Eurogroupe – qui se réunit en secret et qui, parce qu’il est informel, ne fait jamais rapport au Parlement Européen.

    Ces portes tournantes entre le pouvoir législatif au centre, et le pouvoir exécutif au sein des états-membres a été conçu de manière délibérée afin d’assurer que des lois puissent être votées sans qu’il puisse y avoir d’examen sérieux par aucun parlement souverain, investi de l’autorité de l’arbitre final de la démocratie : le peuple. Même si, au cours des dernières années, le Parlement Européen a acquis de nouveaux pouvoirs en même temps que le Conseil, il n’est toujours pas un réel parlement. Le fait qu’il partage le pouvoir législatif avec le Conseil Européen et – incroyablement – n’ait pas le pouvoir d’initier de législation, signifie qu’il lui manque l’autorité politique requise pour légitimer le transfert de souveraineté du niveau national vers quelque chambre « euro » que ce soit au sein du Parlement Européen. Un tel transfert serait équivalent au transport de l’eau contenue dans une mare locale vers un réservoir central très éloigné au moyen d’une passoire.

    Wolfgang Schäuble aime l’idée d’une chambre « euro », car il fait l’hypothèse qu’elle légitimerait les actions et l’autorité de son suzerain fiscal. Il fait également l’hypothèse que cette chambre fournirait une légitimité démocratique aux décisions affectant l’entierté du bloc de la monnaie unique (*). Cependant, la seule manière [pour moi] d’être d’accord avec lui est d’effacer de [mes] facultés intellectuelles toute compréhension de ce qu’un parlement est censé être, et censé faire.

    (*) c’est aussi l’opinion du Glieckener Gruppe […] Un autre groupe, composé d’économistes [et de journalistes] français a également une opinion similaire. Le Groupe Piketty est composé de Thomas Piketty, Florence Autret […] Daniel Cohen […] Jean Quatremer [cette note se trouve en page 301 de l’ouvrage, NDT].

    à ce sujet, lire : http://www.liberation.fr/futurs/2014/02/17/l-euro-est-sauve-l-europe-continue-oui-mais_980980 ou encore http://geopolis.francetvinfo.fr/piketty-sengage-pour-une-europe-plus-democratique-36019

    Thomas Piketty a-t-il depuis lors précisé sa pensée au sujet de cette « chambre euro », sur la manière dont seraient élus les personnes qui y siégeraient, quelle serait leur « mission », quels seraient les pouvoirs réels de cette chambre, devant qui serait-elle responsable, comment pourrait-on démettre ses membres s’ils contrevenaient à leur mission ou s’ils ne remplissaient pas leur office, etc ?

    Une dernière réflexion, sous la forme d’une autre citation du même ouvrage de Yanis Varoufakis (page 220) :
    Comme l’a un jour suggéré Tony Benn, politicien du Labour britannique, nous devrions constamment poser cinq questions à ceux qui nous gouvernent : quel pouvoir avez-vous ? D’où le tirez-vous ? Dans l’intérêt de qui l’exercez-vous ? À qui devez-vous rendre des comptes ? Et : comment pouvons-nous nous débarrasser de vous ?

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