Croissance du PIB et croissance du chômage, par Vincent Rey

Billet invité.

Tandis que les chiffres du chômage continuent de battre en France des records, et qu’à la primaire de la droite française, on continue d’affirmer que le seul chemin du retour à l’emploi c’est la croissance, qui passe d’abord par la restauration de la trésorerie des entreprises, et par l’investissement, il peut être utile de faire la courbe de la croissance du PIB, donc des bénéfices du pays, et de la comparer avec la courbe de la croissance du chômage. C’est ce que j’ai fait pour la période 1976-2012, soit une période de 26 ans.

croissance-pib-chomage-copy (fichier Excel des données sur demande)

La courbe est basée sur les chiffres du PIB, et du CHOMAGE, publiés par l’INSEE. Mais pour que l’analyse de ces données ne soit pas perturbée, ni par l’augmentation de la population pour les chiffres du chômage, ni par l’inflation – forte dans les années 1970 – pour ceux du PIB, j’ai donc mis le PIB en francs constants 2010, pour les corriger de l’inflation, et les chiffres du chômage en pourcentage de la population active. Aussi il me semble que, bien que non économiste, j’ai été assez rigoureux en la matière.

Le graphique compare donc exactement : la croissance du PIB en francs constants 1976 EN ROUGE, et la croissance du POURCENTAGE DE CHÔMEURS DANS LA POPULATION ACTIVE FRANCAISE EN BLEU sur la période allant de 1976 à 2012.

À vous de juger. Il me semble que la première chose qui saute aux yeux, c’est l’entrecroisement des 2 courbes, à partir de 1986. Avant 1986, la croissance du chômage était plus forte que la croissance du PIB. Puis la courbe du chômage vient en permanence recroiser celle du PIB, c’est sans doute le témoignage des politiques publiques qui tentent en permanence d’enrayer le chômage, sans y parvenir autrement que très temporairement, la courbe de la croissance du chômage semblant s’obstiner à repartir brutalement à la hausse, en recroisant celle du PIB, de façon très brutale.

Il aurait fallu ajouter la courbe de la croissance de la dette publique. Et on aurait alors vu que face aux forces « naturelles » du marché, qui tend sans arrêt à diminuer les effectifs salariés, il ne reste plus beaucoup de cartouches à l’état. Que se passera-t-il après, si une nouvelle crise de l’ampleur de 2007 survient ? Nul ne sait…

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