Les limites physiques à la croissance sont à notre porte, l’effondrement menace, mais nous ne le voyons pas, par Alexis Toulet

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans un monde fini, la croissance économique peut-elle continuer indéfiniment ?

Beaucoup comprennent intellectuellement que non, et pourtant les preuves que nous approchons des limites physiques à la croissance sont largement négligées, comme si la question ne nous concernait pas, comme si elle ne devait se poser que dans un avenir lointain.

Bien pire, les risques que l’atteinte des limites provoque un effondrement économique plutôt qu’un simple plafonnement de la prospérité, risques qui se précisent de plus en plus, ne sont ni aperçus ni discutés en dehors de cercles très réduits.

Comment un tel aveuglement est-il possible ? A quelles limites et quels risques l’économie mondiale fait-elle face à court/moyen terme ? Gail Tverberg, analyste des liens entre énergie et économie et notamment des impacts prévisibles des limites sur les ressources naturelles, mène l’enquête.

Original en anglais – Gail Tverberg, 6 février 2014

Traduction en français et Notes – Alexis Toulet

Combien de temps la croissance économique peut-elle continuer sur une planète finie ? C’est la question à laquelle le livre de Donella Meadows et al. « Les Limites à la Croissance (dans un monde fini) », publié en 1972 (NdT : et mis à jour en 2004), cherchait à répondre. Les modèles informatiques que l’équipe de chercheurs construisit suggéraient fortement que l’économie mondiale s’effondrerait à un moment quelconque de la première moitié du 21ème siècle.

J’étudie depuis 2005 quelle est la situation réelle quant aux limites sur les ressources. La conclusion à laquelle j’arrive est que l’équipe de chercheurs de 1972 avait bien raison. En fait, l’effondrement annoncé est pratiquement à notre porte et devrait commencer d’ici un à deux ans.(01) Par bien des aspects, l’effondrement semble déjà avoir commencé, tels la Grande Récession de 2008-2009 et l’effondrement de l’économie de petits pays comme la Grèce et l’Espagne. Comment l’effondrement peut-il être si proche, sans pratiquement que la population n’en ait aucune alerte ?

Pour expliquer la situation, j’exposerai d’abord pourquoi nous atteindrons à brève échéance les Limites à la Croissance. Je donnerai ensuite une liste de neuf raisons qui ont fait négliger la crise qui nous est promise à court terme.

Pourquoi nous atteindrons à brève échéance les Limites à la Croissance

En termes simples, notre problème en tant que peuple est que nous ne sommes plus en train de nous enrichir. Nous sommes au contraire en train de nous appauvrir, comme on le voit à la difficulté qu’ont les jeunes à trouver des emplois bien payés. Comme nous nous appauvrissons, il devient de plus en plus difficile de payer nos dettes avec intérêt. C’est la combinaison du manque de croissance dans l’économie réelle et du besoin de croissance du fait du système d’endettement dont on peut s’attendre à ce qu’elle débouche sur un effondrement.

La raison pour laquelle nous nous appauvrissons, c’est que des parties dissimulées de notre économie absorbent maintenant de plus en plus de ressources, ce qui en laisse moins pour produire les biens et services que nous sommes accoutumés à acheter. Ces parties dissimulées de notre économie sont affectées par l’épuisement des ressources. Par exemple, il faut maintenant davantage de ressources pour extraire le pétrole. C’est pourquoi le prix du pétrole a plus que triplé depuis 2002.(02) Il faut aussi davantage de ressources pour bien des processus cachés, comme des puits plus profonds ou la désalinisation pour produire de l’eau, et davantage d’énergie pour produire des métaux depuis des minerais à faible concentration.(03)

Le problème alors que nous atteignons toutes ces limites est un manque de capital physique pour l’investissement, comme le pétrole, le cuivre et les métaux rares. Quoique nous puissions en extraire davantage, certains comme le pétrole sont utilisés de bien des manières pour compenser des problèmes d’épuisement. Nous nous retrouvons avec trop de demandes adressées à la production de pétrole – il n’y en a pas assez pour à la fois 1) compenser les nombreux problèmes d’épuisement que le monde rencontre et 2) ajouter les nouvelles usines et capacités d’extraction nécessaires pour que l’économie mondiale continue à croître.

Avec trop de demandes adressées à la production de pétrole, c’est la « croissance économique » qui tend à être sacrifiée. Les pays qui retirent la proportion la plus élevée de leur énergie du pétrole tendent à être spécialement affectés parce que les prix du pétrole élevés tendent à rendre les produits de ces pays inabordables. Les pays présentant un déclin de long terme de la consommation de pétrole, tels Etats-Unis, pays de l’Union Européenne et Japon, se retrouvent en récession ou en croissance très lente.

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Les prévisions de croissance mondiale future ne cessent d’être revues… toujours à la baisse

Malheureusement, le problème sur lequel ceci semble déboucher est l’effondrement. Le problème, c’est le lien avec la dette. La dette peut être beaucoup plus facilement remboursée avec intérêt dans une économie en croissance que dans une économie en contraction. parce que s’endetter c’est en fait hypothéquer l’avenir – ce qui est beaucoup plus facile quand on suppose que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, plutôt que lorsque demain est pire qu’aujourd’hui.(04)

Nous ne pouvons pas faire fonctionner notre économie actuelle sans dette. C’est la dette qui nous a permis de « tirer » la croissance économique. Les consommateurs peuvent acheter des voitures, des maisons, une éducation supérieure sans en avoir d’abord épargné le montant.(05) Des entreprises peuvent construire des usines et extraire des métaux sans avoir d’abord épargné des profits antérieurs pour financer ces opérations. Nous pouvons désormais opérer de longues chaînes logistiques, y compris de nombreuses entreprises dépendantes de l’endettement. La possibilité de s’endetter permet bien plus d’investissement que si les entreprises ne pouvaient utiliser que ce qu’elles ont d’abord gagné.

Si nous abandonnons notre système économique à base d’endettement, nous perdons la capacité d’extraire le pétrole et les autres ressources qui nous apparaissent facilement disponibles.(06) Nous pouvons avoir une économie simple et locale, peut-être basée sur le bois comme source d’énergie principale, sans endettement. Mais il semble peu probable que nous puissions conserver une économie mondiale fournissant le gîte et le couvert à 7,2 milliards de personnes.(07)

Ce qui rend la situation si inquiétante est que la finance semble être maintenant proche d’une crise.(08) L’endettement autre que public n’a pas cru très rapidement depuis 2008. Les gouvernements ont tenté de résoudre le problème en gardant les taux d’intérêt très bas et en utilisant l’assouplissement quantitatif. Maintenant les Etats-Unis commencent à réduire le rythme de l’assouplissement.(09) Si les taux d’intérêt devaient augmenter beaucoup, nous verrions probablement revenir la récession, avec beaucoup de licenciements. Si cela arrivait, les banqueroutes redeviendraient un problème et le crédit s’assècherait comme à la fin 2008. Sans crédit, le prix de toutes les matières premières tombera, comme à la fin 2008.(10) Sans la magie transitoire de l’assouplissement, les nouveaux investissements, même dans le pétrole, seront sabrés.(11) Les gouvernements devront réduire leur taille et pourraient même s’effondrer.

Nous avons en fait déjà un problème de prix du pétrole trop bas pour encourager la production de pétrole, voir mon texte « A quoi s’attendre ? Un prix du pétrole plus bas, malgré des coûts d’extraction en hausse » (lien en anglais)(12) Les autres matières premières aussi ont des prix stables ou décroissants. Le souci est que ces prix plus bas déboucheront sur la déflation. Avec la déflation, l’endettement est fortement découragé parce que le coût de l’endettement, ajusté de l’inflation, augmente. Si un cycle déflationniste de dette est démarré, il pourrait y avoir une grande décrue de l’endettement en quelques années. Ce serait une autre manière d’en arriver à l’effondrement.

Pourquoi d’autres ne voient-ils pas le problème qui est maintenant à notre porte ?

1. C’est une histoire compliquée, et une histoire interdisciplinaire.

Même essayer de la résumer en quelques paragraphes n’est pas chose aisée. La plupart des gens qui connaissent les questions du pétrole ne connaissent pas les sujets financiers, et vice versa.

2. Les économistes ont manqué des points essentiels

Les économistes ont manqué le rôle fondamental de la dette pour l’extraction des carburants fossiles et pour faire fonctionner l’économie en général. Ils n’ont pas vu non plus que dans un monde fini, cette dette ne peut augmenter indéfiniment, sinon elle croîtra bien au-delà des ressources physiques qui pourraient être utilisées pour rembourser la dette.

Les économistes n’ont pas vu non plus que l’épuisement des ressources agit d’une manière équivalente à un énorme frein à la productivité. Les minéraux doivent être séparés d’une quantité toujours croissante de substrat, et les ressources énergétiques doivent être extraites d’endroits de plus en plus difficiles. Des prix de l’énergie élevés, que ce soit pour le pétrole ou pour l’électricité, sont un signe d’inefficacité économique. Si les prix de l’énergie sont élevés, ils sont un frein pour l’économie.

Les économistes n’ont pas vu le rôle clé que tient le pétrole – un rôle dans lequel il n’est pas facile à remplacer.(13) Nos industries du transport, de l’agriculture et de la construction sont toutes lourdement dépendantes du pétrole. Beaucoup de produits sont fabriqués à partir de pétrole, depuis les médicaments jusqu’aux tissus et à l’asphalte.

Les économistes ont supposé que les salaires pouvaient croître sans intrants énergétiques, mais l’expérience récente montre que les économies dont l’utilisation de pétrole rétrécit sont celles dont les opportunités d’emploi aussi sont rétrécies. Les économistes ont construit des modèles comme quoi les prix en augmentant résoudraient tous les manques, que ce soit par la substitution ou la destruction de la demande,(14) mais ils ne se sont pas arrêtés à considérer à quel point cette destruction de demande peut être destructrice pour une économie dépendant du pétrole pour fabriquer et transporter les biens.

Les économistes n’ont pas remarqué que la mondialisation accélère l’épuisement des ressources et augmente les émissions de CO2, parce qu’elle ajoute un grand nombre de consommateurs au marché mondial.

Les économistes ont aussi manqué le fait que les salaires sont extrêmement importants pour faire fonctionner les économies. Si les salaires sont réduits, que ce soit à cause de la concurrence avec des travailleurs à bas salaires de pays chauds (qui n’ont pas besoin de salaires si élevés pour maintenir leur niveau de vie, parce qu’ils n’ont pas besoin de maisons en dur ni de carburant pour chauffer leurs foyers)(15) ou à cause de l’automatisation, la croissance économique va probablement ralentir ou chuter. Les profits des entreprises ne sont pas un substitut pour les salaires.

3. Les défenseurs du Pic du pétrole ont manqué des points clé

Les défenseurs du pic du pétrole sont un groupe diversifié, donc je ne peux prétendre qu’ils ont tous les mêmes opinions.
Une opinion commune est que juste parce que le pétrole, ou le gaz, ou le charbon semblent disponibles avec notre technologie actuelle, ils seront effectivement extraits. Cette opinion est étroitement liée à l’idée que le « Pic de Hubbert » est une modélisation raisonnable de l’extraction de pétrole future.(16) Dans ce modèle, on suppose qu’environ 50% de l’extraction a lieu après le pic de consommation de pétrole. Même Hubbert n’a pas dit cela – ses graphiques montraient toujours une autre source d’énergie, telle le nucléaire, augmentant fortement avant que la production de carburants fossiles ne commence à diminuer.

En l’absence d’un substitut parfait, la chute risque d’être très brutale. Ceci parce que la population croît en parallèle de l’utilisation des carburants fossiles. Lorsque l’utilisation de ces carburants décroit, les citoyens deviennent tout à coup beaucoup plus pauvres. Les services gouvernementaux doivent être réduits, le gouvernement pourrait même s’effondrer. La destruction de nombreux emplois est probable, rendant difficile d’acheter les biens de consommation. Il pourrait y avoir des batailles pour s’approprier les ressources qui restent. Ce que montre la courbe de Hubbert est quelque chose comme une limite supérieure de la production, si l’économie continue à fonctionner comme maintenant, en dépit des disruptions que la perte de sources d’énergie provoquera.(17)

Un problème voisin est la croyance que des prix du pétrole élevés permettront à une production de pétrole de continuer indéfiniment. On pourrait donc s’en sortir en utilisant moins de pétrole. Premièrement, la croyance que les prix du pétrole peuvent augmenter suffisamment subit maintenant le test de vérité. Le fait que le prix du pétrole ne soit pas suffisamment élevé force les pétroliers à réduire leurs nouveaux projets, au lieu de quoi ils reversent les profits aux actionnaires sous forme de dividende.(18) Si l’économie commence à se contracter à cause d’une baisse de l’extraction de pétrole, un effondrement du crédit entraînera probablement des prix encore plus bas, et une réduction importante dans la production.

4. Une foi excessive dans la substitution

Un thème répété par tout le monde depuis les économistes jusqu’aux tenants du pic du pétrole est que la substitution fera notre salut.

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Optimisme et article de foi… est-ce vraiment justifié ?

Ils négligent plusieurs points clé. L’un est que si un effondrement financier est dans l’avenir proche, notre capacité à trouver des substituts disparaîtra pratiquement immédiatement (ou du moins en quelques années)

Un autre point clé est que ce qui nous manque vraiment maintenant, c’est le capital à investir, sous forme de pétrole et d’autres ressources naturelles nécessaires à la fabrication de nouvelles voitures au gaz(19) et des stations-service dont elles ont besoin. Un manque comparable de capital d’investissement menace les plans de passer aux voitures électriques. Les salariés modestes ne peuvent s’offrir de coûteux véhicules électriques, surtout si la transition est si rapide que la valeur de leur véhicule actuel s’effondre à zéro.

Encore un autre point clé est que les alternatives que nous étudions sont elles aussi limitées. Nous utilisons bien plus de pétrole que de gaz naturel(20) ; tenter de substituer le gaz naturel à la place du pétrole amènera rapidement à un manque de gaz naturel. Multiplier voitures électriques, centrales solaires et éoliennes amènera à un manque en terres rares et autres minéraux nécessaires pour les construire.(21) Quoique la plupart de ces minéraux puissent être obtenus à partir de gisements moins concentrés, utiliser ces gisements ramènera précisément au genre de manque en capital d’investissement qui est notre problème de départ.

Et encore, l’électricité ne peut remplacer le pétrole, à cause du besoin énorme en capital d’investissement (qui est ce qui nous manque) pour permettre la transition. Il y a encore un problème de temps disponible.

Un point clé encore : l’électricité intermittente ne peut remplacer l’électricité dont la production est aisément réglable. Ce que l’électricité intermittente remplace c’est le carburant fossile utilisé pour faire l’électricité plus facilement réglable.(22) Cette substitution étend (en théorie) la durée de vie de nos réserves en énergie fossile. Cette théorie n’est vérifiée que si nous croyons que l’extraction de gaz naturel et de charbon n’est limitée que par la quantité présente dans le sol et notre niveau technologique (c’est l’hypothèse qui structure les estimations de l’AEI des futures consommations d’énergie fossile)

Si la limite sur l’extraction de charbon et de gaz naturel est en fait une limite sur le capital à investir (y compris le pétrole) et si cette limite se manifeste comme une limite sur la dette, alors la situation est différente. Dans un tel cas, un fort investissement dans les renouvelables devrait accélérer la marche vers l’effondrement des économies qui font ce choix, à cause de l’investissement initial élevé et des faibles gains de court terme de ces technologies.

5. Une foi excessive dans les analyses de Taux de Rendement Energétique (TRE) ou Analyse du Cycle de Vie (ACV)

De faibles TRE(23) et de mauvaises ACV sont une partie de notre problème, mais pas notre problème entier. Ce serait oublier le temps – qui est un facteur critique, si notre problème est la disponibilité insuffisante de capital d’investissement et le besoin de gains élevés à court terme.

Les analyses de TRE font aussi des hypothèses sur la substituabilité – qui n’est en général pas possible s’agissant du pétrole, pour les raisons décrites ci-dessus. Quoique les études de TRE et d’ACV puissent fournir des informations importantes, il est facile de surestimer leur valeur prédictive. Elles ne sont pas conçues pour dire quand les Limites à la Croissance frapperont, par exemple.

6. Le financement par les gouvernements mène à trop de recherche dans de mauvaises directions et pas assez dans la bonne

Les gouvernements sont dans le déni au sujet des Limites à la Croissance, ou même des ressources en pétrole.(24) Les gouvernements s’appuient sur des économistes qui semblent aveugles à ce qui se passe.(25)

Les chercheurs basent leurs analyses sur ce que les chercheurs précédents avaient fait. Ils ont tendance à « suivre l’argent qui finance la recherche » et à travailler sur la marotte du jour, celle qui leur permettra d’obtenir un financement. Rien de tout cela ne donne des recherches dans les domaines liés à notre véritable problème.

7. Les citoyens individuels sont facilement trompés par les articles prétendant que le pétrole est abondant

Les citoyens ne réalisent pas que la raison pour laquelle le pétrole est abondant est que le prix du pétrole est élevé, le financement est largement disponible et les taux d’intérêt sont bas.(26) De plus, si le pétrole apparait abondant, c’est en partie parce que les citoyens à bas revenus ne peuvent pas s’acheter les produits faits avec du pétrole, même à son niveau de prix actuel. Chômage et bas salaires entraînent une faible demande en pétrole, qui ressemble à une offre abondante. Ce qui manque vraiment à l’économie est le pétrole à bas prix, quelque chose qui n’est pas disponible.(27)

Les citoyens ne réalisent pas non plus que le récent mouvement vers l’exportation de pétrole brut ne signifie pas qu’il y ait un surplus de pétrole brut.(28) Cela veut dire que la capacité de raffinage pour ce pétrole est plus disponible à l’étranger.

Les histoires que lisent les consommateurs au sujet de production de pétrole en hausse sont rendues encore plus vraisemblables par les prédictions montrant que pétrole et autres sources d’énergie augmenteront pendant encore beaucoup d’années à venir. Ces prédictions sont basées sur l’hypothèse que la limite du pétrole extractible, c’est la limite du pétrole dans le sol. En réalité, la limite sera probablement une limite financière (sur la dette), qui arrivera bien plus tôt. Voir mon texte sur Pourquoi les prévisions énergétiques de l’AIE et de « 2052 » de Randers sont fausses (lien en anglais)

8. Réticence à croire les modèles originels des Limites à la Croissance

Des études récentes comme celles de Hall et Day (PDF, en anglais) ou de Turner indiquent que l’économie mondiale suit en fait une trajectoire assez similaire à celle que prédisait le modèle originel de Limites à la Croissance. A mon avis, les principaux défauts des modèles de 1972 de Limites à la Croissance sont :

  • Les chercheurs n’ont pas pris en considération le système financier de quelque manière que ce soit. En particulier, les modèles négligeaient le rôle de la dette. Réparer cette omission tend à déplacer la date réelle de l’effondrement plus tôt, et à le rendre plus prononcé.
  • Le modèle d’origine ne regardait pas les ressources individuelles, tel le pétrole, séparément. Donc, les modèles donnaient des indications pour les limites aux ressources moyennes ou totales, alors que les limites sur le pétrole, par elles-mêmes, pourraient abattre l’économie plus rapidement

J’ai noté des commentaires dans la littérature indiquant que l’étude Limites à la Croissance a été supplantée par des analyses plus récentes. Par exemple, l’article Entropie et Economie (29) par Avery, lorsqu’il évoque l’étude Limites à la Croissance, affirme : « Aujourd’hui, le modèle du Pic de Hubbert, plus exact, est plutôt utilisé quand il s’agit de prédire le taux d’utilisation d’une ressource rare en fonction du temps. » Mais il n’y a aucune raison de penser que le modèle de Pic de Hubbert soit plus précis ! L’étude originelle utilisait des flux de ressources réelles pour prédire quand nous pourrions rencontrer un problème avec le capital d’investissement. Les modèles Pic de Hubbert négligent les limites financières, comme le manque de dette, donc surestiment les flux futurs probables de pétrole. De ce fait, ils ne sont pas appropriés pour des prédictions après que le pic mondial soit passé.

Un autre endroit où j’ai vu des raisonnements similairement faux est le modèle actuel World3, qui a été utilisé dans les analyses récentes de Limites à la Croissance, y compris peut-être « 2052 » de Jorgen Randers. Ce modèle prend pour hypothèse un Pic de Hubbert pour le pétrole, le gaz et le charbon. Le modèle World3 suppose aussi une substitution maximale entre les types de carburant, ce qui semble impossible si nous faisons face à court terme à une crise d’endettement.

9. Presque tout le monde préfère les histoires avec un happy ending

Chaque organisation, depuis les groupes du type de l’ASPO (NdT : Association pour l’étude des pics pétrolier et gazier) jusqu’aux groupes militant pour la soutenabilité en passant par les groupes politiques voudrait avoir une solution à mettre en face du problème dont ils ont pris conscience. Les entreprises qui pourraient avoir une chance de vendre un produit « vert » aimeraient dire : « Achetez notre produit et vos problèmes seront résolus ». Les médias semblent ne raconter que les histoires que leurs annonceurs aimeraient entendre. Du fait de cette combinaison de gens essayant de présenter la situation sous le meilleur angle possible, l’intérêt à rechercher et expliquer la véritable situation est faible.

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Quelque part en-dessous, on doit bien pouvoir trouver un happy ending ?

Conclusion

Raisonnements faux et optimisme forcé abondent, lorsqu’il s’agit de négliger les limites de court terme à la croissance. Une partie en est peut-être intentionnelle, mais une partie découle de la difficulté inhérente à comprendre un problème aussi complexe.

Il existe une tendance à croire que des analyses plus récentes sont nécessairement meilleures. Ce n’est pas toujours vrai. Lorsqu’il s’agit de déterminer quand les Limites à la Croissance seront atteintes, les analyses doivent se concentrer sur les détails qui semblaient causer l’effondrement dans l’étude de 1972 – croissance économique faible du fait des nombreux besoins en capital d’investissement entrant en compétition. La question est : quand atteindrons-nous le point où la croissance de la production de pétrole est trop faible pour permettre le niveau de croissance économique nécessaire à empêcher notre système actuel d’endettement de s’effondrer ?(30)

Il me semble que nous sommes déjà proches d’un tel effondrement. La plupart des gens n’ont pas réalisé à quel point notre système économique est vulnérable à l’effondrement, en cette époque de faible croissance de la production de pétrole.

Références supplémentaires

Notes

01 – Comme pour toute prédiction des délais s’agissant de systèmes et de situations complexes, celle-ci était naturellement un peu aventurée, basée sur une impression de l’auteur. Le reste de son texte est en revanche basée sur des analyses factuelles et les arguments pèsent au moins autant aujourd’hui qu’il y a deux ans.

La situation peut être rapprochée de la période avant 2008 : plusieurs analystes avaient vu le risque grandissant d’effondrement financier, mais nul n’avait pu prédire exactement le moment de son déclenchement. La différence est que s’agissant de l’impact des limites physiques des ressources sur l’économie, aucun artifice ne pourrait faire disparaître le problème sous le tapis comme la planche à billets l’a fait après la crise financière de 2008.

02 – Ce texte a été écrit quelques mois avant l’effondrement du prix du pétrole commencé en octobre 2014. A noter que Gail Tverberg signale plus loin un risque de chute de prix qu’elle semble avoir été la seule à voir à l’époque.

03 – Toute ressource de type minéral, pétrole, métaux etc. est exploitée en commençant par les gisements les plus faciles d’accès, qui sont plus rentables. Au fil du temps, pour maintenir voire augmenter la production, il est donc nécessaire de se rabattre vers des gisements plus difficiles, par exemple où la concentration en minerai est plus faible.

04 – C’est bien parce que la croissance mondiale reste faible que les banques centrales ont adopté après 2008 des politiques de taux d’intérêt de plus en plus faible, au final pratiquement nuls.

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Taux directeurs BCE et Fed 1999-2016

(Source : France-Inflation)

Des taux d’intérêt plus élevés nécessiteraient une croissance significative, sauf à précipiter l’économie dans la plus grave des récessions.

05 – Rappelons qu’aux Etats-Unis les études supérieures sont payantes, et fort cher. Dans le système français, le coût des études supérieures est payé par toute la collectivité, ce qui il est vrai en période de faible croissance ne fait que déplacer le problème : c’est l’Etat qui sera endetté plutôt que les citoyens. Mais comme ceux-ci sont aussi les contribuables…

06 – Facilement disponibles – à condition que le système technique actuel reste fonctionnel. Voilà bien longtemps que le pétrole qu’on pouvait extraire en plantant un tube dans son jardin a été extrait. Une partie croissante de la production actuelle dépend de technologies de plus en plus lourdes et complexes, repoussant les limites du possible : exploitation du fond des océans, des régions polaires, etc.

07 – Début 2014. La population mondiale a depuis largement dépassé les 7,4 milliards, et l’ONU prévoit 8,5 milliards pour 2030. La croissance démographique rapide n’arrange naturellement pas le problème des limites sur les ressources.

08 – La finance est proche d’une crise depuis les années 2000 au plus tard, et la crise de 2008 n’a pu être mise sous le boisseau qu’au prix de mesures d’urgence telles planche à billets et taux d’intérêt ultra-bas… dans lesquelles l’économie mondiale s’est ensuite installée. Y mettre fin signifierait l’effondrement financier à brève échéance. Ne pas y mettre fin signifie l’effondrement financier… mais un peu plus tard. Sans doute, cela ne peut durer éternellement, mais :

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Source : Comtesse du Barry, 8 décembre 1793, sur l’échafaud

09 – « Assouplissement quantitatif » est un euphémisme désignant la planche à billets. Les Etats-Unis ont de fait cessé d’augmenter la taille du bilan de leur banque centrale à partir de 2014… mais c’est la Banque Centrale Européenne qui a commencé alors à augmenter le sien en continu, à un rythme comparable à celui qu’assurait auparavant la Federal Bank américaine.

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Il n’est pas impossible que ces deux-là soient de mèche…

10 – Il a même pu tomber à partir de la fin 2014… avant que le crédit ne soit vraiment restreint.

11 – A la mi-2016, on prévoyait une chute de 22% des investissements des entreprises pétrolières mondiales sur la période 2015-2020, pour un total de 1000 milliards de dollars en moins, pour cause de prix du pétrole trop bas.

12 – Bien vu : c’est effectivement ce qui s’est passé, à la surprise quasi-générale, à partir d’octobre 2014.

13 – Rappelons que le pétrole a un rôle prépondérant dans les transports, rôle dans lequel il n’a aucun substitut envisageable à moyen terme. Les transports naturellement ne sont pas simplement un secteur d’activité comme un autre, ils sont indispensables à l’ensemble de l’économie.

14 – Substitution : une alternative devient préférable car son prix n’a pas augmenté. Mais cela suppose qu’il en existe une. Destruction de la demande : les consommateurs renoncent à l’achat, ce qui est effectivement une solution mais provoque la récession.

15 – Cette cause du différentiel de salaire entre pays avancés et pays peu développés n’est cependant sans doute pas la principale.

16 – Le Pic de Hubbert du rythme d’extraction d’une ressource finie en fonction du temps est toujours décrit comme « une courbe en cloche » c’est-à-dire symétrique autour d’un maximum, ce qui suppose que passé le maximum de production la décroissance soit douce. Cependant, Hubbert partait de l’hypothèse qu’une autre source d’énergie en masse à bon marché aurait été préparée d’avance pour faire face à l’épuisement du pétrole puis du gaz. Or, aucune n’est prête ni techniquement – les alternatives sont chères et limitées par d’autres ressources rares – ni dans les quantités qui seraient nécessaires. Ce qui pourrait changer complètement la situation.

17 – La courbe originelle de Hubbert montre en quelque sorte « le meilleur des cas » de ce qui pourrait arriver une fois passé le maximum.

18 – Profits certes fortement diminués depuis la chute du prix en octobre 2014.

19 – Le coût d’investissement serait similaire, ou encore plus élevé, s’agissant des autres alternatives envisagées pour la mobilité, voiture électrique, pile à combustible, etc.

20 – La différence est écrasante s’agissant des transports. Si on considère l’ensemble de tous les usages de l’énergie, la production de pétrole représente environ 31% du total et le gaz naturel 21%

21 – Citons par exemple le lithium nécessaire aux batteries des voitures électriques.

22 – A condition toutefois de pouvoir gérer les pics de production des énergies renouvelables et les pics de consommation, lesquels ne sont pas coordonnés – par exemple, ce n’est en général pas quand le soleil brille que l’on souhaite s’éclairer à l’électricité ! Gestion qui d’une part augmente le coût, d’autre part rencontre ses propres limites puisque par exemple les STEP (stations de pompage turbinage) ne se conçoivent guère que dans des sites favorables… qui ne sont pas si nombreux.

23 – Le Taux de Rendement Énergétique est le rapport entre l’énergie produite, et l’énergie nécessaire à cette production. Par exemple, une station de pompage de pétrole permet d’extraire de l’énergie d’un gisement, mais elle en consomme aussi pour réaliser cette extraction. Le TRE a tendance à diminuer avec le temps, parce que les gisements d’énergie fossile les plus faciles à exploiter l’ont été les premiers, laissant des gisements dont le coût énergétique de la production est de plus en plus élevé. Production d’énergie identique, coût de la production plus élevé : le rapport entre bénéfice et coût diminue donc.

24 – Si le fait que la quantité de pétrole présente dans le sol est finie n’est en général pas contesté, ses conséquences ne sont pas pensées jusqu’au bout. L’hypothèse non explicite semble être qu’une substitution par d’autres énergies arrivera le moment venu, à une date plutôt lointaine, sans avoir à faire d’effort décidé pour la préparer au-delà de quelques recherches dotées de budgets plutôt faméliques.

25 – Les exceptions sont peu nombreuses et ne sont guère écoutées. Voir Gaël Giraud du CNRS : « Le vrai rôle de l’énergie va obliger les économistes à changer de dogme »

26 – La banque centrale américaine a cependant commencé récemment à ré-augmenter son taux directeur et annonce davantage l’année prochaine. Affaire à suivre

27 – Comprendre : vraiment bas, non pas simplement autour de 50 $ le baril comme depuis deux ans. Et encore plus important : qui puisse rester bas longtemps sans chute de la production, ce qui vu la chute brutale des investissements dans les futures productions est tout sauf assuré.

28 – L’auteur évoque la situation des Etats-Unis, qui restent importateurs net de pétrole.

29 – Rappelons que l’entropie en physique est une caractérisation d’un système complexe qui mesure son état de désordre. Pour l’étude d’un système physique, il ne peut être question de se limiter à prendre en compte son énergie, il faut aussi considérer son entropie. De même, il est assez raisonnable de penser que la mesure du désordre est nécessaire à la compréhension d’un vaste système complexe comme l’économie mondiale.

30 – Le système d’endettement ne peut être stable que parce que la grande majorité des acteurs économiques n’ont pas intégré l’idée que « demain sera moins riche qu’aujourd’hui ». A partir du moment où cette idée deviendrait l’hypothèse partagée par la majorité, l’évidence serait aussi partagée que la montagne de dettes – publiques comme privées – supportées par l’économie mondiale ne pourra jamais être remboursée, ou même seulement indéfiniment refinancée. La conséquence alors visible de tous comme quoi une partie au moins du système financier mondial s’effondrera, la conscience de jouer dans un jeu de chaises musicales, dont les chaises sont donc de moins en moins nombreuses, précipiterait la fuite vers les sorties, accélérant donc l’effondrement financier.

S’agissant en fin de compte d’une prise de conscience collective, le moment de ce qui sera en fait un phénomène psychologique collectif n’est bien entendu pas prévisible. La seule chose qui puisse être dite avec un certain niveau de confiance est que plusieurs seront surpris que ce ne soit pas encore arrivé, et beaucoup seront surpris que cela arrive déjà.

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114 réflexions sur « Les limites physiques à la croissance sont à notre porte, l’effondrement menace, mais nous ne le voyons pas, par Alexis Toulet »

  1. 100% d’accord. Cette contribution ouvre vraiment le débat, en négligeant les billevesées habituelles des NYAKA politiques ou économiques.
    MAIS:
    Comment peut on parler des limites de notre monde SANS (ou presque) parler de démographie !
    Il s’agit pourtant du facteur principal.
    Un exemple: l’Afrique passera de 1 à 2 milliards d’habitants entre 2000 et 2050.
    Autre exemple: La Flandre (>450 hab/km2) envisage d’interdire la construction de nouvelles villas 4 façades, vu le manque de terrains.
    Etc…

    1. C’est marrant, dès qu’on parle risque démographique c’est pour citer le continent sous peuplé africain.
      Juste pour info,
      Sans l’Afrique l’Europe n’est rien.
      Sans l’Europe, l’Afrique se porte mieux.
      Ceci explique peut être pourquoi il y trop d’Africain. 🙁

      1. @ Subotai
        Pauvre Afrique, en effet.
        Son étalement géographique suivant l’axe Nord-Sud, a fait qu’elle s’est retrouvé, partagée par l’équateur, un immense désert et une impénétrable forêt. Cela a entravé les possibilité d’échanges aisés entre populations. Sans quoi, avec ses richesses, étalée qu’elle aurait été sur un axe Est-Ouest en climat tempéré, elle serait devenue « la première au Monde ».

        Tous nos ancêtres les plus proches d’il y a plus de 50000 ans étaient d’Afrique (les moins proches, néandertaliens, descendaient aussi d’Homo erectus arrivés, eux, il y a 600000 ans). En cela, n’en déplaise à un inutile politicien (pléonasme) trop rentré dans la petite histoire du fait de notre nullité collective, l’Homme africain est à la source de l’Histoire humaine. Et il le restera.
        N’en déplaise aussi aux crétins d’électeurs mormons de « Trumpette » (pléonasme), que côtoie actuellement une de mes nièces, qui croient que les noirs sont noirs parce que dieu (sans majuscule) les a maudits.

        Une chose s’avère certaine : Malgré les avancés de la science, la connerie des Humains restera la seule chose en pleine croissance vers l’infini dans le volume limité que leur offre Notre planète … pour plus très longtemps.

      2. Sans l’afrique, l’europe n’est rien, de quel point de vue?
        demographique? depuis 30 ans l’europe est entré dans une economie du qualitatif nettement moins consommatrice de main d’oeuvre, elle e exporté ses industries de main d’oeuvre vers la chine et le sud est asiatique. ces derniers doivent leur forte croissance à ce phénomène et c’est tant mieux pour eux!
        Du point de vue des ressources naturelles? les 2 pays qui exportent le plus de ressources naturelles sont l’australie et le Canada. Pour l’energie c’est plutot le moyen orient. Certes l’afrique est un acteur majeur mais il est faux de dire que sans l’afrique, l’europe s’effondrerait. Peut etre parlez vous de l’ère coloniale et son cortège de brutalité? certes mais si l’europe s’est constitué un empire colonial c’est que son economie connaissait déjà un fort développement sinon elle n’aurait pas eu les ressources financières pour mener des expéditions en Afrique. Notons d’ailleurs que cette ère coloniale s’est surtout deployée dans la deuxième partie du 19eme siecle soit bien après le début de la révolution industrielle…
        La france a connu ses plus fort taux de croissance économique (5 à 6% l’an) dans les années 60 soit après la décolonisation… les vérités économiques sont souvent en contradiction avec l’intuitif

    2. Et quel serait le problème avec la démographie ?
      Nourrir les gens et pourtant on produit de quoi nourrir 12 milliard de personnes on arrive pas en nourrir convenablement 7 mais c pas la démographie le pb c est notre façon de fonctionné par l accaparement par accumulation et non par partage

    3. @ Hadrien

      La démographie est clairement un facteur important, mais l’essentiel de l’augmentation de la population est derrière nous.
      Population 1900 = 1,6 milliards
      Population 2000 = 6,1 milliards
      -> Soit un facteur x 3,8 en un siècle
      Population 2100 prévue par l’ONU = 11,2 milliards en variante moyenne
      -> Soit un facteur x 1,8 en un siècle

      Naturellement la prévision de l’ONU est très peu crédible vu l’effondrement économique et surtout écologique qui menace. La population en 2100 sera presque à coup sûr TRES inférieure à 11 milliards, et notre hôte demanderait sans doute s’il est bien certain qu’elle sera non nulle.

      Mais enfin les chiffres sont clairs : en ce qui concerne l’augmentation de notre nombre, le plus gros est déjà fait.

      Sinon, en termes de grandes régions du monde, c’est l’Asie plutôt que l’Afrique qui est très peuplée. La population de l’Inde est à 1,26 milliard, avec une superficie agricole utile de 180 millions d’hectares soit seulement six fois plus que la France avec 29 millions d’hectares. Il faut imaginer une France de 200 millions d’habitants, encore en forte croissance démographique, pour se faire une idée…

      De toute façon, ce qui accélère la transition démographique est historiquement : 1) le développement, surtout l’accès à la santé 2) l’éducation, surtout celle des femmes

      Il est clair que ces deux sujets sont prioritaires. Il est clair que les deux ont fortement progressé à l’échelle mondiale dans les dernières décennies.

      Il est clair aussi qu’une décroissance économique, sans parler d’un effondrement, menacerait l’accès à la santé.

      Pour ce que ça vaut, les modèles World3 issus de l’équipe Donna Meadows en 1972 pour l’étude d’origine des Limites à la Croissance, et raffinés depuis, prévoient une forte baisse de la population mondiale d’ici 2050… en même temps qu’une natalité moyenne plus élevée qu’aujourd’hui. En somme, l’humanité reviendrait au moins en partie à un schéma natalité ET mortalité élevée…

      Je ne suis pas sûr que le comportement à grande échelle d’un grand nombre de gens soit si facile à mettre en équations – la psychologie collective se prête assez mal à la prédiction – mais enfin c’est un scénario.

      1. @Jacquot,
        Le problème ne se résume pas à l’accroissement, mais surtout à la densité. J’ai, pour ce, choisi 2 exemples opposés: l’Afrique qui subit une explosion démographique pauvre et la Flandre qui subit une surpopulation (+- stable) riche. La planète ne suffit simplement pas à garantir notre niveau de vie aux ACTUELS 7-8 milliards d’ humains.
        Faites le calcul pour le cuivre, le lithium, le rubidium, le pétrole, la terre, l’eau ….
        Il existe toutefois un certain espoir ténu: la transition démographique. La première, au XIX siècle en France, est à l’origine de la richesse potentielle (et de la beauté) de ce pays par rapport à ses voisins. Malheureusement, cette transition a trop tardé, voire n’a pas commencé par ailleurs. En outre les « élites » restent natalistes et essayent de combattre cette propension des gens éduqués à préférer gâter des enfants peu nombreux.
        Autre espoir? : ITER: la fusion nucléaire, l’énergie gratuite !
        Mais:
        – Nous en sommes loin (très);
        – Voulons nous vraiment que nos arrières petits enfants vivent dans une mégapole planétaire où les seuls arbres seront virtuels (voir « soleil vert »). Si non, pas besoin d’ ITER.

      2. Hadrien,

        Vous confondez niveau de vie et niveau de gaspillage…

        Rien ne prouve que – dans un autre système économique, certainement pas capitaliste -, il ne soit possible de conserver le même confort matériel, ou équivalent, (plutôt que niveau de vie, qui ne veut pas dire grand chose), de l’étendre à la Terre entière, et de manière durable.

        Pour la bonne raison qu’il semble que pas grand monde n’ait étudié cette problématique (certes compliquée)…

        C’est une erreur, hélas très répandue, de considérer qu’il ne soit possible de faire différemment de ce qu’on connait (depuis des siècles, certes).

      3. La première transition démographique, au XIX siècle en France, est à l’origine de la richesse potentielle (et de la beauté) de ce pays par rapport à ses voisins.

        Richesse et beauté devant évidemment être entendues comme celles nées d’une immigration rendue nécessaire par cette transition entamée précocement (fin XVIIe) et une croissance démographique particulièrement faible durant tout le XIXe et jusqu’au baby boom post WW2.

      4. Pour la bonne raison qu’il semble que pas grand monde n’ait étudié cette problématique (certes compliquée)

        Vous Hyppolyte vous ne connaissez manifestement pas le Professeur Gagnot.

    4. +1
      On n’en parle pas ( ou très peu) parce qu’on ne voit pas de solution.

      Au contraire, la solution semble lointaine, tardive et hypothétique, à savoir augmenter massivement le niveau d’éducation dans le tiers monde. Et non seulement le niveau d’éducation, mais le niveau de vie qui va avec.
      D’un coté les japonais et les allemands, de l’autre l’Afrique, l’Inde…

      1. MerlinII dit : 22 décembre 2016 à 16 h 02 min

        Mais pour voir une éventuelle solution, il faut commencer par poser convenablement le problème ! (ce qui déjà n’est pas simple), et l’étudier selon les différentes approches possibles, que l’on ferait ensuite converger.

        Et surtout avec des moyens en rapport avec sa complexité. C’est là ou le bas blesse:
        Les pouvoirs politiques et économiques n’ont en effet aucun intérêt à les y mettre, puisqu’ ils scieraient ainsi la branche sur laquelle ils sont assis. (voir le rapport Meadows qui fut profondément enterré)

        Lorsqu’il s’agit de réunir des moyens de domination militaires et médiatiques, ils les trouvent, comme quoi…

        On peut par ailleurs se demander ce que font les innombrables chercheurs en science économique,
        sauf, bien sur, à ce qu’ils ne se cantonnent à la science économique… capitaliste…

  2. La menace principale pour la « Survie de l’Espèce », comme l’a déjà suggéré une bande dessinée fameuse…c’est que le capital domine toute la société. C’est sa logique d’accumulation qui prime. De ce point de vue l’espèce humaine, comme moteur de civilisation, n’existe déjà presque plus.
    Jusqu’à peut-être le désastre planétaire, très vraisemblable, qui peut conduire à un révolution sociale et de civilisation. L’important est dès lors de préparer le projet et les moyens de cette révolution, avec patience et détermination;
    La lecture de Alexis m’a rappelé un analyse profonde et récente de François Chesnais, que je viens de retrouver:
    Le cours actuel du capitalisme et les perspectives de la société humaine civilisée: http://wp.me/p5oNrG-u9N

    1. A Charles:
      « La menace principale pour la « Survie de l’Espèce », comme l’a déjà suggéré une bande dessinée fameuse…c’est que le capital domine toute la société. »
      NON et NON.
      Le problème est PHYSIQUE, pas politico-économique.
      Le capitalisme organise les hommes par la carotte, le communisme par le fouet. Il s’avère que la carotte fonctionne mieux que le fouet.

      1. Hadrien, 22 décembre 2016 à 16 h 18 min

        Pour montrer que le problème EST politico économique, voici juste un exemple parmi tant d’autre:

        Un des besoins est de se déplacer (je met de coté les déplacements inutiles) sur longue distances.

        Comment satisfaire ce besoin :

        Solution actuelle :

        Des avions de toutes sortes, énergivores et pollueurs, des bateaux de toutes sortes, énergivores et pollueurs.

        Alternative :

        Des bateaux et paquebots à voiles.
        Ou est le problème ? Si c’est la durée du trajet, expliquez moi en quoi c’est un problème.

        C’est infaisable dans un système capitaliste, car ça ruine des branches industrielles, profits, compétitivité, etc.

        Il faut tout remettre à plat…

      2. Je sais on va me dire, ben là ou y’a pas d’eau, t fait comment le bateau ? Ben on met des rails, et des trains sympas avant d’être rapides.

        Pourquoi manque t’on de temps ? Parce que le capitalisme nous met sous pression…

    2. Bof l’Inde, 1,2% de croissance démographique, pas plus que les USA y’a 20 ans. Qu’est-ce qu’est pire pour la planète ? 300 000 Trumpistes de plus par an ou 1,4 million de Modistes ?

  3. Je dirais que 20 à 30% des gens que je croise sont conscients de l’ensemble des problèmes environnementaux et en mesurent la portée et le danger global auquel nous sommes tous confrontés. D’autres sont trop stupides ou égoïstes pour s’en soucier. Enfin un troisième groupe sait que les choses vont mal, mais n’ont pas la formation scientifique pour en imaginer pleinement les conséquences. Effet de seuil, effet boule de neige, courbe exponentielle, etc… autant de notions nécessaires pour comprendre les modélisations scientifiques des dérèglements climatiques, celles des pollutions toxiques et de leur effet sur la santé publique, et plus généralement celles des désordres anthropiques croissants.

    1. les 20 à 30 % sont-ils prêt à vivre dans une economie de subsistance et non de production ?

      Il est facile d’être décroissant dans son imaginaire mais le passage à l’acte c’est une autre histoire et surtout dans une société qui ne le permet pas.

      Le fait qu’il y ait des personnes qui lisent ce billet et y répondent montre bien la contradiction dans laquelle nous vivons.

      1. Je ne crois pas à la décroissance, et pas non plus à l’absurdité d’une croissance infinie dans un monde fini, car elle est en passe de devenir immatérielle, et une croissance immatérielle peut parfaitement devenir infinie.

        Exemple : électricité issue de la fusion nucléaire, plus de déchets, et une énergie infinie. Téléportation numérique : plus de transports. Imprimante 3D, fabrication et recyclage d’objet à son domicile..etc

        Il reste un peu de chemin à faire, et tant qu’on en est pas à ce niveau de progrès là, nécessité fera loi, et c’est tout le problème : la preuve par les grenoblois : ils en sont à leur 23eme jour en apnée dans les particules fines, ils n’ont pas cessé de travailler, ni de prendre leur voiture pour autant.

      2. @ Francois dit :
        21 décembre 2016 à 16 h 56 min

        Pourquoi voulez vous que la seule alternative au système capitaliste actuel, soit une économie de subsistance?

        Auriez-vous étudié toutes les alternatives possibles ? Bien sur que non.

        Constatez simplement que tout ce qui existe n’existait pas avant d’exister, et que jamais vous n’auriez eu l’idée que ça puisse exister ! (Les avions volent, on est allé sur la Lune, on peut se parler et se voir à distance instantanément, etc. etc…)

        C’est terrible, car d’un revers de main vous encouragez la résignation.
        Plutôt que d’affirmer, dites je ne sais pas.
        Vous n’êtes pas le seul à avoir ces à priori, et cela montre à quel point nous sommes endoctrinés.

    2. Joko,
      Je n’ai pas la formation qui me permettrait sans doute de « comprendre les modélisations scientifiques » mais cette aptitude est-elle réellement utile pour comprendre l’essentiel? Les modélisations seraient elles le seul moyen d’aller « au coeur »?
      Allons bon, comme un dessin (ou une BD) vaut mieux bien un long discours , une « bête »expérience vient parfois mettre à mal une théorie aussi prestigieuse soit-elle (mais qui comme bien souvent, faute de mieux, ne reste valable qu’un certain temps, à l’image d’un record sportif anéanti par une meilleure performance, qui à son tour…). C’est ainsi que je viens d’apprendre que « quelque 100.000 internautes se sont mobilisés à travers le monde pour faire mentir Albert Einstein qui jugeait « biaisées » certaines conclusions de la physique quantique, a annoncé récemment l’Académie des sciences autrichienne.
      Les participants étaient invités à bombarder les serveurs de l’expérience « The big Bell test » de 0 et de 1 qu’ils choisissaient arbitrairement, de façon à obtenir une suite plus aléatoire encore que si elle avait été générée par un logiciel.
      L’objectif était de démontrer que la réalité du phénomène d’intrication théorisé par le physicien danois Niels Bohr et contesté par Albert Einstein, selon lequel des particules continuent à interagir entre elles même séparées par de très grandes distances.
      La confirmation de ce phénomène par des moyens uniquement informatiques restait sujette, selon les détracteurs de la théorie quantique, à un biais potentiel lié au fonctionnement même des générateurs de suites aléatoires.

      « Dieu ne joue pas aux dés »
      « L’expérience menée depuis Vienne a permis de prouver, à l’aide des données générées de façon aléatoire (par les internautes), que l’intrication existe bien, et que le monde est bien aussi « fou » que le prétend la physique quantique », a indiqué l’un des responsables de l’expérience, Thomas Scheidl.
      Un vif débat scientifique avait opposé dans les années 1930 Einstein à Bohr, dont les conclusions contrevenaient à la théorie de la relativité conçue par le physicien d’origine allemande. Dans un échange resté dans les annales, Einstein avait affirmé à Bohr que « Dieu ne joue pas aux dés », ce à quoi Bohr avait répondu « Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ? ».

      Alors, je dis oui aux modélisations si vous voulez, mais au moins, qu’elles restent « ouvertes »…la science est en devenir, ne ne l’oublions pas…

      Encore que, soit dit en passant, ces modélisations ne nous apprennent pas plus que ce que le bon sens nous indique, c’est-à-dire que tout est dans tout….toucher à un élément revient à en toucher une autre….

      Ne nous y trompons pas, il faut bien évidemment essayer de réparer les effets collatéraux du capitalisme, mais l’essentiel est ce que M. JORION tente de susciter par son éclairage: le combattre car il est seul et unique responsable.

      Il faut alors concrètement s’en donner les moyens…

      Cordialement.

    3. @ Joko

      Toute personne a une vue déformée de ce que pense l’ « ensemble de la population », du fait même de ses fréquentations qui l’amènent à rencontrer surtout un certain type de personne, fréquentations qui dépendent à leur tour de son travail, de ses opinions etc.

      Pour ce que ça vaut, c’est-à-dire ni plus ni moins que votre vue, c’est-à-dire dans les deux cas pas grand chose je le reconnais :-), je fréquente plutôt un milieu d’ingénieurs, et je suis beaucoup moins optimiste que vous sur le degré moyen de conscience de l’échelle des problèmes qui nous sont posés.

      Conscients de la portée des dérèglements environnementaux et des conséquences non à très long terme mais à moyen terme pour chacun d’entre nous ? Conscients de l’échelle des problèmes de ressources et de leur impact sur l’économie dès maintenant, avec perspective d’aggravation à moyen voire même à court terme ?

      Tel que je le vois, c’est un tout petit pourcentage de la population.

      1. Oui, la plupart ont le « nez dans le guidon ». Leur champ de conscience s’étend de leur poste de travail à leur entreprise, collègues et amis, hobbys et vacances.
        Avec le prêt à penser qui va bien.
        Très difficile de les faire sortir de ça.
        Effrayant.

      2. en parlant de ces 20 ou 30% qui seraient conscients des dangers que notre civilisation court à force de capitalisme et de productivisme, j’essayais pour une fois de me montrer résolument optimiste 🙂

  4. Bonjour,

    « nous ne le voyons pas », pourquoi nous. Le peuple aurait enfin la possibilité de choisir, de décider et d’agir.

    Non, le nous n’est pas eux ou ils.

    1. je pense que le problème , c est la culture …porter intérêt à notre monde , notre environnement . pas besoin d être expert . un peu moins de téléréalité , de films à 2 centimes . s éveiller . lire . un peu de philosophie , de sociologie , de psychologie , comprendre comment fonctionne l économie , le climat , pas pour besoin d une profonde érudition , juste comprendre le monde afin d être acteur . ne pas être un clone amorphe qui subit…..chacun peut le faire à son échelle je pense….

      1. on en revient à la production de l’ignorance. Pourquoi le plus fantastique outil d’éducation et de culture qui a été inventé, la télévision, est-il devenu un outil de production de l’ignorance, en même temps qu’un outil d’aliénation ?
        Il faudrait s’interroger sur le rôle de la publicité. C’est elle qui influe sur les programmes. La toute première mesure pour l’environnement à prendre, ce devrait être de supprimer la publicité, ou tout au moins de la priver de ses moyens de communication de masse.

    2. C’est peut-être devenu le but d’une certaine classe dirigeante, mais quand même le fait de savoir lire écrire compter en majorité permet d’appréhender le monde dans lequel nous vivons.

  5. Bonjour,
    je travaille dans un institut de recherche en Economie de l’Innovation, et bien que tous mes collègues soient sensibilisés aux problèmes de ressources, de pollution et de changements climatiques, ils ne perçoivent que très rarement l’étendue et les conséquences du problème.
    Je crois que c’est un problème de formation, c’est-à-dire que la majorité des chercheurs se spécialisent dans un domaine particulier, mais il y a très peu de chercheurs « systémiques » qui peuvent avoir une compréhension globale.
    Par exemple, la plupart des chercheurs qui travaillent sur l’ « économie verte » sont des économistes qui n’ont pas ou peu de formation en thermodynamique, et inversement, les chercheurs qui trouvent des solutions techniques pour l’extraction d’énergie renouvelables ne prennent pas en compte ni la réutilisation de leurs produits ni l’impact d’une utilisation à grande échelle.

    1. Merci de ce témoignage François. Je n’ai aucun doute dans des sociétés bureaucratisées – droite ou gauche, blanche rouge ou verte, peu importe – l’innovation est invitée à prendre les escaliers de services où elle se perdra forcément : la bureaucratie doit vérifier que nul ne risque rien dans sa structure profonde ! L’innovation est la bête haïe par le Léviathan qui ne peut que se renforcer; c’est sa nature profonde !
      C’est effectivement un problème de « formation » mais d’abord de culture personnelle : on rentre en Bureaucratie pour faire partie d’une Caste ou d’une Tribu que bénéficier d’une protection que la « Citoyenneté » n’offre pas ! Le verdict du procès Lagarde démontre parmi mille exemples, qu’il faut être protégé par des institutions et sa corporation pour rester irresponsable. J’ai échappé une demi-douzaine de fois à cette emprise mais je ne conseillerai cette solution à personne : choisissez une bureaucratie et cirez les pompes de vos chefs !

    2. @ François

      Oui, je pense aussi que le plus important des facteurs d’aveuglement dans la liste des 9 cités par Gail Tverberg est le premier : « C’est une histoire compliquée, et une histoire interdisciplinaire »

    1. Merci vigneron de nous mettre en garde. Ceci dit, d’ici que le Blog de PJ soit considéré comme un porte-voix de plus de la propagande russe, il y a de la marge : pro-Femen, pro-Pussy Riot, anti-néo-stalinien, etc.

      1. Ces vieux réflexes de la guerre froide… Je veux bien que l’on trouve des tas de choses à reprocher à Poutine, mais à quand une liste de sites aussi exhaustive sur les grands démocrates américains ? Cette remarque me ramène au début du présent article : « Comment un tel aveuglement est-il possible ? » C’est très simple, toute idéologie est portée par de puissants affects. Donc pour qu’une nouvelle idéologie remplace l’ancienne, il faut trouver un moyen de produire de nouveaux affects plus puissants que les anciens. Mais, en constatant combien certains schémas de pensée sont ancrés au plus profond de nous, je suis plutôt pessimiste et pense que nous allons réellement vers l’effondrement.

      2. C’est pourtant ce qu’ils ont osé écrire, vous devriez aller y jeter un oeil :

        Paul Jorion, chercheur en sciences sociales, de nationalité belge,

        il a enseigné dans les universités de Bruxelles, Cambridge, Paris-VIII et de Californie à Irvine.

        Il a également été fonctionnaire des Nations-unies, participant à des projets de développement en Afrique.

        Il anime son blog pauljorion.com

        http://www.pauljorion.com/blog/

        On vit une sale époque…

      3. Bon en meme temps ça m’a l’air d’être un site de gros fachos ukrainiens… entre ceux-là et Vlad le Boucher, on nous somme de choisir.

      4. « We burn the ennemy. » Depuis Odessa on est au courant.
        Mais bon, quand on est pro-femen, pro-pussy riot, anti-néo-stalinien (sic), on risque rien normalement.
        Et puis avec MoveOn.org, là on est au chaud.
        Informnapalm, international renaissance, open society…
        Le monde enchanté de Vigneron.

      5. C’est vrai aussi que la densité de posteurs jorionistes ou ex jorionistes parmi les troupes de choc berrurières n’incite guère à l’optimisme.

    2. @ Vigneron

      A noter que Gail Tverberg dont les textes sont disponibles en anglais sur son site https://ourfiniteworld.com/ se concentre sur l’analyse – il me semble qu’elle a des choses intéressantes à dire là-dessus – non sur la prescription.

      C’est au point qu’après une fréquentation assez prolongée de son site, je serais bien en peine de deviner son positionnement politique ! Elle sépare très nettement l’analyse – les faits sont les mêmes pour tout le monde – de la prescription – qui évidemment a toujours un aspect politique.

    3. Scandaleux. Je veux bien croire que certains pensent qu’être pro-russien est un crime. Trahison, peut-être. Mais je ne suis pas pro-russien. En revanche, la culture russe m »intéresse et je la trouve traitée au rabais dans les grands trucs d’info financés par l’Etat et nos impôts, tel le Monde.
      Quant à être pro-novorussien, les souffrances qu’imposent l’artillerie ukrainienne au gens vivant en LPR et DPR me scandalisent. J’avais retranscris ici le témoignage d’une dénommée « Little Iroshima » qui montrait bien que les obus ukrainiens tombaient systématiquement sur des civils, ici citoyens de la DPR. Or, les tirs n’ont pas cessés, tuant et blessant des civils, dont enfants, toutes les nuits. Le bilan est d’environ 1 à 3 morts et une dizaine de blessés par semaine. D’autre part, les Ukrainiens s’acharnent aussi sur les équipements collectifs, tel transformateurs et stations d’épuration ou eau potable. Il n’y a pas d’explication à cette punition collective qui dure depuis plus de 2 ans.

      Plus généralement, ces officines qui dénoncent des déviations de pensée ou d’opinion me semble dangereuses. Il faut être bancal de la tronche, et sévère, pour croire que la Russie représente une menace pour notre existence, dans le rapport de force actuel. Nous dominons totalement la Russie, la culture russe, la philosophie russe (si ça existe, ?), le way of life and thinking russe, et bien entendu les forces militaires russes. En cas de conflit, nous les écrasons. Un Général américain l’a explicité devant le Sénat, et il est crédible.
      La menace russe est inexistante mais il y en a d’autres, que Berlin après bien d’autres atrocités a illustré. Je me demande si ces officines de police de la pensée ne nous induiraient pas en erreur. En tout cas, elles montrent que ceux qui se disent nos guides et nos dirigeants sont bien peu assurés de leur légitimité. Elles montrent à tous, leur incertitude et leur faiblesse. C’est bon à savoir.

      Spécial Vigneron: je vous imagine bouillant de répliquer. Pouvez-vous ne pas vous saisir d’une queue de cerise dans ma bafouille pour tenter de déconsidérer l’ensemble? Quoique vous fassiez, merci.

  6. Un exemple que nous avons tous sous les yeux depuis au moins 10 ans en fait depuis des décennies : l’asphyxie des mers. Il existe une documentation de qualité en anglais essentiellement. http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/08/16/l-activite-humaine-menace-d-asphyxie-les-eaux-cotieres_1084452_3244.html

    Ce que nous vivons le long de nos côtes, ce sont des mollusques qui meurent, des proliférations d’algues toxiques et de marées vertes qui se multiplient d’année en année, en eau de mer comme en eau douce : ce sont les premiers symptômes et leur fréquence va croissante. Mais tout le monde s’en fout ! C’est un exemple d’un « j’m’en foutisme » largement partagé : polluer et détruire ne coûte rien, peut même rapporter mais remettre les écosystèmes en état n’intéresse personne en dehors de quelques associations qui n’ont pas envie de voir leurs plages souillées. Mais elles ne sont pas encore assez nombreuses pour que les politiciens nationaux s’en émeuvent.
    http://www.lesechos.fr/thema/COP21-sciences-climat/021178267390-les-poumons-oceaniques-et-maritimes-sont-au-bord-de-lasphyxie-1135800.php

    1. @ Jean François Le Bitoux
      Un candidat à la présidentielle en parle dans ses vidéos sur Youtube. Certains diront qu’il s’agit d’une posture électoraliste pour capter quelques pourcentages de voix chez les écolos… Allez savoir…

      1. arkao
        Si c’est de Monseigneur Doublapôtre dont vous parlez, ce dernier, je suis aller le voir en conférence à Lorient en janvier 2015 (j’étais invité et j’ai pas voulu décevoir ; lâche que je suis).
        Le Sieur parla beaucoup de la mer en sachant peu. Ainsi, il ne savait même pas que dans la mer des poissons mangent d’autres poissons.
        Cela parait irréel mais c’était la réalité : les chaines alimentaires, Dom Méluche, il connaissait pas. Et cela ne l’a nullement poussé à douter ! Une boutade et il repartit plus débordant d’assurance que jamais.
        J’ai relevé 3 autres ignorance du même tonneau. Pour celles-là, personne n’osa lui faire remarquer son ignorance des choses de la physique-chimie.
        En 2 ans, je dis ne pas qu’il n’a pas pu apprendre un peu dans le domaine des sciences. Mais de là à penser qu’il ait pu comprendre les plus simples notions de thermodynamique, il y a une rigole que je ne franchirais pas. Il est parti de si loin !

  7. Le vrai problème c’est que nous ne sommes pas équipés pour ressentir la fonction exponentielle. La fonction exponentielle est une « salope », excusez du terme. Et pourtant nous en sommes tous le résultat (développement du foetus).

    Un volcan crache de façon à ce que ses cendres doublent la surface occultée du soleil tous les jours et c’est la fin en N jours. Quel jour la surface occultée atteindra-t-elle la moitié de la surface (réponse valide pour tout N)? Est ce que à 6% de couverture, on se rendra compte du danger? Cad 4 jours avant la fin du monde? Certainement quelques précurseurs qui ne seront pas pris au sérieux (Einstein, ce Ryckover que je ne connaissais pas).

    En fait pour un changement, il aurait fallu commencer il y bien longtemps à mettre dans la tête des enfants qu’une croissance epsilon en pourcent double la richesse tous les 70/epsilon années. Par exemple les 2% que certains veulent chercher avec les dents, en 100 ans, ça nous met un certain nombre de français qui devront consommer comme 500 millions de français actuels (seulement 3 cycles soit x8 en partant de 65 millions). Et 1 milliard dans 140 ans.

    Perso j’attend la fin, la collective ou la mienne. Pas sûr que la mienne arrive avant la collective. Et j’espère que mon fils, 29 ans, ne fera pas d’enfant. Mais parceque je ne veux pas lui gâcher ce qui lui reste de vie, je ne lui en parle pas (je suis un lâche).

    1. @ Arnould

      La fonction exponentielle n’est pas naturelle pour nous, et on ne l’apprend pas assez tôt. Elle devrait faire partie du cursus obligatoire de tout citoyen « impossible de sortir du collège sans en savoir le principal », ce qui ne serait pas si difficile à condition d’éviter trop de formalisme mathématique.

      Cela dit, d’autres situations que nous sommes naturellement mieux équipés pour comprendre, parce qu’elles font partie de la vie courante, peuvent être utilisées pour faire comprendre de manière imagée ce qui se passe :
      – La goutte qui fait déborder le vase, le petit mouvement qui suffira à faire tomber une tasse en équilibre au bord d’une table, bref tout ce qui est effet de seuil et basculement
      – Le paysan fou qui mange toute sa récolte sans en laisser suffisamment pour la suivante, bref tout ce qui est surexploitation d’un bien renouvelable menant à perte de sa capacité à se renouveler

      1. Pas les Fonds Souverains, c’est des Fonds des top universités US qu’évoquait Piketty. Et les 10% de rendements me semblent un peu relever de l’histoire ancienne, du moins à voir les chiffres de la plus grosse dotation ($35 milliards), celle d’Harvard bien sûr. C’est plus du 5,8% depuis 5 ou 10 ans et du -2% pour l’année 2015/2016…
        http://www.hmc.harvard.edu/docs/Final_Annual_Report_2016.pdf
        Au fait, améliorez votre rendement, ne payez pas pour le K au XXIe, c’est à télécharger intégral et gratos :
        https://fernandonogueiracosta.files.wordpress.com/2014/05/piketty-thomas-le-capital-au-xxie-siecle.pdf

    2. @Arnould 21 décembre 2016 à 18 h 16 min
      Entièrement en accord avec vous, on ne joue jamais les derniers coups d’une partie d’echecs dés lors que le mat est acquis. Pour les plus joueurs, on peut toujours trouver la meilleure façon d’accélerer la fin…le coucours est ouvert aux enfants. Pas doloriste pour un sou mais encore moins adepte de la mort lente.

  8. Le problème, c’est la puissance de la bêtise alliée au manque de sensibilité.

    Tout sera probablement mangé jusqu’à la dernière miette.

    C’est fort embêtant.

    1. Depuis Platon et Aristote, c’est l’hubris, toujours l’hubris.
      Et même avant (les pyramides…)

      Je co-anime – modestement – un atelier philo à l’échelle du quartier, et le prochain sujet justement c’est :
      « Quel est le moteur de l’histoire ? »

  9. Article très intéressant. Beaucoup de mécanismes en jeu et ça reste pour moi assez confus. Si je vous suis bien, le ralentissement économique et la hausse du prix de l’extraction du pétrole vont faire qu’à un point, les compagnies d’extraction pétrolière arrêteront d’investir dans la recherche de nouveaux gisements. La relance économique aura besoin d’un bas prix de l’énergie, alors que l’extraction de nouvelles ressources nécessitera de larges investissements, et on sera donc dans une impasse. Correct?

    1. Florian
      Vous avez bien compris. Mais il y a d’autres subtilités.
      Pour bien appréhender le big-bazar du Pic du pétrole, dépassé en 2006, l’année avant 2007 – tiens ! comme c’est bizarre – lisez le blog « OIL MAN » de Mathieu Auzanneau.

  10. Un énième pensum d’article « Apocalypse-pikole pour les nuls » alors que le problème est d’arriver à ne pas cramer plus de 20% des réserves connues, difficile de faire plus décalé, en restant poli.

    1. Les analyses de Tverberg – qui a pu prévoir à l’avance la chute du prix du pétrole de 2014 qui avait surpris à peu près tous les autres, ce qui crédibilise son travail – pointent vers un autre scénario, qui n’a guère été discuté ailleurs à ma connaissance. Voir par exemple https://ourfiniteworld.com/2014/04/11/oil-limits-and-climate-change-how-they-fit-together/ qui n’existe malheureusement pas en français.

      L’analyse est rassurante sur l’avenir à long terme de l’humanité… mais pour une raison qui pourra faire frémir notre génération. En gros, Tverberg voit la crise d’effondrement économique puis technologique généralisé résultant des mécanismes décrits dans le texte traduit ci-dessus arriver à court terme, suffisamment tôt en tout cas pour que l’essentiel des réserves fossiles encore présentes dans le sol y demeurent. Les capacités technologiques auraient suffisamment baissé pour rendre pratiquement inaccessibles le plus gros des réserves encore existantes.

      Ce qui serait une excellente nouvelle pour l’avenir à long terme de l’humanité : l’essentiel du réchauffement climatique serait évité, et bien sûr le risque de construire une intelligence artificielle hostile qui prendrait le pas sur nous serait réduit à zéro.

      Ce serait aussi une nouvelle particulièrement mauvaise pour la génération actuelle. En somme, les conséquences seraient pour nous, très vite, non pour dans une à deux générations ni même dans vingt ans. Et pour cette raison, les conséquences seraient moins graves…

      Enfin, au sens où la diminution brutale du bien-être moyen ainsi que de la population humaine bientôt serait moins grave que son extinction à terme. Ce serait un « moins grave » assez particulier…

      Cela dit, autant la possibilité d’un effondrement à quelques années est crédible – voir les arguments de Tverberg – autant je ne suis pas sûr que la partie optimiste de ses conclusions soit vraiment crédible. Elle n’a pas fait d’évaluation de ce que des technologies plus basses permettraient encore d’extraire de carburants fossiles post-effondrement, et il ne me semble pas du tout assuré que le total n’en soit pas suffisant pour accélérer encore le réchauffement jusqu’au basculement dans un régime vraiment dangereux pour l’espèce.

      Je pense avant tout aux réserves de pétrole restantes, dont plus de 60% sont localisées dans le Golfe, et si j’ai bien compris relativement faciles d’accès. Celles-là, je les vois assez mal être interdites par une baisse technologique, sans un effort conscient et déterminé de s’en priver pour éviter d’empirer le réchauffement.

      Effort qui n’est pas du tout dans l’air du temps, si l’on veut bien creuser sous le village Potemkine des accords de Paris 2015. Et qui pourrait l’être encore moins dans un contexte post-effondrement économique. De même qu’après son effondrement économique en 1991-93, l’ancienne Union soviétique ne s’est pas exactement privée d’accéder à ses réserves de gaz et de pétrole… elle a fait exactement le contraire.

      Un effondrement économique généralisé risquerait fort d’avoir des conséquences comparables : en plus du coût humain résultant de la grande paupérisation, affrontements inter-ethniques au moins ponctuels, concentration des richesses restantes dans quelques mains, et pompage assoiffé des dernières réserves de fossile encore accessibles pour servir la richesse de ces oligarques.

  11. Un article qui traite des limites sans parler de la perte de biodiversité et du changement climatique, c’est osé.

    La pénurie physique de combustibles fossiles N’EST PAS un problème, puisqu’on ne peut plus en extraire qu’une petite fraction si on veut ne pas se retrouver avec plusieurs mètres d’élévation du niveau des mers (=destruction de toutes les grandes villes côtières), des déserts immenses en plus, des ouragans monstrueux, et des pénuries d’eau douce un peu partout d’ici à 2100.

    En un certain sens le problème est donc beaucoup plus grave que ce que suggère l’article, parce qu’en plus de devoir gérer une transition super accélérée vers une économie qui ne serait pas fondée sur les combustibles fossiles, on va en plus devoir le faire assis sur des énormes réserves de ces combustibles…et résister à les extraire alors que la situation sera déjà vachement tendue.

    Vu comme ça, il va falloir un bon gros saut du niveau de conscience collective de l’humanité, et très vite. Quand on voit historiquement la vitesse avec les sociétés évoluent (trèèèès lentement), ça n’est pas très encourageant…

      1. @JL

        Merci ! J’ai beaucoup apprécié le message du lien sur Eisenstein que vous mettez en référence. Ce message dénote du discours ambiant, il apporte une note positive qui, sans être mièvre, est vraiment la bienvenue.

    1. oui. Et si ce saut de conscience ne vient pas ? on rééduque à la chinoise, comme pendant la révolution culturelle ? à la cambodgienne façon Polpot ?

      1. « on rééduque à la chinoise, comme pendant la révolution culturelle ? »

        N’avez-vous pas quelque proposition voire exemple personnel et/ou réflexion personnelle plus constructive et progressiste
        à proposer ?

        Mais, je vous rassure, il y a mieux et plus progressiste que votre proposition : https://www.youtube.com/watch?v=p5o9Z51qYKg

        En tout cas, ce n’est pas ce dont parle C. Eiseinstein dans son article.
        Je pense que Jane Bouvier, entre autres, et ce qu’elle a fait avec des enfants Roms, en est assurément, une bien meilleure illustration et exemple en acte.
        Mais qui cela intéresse t-il au milieu de cette chienlit virale, pathogène et pathologique des coeurs et des esprits ?

        http://roms5962.fr/roms/wp_actu_une_page.php?pg=1313
        http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/jane-bouvier-recompensee-son-action-aupres-roms-843447.html

        Mais que voulez-vous les êtres sont SI egoïstes et SI cupides, SI incurables de connerie koi, que vous avez entièrement raison, c’est TOTALEMENT perdu d’avance, mieux vaut Trump, le Brexit, voire Dorothée, comme force de proposition.
        En attendant la mort voire l’apocalypse mais sans Saint-Jean , et plutôt avec Trump voire la putinie, être « mort » avant l’heure, en esprit, est une trés bonne force de proposition, vous avez raison !

        Sûr, ça dépote un max ! Sympathy fot the Devil ? What else ?

        « La question qui est posée ici est la même que Samuel Laurent des Décodeurs abordait il y a quelques semaines dans Le Monde :

        « Face à cette démocratie post-factuelle, la presse est désarmée : que faire, lorsque son lectorat croira plus facilement une information militante, mais partagée par une personne de confiance, que la vérification détaillée effectuée par un média qu’on soupçonne en permanence de toutes les manipulations ?
        Comment informer dans ce maelström où tout un chacun est devenu média, puisqu’il peut, lui aussi, partager et diffuser les informations qu’il souhaite ? Comment opposer de la complexité à des visions manichéennes et simplistes du monde ? Et comment faire, par son bulletin de vote, des choix essentiels pour tout un pays lorsque l’on n’est pas informé correctement des conséquences ? »
        La réponse ? Aller chercher les informations fausses là où elles existent et sont partagées, et les « débunker », écrit Katharine Viner. C’est ce qu’on attend des « médias fiables ». Les Décodeurs sont sur la même ligne :

        « On peut, et nous le faisons chaque jour, expliquer, vérifier, préciser, démentir les rumeurs. Encore faut-il que ces analyses soient lues et relayées auprès du plus grand nombre, ce qui n’est pas toujours le cas. On doit, on devra, à l’avenir, éduquer aux médias, à l’information, pour mieux armer les citoyens contre la manipulation d’où qu’elle provienne. »

        http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/07/12/les-medias-dans-l-ere-de-la-politique-post-verite_4968559_4832693.html

        http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/07/02/quand-le-debat-democratique-laisse-les-faits-de-cote_4962408_3232.html

  12. Si je pars du principe que cet article a raison, auriez-vous des lectures à conseiller pour mieux comprendre le monde qui nous attend (économie de subsistance) après l’effondrement? Est-il forcément apocalyptique ou peut-on déjà s’y préparer pour limiter la casse (niveau individuel et collectif), et si oui, comment ?

  13. L’altération de l’air et de l’eau par le smog est le plus grave danger qui nous menace, l’accumulation des contaminants chimiques dans ces ressources vitales va faire en sorte qu’il ne rempliront plus leurs fonctions d’où leur épuisement.
    La dégradation de ces éléments est constante, ce n’est pas parce qu’un jour le vent disperse le smog qu’il disparait et que le problème est réglé.
    C’est une menace invisible beaucoup plus grave que les changements climatiques bien que la cause des deux phénomènes soit la même c.à.d. les activités humaines.

    1. Sauf qu’en Occident, sans même s’attarder sur les grands smogs soufrés londoniens, meusiens, new-yorkais ou californiens entre 1870 et 1970, l’air comme l’eau ou les sols sont globalement moins pollués qu’il y a 30, 40, 50 ou 60 ans.

      1. Rien n’est moins certain.
        Les maladies pulmonaires et allergies de toutes sortes augmentent constamment en termes de pourcentage de la population.
        L’eau doit être traité partout avant consommation.
        On retrouve partout dans l’environnement les nanoparticules et pertubateurs endocriniens avec toutes sortes de conséquences négative connues et d’autres encore à venir.
        L’acidité des océans ne fait qu’augmenter, on y retrouvent également des dépôt de plastique incommensurable etc.etc.

      2. Vous avez raison. Les perturbateurs endocriniens sont bien réels. Leurs actions sont connues et constatées. Et ils semblent très difficiles à traiter. La seule solution à long terme est de les bannir. L’industrie chimique se vante de s’être convertie à la chimie douce, va falloir qu’elle le montre.

  14. Bonjour
    Cet article très bien documenté laisse sourdre une certaine angoisse. C’est parce qu’il adopte une approche scientifique! Cela irait beaucoup mieux en abordant la question sous l’angle de la politique!
    En effet, en politique il n’est pas d’exemple d’un problème qui n’ait été résolu en le renvoyant à plus tard! Car chaque jour surgit un problème nouveau que les électeursveulent voir résolu immédiatement, ce qui fait passer le problème n° 1 au rang 2 puis 3 le surlendemain, jusqu’à ce qu’il disparaisse naturellement de la liste. Cette méthode est particulièrement bien adaptée aux problèmes réputés insolubles. Et de fait, s’il ressurgissait un jour, ce serait à vos successeurs de s’en débrouiller non?
    Alors changez de point de vue, ce qui diminuera votre angoisse, et passez de bonnes fêtes avec beaucoup de lumières,(pas de LED, des bonnes vieilles ampoules à filaments!), et consommez! CONSOMMEZ!
    Cordialement.

  15. L’intelligence de l’être humain est bien réelle et sans limite, comme l’est son besoin de domination.

    Depuis la maîtrise du feu, nous n’avons cessé de mettre au point des procédés techniques s’appuyant sur les progrès de la science, pour produire une énergie en quantité de plus en plus importante. Nous atteignons une limite aujourd’hui, dans l’état actuel de nos connaissances et des rapports de force politiques.

    Certains prétendent que des procédés permettant de produire une énergie « libre », disponible sans limite et quasi gratuite, ont déjà été découverts (voir les travaux de Nicolas Tesla) et qu’ils attendent, dans les tiroirs ou coffres forts, le moment de « pouvoir » être mis en application.

    Si c’est le cas, arrivera probablement le jour où les hommes d’argent verront un intérêt à ouvrir ces tiroirs.

    Un fait certain : c’est le capital qui dirige le monde. Il a intérêt en principe à ce que la vie sur terre se perpétue. Espérons seulement qu’il ne tombe pas entre les mains de fous trouvant un plaisir dans la destruction de notre planète.

    Nous n’avons pas d’autres choix que de faire confiance à notre intelligence collective, nécessairement collective.

    1. Vu la répartition – scandaleusement disproportionnée – des cons et des génies, qu’on veuille bien m’indiquer par quelle alchimie l’intelligence collective l’emporterait sur sur la connerie collective.

    2. Tesla je crois, avait eu l’idée d’exploiter les différences de potentiel entre les basses et hautes couches de l’atmosphère. Il réussissait aussi à allumer une ampoule en transmettant de l’électricité sans fil avec une certaine fréquence. L’ennui, si mes souvenirs sont bons, c’est que ça pouvait détruire aussi le cerveau…

      1. l’existence de tel génies doit donner de l’espoir. Un seul génie dans ce genre, tel que Papin en 1680 ou Tesla en 1910, peut changer fondamentalement toutes les données du problème.
        Cependant, d’ici là, toute la biodiversité perdue ne reviendra pas…

      2. Tesla, un expert du magnétisme, un expert défricheur cependant.
        Les « magnétismes » gardent toujours une grande part d’inconnu: on y glisse volontiers de la magie 😉
        Tesla, aujourd’hui, aurait fort à faire pour rectifier tout ce qui se dit sur son nom. Dans ses propres expériences, il mettait de la puissance, sans connaître les effets des champs magnétiques modulés sur le vivant.
        C’est du même ordre que les expériences sur la radio-activité.
        Rares sont les personnes, scientifiques, capables de vulgariser dans cette matière, capables aussi d’aider à faire la différence entre le possible et les chimères (énergie libre et gratuite, machines à rendement sur-numéraire… on en trouve cependant à foison sur le net, donnant de faux espoirs).
        Et quand un telle personne fait ce qu’elle peut, gratuitement, pour nous éclairer, nous déniaiser, elle est ostracisée.

        Le milieu scientifique ne vaut pas mieux que le milieu politique.

  16. Les limites physiques de la croissance concernent la
    croissance DES PRODUITS PHYSIQUES.Aux produits non
    matériels ne correspondent A PRIORI de telles limites.
    Bien au contraire,la « croissance immatérielle »,pour faire
    court (et bien orientée,)est de nature NEGUENTROPIQUE.
    Malheureusement,des croissances à contenu immatériel
    peuvent en rajouter encore au mouvement vers
    la hausse de l’entropie généralisée….

  17. @Anna : la même chose mais dite autrement avec des propositions totalement décalées par rapport à la pensée (« dominante », inconséquente, égoïste) d’aujourd’hui

    Dès que l’homme fait appel à l’énergie pour l’aider dans ses tâches ou pour fabriquer ses produits, l’homme a décuplé, centuplé ses forces et son potentiel de production. Il a eu l’ingéniosité de mettre toute son énergie dans la conception de machines qui, à nouveau, ont décuplé, centuplé son potentiel de production. Imaginons que nous ne disposions pas d’énergie, de machines combien d’heures de travail serait nécessaire pour fabriquer une voiture à la main ?

    Oui, sans pétrole, sans les moulins à eau, à vent, les premières turbines électriques, le nucléaire, nous serions restés des agriculteurs. La croissance mondiale en serait restée à 0,05% par an, le temps que tous les zones agricoles de la planète soient cultivées ! L’exploitation massive des ressources de notre planète a débuté vers la moitié du XVIIIè siècle. L’invention de la machine à vapeur est probablement le marqueur de ce changement. Depuis 1850, la population a cru de 1,5% par an en moyenne avec des pointes à 3% pendant la période 1960-70. A ce rythme-là, la population mondiale serait multipliée par 20 en 200 ans.

    Si l’on regarde dans le rétroviseur du passé, le chemin parcouru, les richesses non renouvelables dilapidées en 250 années donnent le vertige. Si nous faisons attention ou avions fait attention, la terre restera (serait restée) habitable 100.000 ans de plus sauf catastrophe inévitable d’ailleurs.

    Si nous ne basculons dans le renouvelable à 100%, et si nous ne jugulons pas la croissance de la population, c’en est fini de la gente humaine. Inutile d’appeler à la rescousse les études de Pierre, Paul ou Jacques. Serions-nous sourd à ce qui nous dépasse, à ce qui nous parait insoluble ? Les média seront-ils capables de nous guérir de ce qui nous tétanise ?

    La finance, la monétisation des échanges, ce fut la cerise sur le gâteau. L’endettement est un accélérateur de croissance. Ne pas le comprendre, c’est se priver de la possibilité de juguler la crise économique actuelle. Comment réduire l’endettement ?
    La fortune des français, c’est 7 à 8 Pib, la dette de l’Etat c’est 1 Pib. Je ne veux pas vous faire le coup des vases communicants. Je suis sûr que les plus riches d’entre nous seraient prêts à faire des donations à l’Etat sans pour autant qu’ils aient à se priver de grand-chose. Rêvons un peu !
    L’endettement des sociétés d’investissements (qui spéculent) peut revenir à zéro. Il suffit de le décider. Tous ceux qui ne possèdent pas d’épargne financières récupéreront ce que les fonds ne prendront plus. C’est trop simple à écrire, mais ce n’est pas très loin de la vérité.

    Quant aux taux d’intérêt, je suis favorable au taux d’intérêt « zéro » généralisé à tous les aspects de la vie économique, avec comme contrepartie, un cadrage strict de l’endettement des ménages, des entreprises, de l’Etat. Faisons preuve d’imagination.

    Pour lutter contre la déflation, comment se fait-il qu’on n’augmente pas les plus bas salaires. C’est trop simple peut-être ! Cela amputerait-il trop les bénéfices des entreprises ? Cela empêcherait-il les entreprises de racheter leurs propres actions ?
    Avec la suppression de tout dividende, l’endettement des entreprises chutera, le prix des actions aussi. Pour éviter la cata financière et pour éviter que nos retraites en prennent un sale coup, les actions seront remplacées par des obligations de même valeur, indexées sur l’inflation mais à coupon zéro.

    Parlons productivité. Elle se fait au détriment de l’emploi et au profit des dividendes que la finance essaye de préserver. Dividende zéro, cela redonne la marge de manœuvre qui nous manque pour
    – augmenter les bas salaires,
    – payer plus cher l’énergie décarbonnée, le recyclage des matières premières rares, la troisième, donc créer des emplois solvables (dont on peut payer les salaires)
    – combler le déficit de l’Etat.
    On pourrait parler de productivité zéro, la productivité industrielle comblant la déproductivité terrestre présente et passée.

    C’est trop simple, c’est impossible vous diront ceux qui possèdent. Je vous affirme que c’est simple et possible si on le fait sur 10 à 20 ans, avec constance.
    Avons-nous le choix, je ne crois pas.

    Happy Christmas, Happy new year, happy ending

    1. A ce rythme-là, la population mondiale serait multipliée par 20 en 200 ans.

      Quel « rythme là » ? Le max de la croissance démographique mondiale a été de 2,2% en 1963, pas 3%. Mais la croissance démographique mondiale depuis 1850 a été de 1,1% (de 1,2 milliard à 7,3), pas 1,5. Et aujourd’hui on file gentiment mais sûrement vers moins de 1% (1,13% en 2015) avec une tendance à l’accélération de la baisse de ce taux de croissance depuis 2010. L’avenir c’est un peu plus nombreux mais beaucoup plus vieux puis de moins en moins nombreux mais Ehpadisés.

      1. L’ONU décrit trois scénarios différents / à la population mondiale en 2100: 15,8, milliards, 10,1 milliards et 6,2 milliards. Avec un taux de fertilité semblable à aujourd’hui, ça ferait quand même… 27 milliards. Tout va bien.

      2. J’aimerais que cette vision d’un changement démographique « amorti » soit exacte, Vigneron. Je pense plutôt que nous sommes promis à un changement démographique brutal, dans le sens de la dépopulation.

        L’humanité est passé de 1 milliard d’individus au début du XIXème siècle, à 7 milliards aujourd’hui, parce qu’elle a trouvé les énergies fossiles, comme une colonie de fourmis qui aurait trouvé un pot de miel ouvert.

        Les hommes ont cru que leur prospérité était due au progrès. Il y a eu du progrès, c’est sûr, mais surtout un bon gros pot de miel, c’est désormais évident.

        Et maintenant que ce qui reste dans le pot de miel est, plus ou moins, soit inaccessible, soit empoisonné, que va-t-il se passer, à votre avis ?

        Le plus probable est que la dépopulation se fera à un rythme que l’humanité n’a jamais connu, même dans les périodes les plus cataclysmiques (grandes pestes, effondrement d’empires, guerres mondiales, etc…).

        Peut-on penser qu’un rythme de dépopulation en centaines de millions par an soit compatible avec le maintien des conditions de la civilisation ?

        D’ordinaire, j’évite d’exprimer de façon aussi désespérante ce que je pense, parce que c’est stérile, alors qu’il y a quand même des choses utiles à faire, mais ici c’est le sujet même dont nous parlons, et les lecteurs du blog de P.J. aiment regarder les choses en face.

        Il faut être heureux, quand même, et résolument, et il ne faut pas être désespéré d’agir, résolument. Bonnes fêtes à tous…

      3. Avec un taux de fertilité semblable à aujourd’hui, ça ferait quand même… 27 milliards.

        Faut apprendre à compter avant de prétendre raisonner. Au taux de 2015 (1,14%) c’est 16 à 17 milliards en 2100.

      4. @vigneron,
        Vous avez la répartie toujours cinglante et bien souvent acérée dans sa vérité crue mais la question ne me semble pas être celle de la précision à une décimale près ou du « rythme » ou de donner des leçons de mathématiques à ceux qui ne savent pas compter… pour ne pas aborder certains sujets qui fâchent
        Continuer à penser, laisser entendre sans vouloir accepter la contradiction qu’on pourrait éventuellement passer de 7 milliards d’habitants à 17 Milliards sans modifier les possibilités « d’une vie bonne pour tous » , c’est soit se mettre un peu le doigt dans l’oeil, soit être dans ce qu’on appelle parfois le déni, non ?

      5. calmos @vigneron. Pressé j’avais repris le chiffre sans vérifier sur un site écolo (qui citait un responsable de la démographie à L’ONU). Quant à vos chiffres ils vous mettent le nez dans le guidon « L’avenir c’est un peu plus nombreux » … dites-vous…
        la carte n’est pas le territoire…

      6. Effectivement, c’était le point primordial de ce que j’ai écrit, « Monsieur Je recherche la toute petite bête » et dont on ne connait pas vraiment le point de vue ! Découvrez-vous Meussier !

    2. « Les média seront-ils capables de nous guérir de ce qui nous tétanise ? »
      constatons qu’ils font plutôt le contraire. En 10mn de TV, ils ont déjà essayé de me vendre 5 voitures.

      1. @Vincent
        Nous avons les média que nous méritons, ceux qui exploitent nos faiblesses humaines etc… Inutile de développer, c’est tellement évident.

  18. L’intelligence de l’être humain est sans limite ? Non, je ne crois pas, elle est très limitée, surtout l’intelligence collective, et c’est bien cela qui conduit inexorablement à l’extinction de notre espèce.
    Notre cerveau n’est pas adapté au monde que nous avons créé, qu’il a créé. Il était tout à fait adapté pour survivre dans une nature hostile peuplée de tigres à dents de sabres, et d’ours des cavernes, mais pas dans le monde technologique que notre « intelligence sans limite » a créé. Notre cerveau a permis l’avènement d’un monde dont la complexité est telle qu’il est impuissant à appréhender cette complexité dans sa globalité, et à faire face aux contradictions existentielles engendrées par elle. J’aimerais tant me tromper, mais malheureusement, je ne vois pas dans l’évolution de notre humanité contemporaine de grandes raisons de croire que nous sommes capables de bifurquer, de quitter la trajectoire mortifère qui nous mène au crash final.
    Nous sommes sur de mauvais chemins, nous le savons et le constatons de plus en plus, mais ne voulons pas emprunter ceux qui pourraient assurer notre survie en tant qu’espèce. Comme le dit François Roddier, il y a une tendance naturelle à se que se développent des systèmes complexes, car ce sont ceux qui dissipent le plus d’énergie. Mais lorsqu’ils dépassent un certain seuil de complexité informationnelle ils s’effondrent, car plus ils sont complexes, plus ils sont fragiles, et manquent de facultés de résilience par carence de capacités adaptatives vis à vis des changements qu’ils induisent eux-mêmes sur leur environnement. Ils s’effondrent sous le poids d’une complexité devenue trop grande. Dans ce cas, si tout va bien, tout repart de systèmes plus simples, plus neufs, qui évoluent à leur tour en devenant de plus en plus complexes jusqu’à s’effondrer à leur tour. Ce processus est-il linéaire, a-t-il une fin ? Ou est-ce un processus cyclique sans fin, God knows ?
    Juste une remarque finale, c’est un peu aussi ce qui arrive aux individus, l’embryon évolue pour donner un être macroscopique d’une grande complexité, le cerveau en particulier est un organe des plus complexes, mais cette très grande complexité informationnelle a un prix : notre finitude temporelle. Il serait trop coûteux en terme énergétique de nous réparer à l’infini, c’est pour cela que la nature a programmé notre effondrement individuel (ce que nous nommons « mort »), mais que la vie rebondit via la reproduction, sexué dans notre cas, et la création de nouveaux individus neufs, et c’est reparti pour un tour avec du nouveau qui a plus de capacités d’adaptation. Les transhumanistes, pensent qu’ils vont pouvoir grâce à leur « intelligence sans limite » défier les lois de la nature, je demande à voir… Dans tout les cas, leur bio-ingénierie sera tellement coûteuse qu’elle ne pourra bénéficier qu’à une infime minorité de riches, et ces chimères seront-elles encore ce que l’on appelle des êtres humains, j’en doute.

    1. Merci pour votre intéressant commentaire.
      Il me semble que si nous sommes sur le mauvais chemin c’est que nous réfléchissons toujours en systèmes réversibles.
      Le deuxième principe de la thermodynamique s’applique à tout l’univers mais notre cerveau est toujours formaté comme vous le dites par un monde de prédation où tout est fini.
      Un moteur à explosion peut être monter et démonter autant de fois qu’on le veut pas un arbre qui est aussi une splendide machine thermique.
      La nature a résolu le problème, elle recycle son entropie en augmentant la quantité d’informations de son système.
      Notre mort n’est rien d’autre que ce recyclage, c’est elle que nous devons copier, notre mort fait partie de ces cycles thermodynamiques de l’univers.
      Comme vous je pense que les transhumanistes sont de doux et dangereux rêveurs.
      Soit les sociétés humaines bifurquent pour recycler leur entropie dans un système irréversible soit disparaissent, à nous de choisir …. si on le peut.
      C’est une question de bifurcation cultuelle

  19. Quand je parlais de ces sujets ici même il a quelques années, Paul me répondais : »Malthus est l’ennemi ». J’ai quitté ce blog depuis. Ça avance trop au ralentit ici.

    1. Bonjour,

      La fin de la croissance, le dérèglement climatique, et enfin l’extinction de l’espèce…
      Et vous trouvez que PJ ne va pas assez vite?
      Pas la peine d’accélérer puisque selon lui, on est au bout.
      Malheureusement pour notre pauvre planète, je pense que « l’évolution de l’espèce humaine » dont s’enorgueillissaient jadis nos philosophes comme nos scientifiques et qui confine à présent à l’autodestruction volontaire, ne suffira même pas à garantir l’extinction de tous les cons, ce qui serait pourtant un pas décisif vers le succès total (vu qu’on est tous le con de quelqu’un)…
      Et je sais d’ailleurs que beaucoup ici le regretteront à mon propos, comme je le déplore moi-même au leur.
      C’est à peu près pour cette raison que moi aussi, j’ai décidé de ne plus faire partie de l’espèce en question sur ce blog.
      Sur ce, Adieu.
      Eric.

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