La confiance dans les médias est en berne. La faute à qui ?

Le Monde affiche : La confiance dans les médias poursuit sa chute, et l’on s’étonne dans la presse en place, dont Le Monde fait partie, qu’il en soit ainsi.

Mais pourquoi s’en étonner ? Comment peut-on s’en étonner quand celui qui s’étonne a dû se retrouver en diverses occasions dans la même position que moi-même dans la même publication : de voir la parution de son papier d’actualité repoussée à perpète « parce qu’on a trouvé une page de pub » ? Parce que – figurez-vous – dans la presse dans l’état qui est le sien aujourd’hui, il est cent fois plus important de publier dans l’urgence une page de pub qu’une analyse de plus du marasme qui est le nôtre du fait que les puissances d’argent mettent leur veto à toute tentative d’améliorer les choses.

Non, l’information n’est pas de mauvaise qualité pour ce qu’on lit dans la presse en place. Elle est de mauvaise qualité pour ce qu’on n’y lit pas : pour le mensonge par omission, pour tout ce dont on ne parle pas parce qu’un annonceur pourrait s’en sentir froissé, parce qu’un propriétaire de journal ou de chaîne TV pourrait s’en offusquer. Elle est de mauvaise qualité parce qu’elle ignore toutes les questions que ses lecteurs se posent et dont ils doivent du coup chercher les réponses sur un Internet où les désinformateurs de tout poil sont à la fête. Elle est de mauvaise qualité – et le problème est peut-être là surtout – parce que si un éditorialiste de la presse en place n’est pas de droite, c’est parce qu’il est d’extrême-droite, avec la caution d’un quelconque Prix littéraire que nos zélites auront voulu lui décerner, ou d’une quelconque Académie où elles auront voulu le faire entrer, comme sceau de leur reconnaissance pour sa dévotion envers le statu quo.

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