L’eau potable va-t-elle être captée par les multinationales ? par Christophe Thro

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le droit à l’eau potable

Depuis les années 1990, on assiste à la mise en place de manœuvres mondiales autour de l’eau à une échelle d’autant plus inimaginable que le silence des grands médias français à ce sujet est accablant, à de très rares exceptions près.

Le Conseil Mondial de l’Eau a été fondé en 1996 et compte parmi ses 350 membres, des gouvernements, des ONG, des sociétés commerciales multinationales (Veolia, le groupe Suez, le groupe Bouygues, SAUR, EDF, Rio Tinto, etc.) et aussi des organisations de protection de l’environnement (WWF, Green Cross International, Action contre le Faim, etc.). Ayant son siège à Marseille, elle organise tous les trois ans un Forum Mondial de l’Eau, dont plus récent a eu lieu en Corée du Sud, à Daegu-Gyeongbuk en avril 2015. La déclaration ministérielle finale du Forum Mondial de l’Eau ayant eu lieu à La Haye en 2000 avait conclu que l’eau était un besoin vital (et non un droit) et qu’elle devait être considérée comme un bien économique dont le prix pouvait être fixé et varier selon les règles du marché mondial. L’eau était donc considérée comme une marchandise négociable, privatisable, une valeur intégrée dans le fonctionnement financier des échanges commerciaux internationaux et des marchés boursiers. Dans le contexte d’une économie libérale, la gestion publique de l’eau est présumée comme inadéquate et insuffisamment performante. L’état de délabrement des canalisations de certaines villes, de perpétuelles et importantes fuites, des méthodes de gestion dépassées, une technologie périmée, un retraitement quasi-inexistant représentent effectivement d’énormes difficultés dans de nombreux pays. De même, il est certain que les investissements pour construire et entretenir des réseaux d’adduction d’eau potable dans des cités en perpétuelle croissance (rappelons qu’en 2050, 70% de la population mondiale vivra dans des villes) sont énormes, et certaines villes ne sont financièrement pas capables de les assumer, d’autant plus qu’elles ont bien d’autres problèmes tout aussi urgents à financer et à essayer de régler. Dans bien des cas, des entreprises privées sont alors chargées de la construction des réseaux, de la distribution de l’eau potable, du recyclage dans des stations de retraitement, grâce à un transfert de prise en charge sur parfois plusieurs décennies selon diverses modalités contractuelles qui adoptent assez fréquemment le modèle français de la gestion déléguée. (*source : La gestion déléguée de l’eau, de Marcel Boyer, Michel Patry et Pierre Tremblay, Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations –CIRANO, Montréal, 2001). Schématiquement, la gestion déléguée permet à la municipalité de rester propriétaire des infrastructures, tout en attribuant à des sociétés privées le fonctionnement de la totalité ou d’une partie des prestations de distribution et de recyclage de l’eau potable. Les services fournis par ces sociétés ont bien évidemment un coût, qui comprend également leur rémunération, puisqu’il s’agit de sociétés commerciales qui ont l’obligation de présenter des résultats bénéficiaires aux actionnaires et aux marchés financiers. Ce coût est pris en charge par l’utilisateur final en fonction du volume d’eau qu’il consomme, et, comme cela n’est pas possible dans tous les cas, notamment dans les pays en voie de développement, l’eau potable est alors subventionnée par l’administration de la ville et/ ou par l’Etat, c’est-à-dire par l’impôt ou par d’autres revenus publics.

L’ensemble de ces modalités n’est pas nécessairement critiquable lorsqu’elles sont basées sur un véritable partenariat qui permet aux populations d’être alimentées en eau potable, aux municipalités de se concentrer sur d’autres sujets tout en exerçant un droit de contrôle, aux sociétés privées de se spécialiser dans des procédés et des technologies complexes tout en disposant d’une marge bénéficiaire. Mais, comme nous pouvons le constater chaque jour, et à propos de multiples sujets, nous ne vivons pas dans un monde idéal.

En France, c’est une loi de 1790 qui a confié la responsabilité de la fourniture de l’eau potable aux communes. Elles ont choisi la régie directe ou assistée pour 22% d’entre elles, et la délégation vers le secteur privé à concurrence de 76%. Une loi du 2 février 1995 (loi Barnier) favorise l’information des consommateurs en obligeant les communes à dresser un rapport annuel sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable (*Note : voir par exemple le rapport 2012 de la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien). Cette disposition de la loi Barnier répond à des critiques très sévères formulées en 1997 par la Cour des Comptes à l’égard des contrats de délégation : manque de clarté, défaut d’information de la collectivité locale et des usagers, insuffisance des contrôles, absence de concurrence. En janvier 2012, la Commission Européenne a ouvert une enquête sur les entreprises Veolia, Suez Environnement et Saur (une filiale de Bouygues) qui détiennent 75% du marché privé de la gestion de l’eau en France et qui sont soupçonnés d’avoir « coordonné leur comportement sur les marchés des services de l’eau et des eaux usées en France, en particulier en ce qui concerne des éléments du prix facturé au consommateur final ».

Lorsque des groupes de pression privés essayent d’influencer les instances internationales pour qu’elles ne considèrent pas l’eau comme un droit, cela permet par conséquent de s’affranchir de tout devoir, de toute obligation et de toute forme de responsabilité. Si l’eau potable est uniquement considérée comme une marchandise librement négociable, les mécanismes de fonctionnement des marchés internationaux du commerce et de la finance ne s’intéressent aucunement au droit de tous à la vie. C’est pourquoi l’Assemblée Générale des Nations-Unies a adopté le 28 juillet 2010 (AG10967, A/RES/64/292) un projet de résolution déposé par la Bolivie qui déclare que «  le droit à une eau potable salubre et propre est un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Il convient de noter que ce n’est pas un pays occidental qui a déposé cette résolution sur une question aussi fondamentale, mais la Bolivie que d’aucuns ne savent même pas situer sur une carte. En outre plusieurs pays se sont abstenus de voter, comme par exemple les États-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, le Canada, en déplorant le manque de transparence des négociations et des difficultés de procédure (les problèmes de méthodologie sont tout aussi importants dans les instances internationales qu’au niveau des recherches scientifiques). Enfin, soulignons la date : le droit à l’eau potable est reconnu 41 ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune…

Cette déclaration de principe ayant au moins l’avantage d’exister, la réalisation concrète de ce droit à l’eau prendra peut-être 40 années supplémentaires ce qui laissera le temps aux différentes délégations nationales de se mettre d’accord sur une meilleure méthodologie, et à l’homme de faire ses premiers pas sur Mars. Tout au moins si nous disposons encore de suffisamment de temps.

Le droit à « une eau potable salubre et propre » va devoir inventer des mécanismes de solidarité au sein de chaque pays pour garantir l’accès à l’eau potable des populations économiquement défavorisées. Au niveau international, une coopération devra se mettre en place pour que chaque pays puisse se doter des infrastructures nécessaires et au développement des compétences indispensables à leur entretien sur le long terme. Il faudra aussi pouvoir répondre à d’éventuelles situations d’urgence. En Afrique du Sud, l’eau est un droit constitutionnel et chaque usager bénéficie chaque jour de 25 litres d’eau gratuite. En Uruguay, c’est une campagne citoyenne qui a permis d’inscrire le droit à l’eau dans la constitution de ce pays en 2004. Ces dispositions limitent quelque peu les ambitions financières de certaines entreprises privées habituées à se ménager une position dominante dans des pays parfois façonnés par la corruption, et à pratiquer de manière généralisée le manque de transparence sur les prestations et sur les tarifs. Mais le modèle économique libéral cherche, malgré un certain nombre de revers, à s’étendre par l’intermédiaire de l’action de multinationales toujours avides de nouveaux marchés tout en s’affublant d’un discours pseudo écologique et de lutte contre la pauvreté totalement ou partiellement mensonger.

En mars 2012, Veolia (associé à une compagnie indienne) a signé un contrat avec la ville de Nagpur (2,7 millions d’habitants) en Inde. D’une durée de 25 ans, ce contrat a l’ambition d’alimenter en permanence les habitants en eau potable, y compris dans les bidonvilles, alors que la distribution actuelle ne dure que quelques heures par jour, pour une eau devenue non potable puisque contaminée par des polluants chimiques et organiques avant son arrivée chez l’utilisateur, et dont 70% de l’eau qui sort des usines de traitement est perdue en raison des fuites et des vols. Pour un investissement de 18 millions d’euros (et de 42 millions d’euros à la charge de la municipalité), Veolia compte engranger un chiffre d’affaires de 387 millions d’euros sur 25 ans, ce qui fait titrer triomphalement par le journal Les Échos : « L’Inde, futur eldorado pour les géants français de l’eau » (*source : Les Échos du 1er octobre 2012). Le journal s’enthousiasme pour « des perspectives quasi illimitées », d’autant plus que les autorités locales de l’Éat du Karnataka envisageaient des privatisations plus générales par la suite. En juin 2013, le bilan est tout autre. Seuls 27 kilomètres de canalisations avaient été remplacées sur un total prévu de 2.100 kilomètres, 876 nouveaux foyers (en tout et pour tout) ont été connectés au lieu de 6.000 prévus par mois, le prix de l’eau a été augmenté de 3 à 8 roupies par KL (kilolitre) dans une zone pilote, les sous-traitants étaient tellement sous-payés que les plombiers de la ville ont fait une grève de la faim, les matériaux utilisés étaient de qualité inférieure (avec les conséquences que cela implique sur leur durée de vie), un nouveau réservoir a été mis en place sans avoir été dépollué et la contamination du réseau a interrompu le service pendant 15 jours, la municipalité a été obligée de relever le budget de l’opération de 42 millions d’euros à 67 millions d’euros, les trafics de détournement d’eau à des fins privées à l’aide de camions-citernes par des cadres ou de simples chauffeurs n’avaient pas cessé ce qui a donné lieu à plusieurs reprises à des émeutes. L’unanimité des partis politiques (ce qui est plutôt rare) formant le Conseil Municipal a non seulement demandé au maire l’annulation du contrat mais aussi d’entamer une procédure judiciaire contre l’opérateur privé pour le non respect de certaines clauses contractuelles, etc. (*source : http://multinationales.org/Veolia-en-Inde-version-longue). Au centre de tous ces « désordres », Veolia déclarait qu’elle n’était pas « pour l’instant » dans une logique de rentabilité économique, ce qui relève presque du sketch comique pour une entreprise cotée en Bourse en pleine période d’investissement…

Un autre bilan a été établi par un magazine indien qui s’est penché sur la progression de 30 projets de contrats de privatisation de l’eau (*source : Outlook, 24 juin 2013). Les conclusions sont particulièrement sévères : aucun des projets n’avait respecté ses promesses. La viabilité de 4 de ces 30 projets est entièrement remise en question, accusations de corruption, tractations politiques et financières, manifestations de populations mécontentes, augmentation des tarifs de 100% en moyenne, opacité et lourdeur administrative, conflits d’intérêts, non respect des délais et des prestations, matériaux défectueux ou de mauvaise qualité, sont autant d’obstacles rencontrés en pratique. En décembre 2013, le parti anti-corruption Aam Aadmi (« l’homme ordinaire ») a remporté les élections municipales de New Delhi. Le nouveau maire a décidé début 2014 d’instituer un quota d’eau gratuite pour tous les habitants, affirmant ainsi que l’eau est un droit pour tous. Mais tous ne l’entendent pas ainsi : certains fonctionnaires de l’autorité de l’eau (Delhi Jal Water Board) sont accusés de corruption et de complicité avec une véritable mafia de vente d’eau par camions-citernes. Les quatre projets-pilote de partenariat public-privé mis en place entre l’ancienne municipalité de Delhi et Veolia, Suez Environnement et Jerusalem Water vont être vérifiés par une commission d’enquête, et, éventuellement rediscutés. Les oppositions restent donc particulièrement vives entre les partisans de la privatisation et la gestion publique de l’eau potable.

L’exemple de l’Inde a été volontairement très détaillé pour démontrer trois choses. La première témoigne de la grande différence qui peut exister entre des effets d’annonce volontiers repris par différents médias et une réalité objective beaucoup plus complexe et difficile, voire contradictoire, que les mêmes médias se gardent bien de rapporter par la suite. La seconde prouve que le discours des partisans du libéralisme se répandant en véritables meutes pour asséner que seule la privatisation du secteur de l’eau permettra de sauver les populations pauvres est un mensonge. La troisième enfin confirme que tant que les multinationales envisagent un nouveau contrat comme une conquête militaire destinée à piller les ressources voisines pour nourrir leur structure interne sans avoir aucune considération vraie pour le bien commun, et tant que les pouvoirs publics entretiennent le clientélisme grâce à la distribution de sous-privilèges pour assurer la pérennité élective de dirigeants politiques s’accrochant à leurs pouvoirs et à leurs prérogatives, l’accès des Indiens et plus généralement de centaines de millions de personnes à « une eau potable salubre et propre » prendra de très nombreuses années.

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40 réflexions sur « L’eau potable va-t-elle être captée par les multinationales ? par Christophe Thro »

  1. Ce genre d’article complotiste et anti-progressiste devrait valoir à ce site l’infamie d’un écusson rouge cousu sur le chasuble… méfiez-vous ils ne sont encore pas venu pour vous…

  2. https://www.youtube.com/watch?v=xKjTSJ-cmAQ

    Il est normal, dans un système capitaliste, que le capital cherche à s’investir dans les ressources indispensables au plus grand nombre, puisque c’est ce qui fait leur valeur certaine. A supposer que l’économie s’effondre, on aura toujours besoin d’eau potable!

    C’est à dire l’eau potable, les terres cultivables, le foncier recherché, les barrages hydroélectriques, les réseaux de communication, de transports en tous genres, etc. en attendant l’air pur, sans parler des bien communs offerts par la Nature, que l’on peut détruire à volonté.

    Quand donc cessera t’on de se focaliser sur les méfaits du capitalisme, pour s’intéresser de manière beaucoup plus générale, au capitalisme lui-même, … et donc aux limites qu’il faut lui imposer ?

    La questions sous-jacente est de savoir qui doit faire les lois. Les multinationales, ou les peuples? Le fric, ou nous?

    1. « La questions sous-jacente est de savoir qui doit faire les lois. Les multinationales, ou les peuples ? Le fric, ou nous ? »
      Trois fois oui.
      Mais pour se faire il faut changer la constitution pour redéfinir le mode d’organisation de la société et donc le mode de représentation des citoyens.
      Le système actuel est bien trop permissif qui autorise ou ne sanctionne pas une trop grande proximité entre les élus, l’administration et la sphère économico-financière, qui ne peut que générer des conflits d’intérêt au détriment de l’intérêt commun.

      Une constituante serait la bienvenue pour que la nouvelle constitution ne soit pas octroyée d’en haut mais écrite par les citoyens.
      Une constituante dont les membres seraient des citoyens lambda, élus et ou tirés au sort, et, toujours pour éviter les conflits d’intérêt et non jeter l’opprobre sur les élus, dont ces mêmes membres n’auraient jamais eu de mandat électif.

  3. Cet article a le mérite d’exister. D’abord parce que l’eau sera de plus un plus un enjeu politique et même géopolitique.

    Lors de mon récent voyage en Chine, on m’a exliqué que certaines sources se tarissent, ce serait un phénomène nouveau. A New Mexico, j’ai visité un Lac pratiquement désséché – comparé aux photos qui ont été pris une dixaine années avant, la différence est spectaculaire.
    Mais en dehors des phénomènes naturels, on note depuis assez longtemps déjà que la tendance néolibérale est à la privatisation. Que ce soit le système de la santé en France ou dans d’autres domaines, le but à terme c’est la privatisation. Ne comptez pas sur un gouvernement pour arrêter ca. Si Fillon gagnerait par miracle les élections (dans un pays devenu ubuesque comme France, tout paraît possible), les privatisation seront à l’ordre du jour.

    1. @ xavier37 dit : 8 février 2017 à 18 h 19 min

      « Encore une fois, il faut que les citoyens cessent de déléguer aveuglément.
      La présidentielle peut être une occasion de faire bouger les choses ? »

      Très certainement. Mais à condition que les citoyens ne se laissent pas abuser lorsqu’on les invite à donner leur délégation de pouvoir à de beaux parleurs qui jouent sur leur jeunesse pour séduire avec un programme utopique (Hamon) ou alors sans même proposer de programme (Macron).
      Comme si le rétablissement d’un pays pouvait se faire sans efforts visant à travailler plus et mieux tout en consommant moins à seule fin de sortir de la terrible embardée dans laquelle la France est engagée depuis 20 à30 ans.

  4. Ce thème rejoint les discussions sur les communs et sur le revenu universel versus la gratuité.
    Un peu de bon sens serait le bienvenu dans tout ca.
    La distribution de l’eau doit être publique (bien commun, droit et protection des plus démunis).
    La construction des usines de traitement réalisées par des entreprises publiques ou privées spécialisées (savoir faire & technologies).
    Bien sur, il est tentant que les entreprises se constituent des rentes avec la complicité de dirigeants trop souvent corrompus (comme on l’a constaté en France dans l’histoire récente).
    Dans un état de droit et démocratique, la loi devrait définir les principes de partage des activités publiques et privées pour les activités vitales (réseaux, transports, système bancaire, santé, information…).
    Encore une fois, il faut que les citoyens cessent de déléguer aveuglément.
    La présidentielle peut être une occasion de faire bouger les choses ?

    1. La distribution de l’eau doit être publique (bien commun, droit et protection des plus démunis).

      Publique ou privé, peu importe, elle doit surtout être effective, traitement des effluents compris. Voir l’Inde.

    2. « Bien sur, il est tentant que les entreprises se constituent des rentes avec la complicité de dirigeants trop souvent corrompus  »

      Ah! Là je ne comprends pas, généralement, les entreprises s’octroient des bénéfices sur leurs productions qu’elles réinvestissent.
      Une rente est généralement octroyée à un rentier qui n’a rien foutu pour la percevoir.
      Ceci dit, tout à fait d’accord, la gestion de l’eau doit rester dans le domaine public, c’est depuis que le privé s’en est mêlé que les choses sont en train d’aller à vau-l’eau (c’est le cas de le dire)

      1. Amener de l’eau potable rapporte moins que permettre de surfer sur un smartphone ou que de rechercher le dernier buzz sur internet… Bon faut dire que c’est un vrai travail pour un vrai besoin.

  5. Et la cause de la dégradation de la qualité de l’eau, avez-vous une petite idée? Et la cause de l »épuisement de cette ressource?
    Et que doit-on faire pour remédier à ces situations?

      1. https://www.youtube.com/watch?v=7RXHDEi79EI
        OÙ? Partout, pesticides, fertilisants chimiques, pétro-chimie, etc.
        Quand l’eau n’est plus potable ce n’est plus de l’eau.
        Les deux derniers articles de Thor, ceux de Soubeyrand sur les mines et autres le démontrent très bien.
        La contamination est graduelle, au début imperceptible mais l, accumulation est constante jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour revenir en arrière, quand ton mélange de peinture est fait essaie de revenir à ta couleur de base…..

      2. Ok, alors ce doit être « pour ça » que la qualité des eaux s’améliore constamment en France et en Europe. « Pour ça » signifiant « opération du St Esprit ».

      3. Et la surexploitation des nappes phréatiques, c’est une théorie du complot ?
        En Inde, dans tout le Moyen-Orient et l’Afrique, notamment du Nord, sans parler de la Californie ou de l’est de la Chine ?
        Certes en France on a pas de problème d’eau, mais on a des problèmes avec les réfugiés des régions où il y en a (à commencer par la Syrie, en ce moment).

      4. Alea jacta es
        L’eau,l’air et les terres arables propres augmentent les statistiques des maladies dites de causes environnementales……

      5. Effectivement, faudrait confier la gestion des ressources en eau syriennes, du Moyen-Orient en général et de l’Afrique du Nord, et pis du monde entier aux Israéliens…

      6. En tout cas, dieu merci, le glyphosate a remplacé les triazines, métolachlore et cie dans les pulvés. Et avec des seuils pour les phytos dans l’eau potable à 0,1 µg par litre, soit une partie pour 10 milliards, y’a de la marge. Pour mémoire, si une partie est une seconde, alors 0,1 µg par litre représente une seconde tous les 310 ans. Ça fait peur. Plus le risque de faire un cancer diminue dans ce pays, plus la peur du cancer augmente.

  6. Tout le monde connait Michèle Rivasi ici ? La député européenne EELV. Ben aujourd’hui elle organise à Bruxelles une projection-débat du film anti-vaccin Waxxed de l’infréquentable pote de Trump, Andrew Wakefield, qui, Merveille des Merveilles, sera PRESENT. Et rebelote avec les mêmes à Paris lundi 13.
    Faut faire le ménage chez les Verts, urgemment.

    1. Correction, devant le tollé, Rivasi a annulé la projection à Paris (mais pas le débat) et le pote de l’agent orange est déprogrammé.

    2. Quand on pense qu’elle n’était qu’à dix points de Jadot au deuxième tour de la primaire EELV… Vous étonnez pas après qu’elle appelle à une candidature unique Hamon/Monsieur/Jadot, elle a le CV pour.

  7. Pour vigneron. A propos de certains de vos messages tel que celui-ci : « Ok, alors ce doit être « pour ça » que la qualité des eaux s’améliore constamment en France et en Europe. « Pour ça » signifiant « opération du St Esprit ». Ou encore celui-ci : « Quelle dégradation de la qualité de l’eau ? Où ? Par rapport à quand ? Idem pour « l’épuisement ».
    http://www.eaufrance.fr/IMG/pdf/evaluation_2010-2013_201506.pdf »
    Vos remarques enrichissent en effet le débat, mais permettez-moi de vous contredire sur certains points (a contrario cela ne signifie pas non plus que je suis d’accord avec l’ensemble de vos autres remarques et jugements parfois quelque peu péremptoires). Car des échanges contradictoires appellent en effet à citer des sources crédibles.
    L’une d’entre elles est un article d’une évaluation du site eaudefrance pour les années 2010-2015. Cet article mentionne globalement non pas une augmentation mais une stabilisation de la dégradation des eaux. De plus cet article mentionne dans ses conclusions : « La proportion de masses d’eau de surface en bon état écologique en France est assez comparable à la moyenne européenne de 38,8%. Cela situe la France en 14e position » et « En 2010, la France se situe en 15e position, avec une proportion de masses d’eau en bon état chimique légèrement supérieure à la moyenne européenne qui est de 35,4% »
    Bon. Donc la France se situe en 14e et 15eme position sur les 27 pays européens pour un « bon état ». L’excellent état lui oscille plutôt entre 1% et 3 %. Et entre 62% et 65% des masses d’eau douce sont donc significativement polluées. La qualité des eaux ne s’améliore donc pas ou seulement de manière marginale, même si, je vous l’accorde certaines régions font de gros efforts.
    Ensuite, il est en effet nécessaire d’entrer dans les détails. La présence de certains produits chimiques diminue en effet dans un certain nombre de cours d’eau par suite de l’effet positif des réglementations. D’où d’ailleurs l’intérêt des réglementations étatiques : si l’on dérégule comme le veut la tendance actuelle de la mode idéologique, il est plus vraisemblable de penser que la libéralisation autorise davantage de rejets et donc de pollution dans les cours d’eau ce qui ruinerait des années d’efforts. D’autres produits chimiques par contre progressent, comme les nitrates : http://www.eaufrance.fr/IMG/pdf/nitrates_20142015_201607.pdf
    Enfin, vous évoquez les périodes de références. Les statistiques précises et les prélèvements systématiques sont relativement récents, une trentaine d’années pour les plus anciennes. Mon article se place dans une perspective temporelle bien plus vaste que le quinquennat si cher aux hommes politiques.
    Une dernière chose : si vous voyagez comme je le fais régulièrement en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, je suppose que vous avez également personnellement vu l’état des fleuves et rivières remplis de plastiques et autres amas d’immondices. Boire un seul verre de cette eau nous enverrait directement au mieux à l’hôpital, au pire dans la tombe.

    1. Je voyage pas et pas besoin de voyager dans le temps ni de statistiques historiques du Ministère ad hoc du moment pour se souvenir de l’état de nos rivières y’a 40 ou 50 ans. Je dis rivières, je devrais dire dépotoirs ou canaux d’évacuation avec confluents puants et estuaires-anus. Un pote garde-pêche fédéral m’a dit un jour « si tu veux connaitre l’état d’un cours d’eau, demande à un vieux pêcheur ». Me souviens la Vézère ou la Dordogne
      Comme j’en ai pas un sous la main pour témoigner à cette barre et n’étant ni pêcheur ni chasseur, donc juste un con, alors je lis ça :

      Le nombre d’espèces augmente significativement à l’échelle nationale, passant de 8,1 espèces en moyenne en 1990 à 9,5 en 2009. Sur les 590 points de prélèvement, 343 montrent une tendance à la hausse (dont 77 de manière significative13) et 202 à la baisse (dont 27 de manière significative).

      http://www.eaufrance.fr/IMG/pdf/poissons_19902009_201305_synthese.pdf
      Mais les chiffres sont très probablement truqués (probabilité à plus de 0,95), évidemment.
      Comme prétendu par la troll verdâtre unique commentatrice et poil sur un œuf au bas de cet article dans la revue des anciens de l’X, Le Jaune et le Rouge…
      http://www.eaufrance.fr/IMG/pdf/poissons_19902009_201305_synthese.pdf

    2. Sans entrer dans les détails, sans remonter aux sources(!), sauf à une seule, j’appelle Jean, qui nous a fait une révélation:
      « Le tiers des eaux… les eaux sont devenues amères »

      Certains aiment l’absinthe, mortelle.

      1. Ami aquatique bien équipé
        QUEUE PLUS GROSSE
        « Avec sa queue plate, ses dents acérées et sa réputation de bâtisseur de barrages, le Castor d’Europe peut toutefois être confondu avec le ragondin, espèce classée nuisible et autorisée à la chasse. «Même si le castor est plus gros et que la queue du ragondin n’est pas plate, les gens peuvent confondre», constate Paul Hurel, l’animateur régional du réseau Castor de l’Oncfs. D’où l’effort de pédagogie de l’office, qui ne voudrait pas voir cette timide recolonisation mise à mal par des tirs intempestifs. «On ne peut pas parler d’installation pérenne, ce sont peut-être un ou deux individus qui sont passés», prévient prudemment Paul Hurel, qui prévoit des campagnes de prospection sur le terrain cet hiver, à la recherche des huttes caractéristiques. »
        http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-castor-d-europe-de-retour-en-ile-de-france,75291

  8. Ce qui m’étonne c’est qu’on évoque pas ici la grande opération de travaux publics turque des années soixante dix. Je veux parler des nombreux barrages qui enquiquinent ses voisins en leur « squattant » du débit plus loin sur le Tibre et l’Euphrate.
    Les tentatives de négociations sur l’eau (mes souvenirs sont un peu vieux) dans la région fut un échec cuisant.
    Je me souviens qu’un haut gradé de la Défense me disait que si aucun accord n’était trouvé en matière d’eau, ce serait la guerre assurée dans la région. Visiblement, il avait raison.
    On en parle plus du tout….

    1. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
      Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
      Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
      Vivre entre ses parents le reste de son âge !

      Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
      Fumer la cheminée, et en quelle saison
      Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
      Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

      Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
      Que des palais Romains le front audacieux,
      Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

      Plus mon Loire gaulois, que le TIBRE latin,
      Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
      Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

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