(Plus de) 20 ans après – ou l’exemple d’un projet de construction d’un hôpital en matériaux locaux en Mauritanie, par Emmanuel Rousseaux

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je voudrais apporter un petit témoignage sur la réalisation d’un projet d’hôpital réalisé en matériaux locaux en Mauritanie, à laquelle j’ai pris part entre 1988 et 1991. L’idée fait suite à une vidéo récente de Jean-Luc Mélenchon, où il parle de la filière de la construction écologique en terre, comme un élément de son programme. Il est intéressant de voir qu’il y a 30 ans, on expérimentait et développait des projets de construction en terre, notamment dans les pays dits « en voie de développement », et qu’aujourd’hui cette question revient un petit peu à l’ordre du jour.

Ce projet, dans la lignée de plusieurs projets de construction à cette époque, développait une certaine philosophie de la construction et de projets dits de « développement intégré », recherchant la valorisation des ressources locales : matériaux, technologie et main d’œuvre. Initié en 1981 et mis en œuvre par une ONG connue à cette époque dans ce secteur, l’ADAUA (Association pour le Développement d’une Architecture et d’un Urbanisme naturel Africain), le projet avait été conçu et réalisé dans une région sahélienne au sud de la Mauritanie à Kaedi, où la culture du riz est fortement développée (via, d’ailleurs, des financements européens), utilisant l’irrigation permise par le fleuve Sénégal. La construction utilisait la brique cuite à la balle de riz. Le bâtiment avait été construit suivant une technique de coupoles édifiées sans coffrage bois (le bois étant rare et onéreux, essentiellement importé), s’inspirant ainsi d’une technique ancestrale, remise à jour par le célèbre architecte égyptien Hassan Fathy à New-Gourna près du Caire. La main d’œuvre et les approvisionnements de chantier provenaient essentiellement de la région.  Bref, ce projet était dans la lignée d’un modèle de développement qu’on appellerait aujourd’hui « durable ». La conception fonctionnelle de l’architecture voulait répondre à des conditions locales de mode de vie : les malades étaient pris en charge par les familles accompagnantes (pour la nourriture et la toilette en particulier). Toutes les chambres d’hôpital donnaient sur l’extérieur. Aux abords du bâtiment furent construits de larges abris pour les visiteurs. Des toilettes extérieures avaient été également réalisées aux abords du bâtiment, alimentées en eau à partir d’un château d’eau, lui-même alimenté au moyen d’une éolienne. Ainsi, l’ensemble du projet était pensé dans l’optique d’une utilisation maximale des ressources endogènes. Bref, ce projet fut réalisé avec succès (l’hôpital mis en service en 1991). Mais certaines péripéties firent que l’ADAUA fut dissoute et ne réalisa donc plus de nouveaux projets.

Depuis j’ai pu observer que ce type de projet n’a plus été soutenu par les politiques publiques et les bailleurs de fonds. Un virage « libéral » réorienta les projets de construction vers des filières dites «  conventionnelles », utilisant essentiellement la construction avec des parpaings de ciment, des toitures en tôle ondulée ou du béton armé (le ciment étant importé en Mauritanie), qui constituent aujourd’hui la quasi-totalité de la construction des villes, du moins en Afrique de l’ouest, à ma connaissance.

Je me souviens, à ce propos, d’une étude portant sur l’économie de la construction en Mauritanie, qui comparait en détail les différentes filières de la construction dans le pays. Elle concluait que le prix de revient de la filière de construction en matériaux locaux était sensiblement comparable à celle des matériaux dits « conventionnels » de type parpaing ciment ; mais la structure des coûts différaient beaucoup, et en particulier la valeur ajoutée locale des constructions en matériaux locaux était beaucoup plus importante. Grosse différence ! Pour faire vite, je dirais que les politiques dites « libérales » ont tourné le dos aux filières locales, pour, sous couvert d’efficacité, privilégier les techniques importées et exogènes. Et pourtant, je peux témoigner qu’un projet comme l’hôpital de Kaedi a eu un impact très bénéfique pour l’économie locale durant sa réalisation, car une portion très importante de l’argent de la réalisation était dépensé sur place, et avec un impact plus important sur l’activité de la ville. On pourrait ajouter à la considération purement financière, celle de faire appel à la main d’œuvre locale et donc, de créer des emplois. Enfin ce projet faisait d’une certaine manière, la fierté des habitants, beaucoup plus que si le projet avait été en quelque sorte entièrement importé.

A travers cet exemple, je voulais illustrer quelque chose que je trouve significatif de la période actuelle : le modèle dit « néolibéral » semble de plus en plus montrer ses limites et poser des problèmes, en particulier du fait des enjeux environnementaux, mais aussi économiques, sociaux et culturels.  Et il me semble que cela illustre deux modèles économiques : le modèle « libéral » semble avoir totalement occulté la notion de structure de coût, tant interne qu’externe. Le « prix du marché » est devenu le seul critère valable, et a effacé toutes les autres dimensions telles que le bénéfice pour l’économie locale, la qualité environnementale, sociale ou culturelle.

A quelles conditions le redéveloppement de filières locales aujourd’hui, dans un système économique où le prix concurrentiel est devenu le seul critère, serait réalisable ? Je laisse à la réflexion….

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88 réflexions sur « (Plus de) 20 ans après – ou l’exemple d’un projet de construction d’un hôpital en matériaux locaux en Mauritanie, par Emmanuel Rousseaux »

  1. En reprenant le problème à l’envers…
    Ne sont-ce pas ces “basses technologies” qui s’avéreront les plus efficaces pour la reconstruction après le désastre annoncé ?

      1. Peut-être ces savoir-faire seront plus faciles à reconstituer que les processus high-tech.

        Lequel de ces deux archéologues du futur entendra nos musiques: celui qui aura trouvé un microSD remplie de *.mp3 ou celui qui aura en main un 33_tours ?

      2. La preuve, c’est un Italien qui conçoit l’hôpital de terre cuite des Mauritaniens et un Français qui les encadre…

  2. On devrait se déterminer pour l’élection à venir en fonction du candidat permettant le renouveau d’une aide à retombées locales, en Afrique et ailleurs, dont la France.
    La condition de base est clairement : « l’ ultraLibéralisme est néfaste ».
    Donc Mélenchon.

  3. @Emmanuel Rousseaux
    Ce billet va devenir une référence incontournable.
    À la question “A quelles conditions le redéveloppement de filières locales aujourd’hui, dans un système économique où le prix concurrentiel est devenu le seul critère, serait réalisable ?”, il me semble que vous démontrez très bien par cet exemple, que le modèle “libéral” doit être remplacé par un modèle qui suit une “éthique” tenant compte de l’environnement, dont la dimension holistique reste à définir.

    1. Dans une dimension holistique, on s’abstiendrait de gaspiller de la balle de riz pour faire cuire des briques en Mauritanie quand on devrait en faire de l’isolant pour les Suédois…

      1. Si la cuisson a été faite comme ça ils sont pas allé au bout de la démarche, en Mauritanie on doit sans problème et à moindre coût pouvoir cuire les briques au four solaire.

      2. Un four solaire pour cuire des milliers de briques pleines à 900° tous les jours ? Sérieux ? T’imagines le monstre ?

        1
      3. Pas de pirouette, le holisme c’est no limit, sens dessus dessous, cul par dessus tête et en impesanteur.

      4. “le holisme c’est no limit”
        Cool, il y en a qui savent voyager. La soupe de tortue a des vertus insoupçonnées. Youpi.
        Plutôt carnivore je suis. Cela dit, je respecte les gouts d’autrui pour les reptiles chéloniens.
        Surtout lorsque ce met a des effets générant un tel enthousiasme et une si belle inspiration.
        Ne boudons pas notre plaisir.
        Pop life.
        http://artjuice.net/roadsworth-street-art-route/

      5. “Si vous n’aimez pas la manière dont je suis habillé dans mes vidéos…”

        Franchement, M Jorion, vous exagérez : vous n’en n’avez pas marre de vous faire tailler des costards gratuitement… 😉

      1. Précision : 4 millions de briques représente une estimation d’une partie du chantier….entre 1988 et 1991. En réalité on peut chiffrer à plus de 20 millions, sans compter les carreaux en terre cuites, etc.
        Main d’œuvre : fluctuant entre le chantier de construction lui-même et la briqueterie (disons en moyenne 25 + 30)….Sans compter les artisans locaux, les fournisseurs, sous-traitants, etc…

      2. C’est bon, à 50 roros par mois de salaire et 3 000 à 4 000 briques par tête dans le même temps, le coût de la main d’œuvre est pas limitant…

  4. Il y a effectivement une trentaine d’années que des recherches sérieuses ( dont pas mal à l’école nationale de travaux Publics de l’Etat ENTPE , que j’avais eu à alimenter) ont été faites sur l’utilisation des matériaux dits non nobles pour la construction . Pour celle que j’ai le plus connue il s’agissait de s’inspirer des constructions en pisé de la région Dauphiné .

    Il y a d’ailleurs un colloque très prochain qui montre que l’aventure se trame depuis plusieurs décennies :

    http://www.bioterra.fr/laboratoire-de-genie-civil-et-batiment-de-lentpe/

    La résistance aux nouveautés ( qui n’en sont pas , pas plus que le vent , le soleil et les marées ne sont des “énergies nouvelles”) est peut être le fait du “prix concurrentiel ” qui a fait la gloire de ce cauchemar des architectes et de ceux qui pensent et prouvent que le beau est le meilleur des “placements”, cauchemar qui a nom “parpaing” , mais la vérité est sans doute plus complexe et la “faute” partagée par de nombreux acteurs .

    Les équipes de l’ENTPE qui travaillent sur ces produits depuis longtemps sauront sans doute vous transmettre leurs déceptions et leurs espoirs .

    1. La référence colloque est de 2016 , mais je crois qu’une édition 2017 sur des thématiques voisines est en cours .

    2. @ Juan
      Quand on fait de la vraie maçonnerie en pierre, le mot “parpaing” n’est pas un cauchemar du tout. Il s’agit d’une longue pierre positionnée perpendiculairement à l’allongement d’un mur, de telle sorte qu’elle soit visible de part et d’autre de ce mur, ce qui le renforce (si vous voyez, à intervalle régulier, des pierres dépasser d’un mur bien plan, en général, ce sont des parpaings).

      Le capitalisme et le néolibéralisme détournent les mots, en faisant croire qu’ils sont nouveaux, et en changent les sens, toujours du positif vers le négatif.
      Ainsi le parpaing, qui désignait une bonne chose, est devenu un objet marketing que l’on présente comme une solution universelle alors que c’est une merde sur toute la ligne (je dis ça sans vouloir nuire à l’image de Lafarge-suissé toujours prêt à faire du buzinesse, avec Trumpette ou avec les islamistes.

      Autre exemple : “écosystème”. L’endroit où se développe la vie est devenu habituel afin de désigner un ensemble économique présenté comme le nec plus ultra pour générer de l’emploi alors que l’économie néolibérale provoque toujours des destructions environnementales, sociales et énergétiques, et nous faire vivre dans une grosses merde.

      1. Juan,
        “Moellon” fait aussi partie du vocabulaire de la maçonnerie. Il peut être ébousiné, taillé, têtué ; positionné en boutisse, panneresse, carreau, parpaing, claveau, clef, sommier, couronnement …
        Pour le vil produit de la normalisation néolibérale, “Bloc de béton normalisé” aurait suffit, soit “BDPN”, un nom de merde pour une merde.

      2. @Ecodouble :

        J’ai vérifié dans mon dictionnaire préféré et , en effet , j’ai retrouvé une étymologie via les étrusques et l’ancien français ,soit “pierre très maniable en raison de son poids et de sa forme” : modillon , mutule, mutulia , moulon , mailon ,moelle, moillon: Pierre très maniable en raison de son poids et de sa forme .

        Mais j’ai une excuse , car on y dit aussi que dans le sud est de la France , Savoie et du Rhône à la Provence , il est de coutume d’appeler ainsi un ….” parpaing en aggloméré ” .

        On gardera “aggloméré” quoi qu’on ait ainsi aussi bien un minéral que du bois . Les menuisiers dans l’âme pourraient d’ailleurs faire les mêmes critiques que les maçons dans l’âme, à ce type de matériaux où c’est la colle qui définit l’objet .

        En attendant , comme en matière de langage, cent fois sur “l’opus incertum” il faut remettre l’ouvrage .

        PS : BDPN ou BDBN ?

      3. BDBN of course. Je ne manque jamais de faire des fautes d’orthographe. Hélas.
        Sinon, pour un géologue, le moellon en aggloméré de sable est en grés, celui en aggloméré de sable et graviers est en microconglomérat et celui en sable et liant hydraulique reste du BDBN du Poubélien supérieur tardif.

  5. Ayant restauré une maison en torchis chanvre et argile, fournis par une briqueterie picarde, je suis attentif à ce premier stade d’émission de CO2 qui mettrait en cause la seule fabrication de parpaings ou de briques cuites.
    Une tonne de béton provoque l’émission de 900kg de CO2 ( je suppose qu’on parle ici d’équivalent-CO2) :
    http://www.humanite.fr/et-si-parlait-du-bilan-carbone-des-delocalisations-633230
    On connaît, grâce au rapport du Sénat de juillet 2015,le coût de la pollution de l’air en France soit 100 milliards € par an – ce qui ne prend pas en compte les effets des mêmes gaz à effet de serre sur le reste de la planète ni nos contributions à la catastrophe en cours.

    Il règne un grand mystère sur les émissions GES dans les transports aériens et maritimes : on ne peut ni ne veut savoir le coût CO2 d’une tonne de parpaings entre l’Europe et par exemple la Mauritanie.
    Le citoyen lambda ne comprend pas pourquoi les émissions de CO2 ne sont pas imputées au pays de départ d’un navire ou d’un avion ??? Pourquoi le coût des émissions GES ( si quelqu’un peut s’y coller…) n’est pas répercuté dans le prix du parpaing livré à 5000km de son lieu de production.
    C’est le brouillard, le doute fabriqué qui règne, au point que le lobby du transport aérien est parvenu à ” sortir” de l’accord climat du Bourget en 2015, et a inventé une mesure compensatoire qui consiste à re-forester, par exemple en palmeraie, des forêts tropicales abattues.

    1. Ce que j’en dis c’est parole d’amateur, sous prétexte que mon arrière grand-père était maçon immigré dans le Val de Saône depuis le Limousin ( ces “maçons de la Creuse” qui eurent à s’adapter à la concurrence du béton armé…
      La construction en terre est assez traditionnelle aussi en Dombes et Val de Saône,des régions riches en galets et graviers. ( un sous- bassement sec est nécessaire pour construire en terre non cuite) Un bâtiment en pisé ou torchis s’est avéré bien aussi résistant dans le temps que celle en parpaings préfabriqués moderne, déterminée à s’appuyer sur une économie de l’offre, plus rationnelle, et sans doute estimée plus directement rentable que d’imaginer un petit appareillage pour brasser le torchis et surtout tasser les banchées horizontales superposées. Ce qui aurait été possible à l’époque ou Peugeot et la Manu de St Etienne étaient spécialisés dans le petit outillage électrifié. L’entreprise en PME du XXeme siècle remplaçait une main d’œuvre auparavant nombreuse pour un travail très pénible sur le chantier lui-même, et offrait aux salariés un travail mieux régulé. On reprendra bientôt ces techniques anciennes, en les rentabilisant, grâce à des robots et des programmations 3D, dès lors qu’il y aura bientôt pénurie mondiale de gravier? De m^me qu’on va proposer à l’industrie de construire pour l’agriculture non plus de puissants tracteurs détruisant les sols en monoculture , mais des petits robots pour désherber en connaissance de cause des espaces désormais adaptés à la permaculture ( technique paysanne que pratiquaient déjà au XIIeme siècle les moines dominicains et cisterciens, me semble-t-il)… Dans le principe, on y pense déjà, on cherche des prototypes.

      1. Cher Pierre
        Je crains que si “on” trouve les prototypes, il faudra chercher ensuite, en vain, les métaux et l’énergie nécessaires aux machines de série ; les enfants des prototypes.
        Et pour finir, une question : C’est qui “on” ? Paseke moi je sé pa sé ki !

      2. “Un bâtiment en pisé ou torchis s’est avéré bien aussi résistant dans le temps que celle en parpaings préfabriqués moderne,”

        Oui et dans ce cas précis, ce projet collaboratif, cet bâtiment superbe, a valeur d’exemple et aurait vraiment mérité que cette association de bienfaiteurs trouvent d’autres partenaires pour continuer ces constructions et acter ses projets. L’éco-construction, en bois ou en terre a vraiment de l’avenir, n’en déplaise aux lobbies du ciment !

        “Alain Leclerc reste optimiste : « Ce qui a tué l’architecture en terre au lendemain de la guerre, c’est que l’État a massivement subventionné l’acier pour faire du béton armé, et l’énergie des cimenteries. On a pu construire en hauteur en béton armé parce qu’on n’en payait pas le vrai prix. Mais la nécessité de vivre au niveau de nos moyens va faire loi. »
        http://www.bastamag.net/L-habitat-en-terre-une-voie-alternative-de-construction-bloquee-par-les-lobbys

        http://www.lemoniteur.fr/article/le-congres-mondial-terra-2016-s-ouvre-a-lyon-32658295
        http://www.capital.fr/immobilier/actualites/la-construction-en-terre-ne-se-cache-plus-1146215#

    1. La lecture de l’article d’Alice Minette, “Développement, une recette empoisonnée”, recommandé pour une bonne mise en perspective du concept de développement, très intéressant, merci !

    2. Qu’une théorie soit erronée n’empêchera jamais qu’elle soit considérée comme vraie, si de puissants intérêts s’y retrouvent. C’est absolument sans importance.

      Dès lors la population se scinde en :

      – Ceux qui savent qu’elle est erronée, mais la promeuvent car il y va de leurs intérêts…,

      – Ceux qui savent qu’elle est erronée, et tentent de le faire savoir (ce qui se paye souvent assez cher),

      – Ceux qui, de par leur soumission aveugle au 1er groupe, y croient dur comme fer et la propagent donc massivement, telle une maladie contagieuse, dont ils ignorent tout.

      – Les dindons.

      Ce qui explique que les lois qui régissent la finance (Adair Turner…), le développement (des pays du sud…), ou encore celles de la construction (en parpaing…) soient erronées.
      Et le pompon: notre système capitaliste, puisque basé sur la propriété privée des ressources… communes(!).

      1. Et donc le sieur Castro, qu’a écouté Rosling, est-il un et/ou vendu, et/ou un rebelle, et/ou un serf, et/ou un dindon ?

      2. Castro était d’abord rebelle à une théorie soutenue par des intérêts beaucoup plus puissants que les siens, pour lesquels il s’était en effet vendu en soutenant sa théorie alternative, qui toutefois était beaucoup moins nuisible.

  6. La subsidiarité sera toujours mis à mal par la liberté d’entreprendre du plus riche, le libéralisme économique n’a pas vocation à concevoir ses propres garde-fous, il gardera toujours ses contradictions internes.

    1. N’est ce pas de droit à l’ignorance, ces privilèges qui construisent les statuts ? Et qui simultanément détruisent la démocratie ?

  7. Depuis que l’on parle de “monde fini”, depuis que chacun peut visualiser la Terre vue de l’espace ce qui est assez récent, chacun peut comprendre que “global” et “local” répondent à une même logique, globalement local ou localement global cela revient au même dans ce monde fini. Qui dit local dit concurrence, le protectionnisme n’est pas la bonne réponse au libre-échange et les usa en ont d’ailleurs abusé pour assurer leur domination. Mais qui dit global dit Monsanto qui tue la concurrence. Il devrait donc y avoir une autre piste. De plus peut-on privilégier la main d’oeuvre locale quand on vient de l’étranger? Qu’un hôpital fasse la fierté des habitants on le comprend mais on commence par être fier et puis on se sent supérieur au voisin, fier d’être français, parisien, marseillais…et parfois on finit à l’hôpital après s’être foutu sur la gueule!

    1. Je me lance à répéter ce que chacun sait sur ce blog : le rapport logique entre “global” et “local” a son modèle idéal dans toute église romane .C’est bien l’intuition sensible d’un “monde fini”, avec le projet d’unir la Terre ( substances matérielles quadrangulaires assemblées ) avec le Ciel (formes essentielles circulaires et sphériques) selon le bas et le haut; le tout selon un plan d’orientation en croix tracée au sol, fixant un rapport immédiat ( local donc) avec le cosmos. Dans chaque terroir une grande diversité des solutions résultantes provient de la diversité des conditions locales ( géographie physique, climats, qualité des matériaux) Il y a certes libre échange, mais d’ordre intellectuel: seulement sur la manière de réaliser en fonction du milieu de vie cette définition commune. De plus c’était écologiquement soutenable.

      1. Espérons que ” l’intuition sensible d’un monde fini” ( que j’ai parfois appelé la conscientisation majoritaire de la finitude de notre terre , naissance mondiale à la perception des liens universels , événement crucial de ce siècle ) nous reviendra à temps avant la fin de l’espèce et de ce même siècle .

        C’est aussi la condition de la “Responsabilité” ( que j’ai parfois avancé comme la clé de voûte commune entre le philosophe et l’anarchiste , entre le “je pense donc je suis” et le ” je fais donc je suis”) qui nous permettra de survivre et vivre , en honorant à la fois l’individu et l’ensemble de l’espèce .

      2. Mais on ne sera pas étonné que Pierre nous parle ainsi de l’église dans toutes ses acceptions ( ou presque) .

      3. “C’est bien l’intuition sensible d’un « monde fini »….avec le cosmos.”

        Il me semble que c’est plutôt l’inverse : l’intuition et la transposition de l’infini, du ciel sur terre. L’idée des bâtisseurs, financeurs inclus, était de manifester le lien entre le monde de la création (spirituelle, immatériel) et celui physique de la création (matérielle), et inversement. Avant tout, il s’agissait de matérialiser cette non-séparation de l’Esprit et de la matière, soit acter son aspect tangible dans la vie physique. La construction romane, devenait ainsi un livre ouvert, explicitant cette même création. Les techniques de construction, le choix du lieu, la fondation et les sculptures étaient indéniablement sous-tendus par ces aspects. Les bâtisses et les lieux de culte ont été édifiées par des esprits profondément religieux au sens de relier. Dans l’esprit d’un bâtisseur ou d’un maître d’ouvrage du Moyen-Âge, le monde ne peut être fini, car il est en perpétuelle création. Et ce, quel que soit le “plan” sur lequel il se situe, voire se situait. Dans son esprit tout était relié (logos kosmos), voire sacré, car par essence, la création est un processus d’échange et de renouvellement continus. À ce titre, elle est donc infinie. Seule sa manifestation matérielle est périssable.

        http://www.guidecasa.com/se-documenter/bibliotheque/visiter-une-eglise/lorientation-dune-eglise/
        http://www.leoncel-abbaye.com/symboles_art_roman.html

      4. La Responsabilité est ineptie, vanité, naïveté campagnarde dirait Nietzsche, “la causa sui est la plus belle contradiction interne que l’on ait conçue jusqu’à présent, une sorte de viol et de dénaturation de la logique”. C’est un concept, mythologie. “La psychologie est le chemin qui mène aux problèmes fondamentaux”. Responsabilité ou irresponsabilité, il doit y avoir une autre piste là aussi. “Dans “l’en soi” il n’y a absolument pas de relations causales, l’effet ne succède pas à la cause, aucune loi ne le régit”, avait-il écrit. Ce monde fini est plein de ressources, jusqu’à l’agonie.

      5. Ce mythe de la responsabilité peut figurer le sacré, comme si hors de la logique l’homme pouvait survivre en tout bien tout honneur.

      6. Si on remplace”loi” par “logique”, la phrase de Nietzsche serait qu’aucune logique ne régit l’en soi. La violer ou la dénaturer pourrait donc faire de la causa sui la force anarchiste, homme dieu et maître, son propre serviteur de lui-même et de son espèce.

  8. Sur le “low tech” : l’architecture en terre a fait l’objet de nombreuses recherches, expérimentations et innovations, notamment à Grenoble pour la France. (Terre crue et non cuite comme dans l’exemple du billet). Comprendre pourquoi de la terre crue “tient”, calculer et améliorer les techniques, est bien plus “high tech” que la majorité des construction en parpaing ou en béton banché des constructions habituelles. (De même que les techniques d’agriculture perma ou bio sont à la pointe de recherches très avancées).
    Sur le “local” : il ressort de cet exemple qu’il y a une sorte de logique évidente à produire “local”, à plusieurs points de vue (économique, écologique, social). Mais ne vient à l’idée de personne d’affubler à ce projet un slogan comme “la Mauritanie aux Mauritaniens”. Pourquoi ? Parce que ce projet a été voulu, piloté et financé par des occidentaux.
    Tout ceci est plein de miroirs et de paradoxes… sauf la bonne volonté, qui se transmet sans langage, et qui est peut-être l’essentiel ici ?

    1. Je souscrit totalement à vos deux observations :
      – la technique de la terre stabilisée est complexe et sophistiquée – je recommande au passage les travaux de CRAterre, organisme de recherche qui travail sur le sujet depuis 1979 (basé à Grenoble), et qui est très actif…. A propos des innovations technologiques de la brique (céramique), voir tout ce qui émerge avec la robotique 3D (printing 3D), et qui permet d’ores et déjà de générer des formes absolument extraordinaires, qui présage de l’avenir…..mais c’est peut-être un autre sujet….
      – A propos de “Mauritanie aux Mauritaniens” : à noter que dès sa création en 1975, l’ONG ADAUA comprenait des membres issus de différentes nationalités, africaine (Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina-Faso), aussi bien européenne (Belgique, Suisse, France, Italie), et même Sud-Américaine. Il y avait aussi l’idée d’une approche pluridisciplinaire (rassemblant des ingénieurs, architectes, sociologues, économistes), ce qui à l’époque était plutôt nouveau, et s’est révélé très fécond.
      Mais une partie des déboires de l’ADAUA sont venues également d’une certaine ambiguïté…. les choses sont complexes, en effet.
      Dans le “produire local”, ne pas oublier la dimension culturelle, qui, dans le domaine de l’architecture et de la construction, est une dimension très importante.

      1. Rien que le fait d’introduire le dôme, l’arc et la terre cuite de l’autre côté du Sahara n’est pas anodin…

  9. Pour voir des constructions utilisant des matériaux et savoir faire locaux, il suffit de visiter les villages français et de s’intéresser à l’architecture. Les pierres ont été extraites sur place, montées à la terre. Les charpentes réalisées avec des bois locaux, taillées et assemblées par le artisans du coin.
    Le standard des nouvelles construction utilisent le parpaing de béton, le ciment portland, des aciers, des isolants synthétiques …. tous matériaux transportés sur des milliers de km et produits avec de grandes quantités d’énergie. Toutes ces fournitures sont produits et distribués par des grands groupes monopolistiques qui définissent aussi les normes de constructions.
    Demandez à un banquier ou à un assureur d’étudier un projet qui sort des clous et vous comprendrez la pesanteur du système.

    1. L’essentiel lorsqu’on compare cette construction traditionnelle avec l’organisation du travail aujourd’hui c’est qu’elle était réglée sur le temps long: le chêne planté par le grand père était coupé par le père, et mis en oeuvre par le petit- fils après des années de trempage dans une eau salée. D’où il gagnait une part de soutenabilité de ses qualité acquises durant sa vie d’arbre . Simple conscience de la place de l’individu dans un collectif spatio- temporel adapté aux rythmes de la nature. Plutôt une question de rapport au cosmos que de technicité pure. C’est de l’art donc. A coté de ça le parpaing aggloméré avec ses dimensions “standard” et le plan strictement voulu fonctionnel dans sa rentabilité, ça n’a plus rien à voir avec l’art, c’est de la “science” économique ! C’est le système économique qui a conduit à produire globalement le même “espace foutoir” ( une acosmicité). Le béton armé en soi , critiqué ici par certains, n’y est pour rien: il a permis des réalisations exceptionnelles au contraire.

      1. J’ai rien contre la cosmicité massive du béton armé de la base sous-marine de Bordeaux mais pas plus contre l’acosmicité foutraque des parpaings d’agglo d’agglos cariocas.

      2. Je suis plutôt d’accord avec votre toute première phrase qu’avec “c’est de l’art donc “.

        L’aggloméré creux en béton ( foin des parpaings et des moellons) est effectivement tout autant la signature de notre boulimie des temps courts que de la recherche de coût faible ou de moindre effort .

        Mais l’art reste mieux “présenté” selon moi , par Oscar Wilde :

        ” L’art ne s’adresse ni à l’intelligence, ni au cœur , mais au tempérament artistique” .
        ou encore :
        ” Il y a deux façons de ne pas aimer l’art: ne pas l’aimer et l’aimer de façon rationnelle “.

      3. “Simple conscience de la place de l’individu dans un collectif spatio- temporel adapté aux rythmes de la nature”

        Quel rythme ? Celui du cosmos ? Celui de l’eau ? De l’air ?
        Du feu ?
        Celui du minéral ? Du végétal ? De l’animal ? de l’être humain ?
        Tous les rythmes sont dans ma nature.
        Et vous ?

        Oui, le béton (entre autres), armé voire désarmé, permet de belles réalisations techniques et artistiques.

    1. Y’a au moins un Français célèbre dont le nom de famille est illustre à Kaedi, son père en étant originaire, Stéphane Diagana.

      1. Décidément, bien vu ! (vous êtes forts pour trouver des informations….!). J’ai connu un parent (Youssouf Diagana), avec qui j’ai eu à travailler sur le projet, quelqu’un de très digne et de très respectable……un grand souvenir !

      1. Je prends le risque de répondre à la place de l’interrogé :

        “…agglos cariocas” vise sans doute l’agglomération en tant qu’ensemble urbain .

        Mais entre minéral/ unité urbaine / ensemble de personnes ou d’objets , la notion d’agglomérat est décidément très instructive , car on y découvre qu’une ville ça peut être du béton selon Le Corbusier , ou de l’agglo creux qui se “désagrégera ” dès la première secousse .

        Qualité des matériaux et du liant , font la beauté et la pérennité finale , comme en bonne cuisine .

        Marier les “matériaux” et le liant , c’est de l’art .
        C’est de la Politique . De volonté , ou de hasard .

      2. “Marier les « matériaux » et le liant , c’est de l’art .”

        mais bien sur que non, l’art ne s’adresse ni à l’intelligence , ni au coeur, mais au tempérament artistique, l’art c’est donc forcément ; comme ce qui n’inclut pas les activités de coeur et d’esprit, quand à l’intelligence, il faut avoir fait un certain parcours dans les clous pour “briller” et être digne d’intérêt dans le firmament institutionnel. C’est sûr. D’ailleurs l’art culinaire est affaire de goût, de sens, et aucunement d’intelligence de coeur , ni d’intelligence m^me, de don, de savoir faire et d’esprit. tout le monde sait cela ! Amen !!!!

  10. Dis moi ( montre moi ) comment tu construis , je te dirai qui tu es .

    Et “tu”, ça fait beaucoup de monde , même si on se limite au territoire national. De la multinationale au client du Truc-rama du dimanche .

    “Construire” , c’est de “l’économie” , mais ça devrait être d’abord de l’art de vivre donc de la politique . Quand le marché prend le pas sur le “lien” , on a ….ce qu’on voit : quelques réussites et un fond de décor uniforme et “laid” parce qu’il n’a pas de sens humain et de “raison d’être” .

    Toute ressemblance avec le combat marché – Démocratie , n’est absolument pas fortuite .

    Le bonheur ça se construit brique à brique , mais surtout cœur à cœur .

    1. C’est bien comme vous que j’interprétais le glissement sémantique de Vigneron, qui mériterait développement. Ethymologie: agglomérer vient d’un glomus latin proche de globus ( motte, boulette), qui pourrait avoir donné aussi le mot glèbe. De quoi faire tout un billet et alimenter nos commentaires!

    2. “Le bonheur ça se construit brique à brique , mais surtout cœur à cœur.”

      oui et ça se démolit aussi avec coeur, en mettant du “coeur” à l’ouvrage , donc avec tact, beaucoup de tact, et surtout une grande application. Mais ça fait tellement rire les zenfants…..et la galerie !

  11. Parce que y’a pas que la construction (localiste) dans la vie, que y’a aussi la destruction (globaliste).

    As National Public Radio recently reported, Rep. Seth Moulton recently asked the Pentagon to confirm reports that Russia was violating the 1987 Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty by testing land-based cruise missiles. The defense department’s response: Yes. It was the first official confirmation that Russia was violating the treaty.

    “This is a big deal, folks,” Moulton said Monday.

    “Russia is violating a nuclear weapons treaty, and what has Trump done about it? I mean, he hasn’t even tweeted about it. That’s how out to lunch he is.”

    Moulton said the lack of a response could allow Putin to try other aggressive actions, similar to Russia’s annexation of Crimea.

    https://www.boston.com/news/politics/2017/03/14/at-south-by-southwest-seth-moulton-warns-of-nuclear-war-with-russia-makes-fun-of-paul-ryans-workout-routine
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/mar/15/russias-violation-of-a-nuclear-treaty-is-a-direct-threat-to-europes-security

    1. Donald le Joker, grand animateur du club putinien, a des amis. Braillard bis du Bosphore, à l’instar de son pote est également un grand fan de Twitter. Aussi, il lui tire la bourre pour agrandir le fan-club à l’international. Il s’active dur, aussi, pour développer son ulcère. Bonne nouvelle : doué comme il l’est, il va y arriver. Aucun doute. Grand bien nous fasse.
      http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/03/14/31003-20170314ARTFIG00093-si-personne-ne-bouge-nul-ne-sait-o-erdogan-s-arretera.php

    1. Oui, je plussoie itou, à la demande de Dup pour un visu, on the BPJ, pour des photos supplémentaires de la construction, avec d’autres angles de vue, si possible, svp. Merci bis.

      1. http://www.cridem.org/C_Info.php?article=43886

        17-05-2010 02:03
        Dr Wagué Diango/Hôpital de Kaédi : « Au Gorgol, personne ne veut donner son sang… »

        La semaine dernière, à Kaédi, de pressantes rumeurs ont fait état de prélèvements clandestins d’organes sur des malades au moment de leurs opérations. Ces mêmes rumeurs accusent un gynécologue de l’hôpital de Kaédi de négligences ayant entrainé le décès d’une femme. Pour plus d’information, nous avons interrogé le Dr Wagué Diango, en service à l’hôpital de Kaédi.

        Ces derniers jours, de pressantes rumeurs ont fait état de prélèvement illicite d’organes à l’hôpital de Kaédi. Qu’en est-il au juste ?

        Ce sont des rumeurs. Aucune transplantation n’est techniquement possible en Mauritanie. Donc je ne vois pas pourquoi prélever quoi ça soit. Secundo, le plateau technique pour ces genres d’opération n’existe pas en Mauritanie. Les gens regardent trop les séries télévisés et ne font plus la différence entre la réalité et le fictif.

        Il y a aussi des soupçons sur les causes réelles du décès d’une femme ?

        La femme en question allait décéder à la suite de son anémie sévère aigue (manque de sang) à cause de l’hématome rétro placentaire (gros caillot de sang entre le placenta et l’utérus) même s’il y’avait pas eu d’interventions chirurgicale.

        L’intervention chirurgicale était une indication médicale dans le but d’évacuer l’utérus et d’arrêter cette hémorragie interne qui continuer d’enfoncer la patiente et précipiter une mort inéluctable. Il fallait donc intervenir en urgence.

        L’hôpital de Kaédi serait confronté à un sérieux problème de banque de sang ?

        Oui en effet, hélas c’est la vérité. On a tendance à oublier que le sang ça se donne et que ça ne se synthétise pas. Malgré toutes les campagnes de sensibilisation et toutes les issues fatales dans beaucoup de familles, personne ne veut donner son sang au Gorgol. C’est révoltant. Ce problème est presque dépassé dans les autres wilayas.

        Autres problèmes de l’hôpital.

        C’est la prise en charge des ces de patients indigents. Des patients très souvent accompagné par une ou deux personnes qui se présentent. Quand il va s’agir d’interventions en urgence tous les problèmes vont se poser pour la prise de décision, ou bien quand il s’agira de faire une transfusion (donner du sang au malade) il y a d’interminables tergiversations et palabres. Pendant ce temps, le pauvre patient est entrain de s’enfoncer et trépasser, c’est en ce moment seulement que chacun commence à montrer sa générosité.

        J’aimerais que ces journalistes qui sont en train d’écrire des choses qu’ils ne maitrisent pas, utilisent plutôt leur énergie et écrits à la sensibilisation, afin d’amener leurs concitoyens à donner du sang, ainsi beaucoup de vie pourront être sauvées.

        Propos recueillis par Khalilou Diagana

      2. Pas sûr qu’une collation fasse venir plus de monde. En France les homosexuels revendiquaient le don de sang mais c’était interdit.

    1. Merci !

      Une version compacte ne serait cependant pas inutile dans tous les media, en cette période pré-électorale . Le Sénat y gagnerait un petit point pour sauver sa peau .

      Au détour du rapport , je note que la métaphore de la locomotive , soit pour signaler qu’il n’y en a pas , soit qu’il en faudrait une , soit pour dire qu’il faut que la locomotive raccroche les wagons qui font grève en mal-votant ( Védrines) , est très en vogue depuis quelques mois .

      Sans doute parce que ceux qui en parlent , se trouvent (ou voudraient bien se trouver ) dans la locomotive .

    2. Ils ne découvrent rien je pense. Il est rassurant qu’un tel document non jargonnant existe et que le sujet soit débattu au Sénat. 275 pages à potasser quand même… Ils pourraient le passer aux députés qui jouent sur smartphone dans les gradins.
      Merci pour le lien. A faire circuler.

      1. Une purge atterrante ce rapport des assistants du sénateur Collombat. Un interminable collier des perles et perlouses les plus battues, rebattues et convenues/douteuses de l’atterrosphère ou complosphère anti-finance. On a droit d’entrée à l’Ex nihil triomphant de la banque privée et le reste s’enfile ah ! ah ! à la queue-leu-leu, comme il se doit. Strictement rien de neuf dans ce torchon-compilation de sentiers rebattus ou bas-fonds de Web. Les sénateurs présents ont dû bien dormir ou bien se marrer, tant mieux pour eux, mais, franchement, on les paye pas pour ça.
        Sur la fiche Wiki du sénateur-philosophe PS Collombat, son seul fait de gloire notable est son amendement destiné à assouplir gentiment la définition du conflit d’intérêt des Élus, soutenu avec enthousiasme par le sénateur Longuet qu’on ne présente plus et la sénatrice Goulet que je vous présente non sans gourmandise.
        https://fr.scribd.com/document/45598229/condamnation-nathalie-milsztein
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Goulet
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Nathalie_Goulet

      2. Je vais lire cela.
        Mais si j’étais un élu, je déléguerais à un(e) de mes attaché(e)s parlementaires.

    3. Quand tu lis en page 12 d’un rapport d’information (qui contient donc en principe des “informations”) du Sénat ceci :

      “Le système bancaire a, pour sa part, le privilège, qualifié à tort de régalien puisque ce sont des banques privées qui l’exercent, de créer de la monnaie, simplement en inscrivant un dépôt dans la colonne « passif » de son bilan et un prêt dans sa colonne « actif ». Comme le dit l’adage, dans une économie monétarisée : « Les prêts font les dépôts. » En d’autres termes, la monnaie scripturale fait le crédit.”

      1. Bah, je sauve le rapport pour les bons mots de Karoutchi et quelques bribes de Galbraith Junior…

      2. @JA et pourtant… L’Implosion de Paul Jorion est cité en référence (note p.30)

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