Trump en bon père de famille

L’avocat de Donald Trump, Jay Sekulow, avait commencé par nier dans la journée de lundi que ce soit lui qui avait amendé / rédigé la version officielle des faits par son fils lorsque celui-ci s’était rendu en juin 2016 à une réunion avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, en compagnie du gendre et aujourd’hui Conseiller principal du Président, Jared Kushner, et de Paul Manafort, son directeur de campagne présidentielle.

Hier dans la journée, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a toutefois rectifié le tir : « Il n’y a pas d’erreur dans la déclaration. Le Président s’est impliqué comme le ferait tout bon père de famille ».

Sauf que qualifier de « discussion portant seulement sur l’adoption d’enfants russes par des familles américaines », un rendez-vous présenté par l’intermédiaire comme susceptible d’apporter une information « qui incriminerait Hillary dans ses relations avec la Russie et serait très utile à votre père », proposition que Donald Jr. avait accueillie par un « Love it ! » dûment enregistré dans un mail, dépasse les devoirs ordinaires d’un père de famille pour basculer, quand il s’agit d’interférences éventuelles d’une puissance étrangère dans une élection présidentielle, dans la catégorie de l’« obstruction de justice ».

J’écrivais hier dans un billet ici : « Signe certain que l’étau se resserre, les fuites ont cessé d’être du type « représailles » et de venir de l’extérieur, et émanent désormais du dernier cercle ». Je ne croyais pas si bien dire : c’est Donald Trump Jr. qui a révélé que si sa version initiale des faits avait été fictionalisée, elle l’avait été par son père.

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