Aides accordées aux uns ou rentes accordées aux autres ? par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Il n’est parfois pas facile de comprendre à qui bénéficie telle ou telle aide de l’État. Souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, le bénéficiaire désigné n’en est que le prétexte. Comme l’on dit, quelqu’un montre la lune et l’imbécile regarde le doigt.

Dans notre système, un « pauvre », un « démuni » ou un autre… (un agriculteur…), doit répondre à certaines conditions pour bénéficier d’une aide. Mais il en existe de plusieurs types. L’aide accordée à un handicapé est constituée d’argent, assez peu, mais il en dispose quand même à sa guise. Il existe économiquement une différence énorme entre cela et la situation où les aides sont fournies non pas au bénéfice de l’aidé mais ne constituent que le prétexte à une aubaine ou à une rente versée à quelqu’un d’autre.

Prenons le cas des A.P.L. (Aide Personnalisée au Logement) : il s’agit de sommes allant en définitive aux bailleurs et non pas aux locataires, à tel point que celles-ci pourraient tout aussi bien être versées directement aux bailleurs. Les A.P.L. permettent de soutenir artificiellement un marché surévalué, de petites surfaces en particulier, en entretenant un système de rentes directement versées par l’État.

La méconnaissance de notre système économique et une vision naïve de celui-ci par une partie de la Gauche fait qu’elle s’illusionne le plus souvent en parlant du « bénéficiaire de telle ou telle aide », là où celui-ci n’est que le prétexte au versement de rentes à un réel bénéficiaire. De telles « aides » vont totalement à l’encontre des principes de la Gauche sans même que celle-ci ne s’en rende compte du fait de sa vision enfantine de ce qu’est l’économie aujourd’hui. Être de Gauche ne veut certainement pas dire créer de nouvelles aubaines pour des rentiers récompensés non pas pour un travail effectué mais bien comme un loyer perçu sur une richesse accumulée, le tout étant financé par les impôts acquittés par tous.

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45 réflexions sur « Aides accordées aux uns ou rentes accordées aux autres ? par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Merci pour ce billet intéressant Jean-Baptiste Auxiètre. Mais est-ce que je peux l’interroger comme suit…?

    Que la « Gauche » s’illusionne ou/et nous « illumine » (nous éclabousse de « lumineuses rhétoriques » plutôt) en se parant du « soucie » du bénéficiaire des aides sociales, lorsque pour celles comme les APL sont touchées, quand les rentiers, propriétaires privés de multiples logements, de marchands de sommeils (hôtels miteux, etc), de bailleurs sociaux, se ravissent de voire le prix de la pierre, et la spéculation immobilière, se porter comme un « charme », doit-il nous faire oublier ce que la droite (de celle « buissonnière » aux centrismes « jupitériens ») à détourner des mécanismes d’aides sociales, de la redistribution.. du partage… au travers notamment des NON RECOURS, qui concernent aussi les aides aux logements, en plus de la non redistribution des minima sociaux, et ce que le manque cruel de logements sociaux, le non respects des lois ayant eut pour vocation pourtant de pénaliser les communes ghettos de riches, ont entretenu et le gonflement de la bulle immobilière, et le clientélisme carriérisme, politique institutionnel (corruption entre BTP et politiques, trucage de marché public, etc), jusqu’à l’avènement de arbnb, ou l’implantation dans les grandes agglos est la plus rentable, autant au sens financier qu’en terme de « gentrification » exclusion des pauvres, précaires, des centres urbains… ?

  2. De la même manière l’aide aux agriculteurs est versée finalement aux firmes qui fabriquent des tracteurs et des engrais chimiques lesquelles assurent une rente à des actionnaires, pour un rapport financier sans rapport avec la réalité des besoins. Mon raisonnement -il enfantin selon lequel il faudrait s’en prendre au principe de propriété privée des biens « communs », ceux qui répondent aux besoins essentiels: habiter décemment, se nourrir correctement, se déplacer lorsque c’est nécessaire, éduquer ses enfants, se former ,.. sous un régime à préciser collectivement- donc consenti selon les conditions de l’époque- d’une avancée vers gratuité de la consommation de tels services. C’est l’enfance de l’art d’une politique sociale juste.

    1. Non votre raisonnement n’est pas enfantin mais radical. LA transmission de la « propriété » induit une capitalisation plutôt qu’une jouissance/consommation. On pourrait laisser à un entrepreneur la jouissance des ses bénéfices (après taxation) mais transmettre à l’Etat la détention de cette propriété après la mort du créateur, plutôt que sa tranmission à des générations de jouisseurs en cascade… Avec cette collectivisation/égalisation des conditions (de départ), l’Etat serait doté de moyens pour développer la gratuité de ressources communes indispensables. Et non pas des « aides » qui OBLIGENT le réceptionnaire à dire merci, répondre à des conditions, etc., et qui PROFITENT aux détenteurs de ressources rares (dont le logement) ou aux marchands détenteurs d’un monopole… dont les centrales de distribution.

  3. Pour corriger , on dira d’abord que l’APL est depuis déjà longtemps , versée directement au bailleur . C’était une « précaution » prise pour que « l’aide » aille bien là où était sa fonction ( en l’occurrence le logement ) .

    La première question qu’on peut se poser , c’est celle de la nécessité d’une aide .

    La seconde , c’est celle de savoir si c’est à l’état de l’apporter .
    Si c’est le cas , les questions d’après sont assez pratiquées depuis longtemps , mais rendues tellement complexes par les strates successives , qu’on ne sait plus ou mal juger de la pertinence des deux types de réponse :

    – Aide à la personne ?
    – ou aide « à la pierre » ?

    En l’état de ce que je lis , je ne comprends pas encore grand chose de la stratégie du gouvernement , sauf à noter qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses , et que Bercy est à la manœuvre .Donc , catastrophe en vue .

    Mais je ne demande qu’à être mieux informé et démenti .

    1. Désolé Juan mais l’APL n’est pas nécessairement versée au bailleur, même si elle y file tout droit si tu souhaites payer ton loyer… C’est une possibilité mais ce n’est pas une nécessité et nullement obligatoire. Voilà pour l’info et le démenti.

    2. Pourquoi vous poser des questions métaphysiques ?
      La stratégie du gouvernement c’est, clairement, de faire table rase de tout ce qui gène la mise en place du libéralisme triomphant.

    3. Salut Juan,

      Nouveau correctif : la baisse des « APL » concerne aussi l’ALS et n’est donc pas directement versée au bailleur !

      Macron le banquier, le pote de son électorat…

      On tirera donc un petit bilan mensuel des réformes Macron :
      au 1er octobre (pour un revenu net mensuel de 465 euros et 52 euros d’ALS) = -3 euros (soit 49 euros d’ALS) -36euros par an.

      « On va pas pleurer pour 5 euros par mois » :

      http://www.lexpress.fr/actualite/politique/apl-si-vous-commencez-a-pleurer-pour-5-euros-s-agace-une-depute-lrem_1930101.html

      En espérant que les commentaires ici resteront ouverts !

    4. Et pour que l’illustration soit complète :

      Si l’on se base sur les chiffres 2015 de l’ISF :

      (disponibles ici : http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/09/en-2015-l-isf-a-rapporte-5-224-milliards-d-euros_4944270_823448.html )

      Soit 5.224 milliards d’euros pour 342 942 assujettis et donc un ISF moyen de 15 233 euros il faudra 5077 crétins dans mon genre pour chaque exonéré ! C’est dingue le nombre de pauvres qu’il faut pour faire un électeur macronien… Pardon, un riche !

      Alors je sais bien, les moyennes… blablabla… et puis l’ISF sur l’immobilier est maintenu, le chiffre devra donc être corrigé… blablabla… Mais c’est pour avoir une fourchette.

      Ceci dit, à ce train là, je préférerais une fourche !

      1. Alors avec le dernier Lordon, me voilà bien embêté… Dois-je le coller dans « vive la rente ! » ou « merde au travail ! » ?

        On le mettra dans les deux !

        https://blog.mondediplo.net/2017-10-03-Le-service-de-la-classe

        « 3 milliards d’ISF en moins pour 9 millions d’investissement en plus : « efficace »

        S’il faut prendre les choses par le bout le plus scandaleux, c’est sans doute à la défiscalisation ISF du capital-actions qu’il faut s’intéresser en premier – alias « le capital qui manque à nos entreprises ». Car voilà l’affaire : Griveaux pourra bien défiscaliser jusqu’au bout du bout, ça ne fera pas plus d’une cacahuète d’investissement supplémentaire. Pour une raison en fait extrêmement simple, dont le seul mystère résiduel consiste à savoir si les macronomistes passent réellement totalement à travers ou bien, si conscients de tout, elle est juste l’objet de leur part d’un immense éclat de rire. La raison simplissime, c’est qu’il n’y a investissement supplémentaire qu’à proportion des émissions nouvelles d’actions. Or celles-ci sont dans les tréfonds : 12,5 milliards d’euros en 2014, 10 en 2015 (3), à comparer avec un volume brut d’investissement de 262 milliards d’euros pour les entreprises non-financières – dont les nouvelles actions auront donc financé un énorme 3,8 %, ceci dit pour donner une idée de l’indispensable « efficacité » de la Bourse.

        En tout cas, l’écrasante majorité des actions qui composent les portefeuilles financiers, et vont donc désormais échapper à toute fiscalisation, sont des actions acquises sur les marchés secondaires, qui sont en quelque sorte les « marchés de l’occasion » des actions, où l’on se revend des actions déjà émises, qui ont donc déjà produit leur effet de financement de l’investissement – car cet effet, elles ne le produisent qu’une fois : à l’émission, c’est-à-dire au moment où cette toute première vente s’effectue contre monnaie récupérée par l’entreprise émettrice. Or c’est un tout autre sport qui se joue sur les marchés secondaires : celui de l’achat-revente spéculatif, entre investisseurs financiers exclusivement. Un jeu que les entreprises émettrices, qui en sont totalement absentes, ne font que regarder à distance sans qu’il les concerne en rien (en tout cas du point de vue de leur capacité d’investir) et, bien sûr, sans en voir la couleur.

        On peut maintenant indiquer quelques ordres de grandeur pour fixer les idées. Si en 2015, donc, les émissions d’actions se sont élevées à 10 milliards d’euros, la capitalisation de la place de Paris, c’est-à-dire la masse des actions qui tournoient dans les mouvements d’achat-revente sur les marchés secondaires est de 3 300 milliards d’euros (4). Prenons le parti du calcul de coin de table en faisant l’hypothèse que les portefeuilles de titres des assujettis à l’ISF reflètent ces proportions : il s’en déduit que ces messieurs-dames ne contribuent à l’émission de nouvelles actions qu’à hauteur de 0,3 % de leur fortune financière. Mettons les choses dans l’ordre inverse : toute mesure de défiscalisation ISF des portefeuilles actions représente à 99,7 % de la pure aubaine, sans aucun effet sur l’investissement, aberrante disproportion qui dérive immédiatement de l’absurdité consistant à défiscaliser les stocks au nom des flux. On chiffre à 3 milliards le coût pour les finances publiques de cette défiscalisation. Voilà donc qui nous fait 9 millions d’investissement supplémentaire (5). 9 millions d’effet pour 3 milliards de dépense fiscale : heureusement que Griveaux et Macron Mag célèbrent l’efficacité, sinon on aurait eu comme un doute. 9 millions d’investissement efficaces mais quand même, par conséquent, 2,991 milliards d’euros foutus en l’air pour des prunes… Enfin : foutus en l’air, c’est vite dit. Foutus en poche plutôt. Il est vrai que ce sont des poches de nécessiteux. Pour la réduction des déficits, on verra donc plutôt du côté des APL et de la CSG. »

      2. Petite analyse de la politique fiscale macronienne :

        https://www.bastamag.net/La-revolution-fiscale-selon-Macron-une-grande-machine-a-redistribuer-a-l-envers

        où l’on évoque aussi 737 entreprises (petit rappel) :

        https://www.bastamag.net/737-maitres-du-monde-controlent-80 (% de la valeur des entreprises mondiales + une super entité de 50 financières au coeur du bouzin)

        Reste que ce sera toujours plus confortable de nager dans le sens du courant…

      3. Salut vigneron,

        Merci pour la source.
        Tiens, toi qui cause couramently l’angliche, question, ça veut dire quoi ça :

        « IB inventory is hard to vote: because of the potential conflicts of interest that arise there tend to be in-house lawyers in the loop. That does not streamline the process… » ? (surtout le « IB inventory is hard to vote »)

      4. Bon, ben va pour « Infernal Biberonneur » alors. « Intempestif Babillard », « Intransigeant Braillard », « Inénarrable Bafouilleur », « Inaltérable Beugleur », sauf quand on en a besoin ! Pffff on peut pas compter sur lui…

      5. https://www.humanite.fr/impots-les-cadeaux-de-macron-aux-100-premiers-de-cordee-644535#xtor=RSS-1

         » En réponse à une pétition de plus de 100 parlementaires (communistes, insoumis et une partie des socialistes), le ministre de l’Économie a déclaré : « Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1 000 premiers contributeurs à l’ISF.  »
        Rendre ? Qui les avaient donc spoliés ? Sans doute les bénéficiaires de l’APL (aide personnalisée au logement), que le gouvernement veut raboter de 400 millions. »

      6. Et d’autres encore que je ne saurais dire :

        « vigneron dit :
        7 septembre 2011 à 12 h 41 min

        @Lièvre variable du haut Menton

        On est bien d’accord, elles ne contrôlent pas toutes les garennes, dont, j’imagine, la tienne…
        Sauf que 40 % c’est bien une putain de position dominante, du genre oligopole en fait authentiquement monopolistique dans son fonctionnement cartélisé comme dans son pouvoir de nuisance et racket sur les garennes ou garrigues censément préservées, non ?
        Sinon comment expliquer alors l’hyperpuissance US, jamais aussi affirmée qu’aujourd’hui et leur domination mondiale toujours irréductible, avec un Pib à crédit d’à grand peine 20 % du PIB planétaire et une note S&P au niveau de la Belgique bientôt à terme d’Yves Camille Désiré Leterme ?
        Et en politique, avec 40 % des suffrages assurés, ben t’es le roi-carotte, mon lapin, et dans le bizness roi du pétrole. »

    5. Petite question :

      Sachant que les plus faibles revenus font déjà l’objet d’une exonération sinon totale, du moins partielle, de la taxe d’habitation et que, de ce fait, ils seront moins impactés par la réforme de ladite taxe, peut-on considérer qu’il s’agit là d’une validation de la thèse de M. Jorion et, incidemment d’Aristote, sur la préservation des positions respectives de chacun dans la société, comme exposé dans « Le Prix » ? Cette réforme favorisant proportionnellement plus, jusqu’à un certain seuil de revenus – protégé, lui, par la réforme de l’ISF, faut pas déconner non plus – ceux qui ont déjà plus ?

      Merci

      1. Il me semble que le seuil de revenu annuel 2016 , pour une personne seule ( une part ) , qui permet actuellement l’exonération de paiement de la taxe d’habitation est de 11 000€ environ .

        D’après l’OFCE , il y aurait actuellement en France 1(?(% des ménages qui échappent à la taxe d’habitation .

        On estime que les 80% de ménages potentiellement concernés par la réforme à venir , sont plutôt de l’ordre de 74 %.

      2. Salut Juan,

        Merci pour la réponse mais ce n’était pas tout-à-fait ma question… Alors je sais « C’est ta réponse !  » Georges, mais j’aimerais bien savoir quand même si cette réforme peut-être jugée comme « une belle mesure d’harmonie sociale » préservant l’ordre des choses ?

        (Sinon c’est quelle année de référence pour la TH parce qu’alors tes chiffres sont complètement faux vu que je gravite à la louche à la moitié et que je suis pas exonéré ?! Compte tenu de l’efficacité des services fiscaux qui te répondent quasi avant que tu leur aies posté le mail, ça m’étonnerait qu’ils se soient gourés… 😉 )

        Pis tant qu’on en est aux corrections : « comme exposé-E » (« la thèse » à m’sieur Jorion !) et pis « validation » je sais qu’ça marche po alors on mettra « corroboration » re 😉

      3. @2 Casa :

        Sur le bien fondé de la mesure je n’ai pas d’opinion sensée et vraiment argumentée , et , si c’était possible ,j’irais plutôt chercher un avis fondé du côté du SNUI .

        Vu de ma fenêtre, le seul préjugé que je pourrais avoir , c’est que la réforme fiscale sans doute nécessaire et éminemment sensible ,devrait pour être à la hauteur des enjeux mettre toutes les natures de taxes et impôts sur la tables en même temps ;

        Ce qui est sans doute périlleux , et que personne n’a osé depuis très très longtemps .

        L’autre méthode consiste à agir par touches successives sur des points clés . Je ne sais pas si c’est de ça qu’il s’agit , mais si c’est le cas , et que l’on cache ainsi à la population là où « l’on » veut aller , le minimum est de partager le plan avec le sénat et l’assemblée nationale avant de se lancer .

        J’aimerais être sur qu’il y a une destination dictée par des considérations autres que libérales .

      4. Pour les conditions d’exonération ou d’abattements sur la TH, les services locaux des impôts sont en général plus abordables que vous l’évoquez , sinon on peut se renseigner en mairie ( dont certaines délibèrent sur l’acceptation d’abattements spécifiques ) , ou tout bêtement en cherchant sur le net ( ce que je n’ai pas fait ) .

      5. Salut Juan,

        ma question n’était pas factuelle du tout, sinon en son point de départ i.e. je constate qu’étant partiellement exonéré (et en cela les services fiscaux sont très efficaces car portant réclamation à la base sur la redevance TV – que je n’ai pas – le matin à 8h00, je recevais une réponse avant 14h00 et me trouvais, de ce fait, plus riche des 7/10èmes indus et déjà versés au titre de la TH ! Aucune ironie de ma part là-dedans) je ne bénéficierais donc que très partiellement de la mesure (mais en proportion). Du coup je m’interroge : si les plus modestes sont déjà « échappés » – terme un peu malheureux, convenons-en – la mesure n’a pour eux que très peu d’intérêt et n’en acquiert qu’à mesure qu’on paie ladite taxe jusqu’au seuil des 20% qui ne seront pas exonérés (mais qui sont, eux, déjà largement servis par la disparition de l’ISF, j’imagine, quoique là ma réflexion se perde sur des montants stratosphériques que mon petit cerveau peine à concevoir. Bref…).

        D’où mon interrogation : peut-on voir dans cette mesure une corroboration de la thèse de M. Jorion qui veut que le prix payé soit établi de manière à préserver l’ordre social ( le pauvre toujours pauvre, le riche toujours riche) ? Et plus précisément ici dans l’ordre inverse des choses : plus on a de pognon plus l’exonération est sensible. Est-ce que ça marche dans ce sens là aussi ? L’ordre social étant préservé on peut dès lors y voir une mesure « harmonieuse » au sens de la théorie ou pas ?

        Sinon merci pour les recherches c’est sympa ! Et pour ce qui est de la réforme totale du système fiscal, j’aurais plutôt tendance à écouter benoîtement ce qu’en dit Piketty, n’étant en aucune mesure capable d’argumenter là-dessus. Sinon qu’au-dessus de 15 000 euros par mois grand max (et pour un smic à 1500 balles) je prends tout, idem pour les héritages : remise au pot complète à chaque génération (on verra combien il restera de donneurs de leçons arrogants à cette aune !)

  4. L’APL est versée directement au bailleur, en revanche, les autres aides peuvent être versées aux locataires ou aux propriétaires (ALS et ALF).
    Ces aides ne sont versées, que pour autant, qu’il y ait eu une convention signée avec l’État concernant les locaux d’habitations visés, c’est le cas pour les HLM mais pas nécessairement pour le domaine relevant du privé.

    1. @juannessy
      Effectivement, ce qui a été évoqué récemment est plutôt à considérer comme une ‘astuce’ visant à améliorer immédiatement le budget de l’État par le non versement d’APL (~50 à 60€) aux bailleurs sociaux (~2,5 Milliard d’économies!)

  5. « La méconnaissance de notre système économique et une vision naïve de celui-ci par une partie de la Gauche fait qu’elle s’illusionne le plus souvent … »
    Tout me semble parfaitement résumé : le choix de l’illusion, faute d’un véritable travail de pédagogie de fond. Ernest Renan rêvait de voir les hussards noirs de la République former des Citoyens ! Quelle utopie!
    Administration et politique n’aiment pas développer la Citoyenneté; cela signifierait une pédagogie continue pour une « meilleure » Démocratie. Le contraire est l’entretien de l’ignorance, c’est bien plus facile!

  6. Le billet aurait gagné à de pas se focaliser totalement sur l’APL , car en fait ce qui est posé en question c’est :

    L’Etat providence est il pertinent quand il joue les infirmiers ( aux personnes ) , ou lorsqu’il prévient les blessures par une vision stratégique et une incitation /animation/sanction ( dont financière mais pas que ) du jeu des acteurs , ou les deux (et dans ce cas comment on dose) ?

      1. (pas compris l’histoire du ^).

        Si c’est effectivement ça la vision stratégique ,ça ne va pas aller loin . Tout au plus , si on est compréhensif , peut on parler dans cette interview , de tactique ,

        Reste à savoir si c’est bien là , une bonne traduction tactique ( par deux simples ministres) d’une vision stratégique qu’il appartient au président de partager avec un peuple qui l’a élu comme le moins susceptible d’être taxé d’impuissance ou de tares passées , en nous épargnant un régime insensé .

        Macron aurait tort de croire qu’il suffit d’une campagne électorale où le peuple français n’a rien su vraiment dire , exprimer et vouloir de cohérent ou enthousiasmant , et de quelques discours de bonne facture philosophique , pour imaginer que ledit peuple comprend où on le mène .

        Pour mon seul goût personnel , il y a une prochaine occasion de faire sens et tirer ,ou pas, le peuple français et éventuellement d’autres , vers un avenir désiré , c’est le dessein européen .

        La stratégie et les tactiques , n’ont de raison d’être et d’efficacité que si l’armée ( la majorité large ) et ses chefs ont une analyse pas trop différente de l’état à quitter , et surtout la même  » vision  » et désir de l’état à atteindre .

  7. @Jean-Baptiste Auxiètre :

    Ce serait quoi , in fine , une politique de gauche qui ne favoriserait pas la rente , s’agissant du domaine Logement ?

    ( Remarque : au pied de la lettre de votre dernière phrase du billet , s’il persiste dans l’orientation de supprimer l’APL pour économiser 18 milliards dans le budget national , Macron est d’extrême gauche )

    1. On a une réponse aujourd’hui , qui est navrante .

      Apparemment on réduit l’aide à la personne , dans le même temps où l’on se propose d’aider les propriétaires fonciers pour libérer des terrains , via une incitation fiscale ( qui avait déjà été tenté par Valls sans que ça libère quoi que ce soit de plus ).

      Le meilleur commentaire que j’ai entendu sur le sujet est celui de Pierre Madec OFCE au journal de 13 heures sur France Inter .

      Ça ressemble plus à un enfumage par l’art de recycler de vieilles méthodes qui se sont déjà révéler illusoires , pour camoufler la dèche , qu’à une politique efficace pour faire baisser les loyers en mettant des logements décents sur le marché , à prix moindres . Rien pour éviter la spéculation foncière ou immobilière .

      C’est Bercy à la manœuvre en satisfaction du propriétaire patrimonial avec l’espoir que celui ci sera gentil .

  8. Même si sur le principe j’adhère à l’idée que certains dispositifs supposés aider les plus modestes sont en fait des subventions déguisées à un tiers, on doit aussi porter l’analyse au niveau pratique et observer précisément la manière dont est appliqué ce type de réforme.

    Ainsi, se contenter du vœu pieu que les bailleurs vont volontairement répercuter la baisse des APLs sur le prix des loyers est aussi idiot ou malhonnête au choix qu’avait pu être en son temps celui de la dynamisation du secteur de la restauration par une baisse de la tva sans aucune contrepartie contraignante.

    De la même manière, on peut considérer que nombre d’aides à l’emploi et autres subventions aux entreprises sont un échec, voir une source d’abus de la part d’employeurs qui n’embauchent que pour la durée de la subvention et suppriment les postes ainsi créés dès la fin du dispositif, mais pourquoi en serait-il autrement en l’absence totale de contrôle strict en la matière?

    C’est une stratégie maintenant rodée depuis plusieurs années voir décennies par la classe politique libérale que d’user des fonds publics de la pire manière pour pouvoir ensuite plaider, avec la plus grande mauvaise foi, la nécessité de démanteler cet Etat décidément trop coûteux et inefficace au possible.

  9. Cas pratique sur les mesures de pouvoir d’achat du gouvernement :

    Pour un 60% ETP et un salaire de 865 euros nets mensuels : augmentation de la Prime d’activité au 03/01/19 :

    21 euros

    A mon avis, quand les gilets jaunes et les autres auront sorti leur caltoche et abouti au même résultat, ça va pas les calmer des masses.

    C’est à se demander si le gouvernement ne le fait pas exprès ? Tant de maladresses, de rétropédalages, de mensonges et de demies vérités ! Qu’est-ce qui leur a manqué à ces gens si brillants ? Le passage par la case élections avant et la confrontation au « terrain », aux vrais gens ? Il faut absolument qu’ils atterrissent avant une catastrophe.

    J’ai dans la tête une énième interview de gilets jaunes où une petite dame à l’accent très populaire déclarait en substance : « Qu’est-ce qu’ils croient, qu’on n’a pas de mémoire ? Y’a des élections bientôt… »

    1. Ah ! La CAF assure le SAV du GVT par SMS (une première dans ma longue carrière d’allocataire) 🙂
      RDV est pris pour le 29/01 afin de mesurer ce qu’il en est vraiment des largesses de notre président…

    2. Bon… Bon… Bon…

      Il va sans doute falloir faire preuve de mansuétude à leur égard, z’ont l’air de pédaler dans la semoule grave, là-haut. L’image ce matin c’est celle de quelqu’un face à un immense tableau de contrôle avec plein de boutons, de tirettes, de leviers et qui pousse sur toutes les commandes en même temps ! Mais ça sent un peu son improvisation quand même. Pas très rassurant tout ça, faudrait pas qu’il nous envoie deux trois ogives nucléaires en pièces jointes avec sa lettre…

      Donc, au 29/01, toutes choses étant égales par ailleurs, et depuis mon dernier commentaire : évolution zéro. Prime d’activité pour ETP 60% et 867.5 euros nets mensuels : 21 balles à la louche.

      Où est-ce que j’ai mis mon gilet moi ?!

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