L’Europe, à quitte ou double, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Un discours, historique, et politique d’Emmanuel Macron à la Sorbonne sur l’Europe a été prononcé. Historique parce qu’il y avait bien longtemps, presque 25 ans en fait, depuis le fameux débat entre Mitterrand et Seguin à cette même Sorbonne d’avant le référendum de Maastricht, qu’un dirigeant français n’avait pas donné une vision précise et globale de l’Europe, effaçant ainsi la perplexité chiraquienne face aux réactions des citoyens de son débat avec les Français d’avant l’autre référendum, celui de 2005, renvoyant le désir impuissant et plus que tardif hollandien d’une Europe plus démocratique face à ses propres faiblesses.

Par-delà l’emphase, le ton enflammé et le volontarisme à tout crin, c’est surtout une vision politique que ce Président de la République français a livré sur l’Europe, celle d’un pragmatisme assumant la fin d’une méthode communautaire épuisée par une quasi décennie de crises ininterrompue, les rendez-vous manqués entre la France et l’Allemagne et la fin annoncée du règne sans partage d’une reine européenne affaiblie par l’irruption d’une extrême-droite jusqu’au Bundestag, rompant ainsi le particularisme allemand qui faisait de ce pays le seul en Europe (ou quasi) à ne pas avoir été confronté à l’émergence politique de la xénophobie et du racisme.

La liste des chantiers ainsi ouverts est impressionnante : taxe carbone ‘importé’, révision de la PAC, universités européennes, listes transnationales à l’élection européenne, force d’intervention européenne, taxe financière pour financer le développement en Afrique, parquet européen, budget européen financé par des taxes nouvelles ou un reversement partiel de l’IS une fois ajustée au niveau européen, parlement de la zone euro ‘intra-européen’, véhicules propres, ouverture vers les Balkans une fois la refondation effectuée, … Regis Debray avait pu dire que l’Europe était plus européenne au Moyen-Age qu’aujourd’hui : ce sont les universités qui ont effectivement fait l’Europe, pour laquelle Emmanuel Macron ambitionne de créer 20 universités européennes, de développer le multilinguisme et la résidence pendant 6 mois dans un autre pays pendant un cursus scolaire (là où il aurait fallu proposer a minima d’ailleurs 1 an pour les seules études supérieures).

Si certaines propositions relèvent à l’évidence de la tarte à la crème (intégration de militaires dans l’armée française, …) ou existent déjà sous une autre forme (Agence de l’Union européenne pour l’asile vs Office européen), il y a là à l’évidence une rupture que ce discours français sur la méthode européenne définit clairement : le temps de la méthode communautaire est passé, sans toutefois y renoncer, pour laisser place à une méthode inter-gouvernementale tous azimuts, en se basant essentiellement sur les compétences partagées et la coopération. La présidence française prend ainsi acte de l’effondrement politique en cours européen, après un sur-investissement dans le champ institutionnel qui n’a pu aboutir au mieux qu’à la stabilisation de la situation monétaire et financière, et au pire au pourrissement social et politique.

L’Europe est donc au bout de ce chemin où les réticences et les oppositions multiples et variées des différents acteurs nationaux l’ont conduite, malgré les postures de refondation démocratique au moment même où ce sont bien les désaffections nationales envers leurs propres institutions qui interrogent sur le vide entre institutions et citoyens, un vide qu’à l’évidence l’Europe ne peut remplir.

Le positionnement politique de cette orientation se veut ainsi adapté à la situation actuelle et habile, en démultipliant des relations bilatérales auprès des 27 quant celles-ci étaient phagocytées par la relation d’un couple franco-allemand qui tenait lieu de maison commune européenne. Emmanuel Macron a ainsi rencontré la quasi totalité des dirigeants européens dans l’entre-temps des deux élections française et allemande, contournant ainsi par avance à la fois la centralisation mais aussi l’éventuelle faiblesse à venir de sa future partenaire Angela Merkel. De même, en proposant l’abandon du poste de commissaire européen de la France au profit d’un recentrage sur 15 commissaires, le message envoyé à l’ensemble des acteurs européens est bien celui d’un multilatéralisme de retour sur une scène européenne encombrée par l’imposante figure de style franco-allemande, tout en ciblant également certains acteurs tentés de sortir du jeu européen (mais pas de la scène comme le Royaume-Uni), comme la Pologne, en susurrant que les fonds structurels européens n’étaient pas là pour servir les intérêts de ceux qui refusent de se plier à la règle commune. À bon entendeur … L’objectif est donc de pouvoir incrémenter un maximum de dossiers de coopération inter-gouvernementale pour mieux alimenter le rapport de force entre les opposants et les tenants d’un budget et d’un parlement (même réduit) européen, sachant que de toutes façons la question monétaire et financière est hors de portée politiquement, du moins à court terme.

Cette ‘nouvelle’ politique, pour habile tactiquement et claire stratégiquement qu’elle soit, est pourtant un pari.

Emmanuel Macron sait fort bien qu’elle arrive fort tard sinon trop tard, même pour des institutions ou des gouvernements (et sans même parler des citoyens). Au niveau européen, malgré l’échec patent de l’extrême-droite à advenir au pouvoir (France, Autriche, Pays-Bas, …), il reste que le niveau de risque politique demeure élevé. En France, le Président a pu bénéficier de l’inanité politique de Marine Le Pen, notamment lors du débat d’avant le second tour de l’élection présidentielle, qui tente de faire accroire qu’elle survit encore, mais il n’est pas dit que cette chance se renouvellera une seconde fois. Les droites extrêmes et les extrêmes-droites se recomposent, devant l’échec de leur stratégie de captation de la colère sociale vers une droite identitaire, réactionnaire, ultralibérale. La crise monétaire et financière n’a pu être stabilisée que par la position de la BCE et le chômage de masse ou les inégalités croissantes sont toujours structurels dans de nombreux pays européens, sinon la plupart. Politiquement, la désaffection politique s’exprime de manière croissante dans l’abstention, remettant en cause le lien entre citoyen et institutions, parfois même jusque dans leur légitimité. L’Europe, par-delà sa crise existentielle, est aussi confrontée à des risques  d’ampleur jusqu’alors inégalée depuis la fin de la seconde guerre mondiale, entre risques sécuritaires (terrorisme, guerre au Sahel, Ukraine), migrations massives et changement climatique, sans oublier l’instable Trump.

Conscient de ces différentes failles, la ‘nouvelle politique’ européenne de la France reprend alors les accents de l’Europe des coopérations inter-étatiques, en mythifiant une époque, celle des Ariane Espace et des Airbus pourtant révolue : l’Europe d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 40 ans, le monde non plus.

Et c’est bien là toute la limite de la méthode, que de donner l’impression d’un éparpillement foisonnant au risque d’une absence de lisibilité, mais aussi, à trop vouloir contourner l’obstacle allemand, elle ne vienne à finir par renforcer un tropisme germano-allemand latent et qui ne demande qu’à s’exprimer avec l’arrivée dans la coalition allemande des libéraux du FDP et des critiques de plus en plus fortes de la CSU.

Surtout, cette méthode demande du temps, qui n’existe plus, du moins plus autant que du temps où ces coopérations pouvaient s’incrémenter, le temps que la construction européenne suive son cours plus ou moins chaotique. Les élections européennes se tiendront en effet au printemps 2019, soit dans un peu plus d’un an, bien avant que de telles coopérations puissent à la fois se finaliser et à la fois donner des effets a minima, en termes visibles pour les citoyens.

Enfin, une telle méthode implique de la confiance entre les gouvernements européens, afin que puissent se nouer ces partenariats mais aussi de la confiance des mandants. Il paraît ainsi difficile politiquement de devoir faire face à la fois à une contestation sociale interne en France et de tenter de résoudre les multiples positionnements qu’un tel multilatéralisme européen impose. Ou le dialogue avec ses voisins et la main de fer chez soi.

Ainsi, pour avoir confiance, encore faudrait-il que les politiques, nationales et européennes, puissent être cohérentes : on ne peut pas d’un côté promouvoir l’accueil des réfugiés et des migrants quand de l’autre il a fallu que le pouvoir judiciaire rappelle à l’État français le devoir d’humanité minimum quand à l’accueil de ceux-ci (eau, WC) ou quand on sait que la France est très loin des quotas de migrants à accueillir sur son sol sur lequel elle s’était engagé envers l’Europe …

Par-delà même cette schizophrénie, on ne peut aussi mettre à distance la personnalité même d’Emmanuel Macron, dont la figure christique de sauveur de l’Europe doit agacer bien des gouvernements européens, l’humilité n’étant pas vraiment une qualité chrétienne reconnue pour ce président français.

Le pari est donc pour le moins des plus élevés, et même bien mal engagé. Il reste que des éléments favorables ne se sont que rarement aussi bien alignés pour qu’il puisse, au moins, se dérouler : Brexit et départ du Royaume-Uni de l’UE finalisé début 2019 (qui avait même voté une loi interdisant l’application de la clause passerelle, permettant de faire passer certaines compétences de l’unanimité à la majorité, comme la fiscalité), dont les effets commencent à se rendre visibles notamment à tous ceux qui souhaitaient sortir de la zone euro et/ou de l’UE (les fameux accords commerciaux bilatéraux …), option politique de la sortie de l’euro rendue caduque politiquement en France (avec l’expulsion de Florian Philippot du FN et la réorientation identitaire en cours du parti), fragilisation d’Angela Merkel et départ de Wolfgang Schaüble pour la Présidence du Bundestag, marginalisation de l’orientation politique pour une refonte des traités (y compris si nécessaire avec une sortie de l’UE in fine), mandat de Mario Draghi s’achevant le 1er novembre 2019, …

De fait, le pari européen tel que formaté par Emmanuel Macron est sans doute le seul à être tactiquement et stratégiquement conséquent, sinon pertinent, du moins existant dans le champ politique actuel.

C’est un pari à quitte ou double, où les joueurs misent tout ce qu’ils ont et font tapis, y compris dans le cas français, leur avenir politique.

Et pour que la méthode puisse être mise en œuvre, il faudra de la confiance pour donner une peu plus de temps au temps, et surtout, obtenir ce que l’on appelle un ‘butin de guerre’ sur lequel bâtir.

Il faudra ainsi impérativement un gain ‘intermédiaire’ dans ce pari pour permettre d’acheter du temps et de la confiance, un gain qui soit véritablement significatif aux yeux des citoyens, concret, progressiste et protecteur, le tout à très court terme (moins d’un an).

À ce titre, il n’apparaît, outre les dossiers de coopération déjà acté ou en voie de l’être avant même ce discours de la Sorbonne, qu’un seul axe qui pourrait correspondre à ces critères : la taxe au carbone ‘importé‘.

Une telle taxe a l’immense avantage de ne pas venir s’incrémenter sur les espaces nationaux et a pour objet de taxer les produits issus de pays tiers et produits dans des conditions non ou peu respectueuses de l’environnement. La protection de l’environnement est d’ailleurs une compétence de l’UE et puisque l’urgence est d’abord climatique (y compris même parmi l’opposition à Emmanuel Macron), une telle taxe capitaliserait pour elle le fait de correspondre aux objectifs de la COP21, d’être une mesure pouvant être perçue comme protectrice pour tous les citoyens européens sans toutefois obérer la concurrence (ligne rouge de la Pologne) et de permettre d’alimenter en tout ou partie un budget européen pour justement financer la transition écologique, tout en réduisant le niveau de concurrence commercial entre produits identiques au sein de l’union commerciale. La mesure serait plus équitable qu’une simple mesure à visée protectionniste si une partie de cette taxe était reversée à un fonds de financement pour l’investissement écologique pour les pays tiers concernés. Une telle taxe pourrait sans doute se négocier avec la Chine qui est en train d’implémenter une réglementation sur la pollution dans ses industries, et pourrait se voir appliquer un taux forfaitaire pour les pays réfractaires (comme sans doute les États-Unis) à conventionner sur un tel principe, les pays mettant en place une législation de contrôle d’émissions de CO2 bénéficiant alors d’un taux réduit.

Enfin, il y aurait lieu de faire en sorte que les fumeuses conventions européennes dont l’objet serait d’être saisies par les citoyens européens, de leur donner corps et consistance, sous peine qu’elles ne tournent soit à la foire d’empoigne, soit à la sempiternelle messe hagiographique européenne, soit même à la désertion citoyenne. Si l’on souhaite faire en sorte qu’une telle politique européenne ‘nouvelle’ puisse intéresser concrètement les citoyens européens, il faudra bien un de ces jours que l’on mette la parole en accord avec la pratique et que l’on donne au moins un peu de pouvoir à ces citoyens quant à la définition des politiques européennes, mais aussi de leur gestion.

Or, quoi de plus concret pour ces citoyens que les fonds structurels européens, dont le rôle est d’avoir un impact sur les zones les plus défavorisés de l’Europe sur tous les aspects de la vie quotidienne de leurs habitants ? Il pourrait alors être opportun de proposer une méthode ‘bottom up’ plutôt que la sempiternelle méthode ‘top down’ appliquée à ces fonds structurels, depuis la définition par la Commission en passant par les états, puis les collectivités locales et la ‘participation’ des habitants pour permettre que ces fonds soient stratégiquement définis, localement par les citoyens en conventions européennes justement, puis par les états avant que d’être voté par le Parlement européen. Cela tombe bien, justement, la programmation pluriannuelle des fonds structurels 201-2020 se terminera et celle suivante devra être engagée dès 2018 !

Une telle méthode pourrait ainsi être incrémentée dans les institutions européennes, pour chaque renouvellement de la programmation des fonds structurels avec des conventions citoyennes, en réservant par ailleurs une part de ces fonds en gestion directes à ces mêmes citoyens.

Le pari n’est donc pas complètement perdu pour cette ‘nouvelle politique européenne’ mais celui-ci est bien périlleux, avec en ligne de mire, la fin de l’Europe telle qu’elle existe actuellement, ou au contraire sa refondation. L’avenir dira, très rapidement, si une telle partie peut être engagée et sur quelles bases, en attendant d’en percevoir les gains, ou les pertes.

Ce qui est par contre certain, c’est que la partie qui était actuellement lancée était en passe d’être perdue politiquement parce qu’elle ne menait nulle part, où des joueurs commençaient à quitter la table et où tous les autres jouaient dans leur coin.

Emmanuel Macron en a donc pris acte et a relancé la mise. Tapis !

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67 réflexions sur « L’Europe, à quitte ou double, par Zébu »

  1. Macron veut une Europe démocratique mais applique les GOPE bruxelloises issues de la commission .
    Il est vrai qu’en même temps…
    Les paroles … la Sorbonne.
    Les actes… la Finance.

  2. Prétendre à la fois se pencher sur l’urgence écologique – et prôner une mesure type « écologie punitive » – et laisser s’appliquer le CETA – de fait reconnu par la commission créée par Jupiter himself comme détruisant les recommandations de la COP21 – c’est sans doute la démonstration de la pensée complexe de M. Macron…
    « Foutage de gueule », oui, si je puis m’exprimer ainsi !

    1. Élecéta ?
      Huh ?
      Élecéta ?
      Célafotocéta.
      Et l’Allemagne ? Huh ?
      Et l’Allemagne qui dépense des centaines de milliards de roros sur un Energiewende infoutu d’atteindre seulement ses objectifs de réduction CO2 ?
      Qui continue de tuer des milliers d’Européens chaque années à coup d’émissions de ses centrales au charbon ou au lignite ? Qui mise désormais sur le gaz putinien ou l’augmentation massive de l’importation de GNL d’ailleurs pour faire baisser un peu son bilan carbone ? Qui perturbe continûment les réseaux et les marchés électriques européens à coups d’exports ou d’imports erratiques ? Qui déstabilise en profondeur toute la politique énergétique européenne ?
      Célafotocéta ?

      1. Certes, yapaque…
        mais le Ceta en plus…
        Je n’ai jamais prétendu que la politique énergétique de l’Allemagne était géniale…mais celle de la France n’est pas reluisante non plus !

      2. Ben en terme d’émissions de CO2 et autres polluants atmosphériques par tête de pipe on fait guère mieux en UE Ça c’est sûr.
        Et je vois toujours pas en quoi le CETA peut constituer un passif tel qu’il faille nous le ressortir à toutes les sauces et tout coin de post.

      3. Waho ! V’làtypa que Vigneron se met à faire du « Monsieur » (komildi) en débinant la Germanie (ce qui hier encore était scandaleux). Moment gouteux…

        You’ve made my week! 🙂

    2. Ce n’est pas à proprement parler du « f.. de gueule ». Zébu a bien décrit la logique du pari de Macron, et si l’on fait un pari, c’est dans l’espoir de le réussir. Et la taxe carbone aux frontières non seulement a les avantages tactiques en terme de perception de la politique européenne par les citoyens que l’auteur décrit, elle est de toute façon indispensable à tout effort national ou européen sérieux de limitation des GES, dans un monde où toutes les nations ne se comportent pas ainsi.

      Non, le problème ce sont les obstacles :
      – Réticences – le mot est faible – envers toute mesure qui pourrait apparaître comme protectionniste, réticence spécialement forte en Allemagne et dans les autres pays du Nord
      – Réactions prévisibles des autres puissances, les Etats-Unis certes mais encore la Chine dont le « contenu » de l’économie en GES est facilement triple de celui de l’UE
      – Réactions des pays européens les plus exportateurs face aux réactions de ces autres puissances, et l’Allemagne en premier lieu naturellement
      – Le CETA est probablement aussi un obstacle, il faudrait étudier s’il est compatible avec l’imposition d’une taxe carbone au commerce avec le Canada. Ce n’est cependant pas le pire obstacle, et de loin

      Macron a toute chance d’être sincère avec ce plan européen, y compris la partie sur la taxe carbone aux frontières. Le problème… c’est que c’est la fleur au fusil, Lebel et uniforme bleu horizon, assaut sur six cents mètres de champs en plein jour en face de trois ou quatre nids de mitrailleuse.

      Je le sens pas bien, là.

      1. Je ne crois pas. La Chine effectue un virage à 180° actuellement sur l’environnement, dans le cadre qui est le sien bien sûr, du fait de la montée de la contestation sociale sur les effets de la pollution, monstrueuse, laquelle de contestation pourrait se transformer en contestation politique. Qui plus est, le modèle d’exportation à grande vitesse est aussi en train de s’inverser, avec le ralentissement de la croissance du PIB et du modèle d’exportation (certes encore puissant, mais quand même bien moins depuis quelques années). La crise environnementale, puissante, y joue son rôle et devrait réaugmenter dans l’échelle des priorités du pouvoir chinois, pour que l’argument de la Taxe, surtout si elle permet une rétrocession en financement d’investissement, puisse être entendue, à fortiori si elle peut aussi faire la nique à Trump.
        « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque », aurait déclaré Foch en 1914 avant l’offensive de la Marne …
        C’est à peu près cela. Sauf qu’à la différence, la préparation d’artillerie a été, pour une fois, un peu plus conséquente et effectuée en profondeur. Mais il faudra bien ‘prendre des positions’, sous peine de continuer à se faire écraser par l’artillerie adverse.

      2. Par ailleurs, « Réticences – le mot est faible – envers toute mesure qui pourrait apparaître comme protectionniste, réticence spécialement forte en Allemagne et dans les autres pays du Nord ».
        A un moment donné, il faudra mettre le nez de ces bons libéraux dans leur caca. On peut pas défendre auprès des opinions publiques (et donc des électeurs) la COP21 et leur nécessaire protection des produits importés ‘sales’, tout en promouvant le libre commerce d’exportations.
        Le protectionnisme, c’est le fond de commerce du libéralisme historiquement (cf. industrie textile anglaise et cotonnades indoues).

      3. La Chine parle d’environnement oui. Notez tout de même d’une part que la lutte contre la pollution n’est pas la lutte contre les émissions de GES – on peut très bien s’occuper de la première tout en négligeant la deuxième. D’autre part et surtout que changer prend du temps, beaucoup de temps si le changement est de grande ampleur.

        Aujourd’hui, la Chine émet environ 3 fois plus de GES pour produire 1 € de PIB que l’Union européenne. Pékin se tirerait une balle dans le pied, voire une rafale complète, s’il acceptait sans réagir que l’UE mette en place une taxe carbone aux importations avant que son ratio GES / PIB ne soit équivalent, ou à la limite très légèrement supérieur à celui de l’UE.

        Combien de temps faudrait-il à la chine pour diminuer d’un facteur TROIS ses émissions de GES ??? A supposer encore que la chose soit vraiment possible, ce qui reste à voir.

        En attendant, Pékin résistera mordicus à toute tentative de taxe carbone aux frontières de l’UE. Et il a les moyens de se faire « bien comprendre » des pays européens auxquels il achète le plus (l’Allemagne en premier lieu, mais pas que), lesquels n’étaient pour commencer pas chauds du tout s’agissant de ce qui ressemble furieusement à du « nationalisme économique », même étendu aux frontières d’un ensemble de 27 nations.

        S’agissant de « mettre le nez (des bons libéraux) dans leur caca », je n’ai vraiment rien contre ! Simplement, le contrôle de la structure UE se négocie dans le cadre d’un traité, dont chacun je crois connait l’orientation vis-à-vis du libéralisme et notamment de tout « nationalisme économique », et qui est pratiquement impossible à amender puisque cela nécessiterait l’unanimité de 27 gouvernements. Et il se négocie dans des discussions et actions d’influence entre des nations – on y revient toujours – où il n’échappe à personne que l’Allemagne a pris une position à la fois centrale et au sommet de la hiérarchie, position qui pratiquement ne peut être remise en cause à court ni moyen terme.

        Un pays comme la France n’a qu’une alternative dans une telle situation : il peut dire Oui ou il peut dire Non. La décision du peuple français souverain a été cette année de dire Oui une nouvelle fois.

        Et le président que nous avons collectivement choisi me semble comprendre ce Oui comme un judoka le ferait : il s’agit d’accepter le mouvement déjà impulsé de longue date et depuis pas mal de temps contrôlé principalement par le centre allemand oui, mais en se laissant entraîner de chercher aussi à retourner la situation à son avantage, ou du moins d’évoluer vers une position moins déséquilibrée. Sans oublier, « last but not least », d’emmener la structure européenne dans son ensemble vers une position et une organisation qui assurent, ou du moins qui donnent une chance réelle, à sa survie à moyen terme, sinon assez évidemment fort compromise.

        Vous avez parfaitement raison de dire que c’est la seule stratégie « Oui » qui ait un sens. Pour qui voit dans l’UE un outil indispensable pour l’époque, plutôt qu’un projet raté voire peut-être même vicié dès le départ et qui n’est plus qu’un obstacle sur le chemin, c’est donc la seule stratégie pratiquement possible.

        Il n’empêche qu’il s’agit bien de faire du judo avec un partenaire non seulement largement plus lourd que soi, mais encore alourdi récemment par les soucis que lui cause son équilibre politique interne, sans compter qu’il n’a jamais voulu aller dans la direction où l’on souhaiterait l’amener. Plus précisément, avec plusieurs partenaires, celui-là n’étant que le principal.

        Je ne suis pas tout fait d’accord que Macron en soit encore au « quitte ou double ». De mon point de vue, le quitte ou double serait, une fois que la première tentative qui commence juste aura échoué, de poser la question politique. C’est-à-dire de redemander « vous voulez aller dans cette direction-là… ou vous voulez que nous remettions en question le cadre de nos relations ? »

        Je n’exclus pas tout à fait que Macron y vienne un jour – aussi étonnant que cela pourrait paraître, car il en est évidemment loin, et c’est bien pour cette raison qu’il a été élu.

        Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

      4. Virage à 180° ?

        Over all, Chinese companies are behind 340,000 to 386,000 megawatts of planned coal power expansion worldwide, Urgewald estimated. A typical coal plant has a capacity of about 500 megawatts and burns 1.4 million tons of coal each year, enough to power almost 300,000 homes.

        Ces seules 700 centrales à charbon chinoises à venir en Chine et dans le monde, pour 200 millions de foyers soit ≈ 600 millions de personnes, vont brûler 1 milliard de tonnes par an et donc émettre à peu autant de CO2.
        https://mobile.nytimes.com/2017/07/01/climate/china-energy-companies-coal-plants-climate-change.html

  3. Texte sans intérêt. Si, ça peut épater les grenouilles républicaines ou entrainer la sophistique de la famille Mougeon.
    Mais je ne vois pas comment la jeunesse peut se saisir de cet alignement de phrases où on y lit pas une seule fois le mot travail.

  4. @ Zebu
    « Le pari n’est donc pas complètement perdu pour cette ‘nouvelle politique européenne’ mais celui-ci est bien périlleux, avec en ligne de mire, la fin de l’Europe telle qu’elle existe actuellement, ou au contraire sa refondation. »

    ……………………..

    Refondation, c’est cela il faut dès maintenant travailler à la refondation de l’Europe.

    S’il n’y a pas d’Europe, marche vers les cinq continents dans une entité commune, il y aura la guerre, c’est certain.

    L’affaire est donc d’une importance crucial. Mais qui peut refonder l’Europe ? Les nationalistes ou les internationalistes ?

    Historiquement la droite, et cette gauche de ces quarante dernières années, d’autant plus zélée qu’elle est la dernière convertie au joie du libéralisme et à la loi du marché, c’est le nationalisme.

    C’est la bourgeoisie qui verra toujours plus d’avantage à construire une zone de libre échange pour écouler sa production, que de penser à la suppression des frontières. Cette bourgeoisie est en échec sur toute la ligne, puisque foudroyée par sa crise financière, elle doute même aujourd’hui de l’intérêt de maintenir une entité supra nationale. Ne parlons même pas de la suppression des frontières, objectif qui ne lui ait jamais venu à l’esprit !

    Cette Europe de la bourgeoisie, c’est Macron. Et cette Europe peut compter ces jours, elle est intrinsèquement condamnée, quelque soit les gesticulations des gouvernements italiens et français. Les gouvernements américains, allemand, japonais et chinois, ne peuvent pas plus longtemps maintenir en place la politique accommodantes de leurs banques centrales, sous peine de provoquer dans le monde le krach des krachs, c’est à dire le monétaire et une perte de confiance générale dans les devises à commencer par le dollar. Les taux d’intérêts vont remonter, les gouvernements ne vont plus pouvoir faire rouler leur dette, et à ce moment il en sera finit de l’ambition  » …de créer 20 universités européennes, de développer le multilinguisme et la résidence pendant 6 mois dans un autre pays pendant un cursus scolaire … »

    Comme on dit à la campagne: à carême sonnant chacun reprend sa poêle, et chaque bourgeoisie devra se démerder avec ses mouvements estudiantins lorsque les lieux de savoir fermeront les uns après les autres. Les Etats seront en faillites et les gosses enrégimentes dans les armées nationalistes. alors arrêtons de boire comme du petit lait les discours enflammés des jeunes bourgeois exaltés !

    Ce n’est certainement pas comme cela que l’on va refonder l’Europe, c’est appeler un chat un chat, et par exemple se convaincre que puisque la bourgeoisie s’est construite dans des cadres nationaux, jamais elle ne pourra sortir de ses frontières. Les masques doivent tomber. Cette gauche tenue en laisse par des nationaux, c’est elle qui bouche toute perspective aux peuples européens et qui porte la responsabilité historique de la catastrophe qui nous arrive tout droit sur le museau.

    La suite de ce billet, ou nous parlerons de la force de l’internationalisme ouvrier, lorsqu’il n’est pas dévoyé par des traîtres à la cause … ce soir …

    1. Cette gauche tenue en laisse par des nationaux, c’est elle qui bouche toute perspective aux peuples européens et qui porte la responsabilité historique de la catastrophe qui nous arrive tout droit sur le museau, disions nous ce matin.

      Plus précisément ce sont les directions des organisations ouvrières (partis syndicats) qui refusent de rompre d’avec le semi-cadavre politique de la bourgeoisie. Pourquoi ? Parce qu’ils savent trop bien croient-ils, nourri par l’histoire, à quoi les exposerait ce choix: A la révolution, à la guerre civile en Europe.

      Mais ces philistins aiment se faire peur à eux même, aiment faire peur aux travailleurs pour préserver leur tranquillité et leur petite vie routinière cossue mais bidon. Car c’est justement en anticipant les événements que l’on pourra éviter le pire. Le pire étant la montée inexorable de l’extrême droite, avec eux une guerre féroce entres les nationaux, au nez et à la barbe des impuissants refondateurs bourgeois, d’une nouvelle guerre des nations européennes..

      Plus sereinement la révolution, le socialisme sera voulue, préparée, anticipée, portée par des organisations connues, pouvant très vite redevenir des organisations de masses, plus les danger du chaos et de la guerre seront minimisées.

      Vouloir refonder l’Europe passe par une vision internationaliste assumée. C’est la seule manière pour dépasser les blocages nationalistes actuels, mais encore faut-il que cet internationalisme revendiqué, ce désir de refonder L’Europe avec les peuples soit clairement proclamé à l’avantage des travailleurs.

      Non pas tenter un replâtrage de l’Europe des capitalistes, sur les ruines de nos maigres acquis sociaux, mais affirmer sans frémir et sans sourciller la volonté d’aller vers les Etats unis d’Europe socialiste, entité politique qui a minima, rétablira immédiatement dans leurs droits l’ensemble des classes ouvrières en Europe, décrétera l’harmonisation sociale par le haut.

      Comment entraîner les peuples européens dans un processus internationaliste ? En renouant avec le vrai socialisme, c’est à dire en rompant avec la bourgeoisie et son idéologie, et en s’adressant uniquement au peuple travailleur, en premier lieu au prolétariat des pays européens.

      Tout peut commencer par une rencontre au sommet du PS français et du SPD allemand. Les militants de ces partis doivent exiger de leurs directions de convoquer un congrès extraordinaire des socialistes allemands et français en même temps. Les défaites électorales historiques vécues par l’une comme par l’autre formation, le risque de leur disparition pure et simple, justifie amplement cette tentative de sortir du marasme, collectivement, en socialiste, en internationaliste, par le haut.

      Devons nous continuer à construire l’Europe, mieux à refonder l’Europe, avec les partis bourgeois existants s’interrogera ce congrès socialiste ?

      Pouvons-nous sortir d’une collaboration de quatre ans avec le gouvernement Merkel, co-assumer la montée de l’extrême droite, et se contenter de dire: bon cette fois ci on ira pas dans le nouveau gouvernement, on se contentera d’appeler à un congrès ordinaire et surtout on ne mettra pas à l’ordre du jour la démission de notre direction, s’interrogera tel militant socialiste allemand ?

      Pouvons-nous oublier le virage libéral du président sortant, le tord que nous aura fait la promulgation, à coup de 49.3, d’une loi explosant le code du travail dans notre électorat ? Pouvons-nous oublier la manière dont certaines personnalités dans le parti, ont froidement assassiné le candidat de leur propre parti politique lors des dernières élections, se posera comme question tel militant socialiste français ?

      Est ce cela être européen, est ce cela être socialiste, est cela être de gauche ?

      Non être de gauche, être socialiste, être européen, c’est élire une nouvelle direction combative et résolue dans chaque parti socialiste européen (la lutte de classe est nationale dans sa forme, internationale dans son contenu ), charge sera à ces directions de revendiquer dans chaque pays le pouvoir.

      Comment pourront-elles espérer reprendre le pouvoir et en quelque sorte redorer leur blason ? En impulsant et en chevauchant -enfin- les mouvement sociaux qui ne vont pas manquer d’éclater au quatre coins du continent. En dénonçant aux yeux des travailleurs les faux syndicalistes, les partenaires sociaux de la bourgeoisie.

      Leur programme sociale commun sera simple. Demain en Europe n’importe lequel des travailleurs aura les même excellentes conditions d’existence et de travail. Nous prendrons comme référence le meilleur statut, les meilleurs conditions de travail et de rémunération, que tel prolétariat dans tel pays a acquis ces cent dernières années, et nous le généraliseront à tous les travailleurs.

      Leur programme économique commun sera simple. Demain nous supprimeront les frontières intérieurs, nous exproprierons les capitalistes et nous mettrons en place de grands services publics transnationaux. Nous confierons à des scientifiques la besogne de travailler à un plan de production écologique en vue de satisfaire les besoins des populations sans détériorer un peu plus la planète; Nous fonderons une banque unique européenne, qui à la différence de la banque centrale européenne, ne fera pas tourner la planche à billet pour alimenter des bulles spéculatives, enrichir toujours les mêmes, mais qui permettra le financement des grands travaux d’investissements à l’avantage de tous.

      Et la dette nous répondrons les sceptiques ? Nous la rembourserons, nous la rembourserons cash, seulement aux petits porteurs européens immédiatement, aux autres à fur et à mesure que leurs pays passeront au socialisme. De toute façon l’histoire n’a jamais connue de grands bouleversements sans de grandes inflations du papier monnaie? Et question papier monnaie, nous avons appris beaucoup de nos ennemis ces dix dernières années sur l’art et la manière de faire rouler une dette.
      Alors cool les camarades, à chaque jour suffit sa peine !

      Il va sans dire que la refondation de l’Europe seule, même socialiste, n’est en aucun cas un gage de paix et de prospérité pour le monde. Ce sont les classes ouvrières des cinq continents qui doivent être entraînées dans le tourbillon de la révolution. Alors cette histoire de gros sous, ce sera le cadet des préoccupations des Etats unis d’Europe Socialiste.

      La question fondamentales sera celle que se pose immédiatement et légitimement les dirigeants de la Corée du Nord.

      Charge au partis socialistes unis européens de proposer la fondation d’une nouvelle internationale ouvrière aux partis socialistes du monde entier. Si tu veux la paix, prépare la révolution mondiale.

      Les bourgeois européens nous parlent refondation, nous et notre classe sociale exploitée et opprimée nous leur répondons fondation !

      Vite, un Congrès extraordinaire franco-allemand des socialistes. internationalistes. Vite rentrer en masse dans les partis ouvriers comme dans les syndicats ouvriers pour faire bouger radicalement les lignes. Qui veut vaincre est déjà bien près de la victoire !

  5. Le discours d’Emmanuel Macron a le mérite d’ouvrir et de provoquer le débat. C’est peut-être une première esquisse, imparfaite, partiale et discutable sur certains points. Mais le statu quo est mortifère. Et le choix de replis nationaux sont une tentation facile, mais en fin de compte, une impasse dangereuse. Donc, pour moi, l’initiative est louable, mais si elle est poursuivie, elle doit être évaluée à la bonne échelle, c’est à dire comme un chantier colossale. Une « refondation » ne saurait être qu’une liste de mesures ou d’ajustements additionnels, mais a immanquablement des implications institutionnelles profondes…Espérons que cette initiative permette de se donner les moyens d’un débat démocratique large et de fond, où les peuples ne soient pas mis de côté, mais au centre…..

    1. Le statu quo est mortifère, la vision de Macron est nullissime car repose sur le principe du « grand marché libéral » avec tout ce qui l’accompagne.
      Il va peut-être sortir une fois pour toute de la doxa économique et jeter à la poubelle ses lunettes libérales.
      La vision de Keynes de l’économie n’est pas le nec plus ultra mais il va bien falloir se rendre compte que la conception libérale de l’économie est une impasse en terme de répartition des richesses. Certes, cela profite toujours aux mêmes, les plus riches…
      Mais dites-moi, avez-vous jamais vu un coffre fort suivre un corbillard ?

      1. @Maris(28 à 15h00) écrit :
        … »La vision de Keynes de l’économie n’est pas le nec plus ultra mais… »
        Et pourtant … on pourra lire avec attention (et espoir??) cette description assez détaillée de l’évolution socio-économique du PORTUGAL après changement de gouvernement et rejet/mise entre parenthèse? de l’austérité ( la vraie , voisine de la grecque) :
        https://buzzles.org/2017/09/28/portugal-le-virage-anti-austerite-provoque-un-miracle-economique/
        On se prend à rêver à la lecture… jusqu’à la dernière phrase..qui , à elle seule , hypothèque la probabilité de réussite (en cas de hausse des t% d’emprunts ) du processus ..!!
        On conçoit de suite qu’une U.E. solidaire n’aurait qu’un geste (pas trop compliqué à margouler) à faire pour compenser l’accroissement marginal anormalement induit de la dette globale du pays et ainsi donner du temps pour que se développe le cercle vertueux croissance/recettes/surplus primaire/investissement/croissance…
        Ne verrait-on pas plutôt le même cercle d’hyènes européennes réunies « au chevet » du Portugal renaissant que celui qui fût à l’oeuvre en Grèce??
        Parier sur Macron-sauveur plutôt que sur Macron-bourreau ?? I’ve a dream…

  6. A ce moment de l’histoire ,on n’aurait pas compris ( enfin , moi !) , que le Président de la République Française n’exprime pas une ligne d’horizon , car ce qui se joue à quitte ou double , ce n’est pas l’Europe , c’est notre capacité commune à rester maître de notre destin et de nos façons d’être .

    L’Europe , quand on observe un peu l’état du reste du monde , était pour moi le bon outil pour garantir ce destin .Je ne le verrai sans doute pas réussir ,et pourtant je n’en imagine pas d’autres dans le délai imparti .

    Je n’arrive pas à me persuader qu’une Europe à plusieurs vitesses , qui est sans doute la moins mauvaise solution dans l’art d’accommoder les restes , soit une réponse suffisante pour la résolution des grands enjeux écologiques , financiaro-systémiques , numérico-intelligents , qui , outre qu’ils composent le soliton , sont les conditions d’environnement global de nos vies , des nos besoins primaires ,de nos libertés , de nos aspirations , de nos cultures .

    Au rang des « évocations » qui m’ont paru avoir un petit impact sur ces enjeux , j’ai malgré tout relever : »juste prix au carbone  » , »agence pour l’innovation de rupture » , »taxe sur les transactions financières et des GAFA « .

    Bien maigre et sans unanimité nécessaire , quand le monde brûle .

    Les peuples européens mettent encore la poussière sous le tapis .
    On ne peut pas demander à nos dirigeants de jouer à notre place, à une table de jeu où nous ne voulons rien voir .

    La partie se jouera ailleurs .

    1. « Je n’arrive pas à me persuader qu’une Europe à plusieurs vitesses , qui est sans doute la moins mauvaise solution dans l’art d’accommoder les restes , soit une réponse suffisante » : moi non plus.
      Mais c’est tout ce qui reste. Et au moins, cette méthode est accessible à tous les pays membres et n’instaure pas une Europe duale zone euro/reste (encore …) de l’UE.
      Le constat doit être posé : la méthode communautaire a vécu et nous a conduit dans une impasse (ou plutôt ceux qui l’ont utilisé). Changement de méthode, mais l’objectif reste identique. On s’est aperçu, beaucoup trop tard, que la tactique avait son poids. Et qu’on ne fait pas boire un âne qui ne veut pas boire : réapprenons à boire ensemble, même par petits groupes, avant que de recommencer à avancer.
      La difficulté ? Vu le temps qu’il reste, il faut maintenant boire tout en avançant !

      1. Non pas prouver le mouvement en avançant… mais bien prouver le mouvement en buvant.

        Il se murmure que c’est une maxime que Jean-Claude Juncker applique dès le matin. Ce qui d’une part peut contribuer à expliquer certaines sorties un peu surprenantes de sa part.

        D’autre part c’est sans doute un signe d’intelligence. Vu l’état de tout cela, et la direction dans laquelle ça va, autant s’en jeter une petite dès potron-minet, ça permet au moins d’y penser moins plutôt que de se consommer en efforts qui ont toute chance d’être vains.

      2. « Il se murmure que c’est une maxime que Jean-Claude Juncker applique dès le matin »

        Jean-Claude Juncker ? Je m’disais aussi… Mais qu’a t’il donc à cligner des yeux ? Diantre, mais il parpelège ? Comme quoi…
        Dès potron minet, bigre de bigrou. Assurément, à l’occasion, je préfère entre chien et loup, voire même carrement loup.
        Cela dit, la lune n’a rien à craindre des loups.

        MOGENS LYKKETOFT : “LA FRANCE PEUT APPRENDRE DE L’EXPÉRIENCE DANOISE”, 19 septembre,
        https://www.taurillon.org/mogens-lykketoft-la-france-peut-apprendre-de-l-experience-danoise

  7. L’Europe a plusieurs vitesse, je n’y crois pas un seul instant…..On va classer les pays par catégorie, par « cercles », par zones…., avec des instances de « gouvernance » distinctes, etc… Bonjour la complexité, technocratique, et surtout, politique (et anti-démocratique). Et par exemple, pas sûr que l’Allemagne voudra se défaire des pays de l’Est, qui sont une base essentielle de son système industriel. Pas sûr que certains « petits pays » accepteront de se voir relégués en deuxième ou troisième division…etc. C’est encore une vision « managériale » (les « cercles »), complètement faussée.
    Quant à refonder l’Europe, la fondation ce sont les peuples…ou rien. La « méthode communautaire » a juste oublié ce détail.

  8. Je recommande ce commentaire très favorable au sujet du discours de Macron du correspondant à Paris du Zeit – quotidien de gauche.
    http://www.zeit.de/politik/ausland/2017-09/emmanuel-macron-frankreich-deutschland-europa/komplettansicht
    Ça s’appelle « En avant, n’ayez pas peur ! », et la traduction automatique fonctionne assez bien dessus.

    Ce que je note en particulier, c’est que cette voix qui est l’une des plus favorables à Macron en Allemagne dit sans doute tout le bien qu’elle pense de cette initiative. Mais elle en montre aussi – en creux et comme par inadvertance – les limites.
    – « Le risque est d’autant plus grand que le discours de Macron se perde dans la tourmente de Berlin après les élections »
    – « En même temps, le président français a fait tout son possible pour répondre aux nouvelles conditions gouvernementales allemandes. Il a retiré ses revendications d’un gouvernement économique pour la zone euro afin de ne pas irriter le FDP, le futur partenaire de coalition de Merkel »
    – « En fait, le contenu du discours de Macron est assez semblable au programme européen du FDP. »
    – « Et si Schäuble et Lindner [NdT : le chef du FDP] considéraient comme utopique la deuxième partie de son discours, qui traite de plus de justice sociale et plus de démocratie pour l’Europe : ces sujets étaient les points quatre et cinq dans le discours de Macron. Grâce à cette hiérarchisation, Macron a précisé que la France serait également satisfaite d’un consensus uniquement sur les premiers points. »

    Quant aux premiers points, ceux dont même une voix allemande particulièrement favorable à Macron considère qu’ils sont les plus importants, que l’on peut déjà oublier les autres, les voici : force militaire d’intervention rapide, politique commune d’immigration et d’asile, meilleur service de renseignement, procureur européen, programme Erasmus étendu aux apprentis.

    Il me semble assez difficile de nier qu’il n’y a pas là grand-chose qui puisse véritablement infléchir le destin de l’Union européenne, la sortir de la voie où elle se trouve et qui mène à l’éclatement et à la disparition.

    Macron n’a-t-il donc aucune chance ? Pas tout à fait. Il a UN bon argument, et c’est la conclusion de l’article du Zeit : « Attention, après Macron peut venir Le Pen ». Plus précisément, un dirigeant français décidé à réorienter la politique du pays dans un sens indépendant, donc hors de l’UE, pourrait être élu, même si pas forcément Le Pen – probablement pas elle vu les derniers événements au FN. Si les dirigeants allemands avaient véritablement conscience que le projet UE – qui leur est particulièrement cher – reste à deux pas du gouffre, sans doute seraient-ils prêts à véritablement changer des choses.

    Seulement voilà, il est souvent difficile de sortir de sa zone de confort, notamment intellectuelle, avant d’y être véritablement obligé. Et Angela Merkel, dirigeant politique certes non dénué de qualités, n’est généralement pas reconnue comme ayant une vision ni une stratégie à long terme.

    2022 ? Les autres occasions où l’UE pourrait dérailler, et il s’en présentera probablement d’ici là ? Tout cela est fort loin… on verra bien. « On se débrouillera »

  9. La proposition de Zebu de rendre l’accès aux fonds structurels bottom up, c’est à dire directement accessibles aux organisations de base, sans devoir en passer par le filtrage politique (copinage) des états membres, serait une relance concrète de la participation citoyenne.

    Le Feder ou le Fond social (mais pas que) pourraient par exemple soutenir la création de régies communales du logement autogérées par les citoyens et libres du politique. Par exemple, afin d’attaquer en direct le non-logement avec la participation des citoyens, en utilisant toute la gamme des outils du développement communautaire, tel que la formation des jeunes par les âgés expérimentés, etc.

    Est-ce possible, à court terme, non seulement de court-circuiter le personnel politique dans le choix des projets, mais encore et de rencontrer des fonctionnaires européens compétents et ouverts aux enjeux sociétaux concrets. Je n’ai pas de réponse à ces deux questions.

    Dans les années 80, le bottom up était possible, le filtrage politique est venu ensuite s’imposer auprès des directions des fonds structurels; ne leur firent alors présentés que ceux qui arrangeaient les copains ( je parle concrêtement à partir de mon expérience belge, mais je crois savoir, pour en avoir discuté avec des collègues, que ce filtrage fut également mis en place dans d’autres pays)

    1. Le bottom up n’a jamais été possible et si ça a marché parfois ,c’est « par hasard » .

      En tout cas le « bottom » a de tout temps été assez clairement voulu par l’UE comme étant le niveau régional ou territoire équivalent . C’est bien pourquoi la France a tout naturellement choisi ce niveau des régions , via les Sgar , pour être le point de passage obligé descendant ou montant des aides et subventions européennes . Bruxelles a toujours apprécié cette structuration d’ailleurs qui ui garantissait la meilleure traçabilité de l’usage des fonds ( même si ça n’a pas empêché ,un temps, des comptes de vaches corses un peu bizarre , ou des oliviers fantômes dans le sud ) .

      Par contre , autant que je me souvienne , il y avait un suivi de l’usage territorial des aides , pratiquement « pixélisé » , via une nomenclature en une multitude de niveaux que j’ai oubliés .

      1. « Le bottom up n’a jamais été possible » parce qu’on ne l’a jamais souhaité, et quand je dis ‘on’, ce sont toutes les institutions parties prenantes, y compris les corps intermédiaires. Tradition jacobine exacerbée et surtout des dépositaires de la légitimité démocratique qui se sentent mis immédiatement en concurrence légitimaire.
        Ce n’est pas parce cela n’a jamais été que cela ne sera jamais.
        Dans le cas présent, des fonds structurels, c’est effectivement patent de top down :
        http://www.europe-en-france.gouv.fr/Centre-de-ressources/Etudes-rapports-et-documentation/Accord-de-partenariat-2014-2020-Document-de-concertation
        tout au plus concède-t-on une ‘concertation’ au ‘grand public’ sur internet …
        Et ça, ce n’est que pour la définition de la programmation. Quand on passe au ‘faire’ ensuite, c’est pire … mais pas tout le temps, partout.
        Dans le cas du programme LEADER pour le FEADER par exemple, l’approche ‘ascendante’ est largement valorisée (dépendante évidemment de la qualité de l’équipe technique, de son intelligence, du terroir, des gens, du vent, etc., comme partout) :
        http://ec.europa.eu/agriculture/rur/leader2/dossier_p/fr/dossier/chap4.pdf
        Certes, c’est (très) largement insuffisant, et toujours ‘dans le cadre’, mais c’est mieux qu’ailleurs.
        Les Fonds structurels, c’est environ 1/3 du budget européen 2014/2020 (903 milliards d’euros). C’est un impact majeur de l’action européenne, notamment d’investissement et concernant la vie quotidienne … dont sont exclus l’immense majorité des citoyens européens, dans son aspect décisionnel que dans son aspect gestionnaire direct.
        On ne peut pas à la fois déplorer la passivité ou le rejet de l’Europe des citoyens et s’étonner de ce type de fonctionnement totalement (ou presque) procédural, instrumental, institutionnel, gestionnaire (et j’ai évité de dire ‘technocratique’ pour ne pas insulter la technique).

      2. Certes mais autant que je sache , hier comme aujourd’hui les programmes européens sont cadrés dans leurs enjeux , et donc les actions cadrées dans leurs caractéristiques , par le « très haut » européen . Il n’y a guère que dans les premières années où , dans un joyeux foutoir, on a pu « faire passer » des opérations dont on pouvait se demander ce que l’Europe venait faire là dedans .

        Dans un système bottom up , comment faire le tri de ce qui serait recevable et de ce qui ne l’est pas ? Pourquoi l’Europe serait elle plus « anarchiste » que ses membres dans leurs propres subventions nationales ?

      3. « Pourquoi l’Europe serait elle plus « anarchiste » que ses membres dans leurs propres subventions nationales ? » : oui, pourquoi ?
        Pourquoi demande-t-on à l’Europe d’être plus démocratique quand la tête de l’exécutif est nommé par un Conseil de dirigeants élus au suffrage universel direct en fonction de la majorité au sein d’un parlement élu au suffrage universel direct, responsable devant celui-ci, où une Cour de Justice indépendante dit le droit, où les états membres ont des compétences reconnus par des traités tels des collectivités locales ou des Länder dans des nations, une Charte des droits fondamentaux définis, un peu comme … la Vème République Française (#Ohmon dieunousvivonsendictature!) ?
        Alors certes, les listes ne sont pas transnationales, le Conseil a un pouvoir écrasant (mais pas unique), c’est le bordel dans l’exécutif à deux têtes, y a pas de budget conséquent, certains n’ont qu’une monnaie quand plusieurs autres en ont une autre, mais, alors mais oui, mais pourquoi donc ?
        Ben c’est comme ça.
        Pasque ce sera jamais assez, de toute façon, jamais assez légitime, pour les souverainistes nationaux.
        Faut l’accepter. Pourquoi ? Je sais pas, c’est comme ça.
        L’Europe doit être parfaite. Ou pas d’Europe.
        Ne me répondez Juan que dans notre si beau pays démocratique jacobin, si nous irions l’abjecte volonté de vouloir mettre en place un processus bottom up dans toutes nos subventions publiques, nous irions directement en enfer, en passant par les cases ‘anarchistes’ (donc), ‘dangereux activiste’ et ‘pauvre débile’.
        La légitimité démocratique, monsieur, cela ne se discute pas. Surtout en France.

      4. Je ne suis pas sur d’avoir tout saisi , tant il y a de sous entendus potentiels ou d’a priori sur ce que j’ai pu vouloir dire ( ou penser de l’anarchisme) , mais surtout , je n’ai pas de réponse à une question simple : comment fait on le tri , les « choix », dans les propositions de terrain , qui , sur quels critères , accepte-t-on les financements liés qui peuvent devenir liants ….

  10. « L’Europe » a déjà existée, jusqu’au mois d’oût 1914: libre circulation des personnes et des biens, une monnaie commune (l’union latine), des échanges très intenses dans de nombreux domaines, culturels, économiques….Il faut lire le bouquin de Stefan Zweig « Le monde de hier » (en allemand de préférence) pour avoir un petit appercu de ce que était l’Europe avant la Grande Guerre. Et pourtant.
    L’idée de créer l’union de l’acier et du charbon après une guérre apocalyptique fut une idée géniale, chose qui arrive rarement aux politiques. La base de l’idée européenne, c’est l’économie, et cela n’a pas changé et ne changera pas.

    Si Macron prend des initiatives en matière de construction européene, c’est par nécessité financière et économique.
    Il voit bien dans quel état est la France. L’idée d’un état fédéral européen est un mirage, même le personnel au palais européen à Bruxelles en sont conscients.
    Mais c’est l’économie qui fait tourner la mécanique. Pour faire bien, pour embellir le tout, on a mis sur pied, au fil du temps, des programmes divers déstinés aux population divers. Mais en réalité, l’Europe n’est que une partie de la mondialisation.
    Mitterand disait à petit goup dont je faisais partie, que ce sera l’Europe qui apportera des changements pour la France. Ce serait en effet une bonne chose.

    1. « L’idée d’un état fédéral européen est un mirage, même le personnel au palais européen à Bruxelles en sont conscients. »

      Un mirage un état fédéral européen et le personnel bruxellois en serait conscient ? Pourquoi donc ?
      Béh mince alors, moi je pense plutôt que c’est la seule option durable et sécurisante, faut tous les virer là-bas si ils n’y croient pas. La question que je me pose, est au sujet de la langue qui devra à terme s’imposer partout, laquelle ?

  11. Le « bottom up » fut possible autour de 1975, c’est-à-dire qu’un projet porté avec l’aval d’un ensemble de corps intermédiaires locaux, syndicats, associations, mandataires politiques locaux, pouvait aisément être présentés en direct devant des fonctionnaires européens, lesquels jouaient parfaitement leur rôle d’aider les projets qu’il jugeaient les plus intéressants.

    Le financement de projets sous le chapitre de « L’Europe des régions » fut une opération top bottom » visant à renforcer le pouvoir de la Commission relativement aux Etats.

    Par contre, les appareils politiques « aux affaires » se sont arrangés pour répartir eux même l’enveloppe budgétaire disponible selon les différends fonds, en faisant le choix des projets présentés pour ressortir des financements européens, les Fonds européens n’intervenant « que complémentairement » (autour de 80 % et selon différentes spécificités) aux subsides, moindres, mais nécessaires, apportés par les Etats membres. Il y avait également la « garantie de bonne fin » cautionnée par les pouvoirs publics.

    Par ailleurs, dans les années 90, un projet pouvait être repéré comme « très bon » par un fonctionnaire d’un Fond, car il y a toujours moyen de rencontrer un fonctionnaire intelligent pour lui demander son avis sur la pertinence d’un projet en cours d’élaboration. sous cette condition, le projet pouvait être « informellement » défendu, par le Fond, auprès des instances politiques, lesquelles étaient alors « mal prises » pour l’écarter, le combat était difficile, mais jouable et « gagnable ».

    Je me pose la question des corps intermédiaires susceptibles de porter un renouveau démocratique européen. l’Association des Maires de France le pourrait-elle, à l’occasion d’une « charte eurocommunaliste » elle même liée, par exemple, à des organisations telles que ANTICOR ? L’AMF pourrait-elle trouver ses équivalents dans les différents pays ? Et il faut aller très vite, ce qui suppose qu’il existe une réelle demande de certains corps intermédiaires à se débarrasser de la tutelle politique.

      1. On vient de demander à Corbyn s’il interviendrait militairement pour aider un allié de l’Otan attaqué.
        A refusé de répondre, se contentant d’évoquer la paix et l’action diplomatique.
        Corbyn n’est pas Churchill, on le savait, c’est confirmé, à bon entendeur…
        Sinon son pote Ken Loach en a aussi sorti quelques bonnes et belles, sensiblement au même moment…
        Ça commence par du lourd, genre « Non non, y’a pas, il n’y a jamais eu d’antisémitisme à gauche en GB » et après ça part en vrille sévère. Pauvre petit chose.
        http://www.tabletmag.com/scroll/245953/this-anti-semitic-bbc-interview-perfectly-illustrates-britains-left-wing-anti-semitism-problem

  12. On peut toujours rêver. Le vrai poison de l’Europe, c’est l’Euro, dont en effet personne ne veut sortir pour des raisons idéologiques (personne ne voulait non plus sortir du stalinisme) et d’intérêts de castes. Comme il est historiquement avéré que, à ce jour, aucune unification monétaire n’a réussi, il n’y a aucune raison particulière d’imaginer que la Zone Euro dérogera. Surtout étant donné les trajectoires économiques hautement divergentes des pays membres. Dans les 10 ans à venir, c’est plié. D’autre part, la démocratie est morte en Europe, laquelle s’achemine tranquillement vers un système de gouvernement autoritaire généralisé. La démocratie moderne est apparue dans 3 pays: l’Angleterre, la France et les Etats-Unis. La Grande Bretagne vient de quitter le paradis européen, la France est dirigée par une bourgeoisie maréchal-nous-voilà, et les Etats-Unis se désengagent du continent et divorcent officiellement d’avec l’Allemagne, où l’on verra bientôt que l’Allemagne n’est pas la foormiddaable démocratie que la presse française nous vente régulièrement. Ouvrons les yeux: l’Europe actuelle est celle de Pétain, Franco et Musso bien plus que celle des droits de l’homme. Et même avec une cape rouge et un collant bleu, notre Micron national n’en peut mais.

      1. @ Vigneron.

        Le stalinisme était une prison des peuples, votre Europe idem, même si pour l’instant c’est une prison avec des barreaux dorés.

        Les peuples européens veulent intrinsèquement en sortir, comment en douter encore aujourd’hui, mais encore faut-il qu’il voit une faible lueur au bout du tunnel.

        Tant que Marine Lepen était sur l’explication qu’il vaut mieux anticiper une catastrophe que de la subir, elle avait l’oreille du pays. Evidemment le jour où elle a fait dans le rétropédalage et avouer que la sortie de l’euro équivalait à un saut en parachute sans parachute, cela a douché les enthousiasmes.

        On en est là.

        Avez-vous entendu Mélenchon (bien plus corrosif et saignant vis à vis de ces « amis » communistes, que hier soir face à son ami le premier ministre de la France) prôner la sortie de l’euro ? Non.

        Encore un qui va devoir assumer la responsabilité de la catastrophe inéluctable qui arrive !

        Et pourtant personne parmis les « refondateurs » de l’Europe se pose la question de savoir qui assumera les pertes abyssales de la BCE, le jour où il y aura du mou dans les relations (pour l’instant radieuses) entre Berlin et Paris ?

        Surtout quand des loulous comme toi nous explique que Francfort et Berlin ne sont pas des villes d’un même pays.

        Personne ! La Banque centrale européenne est une corne d’abondance extra territoriale, et l’euro est seulement un bout de papier, avec des belles couleurs flashy dessus, mais qui risque à court terme de ne même pas valoir un kopeck !

      2. T’as de la chance, t’as fait court Lenine. Et donc j’ai lu, rapidement comme il se doit, un peu comme un bouddhiste Tibétain incrédule fait tourner un moulin à prière, en passant. Et donc tu dis n’importe quoi. Le plan B de JeL’M, qui était un plan A comme chacun sait même Varouf, était évidemment la fin de l’euro. Même pas besoin de plan B ni A d’ailleurs, sa seule élection signifiait un arrêt de mort pour l’euro.
        Quant au désamour « intrinsèque » des citoyens de l’€zone pour l’€, je conclus du dernier sondage Eurobaromètre de ce printemps que « intrinsèque » signifie « non-dit, caché, masqué, non-su, dénié », que sais-je encore.

        Dans la zone euro, près de trois quarts des personnes interrogées sont favorables à l’euro
        (73%, +3 points de pourcentage, contre 22%, -3).

    1. « la démocratie est morte en Europe »

      Oh ne vous en faites pas, elle a la vie dure la démocratie.

      On la fiche par la porte avec mon pied au derrière, elle revient par la fenêtre. 🙂

      Son grand secret, c’est que les systèmes autoritaires sont intrinsèquement moins stables dans la durée. Un système autoritaire peut avoir l’air impressionnant comme ça, il est fragile, plus particulièrement quand les conditions changent, quand la rivière devient pleine de remous à l’approche des chutes d’eau.

      La question, c’est s’il est possible d’amener la démocratie dans la structure de l’UE, et suffisamment rapidement encore, ou si la démocratie se fera contre l’UE. Y a deux camps, les pro-UE démocrates et les souverainistes.

      Enfin trois, avec ceux des pro-UE qui se fichent pas mal de la démocratie. 🙂

      1. « Son grand secret, c’est que les systèmes autoritaires sont intrinsèquement moins stables dans la durée ».

        La durée peut-être longue: 70 ans pour l’URSS et pas de sortie de l’autoritarisme prévue à court terme pour la Chine.
        L’Euro s’effondrera tout seul par le seul qu’il fait diverger les économies européennes. l’Euro+le libre échange, ça fait 15 ans que ça ne marche pas. Le maintient d el’Euro, qui ser les intérêts de l’Allemagne et des catégories supérieures ne peut se faire que par la coercition. L’Europe emmène ses peupeles ver un retour à l’esclavage.

  13. les propositions de Macron contre l’immobilisme de l’Europe c’est du lourd : c’est bigarré, sexy et pis ça va changer not’ vie à l’horizon 2050/2080, c’est sûr.

    1. Camille Lepage.
      Hommage à cette magnifique jeune photographe reporter, qui témoignait avec humanisme, talent, et une grande sensibilité de l’absurdité de la guerre et de ses victimes.

      « Tous ceux qui l’ont connue sur le terrain en témoignent : Camille n’avait rien d’une tête brûlée. Sur ces zones de guerre difficiles, qu’elle couvrait toujours aux côtés des victimes civiles, ce n’est pas l’adrénaline que recherchait cette jeune photojournaliste mais l’humanité enfouie sous le bruit et la fureur des armes. »
      http://tempsreel.nouvelobs.com/photo/20170929.OBS5356/en-images-la-photographe-camille-lepage-un-destin-brise.html

      1. L’Afrique, le fric et les salopards qui n’en n’ont jamais assez…

        Money’s too tight to mention.

        « Consultant juridique » d’un milliardaire libyen proche d’Haftar

        « Mais en mai 2015, la procureur actuelle de la CPI, Fatou Bensouda, présente au Conseil de sécurité un rapport qui vient contrarier ses plans. Figurent dans ce rapport des accusations de crimes de guerre contre les autorités de Tripoli, mais aussi contre les forces du maréchal Haftar, dont on dit que Tatanaki est le principal bailleur de fonds. D’après Mediapart, Ocampo aurait alors fait porter ses efforts sur une stratégie destinée à protéger son client, mais aussi éviter à Haftar d’être inquiété par la Cour de La Haye. »
        http://www.rfi.fr/afrique/20170930-libye-revelations-mediapart-pratiques-ex-procureur-cpi-ocampo

        « Sociétés offshore, attrait du gain, amitiés compromettantes : « Le Soir » et ses partenaires du réseau d’investigation European Investigative Collaborations (EIC) révèlent les pratiques cachées de celui qui fut le premier procureur de la Cour pénale internationale, l’Argentin Luis Moreno Ocampo »
        http://www.ivoirebusiness.net/articles/vidéo-scandale-de-corruption-à-la-cpi-luis-moreno-ocampo-avoue-mon-salaire-nétait-pas

  14. Medellín, le 29 septembre 2017

    Ce que je n´arrive pas, mieux dit, ce que je ne VEUX pas comprendre, c´est cette tendance de plusieurs femmes et hommes tellement aimables et tenant un passeport français – européen, de TOUJOURS se tirer des balles dans ses propres pieds.

    ¨Pues¨ (comme disent les Colombien(ne)s qui se ressemblent BEAUCOUP au peuple français, dans sa ¨fracaso-mania¨, c.a.d. son ¨écheco-mania¨), alors, pourquoi critiquer à ce fils lointain de l´empéreur auto-couronné, qui veut maintenant transférer plus de pouvoirs au Parlement Européen?

    Avec finalement des forces de paix spécialisées, avec finalement une politique fiscale et financière transférée au Parlement Européen?

    Et, espérons-le, la continuation du démantèlement du complex nucléaire militaire industriel néoconial Afro-Français, qui nous a apporté tellement de misère en Afrique, en Europe et, ne l´oublions pas, en Amérique Latine et en Asie.

    Dans ce sens je ne suis PAS DU TOUT d´accord avec l´analyse de François Leclerc, qui nous dit, que c´est une fuite à l´extérieure, cachant un vide intérieur, le discours du ¨chico macron¨.

    Au contraire! Et, en plus, une mal-compréhension des lois de la physique-mécanique. Puisque: il y a une FORCE centripète qui PEUT résulter en un EFFET centrifuge.

    Je ne sais pas comment s´organise l´éducation en physique en France, mais confondre FORCE et EFFET, aux Pays-Bas aboutissait à une mauvaise note.

    Et, svp, une petite critique au dr. Paul Jorion: pourquoi nous demander de payer chaque mois 1.000 Euro à un journaliste qui ne s´ouvre pas à l´interaction de la communication. Presque jamais nous le pouvons donner nos commentaires ici au BLOG.

    Surtout le dr. Jorion sait ce qui veut dire: ¨No taxation without representation.¨…

  15. Macron fait du neuf avec du vieux. Les Macron’s boys tombent le masque et vont de télé en télé proclamant :  » Pour partager les richesses il faut d’abord les créer ». Vieille rengaine que j’entendais déjà il y a plus de 30 ans en Belgique quasi telle quelle, de la bouche des partis libéraux purs et durs. Mais le problème n’est pas là, en fait si le partage des richesses actuelles se fait mal, quelle garantie avons nous que le partage des nouvelles richesses se fera mieux ? Aucune. Mes les mêmes boys, pas a court d’arguments, trouvent la solution dans l’effet ruissellement des richesses des riches vers les pauvres, les plus modernes parlent de l’effet percolateur et donc il faut favoriser les riches. C’était déjà dans la Bible, les miettes tombant de la table des riches. Bon, avec Macron nous voilà avec une équipe de jeunes vieux sur les bras.

  16. La partie est perdue, pourquoi s’entêter à vouloir poursuivre le jeu en tentant de réactiver des projets communs avec l’Allemagne, il y a trop de divergences avec ce dernier pays.
    L’on ne tient aucun compte de la démographie : la population de la France dépassera la population de l’Allemagne à l’horizon 2045-2050.
    La croissance du PIB allemand est surtout affecté à constituer des réserves en vue du vieillissement accéléré de sa population, l’immigration actuelle ne compense que très partiellement le solde négatif naissances/décès.
    La croissance française doit tenir compte de la progression actuelle des couches les plus jeunes de la population, c’est à dire, plus de logements, plus d’écoles, d’équipements, etc…
    De manière évidente, la part du PIB à consacrer aux dépenses affectées aux plus jeunes, ne progresse plus en Allemagne, mais cette dernière sera confrontée à un accroissement des dépenses à affecter aux populations vieillissante dans un avenir plus lointain.
    Vouloir s’accrocher aux basques de l’Allemagne n’a donc aucun sens si l’on tient compte de ces perspectives.
    L’euro fort, qui avantage l’Allemagne, est source de tensions au sein de cette zone : selon le FMI, l’euro est trop fort de 6,8 % pour la France et trop faible de 18 % pour l’Allemagne.
    Comme il est maintenant impossible de recourir à une dévaluation qui permettrait de rééquilibrer les choses, l’on ne peut que recourir à des solutions internes qui génèrent des tensions au sein des populations les moins favorisées.
    Le discours présidentiel est totalement dans le sens de « Stratégie Europe 2020 » écrit par la Commission de Bruxelles, ce n’est donc pas cela qui pourra déclencher de l’enthousiasme dans la population.
    La seule voie raisonnable ne serait-elle pas de laisser l’Allemagne poursuivre son chemin actuel, seule, et se concentrer sur un projet qui regrouperait les pays européens qui présentent les mêmes caractéristiques démographiques ?

    1. @Tout me hérisse
      +1
      et tant que l’Allemagne se voudra et sera accepté comme le chef de la bande : l’abstention, le désintérêt politique, l’extrême droite progresseront en même temps que la pauvreté et l’accroissement des inégalités en faveur de qui vous savez exponentiellement.

  17. Bonjour
    François Leclerc nous a rappelé les propos de E.M:  » Je n’ai pas de lignes rouges, je n’ai que des horizons… » Ce n’est jamais qu’une autre façon de dire que lorsque les bornes ont été franchies, il n’y a plus de limites. Mais ça vous a un petit air aventurier qui en jette… Nous recommandons la formule à tous ceux qui ont rendez vous avec leur banquier la semaine prochaine!

    Cordialement.

    1. Ça prouve simplement qu’un rendez vous avec l’histoire , ça n’est pas un rendez vous avec un banquier .

      Pas plus que la liberté n’est la consommation .

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