40 réflexions sur « Numérisation : L’avenir des centres commerciaux »

  1. Toboggans, piscines, tremplins, espaces de remise en forme, parkings sans issues, maison de redressement, volières pour corvidés, sanatorium, musée des horreurs, allo le 115, jardin d’enfants, crèches…

    1. C’est comme pour tout le reste, ce système – et les hommes qui l’instancient – ne respecte aucune forme de vie, réifie tout ce qu’il touche : les plantes et la nature comme simples décors, les animaux comme outils (vu récemment des aquariums comme appliques murales), les hommes comme machines. Bêtise et absurdité règnent partout en maîtres. C’est même plus grave qu’un simple gâchis, c’est suicidaire !

    2. C’est ce qui m’a frappé aussi. Parmi les liquidateurs de ce genre de surfaces, il n’y en a pas eu un seul pour se dire: « Si je ne le fais pas, personne ne le fera » et prendre ces plantes pour les planter ailleurs. Leur fonction décorative était terminée, elles pouvaient mourir. Pas un pour les considérer comme des êtres vivants. C’est dire où on en est ! (très bien illustré par le photographe)

      1. Non , c’est plutôt : « si je dois encore payer le coût de la remise en état , je vais paumer encore plus d’argent . Si je ne le fais pas , il y aura toujours quelqu’un pour le faire »;

        Version habituelle de la privatisation des profits et de la nationalisation des pertes .

        Ça marche toujours .

  2. 2050 : Dix milliards d’humains à nourrir et à loger. Il devient vital, dès à présent, de ne plus consacrer de terres agricoles supplémentaires à l’habitat. La réhabilitation de toutes les constructions délaissées, les centres commerciaux, les bureaux, les résidences secondaires et surnuméraires y suffira. Mais qui le comprend ?

    1. Non, il est urgent de faire en sorte qu’il n’y ait pas 10 milliards d’humains 2050. Helas, la seule solution sera au contraire, de ne pas créer la moindre surface supplémentaire de terre agricoles, pour envoyer un message, mettre la pression, et aussi eviter que les 10 milliards ne deviennent 15 en 2075. quoiqu’on fasse 10 milliards çà posera problème….mais qui le comprend ?

      1. Pourquoi vois- tu l’homme comme un rat ou un lapin pascal ?

        Je sais bien qu’on a des points communs et de très forts liens de parentés mais quand même, un partage des richesses couplé à un accès à la santé, à l’éducation, à la retraite de qualité et digne partout entraîne une régulation sociale de ce comportement. Donc pauvre assassin en puissance, ce n’est pas en affamant les gens qu’on résout l’équation mais au contraire en leur donnant mieux. Tu captes ou pas le messager abominable de la Grande Faucheuse ?

      2. Accessoirement, t’as pas envisagé une seconde de débarrasser le plancher et de passer à la trappe pour montrer l’exemple ?

  3. Pour ceux que ça intéresse, voici une petite traduction d’un petit extrait du texte de l’auteur du livre, le photographe Seph Lawless :

     » Durant ma vie, j’ai vu la globalisation détruisant des villes entières, et les réduisant en ruines. Parallèlement à la globalisation, un raz-de-marée de l’automatisation va bientôt frapper l’économie mondiale, conduisant vers le bas le coût des marchandises et des services au détriment de millions d’emplois, ce qui aura de multiples conséquences aux proportions catastrophiques dans le monde entier. La vague d’automatisation a la propension de dévaster l’économie américaine. Peut-être qu’aucune autre nation ne supporte autant le poids de l’automatisation que les Etats-Unis. »
     » Beaucoup d’experts financiers pense que la menace de l’automatisation est inévitable, et qu’elle peut détruire notre économie, notre système capitaliste et notre mode de vie ».

     » Le fossé entre riches et pauvres ne va faire que s’accroître de façon astronomique, et les tensions vont augmenter à un niveau sans précédent ».

     » Le capitalisme en Amérique a conduit à un succès monumental, mais en même temps à des échecs catastrophiques. La croissance de l’automatisation pourrait signifier la disparition du capitalisme, en causant l’effondrement de l’économie sur elle-même, et il n’y a pas de plan de remplacement pour s’en sortir ou pour survivre ».

    1. Le fossé entre riches et pauvres va faire que s’accroître de façon astronomique, et les tensions vont augmenter à un niveau sans précédent
      Faut-il voir ailleurs, l’extension des actes de guerre contre la société. 50 morts à Las Vegas hier par arme automatique…des déséquilibrés partout, cherchant dans le meurtre une réponse à leur inexistence…même parée de tous les oripeaux de DAESH, on reconnait le début de la guerre contre le capitalisme numérique.

      1. Apparemment le tueur était un multimillionnaire dans l’immobilier… Pas grand chose à voir ni avec Daesh ni avec le capitalisme numérique.

    1. Magnifique travail !

      Ici, au moins, pas de plantes décoratives qui meurent… Mais au contraire, la nature qui reprend (progressivement)… ses droits !

    2. Yep j’aime bien , itou, vos photos, Arkao.

      Sites urbains le paradis des graffeurs, et quand le végétal reprend ses droits pour habiller et refaire la déco…. trés bon aussi. Super le mur brulé , l’atelier des locomotives est superbe.
      Pas de racines ? J’adore photographier certains arbres et les racines.
      Il y en a souvent des magnifiques près des friches industrielles aussi.
      Continuez ! Merci ! 😉

  4. Notez le paradoxe : le livre de Seph Lawless est disponible sur … Amazon (bienvenue aux GAFAMA ! (ps : ne pas oublier d’ajouter le « M » comme Microsoft, et le « A » comme Alibaba).

    1. Je me demande si ce basculement des magasins vers Internet apportera moins de pollution par la diminution des trajets en voiture et de centres commerciaux énergivores ou au contraire plus de pollution de par les micro-livraisons irrationnelles à domicile ?

  5. Loin de moi l’idée de minimiser quoi que ce soit quand à l’évolution des choses.
    Mais : pour avoir vécu là-bas quelques années il y a maintenant longtemps, j’ai vu à l’époque un pays qui laisse à l’abandon et « construit à côté », alors que dans bcp d’endroits moins riches en espace on démolit et on reconstruit au même endroit.
    A l’époque (années 80) on aurait aisément pu pondre un bouquin avec des images du même genre, n’est qu’elles eussent parlé de secondaire plutôt que de tertiaire. Ce qui est déjà une indication forte.

  6. Eh bien , je sais pas pour vous mais je les trouve simplement très belles ces photos…Elles me disent que tout est éphémère même nos « solides « sociétés où tant de gens s’acharnent à y dépenser toute leur énergie: économie, stock option, bourse, loi travail, etc, etc, etc….Que de futilité face au Temps destructeur de toutes choses!
    Merci pour ces photos 🙂

  7. Notre terre est un cimetière de ruines .

    Il y a des ruines qui sont belles et qui peuvent revivre .

    Sans doute parce que la construction initiale était belle et avait un sens qui l’inscrivait dans un récit éternel .Nous se savons plus faire .

    Revivre ne veut pas dire être recyclé , mais l’être serait déjà une Loi à imposer.

      1. « Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde! Je marche entre deux éternités. De quelque part que je jette les yeux, les objets qui m’entourent m’annoncent une fin, et me résignent à celle qui m’attend. Qu’est-ce que mon existence éphémère, en comparaison de celle de ce rocher qui s’affaisse, de ce vallon qui se creuse, de cette forêt qui chancele, de ces masses suspendues au-dessus de ma tête, et qui s’ébranlent ? Je vois le marbre des tombeaux tomber en poussière ; et je ne veux pas mourir ! … »
        Diderot (à propos d’Hubert Robert) Salon de 1767

    1. « Il y a des ruines qui sont belles et qui peuvent revivre .  »

      Je l’ai déja raconté, mais je crois qu’elle a disparu…

      Il existait -ou existe encore- dans le parc si restreint de Bonlieu, une sculpture inspirée de l’exubérance tropicale d’un végétal terrassant une pierre sculptée, comme tombée d’un temple Khmer ou Mayas… Une pure merveille, d’une discrétion souveraine, que je visitais assez souvent. Un symbole de notre fragilité. La dernière que le l’ai vu -3 ans environ- elle était couverte de mousse et nettement enfoncée dans le sol. N’ayant pas l’occasion de m’y rendre, j’ai téléphoné au Syndicat d’Iniative qui était, ou est encore, dans Bonlieu à moins de 50 m. Ils ignoraient son existence…
      Je crains qu’à la suite des innombrables travaux elle soit jetée dans une benne sans cérémonie par des ouvriers bien intentionnés. Une perte.

      J’irai voir demain…

      1. Mon sdec me dit qu’elle existe toujours , et a même été mise en valeur . Un bon point pour l’architecte paysagiste .
        J’attends votre confirmation !

      2. Alléluia, elle existe encore, et oui, bien mise en valeur ! Votre SR est bon, Juan. Qui que ce soit qui a fait le travail, il a bien respecté l’angle de plantage en terre. Je pense qu’elle a été déterrée de 10 cm (environ,?) . Elle a été nettoyée mais une légère mousse et peut-être lichen conservent l’idée de l’auteur d’une roche agressée par les éléments. Mais, malheur, ils ont cru bon de combler des brèches et fentes avec du ciment frais, tout blanc sur la roche grise. Alors qu’il suffit d’observer son côté droit, où un végétal s’insinue dans une fente et tend à faire éclater le pilier, pour comprendre la dynamique que veut suggérer l’auteur.
        Je remercie la préposée à l’Office du Tourisme qui a bien voulu chercher, avec le sourire, le nom de l’auteur, Max Herlin. Il a un site internet, avec 2 bonnes photos. 1981, inauguration de Bonlieu et fidèle depuis 1983.

        Côté lac, on sent que bétonner le Pâquier les démange. Il est occupé par une construction semi-permanente de type échafaudage de bâtiment, mais avec bien une plus grande densité et des tubes plus gros. Très grand et haut. Apparemment ce sera un traine couillon genre montagne russe, mais de proportions soviéto-staliniennes. Je me dis souvent que ces savoyards manquent de mesure…

      3. @Daniel :

        Merci pour l’info et la confirmation .

        Par contre , si je ne peux presque plus mettre le nez dehors , je lis le journal et , s’agissant de la structure en cours de construction sur le Pâquier , elle est destinée à supporter pendant trois jours ( le week end prochain ) la partie freeski ou snowboard de « l’évènement » High Five  » à la gloire du ski , qui doit permettre de lancer la saison hivernale dans nos stations . Il doit y avoir des démos de sauts depuis la structure en question ( 42 mètres de hauteur ) , qu’ils appellent en patois savoyard le Sosh Big Air , et sur 3 jours la projection d’une soixantaine de films sur le ski , un peu dans l’esprit du festival du film d’animation ou du cinéma italien .

        Bref , que du bonheur , éphémère certes , mais du bonheur pour les participants de tous âges . Et remise en état des lieux assurée …car je pense que c’est la commune qui s’en charge .

        Et la beauté au rendez vous , apportée par le Semnoz , le Veyrier , les dents de Lanfon et le lac .

        Publicité gratuite , à prendre comme la contribution d’un retraité fossilisé aux joies saines des générations montantes .

  8. La seule pensée qui me vient à l’esprit est: mais quel immense gâchis de ressources (matières premières, énergie, génie humain…).

    Ces dollars dépensés pour construire des gigantesques centres commerciaux où l’on vend de la m****e chinoise de mauvaise qualité, alors qu’ils auraient pu servir à des choses plus utiles, comme aider les gens à acquérir plus d’autonomie économique en finançant des activités liées à la production d’aliments dans les villes par ex.

    Voilà pourquoi le capitalisme n’est pas une bonne solution au-delà d’un certain point de son existence. Mais cela, nous le savions déjà.

  9. « Il faut laisser mourir les ruines, les ruines grecques comme les autres. La ruine – et la ruine de raison bien plus encore que la ruine de crédulité – doit se transformer avec le sol,
    puisqu’elle est tirée de sa raison même. La ruine doit subir la poussée de l’arbre si l’arbre croît et l’affaissement de la colline si la colline est ébranlée. La pierre du sol, la racine, la feuille morte, la chair des fleurs apportée par le vent, tout cela doit se mêler au marbre sorti de la communion émouvante de l’homme avec la substance du monde. Restaurer les
    ruines est aussi inutile que de maquiller les vieillards, aussi inepte que de ratisser les forêts et que d’en relever les arbres morts, aussi révoltant que de couvrir les montagnes, quand ne peut intervenir l’excuse de la vie économique, d’hôtels et de chemins de fer.
    Le fétichisme des ruines qui pousse l’homme à les entretenir et à les relever sort de la conception insensée de l’art qui sépare l’art de la vie. Vouloir perpétuer la mort est une
    insulte à la vie. Vouloir maintenir les ruines est une insulte à la vie débordante qui de toutes parts les entoure, qui les ronge et les effrite, qui les submerge de sa lente marée. La
    croissance de l’arbre et le travail du feu souterrain, la marche du glacier, la pesée du soleil sur la terre dégradée et la persistance de la goutte d’eau à creuser sa route, sont des phénomènes égaux en force et en beauté à l’édification des plus harmonieuses architectures. Laissons mourir les ruines de la mort des hommes, des bêtes et des plantes, de la mort de tout ce qui vit, de la mort qui vit et qui crée. »
    Elie Faure, Histoire de l’art, Tome I : L’art antique. (1905)

    1. Comparer ces abandons industriels qui deviennent des déchets polluants à des ruine antiques, comme un oxymoron.
      Il avait bien de la chance, Elie Faure…

      1. En fait ,il n’a pas vraiment eu l’occasion de savoir ce qu’était un déchet industriel , et son propos , compréhensible , était plutôt de critiquer le fétichisme des ruines considérées comme œuvres d’art .

        Pour moi , une ruine n’est pas d’abord une œuvre d’art . Elle est « belle  » ou pas , selon ce qu’elle « est » ( matériaux , insertion dans son milieu , proportions , couleurs , rapport à la terre et au ciel ..) , et selon ce qu’elle me raconte de la beauté ou de la laideur , de la générosité ou de l’exhibitionnisme , de la mesure ou de l’aliénation , des savoirs ou des tocades , de celles et ceux qui ont conçu , construit , « habiter » ces « œuvres » .

        Vu récemment sur FR3 un reportage sur le Gard , où l’on visite une grotte des Cévennes , maintenant heureusement condamnée à la visite publique , dans laquelle le « conservateur » montre une fresque animalière vieille de 32 000 ans , « peinte » avec l’argile extraite des veines même de la roche support .Même par le petit écran , le cœur bat .

        Et en ressortant , il désigne les graffitis et striures diverses faites par des « visiteurs » locaux avant fermeture , sur une autre partie des fresques , où l’on distingue même l’impact des bouchons de champagne qui visaient les ours peints au plafond .

        Je me sens plus proche et en sécurité avec l’homme des cavernes d’il y a 32 000 ans qu’avec pas mal de mes compatriotes .

        Côté talents et humanisme , il n’y a pas photo , s’il y a peintures rupestres !

        PS : j’espère qu’Arkao m’aura ainsi complètement pardonné mon impaire moyenâgeuse .

  10. Au passage, il faudra réfléchir au méga-projet d’Europa-city : à mon avis, un projet pensé avec une vision du siècle passé…. (le programme prévoit même des pistes de neige skiable, à la façon Dubaï…); tout pour la consommation, et la distraction et le spectacle pour attirer le chaland (et un grand tant pis pour la nature et ses très riches terres agricoles). S’il y avait moyen, je serais très intéressé de connaître l’étude d’impact du projet….(captation économique très concentrée localement, au détriment de l’ensemble des territoires). En tout cas, malgré les apparences spectaculaires du projet, à mon avis une grande pauvreté programmatique, à contretemps des grands enjeux de notre époque….(j’espère que M. Hulot va réagir vite, car on risquerait d’aboutir à un ND-des-Landes en plus grand….).

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