117 réflexions au sujet de « Paul Jorion pense tout haut au transhumanisme »

  1. Cette ombre et cette lumière font la découpe de l’écran, soulignant la dualité du propos dans l’état où il se présente, divisant éventuellement l’image et son contenu par un point d’exclamation (la rigidité) ou d’exclamation (l’expectative).

      1. Bis..
        Vous, Paul Jorion, vous pourriez placer un lien vers le modèle « Janus » 😉
        D’autant que son auteur est très pacifiste !

  2. Le transhumanisme est, c’est un fait, c’est déjà en cours. Dans certains romans de science fiction comme dans les sciences et les technologies de pointe, il est en action. Qu’il soit ou qu’il ne soit pas ne change rien à ce qu’il représente. Peu importe ceux qui le portent et ceux qui le développent, l’idée qu’il contient est à mon sens une preuve supplémentaire de l’immaturité totale de l’être humain. d’une part il ne changera pas l’être, d’autre part il prolongera la vie de quelques siècles, quelques millénaires, mais qu’est-ce que quelques siècles ou quelques millénaires face à l’éternité, à l’infini, aux 13 milliards d’années lumières qui nous contemple, rien, ou un soupir. Il est la peur, il est cette maladie qui ronge l’esprit et qui nous pousse à la haine, à la guerre, à la compétition, à la concurrence, aux rassemblements de masse, au nationalisme, au régionalisme, au tribalisme, il est le capitalisme. J’aimerai ne pas parler de l’Ego et pourtant c’est bien encore lui qui manœuvre par une manipulation de notre pensée en nous laissant croire que l’immortalité contribuera à notre bonheur et mettra un terme à notre souffrance. C’est bien entendu une illusion, car le bonheur n’est pas dans la technologie, ni dans l’achat de biens, il est dans la compréhension de ce que nous sommes véritablement. Tant que nous ne résoudrons pas nos problèmes intérieurs par une exploration profonde de l’être nous serons dans la douleur. Pour y parvenir il faut changer radicalement et non pas superficiellement, pratiquer le transhumanisme avant d’avoir résolu les problèmes de l’être,c’est mettre la charrue avant les bœufs. Cela commence par l’enseignement dont l’idéal est à l’opposé de ce qui est prôné et pratiqué. Plus de concurrence mais une étroite complicité et collaboration, plus d’endoctrinement (il y en a pléthore) mais une étude approfondie non comparative des différentes civilisations avec un esprit qui ne soit pas dans le jugement. Regarder son voisin, comme si vous le découvriez chaque jour, c’est à dire sans a priori. L’amour commence par la fin de la comparaison et de la compétition. Si on combat on évalue notre force et on se mesure, la mesure ne permet pas l’altruisme. Lutter contre l’individualisme ne permet pas d’éradiquer l’individualisme, il faut réfléchir, penser et expliquer à son voisin comme à celui qui juge être votre ennemi ce que veut dire ne plus avoir peur, cela peu prendre un certain temps, mais le temps ne doit plus être regardé comme une limite, le temps n’a plus d’existence. Alors oui après que nous ayons pu ensemble parler de ce « Tout » et nous découvrir et nous aimer, on peut envisager avec sérénité de vivre plus longtemps. Il est toutefois probable que nous n’en ayons plus le désir.

  3. Ce qui pourrait bousculer prochainement les fondements des diverses approches idéologiques inhérentes au transhumanisme (et sur d’autres tendances idéologiques) serait une réflexion approfondie sur les processus psycho-cognitifs d’identification (processus principalement inconscients au départ même si chaque culture tend à les réorienter a posteriori selon une trame idéologique locale ou de classe, laquelle devient alors consciente).

    L’identification instinctive à son propre corps, par exemple, se voit déjà remise en question par certaines techniques philosophico-méditatives multiséculaires orientales (da ns le bouddhisme notamment).
    Certains aspects du transhumanisme (comme cela a déjà été mis en scène par le cinéma d’anticipation) peuvent multiplier et diversifier ces démarches.

    Des applications technologiques associées au transhumanisme semblent bien détenir ce potentiel de bousculer à terme ces processus usuels d’identification de la psyché humaine.
    C’est notamment le cas de la réalité virtuelle. Le cinéma (comme évoqué ci-dessus) puis les jeux vidéo présentent depuis longtemps des ébauches de ces possibilités vouées à se développer.

    La réalité virtuelle sert actuellement sur le plan thérapeutique à mettre des personnes atteintes de phobies en situation particulière, situation « semi-réelle » leur permettant un dépassement progressif de leurs phobies.
    Des techniques semblables pourraient être appliquées pour jouer sur les processus d’identification.

    Des expériences « virtuelles réalistes » d’incarnation émotivement intense dans des personnages dont on vit habituellement la situation comme observateur externe, avec une empathie habituellement mitigée, pourraient modifier profondément nos processus d’identification (à nous-mêmes ou à nos semblables).
    Ces personnages « d’incarnation en réalité virtuelle » ne seraient pas non plus exclusivement humains.

    Ces expériences pourraient corollairement, à terme, nous permettre de nous libérer progressivement de l’emprise de nos processus instinctifs d’identification, pour atteindre un stade psychique et métaphysique transcendant ces processus souvent inconscients et incontrôlés.
    Ce stade pourrait alors constituer la base d’une philosophie plus formelle (à implication politique) transcendant ces processus jusqu’à dépasser idéologiquement cette dualité classique « intérêt général / intérêt particulier », dualité fondée au départ sur ces processus inconscients et incontrôlés.

    Au passage, l’IA semble a priori exempte de ces processus d’identification, à l’exception de ce que ses concepteurs auraient pu y implanter eux-mêmes.
    Le mythe de S-F, inspiré de celui du Golem, qui met en scène la machine intelligente se désidentifiant des intérêts humains de son concepteur pour se tourner ensuite vers ses intérêts propres apparait fort anthropocentriste (trop psychologique, trop humain).

    L’association d’une forme d’intelligence à des processus d’identification n’est pas un incontournable ontologique.

    Si la dualité « intérêt général / intérêt particulier » se présente comme un obstacle historique à la mise en œuvre des idéologies n’ayant pas réussi à assumer une orientation nette quant à ce dualisme, il est alors envisageable que certaines voies du transhumanisme, en accédant à des vues métaphysiques transcendant cette dualité récurrente, puissent alors accéder à une certaine efficience de réalisation politique … par-delà cet antagonisme actuel interne au mouvement.

    1. Vous partez d’un préjugé sur le corps : le cerveau, machine à simuler le monde -fonction qu’exploite toutes les technologies et naïcetés scientistes que vous citez-, c’est du corps. Le fond de votre propos est radicalement faux. Idem ses espoirs et ses craintes, donc.

      1. Bonjour jicé,
        Pourriez-vous expliciter votre propos car à ce stade, je n’y vois pas de rapport logique avec mon commentaire.

        D’abord, le cerveau ne « simule » pas le monde. Cette option théorique ne correspond pas à son fonctionnement étudié par les neurosciences. Cette croyance était encore courante au siècle dernier mais a été invalidée depuis.

        L’observation de la structure neuronale détecte bien quelques zones spécifiques de traitement des infos sensorielles neurophysiologiques relatives à un hypothétique « monde externe » mais en aucune zone du cerveau, il n’existe une fonction de « simulation du monde ».

        Cette simulation visuelle (non cérébrale) participe de la conscience subjective, inhérente à la psyché (individualisée dans sa représentation car chaque psyché à sa « vision propre » du décor environnant) ; cette conscience ne se trouve pas elle-même « dans le cerveau », elle n’est d’ailleurs pas « quelque part ».

        Cette vision subjective est d’autant moins « située dans le cerveau ou dans le monde » que toute conception géométrico-physique du monde, supposée objective et cohérente, est en 3D (en première approximation euclidienne) sans point-de-vue particulier … alors que toute perception subjective du monde au niveau de la conscience individuelle est une simulation sensorielle subjective, non physique, « en 2D en relief avec point-de-vue et perspective », phénomène structurel que l’on ne retrouve pas dans la structure cérébrale elle-même.

        Supposons un humain observant un cube vert (éclairé par quelques faisceaux lumineux ciblés) dans une pièce (aux murs blancs). Pour faire simple on supposera monochromatique la lumière verte reflétée par le cube.
        Le phénomène physique « réel » en 3D devrait être modélisé plus « objectivement » par un cube noir (car la lumière ne le pénètre pas) entouré d’un halo vert envahissant la pièce avec une intensité lumineuse dégressive, du cube jusqu’aux murs.

        Que verra pourtant l’humain présent ?
        Tout autre chose, notamment une inversion interne/externe de la zone verte.
        Il verra un cube vert « en 2D en relief » (il ne voit pas toutes les faces du cube simultanément) avec point-de-vue (fonction de sa position dans la pièce, sélectionnant au maximum trois faces du cube). Il ne verra cependant pas de halo vert autour du cube.
        Les zones colorées sont ainsi inversées.
        C’est le système optique du cristallin qui produit abusivement cette inversion interne/externe de la couleur verte (outre l’inversion haut/bas mieux connue dans la littérature de vulgarisation).

        Notre vision du monde est ainsi fondamentalement biaisée car constituée d’une juxtaposition de ces objets colorés illusoires, consécutifs de cette inversion interne/externe de la lumière colorée (elle est encore plus biaisée et illusoire en couleurs polychromatiques).

        Ce « cube vert en 2D en relief » ne se trouve donc pas dans la pièce environnante !
        Ce « cube » ne se trouve pas non plus sur les rétines qui présentent deux images stéréoscopiques sans relief, sinon la seule courbure sphérique de la rétine, laquelle ne correspond pas géométriquement aux faces du cube.

        Le « cube vert » ne se retrouve non plus nulle part dans la structure cérébrale. Ni en structure car l’arborescence synaptique ne présente pas de structure cubique dans le phénomène de perception visuelle. Ni en couleur car l’intérieur de la boîte crânienne nage dans l’obscurité.

        Ce « cube vert » ne se trouve donc objectivement nulle part (ni dans la pièce, ni dans le cerveau).
        Il s’agit d’une pure création psychique subjective apparaissant a posteriori à la conscience mais ne se trouvant a priori nulle part dans l’univers physique.

        Ce n’est alors certainement pas le « cerveau » qui simule le cube dans cette expérience, pas plus que le cerveau ne constitue une « machine à simuler le monde », collection d’objets.

        A partir d’une telle hypothèse matérialiste-réiste abusive (le cerveau machine à simuler le monde), hypothèse invalidée aujourd’hui par les neurosciences, il devient alors impossible de comprendre les fondements des philosophies orientales, notamment celles du bouddhisme concernant la « vacuité (ou non substance) des phénomènes ».
        Ne pouvant pas, à partir de ce paradigme réiste biaisé, avoir ontologiquement accès « au fond de mon propos », votre position n’est dès lors pas en mesure d’y apporter une critique fondée et argumentée (jusqu’à preuve du contraire …).

        Pour revenir anecdotiquement aux technologies stéréoscopiques de réalité virtuelle, celles-ci ne cherchent généralement pas à « simuler le monde » mais à imiter le fonctionnement du système optique de l’œil (des deux yeux en fait), y compris ses erreurs de représentation (notamment en construisant deux images 2D en perspective, donc avec point-de-vue particulier, décalées pour imiter les images rétiniennes).

        La simulation 3D, autre option, c’est le procédé technique de l’hologramme mais je n’y ai pas fait allusion.

        Mon premier commentaire considérait plutôt les processus cognitifs essentiels au niveau de la conscience elle-même.
        A aucun moment, je n’y ai évoqué le « cerveau ».

        Par ailleurs, je suis surpris que vous ayez pu lire dans ce commentaire des positions émotives comme des « espoirs » ou des « craintes ».
        Il y est surtout question de possibilités relevant d’une prospective hypothétique neutre, sans que les hypothèses y soient classées en « souhaitables ou non ».
        Ou alors je ne me suis pas exprimé assez clairement.

        Votre critique se rapporte-elle vraiment à mon commentaire ou à ce que vous supposez y avoir lu ?

        Merci d’avance pour vos éclaircissements.
        Cordialement,
        pascal

      2. Relations objet-cerveau-conscience.
        (Ceci n’englobe évidemment pas l’ensemble de la problématique transhumaniste, loin de là, mais en constitue un nœud conceptuel).

        Revenons à l’expérience du cube vert …

        Soit A le cube vert physique « objectif » dans la pièce ; soit B la structure cognitive cérébrale associée ; soit C le cube vert apparaissant à la conscience « subjective ».
        Soit f1 la relation de A à B ; soit f2 la relation de B à C.

        Le sens commun (instinctivement réiste) pose (implicitement ou explicitement) le préjugé selon lequel la relation f2 serait la réciproque de la relation f1.
        La chaîne perceptive physique f1 transmettrait les informations (forme, couleur et éloignement ou mouvement, principalement) concernant l’objet A au correspondant cognitif synaptique B dans le cerveau.
        Le processus final de conscience effectuerait ensuite une transformation réciproque f2 de cette structure synaptique B pour « recréer » un objet C, perçu par la conscience subjective de l’observateur et semblable à l’objet A initial.
        Non seulement cette hypothèse est gratuite et sans fondement scientifique mais elle ne coïncide manifestement pas avec l’expérience (comme développé dans le commentaire précédent).
        L’objet A serait plus objectivement un « objet 3D noir entouré d’un halo vert » de luminosité décroissante en s’éloignant du cube noir et sans point-de-vue particulier. Tandis que l’objet C « reconstruit » in fine apparaît, par expérience subjective directe, comme un « objet vert 2D en relief sans halo coloré » et avec un point-de-vue particulier, celui correspondant à un « mixte synthétique des positions » des deux rétines.

        En fait, la science ne dispose actuellement d’aucune certitude quant aux fonctions f1 et f2, sinon qu’aucun des modèles physiques actuels de « l’hypothétique univers environnant » (ou plus précisément du cube vert, pour l’expérience présente) ne peut aboutir à la conclusion, relevant alors du préjugé pseudoscientifique, selon laquelle la relation f2 serait la réciproque, plus ou moins exacte, de f1 (et vice versa).

        Autrement dit, au regard ontologique strict, il n’existe aujourd’hui aucune certitude concernant la forme, la nature et les qualités des objets physiques (cube, cerveau, décor, monde, …).
        Tout cela relève de l’hypothèse ontologique invérifiée. En plus clair, de la croyance.
        La science peut simplement à ce stade classer toute hypothèse concernant ces objets supposés (gratuitement) « réels », selon un certain degré de « pertinence pratique » (comme tout modèle physique).

        Les processus cognitifs naturels, bien que présentant à la conscience des objets biaisés (une pomme colorée et une main colorée, positionnées dans un espace proche non coloré), restent efficaces pour assurer la survie du corps (lui aussi perçu puis représenté de manière biaisée).
        Ces processus cognitifs sont ainsi principalement adaptés aux gestes quotidiens de survie et de communication.

        Par contre, en ontologie et sciences cognitives, ces processus ne peuvent être considérés comme fiables tels quels.

        Aucune étude actuelle en neurosciences ne tient compte avec précision de cette observation.
        On y élude systématiquement la relation f2 en la supposant abusivement, selon les considérations, soit comme une fonction identité entre B et C, soit comme la réciproque de f1.
        Ces approximations ontologiques ôtent dès lors toute pertinence scientifique radicale aux théories actuelles de neuroscience concernant les processus cognitifs.

        Lorsqu’un chercheur en ce domaine observe le cerveau d’un « cobaye », il n’observe pas directement la structure cérébrale B mais une transformation de celle-ci par son propre processus cognitif, constitué de la composition des fonctions f1 puis f2. Il n’observe donc pas B mais f2(f1(B)).
        Il n’observe pas non plus le cube objectif vert, origine du processus cognitif du cobaye mais il observe aussi sa transformation par son propre processus cognitif : f2(f1(A)).

        Croyant observer pour les comparer le cube objectif initial A et la structure cérébrale du cobaye B, il observe en fait sa propre perception subjective du cube f2(f1(A)) qu’il compare alors à sa propre perception subjective du cerveau f2(f1(B)) du cobaye.

        Ces considérations logiques élémentaires sont magistralement absentes des traités contemporains de neurosciences.

        Pour résumer, ce que l’on appelle aujourd’hui « sciences cognitives » relève encore d’une pseudoscience de niveau assez médiocre.

        Quand le transhumanisme et d’autres idéologies dérivant aujourd’hui des neurosciences s’aventurent dans des spéculations péremptoires sur la conscience, cela tient encore, au stade actuel de nos connaissances, de la vaste fumisterie.

        Au stade actuel, les rares expériences montrant un caractère scientifique probant concernant la conscience sont celles ou des interventions physico-chimiques (par les NBIC ou plus classiquement par ingestion ou injection de substances psychotropes) sur le cerveau sont suivies d’expériences subjectives effectives observées en direct et décrites avec précision par le patient lui-même, cobaye volontaire.

        Le reste nage encore dans l’amateurisme et le discours de pseudoscience.

      3. A pascal
        Pourriez-vous donner quelques références vers des travaux ou articles à propos de votre affirmation « le cerveau ne simule pas le monde ». Instinctivement, il me semble qu’être intelligent nécessite de pouvoir simuler l’effet de nos actions sur le monde…

      4. Autres voies de recherche …

        Les techniques de méditation « interne » strictement subjectives, comme celles pratiquées dans le cadre des traditions hindoues et bouddhiques, permettent-elles de comprendre avec un meilleur degré de pertinence l’ensemble des processus cognitifs et de « création de conscience », à partir d’un hypothétique « objet extérieur observé » (cube, main, corps, cerveau, monde, …) ?
        De toute évidence, non. En tout cas, pas suffisamment.
        Aucune de ces techniques méditatives n’a jamais permis à un méditant d’arriver jusqu’à la perception directe de sa structure cérébrale. (Rappelons ici que l’hypothèse d’une fonction « f2 identité » n’est pas pertinente et contredit l’expérience).

        Les dogmes bouddhiques, par exemple, considèrent ces processus sous des théories ad hoc (come en psychanalyse ou en religion de manière générale), non pertinentes in fine telles que la « coproduction conditionnée » et la théorie « des agrégats », lesquelles éludent radicalement le rôle intermédiaire de la structure synaptique (notamment) dans le processus complet.
        Cette position dogmatique se présente sommairement par la métaphore du spectateur d’un écran de télévision.
        En se concentrant sur l’image qu’il perçoit, lorsque son poste est allumé, puis en s’approchant progressivement de l’écran, il finira par observer que l’image est finement composée de pixels élémentaires, lesquels sont ensuite « agrégés » synthétiquement à un niveau moins microscopique pour composer des images (formes, couleurs, …).
        Lorsque son poste est éteint, il perçoit un fond neutre gris ou noir.
        Mais cette technique d’observation du seul écran ne lui permettra jamais d’accéder aux processus physico-électroniques situés derrière cet écran et participant de processus plus profonds, plus internes, de la création d’image.
        Cette métaphore simpliste permet toutefois de mieux cerner la limite des techniques méditatives orientales (dans une méditation dite « intérieure ») se fondant sur une démarche strictement subjective.
        Ces techniques n’accèdent manifestement pas au fond neurologique « derrière l’image ».
        Ces dogmes religieux finissent alors, pour « boucher le trou », par poser des hypothèses ad hoc péremptoires mais manifestement superstitieuses (à partir du moment où elles sont présentées comme exhaustives) sur les processus cognitifs et la « création de conscience ».

        Les diverses techniques (ou expériences fortuites) associées aux états de « conscience altérée » (hypothétique « sortie de corps », chamanisme, psychotropes, mort imminente, etc.) permettent-elles d’en savoir plus ?
        Elles permettent certes d’accumuler une masse d’informations subjectives sur les illusions sensorielles, informations non négligeables et élargissant le champ d’observation de ces processus psychiques de « création subjective d’objets ».
        Mais elles ne permettent guère une connaissance approfondie et scientifiquement pertinente sur l’hypothétique « monde extérieur » (cube, corps, cerveau, …).
        En effet, ces sensations visuelles (appelées abusivement « perceptions », relatives à d’hypothétiques objets « externes ») se présentent systématiquement (quand elles distinguent des « objets » du décor) selon le processus synthétique biaisé de la « forme colorée située dans un espace vide non coloré ». Cette présentation visuelle biaisée (forme 2D en relief avec point-de-vue, colorée intérieurement et sans halo) garde bien son intérêt pratique dans les actes quotidiens de survie et de communication mais montre une pertinence limitée dans une démarche de « connaissance d’un hypothétique monde physique en soi ».
        Ces techniques cognitives viennent compléter la liste, longue et non exhaustive, des divers modèles scientifiques de l’hypothétique « monde physique » mais n’atteignent pas le stade de « connaissance ultime » (en soi) à son propos.

        La notion même de « matière » reste aussi une hypothèse conceptuelle ad hoc.
        D’ailleurs, depuis la philosophie grecque et au fil de l’évolution des techniques d’observation scientifique (et modèles consécutifs) du « monde physique », cette notion de « matière » est régulièrement revisitée, voire fondamentalement modifiée pour lui conserver finalement une pertinence mitigée.
        Elle finit par se réduire en physique fondamentale actuelle à une définition radicalement abstraite et strictement quantitative, « vidée de toute substance ».

        L’hypothèse ontologique matérialiste relève aujourd’hui surtout du registre de la croyance ou tout au plus, en physique, de l’hypothèse de travail par défaut.

        Dans un tel contexte, il devient manifeste que les considérations actuelles en sciences cognitives, en neurologie et dans divers domaines fondateurs des idéologies transhumanistes ne permettent pas d’avancer des thèses sur la conscience (à ne pas confondre avec une « intelligence technique ») montrant un degré suffisant de pertinence scientifique.
        Les thèses péremptoires avancées généralement avec un haut degré d’arrogance par les lobbies transhumanistes en deviennent d’autant plus abusives, au stade actuel.

      5. Bonjour Mathieu,

        Aucune référence précise ne me vient « à l’esprit ».
        Tout dépend ici de ce qu’on entend par « simuler le monde ».
        Le fonctionnement neuronal que l’on observe avec une précision accrue (bien que l’on commence à comprendre que des phénomènes de diffusion chimique et autres phénomènes magnétiques n’empruntent pas la voie synaptique) montre bien des zones fonctionnant hypothétiquement comme des processus de simulation « spatiale » préalables à certaines actions « du corps dans le monde ».
        Mais ces processus sont globalement communs (avec des différences dans le détail) à la plupart des animaux se déplaçant dans leur milieu, en traitant neurologiquement des stimuli issus de l’environnement.
        Mais ces animaux ne disposent pas de ce que l’on pourrait appeler une « représentation du monde ».
        Si l’on entend par « simulation du monde » une articulation synaptique (pas forcément représentative au sens de « monde ») préalable à l’action dans un environnement particulier, alors cela participe effectivement des aptitudes cognitives et de mobilité.
        Ce que je tentais d’exprimer, c’est que la structure synaptique observée par les recherches en neurologie cérébrale « montre » (les chercheurs les devinent souvent plus qu’ils ne les observent en direct) des procédés adaptés à une gestion assez complexe des stimuli externes mais que cette gestion ne comporte pas une « simulation du monde » en termes de collection organisée d’objets formels et colorés comme cela apparaît au niveau de la conscience.
        Il n’y a ni « monde », ni « représentation du monde » à l’intérieur de la boîte crânienne … surtout pas un monde coloré puisque que le cerveau baigne dans l’obscurité.
        Tout dépend de ce que l’on entend par « simulation du monde ».

        Votre remarque m’inspire la comparaison avec le traitement numérique d’un décor dans le logiciel d’un monde virtuel (d’un jeu vidéo par exemple).
        On peut considérer ici la modélisation mathématico-informatique du décor par le logiciel comme, sommairement, une « simulation du monde ».

        Certains humains, atteints du syndrome d’Asperger, arrivent à mémoriser après une observation de quelques secondes, une énorme quantité de détails d’un décor, qu’ils arrivent ensuite à reproduire de mémoire avec une précision surprenante.
        Le cerveau semble ainsi susceptible d’accumuler de manière structurée une grande quantité de détails sur un décor ambiant, lui permettant notamment d’y gérer ses actions.

        Tout dépend de ce que l’on définit comme « simulation » et comme « monde ».
        Si c’est dans le sens de gestion d’informations informelles relatives au décor proche, comme dans un logiciel informatique, cela semble bien être le cas.
        Mais si c’est dans le sens de « représentation du monde » comme collection organisée d’objets apparaissant à la conscience, ce « monde » sous cette apparence précise ne participe pas de la structure cérébrale.

        En corolaire, une particularité du poulpe est surprenante. Chacune de ses tentacules dispose d’une autonomie de mobilité indépendante du système neurologique central.
        Il est difficilement envisageable (mais pourquoi pas ?!) que chaque tentacule dispose de sa propre « simulation du monde » (au sens de représentation consciente du monde) pour effectuer ses mouvements.
        Bref.

        On constate ici pour conclure que ces discussions sur les processus cognitifs manquent de référents théoriques (un vocabulaire précis et univoque, déjà), lacune ouvrant rapidement la porte aux ambiguïtés du discours et rendant difficile une communication rationnelle suivie.
        Mais ce flou constitue souvent un outil de prosélytisme dans le cadre des pseudosciences ; ceci expliquant partiellement le manque d’application du discours transhumaniste dans ses précisions épistémologiques.

        Je vous présente enfin mes excuses quant au flou résiduel de mes commentaires. Leur portée n’est évidemment pas d’atteindre ici, sous cette forme sommaire, une quelconque valeur de thèse scientifique ou métaphysique.
        Mon intention première reste surtout ici de bousculer des certitudes erronées ou non fondées et d’ouvrir ensuite des pistes de réflexion.

        Concernant des idéologies envahissantes comme le transhumanisme, ces commentaires invitent aussi à prendre le recul épistémologique nécessaire (pas facile à partir de simples commentaires, qui s’embarquent alors dans des textes interminables comme vous l’aurez constaté).

        J’espère avoir ainsi répondu à votre demande.
        Cordialement,
        pascal

      6. T’as compris Mathieu? Le « Pascal de blog » t’explique comment les découvertes de la pseudoscience appelée neuroscience démontreraient et que le cerveau ne saurait simuler – mais simule kâmême en permanence – et, en prime, que les pseudosciences sont bien des pseudosciences.
        Exact Mathieu, le Bon Dieu n’y retrouverait pas ses agneaux. T’inquiètes, c’est étudié pour, on appelle ça « Les Pensées fumigènes de Pascal ».

      7. Bonsoir Vigneron,

        Est-il nécessaire d’impliquer un lecteur neutre a priori dans vos revendications et critiques à mon égard ?

        Vous êtes probablement assez grand pour me les adresser directement.
        Il serait peut-être opportun également de poser l’hypothèse (que je vous confirme) qu’il existe plus d’un « pascal » intervenant sur le blog.

        Cela dit, vos critiques sont loin d’être gratuites et m’interpellent par leur pertinence au moins partielle.
        Si vous pouviez me les adresser en mode direct sous une forme moins compulsive et plus rationnelle, il serait alors possible d’y rebondir de façon plus créative que dans cette voie sans issue de la bile verbale.

        Je reste à votre disposition.
        Cordialement,
        pascal

      8. Pour parler en langage simple, la « simulation » (structure synaptique et infos électro-chimiques) du monde par le cerveau diverge fortement de la « simulation » (images, concepts, …) du monde par la conscience.

        Pour prendre un exemple simple, si un observateur humain regarde une mappemonde, il ne verra pas (au niveau de sa conscience) une arborescence neuronale parcourue par des électrons (qui correspond à la « simulation » cérébrale, baignant dans l’obscurité) mais bien une carte géographique statique faites de formes colorées.

        Tout dépend de la définition du mot « simulation ».
        Ordinairement, la « simulation » d’un objet de départ tente d’en copier au moins la forme puis les couleurs.
        C’est pour cette raison que l’on pourrait considérer la « simulation cérébrale » comme un abus de langage car elle ne copie ni la forme ni les couleurs.
        Si l’on se laisse aller à un glissement sémantique considérant une « simulation » où ni la forme ni les couleurs ne soient respectées (comme c’est le cas notamment dans une simulation strictement numérique par un programme de traitement de données binaires sans projection d’image sur un écran), alors on peut probablement admettre que le cerveau puisse « simuler le monde ».

        Désolé d’avoir supposé abusivement que mes premiers commentaires étaient suffisamment compréhensibles.

      9. Au terme (?) de ces éclaircissements , serait il faux d’énoncer , au sein de toutes ces simulations et dissimulations , qu’il y a le territoire , la carte et ses supports , la carte et sa lecture , la carte et son usage …

        En me souvenant de « l’accès prioritaire » que notre hôte donne au corps sur la volonté « consciente », je suppute qu’il peut accompagner le trans-humanisme sur le projet « d’augmenter » l’homme ( et sa « conscience » ) par des process qui sont bien de l’ordre de la physique , de la chimie ( comme déjà certaines drogues depuis longtemps ).

        Je n’ai pas assez de connaissance en neurobiologie pour me faire une opinion vraiment fondée , mais j’ai souvent  » l’impression », qu’entre le territoire ( réalité , peut être « matière » ) , la carte
        (  » vérité », simulation ) , et le « vivant » ( si ça n’est pas la « matière » ) , il y a une interaction permanente devant laquelle nous ne sommes qu’à des débuts enfantins et « insensés ».

        Dans interactions , il y a action , « agir « .

        On peut agir parce que « le corps » le fait (c’est la pensée anarchiste et sans doute trans-humaniste : j’agis donc je suis ).

        On peut agir parce que « la raison » fait « le meilleur pari » avec les « cartes » dont elle dispose ( c’est la pensée du philosophe : je pense donc je suis , ou plutôt je peux être ).

        « Je suis  » , dans les deux cas , est le même désir en réponse à Shakespeare .

        J’associe toujours l’attitude anarchiste à Racine ( je me livre en aveugle au destin qui m’entraine…) et l’attitude du philosophe à Corneille ( je suis maitre de moi comme de l’univers , je le suis , je VEUX l’être ).

        Dans ma fantasmagorie personnelle , l’anarchisme est « hors temps », et la philosophie est dans le « passé et le présent » . J’ai donc besoin des deux , en les mariant , pour couvrir trois des quatre temps qui font le tout : passé , hors temps , présent , auxquels il manque toujours « l’avenir » pour être « l’harmonie » .

        Cet avenir dont nul ne m’a convaincu de savoir vraiment si c’est un but , un moyen , un reste ,ou un vide .

        Allons , « le vent se lève , il faut tenter de vivre .. »

        Mais à coup sur Valéry et Goethe plutôt que les fadaises en cours .

        Au moins, ils me ressemblent comme des frères d’insatisfaction et de non-tricherie avec soi même et les autres .

      10. Votre métaphore me convient.
        J’y ajouterais pour être plus complet que l’existence du territoire reste hypothétique (si vous avez suivi les considérations logiques rébarbatives sur notre ignorance absolue quant à la « fonction f1 », ignorance quant à son essence et son existence).
        Mais peu importe le territoire, l’essentiel n’est-il pas le voyage ?

      11. Monde, homme, machine restent (jusqu’à preuve du contraire) des créations psychiques (sensorielles et conceptuelles).
        Leur éventuel support physique (au départ des fonction f1 et f2) n’est encore qu’hypothèse à notre stade actuel de connaissance.

        L’ipséité s’observe bien au niveau de la conscience individuelle … mais rien de prouve qu’il en soit ainsi au niveau physique(hypothétique), niveau où les distinctions monde/homme/machine s’estompent éventuellement.
        En philosophie hindoue, la multiplicité n’est qu’illusion au niveau du saguna brahman ; elle s’estompe au niveau du nirguna brahman.

        Pour le cogito (en français), le « je » me semble surtout un artifice grammatical faisant du cogito un « sophisme grammatical ».
        « Je pense donc je suis » n’a pas plus de validité logique que « il pleut donc il est ».
        Les diverses définitions de ce « je » sont culturelles et arbitraires.
        L’ipséité se constate bien par expérience subjective directe (quand mon voisin se donne un coup de marteau sur le doigt, il est le seul à éprouver directement une sensation douloureuse) mais cela ne valide pas pour autant une quelconque construction conceptuelle d’un « je », sinon par défaut grammatical.

        Quant à la volonté individuelle, la conscience individuelle semble en effet avoir assez peu de prise sur le lourd déterminisme du cerveau … comme sur celui du monde, de l’Humanité et de son Histoire … Histoire dont le mouvement transhumaniste apparaît comme un épisode, parmi d’autres, qui cherche actuellement à s’écrire.
        Mais aucun de ces déterminismes n’est absolu.
        Il existe des interstices, des interlignes, dans lesquels la liberté humaine à son petit mot à dire.
        Petit mot mais suffisant pour donner du sens à notre vie fragile et éphémère.

      12. Les physiciens vous répondraient que ces interstices et « opportunités » découlent des lois de la physique !

        Quant à savoir si c’est là que le « sens » réside , se niche ou peut s’exprimer….

        Je retiens que vous « pensez » que votre cerveau est prédéterminé, et que ça n’est pas lui qui vous permet d’être sur que vous existez .

        Votre exemple du voisin qui se tape sur les doigts , a fait jaillir dans mon cerveau prédéterminé l’histoire du fou qui se donne des coups de marteau sur la tête .

      13. Je retiens aussi que si de Pascal Blaise , vous semblez avoir conserver le corps , les sens et l’âme ( ses trois ordres) , vous lui niez le « roseau pensant  » .

      14. L’expression « loi physique » constitue surtout me semble-t-il un abus de langage, une projection anthropocentrique parmi d’autres.

        Une loi physique reste une construction conceptuelle.
        Celles retenues par l’académisme sont celles qui n’ont pas été invalidées par l’expérience.
        Le libre arbitre ne découle pas des lois physiques. Ce sont au contraire les lois physiques expérimentées puis retenues qui n’arrivent pas à l’emprisonner dans un déterminisme absolu.
        Nul besoin de faire appel à la mécanique quantique et à un « principe » d’incertitude pour conserver la validité théorique du libre arbitre.

        Aucun modèle académique actuel d’Univers ne se fonde sur un espace discret.
        Les modèles valides actuels considèrent un espace continu. L’impossibilité pratique de précision absolue de mesure de position laissait alors déjà la porte ouverte au libre arbitre, avant Heisenberg qui a confirmé ce qui était déjà là.

        Par ailleurs, que l’espace soit continu ou discret, le paradigme du multivers d’Everett permet de « sauter » d’un univers à l’autre, par une divergence infime, tout en conservant à chaque multivers sa cohérence déterministe propre. Libre arbitre et déterminisme physique strict ne sont dès lors plus inconciliables.

        Ce genre de bricolage ad hoc, omniprésent dans l’histoire de la physique, montre que la physique et ses lois académiques s’adaptent au libre arbitre plutôt que l’inverse.

        A l’inverse, tant une éventuelle transgression des lois physiques qu’une imprécision de celles-ci ne suffirait cependant pas à conclure au libre arbitre.
        Le modèle (déterministe) d’univers (espace-temps) de Minkowski permet de comprendre que la trajectoire erratique d’une particule (en zigzag, par exemple, en enfreignant les lois mécaniques les plus élémentaires) pourrait tout autant être prédéterminée qu’une trajectoire rectiligne respectant les lois physiques.
        L’infraction peut tout autant être prédéterminée que le respect de la loi.

        La philosophie des sciences aborde généralement la problématique « libre arbitre / loi physique » d’une manière non pertinente, à partir de préjugés inadéquats.

        Cependant, une expérience subjective simple permet de vérifier le non déterminisme du « monde physique » lui-même.
        Certains éléments de la conscience peuvent influer sur la structure cérébrale en y implantant des informations qu’elle ne pouvait contenir a priori.
        Le fait que la conscience subjective n’ait pas accès directement à « la structure cérébrale 3D elle-même » mais à des « objets 2D en relief et colorés » constitue une info que la structure cérébrale ne peut contenir a priori. Cette info ne vient pas de la structure cérébrale physique en 3D, elle de la conscience subjective.
        Cette info issue de la conscience influence a posteriori la structure cérébrale afin que le cerveau commande aux doigts de pianoter cette information sur un clavier d’ordi.
        Il serait assez saugrenu de considérer que le seul hasard ait pu aboutir à ce que le cerveau transmette aux doigts cette info, qui n’aurait aucune signification si le cerveau restait imperméable à toute influence de la conscience.
        Le défi actuel des sciences cognitives par rapport à cette influence manifeste de la conscience subjective sur le cerveau physique consiste à comprendre par quel processus (partiellement physique et partiellement non physique) s’effectue cette influence.

        Les neurosciences avancent des hypothèses mais encore trop naïves pour être pertinentes.
        Elles intègrent généralement assez mal la notion de libre arbitre.
        Par exemple, le délai temporel entre le début du processus neurologique qui décide d’une action (avant sa mise en œuvre effective) et le moment de la prise de conscience au niveau subjectif de la décision effective de cette action est utilisé comme argument en faveur du déterminisme absolu du cerveau sur la conscience subjective.
        Cet argument en faveur de la thèse de la « conscience épiphénomène » semble ainsi contredire la validité du libre arbitre.
        C’est oublier un peu vite le paradigme du multivers d’Everett.
        Ce paradigme offre la possibilité à la conscience de bondir vers un univers de Minkowski de son choix à la « seconde 7 » pour y effectuer une action qui a bien été décidée physiquement à la « seconde 5 » dans cet univers.
        Ce paradigme permet des choix qui physiquement, à l’intérieur d’un univers unique, se présentent comme rétroactifs.

        Le problème vient du manque de dialogue entre les neurosciences et les sciences physiques. Les chercheurs en neurosciences sont souvent plutôt chimistes que physiciens, quand ils ne sont pas plus basiquement des techniciens spécialisés sans formation scientifique suffisante.

        Reste maintenant à savoir si les éléments de la conscience subjective (gardant une certaine liberté, même infime, par rapport au cerveau physique) ne sont pas malgré tout prédéterminés … indépendamment du cerveau.

        La problématique « libre arbitre / déterminisme physique » reste dans la culture actuelle en philosophie des sciences à un stade encore très embryonnaire.

        Le transhumanisme prêche la mort prochaine de l’Histoire humaine … alors que nous n’en sommes encore qu’au stade de l’accouchement.

      15. Je pose ceci comme exemple fictif caricatural pour tenter de présenter une certaine position (évoquée notamment pas Wolf Singer dans le livre « Cerveau et méditation », dialogue avec Mathieu Ricard) tenue par certains chercheurs en neurosciences.
        Cette position soutient la thèse de la « conscience épiphénomène » à partir de l’expérience selon laquelle la structuration neurologique inconsciente de la décision relative à une action choisie s’effectue à un instant antérieur (« seconde 5 ») à l’instant (« seconde 7 ») de l’apparition de cette décision à la conscience de l’individu.
        De mémoire, je ne me souviens plus avec précision du délai précis entre ces deux instants dans les expériences (d’où mon choix caricatural des secondes 5 et 7).

        Mais, selon cette thèse, le fait que la décision devient consciente à un instant ultérieur à son élaboration neurologique inconsciente est présenté comme argument suffisant pour conclure que le « libre arbitre de la conscience » ne serait qu’une illusion. Tout choix d’action serait ainsi strictement déterminé par le fonctionnement biologique à un niveau inconscient et à un instant antérieur à son apparition consciente.
        Dans le livre, Mathieu Ricard s’embarque alors dans des considérations peu probantes sur l’auto-apprentissage pour tenter de sauver ce libre arbitre mis à mal par cette théorie hâtive mais présentée comme irréfutable. Bref.

        Dans le paradigme d’un univers de Minkowski unique, cette conclusion semble en effet assez logique.

        Mais dans le paradigme du multivers d’Everett (je précise bien « d’Everett » car le même terme de « multivers » est utilisé en physique pour des paradigmes différents par d’autres auteurs, ce qui prête à confusion), la conscience individuelle (non physique) bondirait d’un univers de Minkowski à un autre, selon ses choix subjectifs (conscients ou non d’ailleurs).

        Elle pourrait ainsi, à la « seconde 7 », bondir vers un univers correspondant à son choix, choix qui physiquement aurait bien été élaboré neurologiquement à la « seconde 5 » dans ce nouvel univers de Minkowski.

        Dans ce nouvel univers de Minkowski, le choix apparaîtra alors finalement comme avoir été déterminé à la « seconde 5 », donc à un instant antérieur au choix conscient effectué à la « seconde 7 ».
        Tout le monde, dans cet univers de destination, sera bien d’accord, comme Wolf Singer, pour conclure au strict déterminisme du biologique inconscient (physiquement antérieur) sur la décision consciente (ultérieure). Le libre arbitre y apparaîtra alors comme un leurre.

        On constate que ces conclusions aux allures péremptoires de la part de certains spécialistes en neurosciences dépendent en fait essentiellement de leur paradigme de référence.

        Ceci constitue un élément (parmi d’autres) qui m’invite à développer le projet d’une « métaphysique des paradigmes ».
        Généralement, toute voie métaphysique se développe à partir d’un seul paradigme (souvent arbitraire) pour développer sa logique et sa rhétorique.
        C’est à mon avis un peu léger pour fonder une culture ouverte.

      16. La notion d’antériorité ( on retrouve le temps sinon l’espace ) a-t-elle quelque chose à exister , dans l’hypothèse multivers ?

      17. En corollaire à cette petite digression littéraire, notons ici qu’une poignée de ces gourous à la mode dans la culture populaire de pseudoscience et de pseudo-philosophie s’est réunie sous le patronage du gourou national en chef, Frédéric Lenoir, dans une organisation assez suspecte, préparant apparemment un mouvement de rinçage de cervelle de masse, la Fondation Seve (savoir être, vivre ensemble).

        Cette Fondation Seve vise lisiblement le contournement des garde-fous de la laïcité, pour s’introduire dans les écoles et y endoctriner les enfants, par une parodie d’éveil à la philosophie.

        Le cheval de Troie choisi par l’association est constitué d’un grossier dévoiement (dont F. Lenoir a le secret) de la méthode Lipman, méthode qui offre l’opportunité à des gourous de la détourner de sa fonction initiale d’éveil pour y glisser incognito l’idéologie de leur choix puisque, par principe, cette méthode ne demande pas de cursus officiel à présenter à l’observation et à la critique. L’outil idéal donc pour contourner les mécanismes de la laïcité.

        La Fondation Seve forme ainsi des « missionnaires labellisés profs de philo » au bout d’un cursus de quelques petits weekends. Un inquiétant projet d’envergure à suivre de très près !

        Mais l’endoctrinement ne s’y limite pas à ce détournement de la méthode Lipman. Le projet y adjoint des séances scolaires de « méditation en pleine conscience ». Surréaliste !
        Cette vieille technique méditative soporifique tibétaine est taillée sur mesure pour la dépolitisation des masses populaires.
        Les problèmes du citoyen n’y trouvent plus leur source en aval, dans une gestion politique irresponsable de la société.
        Cette médiation tend à éluder les causes du mal être social pour se concentrer sur la dissimulation des effets psychiques sur le citoyen, lequel va tenter d’effacer en lui-même, par bricolage émotif, tout sentiment négatif associé à sa situation sociale inconfortable.
        L’opium du peuple dans toute sa splendeur.

        Le projet évite bien sûr d’évoquer qu’il s’agit surtout d’une technique thérapeutique plus qu’une méthode éducative, réservée à des professionnels de la médecine et non à des enseignants … et surtout que certaines études montrent des effets négatifs sur la mémoire.

        Cette vieille technique religieuse y est évidemment relookée et présentée naïvement comme une version « laïque », malgré la présence surprenante de M. Ricard en coulisses. Peu crédible.

        Le plus grand danger actuel pour l’homme n’est ainsi peut-être pas la machine … mais l’homme lui-même.

      18. L’antériorité au sens de « passé dans le récit vécu » s’estompe en effet dans le paradigme d’univers de Minkowski.
        Comme votre récente métaphore l’évoquait assez bien, c’est au niveau de la lecture (celle de la conscience subjective qui parcourt cette trame a priori atemporelle) que la « temporalité vécue » prend naissance.

        Pour prendre une métaphore proche de la vôtre, celle du livre, on peut considérer que les pages du livre fermé sont atemporelles et que si personne ne le lit, le livre ne se déploie que dans l’espace.

        C’est à sa lecture subjective que la temporalité surgit.

        C’est en ce sens que le Big Bang ne peut être un « acte de création de l’univers » (au sens de « récit » cosmogonique) car s’il n’y a aucun lecteur lors de cet évènement, son déploiement reste spatial et atemporel (toute hypothèse déiste ou théiste étant ici mise entre parenthèses).
        La temporalité naît alors bien « plus tard » dans l’histoire de l’univers … lors de la naissance des premiers êtres sensibles.

        Le Big bang serait ainsi un récit cosmogonique mythique scientiste.
        L’anachronisme se confirme par le fait que toutes les notions physiques décrivant ce Big Bang ne sont apparue que voici quelques siècles et ne pouvaient dès lors pas avoir cours avant l’apparition de l’homme.
        Cet anachronisme, récurrent dans les cosmogonies (religieuses ou scientistes), ressemble à celui qui poserait Astérix comme ancêtre historique authentique d’Uderzo.

        J’espère que c’est de cela que vous parliez et vous avoir ainsi répondu.

      19. Les problèmes du citoyen n’y trouvent plus leur source « en amont », dans une gestion politique irresponsable de la société.

      20. Pour revenir à l’univers espace-temps de Minkowski, cette fusion temps-espace y est inspiré par sa conception généralement pseudo-euclidienne.
        La conception euclidienne, plus simple, ne change rien à l’emploi du modèle en ontologie, c’est même plus pratique en évitant des acrobaties conceptuelles superflues.
        Mais sa conception pseudo-euclidienne, inspirée de la relativité restreinte, permet de confirmer la fusion temps-espace (qui considère au plan strictement physique le temps comme une quatrième dimension spatiale) car en relativité restreinte (en relativité générale aussi mais cela fait intervenir en plus la fusion conceptuelle gravité-accélération, n’intervenant pas dans la présente réflexion) … en relativité restreinte donc le choix (arbitraire) du référentiel d’observation transforme des écarts de temps en écart d’espace et réciproquement.
        C’est cette ambivalence temps-espace des écarts entre deux événements qui tend à présenter le paradigme d’univers de Minkowski comme plus pertinent ontologiquement qu’un strict artifice géométrique abstrait bricolé à seule finalité de jeu philosophique, lors de réflexions sur le déterminisme physique.

        Désolé pour ces considérations assez techniques, aux allures tarabiscotées en dehors de leur contexte initial d’un cours de physique.

      21. Dans un contexte occidental d’accroissement des inégalités de richesse, de pérennisation de la fracture sociale et de dualisation de la société entre une hyperclasse bourgeoise ultralibérale et une masse progressivement paupérisée par un horizon de disparition de l’emploi stable … se profile la disparition à terme de la classe moyenne, phénomène sociétal inquiétant les pontes politiques en place, hantés par l’ombre d’une explosion sociale attisée par les extrémismes populistes montants.

        Cette classe politique se voit alors tentée d’étouffer la pression sociale sur cette classe moyenne en voie de disparition (selon un processus économique de nivellement par le bas) en recourant aux méthodes éculées d’opium du peuple.

        Une pseudo-spiritualité accommodant à la sauce locale les multiséculaires rinçages de cervelle des traditions populistes orientales se présente alors comme bienvenue (méditation en pleine conscience, gestion des émotions, pensée positive, … mais surtout pas d’esprit critique).

        Les promesses chimériques monétaires ou distractives (revenu universel, société des loisirs de masse, etc.) entrent aussi dans la panoplie des soins palliatifs de cette classe moyenne agonisante.

        Enfin, la mode bobo du sourire de façade, symptomatique du mouton dépolitisé (à la sauce nord-coréenne), mode populiste entretenue par les nouveaux « gourous bonheurologues » qui envahissent les rayons des librairies et la toile, tombe un peu trop à pic pour n’être qu’une mode fortuite.

        C’est tout cela, en un concentré sidérant, que vous retrouverez dans le projet radicalement anti-laïque et non-citoyen du puissant lobbie de la Fondation Seve, fondation qui réunit (pour qui douterait encore de ses visées inquiétantes), comme par hasard, la crème de ces néo-gourous bobos spécialisés en business populiste et bien intégrés dans cette future hyperclasse, crème appliquée au cirage de pompes de l’oligarchie.

        Pour ne pas les citer : F. Lenoir, Ch. André, M. Ricard … et toute une liste de bonheurologues autoproclamés, versions modernes des éternels marchands d’élixir, comme le gourou new age Bruno Giuliani, préposé symptomatiquement au cursus de philo !!!

        Voilà ce que prépare cette Fondation orwellienne Seve pour nos chères têtes blondes de notre classe moyenne locale en voie de disparition.
        La mégalomanie du projet ne s’arrête pas aux frontières françaises mais a déjà posé ses bases missionnaires dans toute la francophonie (France, Québec, Belgique, …).

        Qui craindre le plus ? Les cyborgs, les bonheurologues … ou les deux ?

    2. Salut Pascal

      On va pas se lancer des noms et des concepts creux à la figure, mais voyez chez Alain Berthoz et Bernard Andrieux tout ce qu’il y a à savoir sur la relation cerveau/monde.

      1. J’ai cru lire dans votre post quelques adhésions aux fadaises transhumanistes sur le téléchargement de l’esprit et autres sottises. Pardon si ce n’est pas le cas.

      2. Là où le T… me fait marrer c’est dans sa naïveté conceptuelle et son ignorance très très crasse de l’histoire de la pensée. Il visent une pratique ultra-technicienne mais leur impensé est totalement spiritualiste. A se pisser dans le froc tant de nullité.

      3. Pour qu’une conscience soit, ne serait-ce que pour s’autopercevoir, faut qu’un donné, faut qu’une matière affecte un corps : primat du sensible (donc anti-plationisme, bible insciente des Transtrucs), pas de l’égo, des schèmes ou des concepts etc. Donc inscrition dans, et nécessaire finitude. Tout le reste c’est de la fable à occuper les gogos (idem très largement les spéculations sur la Singularité (on aimerait siffler le « S », pour faire encore plus son mystérieux) et la (je ris comme un bossu d’une telle affiche) « l’IA Forte » (comme une turque sans doute).

      Bien à vous sous le soleil.

      1. Salut jicé,

        Je pense qu’il y a méprise de forme dans notre communication car sur le fond, je rejoins finalement votre critique des croyances transhumanistes sur de multiples points.
        Je ne parviens manifestement pas ici à exprimer assez simplement le fond de ma pensée (le langage verbal des commentaires de blog n’y aide pas) pour transmettre mon approche. Rien de grave.

        Concernant la conscience réflexive, le transhumanisme s’égare surtout, selon moi, du fait qu’il s’inspire généralement au départ de l’émergentisme de John Searle.
        Cette ontologie fait d’abord l’amalgame entre des notions comme « propriété émergente » (comme l’intelligence éventuellement) et la « conscience ».
        Si la conscience était une « propriété », la conscience auto-réfléchie serait une « propriété consciente d’elle-même ». Bizarre.
        Cette hypothèse apparaît d’autant plus fantaisiste que toute « propriété » reste (jusqu’à preuve du contraire) une création conceptuelle de la conscience humaine elle-même.
        Ontologiquement, il faut d’abord un être conscient avant que naisse à sa conscience la moindre notion de « propriété ». Cette apparition ne se fait pas non plus subitement par magie mais à la suite d’un certain processus cogitatif et à partir d’une base culturelle suffisante résultant d’un apprentissage.
        Il en va de même pour le concept (perpétuellement redéfini) de « matière ».

        Avancer, comme le fait un certain transhumanisme, que la « complexification de la matière » aboutirait à « l’émergence d’une propriété », cela pourrait encore se comprendre, au niveau de la conscience (préalable) elle-même d’un observateur.
        Mais poser que la conscience serait elle-même une « propriété » (déjà) … « émergeant » de la complexification (qui parle aussi de « complexité » sinon la conscience préalable de l’observateur) de la « matière » (notion conceptuelle arbitraire participant aussi de la conscience préalable et d’une nécessaire formation culturelle) relève d’une construction ontologique monstrueusement bancale.

        Ces amalgames récurrents entre des notions fondamentalement distinctes comme « propriété », « complexité », « intelligence » et « conscience » (surtout, fondement ontologique des autres notions et de sa propre autodéfinition) emportent les divers discours transhumanistes sur les voies de la soupe idéologique assez peu crédible.
        J’adhère à votre position ironique à propos de cette soupe notionnelle.

        Concernant le téléchargement de l’esprit, je vous rejoins aussi évidemment pour l’étiqueter de « fadaise ».
        Il est devenu possible électroniquement (prochainement par intrication quantique) de « télécharger » certains processus « d’intelligence technique », comme on le fait ordinairement en téléchargeant un logiciel, une application, etc.
        Mais le téléchargement de « l’esprit » reste une thèse de science-fiction. Nous sommes d’accord.

        Bien sûr, en tordant et redéfinissant perpétuellement les notions fndamentales comme le font les idéologies à visée totalitaire (et certains aspects du mouvement transhumaniste en prennent la pente), le transhumanisme finira par affirmer les thèses les plus loufoques.

        Merci pour vos éclaircissements.
        Je vous rejoins globalement et vous me faites prendre conscience (une fois de plus) que mes commentaires restent assez abscons (bien que vous ayez pris la peine de les lire, encore merci) et que ce qui me semble limpide dans ma pensée l’est nettement moins dans sa formulation écrite.

        Merci aussi pour vos références.
        Cordialement,
        pascal

    3. …/… C’est notamment le cas de la réalité virtuelle. Le cinéma (comme évoqué ci-dessus) puis les jeux vidéo présentent depuis longtemps des ébauches de ces possibilités vouées à se développer. ../…
      Vous ne mentionnez pas le théâtre. Quelle différence avec le cinéma ?

  4. Le transhumanisme est déjà à l’œuvre. Ce qui est déjà réalisé ne mérite pas, plus, l’étiquette « transhumanisme », dites-vous. Le transhumanisme, c’est ce qui est devant nous. Soit. Cela fait penser à cette fort pertinente définition du mathématicien Laurent Schwartz :  » le concret, c’est de l’abstrait auquel on s’est habitué »

    Vous vous décrivez, M. Jorion, en observateur. Enthousiaste ou consterné, mais observateur. Mais alors : enthousiaste ou consterné ?

    Pour ma part, chrétien zombie sûrement, je suis consterné.

    Ce qui manque à mes yeux à la pensée transhumaniste pour être acceptable, c’est le doute. Elle est, comme vous dites, un rouleau compresseur, un rouleau compresseur animé par d’inébranlables certitudes. C’est très inquiétant. Effrayant même !

    Comment s’y opposer puisqu’elle est déjà à l’œuvre ? C’est difficile en effet. Le doute arrête-t-il un rouleau compresseur ? Certainement pas. Pour autant faut-il attendre sans rien faire que cette idéologie ait fait la preuve, après quels désastres !?, de ses mensonges et de son inanité ? Non !

    Lire à ce sujet : « Questions de conscience – de la génétique au transhumanisme » par Jean-François Mattéi.

    1. « Pour autant faut-il attendre sans rien faire que cette idéologie ait fait la preuve, après quels désastres !?, de ses mensonges et de son inanité ? ? »

      Non, sûrement pas. Et c’est pour cela qu’il faut aller au devant, aller voir, aller discuter, protester éventuellement. Il y a aura en juin un grand colloque sur le transhumanisme à l’initiative de la Catho de Lille, dans une perspective critique bien entendu. Je fais partie du comité scientifique.

      Toutes les interventions à TransVision ont été filmées et je suppose qu’on pourra les voir.

      1. Vive l’analyse critique ! vous avez raison.
        Mais, c’est vrai, je reconnais que lorsque j’entends parler d’immortalité je vois rouge.

        – les progrès médicaux nous font vivre plus nombreux en meilleure santé et plus vieux, c’est formidable !, mais, à ma connaissance, l’âge maximum atteint, autour de 120 ans, n’augmente pas ; pas d’un iota malgré tous ces progrès.
        – À supposer que les prothèses idoines, y compris de son esprit, rende un jour un homme immortel, que se passera-t-il en cas de panne de courant, de batterie à plat ou de bug ?
        – À quel âge deviendra-t-on immortel, enfant, adulte ou vieillard ?
        – En puis enfin l’immortalité c’est la mort, car la vie est d’abord transmission de la vie, car la vie est naissance, transmission et mort. Un caillou est immortel, pas un être vivant. Un homme immortel ne serait rien d’autre qu’un caillou animé. Il serait mort.

        Pourquoi diable prend-on au sérieux des gens qui parlent d’immortalité ?

        Je sais, je suis le premier à vanter les vertus du doute, mais là, quand même !!…

        Ça ne rime à rien de chercher l’immortalité, autant chercher la pierre philosophale…

    2. Je suis en complet accord avec la répulsion pour qui et quoi ne doute pas , ou qui et quoi se réfère ( et s’identifie) à un absolu
      ( dont extrème droite et extrème gauche ).

      J’avais déjà donné mon « état » , là ( dont la réponse de « Noble joué » qui était peut être parmi les « militants » )

      https://www.pauljorion.com/blog/2014/09/12/comment-rehabiliter-laction-politique-par-francois-leclerc/#comment-452406

      1. Je pressens qu’il y aura , au fur et à mesure que la « finitude » terrestre se fera plus évidente , de plus en plus d’inspiration voire d’aspiration à « l’infini » , à « l’absolu », et que le philosophe aura de plus en plus de mal à maintenir l’anarchiste à parité de force .

        Saint Barthélémy risque d’être à nouveau ,et sans doute pas de nouveau , de la partie .

  5. Pour le moment je suis revenu à une question simple : Quelle sorte de vie l’être humain que je suis a-t-il envie de vivre ? Nous sommes plus de sept milliards et dans quelques décennies serons une dizaine de milliards. Alors comment concilierons-nous nos aspirations dans un monde de plus en plus étriqué, desséché, empoisonné et appauvri. J’ai bien peur de n’être guère intéressé par le délire transhumaniste magnifiant un individualisme sans grande ambition et bêtement matérialiste.

  6. Aucun rapport, quoique pas aussi évident que cela, j’écoutais je ne sais plus quand sur FQ, une invité qui expliquait que le « secret » de Harry Potter, le message philosophique directeur, était que ce qui fait la force et la dignité/admiration attractive de Harry c’était sa capacité a accepter son état et la mort qui va avec. Ce que Voldemore et même Albus Dumbledore, les personnages les plus puissants et opposés de l’Histoire n’arrivent en fait pas à digérer…

    Envoyer moi c’est transhumanistes dans la poubelles de l’Histoire, ce sont des Mangemorts ridicules et stupides.

      1. Allo Julien, dis moi au moins par email le souci avec le lien que j’avais collé zespèce de sécateur à la gomme !

      2. Ouais possible, aucune idée, je ne lis pas C…..R, et la fiche wiki ne dit pas exactement ça mais soit puisque tu es le spécialsite es-valide, es-pas valide. Non, non ce qui était délicieux à mettre en ligne c’était la position des mutants, dont la fameuse Peggy, les champions du Transhumanisme. Mais on peut aussi parler du sexe des fleurs avec l’assemblée de papy autour d’un Thé au lieu de voir la réalité de ce mouvement en face.
        Bonne journée sécateur.

      3. Tiens, vaccine toi un peu, même les Inrok le font et en parle au moins :

        http://www.lesinrocks.com/2017/11/08/actualite/marlene-schiappa-provoque-lire-de-certaines-feministes-en-donnant-une-interview-causeur-111006014/

        Ah ma non, faut couper, c’est la ligne du parti. Marlène parle de l’entre soi il me semble. Je n’avais jamais lu un truc de Closer (gag) seul l’article m’avait interpellé et surpris. Mais faut couper, couper, couper, comme ça on sucre les fraises ensemble à l’EHPAD. Pas certains que cela soit la bonne pente en fait.

  7. Je vois un très grand danger dans l’homme augmenté. Les inégalités sont déjà grandes, entre les hommes « non augmentés », l’augmentation artificielle a 100% de chance de les accroître encore.
    Je me demandais ces jours-ci, si l’origine de l’aristocratie, n’était pas que certaines sociétés primitives, dans les premiers ages, avaient trouvés des hommes d’une meilleure constitution que d’autres, des hommes plus forts, tombant moins malades, peut-être plus intelligents ou mieux coordonnés, et qu’ils les avaient donc choisis en priorité pour assurer leur défense. Est-il impossible qu’il y ait eu une sorte de consensus social (peut-être inconscient) pour faire en sorte que ces hommes et ces femmes, meilleurs biologiquement, se reproduisent entre eux pour constituer la noblesse ? La noblesse de « sang » ne serait peut-être pas alors un hasard, elle aurait eu un but caché, celui d’augmenter la puissance du clan, en augmentant sa défense.
    L’homme augmenté serait alors un retour en arrière, visant à reconstituer l’aristocratie par la technologie. D’ailleurs, j’imagine bien qu’il doit traîner pas mal d’aristocrates nostalgiques dans ces réunions, mais peut-être je me trompe.
    Et donc si le transhumanisme doit avoir lieu, on ne peut l’accepter que si l’augmentation est identique pour tous les hommes de la Terre, ou bien alors ce serait comme revenir à une sorte de monarchie de droit divin, avec à la place de Dieu, la technologie. V Rey

    1. @Vincent Rey
      Historiquement la reproduction consanguine entre nobles n’a pas donné les résultats escomptés, la dégénérescence étant plus souvent au rendez-vous que le sur-humanisme.
      Au début était le verbe. Une grande gueule vaut souvent mieux que de gros muscles chez les animaux sociaux.

      1. Tandis que les hommes augmentés seront réellement supérieurs. A condition toutefois, qu’ils fassent un bon usage de leur augmentation. Car la télévision est un outil de connaissance fantastique, et cyril Hanouna nous démontre tous les jours, qu’on peut en faire un outil de production d’ignorance. Que donnerait alors la bêtise augmentée ? ce serait sûrement pire que la consanguinité…

    2. La force, la puissance intellectuelle ou verbale, les capacités indispensables au groupe, d’un personnage lui permettent d’obtenir une place de leader. Donc des privilèges: la plus belle et forte, plus riche, épouse… ou plusieurs épouses de manière à multiplier sa descendance, etc… Il faut lire ou relire « Le singe nu » de Desmond Morris. Nous sommes et restons des animaux. Et il est évident que ces améliorations physiques ou intellectuelles (?) par la science ira prioritairement à ces mêmes personnages sortis du lot par la naissance ou le mérite (?). Quant à ce à quoi ressemblerait une telle société, il suffit de lire la SF de Steve Gibson. Cela ne se fera en tout cas pas avec mon accord. Lisez aussi « l’Homme nu, la dictature du numérique » de Marc Dugain qui nous explique d’autres prémisses.

  8. Le collectif matériel a été l’ensemble village + champs, puis l’ensemble ville+usines.
    L’homme individu est tributaire de ces collectifs pour « processer » son destin individuel.

    Le collectif immatériel qui se présente par dessus ces collectifs matériels a déjà et aura ses logiques propres qui ne recouperons pas les précédentes.
    C’est une bonne question que de se demander comment processer nos destins individuels dans ces collectifs immatériels. Et comment se convaint-on autrement qu’intuitivement de leur potentiel émancipateur et non de la part asservissante, twittement asservissante ?

  9. Du tchèque robot dérivé de robota (« travail, besogne, corvée »).
    Le mot ROBOT a été introduit, en 1920, par l’écrivain tchèque Karel Čapek dans la pièce de théâtre Rossum’s Universal Robots, jouée pour la première fois en 1921.
    Robota est issu du proto-slave *orbota, devenu par métathèse, *robota dont est issu le russe et le bulgare работа rabota (« travail »), le slovène rabôta (« servage ») ; et, plus avant, de l’indo-européen
    – *orbh : petit enfant, orphelin, jeune esclave .

    Je vous le dis chers congénères,
    il serait tant de comprendre que si nous nous croyons dans l’anthropocène c’est encore une fois que nous avons un siècle de retard.
    C’est l’Orbhcène notre époque.
    Ce sont les robots qui impactent l’écosystème. Pas nous.
    On veut garder la main ? Alors d’abord s’avouer : Nous entrons au dedans de l’Orbhcène inévitablement.
    Peut on être orphelin de ses enfants ?

    Merci de les prendre au sérieux !

  10. Il y a selon moi deux motivations distinctes , même si elles convergent possiblement dans l’action et le militantisme , dans le trans-humanisme :

    – s’affranchir de la mort ,
    – prolonger de façon spectaculaire la vie humaine en relativement bon état ( « espérance de vie »).

    La nature de l’analyse critique et de ses points d’attache ,est sans doute différente dans l’un et l’autre cas .

    1. C’est de l’orgueil.

      L’homme n’accepte pas sa nudité, sa finitude.
      Lorsqu’ils obtiennent le savoir, dans l’ancien testament, la toute première chose que conscientisent Adam et Eve c’est qu’ils Se trouvent nu dans la nature.

      Certains, comme les transhumaniste, ont encore du mal à s’en remettre.
      Leurs génie va donc inventer quelque chose qui nous succèdent,
      car il n’aime pas leurs finitude,
      Ils ne s’accommodent pas de leurs vulnérabilité, la déteste.

      Bien sûr ils sont loin de sen rendre compte.

      Personnellement je n’aime pas la mort mais quand ça se terminera pour moi, il n’y a aucun souci j’aime assez dormir.

      1. « Vous envierez un peu, l’éternel estivant qui fait du pédalo sur la vague en rêvant, qu’il passe en mort en vacance »
        C’est moi !

      2. « Ils ne s’accommodent pas de leurs vulnérabilité, la déteste. »

        Vous voulez dire qu’ils refuseraient leur condition humaine tout simplement ? Automutilation ? Oups. Dommage…
        « Frankenstein nous prévient que le bonheur de l’homme ne se trouve pas dans une sortie de l’humanité. L’usage éthique des nouvelles technologies se fonde dans la vulnérabilité de l’incarnation. »
        https://theconversation.com/frankenstein-et-le-transhumanisme-71200

        Esprit es-tu LA ?
        « L’une des choses à laquelle nous devons par conséquent prêter le plus attention, c’est qu’à mesure que nous nous habituons à l’efficacité binaire et sans nuances des machines, que celle-ci nous devient « naturelle », c’est aussi la faiblesse humaine qui nous devient plus insupportable et étrangère. Le problème n’est donc pas tant de savoir si les machines vont renverser les humains, se substituer à eux, les dépasser ou les encore rendre caduques, que de comprendre dans quelles conditions – sociales, politiques, éthiques, économiques – les êtres humains se mettent à agir machinalement, à désirer ressembler aux machines qu’ils conçoivent. C’est la question de l’agir machinal, du type d’humain que cette modalité d’action sous-tend, qui me semble ici cruciale et qu’il est urgent de se poser. »
        https://theconversation.com/lhumain-technologiquement-augmente-les-dessous-dun-mythe-73468

      3. En + d’être orgueilleux, ce sont effectivement bien souvent des nihilistes, qui préfèrent liquidider l’espèce humaine dans son ensemble, sous prétexte qu’autre chose, qui n’est pas elle et qui lui survivra, sera affranchi de la mort (la belle affaire!).

        Hitler lui-même ne se proposait pas un projet aussi monstrueux. On nage souvent, comme si de rien n’était, en plein crime contre l’humanité (en tout cas la nôtre).

      4. Oui c’est ça Gudule, le rapport humain à quelque chose est d’équivocité, pas d’exactitude : penser, communiquer etc = lever une part d’équivoque; agir c’est laisser la flamméche du jugement sautiller entre les possibles etc –> l’idée que se font de la pensée les Trans et les DeepLearnien tous les cognitivistes de l’univers est juste radicalement fausse.

      5. @Fuckdasystem et à Jicé

        Je suis d’accord , interroger les présupposés qui sous tendent le mouvement transhumanisme c’est déjà voir les raisonnements, la dialectique tendancieuse et hors sol qu’ils emploient pour essayer, effectivement, de « vendre » leurs idées prométhéennes délirantes et désincarnées. Oui la pensée est plus vaste, plus belle et plus libre que l’univers étriqué, sordide et malsain dans lequel ces infâmes veulent l’enfermer.

      1. J(ai déjà donné ma propre adaptation de cette belle chanson parmi d’autres de Brel ( vieillir , mourir la belle affaire , mais souffrir… )

  11. M’est avis que l’humain, à vouloir ne parler qu’avec lui-même, s’obstine dans le mauvais sens. Ça fatigue mes poules, mes chats, mes poissons, et tous les autres, ces trucs en isme… rationalisme. déterminisme, islamisme, transhumanisme… capitalisme… Anthropomorphisme…

  12. Sauf erreur de ma part Stirner c’est « l’unique et sa propriété »

    Voir aussi ce que fait la Darpa dans le domaine h+…

    Un commentaire peut-être : la technique est le destin de l’homme..

  13. Le psychanalyste que je suis sait bien que si l’on peut reculer l’âge de la mort on ne fera pas de si tôt la peau à nos pulsions de mort.
    Très curieusement, ne plus vouloir mourir est une manière très efficace de s’empêcher de vivre. Il y a en nous une articulation puissante entre ces deux termes : la naissance et la mort.
    C’est pourquoi notre trajet de vie consciemment ou inconsciemment n’a de sens et de joie d’être véritable que s’il préside à notre accomplissement, ce que Jung appelle notre individuation. En cette affaire il ne s’agit rien moins que d’articuler d’une manière unique et originale notre « Je » realisé avec le « Je » de l’autre et des autres réalisés. Ce simple constat me remplit de joie et me laisse d’une sérénité sans faille face au transhumanisme… Avec ou sans, il y aura toujours autant de travail pour les accoucheurs d’âme… 🙂 Bien le bonjour à vous autres frères et soeurs humains.

  14. @Denis Monod-Broca
    D’après mes connaissances en biologie (rudimentaires probablement…) je ne vois pas de raison pour laquelle on ne pourrait pas éliminer le vieillissement. On a déjà montré que n’importe quelle cellule vivante pouvait être transformée en cellule souche. Donc a priori, un corps vivant âgé a la capacité de se régénérer à neuf (d’ailleurs c’est plus ou moins évident: un homme et une femme de 30 ans peuvent créer un bébé tout neuf – on ne voit pas très bien pourquoi biologiquement ce serait impossible pour un individu, les plantes le font bien par mitose). Le fait que l’évolution n’ait pas sélectionné cela ne prouve rien quant à sa possibilité.
    Cela dit, cette perspective ne m’excite pas plus que cela:
    – à titre personnel, ça me déprime de penser vivre mille ans. Mais bon, ça c’est mon « problème »…
    – au niveau social, ça risque de rendre le problème des inégalités encore beaucoup plus criant.

    1. C’est donc bien le « retour à la poussière » (d’étoiles), qui résout le problème des inégalités…
      Processus à préserver, de toute urgence !!!

    2. On peut, et on pourra toujours plus et mieux, réparer, remplacer, régénérer… des organes et des tissus, c’est vrai. Mais ces organes et tissus, réparés, remplacés ou régénérés pour contrer le vieillissement vieillirons à leur tour.
      D’ailleurs les organes et tissus, voyez la peau, se régénèrent déjà tout seul, ça ne les empêche pas de vieillir.
      La médecine nous permet de vivre plus longtemps en bonne santé. C’est formidable !
      Mais vaincre le vieillissement, vaincre la mort, me semblent de dangereuses billevesées.

      1. Je ne peux m’empêcher de relier cette quête d’évitement des échéances fatales avec les nouvelles relations au corps et sa destination post-mortem.
        http://association-nationale-crematiste.fr/resources/Cremation+en+France+-+Statistiques.pdf
        Rien de construit pour l’instant entre mes synapses , mais les alternances des pratiques funéraires entre inhumation / crémation au cours de l’histoire sont les manifestations de bouleversements importants.
        Comment interpréter ce double phénomène, vouloir prolonger la vie du corps et l’anéantir par le feu une fois mort ?

      2. Ils ne veulent pas finir en bouffe pour les vivants les macchabées, tu ne penses pas ? Alors hop, un coup de crémation. Ce qui génère du CO2 par combustion si c’est au gaz, sauf si il tourne au nucléaire, là c’est neutre !

        On devrait laisser pourrir, se décomposer les corps dans le sol ou les donner aux charognards pour perpétuer le cycle naturel mais on n’est pas prêt pour ça.

      3. Vous faites deux affirmations:
        – Eliminer le vieillissement est biologiquement possible.
        – Eliminer le vieillissement est dangereux.
        Mais vous n’essayez absolument pas d’expliquer précisément pourquoi.

        Si quelqu’un de la grèce antique avait dit « Parler à qqn situé de l’autre côté de la planète est impossible, et en plus cela me semble de dangereuses billevesées », vous auriez trouvé cela convaincant?

      4. Ce qui me semble peu convaincant , c’est de faire parler les morts grecs , antiques ou pas .

        En tous cas autant que de considérer la mort et le vieillissement comme des ennemis « à vaincre » .

        Quitte à vaincre et mener des combats , j’ai déjà choisi mon ennemi : la souffrance , ou plutôt la douleur dont la souffrance est la « conscientisation » .

        Qu’elles en parle ( chrétienté entre autres ) ou très peu ( coran) , c’est d’ailleurs le traitement de la douleur et des souffrances qui l’accompagnent , qui m’épargne le dogmatisme des religions , et me fait homme .

  15. @Denis Monod-Broca
    «  l’âge maximum atteint, autour de 120 ans, n’augmente pas ; pas d’un iota malgré tous ces progrès. »

    On peut se référer aux âges dans la Bible
    et/ou à Science et Vie qui publiait il y a déjà quelques décennies un article intitulé « le gène de l’immortalité.
    La réunion des deux approches amenait à se dire: bon(*), le Créateur a placé dans nos gènes un compteur de réplication de nos cellules: la boucle se répète un nombre de fois fini.
    Les chercheurs revendiquaient avoir trouvé ce gène !
    Il « suffisait » alors de faire cette légère modification du programme:
    « faire tourner la boucle indéfiniment » et le tour était joué.

    (*) Créateur ou pas, il se trouve une certaine « bonté » dans ce process, me semble-t-il… 🙂

      1. L’humanisme à vu le jour à l’époque des lumières. Depuis les nuages s’amoncellent et cache le soleil. Ceci éclair votre lanterne.

  16. La seule raison pour laquelle le transhumanisme a ce côté « lame de fond culturelle », malgré le peu de personnes mobilisées sur le terrain, est purement financière. Il s’agit d’attirer les capitaux des gogos. D’où les dépenses colossales dans la com’. Et puis, la poudre aux yeux, comme les jeux du cirque ou d’autres paradis artificiels, permet d’acheter un peu plus de temps auprès de la plèbe en colère.

    Pour le reste, ce n’est pas tant le christianisme que le catholicisme qui « freine » (et encore, seulement pour ce qui ne touche pas au « mind »). Les protestants, eux, osent tout (Leur mot d’ordre de toujours : « A bas les moutons de Panurge, vive la c. individuelle ! »). Pour ce qui est des coréens, la seule chose qui les intéresse c’est l’eugénisme et le trans-spécisme (pour cette raison, ils sont un objet de risée traditionnelle dans toute l’Asie du Sud-Est… un bras bionique, ça reste moins excitant pour eux qu’une jolie patte de mante religieuse…).
    Ils sont moins technophiles, en ce sens, que les japonais, lesquels ne s’y intéressent que pour pouvoir se permettre le taux d’immigration 0.

    Il est bien évident, pour le reste, que le transhumanisme est une ideologie d’extreme droite, qui réunit les capitalistes (libertariens de gauche ou de droite), les fascistes qui aiment les sociétés pyramidales à la Platon, et les racistes façon « chacun chez soi ». Les transhumanistes de gauche ne sont, eux, que les idiots utiles de tous ceux là.

  17. Remplacer morceaux par morceau,
    bouts de peau, coeur artificiel…
    petit à petit, de nouveaux bidules remplaçables.

    Le mental lui ne se remplacera pas.

    D’autant que ces (quasi) immortels seront plus que probablement encore plus fous que les mortels.
    Mourir alors qu’il suffit de remplacer la durite ?
    Ils tueront pour cette durite.

  18. Questions à trois balles …
    Un comité d’éthique occidental sur l’IA et les nouvelles technologies pourrait-il avoir une quelconque influence sur la recherche fondamentale en Chine, au Japon … voire dans les labos de l’armée américaine ?
    Quels pourraient être alors ses objectifs et domaines d’influence ?

  19. @pascal
    J’avoue que j’ai quelquefois du mal à vous suivre…
    mais là :
    « L’antériorité au sens de « passé dans le récit vécu » s’estompe en effet dans le paradigme d’univers de Minkowski.
    […]
    Le Big bang serait ainsi un récit cosmogonique mythique scientiste.
    L’anachronisme se confirme par le fait que toutes les notions physiques décrivant ce Big Bang ne sont apparue que voici quelques siècles et ne pouvaient dès lors pas avoir cours avant l’apparition de l’homme.
    Cet anachronisme, récurrent dans les cosmogonies (religieuses ou scientistes), ressemble à celui qui poserait Astérix comme ancêtre historique authentique d’Uderzo.
    […]
     »
    … je me trouve en capacité d’appréhender le fond.

    Merci donc pour cette jolie vulgarisation 😉
    Nous vivons une époque formidable !

    1. Bonjour adoque,

      Heureux d’avoir pu transmettre ces notions un peu rébarbatives hors d’un cours de philo des sciences.
      L’usage d’un schéma ou l’autre faciliterait généralement l’exposé mais sur les blogs, il faut bien faire avec les moyens du bord (l’évolution des technologies élargira sans doute les options de communication à l’avenir).

      Merci pour votre commentaire.
      Quand on donne des cours de remédiation scolaire (en particulier ou en association), comme dans mon cas, ce n’est pas spécifiquement pour en recevoir des compliments mais quand un élève donne un petit coup de fil pour dire qu’il a réussi, ça fait toujours plaisir. 🙂

      Bonne journée à vous.
      Cordialement,
      pascal

      1. « L’usage d’un schéma ou l’autre faciliterait généralement l’exposé »

        Les (bons) vulgarisateurs se servent volontiers de croquis, de maquettes faites de cartons et de bouts de ficelle pour manifester activement leur générosité, répondant à la soif de comprendre.
        Un autre aspect « de l’offre et de la demande » qui ne passe ni par le rapport de forces, ni par l’autorité arrogante du « sachant »!

        Même les modèles cosmologiques deviennent accessibles s’il y a d’une part cet appétit et d’autre part cette générosité… il en découle une appréciation réciproque, paisible et constructive, humaine quoi 🙂

      2. @Pascal :

        Votre réponse à mon questionnement sur les secondes et l’antériorité , était bien dans l’esprit de ma question . Mon « esprit critique » se donne le temps d’apprécier si cette réponse est pertinente .

        Je préfère imaginer que c’est cet « esprit critique » , insatisfaction permanente devant les « évidences  » trop vite adoptées , qui vous éclaire dans la remédiation scolaire ( il me semble que la Wallonie était très impliquée dans cette dernière) plutôt que le partage avec vos interlocuteurs des hypothèses sur le multivers d’Everett .

        Je vous rejoins cependant pour trouver qu’enseigner , c’est transmettre , en même temps que ce que l’on croit « juste » , les outils et reculs pour démontrer « éventuellement que ce que l’on croit juste est faux . Jusqu’à la prochaine « certitude  » ou « erreur » .

        Schéma , croquis …vous avez dit schéma , croquis ?..

        Carte ?

  20. Prenez votre temps Juan.
    Je tente, selon mon possible, d’éviter d’user des modèles (physiques ou autres) comme arguments à l’appui d’une thèse (ce qui se terminerait usuellement en un piège tautologique que je nomme « bulle paradigmique »).
    Ces objets conceptuels seraient plutôt à considérer comme les outils et astuces d’un détective privé dans son enquête.
    Bonne journée,
    pascal

    1. Ho ! vous savez , le temps ne fait rien à l’affaire , il y a des jours où je me moque même de l’énigme .

      Effectivement une thèse , ça se « soutient » , sans doute avec ce que vous appelez des objets conceptuels . Mais peut on faire des thèses sans qu’elles naissent « dans les interstices » des concepts , et en partie grâce à eux ?

      Vieille histoire de l’œuf et de la poule .

      PS : Je n’ai pas compris si vous étiez un détective privé ou public , ni pourquoi vous jugez bon de ponctuer …systématiquement , de cordialité , vos fins de commentaires , alors que cette cordialité n’est pas ce qui émane le plus naturellement de vos jugements écrits sur autrui .

      1. Je tente de répondre ici à vos questions de mon mieux, dans un esprit de « cordialité ».
        Critiquer par ailleurs des gourous qui ne m’inspirent aucune cordialité ne paraît pas contradictoire.

  21. @Juannessy
    «  Jusqu’à la prochaine « certitude » ou « erreur » . »

    Eh oui, c’est ainsi que l’on progresse ! Reprenons l’exemple de la cosmologie… nous en sommes à nous interroger sur le Big Bang alors qu’il fut un temps où la Terre était le centre de l’Univers.
    Nous sommes passés de modèle en modèles, chacun avec leurs erreurs et/ou leurs imprécisions, mais cela avance, il faut le dire par sauts alternant avec des phases, disons « bloquées ».
    Cet historique, en partant d’Aristote, et bien retracé en préalable de la proposition d’un modèle plus récent, le modèle « Janus ».
    Il y a une plus d’une vingtaine de vidéos illustrant cette progression, avec renfort de croquis, de maquettes.
    L’essentiel à retenir, étant que ceux qui font ce genre de proposition, « croient que c’est « juste » tout en supposant/attendant/suscitant critiques et réfutations en même temps que confirmations par l’observation.

  22. Pour être techniquement plus précis quant à l’agencement logique, j’utilise de préférence l’appel à un paradigme atypique (parfois lourd d’accès, malheureusement) pour relativiser le paradigme de référence d’une thèse présentée abusivement comme péremptoire et fondée sur l’hypothèse première de validité absolue et universelle de ce paradigme abusif de référence.
    Cette technique d’invalidation entre dans le cadre général des méthodes de « contre-induction ».

    Cette démarche entre en radicale contradiction avec la démarche de pseudoscience qui utilise au contraire l’appel à un paradigme ad hoc dans une finalité « inductive » (forcée) pour prouver abusivement une thèse non fondée.

    C’est encore lourdement technique, désolé.

    1. Voui, pour faire simple, je fais appel à de commodes univers parallèles pour ridiculiser en beauté le primaries me des tenants de pseudosciences lamentablement empêtrés dans les apories confondantes de leur paradigme bêtement mono-universel.
      Classe.

    2. Les deux catégories de paradigmes, multi- ou mono-universels, se retrouvent en science comme en pseudoscience.
      Le multivers d’Everett et les univers parallèles sont par ailleurs des notions distinctes.

  23. @pascal (15/11 à 09h57)

    « fondation SEVE« … Kesako?
    « le projet radicalement anti-laïque et non-citoyen du puissant lobbie de la Fondation Seve, fondation qui réunit (pour qui douterait encore de ses visées inquiétantes), comme par hasard, la crème de ces néo-gourous bobos spécialisés en business populiste et bien intégrés dans cette future hyperclasse, crème appliquée au cirage de pompes de l’oligarchie. » (pascal)
    vs
    http://www.fondationseve.org/pages/qui-sommes-nous?locale=fr

    L’hiver approche…mais quand même..!??

  24. C’est vrai que la Fondation de France, Edgar Morin et Philippe Meirieu sont dans ce sale coup antilaïc, ça sent fort le « puissant lobby » opioïde…

    1. @Vigneron(15/11 à 18h34) [ + @pascal?]
      « C’est vrai que« … ??
      Peut-être un chouia de développement??… (Dieu vous le rendra)

      C’est pas un peu complotiste ça : …??
      « Dans un contexte occidental d’accroissement des inégalités de richesse, de pérennisation de la fracture sociale et de dualisation de la société entre une hyperclasse bourgeoise ultralibérale et une masse progressivement paupérisée par un horizon de disparition de l’emploi stable … se profile la disparition à terme de la classe moyenne, phénomène sociétal inquiétant les pontes politiques en place, hantés par l’ombre d’une explosion sociale attisée par les extrémismes populistes montants.

      Cette classe politique se voit alors tentée d’étouffer la pression sociale sur cette classe moyenne en voie de disparition (selon un processus économique de nivellement par le bas) en recourant aux méthodes éculées d’opium du peuple.

      Une pseudo-spiritualité accommodant à la sauce locale les multiséculaires rinçages de cervelle des traditions populistes orientales se présente alors comme bienvenue (méditation en pleine conscience, gestion des émotions, pensée positive, … mais surtout pas d’esprit critique).

      Les promesses chimériques monétaires ou distractives (revenu universel, société des loisirs de masse, etc.) entrent aussi dans la panoplie des soins palliatifs de cette classe moyenne agonisante.  »
      Résumons-nous : JORION , PICKETTY , FRIOT… (idiots?/complices objectifs?) utiles du système…?

      1. Ces pratiques politiques multiséculaires sont notoires et ne relèvent donc pas, par définition, de la notion de complot.

      2. Les psychologues impliqués dans la fondation Seve sont principalement, comme Ch. André, des défenseurs assidus des TCC, dont la finalité première est de traiter les effets émotifs individuels en aval plutôt que de rechercher les causes problématiques (généralement sociales) en amont.
        Une telle méthode appliquée à grande échelle ne correspond-elle pas précisément au fonctionnement caractéristique de tout opium du peuple ?

  25. Un autre mouvement « citoyen » (présenté comme tel) a tenté d’influencer insidieusement les dernières présidentielles, par un procédé de lobbying ne correspondant pas exactement aux mécanismes démocratiques.
    Plutôt que de fonder son propre parti et présenter son propre candidat, de manière médiatiquement lisible comme serait supposé le faire toute campagne politique, ce mouvement a au contraire œuvré en coulisses en cherchant à modifier les programmes de chaque candidat officiel, par la pratique d’un lobbying idéologique ciblé.
    Indépendamment de tout contenu idéologique défendu par ce mouvement, cette pratique apparaît déjà assez discutable quant au strict respect des mécanismes électoraux démocratiques.

    Les 25 mesures proposées par ce mouvement semblent bien relever dans leur ensemble d’une volonté citoyenne mais alors pourquoi ne pas suivre tout simplement la voie ordinaire de participation lisible au scrutin ?

    Curieusement, on retrouve de manière discrète (non précisée explicitement dans les 25 mesures officielles) en coulisses de ce lobbying … le projet d’introduire dans l’enseignement cette « méditation en pleine conscience » et la présence du gourou bouddhiste national, Mathieu Ricard.
    Cette récurrence d’incursion dans des organismes aux pratiques « citoyennes » discutables commence à inquiéter.

    http://les-jours-heureux.fr/le-livre/le-bien-etre/renforcer-la-pratique-de-la-meditation/

    Au passage, l’argument d’autorité d’Edgar Morin comme carte blanche médiatique se retrouve ici aussi.
    Le brave homme a-t-il eu vraiment le temps de décortiquer les coulisses de ce mouvement ou a-t-il plus probablement signé en toute bonne foi la charte qu’il croyait être celle d’un mouvement hors de tout soupçon ?

    J’ai correspondu à l’époque avec un ancien ministre impliqué, lui aussi, dans ce mouvement.
    Il m’a expliqué qu’il avait tout simplement profité du tremplin généreusement offert par ce mouvement pour promouvoir sa propre démarche concernant une mesure particulière mais qu’il n’adhérait pas nécessairement aux 25 propositions présentées, ni au mouvement lui-même.
    Il faut ainsi bien se garder du préjugé selon lequel l’apparition ostentatoire d’un personnage public dans un mouvement en constituerait une garantie d’intégrité citoyenne. Le monde des médias n’est pas aussi simpliste.

    On peut dès lors concevoir, en parallèle, que ce brave Edgar Moriin, dans le présent mouvement comme dans le cas de la Fondation Seve, puisse voir d’un œil favorable certains aspects lisibles du mouvement mais qu’il n’adhère pas nécessairement à ses magouilles en coulisses, magouilles qui ne lui ont évidemment pas été présentées comme telles.

    1. Attention à la confusion possible entre deux mouvements quasi homonymes ayant des programmes nettement différents :
      le mouvement de lobbying en coulisses « # LesJoursHeureux » dont il est ici question
      et un autre mouvement plus ouvertement politique « Les Jours Heureux » (de la France Insoumise).
      Cette quasi homonymie est-elle fortuite ou constitue-t-elle un artifice supplémentaire ?

  26. « Ces pratiques politiques multiséculaires sont notoires et ne relèvent donc pas, par définition, de la notion de complot. »

    A moins qu’il ne s’agisse d’un complot multiséculaire,
    depuis le temps, « passé dans les mœurs » ?
    🙂

    1. A votre aise.

      Je vous invite aussi à comparer, concernant la méditation en pleine conscience
      – d’une part les sérieuses mises en garde quant à l’encadrement professionnel médical nécessaire à la pratique de cette technique dans un cadre thérapeutique ou les mises en garde aussi exigeantes concernant cette pratique dans le cadre des traditions monastiques orientales,
      – et d’autre part, la surprenante légèreté avec laquelle la Fondation Seve projette d’abandonner cette méthode transformée en jouet pour amateurs apprentis sorciers, formés à la hâte en quelques weekends avant d’être parachutés à la volée dans les écoles.

      Tout cela est-il bien sérieux ? … ou relève-t-il plutôt des méthodes usuelles du business Lenoir ?

      Bien à vous.

    2. Des mises en garde similaires sont évidemment applicables à la méthode Lipman.

      Superflu de rappeler qu’il ne s’agit pas ici de cours d’éveil musical à la flûte. 🙂
      … sauf si l’on se réfère à la métaphore du conte d’Hamelin.

      F. Lenoir met en effet en scène dans sa littérature et ses conférences, depuis des années, les divers opiums du peuple relatifs à cette métaphore.
      Mais jusqu’à récemment son business ciblait surtout un auditoire supposé adulte.
      Ici, il s’attaque dans un projet d’ampleur au mode des enfants et non par de l’éveil musical mais en ciblant précisément des points dangereux :
      – l’endoctrinement idéologique (dévoiement manifeste de la méthode Lipman),
      – le formatage émotif, mental et social (la méditation en pleine conscience).

      A surveiller.

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