Crise politique en Europe : QUAND LE PROVISOIRE S’INSTALLE, par François Leclerc

Billet invité.

Cela va finir par devenir pratique habituelle. Depuis des mois, Mariano Rajoy gouverne avec une majorité relative au parlement espagnol, et l’Italie s’achemine vers une formule tout autant bancale. Les troisième et quatrième puissances européennes ne parviennent pas à sortir de leur crise politique propre et s’installent dans des solutions de fortune.

Confronté au triple échec que représente le résultat des indépendantistes au parlement catalan, la débâcle de son parti et le succès de Ciudadanos, le premier ministre espagnol ne peut plus espérer retourner la situation en sa faveur en convoquant des élections législatives anticipées afin de disposer d’une majorité absolue aux Cortes. Il vient d’en abandonner l’hypothèse. Embourbé dans une crise catalane devenant espagnole, il n’est plus le sauveur en qui les légitimistes auraient pu se reconnaître, désormais condamné à attendre la fin de la législature en 2020.

Le président italien Sergio Mattarella va d’ici la fin de l’année dissoudre le Parlement, un acte impliquant la tenue de nouvelles élections en mars prochain probablement. Mais la configuration en trois candidatures d’un poids électoral proche des formations qui vont se présenter devant les électeurs va empêcher la proclamation d’un vainqueur muni d’une majorité parlementaire stable. La nouvelle loi électorale, qui avait été conçue pour écarter du pouvoir le Mouvement des 5 étoiles, en écarte tout le monde, une grande réussite !

Dans ces conditions, l’intention est prêtée au président de la République de donner au gouvernement actuel, dirigé par Paolo Gentiloni, la mission de poursuivre l’intérim qu’il a engagé, en attendant que la situation se décante, tout comme en Espagne. Si l’on y ajoute l’Allemagne, cela fait beaucoup de pays qui se trouvent dans la même situation d’incertitude politique prolongée.

Au sommet de l’Union, on se réunit et on s’agite par la force de l’habitude. À défaut de grandes décisions suivies d’effet, cela va être l’occasion de redistribuer les postes qui comptent. On tourne en rond.

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