CHINE – « Qui étions-nous ? » (IV), par DD & DH

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

En Europe, la grosse vague de la Chine en vogue a reflué. La Chine n’en a cure et n’en est plus aux années 80 : elle détient désormais tant de devises grâce à ses inépuisables marchandises que l’apport du tourisme étranger est « peanuts » ! De la menue monnaie au fond d’une poche ! Les voyageurs que nous avons mis tant de cœur à lui fournir sont « le radeau qu’on abandonne, inutile et encombrant, sur la rive quand on a passé la rivière ».

La Chine reste accueillante, mais elle a d’autres chats à fouetter et suffisamment en son sein de centaines de millions de touristes potentiels*, plus riches, moins radins et plus faciles à contenter que nous, simples voyageurs d’agrément qui ne sommes qu’un appoint dont elle peut se passer : sait-elle seulement encore (l’a-t-elle jamais vraiment bien su ?) ce que nous venons chercher chez elle quand elle nous reçoit, s’il ne s’agit pas de conclure des contrats ? Nos voyages les plus récents (2014, 2015, 2017), malgré la bonne volonté et l’amicale gentillesse de tous, nous ont semblé révéler un élargissement de ce décalage culturel. Tous les guides chinois « à l’ancienne » sont à la retraite ou ont cherché à temps des niches plus rémunératrices. La nouvelle génération, presque exclusivement anglophone, a été correctement formée aux nouvelles priorités économiques : accueillir des investisseurs et des trademen. Très à l’aise dans le 2.0 et les cours de la Bourse, elle ignore à peu près tout de sa propre culture. Le phénomène n’est pas pour surprendre : s’ils sont trentenaires, ils ont grandi en même temps que le culte de l’argent-roi et ils ont été choyés en tant qu’enfants uniques par des parents que la désastreuse « table rase » de la Révolution Culturelle a coupés de leur Histoire antérieure à 1949 ! Ils jonglent en virtuoses avec les jeux vidéo et, sur le même mode, avec toutes les formes de spéculation qu’offre le boom immobilier, ils n’ont pas besoin pour cela de « s’alourdir » de taoïsme et de confucianisme et, pour eux, le maoïsme est une très vieille lune dont le souvenir s’efface. Conscients que nous les mettons en porte-à-faux par nos questions et que nous courons le risque de l’offense suprême de la perte de face (nous n’avons pas de cheval à offrir en compensation) nous ne savons plus guère sur quel terrain envisager des échanges. Au fond, ces jeunes gens de 25 à 40 ans, anhistoriques, avides de consommation et électronico-dépendants sont comme les nôtres et le problème vient de nous qui, trop vieux, traînons trop d’Histoire derrière nous ! D’ailleurs, à y mieux réfléchir en jetant un regard en arrière, ne serions-nous pas amenés à nous demander si nos « échanges » des premiers temps étaient tellement de meilleur aloi et si l’on ne nous fournissait pas, sur commande et pour notre plus grande satisfaction, que ce que nous étions venus chercher ? Que pouvaient bien penser tou(te)s ces Chinois(e)s, encore fraîchement meurtri(e)s par les drames de la Révolution Culturelle et toujours soumis(e)s aux rigueurs du rationnement, de nos maoïstes, révolutionnaires en peau de lapin, venus, à grands frais (de quoi faire vivre une famille paysanne chinoise de l’époque pendant plusieurs décennies) chercher la Bonne Parole… et la trouver sans trop d’états d’âme ?

La fréquentation de la Chine n’a jamais été de tout repos : l’histoire de la RPC était elle-même suffisamment « accidentée » pour nous faire craindre à tout moment que des soubresauts politiques et des éruptions imprévisibles ne viennent changer la donne. Cette incertitude quant à des lendemains qui seraient peut-être plus déchanteurs que chanteurs a joué un rôle évident dans l’obstination que nous avons mise dans les voyages. On pouvait douter, tout au long de l' »aventure de l’ouverture », de l’aptitude de la timonerie à négocier tant de virages à 180° et l’incertitude n’est pas totalement levée au lendemain du 19ème Congrès sur la capacité du PCC à tenir sans soubresauts sociaux les objectifs de sa feuille de route, a fortiori dans un contexte mondial délétère. Nous avons eu de la chance d’être bougrement échaudés et mis en pièces par le Dragon à notre premier retour en 76 : le gommage en huit jours de tout ce que nous avions pris pour argent comptant (comme des bleus que nous étions) nous a finalement immunisés durablement contre la tentation de jugements définitifs à l’emporte-pièce. La Chine est d’abord passionnante parce qu’elle est inconfortable ! « La Chine m’inquiète » écrivait Pascal; elle est toujours (fort heureusement) « inquiétante » en ceci qu’elle apporte plus de questions que de réponses et qu’elle ne laisse jamais s’endormir d’un sommeil dogmatique !

Nous, de la vieille Europe, avons beaucoup de mal à coïncider mentalement avec le Temps chinois : d’un côté, nous n’arrivons absolument pas à nous faire une idée correcte, en termes de durée, de ce que représente une Histoire d’une seule portée de 4 millénaires ; de l’autre, nous sommes toujours prêts à chipoter, ergoter, critiquer et mettre au piquet la Chine du post-maoïsme pour tout ce qu’elle n’a pas réussi à faire en 4 décennies ! Or, si la Chine ne nous apprenait qu’une seule chose utile, c’est qu’il faut décrisper la notion de Temps, la dés-étriquer pour lui donner du jeu et faire confiance aux flux des mutations qu’à un moment M on juge bon d’épouser : aucun des commentaires des hexagrammes du Yi Jing ne promet du 100% favorable et tous y vont toujours de quelques mises en garde et signalements d’écueils. En conclusion, bon vent et bonne route à la Chine (souhait autant égoïste qu’altruiste car nos sorts sont liés!) ! A Paul Jorion, nos affectueux remerciements et nos plus chaleureux vœux de réussite dans les voies où il s’engagera pour, de toute façon, nous en apporter le meilleur fruit ! Et à tous les inconnus qui auront fait un bout de chemin avec nous sur ce Blog, notre reconnaissance et notre amical salut !

DD & DH

*voir Agence Xinhua.

Cet « Au revoir » n’avait d’autres buts que, d’abord, remercier M. Paul Jorion de sa confiance, ensuite répondre en partie à la question « D’où parlez-vous ? ». Au moment de clore ce temps du Blog, nous souhaitons rendre hommage aux sinologues dont les travaux nous ont nourris, enrichis et cultivés. Notre modeste ambition se cantonnait d’ailleurs à ceci : être un pont entre ces chercheurs érudits et un public plus large. Nous espérons avoir parfois réussi.

Hommage reconnaissant donc (l’ordre est alphabétique) à :

Claude Aubert, Etienne Balazs, Stéphanie Balme, Jean François Billeter, Patrick Carré, Michel Cartier, Jean Chesneaux, Jean Choain, Jacques Dars, Catherine Despeux, Jean Luc Domenach, René Dumont, René Etiemble, Patrice Fava, Pierre Gentelle, Jacques Gernet, François Godement, Marcel Granet, Robert van Gulik, Pierre Haski, Yves Hervouet, Michel Jan, Cyrille Javary, François Jullien, Max Kalterman, Yvan P. Kamenarovic, John Lagerwey, Claude Larre, Jean Leclercq du Sablon, Françoise Lemoine, Jean Lévi, André Levy, Henri Maspero, Eric Meyer, Joseph Needham, Jacques Pimpaneau, Isabelle Robinet, Kyril Ryjik, Elisabeth Rochat de la Vallée, Kristopher Schipper, Frederick Tristan, Léon Vandermeersch, Benoit Vermander, René Vienet…

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54 thoughts on “CHINE – « Qui étions-nous ? » (IV), par DD & DH”

  1. Faut assumer l’hommage : René Vienet, il était mieux avant… de devenir une [X] nucléariste courtier [X] entre les capitalismes d’État respectivement chinois, en version post-Formose, et français.

    « C’est sans leur soutien que j’ai été pendant dix-huit ans un efficace vendeur de combustible nucléaire à Taïwan, sans compromission, ni commission, ni rétro-commission : de 1982 à 2007, et au-delà, la France a fourni 33 % des besoins en uranium enrichi des six réacteurs nucléaires de Taïwan. »

    source : https://www.causeur.fr/rene-vienet-debord-chine-mao-34005

    1. La réussite sociale dont on fête la valeur, dissimule souvent le prix payé pour y accéder. Chez les maos bien nés, la besogne a été récompensée. T. Kuhn a aperçu qu’il fallait la mort de leur soutien pour que des paradigmes soient enterrés. Mais il est déjà sensible que des débats sont déjà morts pour la génération numérique alors que les anciens combattants sont en attente d’Epahd.

  2. Merci infiniment à DD et DH de ce compagnonnage , depuis si longtemps, avec cette Chine, que j’avais alors connue par les AAFC et qui sinon reste si méconnue. Votre discours est innovant et salutaire par rapports aux bruits journalistiques habituels. Merci.

  3. La Chine n’existe pas. Tout comme l’occident, ou la France n’existent pas.

    Il existe simplement des humains nommés chinois (ou français) qui vivent et pensent à où ils sont, chacun et chacune en particulier, qui essaient de résoudre des problèmes humains sur cette Terre économiquement, culturellement, écologiquement indivisible.

    Comme disait Luxun il faut prendre les choses comme elles se présentent (jiu shi lun shi). Autrement dit traiter les affaires humaines de la façon dont elles se présentent, et donc dans le contexte qui s’y attache, ni, plus ni moins. Et non pas partir des généralités sur la Chine pour en déduire toutes sortes de raisonnements circulaires qui ne font que conforter nos propres a priori. Alors creuser l’écart comme dirait Julien ne sert absolument à rien si ce n’est à construire de nouveaux murs. Ou alors autant assumer que la Chine est notre miroir, celui que nous nous tendons faute de prendre la mesure exacte des problèmes de toutes sortes auxquels nous sommes confrontés.
    Il existe pourtant une méthode qui permet d’éviter l’écueil c’est celle qui consiste à partir des situations réelles dans leurs contextes individuels et sociaux pour remonter aux généralités, et ainsi les interroger à nouveaux frais.

    Il n’y a donc rien d’inquiétant, en tout cas rien de moins inquiétant que ce que nous vivons chacun en tant qu’humains européens, français, parisiens, lyonnais, lillois, marseillais, de tel arrondissement, de telle rue, dans telle famille, dans tel contexte professionnel, d’appartenance ou d’exclusion.
    Tout le reste n’est que raffarinades et peyrefitteries.

    1. @Pierre-Yves Dambrine
      Sauf votre respect, les billets de DD et DH m’ont paru justement aller au delà des généralités sur la Chine.
      Pour avoir un peu trainé ma bosse en extrême orient (Corée du sud, Japon, Chine) j’en ai ressenti un sentiment de dépaysement intense voire de totale incompréhension vis-à-vis de nos frères d’espèce Homo Sapiens. A un tel point qu’on pourrait s’interroger (et je suis conscient du caractère hautement transgressif de mon propos) sur l’éventualité d’une fantaisie de l’évolution nous faisant lentement diverger depuis des siècles (sans jugement de valeur bien entendu).

      1. arkao,
        le sentiment de dépaysement intense est le propre du regard lointain. Ce n’est pas d’ailleurs forcément une mauvaise chose, c’est le regard lointain qui permet comme le dit bien Juannessy de voir du dehors ce que l’on ne peut voir du dedans. Les chinois ont d’ailleurs une expression pour le dire.
        Je ne suis pas chinois, et je n’ai pas la prétention de penser comme les chinois, mais je peux vous dire que s’approprier une langue et de nombreux éléments culturels qui se rattachent à cette langue, et ce in vivo, permet d’une certaine façon de passer de l’autre coté du miroir, c’est en tout cas l’expérience qui fut la mienne après mon séjour en Chine qui ne fut pas très longue mais intense. Le sentiment d’étrangeté vient en grande partie de l’absence de repères familiers, et donc de codes pour comprendre et expliquer un contexte. Pas question de nier que les référents culturels sont bien différents des nôtres, parce que la formation de l’Etat dans l’empire du milieu, la religion, des supports mémoriels spécifiques, ont structuré la société chinoise d’une façon originale. Mais en inférer que toute réalité chinoise nous serait inaccessible, me semble contrevenir et à la raison et à l’expérience. Une société, une civilisation est vivante, et si elle l’est c’est parce que des raisons et des sentiments qui se renouvellent au fil de l’histoire, qui au départ ne sont parfois que le fruit de la réflexion ou de l’expression d’humains singuliers, sont partageables et dès cet instant susceptibles d’être appropriés pour devenir une référence commune. (A ce titre le regard que des européens portent sur la Chine enrichit la perception que les chinois peuvent avoir de leur propre culture.)
        D’autre part, aucun chinois, tout comme aucun européen, ne peut se prévaloir de détenir l’unique vérité sur ce qu’il en est de sa propre civilisation. Aussi savant que l’on puisse être, il n’en demeure pas moins que c’est toujours au regard de l’autre que l’on donne sa propre vérité. C’est en ce sens que la Chine ou l’Europe n’existent pas. Comme la chose en soi, il n’y a pas de civilisation en soi. Une civilisation est donc toujours ce qu’on en fait. Bien sûr, on n’en fait pas ce qu’on veut à volonté, la mémoire imprime son lot d’inertie, mais il existe néanmoins des chemins de traverse par lesquels il devient possible de faire évoluer une civilisation lorsqu’elle parvient à un stade où son avenir semble compromis. Or, et je ne vous apprends rien sur ce blog, il me semble que et l’Europe, et la Chine font face à de tels défis que les seules forces qui seraient spécifiquement européennes ou chinoise, devraient y suffire. Je terminerai en vous disant que le sentiment d’étrangeté n’est pas seulement le propre du regard lointain. A l’époque où j’étais en Chine (89-91) la Chine était sortie du maoisme depuis à peine une décennie. Des chinois m’ont dit alors combien avaient été éclairante, et sans doute source de réconfort, la lecture des oeuvres de Sartre. Après la Révolution culturelle pour des millions de jeunes instruits (ceux qui avaient été envoyés à la campagne) c’est tout un monde qui avait été chamboulé, avec une immense désillusion. … La nausée sartrienne est née dans un contexte particulier, mais d’une certaine façon elle atteignait une certaine universalité. Réciproquement, des expériences chinoises peuvent nous parler, ou nous parleront à certaines stades de notre histoire collective ou personnelle ….

      2. @Pierre-Yves Dambrine
        Une chose est sûre, c’est qu’un séjour prolongé en immersion dans ces contrées vous marque à vie, qu’on pourrait en parler des heures et en écrire un nombre important de pages.

    2. On va demander l’avis d’un et une eurasien et eurasienne .

      Tout en notant que les « chinois » ont encore du mal à reconnaître qu’ils viennent d’Afrique , là où des « français » ne se sont pas posé de question identitaire ( pour une fois ) .

      1. Je ne nie pas le fait qu’il est important de rendre compte des différences, mais bien souvent elles sont exploitées pour mieux véhiculer une idéologie, ou une illusoire neutralité, ce qui ne fait guère progresser la pensée. Et c’est flagrant dans le cas de la Chine. Mon étonnement, mon mécontentement, portent donc sur la façon dont nous nous approprions les différences chinoises.
        Et là, je dois dire que peu de sinologues assument ce qu’ils font et disent derrière leur discours à prétention scientifique.
        Pourtant, dans l’histoire de la Chine (de ce point de vue la Chine existe bien sûr !) et donc de sa pensée, il y a tout ce qu’il faut pour alimenter les causes que nous défendons ici. Il y a tout les éléments dans l’histoire intellectuelle chinoise pour en quelque sorte renvoyer la balle aux chinois qui se parent des habits douteux de l’exception culturelle.
        AInsi plutôt que de servir au pouvoir chinois ce qui en Chine même relève du cliché, quand bien même ce cliché peut prendre des allures monstrueuses tant il s’impose, plutôt que de lui dire ce qu’il a envie qu’on lui dise, défendons nos causes en allant chercher des éléments, des attitudes, des pensées, qui se trouvent dans l’histoire même de la Chine et dans l’actualité chinoise intellectuelle et sociale. L’histoire de la Chine et la Chine contemporaine ont produit une pensée suffisamment vivante et diversifiée, pour que nous puissions désormais nous l’approprier. Les chinois intellectuels chinois se sont appropriés nos penseurs, nos littérateurs, nos scientifiques, alors pourquoi pas nous ?!
        Entre parenthèses pour répondre à votre question de traduction, je dirais que l’histoire de la pensée chinoise se confond avec son histoire. L’histoire de la pensée chinoise c’est l’histoire d’une pensée en action. Car penser c’est agir. Mencius à propos d’une affaire dans son livre éponyme disait qu’on ne fait pas une chose non pas parce que l’on ne peut pas, mais parce que l’on ne le fait pas. Reste donc à suggérer aux chinois, sur tel ou tel sujet qu’on puisse faire une chose, que nous aimerions qu’ils fassent, bien entendu pour un but commun.
        C’est la seule manière d’aborder avec les chinois les défis communs, et y remédier. Le grand défi pour nous aujourd’hui ce n’est donc plus de comprendre les différences mais de savoir que la différence en Chine même a une histoire et est éminemment dialectique. Que les différences doivent nous ramener aux communs. Je regrette que d’éminents sinologues et tous ceux qui leur emboitent le pas ne l’aient pas compris, faute sans doute d’une trop grande spécialisation, ou à l’inverse de ne s’occuper que de généralités ou encore de servir des buts qui ont peu de choses à voir avec l’examen sérieux des faits et gestes chinois.
        La Chine lointaine et qui permet la pensée de l’écart dont François Julien s’est fait une spécialité est bien commode pour ne pas prendre parti. Prendre parti par exemple sur ce qu’il en est du capitalisme, pas en général, mais du capitalisme de tous les jours, avec ses effets dévastateurs ici et en Chine. Prendre parti au sens où des problèmes se posent maintenant, pas demain ou après-demain, ou plutôt que demain et après-demain c’est aujourd’hui que nous le faisons.

        Sur la question identitaire, elle revient sur le tapis régulièrement dans les débats intellectuels en Chine. Entre l’intellectuel chinois qui apprenait l’espéranto dans les années d’avant-guerre et l’intellectuel qui ne jure que par l’essence suprême de la culture chinoise (guocui), il y a un monde ! Mais encore une fois il n’y a pas une attitude chinoise unique concernant l’identité. (ce que j’avais essayé de montrer d’ailleurs dans mon billet où j’abordais le question des « Etudes nationales ». La question de l’identité, en Chine comme ailleurs, est vécue et pensée de façon diverse. Et ce n’est pas parce que le courant dominant est nationaliste, que la Chine se résume à cette attitude. Ce serait comme affirmer qu’un Chinois venu dans l’Europe d’avant-guerre aurait dû conclure que l’Europe est vouée au nationalisme, par identité.
        Bref, soyons aussi pragmatiques que le sont les chinois. Car après tout nous pouvons l’être aussi quand nous le faisons.

      2. @Pierre -Yves Dambrine :

        Je ne sais pas dire si effectivement pour un « chinois » penser c’est agir ( et apparemment donc , agir serait penser ) , mais je constate que je comprends toujours aussi clairement votre pensée quand vous l’exprimez .

        A cette aune là , je ne suis pas « chinois » , car penser comme « être » , c’est pour moi plus qu’agir . Mais j’ai déjà exprimer « ce que j’en pense » ( « qui j’étais? ») dans un petit échange avec Bain .

      3. @Siècle :

        Je n’ignore pas que Coppens et d’autres se posent des questions ( mais ça n’est pas le jeunot Neandertal qui vient à peine de naître et mourir qui me ferait douter ) , mais j’en reste à la souche africaine de l’humanité dont les fossiles ( près de 7 millions d’années ) restent pertinents et non démentis par la génétique mondiale ou chinoise .

        On notera au passage qu’entre l’âge de la terre ( 4 ,54 milliards d’années) , les premières traces de ce qui a pu devenir « homo »( 7 millions d’années ) , les débuts de l’agriculture ( de l’ordre de 10 000 ans ), la durée de vie de Sarah la première femme importante citée dans la bible ( 127 ans ) , votre pseudo ( 100 ans ) et l’âge de notre godelureau de service ( 40 ans ) , il y a des rapports d’échelles qui donnent le vertige et rendent modeste.

    3. Peyrefitte nous a fait trembler, peur, espoir, ou invincible indifférence, c’est selon.
      Raffarin, pour sa part, éclater d’un rire dérisoire.

      Tant qu’à vaticiner sur un sujet inconnu d’eux ou de moi, je préfère le clown.
      En salopettes politiques, aucun des deux, bien entendu.

      A nouveau, merci à DD & DH pour avoir relever d’un oubli injuste Lucien Bodard.

    4. @ Pierre-Yves Dambrine dit : 14 février 2018 à 18 h 19 min

      « La Chine n’existe pas. Tout comme l’occident, ou la France n’existent pas. Il existe simplement des humains nommés chinois (ou français) qui vivent et pensent à où ils sont, chacun et chacune en particulier, qui essaient de résoudre des problèmes humains sur cette Terre économiquement, culturellement, écologiquement indivisible. »

      C’est votre façon idéaliste de voir les choses, mais ça n’est pas ce que voit Guillaume Pitron. Il pense que la Chine a « Siphonné les emplois verts au détriment de l’Europe, du Japon et des États-Unis »

      https://reporterre.net/Les-metaux-rares-le-visage-sale-des-technologies-vertes

      1. Non jducac, ce n’est pas de l’idéalisme, c’est au contraire du réalisme très poussé ! Parce que si l’espèce humaine doit s’en sortir par le haut, elle ne le pourra que si des solutions nouvelles et valables pour tous les humains sont élaborées et mises en place. Bien entendu il y l’autre option, déjà essayée, la vôtre, celle du spermatozoïde capitaliste terminator qui abandonne ou élimine les groupes humains mal équipés pour la lutte de tous contre tous, mais comme vous savez cette option non pas réaliste mais sinistre, je vous la laisse volontiers.

        Maintenant si vous voulez vraiment revenir au niveau des pâquerettes en plastique, je puis vous rétorquer que les emplois siphonnés l’ont été à un moment de l’histoire avec le concours de nos chers businessmen investisseurs. La Chine a beaucoup de génie mais de là à affirmer que la Chine contemporaine s’est faite toute seule, comme le dirait le self made man, vous me ferez pas avaler cette couleuvre.

      2. @ Pierre-Yves Dambrine dit : 15 février 2018 à 22 h 45 min

        « Parce que si l’espèce humaine doit s’en sortir par le haut, elle ne le pourra que si des solutions nouvelles et valables pour tous les humains sont élaborées et mises en place. »

        Je n’ai aucune difficulté à soutenir cette déclaration à condition d’admettre que cela n’est pas parce qu’une solution est nouvelle, qu’elle est forcément bonne pour l’humanité prise dans son ensemble.
        Or depuis l’origine des temps, tout dans l’univers, y compris chez les organismes vivants auxquels nous appartenons, est soumis aux dures et implacables lois de la physique et de la biophysique indépendamment des idées et doctrines politiques que certains s’emploient à promouvoir afin de mieux exploiter leurs congénères les plus facilement influençables.

        Ces gens-là qui sont en général de bons communicants, usent pourtant de l’important « capital d’influence » qu’ils se sont constitué à titre personnel, en condamnant le capitalisme sans complexe et sans le moindre moindre scrupule, alors qu’ils sont eux-mêmes issu d’un processus capitaliste depuis leur origine.

        Ils ont usé de ce même processus pour se procurer les moyens de vivre en capitalisant par eux-mêmes et pour eux-mêmes des aptitudes et transformations nécessaires à leur survie dans un monde en compétition pour sa survie, comme l’ont été les spermatozoïdes dont ils sont eux-mêmes issus.

        Le « spermatozoïde capitaliste » est avant tout un investisseur. Il s’implante là où il peut se développer de lui même en transformant la matière et l’énergie qu’il prend dans son environnement afin de contribuer, à son modeste niveau, à la sauvegarde de son espèce. C’est ce que font tous les spermatozoïdes du monde qui, dès le départ de leur existence et durant leur vie suivante, sont placés en compétition pour que survive l’espèce humaine.
        Pourquoi vouloir que ça change au nom d’une idée nouvelle qui, en voulant supprimer la compétition, pourrait bien au contraire, accélérer la fin de l’humanité du fait d’une accélération de l’épuisement des ressources?

        https://www.youtube.com/watch?v=Boar-7gsFiM

    5. La Chine n’existe pas. Tout comme l’occident, ou la France n’existent pas.

      C’est ça… Continuez de vivre dans votre déni universaliste (idéologie/religion? typiquement « post-chrétienne, occidentale », pour le coup!).
      Ce qui n’existe pas, c’est l' »humanité », sauf pour un éthologue, et ce, depuis que nous sommes ce que nous sommes, c’est à dire des animaux symboliques.
      Comme dit fort justement Hobbes, je connais les anglais, je connais les français, mais l' »Homme », je ne l’ai jamais vu!

      1. Je peux vous retourner votre objection.
        Et vous, « le français », « le chinois », vous l’avez déjà vu ?

        C’est une vielle querelle que nous avons là, celle des universaux vs les noms.
        Mon affirmation « la Chine n’existe pas » est, je l’admets, une petite provocation de ma part, mais qui n’est destinée qu’à indiquer que l’usage abusif des mots Chine, France, etc, sans historisation, contextualisation, peuvent introduire des biais avec parfois des conséquences énormes en termes humains et politiques. En Chine, par l’étiquette « droitier » ou « fils de propriétaire » pouvait vous condamner à mort pendant la Révolution culturelle, sans transition.

        Les choses existent-elles parce que nous les nommons ? Ou bien ce que les mots disent a-t-il une existence en dehors de notre esprit ? Ou les deux? Les choses existent en dehors de notre esprit, mais c’est par le langage que nous associons des qualités aux choses, que nous inventons des manières nouvelles pour les choses d’exister, je ne vous fais pas un dessin, c’est toute l’histoire des sciences.
        AInsi lorsque j’énonce que la Chine n’existe pas c’est pour aller jusqu’au bout de la logique qui est la vôtre, qui est de dire, à l’instar de la philosophie d’Aristote, qu’il n’existe que des humains en particulier. L’humanité n’étant alors que la somme de tous les humains ayant existé, existant aujourd’hui, et sans doute qui existeront à venir si le soliton ne vient pas mettre fin prématurément à l’aventure humaine.

        Bien sûr qu’il existe une Chine, une France, mais alors il faut préciser de quoi on parle, s’agit-il de l’Etat chinois, de sa géographie, de sa population statistique, du fleuron de sa production intellectuelle et artistique, de la Chine des riches, de la langue chinoise ? De la Chine capitaliste. Vous me direz, à un moment donné on ne peut pas raffiner à l’infini dans la qualification des choses et des contextes qui nous entourent, il faut bien, par commodité de langage, parce que nous ne disposons pas d’un temps infini, circonscrire les choses en choisissant certains mots plutôt que d’autres. Ce qui n’est pas autre chose que d’affirmer que lorsque nous parlons c’est toujours à travers un point de vue. Pour qu’il y ait échange linguistique, il faut donc au départ, au moins deux positions irréductibles, assignables à deux humains qui se reconnaissent mutuellement comme tels. De ce point de vue il y a bien de l’humanité universelle, à défaut de l’existence de l’Homme.
        L’humanité n’est donc pas simplement une catégorie logique, c’est une expérience, que l’on vit dans un corps et par le corps.

        C’est tout ce que je dis lorsque que j’affirme abruptement que « La Chine n’existe pas ».

        Je termine en disant que vous me faites pas injure en me qualifiant d’universaliste dans la mesure où je pense effectivement qu’il existe une espèce humaine qui n’existe pas quelque part en elle-même, mais que j’ai « rencontrée » en échangeant avec des humains de tous horizons.
        S’agissant donc de la Chine, ce pays donc où vivent les chinois, que j’ai pu rencontrer à Paris ou en Chine, ils ne manquent pas eux-même de s’adresser entre eux ou à nous comme universalistes. Et comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs dans un pays où exista un homme nommé Confucius, qui inventa l’humanisme à la chinoise. On pourra évoquer les Rites, et bien d’autres choses qui apparaissent comme des invariants culturels attachés à la Chine, c’est important, mais ce n’est que le préambule pour aller à la rencontre de l’humanité chinoise.

        Bref, je crois qu’il y a malentendu entre nous, je ne dis pas autre chose, nous sommes effectivement des animaux symboliques, j’ajouterais tout de même des corps pensants qui se reconnaissent entre eux une humanité commune, même si parfois le déni est flagrant.

      2. Sur l’universalisme chinois et ce qu’il peut possiblement nous apporter comme contribution pour affronter les défis de l’humanité, s’intéresser peut-être à ce que a à nous dire le philosophe chinois Zhao Tianyang qui revisite la veille notion chinoise du “Sous le ciel” 天下 tianxia, originellemment elle désignait tout ce qui existe sous le Ciel chinois, qu’il interprète désormais comme « tout sous un même Ciel » en rapportant la notion au monde entier dans sa configuration actuelle, estimant que face à un monde en faillite la philosophie politique doit se renouveler.
        Zhao Tianyang ne se satisfait pas de l’internationalisme, c’est la question du monde (humain) comme tel qui doit être remise sur le tapis. Nous sommes donc très loin de la Chine nationaliste. Je viens de découvrir cet auteur (merci à la librairie Le Phénix !) je n’en connais que ce que le texte mis ci-dessous nous dit, à première vue cela m’a l’air très prometteur, et semble aller dans le sens des préoccupations essentielles du blog.

        Un texte de l’auteur : https://www.cairn.info/revue-diogene-2008-1-page-4.htm
        Zhao Tianyang fera une présentation de son livre à la librairie Le Phénix au mois de mars, Paris.
        http://www.librairielephenix.fr/evenements/zhao-tingyang-%E8%B5%B5%E6%B1%80%E9%98%B3-38894.html

      3. PS. Zhao Tianyang c’est un exemple de la méthode qui me semble à suivre s’agissant de nous adresser à la Chine et aux chinois. Il faut aller puiser dans l’histoire chinoise (très riche et très documentée) des éléments qui vont dans le sens de l’universalisme. Et il y a en a beaucoup.

        Les travaux des sinologues sont intéressants, les papiers de DD&DH sont instructifs, intéressants, de même ceux de François Jullien, que j’aime taquiner gentiment, mais auquel je dois une partie de mon savoir sur la Chine.

        MAIS, nous n’avons pas le temps, il faut aller beaucoup plus loin, plus vite, et passer à la seconde phase après celle du repérage des différences, qui est celle de la recherche de terrains communs de discussion.

        En ne tournant pas autour du pot lorsque nous nous adressons aux officiels chinois, où lorsque nous intervenons dans des instances académiques où interviennent des chinois, bien sûr en y mettant les formes, Rites obligent lorsque l’on se trouve en Chine. Il s’agirait donc non pas comme d’aucuns le préconisent de s’en tenir à l’évocation des sujets sensibles dans un cadre strictement privé, de sorte que personne n’en saura jamais rien, soit disant pour sauver la face (mais surtout des intérêts commerciaux !), mais de nous faire en quelque sorte plus chinois qu’ils ne le sont en leur rappelant des éléments de leur propre histoire qu’ils ont tendance à éluder, parce que le pouvoir de tout temps et partout, sert le plus souvent des intérêts particuliers, et non pas le bien commun.

        Ce n’est donc pas en faisant des courbettes, et en rabâchant des banalités sur les génies respectifs des cultures que nous dialoguons, négocions sérieusement avec les chinois, à moins de considérer bien entendu que le commerce doit primer sur tout. Que le rôle de nos représentants élus est d’aller en Chine en simple VRP.
        C’est la vision étriquée des Raffarin, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ! Ils décrochent bien quelques contrats mais l’histoire les vomira !

        La difficulté bien sûr c’est qu’il faut tout faire en même temps, l’identification des différences, et passer de l’autre coté du miroir pour nous adresser aux chinois comme à de dignes représentants de l’espèce humaine, en connaissance de cause.

        Les Européens, Paul l’a justement dit d’ailleurs dans une de ses vidéos, sont en retard sur les chinois pour ce qui est de l’assimilation de ce qui n’appartenait pas à leur civilisation propre. Dès la fin du 19ème siècle les œuvres de l’esprit (y compris scientifiques) occidentales les plus importantes y ont été traduites systématiquement, le mouvement s’était encore accéléré dans les années 20 et 30, accompagnant le mouvement de la nouvelle culture.
        Pour ne prendre que l’exemple de la France (le monde anglo-saxon avait quant à lui une avance sur nous), ce n’est que depuis une quinzaine d’années que l’on assiste à une multiplication des traductions des œuvres fondamentales du corpus chinois. Ainsi de la collection bleue des Belles Lettres qui à l’instar de ce qui fut fait pour le monde grec et latin avec la collection Guillaume Budé, présente les auteurs et les oeuvres majeures de la pensée chinoise en édition bilingue.
        Le rôle des sinologues est donc extrêmement important car tant que traducteurs et interprètes, et comme médiateurs lors des rencontres avec des chinois, ils participent de l’élaboration du monde à venir, au sein duquel Chine aura de toute évidence sa part. Raison de plus alors pour nous montrer exigeants avec eux, et de leur demander lorsqu’ils dissertent sur la Chine dans leurs livres ou dans les médias, quelle est leur vision du monde. Car du point de vue qu’ils ont sur le monde, qui sera explicité ou pas, dépend, la conception qu’il se font du rôle de la Chine et des chinois dans le monde. Or, comme j’ai essayé de le dire, en parlant de la Chine peuvent être exprimées des visions du monde parfois aux antipodes.

  4. A propos de Pascal et des pensées , à défaut de « thoughts » anglo-saxonantes , comment dit on et écrit on « pensées » en chinois ?

    Peut être Paul Jorion fera-t-il appel à vous pour organiser son voyage en Chine dès que son bouquin traduit aura été vendu à plus de 500 000 000 d’exemplaires .

      1. Il parait que la Bible et le petit livre de Mao ont été à ce jour les deux bouquins les plus diffusés et traduits de par le monde .

        Quand on voit ce que l’Histoire en a fait , ça rend modeste sur le poids des nouveaux bouquins , et que dire de nos commentaires , même confiés aux archives numériques de la BNF !

  5. Je propose à tous ceux qui lisent l’allemand de consulter le « Handelsblatt online » d’aujourdhui http://www.handelsblatt.com .
    Il s’agit de la tentative chinoise de s’emparer du réseau éléctrique de l’Europe.
    Les chinois mènent depuis un certain temps déjà une sorte de guerre de conquête économique contre l’Europe. Leur politique consiste à assurer un contrôle maximum à l’intérieur de leur pays, expansion économique à l’extérieur. Je n’ai jamais compris la naiveté des entreprises européennes, ainsi la candeur de la classe politique face aux affensives chinoises. Je pense nous aurons encore des surprises en ce qui concerne ce grand pays.

  6. J’ai trouvé particulièrement intéressante cette dernière série de billets qui traite un sujet bien défini et à travers une expérience vécue qui finalement en dit plus long que les lectures sinologiques sur les transformations de la Chine ces dernières décennies.

  7. D’un voyage touristique en Chine il y a 3 ans et qui m’a mené de Pékin à Hong Kong, j’ai eu une très forte impression, celle d’une formidable énergie, très peu encline à la mélancolie ou à la nostalgie. J’ai aussi noté un goût très prononcé pour le raffinement et la force, par exemple dans le savoir faire artisanal très sophistiqué, mais aussi dans les bâtiments récents, comme celui qui abrite les milliers de guerriers de terre cuite, les infrastructures comme le chemin de fer, dans le choix des automobiles etc… J’ai aussi été surpris de l’indiscipline sur la route, par exemple en observant le trafic à un carrefour vu d’en haut, c’est fascinant. Il y a comme une loi de priorité non dite de type cinétique, le plus léger laissant la priorité au plus lourd. Les trajectoires défient le code de façon très pragmatique, l’essentiel, c’est d’avancer!
    Encore un point, les « rats de Pékin » comme ils ont été appelés dans un reportage récent (ce sont des émigrés de l’intérieur qui viennent d’autres régions pour la plupart), développent une vie sociale intense, s’assurent que leurs enfants accomplissent leur travail scolaire, et tout ça dans des sous-sols où nous deviendrions très probablement des parias, eux ils s’accrochent avec une vitalité impressionnante, ils avancent.

    1. Mon billet du 2 avril 2007 :

      Le rôle de l’individu et des masses dans la régulation du trafic en Chine populaire

      Lorsque les feux sont rouges mais que les piétons en attente constituent une masse suffisante, ils entreprennent soudain de traverser, jugeant que l’amoncellement des cadavres finirait bien par stopper l’automobile ou le bus qui s’aviserait d’exercer son bon droit.

      Inversement, le piéton isolé qui traverse lorsque le signal est vert pour lui et refuserait de laisser passe le véhicule qui annonce sa détermination inébranlable en klaxonnant abondamment, serait immédiatement massacré.

      Alors que je menaçais du poing le taxi qui venait ainsi de tenter de me renverser, une bonne dame s’adresse à moi en mauvais anglais et me dit : « Si vous voulez un taxi, ce n’est pas la bonne manière : il faut vous rendre à la station ! ». Je lui réponds « Non, non, vous ne m’avez pas compris : je me contentais de le maudire ! »

      1. Sur le lien entre masse et priorité ( y compris en matière de circulation de piétons et de véhicules ) , je ne vois pas là de spécificité chinoise , car c’est une attitude très humainement répandue .

        Si , en matière de circulation , les choses sont ce qu’elles sont en France aujourd’hui ( encore variables régionalement d’ailleurs ), c’est le fruit de plusieurs décennies d’apprentissage de comportements que j’ai connus très « chinois » .

        Encore maintenant , parlez en aux bénévoles qui essaient d’assurer la sécurité sur les parcours de courses de tous poils , ou sur les pistes du Grand Bornand lors de la dernière coupe du monde de biathlon , par exemple .

      2. @Juannessy
        Quand on rentre d’un long séjour à Pékin ou à Séoul, on a l’impression que Paris est une ville faiblement peuplée, silencieuse, reposante, habitée de rares êtres humains courtois. Alors les pistes du Grand Bornand…

  8. Je n’ai jamais eu d’approche particulière de la Chine ou de l »Asie , et je le regrette . En cela je suis fils de la génération qui qui fut la mienne , et je n’avais guère confronté , avec cette partie du monde , ce que j’ai cru être ma sensibilité propre , qu’au travers principalement des rendus de René Dumont que vous citez dans vos sources .

    Comme Pierre-Yves Dambrine , j’ai apprécié davantage vos rendus de voyageurs qui essaient de rendre compte de leurs rapports avec un lieu , où , bien qu’étrangers , ces voyageurs « en quête » sont parfois plus « présents » que les autochtones pour tenter de percevoir où est la dynamique du lieu et du monde .

    Je reste un peu sur ma fin ( je m’attendais à plus d’interventions de Jean-Luce Morlie de ce point de vue ) quant à la mise en balance entre l’évolution de la Chine sur ces cinquante dernières années et les tendances « décroissantistes » en Occident depuis le début de ce siècle , et sur la place des « communes » par exemple .

    Je vous salue donc , en vous remerciant de votre partage , mais sans doute pas du même salut que celui du petit bonhomme dont la photo conclut votre billet d’adieu ,qui me navre un peu , car je le traduis comme :

     » sous le soleil , rien de nouveau . »

    Sans connaître le chinois .

  9. Un grand, très grand, très très grand merci à vous!
    Vous devriez presque en faire un petit livre… certains passages de vos articles étant proprement « lumineux ».

  10. Merci de cette mise au point. En fait c’est un retour voulu ou pas vers
    des « fondamentaux ». Cf. D.F. Wallace : « Water ? What is water? »
    C’est quoi l’eau dans laquelle nous vivons? ( Plus ou moins bien mais en la polluant consciemment ou inconsciemment car l’entretenir demande un effort, un coût, des coups, et jusqu’à présent dame nature – Pachamama – assurait le servie à moindre coût. https://vimeo.com/188418265 ou pluôt Leny Escudero , La grande farce…https://www.youtube.com/watch?v=9IoqjUbENUM

      1. DD& HH constatent que l’eau qui coule en Chine change et change vite, d’une année sur l’autre dans le courant commercial et néolibéral mondial. Nous, touristes terrestres peu conscients des flux et des énergies qui nous portent, en avions une vision culturelle nettement respectueuse. Ils nous informent que le respect culturel – parfois identitaire mais c’est une autre dimension! – n’est plus valorisée. Trump nous dit la même chose. « Cheu nous », au coeur de la France profonde, la Chine achète les terres – qu’il ne serait plus rentable d’exploiter selon notre mode de vie – avec l’argent gagné sous régime Kapitolo Kommunist; en même temps, le droit américain s’étale jusque dans la succession du belgo-franco-suisso américain Hallyday.
        Alors l’eau culturelle franco-française, elle ne lave plus grand chose. David Wallace nous dit que nous en ignorons consciemment et inconsciemment les bienfaits et les méfaits et je partage sa métaphore : on nage en plein potage!

  11. Merci infiniment pour l’ensemble de vos écrits sur le blog Paul Jorion. Ils sont de vos propres expériences . Quelle fraîcheur dans cette climat médiatique étouffant. Les riches particularités de différentes cultures font l’universlité. Je cite Chales Péguy  » Tout ce qui élève unit. »

    J’ai connu la Chine des années 60, 70 et 80. Je me demande si le déracinement par la Technique à l’échelle de l’humanité entière ne serait pas plus profond que la Révolution Culturelle du président Mao ?
    Je souhaite sincèrement vous lire beaucoup plus souvent .

  12. « répondre en partie à la question « D’où parlez-vous ? »

    « D’où ça parle », fleure le 68 tard et les embruns lacan, et j’avais eu le soupçon d’ex mao dès le repérage des excursions dans les 70’. Le silence à ma demande d’éclaircissements sur la rencontre secrète Kissinger/Mao avait été comblée par un troll du blog, mais impolitesse ou silence de Maître, DD et DH sont restés muets. Merci pour leurs excursions enseignantes même de secondes mains, effet secondaire d’une fascination déplacée ouvrant la voie à un vrai questionnement sans fin.

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