SNCF, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

On a vidé les LGV TGV en mettant les pauvres dans des bus et en souhaitant n’y mettre que des riches mais hélas nous n’avons pas assez de riches. Résultat : moins de ressources pour la SNCF, des bus pas encore rentables, pour autant qu’ils le soient jamais, plus de pollution et un service public à deux vitesses ! Super ! les bus Macron à la place d’une entreprise à l’équilibre (on en a plusieurs qui ne les
sont pas), on paye plus cher ou on finit en bus polluant à 70km/h ! Ça c’est du libéralisme : privatiser les recettes et nationaliser les pertes !

La SNCF va être privatisée évidemment et il n’y aura pas de moyen d’éviter cela vu le contexte d’une entreprise qui aura été rendue déficitaire grâce à des bus pour pauvres. Les plus gros récupéreront les parties rentables et le « public », nous tous, payerons des impôts sur le reste.

Mais là on n’est que dans le gentil. Attention par contre chez EDF, on nous prépare la même chose en bien pire : la maintenance et la déconstruction des centrales pour le contribuable et la production probablement polluante mais rentable pour le privé. La SNCF ne sera qu’un coup d’essai mais le démantèlement d’EDF sera un coup de maître avec une grande possibilité d’accident nucléaire – vu les prolongements d’activité inconsidérés des centrales dont la faute va être reportée sur nous tous car nous resterons les seuls « propriétaires » des accidents car les parties bénéficiaires auront été préalablement distribuées !

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30 réflexions sur « SNCF, par Jean-Baptiste Auxiètre »

    1. Rafraichis-toi (?) la mémoire, Karluss, ou va donc voir toi-même à Fukushima la différence de traitement entre les riches et les pauvres !…

  1. Dans la tête d’un milliardaire.

    Nous sommes au pouvoir, le proxy politique a sauté. Nous avons les mains libres, aucun contre-pouvoir à l’horizon. Le peuple vieillissant et grossissant, à son rythme, en prend conscience avec des sursauts d’humeurs puis retombe dans l’espoir savamment instillé que leur tour viendra de toucher les étoiles.
    L’humanité recèle encore suffisamment de richesses à exploiter pour maintenir le statu quo parmi nous. les hostilités démarreront au pic de l’exploitation humaine et que le meilleur (plus féroce) gagne.
    Les plus entreprenants préparent déjà leurs canots de sauvetage de lux et les autres tissent des alliances en espérant faire partie des vainqueurs.. d’une planète allégée du fardeau de cette immense population d’esclaves inutiles et sans travail. L’IA et des robots sont tellement plus pratique.

    Pour ceux qui doutent encore du fonctionnement d’un cerveau de riche, ce n’est jamais trop tard pour se renseigner, la littérature abonde en commençant par la Bible.

    Ne pas les affronter, c’est accepter son status d’esclave.
    Un article intéressant « Ces esclaves qui ont façonné nos sociétés » dans « Pour la Science N°484 – Février 2018 »

    1. « L’esclave peut faire ceci et non cela; mais il est obligé de répéter certaines opérations bien définies, et plus elles sont monotones, plus son maître se plaît à les lui assigner. La division du travail ne présente pas de danger pour l’économie humaine et la métamorphose tant que l’homme peut exercer divers fonctions. Mais dès qu’il est limité à une seule, et qu’il doit en outre en faire le plus possible dans le moins de temps possible, c’est à dire se montrer productif, il devient ce que l’on est obligé de définir proprement un esclave. » Masse et puissance – Elias Canetti.

  2. « Je suis pour une Europe qui protège » selon ce que prétend notre trop cher président, voulant sans doute par là, induire qu’il manque à l’Europe, selon sa forme actuelle, un petit peu de social.
    La réalité est toute autre, il s’agit pour lui de s’aligner de manière rapide et brutale sur la ligne de conduite ultra-libérale de cette Europe là, et son slogan devrait plutôt être complété par «…les intérêts de quelques uns »
    L’opinion publique est actuellement manipulée sur les thèmes de la dette SNCF et du statut des ‘roulants’, les autorités espèrent ainsi mettre les usagers du rail de leur côté en cas d’une survenue de grève dure.
    Du point de vue ‘dette’, pourquoi serait-elle moins acceptable que cette dette de même montant de l’un des milliardaires des télécoms, dette issue de prêts bancaires avantageux pour lui permettre de spéculer au rachat de nombreuses entreprises du secteur avec de nombreux licenciements de personnels à la clef.
    S’il s’agit de changer de statut pour la SNCF et lui rendre un véritable rôle de service public, pourquoi ne pas s’inspirer de la loi belge du 28 mai 1884, modifiée juin 1885, qui amena la création d’un véritable service public du transport : la SNCV qui dans les statuts prévoyait la participation de l’État, des provinces, des municipalités et du privé, le cas échéant pour la part congrue (cette société a disparu à la suite de la fédéralisation de la Belgique !)
    Il est bien évident que si privatisation SNCF il y a, et ouverture à la concurrence, l’intérêt ne se portera que sur ce qui est rentable, au détriment des lignes utiles mais rapportant peu.
    Le rapport Spinetta ne se penche nullement sur ce que sera le développement de la SNCF dans le futur du développement des territoires.
    Les suisses sont beaucoup plus sérieux et pragmatiques :
    Scénarios de mobilité pour la Suisse de 2030 :https://www.voev.ch/fr/Services/content_index.php?section=downloads&download=2894
    Un autre document suisse compare les prix et services de trains en Europe, il y apparaît bien que la Grande-Bretagne présente les prix les plus élevés pour les transports (privatisation…!) :
    http://www.litra.ch/fr/index.php?section=downloads&download=323

  3. Ravi d’observer que, peut-être le dernier billet invité de l’excellent blog de Paul Jorion, sera revenu aux questions fondamentales de notre temps.

    Ah ce dossier brûlant SNCF ! De manière symbolique, il pose la question de savoir si nous laisseront les ayatollah libéraux instaurer de manière dictatorial, pour nos enfants et nos petits enfants, un rapport de classe tout à l’avantage des capitalistes. Une domination de classe faisant des travailleurs futurs (futurs immédiat) une masse d’abrutis corvéables et serviables, employée au jour le jour pour un salaire de misère ( sans statut aucun, sans convention collective, sans droit ), le reste du temps au chômage et à la soupe populaire.

    Ne nous y trompons pas, Macron à marche forcé veut un changement radical de société. Quel splendeur, quel zèle l’homme des financiers internationaux resplendit-il de mille feux !

    Pour notre grande chance l’impénitent premier de la classe Macron est entrain de commettre la grande faute de confondre vitesse et précipitation.

    Il précipite, en les snobant et en les menaçant la bureaucratie syndicale dans le prolétariat, et si prolétariat et bureaucratie se retrouve dans le même bateau, lui il est cuit !

    Il lui reste jusqu’au 15 mars pour reculer, dans le cas contraire le 22 mars va être le départ de quelque chose qui ressemble au 13 mai 1968.

    Le blog de Paul Jorion est mort, vive le Forum de François Leclerc !

    1. L’exécutif va maintenir un «rythme dense» de réformes
      (Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 28/02/2018)

      « …Le couple exécutif entend poursuivre son train de réformes au même rythme « dense », a prévenu aujourd’hui le porte-parole du gouvernement, deux jours après la présentation de la réforme de la SNCF et avant le « big bang » de la formation professionnelle promis pour la semaine prochaine.

      « A ceux qui souhaiteraient que le rythme se ralentisse ou trouvent que trop de choses se lancent en même temps : le rythme est dense, il est parfaitement assumé par le président et l’ensemble du gouvernement sous l’autorité du premier ministre », a dit Benjamin Griveaux à l’issue du conseil des ministres. « C’est un agenda de modernisation du pays, d’émancipation et de responsabilisation, ce ne sont pas des réformes à la petite semaine, des ajustements du modèle que nous avons pu connaître dans les décennies passées mais bien des transformations profondes », a-t-il ajouté… ».

      Ce n’est plus la république en marche, mais en marche forcée !

      Une farce doit finir au moment où elle réussit le mieux.

  4. Ce qu’il faut dire aussi, c’est que les territoires français financent déjà les lignes non nationales, les TER. Quel en est le statut, que deviennent-elles dans le cadre de la privatisation ?

  5. Triste logique maintenant bien rodée ; que la presse de masse n’expose toujours pas ; que seuls les journaux « alternatifs » sans pub, « La décroissance » en tête, expliquent bien.

    EDF est déjà un bordel innommable. La privatisation complète à venir n’arrangera pas l’affaire.
    Le feu d’artifice final sera l’accident sur une centrale nucléaire.
    Et comme, en l’état, après ce désastre, dont on est certain qu’il va advenir, nous n’inquièterons pas nos politiques et industriels tricolores – nous sommes bien trop cons – il faut espérer que nos voisins européens, qui profiteront bien des retombées radioactives, auront, eux, l’idée de demander des comptes à nos abrutis de ploutocrates hexagonaux ; en leur pourrissant la vie ; par des interdictions de territoires, des restrictions de déplacements et, pour les paradis fiscaux bénéluxois, suisse et consorts, des saisis totales d’avoirs sur comptes bancaires en guise d’indemnités pour réparations … impossibles.

    Pour le coup, j’ai presque envie de suggérer à un député du nord, ancien journaliste, bien sympathique, de proposer une loi. Une sorte de proposition de loi pour le fun, une proposition de loi pour la réflexion, afin que tous les « décideurs-premiers-de-cordée » thuriféraires de l’atome aient à rendre des comptes devant la Nation et l’Europe, avec confiscation définitive et immédiate de TOUS leurs biens à la clé après l’accident.
    Bien évidemment, elle ne passerais pas la loi ! Mais il y a fort à parier qu’il y aurait un petit effet dans l’opinion, qui saurait s’en souvenir, et un certain doute insufflé dans l’esprit de quelques uns de nos politiques ; auxquels, je rappelle, qu’en certaines circonstances, les peuples peuvent avoir la mémoires très très longue.

    1. Concernant EdF et le nucléaire, il serait sans doute temps de stopper cette technologie à base d’U235 qui produit énormément de déchets ingérables et s’orienter fissa vers le développement de la technologie à base de thorium.
      Il y a eu récemment une émission de Arte sur le sujet, elle peut être encore visible sur :
      https://www.arte.tv/fr/videos/050775-000-A/thorium-la-face-gachee-du-nucleaire/
      L’on montrait bien dans ce reportage que l’intérêt de l’utilisation de l’uranium était surtout le fait de pouvoir disposer de plutonium, produit par cette technologie, pour pouvoir fabriquer des bombes nucléaires.
      De toutes façons, il y a suffisamment de bombes en stock chez les uns et les autres pour faire péter notre pauvre planète et anéantir la totalité de l’humanité !

  6. Le problème c’est l’Europe de Bruxelles, forteresse néolibérale, qui demande faire des économies. Mais au-délà je pense qu’il faut réformer tatie SNCF. Cela fera mal aux agents; jusqu’à présent un agent ou cadre SNCF avait un job assuré jusqu’à la retraite, un emploi à vie et protégé. La remunération elle aussi est assez confortable, quelque ssoit le niveau hierarchique. Un jour j’ai vu un fiche de paye d’un agent SNCF: y figurait même une « prime de travail ».
    La contrepartie des réformes: les prix pour les titres de transport augmenteront, les services seront soumis aux considérations de rentabilité. J’ai vécu privatisation des chemins de fer en Angleterre……….:(

    1. « La contrepartie des réformes: les prix pour les titres de transport augmenteront, les services seront soumis aux considérations de rentabilité. J’ai vécu privatisation des chemins de fer en Angleterre……….:(  »
      Et combien d’accidents, combien de victimes…?

      1. Les victimes de Brétigny furent les premières à payer le manque de moyens mis pour la maintenance. Il y en aura d’autres en effet. Mais quand il y en aura, ceux qui auront encaisséle prix des billets se retourneront contre ceux qui auront les voies en charge : nous ! qui sommes que des dangereux inconséquents et empêcheurs de gagner de l’argent, limite terroristes.

      2. @écodouble
        Les « premières » peut-être pas, si j’ai bien pigé, beaucoup d’actes de maintenance sont déjà en sous-traitance ?… Comme dans les centrales nucléaires d’ailleurs, qui ne seront probablement jamais démantelées intégralement, trop complexe, trop cher !
        Enfin, au train (pardon) où ça va, c’est pas demain que les transports en commun seront gratuits… 🙁

    2. Bonjour Germanicus,
      Je suis cadre SNCF rattaché à la Direction de la Circulation Ferroviaire elle-même rattachée à Réseau qui est endetté à hauteur de 46 milliards d’euros provenant essentiellement de la construction de lignes TGV dans les années 80 jusqu’aux dernières lignes construites.
      Je dirige une équipe de 40 agents travaillant en 3*8 SDF (Samedi Dimanche et Fêtes) dans des postes d’aiguillage.
      Je fus embauché en 1983, j’ai commencé à la base. Il y avait 250000 cheminots tous services confondus. Nous ne sommes plus que 150000 actuellement.
      Je travaille exclusivement en journée de 07h30 à 18 heures avec une coupure entre midi pour le déjeuner (surveillance de la pointe du matin et début de celle du soir).
      Je touche une ICS (Indemnité de Continuité de Service) d’environ 150 euros mensuels afin d’être joignable à tout moment et à toute heure afin d’intervenir sur mon secteur si nécessaire.
      Toutes les 9 semaines, je monte des astreintes de 24 heures sur 7 jours sur un périmètre élargi et suis rémunéré environ 300 euros pour une semaine complète d’astreinte.
      Je touche – comme vous le dites- une prime de travail hierarchisée s’élevant à environ 350 euros mensuels qui est fonction du nombre de jours travaillés dans le mois.
      Je bénéficie d’un treizième mois.
      Bref, j’ai 55 ans, 38 années d’ancienneté et ma rémunération en 2017 s’est élevée toutes primes confondues à un peu moins de 40000 euros nets soit 3333 euros mensuels.
      Quant à mes collègues en poste opérationnel, leur salaire net approche les 2000 euros après quelques années d’ancienneté et sous réserve de travailler en 3*8 et les week-ends et jours fériés.
      Je vous laisse juger si ces salaires sont justifiés ou non au regard du niveau de qualification exigé, des contraintes professionnelles et des responsabilités.

      En ce qui concerne la sécurité de l’emploi, elle est certes un avantage aujourd’hui et permet à l’entreprise de réaliser année après année des plans de restructuration en douceur, les agents étant affectés ailleurs. Elle permet également de fidéliser son personnel.
      La modification du statut envisagée va supprimer ces  »avantages » et s’appliquera alors le code du travail. Aujourd’hui peu de jeunes veulent travailler à la SNCF dans ces conditions alors demain ?

      Quant à la dette, l’état la laissera à la SNCF. Critères de Maastricht obligent.

      1. Bonjour jeanpaulmichel.

        Je trouve votre témoignage très courageux par les temps qui court.

        Dire que si il existe encore aujourd’hui des cathédrales en Europe c’est parce que les corporations de tailleurs de pierre au moyen age savaient faire rémunérer correctement le savoir faire des ouvriers-compagnons c’est pour ainsi dire être à contre courant et s’exposer aux sarcasmes des imbéciles.

        Et puisque qu’en tant que cadre de la SNCF vous vous exprimez comme vous le faites, avec talent et conviction, je ne doute pas que c’est l’ensemble des cheminots qui s’apprêtent à se lever comme un seul homme, en défense du légitime statut qui vous protège de la rapacité des véritables privilégiés que sont les bourgeois, la classe des financiers rentiers de la dette.

        Le monde diplomatique de ce mois de mars titre :  » L’offensive générale « . Sege Halimi y écrit pour souligner la charge sabre au clair des Macron et Cie :

        « … Cinq jours après la publication ( d’un rapport confié à un compère -dépoussiérant- l’inventaire des prières libérales) , une « négociation » s’engage déjà pour maquiller le diktat qu’on veut imposer aux syndicats … »

        Je vous pose la question JPM, les directions syndicales des cheminots sont-elles bêtes à ce point à tomber dans le panneau ? Pourquoi acceptent-elles de se rendre à cette mascarade de concertations ? Comment les cheminots sont-ils entrain de vivre ce chaud et ce froid qui vient des bureaux syndicaux ?

        Le site du journal Le Monde écrit aujourd’hui:

        « Concertation sur la réforme de la SNCF : la CGT cheminots n’est « pas rassurée du tout ».

        http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2018/03/01/concertation-sur-la-reforme-de-la-sncf-la-cgt-cheminots-n-est-pas-rassuree-du-tout_5264224_1656968.html

        Est ce que le rôle d’un ministre libéral consiste exactement à rassurer un syndicaliste ? Les cheminots sont-ils rassurer eux de voir que leur représentants syndicaux jouent le jeu du pouvoir et maintiennent des liens traîtres illusoires avec lui ?

        Pire racontent des histoires aux cheminots, lorsqu’ils promettent une manifestation monstre le 22 mars prochain … sans dépôt de préavis de grève ce jour.

        « …Evoquant la manifestation nationale du 22 mars, la CGT a proposé « à toutes les organisations syndicales de faire un appel commun » à manifester, en rappelant que l’UNSA (deuxième syndicat) et SUD-Rail (troisième) avaient déjà annoncé leur participation. « Cette manifestation s’annonce énorme », a prédit Laurent Brun, confirmant que ce jour-là il n’y aurait « pas d’appel national à la grève »… »

        Moi même je suis un retraité de la RATP. Les trente ans d’expérience que vous avez comme cadre, moi je les ai eu en tant que syndicaliste à la base à la RATP. A quoi jouent nos dirigeants syndicaux ?

        Mon avis personnel , sur la base de trente ans de défaites consécutives à la RATP, c’est que la seule manière de sauver votre entreprise et votre statut à la SNCF, c’est lors des prochaines assemblées générales du personnel gréviste, prendre la parole et proposer aux grévistes de former des comités à vos collègues ( comités ouvriers intégrants les délégués syndicaux et des cheminots élus et mandatés par les assemblées ), fédérer l’ensemble de ces comités jusqu’à un comité central qui seul sera habilité à parler et contrôler le mouvement jusqu’au la victoire.

        Histoire que les cheminots grévistes aient un œil sur les manœuvres sinon louches, à tout le moins surprenantes des appareils syndicaux.

        Qu’en pensez-vous ?

      2. Bonsoir Eninel,

        Merci pour vos commentaires.
        Vous êtes retraité de la RATP et donc, vous avez vécu le grand mouvement social de 1995 de l’intérieur si je peux dire, à Paris.
        Je travaillais en région parisienne à l’époque, le hasard fait bien les choses parfois.
        Que de bons souvenirs cette longue grève soutenue par l’opinion publique !!
        Les médias avaient parlé de grève par procuration.
        Les syndicats avaient même été dépassés par les coordinations.

        Aujourd’hui la situation est potentiellement plus explosive tant les mécontentements et les cocufiés de Jupiter sont nombreux.
        Retraités passés à la moulinette de la CSG, perte de pouvoir d’achat généralisé pour le salariat et cadeaux fiscaux en tous genre pour les classes ultra-privilégiées.
        Nous avons perdu Fillon mais avons hérité de son clone.

        Mais, mais, mais il y a un gros mais, si mouvement de grève il y a, il devra être massif et être capable de durer dans le temps.
        Ce qui signifie qu’il n’y aura pas de grève par procuration.

        Objectif, moyens, résultats, cela doit parler à tous.
        Objectif : mettre fin la dictature des ayatholla libéraux ?
        Moyens : avec divers délégués syndicaux de mon secteur, j’avais proposé de faire grève à l’ancienne.
        Aujourd’hui, selon certains sondages, 70% des français approuvent la réforme de la SNCF sans en connaître les conséquences.
        30% la réprouvent. Et bien, dans un premier temps, appuyons nous sur cette grosse minorité de 30% en allant sur la voie publique, expliquer, convaincre et recueillir comme à l’ancienne, les fonds qui permettront aux grévistes de tenir. Car ce sera là le véritable problème. Il sera financier.
        Autrefois nos grands-parents n’avaient rien mais n’avaient pas de dette. Ils n’avaient rien à perdre et tout à gagner. Aujourd’hui, il y a un risque à prendre et nombreux sont ceux qui ne peuvent même pas s’offrir le luxe d’une journée de grève alors 3 semaines comme en 1995 …

        Les jeunes délégués syndicaux rencontrés étaient béats face à une telle proposition qu’ils se sont engagés à … relayer … à leurs instances régionales.

        Résultats : ils seront fonction des moyens engagés (voir ci-dessus)

        En ce qui concerne le fait que les cheminots se lèvent comme un seul homme, j’espère me tromper, mais la pyramide des âges n’est pas favorable, les jeunes générations au cerveau conditionné étant peu enclines à s’indigner et se révolter sauf en cas de … coupure de l’internet.
        Combien de jeunes m’ont déjà dit  »Oh vous savez, nous, nous n’aurons pas de retraite ». Conditionnement efficace.

        A quoi jouent les dirigeants syndicaux ?
        Poser la question n’est-ce pas déjà y répondre ?

        Alors, au vu de ce qui précède – et je ne vais pas vous faire plaisir – imaginons une autre stratégie.
        Jupiter a besoin d’une grève SNCF pour soigner son égo et montrer à l’opinion qu’il a su réformer le pays, a tenu bon malgré de fortes résistances. 8 à 10 jours de grève seraient l’idéal.
        D’ailleurs, plusieurs ministres ont mis en garde contre une grève trop longue … un peu comme s’ils disaient, allez-y, allez-y un peu, cela nous arrange.
        Imaginons que rien ne se passe. Pas de grève.
        Le statut saute pour les jeunes embauchés ? Et alors ? Qui voudra venir travailler à la SNCF 43 années en 3*8, y compris les week-ends ? Et quel turn-over ?
        Le statut fut crée pour fidéliser les salariés, s’il est supprimé …
        Les réductions sur les billets de trains ? 85% des cheminots partent en vacances … en voiture.
        Excepté en Région Parisienne ou les horaires de travail sont souvent calés sur les horaires des trains (6h-14h, 14h-22h, 22h-06h, la majorité se rend au travail en voiture car leurs horaires de travail sont incompatibles avec les heures des TER. Trouvez un TER qui vous amène sur votre lieu de travail à 4 ou 5 heures du matin.
        Qui voudra conduire des trains alors que les conducteurs n’ont que 12 week-ends de garantis à l’année soit un par mois et doivent très souvent dormir hors foyer ?
        Nombreux sont mes collègues prêts à abandonner leurs facilités de circulation en échange d’une hausse de salaire.

        Nous verrons bien comment tout ceci évoluera sachant que la mère des batailles, qui concernera tout le monde sera la bataille des retraites en 2019 avec la retraite à point qui est dans les cartons. Et là, il faudra se lever comme un seul homme, je parle du peuple sinon, tout ce que vous décrivez avec lucidité dans vos précédents messages arrivera.

        A court terme, rendez-vous le 15 Mars pour voir ce que les confédérations décideront et quels moyens seront mis en oeuvre.

      3. @ jeanpaulmichel

        « Aujourd’hui la situation est potentiellement plus explosive tant les mécontentements et les cocufiés de Jupiter sont nombreux. »

        Vous avez bien raison JPM de souligner cet état d’esprit latent dans le pays, et vous soulevez même une contradiction forte lorsque vous ajoutez:

        « …Autrefois nos grands-parents n’avaient rien mais n’avaient pas de dette. Ils n’avaient rien à perdre et tout à gagner. Aujourd’hui, il y a un risque à prendre et nombreux sont ceux qui ne peuvent même pas s’offrir le luxe d’une journée de grève alors 3 semaines comme en 1995 … »

        C’est bien pour cela que nous ne pouvons souffrir d’un moindre amateurisme dans notre volonté de nous mettre en action.

        Si les travailleurs d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’en 1968 ou 1995, que dire alors des représentants syndicaux actuels !

        Ceux ci nous ont prouvé toute leurs limites lors du conflit sur la loi El Khomery et les Ordonnances. Je crois que nous avons donc tout intérêt de penser une structure qui pourrait rendre notre action plus efficace et moins coûteuse. Cette structure dans notre jargon de militant révolutionnaire se nomme « comité ouvrier » ou « coordination » si vous le voulez.

        Personnellement je pense que dès maintenant, si les organisations d’extrême gauche type NPA, LO ou POID, voir FI ( organisations qui ont des militants dans les syndicats ), par voix de tracts, popularisaient la perspective de la mise en place de comités de grève dès le 22 mars prochain, à la SNCF et ailleurs, ces organisations qui se réclament peu ou prou du trotskysme , joueraient un rôle très important de mouche du coche, en un mot d’avant-gardistes.

        Quand bien même ne le feraient-elles pas, il faudra bien que quelques uns prennent en charge la besogne.

        Des comités dans chaque secteur menacé par l’ami Macron. Des comités intégrant en leur sein les représentants syndicaux voulant se battre, des anonymes se sentant l’envie de sauver leur peau, élus et mandaté par leurs collègues, des comités à l’échelle de tout le pays, avec à Paris une direction unique et démocratique du mouvement, seule autorisée à parler au nom de ce mouvement.

        Cela ne coûtera pas un rond aux travailleurs, mais pour sûr cela pourrait forger l’arme qui fera réfléchir à deux fois les Macron et Cie, à continuer vouloir nous faire les poches, aidé dans leur sale besogne, par des bureaucrates syndicaux dans les confédérations, qui à mon avis se sont totalement cramés ces derniers temps.

        Attendons le 15 mars comme vous le proposez, mais si les syndicats de cheminots veulent que les cheminots participent à la manifestation centrale et nationale à Paris annoncée pour le 22 mars, encore faut-il qu’ils affrètent des cars pour faire monter nos camarades de provinces, mais aussi qu’ils déposent des préavis de grève partout à la SNCF.

        On ne peut pas être au travail et en même temps dans la rue à défendre le travail !

  7. Article 106 (ex-article 86 TCE)
    1. …
    2. Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence, dans les limites où l’application de ces règles ne fait pas échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. Le développement des échanges ne doit pas être affecté dans une mesure contraire à l’intérêt de l’Union.

    3. La Commission veille à l’application des dispositions du présent article et adresse, en tant que de besoin, les directives ou décisions appropriées aux États membres.

  8. Ce qui nous pend au nez c’est 10 à 15 ans de privatisation, un investissement réduit au minimum, des méga profits pour le privé, la dégradation de l’outil, du service et des prix et au bout du compte une ré-nationalisation aux frais du contribuable comme au Royaume Uni.

    Alors, oui, tous dans le rue pour affirmer notre attachement au Service public, ce ne serait déjà pas si mal.

    Mais vu la pratique récente de l’équipe au pouvoir, ce n’est pas une journée de grève ou plusieurs qui va la faire renoncer.
    Je ne vois pas comment faire autrement que d’appeler à une grève générale reconductible.
    Et vu l’expérience des récents mouvements de revendication, un tel appel ne pourra venir que des citoyens, usagers ou pas de la SNCF.

  9. Euh…À priori la fréquentation des TGV a augmentée (2016/2017) et également celle des TER et Intercités (après une baisse 2012/2016 pour ces derniers).

  10. Petite question de vocabulaire:
    Je propose de remplacer l’expression « Ouverture à la concurrence » par l’expression « Ouverture de la chasse aux profits »
    C’est plus clair

  11. M. le premier Ministre vient de réaffirmer et de confirmer la fin du statut des cheminots ainsi que du recours aux ordonnances (procédé pour le moins discutable car fort peu démocratique)pour imposer rapidement la « réforme » de la SNCF.Dans le même temps le pouvoir exécutif ne cesse de dire sur tous les tons son intention « affichée » de négocier au moyen d’une soixantaine de consultations….A l’évidence il y a un problème :négocier ne consiste pas à décider puis « discuter » ou « bavarder ».Négocier c’est ouvrir le débat,le dialogue dans le but de trouver des solutions négociées.Le pouvoir exécutif entend donc organiser une parodie de négociation:cela n’est pas acceptable.Les réformes nécessaires de la SNCF doivent permettre de mettre en place un grand service ferroviaire d’avenir (prenant en compte les TER ainsi que le fret)et non pas de le liquider.C’est aussi l’affaire des Français,des usagers,de tous ceux qui sont attachés à un service ferroviaire de qualité.Liquider la SNCF serait dramatique pour la France.Ne laissons pas ce gouvernement insulter l’avenir.

  12. @ 005aveccheminots004

    « Négocier c’est ouvrir le débat,le dialogue dans le but de trouver des solutions négociées ».

    Mais Monsieur 005 c’est bien ce que fait le gouvernement libérale de Macron: il est entrain de chercher des solutions négociées avec ses très serviables partenaires sociaux.

    Ce sont ces partenaires sociaux qui doivent à un moment s’interroger sur leur santé mentale.

    A les entendre, le gouvernement libéral Macron Philippe à une obligation morale à discuter progrès social avec les organisations syndicales :

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/03/26/97002-20180326FILWWW00320-sncf-l-intersyndicale-reclame-de-nouveau-de-reelles-negociations-au-gouvernement.php

    « Si le gouvernement persiste dans sa posture (…), une mobilisation sans précédent des usagers et des cheminots (le) rappellera à ses obligations »

    dit hier dans un communiqué l’intersyndicale des cheminots.

    Mais où ces grands et perspicaces chefs syndicaux ont-ils vu qu’un gouvernement capitaliste avait une obligation quelconque à négocier de « nouveaux droits sociaux  » pour les cheminots, plus généralement, un gouvernement capitaliste devrait se sentir obligé de négocier la mise en place du socialisme avec leurs partenaires syndicaux ?

    Le communiqué de l’intersyndical est confondant de naïveté, vous même vous ne dénotez pas lorsque vous écrivez: « Les réformes nécessaires de la SNCF doivent permettre de mettre en place un grand service ferroviaire d’avenir « .

    Dans quel monde vivez-vous ? N’avez-vous pas lu les excellents bouquins de Paul, vous expliquant que le système capitaliste est en crise ? Que non content de ne plus rien donner, il en arrive à un point où il est obligé de tout reprendre, et que dans ce but, il est bien content de trouver des couillons à la tête des organisations ouvrières , tellement amoureux du dialogue, du débat et des solutions négociées, qu’ils en arrivent à ne plus même comprendre qu’ils négocient leur perte ?

    Pensez-vous que le gouvernement français accepterait de participer à des concertations avec le gouvernement allemand, si Merkel se mettait en tête de récupérer l’Alsace et la Lorraine ?

    Alors bien sûr il y aurait bien des hurluberlus, qui pour cacher leurs actes douteux auprès des français, affirmeraient qu’ils ne veulent pas lâcher l’Alsace et la Lorraine, mais veulent planter le drapeau français sur la rive droite du Rhin … via une solution négociée ! Merkel le dirait nein nein : pas négociable !

    Vous ne voulez pas laissez ce gouvernement insulter l’avenir ?

    Faites que très vite la CGT abandonne son orientation de collaboration de classes actuelle et qu’elle revienne sur l’orientation de ses origines, une orientation lutte des classes !

    Si on pouvait résister dans la collaboration, ce ne serait pas De Gaulle le héros français, mais Pétain !

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