Et si…

Ouvert aux commentaires.

Je suppose que comme moi vous vous posez parfois de ces questions hypothétiques, dont on est surtout friand quand on est une jeune personne : « Et si … nous étions en mai 40, aurais-je sauté, comme le frère de ma mère, sur mon vélo au coeur de Bruxelles et pédalé sans quasiment m’arrêter les 74 km me séparant de Quiévrain ? »

Ce sont des fictions bien entendu mais il me semble que les réponses qu’on y donne contribuent quand même à forger la personne que l’on deviendra, à travers l’image qui se compose petit à petit à partir de la mosaïque des réponses que l’on se donne à ces questions hypothétiques.

La question que je me posais ainsi ce matin était celle-ci : « Et si… j’errais depuis six semaines dans la forêt charbonnière et que je tombe au coin d’un bois sur une personne du sexe opposé de l’espèce Néandertal, perdue comme moi dans la nature, me serais-je interrogé : « femme » ou « femelle » ? Aurais-je été le Sapiens qui, une fois toutes les 77 générations, aurait pensé : « Au bénéfice du doute, disons ‘femme’ ! » ?

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Wikipedia en français : Dans les populations humaines modernes, au moins les populations est-asiatiques et européennes, le total de l’introgression d’ADN néandertalien trouvé correspond à 20 % du génome néandertalien.

Wikipedia en anglais : As shown in an interbreeding model produced by Neves and Serva (2012), the Neanderthal admixture in modern humans may have been caused by a very low rate of interbreeding between modern humans and Neanderthals, with the exchange of one pair of individuals between the two populations in about every 77 generations.

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100 réflexions sur « Et si… »

  1. Oui, je suis d’accord il faut se les poser ces questions. Mais cela ne doit pas empêcher de réfléchir. Trop souvent, on a l’impression que les jeunes gens attendent un nouveau combat contre un nouveau Hitler ou un nouveau Mussoloni.

    Certains vont même jusqu’à reproduire une sorte de guerre de tranchée, comme à Notre Dame des Landes.
    Mais aujourd’hui, il ne s’agit plus de ça…

    Inutile de prendre le maquis, quand il faut mettre à bas ce que vous appelez la « religion féroce ». S’unir pour éliminer la publicité et les paris financiers par contre, pourrait servir à quelque chose.

    Vincent Rey
    findutravail.net

    1. Oui Vincent, très visiblement, des jeunes gens très désireux d’en découdre ont envoyé un mail à Macron : « S’il vous plaît Monsieur le Président, envoyez-nous des gendarmes (2500 par exemple, nous on est 500 à tout casser (!) ), parce que nous attendons avec impatience un nouveau combat contre un Mussolini ou un Hitler… Merci d’avance ! »

      Macron leur a simplement répondu : « Je vous ai compris ! »

      Signé : un lecteur attentif et néanmoins ancien du blog de Paul Jorion, a qui les commentaires stupides hérissent le poil comme au premier jour.

      1. Je veux bien que ce soit stupide, mais une fois l’abandon de l’aéroport obtenu, comment ça se justifie ?

        Il devait bien y avoir quelques va-t-en guerre, qui souhaitaient entrer dans la légende du maquis, en étant les Georges Guingouin de Notre Dame des Landes…non ?

        Les combats écologistes sont presque toujours à côté de la plaque…heureusement il y a Oxfam et P Jorion.

        Vincent Rey
        findutravail.net

      2. Vincent Rey, il y a assez de chambre d’écho pour BFMTV sans vous !

        Rappel des FAITS

        1) L’État et les gouvernements successifs de droite et de gauche ont créé cette zone de non droit par 50 années d’indécision. (incompétence salariée)

        2) Les défenseurs de ce bocage ont permis d’économiser 1,5 milliards d’euros en évitant au trésor public de financer une infrastructure inutile. En effet, si Vinci et E Macron reculent, finalement, c’est bien parce que les arguments « contre » sont recevables devant la loi. (compétence bénévole)

        3) Les résidents actuels occupent ces terrains au même titre que bien d’autres en France. L’agriculture n’a jamais exigé la propriété, il existe d’autres statuts possibles, y compris de la gestion collective comme dans les Barthes de l’Adour, les pâtures d’alpage ou le Larzac : L’argument d’occupation illégitime est sans objet.

        4) L’urgence affichée du gouvernement à évacuer le site est surréaliste par rapport à la situation :
        – Les personnes sur place ont des projets et sont paisibles
        – Les forces de l’ordre ont coûté plus cher que la valeur du terrain en quelques semaines et mettent en danger des vies.
        Bref, pour y être allé deux fois maintenant, j’ai envie de dire :

        Souvenez vous de l’affaire Coupat, soit disant terroriste, dont le jugement, tombé après dix ans de poursuites et de vies gachées, le 9 avril dernier, atteste de l’abandon de toute les poursuites, et de la vacuité du dossier.
        La ZAD c’est pareil, de l’Ego blessé de « grands personnages d’état » dont les « petites gens » font les frais, dans une débauche de propagande et de violence qu’on réalise seulement sur place.
        Si le mot « république » veut encore dire quelque chose, alors cette histoire est une honte pour la république.

        Ce que je pense réellement, c’est que NDDL est un plan de communication rêvé pour le gouvernement.

        – Il peut affirmer haut et fort à la droite en manque d’ordre qu’il est inflexible et qu’il ne recule pas.

        – Il démontre en même temps à la gauche contestataire, que contester peut nuire à la santé, et pas qu’un peu.

        – En s’attaquant à des « alternatifs », il est tranquille de ne pas mettre le feu à une communauté, ou bien aux banlieues et d’embraser le pays entier, la marge, est marginale.

        – Dans ce cadre, les blessés même graves ne sont pas un problème, bien au contraire, en témoignent les 5000 grenades GLI tirées en permanence sur des groupes paisibles (vu de mes yeux vu)

        Du coup, pousser des cris aujourd’hui en disant « Il y a un blessé grave », c’est juste surréaliste. C’est potentiellement possible tous les jours depuis 50 jours, et c’était sans doute un OBJECTIF de l’opération. Donc soyez tranquilles, Collomb va pas démissionner, il est plutôt parti pour une petite médaille.

        2500 GM pour écraser 200 personnes dans la violence, soit plus de 10 pour 1 pendant cinquante jours, 17000 grenades de tout type tirées, soit 85 grenades par zadiste…..qui a déjà vu ça ?, où est la presse ? Où sont les soutiens de la société civile ?

      3. Et donc pour raccrocher le wagon … :

        N’y a-t-il pas avec la ZAD, un bonne raison de bondir sur son vélo ?

      4. @Thomas,

        Oui, je le pense aussi que c’est exactement ça. C’est punitif, de la part des « messieurs importants » qui n’ont pas pu avoir leur bel aéroport.

        @Vincent,

        J’ajoute que l’opposition au projet d’aéroport a permis à des gens (agriculteurs ou non) de se rencontrer et de CONSTUIRE quelque chose ensemble, quelque chose de fragile – Macron le sait bien et il joue là-dessus ! – mais basé sur cette terre-là, cet écosystème-là, précisément là ! C’est l’Etat français qui leur a donné l’occasion de se rencontrer et de construire quelque chose ensemble, un autre mode de vie « contre l’aéroport ET SON MONDE ». Je comprends bien que les représentants de cet Etat s’en mordent les doigts aujourd’hui, et qu’ils éprouvent le besoin de détruire ce qui a été construit de manière que ça ne puisse plus repousser, plus jamais (comme Attila en quelque sorte) : on ne sait jamais, ils sont peut-être en train de démontrer qu’une autre manière de faire et de vivre est VRAIMENT possible. C’est ça qu’il faut détruire… quel qu’en soit le prix.

      5. C’est l’Etat qui a attaqué les zadistes, d’accord. Mais il n’y avait aucune infrastructure sanitaire sur place. Ce qu’on a vu, c’était des gens qui vivaient dans des cabanes au milieu des détritus … vivre comme ça constitue vraiment une alternative pouvant faire un jour envie à la majorité ?

        Maintenant bravo pour l’abandon de l’aéroport, il faut reconnaître ça aux zadistes. Cependant 10 actions comme ça ne mettront pas fin à la publicité pour HOP (compagnie low-cost affiliée à Air France) à chaque bulletin météo sur France Inter, incitant quotidiennement les gens à partir en avion « du nord au sud, et de l’est à l’ouest », au lieu de prendre le train…

        L’écologie n’existe pas, en dehors de l’économie, et on peut rêver d’un monde alternatif, mais il ne se fera jamais sans l’assentiment, et même je dirai l’envie de la population… à moins de l’imposer par la force, mais alors vers quoi irait-on ?

        Où est la cohérence ? Il y a quelques semaines, Pascal Canfin proposait une alternative à la mine d’or en Guyanne, mot pour mot « un modèle de développement durable, basé sur l’éco-tourisme ». Et comment iraient-ils là bas, les éco-touristes, à qui on aura vendu d’aller observer les sansues et les mygales dans une chaleur torride, avec 98% d’humidité ? en cargo pendant 3 semaines, ou bien par un petit aller-retour en avion en charter avec HOP ?…

        Tout ça ne tient pas debout … C’est pour ça que les gens ne votent pas pour les écologistes, il n’y a pas de cohérence, pas de projet économique qui fasse envie. Il faut se dépêcher de le comprendre, avant qu’il ne soit trop tard..

        Mon billet sur le projet de mine d’or en Guyanne sur findutravail.net.

      6. Vous persistez dans les clichés Vincent.
        Vous résumez le travail accompli par des centaines de personnes pendant des années sur des questions vitales abandonnées par notre société et ses normes.
        Résumer cela à des cabanes et des détritus c’est aussi pathétique que de ne pas écouter quelqu’un parce que c’est une femme, ou une personne de couleur.
        Cela vous décrit vous Vincent, avec vos a priori, et votre capacité à décrire ce que vous n’avez pas vu.
        Ce qui aurait été pas mal, c’est d’aller voir tant que c’était debout. Mais là regarder les ruines sur internet en disant  » c’est mieux rangé chez moi  » c’est juste indécent.
        On ne peut pas être spécialiste en tout. ..

      7. Peut-être. Mais ça fait tellement longtemps que j’entend parler d’écologie, et que rien ne se passe… sur le plan des résultats, vous aurez du mal à me donner tort.

      8. « Où est la cohérence ? »

        Précisément, elle se cherche, elle se tâte, elle se construit avec allers et retours, avec hésitation. Elle ne sort pas d’un « distributeur automatique d’idées ».

        Mettre dans le même sac le greenwashing et les tentatives de construction d’un mode de vie radicalement différent, c’est affligeant… Et c’est non seulement affligeant, mais comme le dit Thomas, c’est pathétique.

        « Ça fait tellement longtemps que j’entend parler d’écologie, et que rien ne se passe…  »

        Qu’est-ce que vous attendez, alors, pour bouger vos fesses et rejoindre des gens qui essayent concrètement autre chose ?

      9. « Qu’est-ce que vous attendez, alors, pour bouger vos fesses et rejoindre des gens qui essayent concrètement autre chose ? »

        C’est ce que je fais maintenant même, en essayant de vous convaincre que vous ne frappez pas au bon endroit. Essayer de vivre autrement, pourquoi pas, mais si les choses restent identiques par ailleurs, il ne faut pas en attendre grand chose. (un impossible rêve, la vertu écologique)

        Hier matin, j’ai regardé l’émission « Turbo » sur M6. En vedette, l’Urus de Lamborghini, dont le journaliste ne cessait de vanter la « bestialité » jouissive des 650 chevaux, qui va devenir selon le journaliste la « nouvelle référence des SUV » (quand j’étais gamin, je me souviens que la Ligier F1 de Jacques Laffite faisait 500 chevaux… Alors je peux bien mettre une Yourte dans mon jardin, et même installer à côté des toilettes sèches, ça n’empêchera pas les 35000 « Urus » à 200000 euros l’unité de se vendre. Ni pour en revenir aux avions, aux 10 millions de touristes chinois par an d’arriver pour faire du tourisme.

        Si vous ne réalisez pas ça assez vite, alors l’écologie continuera à faire de la figuration, à l’image de Nicolas Hulot qui en ce moment, donne l’impression d’avoir avalé du glyphosate. Il essaie de faire de l’écologie sans renoncer à la « religion féroce » de l’ultra-libéralisme, inscrite dans les traités. Forcément, il ne fait pas le poids… et ce n’est pas l’abandon de Notre Dame des Landes qui va y changer grand chose.

        Ce n’est jamais marrant de se rendre compte qu’on a suivi une voie inutile pendant des années, et je comprends que ça vous mette en colère contre moi, mais c’est indispensable de le comprendre, si vous voulez avancer vers un projet écologiste cohérent.

        Vincent Rey,
        findutravail.net

      10. Ah oui, j’oubliais…dans la même émission « Turbo », il souriaient en montrant une Toyota Prius, initialement hybride, que des rigolos avaient transformé en dragster en lui mettant un moteur atmosphérique de 800 chevaux, pour faire des courses d’accélération. Voyez comme on continue à se moquer de vos efforts….

      11. Vincent
        La réalité c’est tu prêches à des convaincus ici, personne ne pense sur ce blog qu’il n’y a pas un problème global
        de modèle économique à revoir de fond en comble. Eh oui sans remise en cause du capitalisme, du néo-libéralisme le combat écologique restera cantonné à des luttes de niches.
        Mais les luttes de niches ce ne veut pas dire que ce sont des luttes de riches pour autant.
        Tu ne peux pas demander aux zadistes d’être à eux tout seuls la solution écologique. D’ailleurs je crois savoir qu’ils discutent beaucoup entre eux, et ils se déplacent aussi, à Nuit Debout ils étaient là, c’est donc qu’ils sont en phase avec l’universel.
        Ils n’ont pas la solution clé en main, mais ils ne sont pas non plus le problème.
        Voir les ZAD comme ce qui serait un frein à la prise de conscience globale du défi écologique c’est inverser la cause et l’effet.
        Les ZADistes font avec leurs moyens propres beaucoup, non seulement pour défendre des zones menacées d’artificialisation sauvage, dans ce cas là on peut même dire qu’ils font tout le boulot, et aussi pour donner une visibilité au combat pour la survie de l’espèce.
        Ils ne peuvent pas tout, ne sont pas le tout de la solution écologique, mais ils n’en demeurent pas moins précieux et nécessaires, comme lanceurs d’alerte et comme praticiens. Si l’espèce humaine survit, ils laisseront une trace dans les livres d’histoire.
        En fait tu es d’accord avec eux, mais tu les introduis, à tort, dans ton raisonnement, pour dire qu’on en fait pas assez.

      12. D’accord Pierre-Yves, mais considère ceci s’il te plait : est-il question de prendre un jour le pouvoir, pour essayer d’altérer le cours des choses oui ou non ? Sans juger sur le fond des projets qui ont été mené à Notre Dame des Landes, que je ne connais pas, penses tu sérieusement que l’image « d’anarchie boueuse » et il faut le dire, anti-démocratique à cause du référendum, que les médias ont renvoyé des zadistes, peut faire envie ? Un modèle de vie alternatif, ça ? Les gens voteraient pour ça un jour ?

        Deuxièmement, on peut dire que les médias ont transformé l’information, et qu’ils ont présenté les choses de façon biaisée, ce qui est possible, et même probable dans le cas de BFM, du fait de la provenance de leurs fonds. Eh bien dans ce cas, l’écologie doit d’abord s’occuper des médias et de l’information. Convaincre d’autres que c’est le cœur du combat, le nœud du système à dénouer avant de passer à autre chose.

        J’espère que d’autres que nous lisent ceci, car cela me parait extrêmement important, crucial même, pour ce combat. La bataille de l’information doit commencer

      13. PYD
        Vous êtes trop gentil. Non Vincent n’est pas d’accord. Il attends depuis son bureau que le monde change par le haut, en regardant Turbo.
        De ce point de vue élevé il juge et méprise ceux qui ont mis en oeuvre des projets de vies à échelle humaine.
        Et le ponpon c’est qu’il nous explique que pour l’avenir du monde, il va nous dire quoi faire. Sans rire.
        Personne ne sais cela, et la moindre des choses serait un peu d’humilité et de respect pour la diversité.

      14. Thomas réveille-toi ! Les vendeurs de Lamborginis et de voyages en avion, qu’est ce qu’ils en ont à faire, que je sois humble et respectueux de la diversité !?

      15. « à l’image de Nicolas Hulot qui en ce moment, donne l’impression d’avoir avalé du glyphosate »

        Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que Nicolas Hulot n’est pas tout à fait en phase avec les zadistes… Non ? Je me trompe ?

        Non, en fait je ne peux pas me tromper. Il a dit dans une émission de radio à une heure de grande écoute (ce qui montre bien que l’obscénité ne lui fait pas peur) : « Qu’ils dégagent ! » Mais oui, comme vous le dites, il essaye de faire de l’écologie (ou plutôt il fait semblant) sans renoncer à la religion féroce. Pour ma part, je ne vois pas, par conséquent, ce que ce type a encore à nous dire en matière d’écologie… Mais où avez-vous vu que les zadistes étaient de son bord ???

        Pour le reste, vous nous ressassez l’éternel refrain : tant que la solution ne sera pas généralisée, elle ne servira à rien. Eh bien non mon ami, vous vous trompez lourdement ! Vous vous trompez lourdement parce que vous confondez deux choses. Autant il est inutile de penser sauver la planète en triant ses déchets et en remplaçant les halogènes par des ampoules LED – ce à quoi je souscris fort bien, mais ce n’est pas non plus une raison pour ne pas le faire – autant ce qui se passe à NDDL est d’une tout autre nature: démocratie directe, prises de décisions en commun, champs partagés de manière que les rotations profitent au plus grand nombre, livres en accès direct, don, échange, partage… car le projet n’est pas qu’écologique, loin s’en faut. Qu’est-ce qu’ils cherchent ? En quoi font-ils tellement peur à l’Etat ? En ceci, que l’Etat, ils s’en passent ! Ils n’en ont pas besoin ! Alors, est-ce généralisable ? Peut-être pas à l’échelle d’un Etat, mais à petite échelle, peut-être bien ! Et alors, quel est l’enjeu ? De faire mentir le TINA ! Là, on n’est plus uniquement dans la yourte avec toilette sèche, n’est-ce pas ?

        On peut ne pas être d’accord avec tout – et c’est mon cas – mais il faut au minimum reconnaître la tentative, faute de quoi on perd toute crédibilité. Désolé de vous le dire, mais c’est ce qui vous arrive.

        Et franchement, « voyez comme on continue à se moquer de vos efforts »… Mais qui est ce « on » ? Sur quelle planète vivez-vous pour vous étonner de voir des gens qui choisiront de rester aveugles jusqu’au bout ?… Comme si nous ne le savions pas ! Et vous-même, ouvrez les yeux et voyez sur quoi vous vous appuyez pour étayer vos arguments ! C’est à vous que je dis de vous réveiller !

        En guise d’illustration : Trump, en campagne électorale : « Combien d’entre vous croient qu’il y a un réchauffement climatique ? » (Quelques bras se lèvent.) « Pas beaucoup, hein ! » Ça a duré dix secondes. Pas besoin de regarder Turbo, vous auriez gagné du temps !

      16. Vincent

        Ton propos est surréaliste :

        Tu ne cautionnes pas le monde des Lamborghinis, OK,

        Et la World Company se branle avec notre niche écologique, Oui oui oui,

        Jusque là, je te suis,

        Mais tu résumes sans la connaitre l’expérience de la ZAD à un tas de boue.

        Et tu as, visiblement une super marche à suivre pour le monde,

        Mais nous, brebis égarées, devons oublier la marge pouilleuse dans laquelle on se fourvoie. Bon, bon bon.

        Alors on arrive à la question qui tue, désolé hein ?

        Que fais tu de tes journées Vincent ? Show me the way ! Éclaire nous de ta lumière !….

        Ce que je crains, c’est que ton aversion pour la ZAD est construite par ta peur,

        Pour justifier ton inaction.

        C’est vrai que c’est flippant, la liberté.

        Détrompes moi, ça me fera sincèrement plaisir.

        PS : Tu écris « Thomas réveille-toi ! Les vendeurs de Lamborginis et de voyages en avion, qu’est ce qu’ils en ont à faire, que je sois humble et respectueux de la diversité !? »

        Alors là c’est complet, il faut que je me réveille pourquoi ? Pour être prétentieux et méprisant parce que humble et respectueux ça sert à rien !

        Et ben si, ça sert à pouvoir regarder tout être humain en face, et à ne pas rajouter de poids dans le rouleau compresseur….. mais je dois parler chinois là….

      17. Ouf ! On l’a échappé belle .

        J’espère que les « forces politiques de gauche » sauront elles aussi , comme vous trois , faire une synthèse qui se soucie plus de l’objectif que « d’avoir raison  » .

    2. A moi de vous poser une question : comment pensez-vous mettre fin à l’hégémonie des firmes, à la production d’ignorance, et à l’aliénation consumériste ?

      Pensez-vous que tout cela se fera tout seul, en vous auto-congratulant les uns et les autres des bonnes actions et des bonnes expériences agricoles que vous avez fait ? On dirait que vous n’avez pas observé ou mesuré les forces en présence. Je vous posais la question : « s’agit-il de prendre le pouvoir oui ou non ? », vous n’y avez pas répondu, ce qui revient à répondre « non ». Comment comptez-vous changer la société sans prendre le pouvoir ? J’ai l’impression que le principal pour vous c’est d’être dans le camp des « justes », mais que vous ne souhaitez pas vraiment changer les choses. Ou alors c’est que vous ne savez pas quoi faire…

      C’est une « révolution culturelle » (pacifique de préférence) qu’il faut faire, pour se libérer de la « religion féroce », qui prêche à longueur de journée la Lamborghini « bestiale », le voyage en avion 2 fois par semaine, et le changement de montre quand on change d’heure (!). Vous avez dû entendre l’expression « religion féroce » de la bouche de Paul Jorion, mais vous ne l’avez pas pleinement intégrée, sinon vous vous poseriez la question de savoir quel sont les moyens de l’abattre cette « religion féroce », et vous réaliseriez que ce n’est pas simplement en faisant des expériences d’agriculture intéressantes, ou en se coltinant avec des CRS au milieu d’un champ que vous arriverez à quelque chose.

      Il faut prendre le pouvoir, et pour ça il faut s’unir.

      1. Vincent,
        Je trouve que l’attitude que tu proposes est trop étroite et unilatérale pour être efficace.
        Ou alors dis-nous quels sont ces moyens efficaces que tu as en tête pour inverser le rapport de force, jusqu’ici tu nous as seulement dit ce que ces moyens ne sont pas.
        La lutte contre notre adversaire commun se passe sur tous les fronts, en exclure un, en dévaloriser un revient finalement à affaiblir les autres fronts, et se cantonner à un seul endroit du terrain, alors que nos adversaires occupent tout le terrain.
        Il faut rendre aux Zadistes ce qui appartient aux Zadistes, ils ne peuvent pas tout, c’est vrai (mais personne ne dit le contraire) mais de là en inférer qu’ils seraient l’obstacle plutôt qu’une partie de la solution, c’est un peu fort de café. C’est même une démarche contre-productive. Macron et ses sbires le font très bien, n’en rajoutons pas.

      2. « Il faut prendre le pouvoir, et pour ça il faut s’unir »

        A ben ça y est Pierre Yves, on l’a notre feuille de route :

        Y faut que….

      3. Mais si Pierre-Yves, il faut même mettre les pieds dans le plats, parce qu’il y a là, à mon avis, l’explication de l’impuissance politique des écologistes.

        Chacun fait son écologie à la carte…moi je mange plus de viande, moi je roule à vélo, moi je me bats contre les aéroports, moi je trie mes déchets, moi mon un SUV ne consomme que 5l au 100….résultat : efficacité = 0 ou à peu près zéro compte tenu des enjeux, car la « religion féroce » gagne toujours du terrain à la surface du globe. Croyez-vous que l’on peut arriver à quelque chose de cohérent ainsi ?

        Alors que faire me demande Thomas ? ce n’est pas à moi de vous le dire, mais il suffit de lire et d’écouter Paul Jorion, qui nous donne des pistes ! (pourquoi est-on ici alors, nous ne serions que de simples spectateurs de la catastrophe ?). Il faut instaurer la gratuité sur l’essentiel, il faut interdire les paris financiers, et j’ajoute, il faut révolutionner l’information, en faire un quatrième pouvoir aussi indépendant que la Justice. Il faut aussi interdire la publicité, pour faire cesser immédiatement la propagande, et l’influence de masse, et trouver un moyen de rendre aux investissements des objectifs citoyens, allant dans le sens du progrès humain, et de la préservation de l’Environnement. Voila peut-être ce qui serait un début de programme pour attaquer la « religion féroce »…Mais comment y parvenir sans prendre le pouvoir ? Sans députés, sans lois ? Sans force publique ? Sans intervenir sur les traités ? C’est tout simplement impossible. Il faut donc prendre le pouvoir, s’unir comme je disais, et agir le moment venu. Ou bien, se résigner à la destruction, si on ne le souhaite pas. Je ne crois pas qu’il y ait une autre alternative…

      4. Dans ce cas Vincent, si c’est le programme de notre hôte, je suis parfaitement en ligne avec toi,
        à ceci près que je pense que les Zadistes mettent justement les pieds dans le plat. Je ne vois donc pas où est le problème. Les zadistes eux, ont déjà pris une parcelle de pouvoir, sur leur zone à défendre, ils sont peut-être dans la boue, mais au moins ils mettent la main à la pâte et pointent par leur implication totale, les incohérences du système, du pouvoir en place. Leur zone à défendre qui est aussi la nôtre, et ça c’est essentiel à mon avis. Le local rejoint donc l’universel. Ils donnent une lisibilité à un combat qui resterait sinon dans les limbes du yakafokon. Rien n’empêche de nous mobiliser par ailleurs pour agir au niveau des institutions et de faire de la politique, pour unir la gauche, créer une majorité citoyenne à même de renverser le rapport de force. Il n’y a pas de petites initiatives, les petites ne nuisent aux grandes, et les grandes n’empêchent pas les petites si toutefois elles se comprennent dans leur complémentarité.

      5. Vincent

        Comment je compte mettre fin au capitalisme, en gros, c’est ça la question ? Moi ?

        Mon point de vue est que le capitalisme ( les avions et les lamborghinis ) fait plus pour son effondrement que tous ses ennemis réunis.

        Partant de là je suis plus dans la construction de la suite que la lutte ou même le militantisme : mettre en oeuvre aujourd’hui des outils, des mode de gouvernance, des choix techniques et surtout restaurer des espaces communs et de lien social , reapprendre à faire ensemble ….l’énergie est là.

        Ceci dit j’ai du respect et de la curiosité pour tout ceux qui explorent les possibles. Notamment l’action par les idées sur ce blog.

        Voilà. …

      6. Pierre-Yves, mon but n’est pas de diviser, puisque, au contraire, j’appelle à une sorte d’union, pour prendre le pouvoir en France. Je voulais juste mettre l’accent sur 2 points qui résument un peu ma vision des choses :

        1 – La nécessité de prendre le pouvoir, et donc de s’unir au préalable, faute de quoi nous resterons spectateurs de la fin du capitalisme jusqu’au bout de sa logique, lorsqu’il imposera une contrainte totale sur l’Homme et l’environnement.

        2 – Que pour arriver au pouvoir, il faut donner d’abord confiance et ensuite envie. Et c’est d’autant plus difficile lorsqu’il s’agit de révolutionner l’économie, parce que les gens sont sceptiques, et qu’ils gardent en mémoire les illusions perdues et les violences du communisme. Et donc il me paraît impératif de ne pas se rajouter un fardeau supplémentaire, en menant des actions violentes, ou en foulant du pied la loi ou la démocratie. Ce serait un très mauvais calcul…

      7. Thomas : « Mon point de vue est que le capitalisme ( les avions et les lamborghinis ) fait plus pour son effondrement que tous ses ennemis réunis. Partant de là je suis plus dans la construction de la suite que la lutte ou même le militantisme »

        « Laisser faire laisser aller » l’effondrement ? Est ce que ton nihilisme ne rejoindrait pas le capitalisme dans ses objectifs (ou plutôt dans son absence d’objectifs) ? « Laisser faire, laisser aller », c’est la devise même du capitalisme. Si tu veux de l’effondrement, tu vas être servi, c’est sur des rails. Lorsque les gens se jetteront les uns sur les autres, il y aura du spectacle en effet. Invites moi, on regardera ça sur BFM entre deux pubs pour Lamborghini ! Je blague amicalement, mais tu devrais y réfléchir…

        Je clos le sujet, je crois qu’on a tout dit…

      8. vincent
        Te laisse pas avoir par l’idée selon laquelle les zadistes seraient violents. Il y a sans doute quelques excités parmi eux, mais l’immense majorité est pacifique et n’a fait que se défendre, et pour finir, s’est même résolue à un compromis. Le rapport de force était de façon écrasante en faveur de la gendarmerie sous la responsabilité de Collomb et avec la bénédiction de Hulot. Inutilement, des huttes, souvent très belles, mais inoffensives, ont donc été détruites, pour l’exemple. Parce qu’il fallait tuer tout espoir, pensent-ils, que le début du commencement d’un monde alternatif, gratuité comprise, puisse surgir en quelque endroit de France. Quant au fameux référendum il eut la taille voulue pour obtenir le résultat escompté. La décision de construire cet aéroport devait intéresser non seulement la population locale, mais aussi aussi toute une région, qui n’a pas été consultée que je sache. Te trompe pas d’adversaire, les ennemis de la démocratie ne sont pas à Nd des Landes ni dans le Triangle de Gonesse, ils sont aux manettes. Je suis d’accord il y a un travail patient de sensibilisation, d’éducation, indispensables pour faire évoluer les choses de façon pacifique. De même je pense comme toi qu’il n’y a pas à rejeter les institutions a priori, car il y a toujours quelque chose à y faire, mais cela ne doit pas nous empêcher de penser et d’agir hors d’un cadre de la démocratie représentative qui a trouvé ses limites, notamment depuis la crise de 2008, après laquelle rien sur le fond, n’a été changé. Relis Thoreau, les plus grands pacifistes, qui pour pacifistes qu’ils étaient savaient dire non quand et où il le fallait avec des moyens qu’aucune autorité n’avaient à leur imposer, puisque ces autorités avaient failli.

      9. Vincent

        Tu parles d’unir, et toute ton énergie est consacrée à prouver que j »ai tort et que tu as raison.

        Cette question n’a pas d’intérêt

        Tu n »as pas fini d’être seul.

        Mais bonne route !

      10. C’est noté Pierre-Yves. Je ne suis pas totalement convaincu, mais j’ai peut-être quand même un peu préjugé des choses… je vais bientôt ajouter un formulaire pour collecter facilement des contacts sur findutravail.net, j’espère que vous vous y inscrirez nombreux. Mon idée c’est d’expliquer le principe des grains de riz sur l’échiquier. Si chaque personne décidée à agir, a la discipline d’en convaincre 2 en un mois, il suffit de 25 mois pour être 33.5 millions. Ce genre de calcul est toujours facile à faire, mais c’est pour dire que ça peut aller vite…

        amitiés

      11. Thomas, je t’ai dit les choses comme je les ai pensées…et ça ne t’aurait pas blessé si tu n’avais pas senti que j’avais un peu raison. Ca fait toujours un peu mal de se rendre compte qu’on se trompe, et j’ai aussi le chic en discutant, pour me mettre tout le monde à dos. Ceci dit, si tu restes dans ton coin en spectateur, ce n’est pas moi qui sera seul, c’est la cause que tu poursuis, et qui a besoin de toi, avec d’autres… amicalement

      12. findutravail.net

        Alors que précisément il faut reconstruire ce qui a était saccagé par le je m’en foutisme libérale ?

      13. Vincent / PYD
        Je suis localisé entre Bordeaux et Bayonne dans les Landes, demandez mon mail à Paul et si vous passez par là je vous ferai visiter, ni une zad boueuse, ni un échiquier plein de riz, mais encore autre chose… 🙂

      14. Merci Thomas ! J’en avais déjà eu l’idée, de demander ton mail à Paul, tellement je me sens en phase avec toi. Je le ferai donc, même si tu habites un peu loin pour moi. J’habite Bruxelles, et déjà, NDDL, c’est à 700 kms de chez moi, et toi tu habites encore plus loin ! Si tu passes par chez moi, je pourrai aussi te montrer quelques petites choses, mais beaucoup beaucoup plus modestes que la sublime tentative de Notre-Dame des Landes !

        Le débat a l’air presque fini (de toutes façons, ce n’est que temporairement) mais j’ai encore quelques petites choses que je voudrais dire.

        Tout d’abord à propos de cette réflexion de Pierre-Yves : « Le rapport de force était de façon écrasante en faveur de la gendarmerie sous la responsabilité de Collomb et avec la bénédiction de Hulot. Inutilement, des huttes, souvent très belles, mais inoffensives, ont donc été détruites, pour l’exemple. Parce qu’il fallait tuer tout espoir, pensent-ils, que le début du commencement d’un monde alternatif, gratuité comprise, puisse surgir en quelque endroit de France. Quant au fameux référendum il eut la taille voulue pour obtenir le résultat escompté. La décision de construire cet aéroport devait intéresser non seulement la population locale, mais aussi aussi toute une région, qui n’a pas été consultée que je sache. Te trompe pas d’adversaire, les ennemis de la démocratie ne sont pas à Nd des Landes ni dans le Triangle de Gonesse, ils sont aux manettes. »

        C’est exactement ça que je voulais dire !!! Je plussoie en applaudissant des deux mains et des deux pieds ! Et ce qui m’effraie, au passage, c’est que des gens intéressés par l’écologie (et par d’autres sujets connexes comme la fin du travail, je cite un sujet au hasard bien sûr 😉 ) ne voient pas ça, que ça ne leur saute pas aux yeux comme ça a sauté aux miens. J’ai parfois l’impression de défoncer des portes ouvertes, mais elles ne sont pas forcément si ouvertes que ça finalement.

        A présent pour Vincent.

        « Je vais bientôt ajouter un formulaire pour collecter facilement des contacts sur findutravail.net, j’espère que vous vous y inscrirez nombreux. Mon idée c’est d’expliquer le principe des grains de riz sur l’échiquier. »

        Je vais probablement signer ce formulaire (ça dépendra bien sûr de ce qu’il y a dedans 😉 mais je sais que la question du travail est centrale dans le problème), mais vous n’obtiendrez certainement pas cet effet « grains de riz sur l’échiquier », à mon avis, sans un changement de regard radical sur ce (et ceux) qui n’est (ne sont) pas vous.

        « (…) et ça ne t’aurait pas blessé si tu n’avais pas senti que j’avais un peu raison. Ca fait toujours un peu mal de se rendre compte qu’on se trompe… »

        Je ne suis pas Thomas, mais à sa place, j’aurais envie de vous en coller une. (Même n’étant pas lui, j’en ai envie en fait, et je ne dois qu’à ma douceur et mon pacifisme légendaires, un tout petit peu aidés par la distance géographique il est vrai, pour me retenir cette fois-ci.) NON, Vincent, on peut être fâché parce qu’on se rend compte que notre interlocuteur se fourvoie avec obstination !

        « …et j’ai aussi le chic en discutant, pour me mettre tout le monde à dos »

        Ceci ne m’étonne pas outre mesure.

        « Ceci dit, si tu restes dans ton coin en spectateur, ce n’est pas moi qui sera seul, c’est la cause que tu poursuis. »

        Je vous en colle « virtuellement » une deuxième (et que c’est bon de pouvoir dire ça en toute impunité ! 😉 ) parce que par cette dernière phrase, qui se voulait conclusive, vous démontrez que vous n’avez encore compris que pouic à ce que Thomas, Pierre-Yves et moi-même avons essayé de vous transmettre avec beaucoup de patience, d’énergie et de temps. Heureusement, vous n’êtes pas le seul à nous lire.

        Au plaisir !

      15. @Thomas et les autres :

        Vous auriez du commencer par là , mais il faut ce qu’il faut pour vraiment « s’entendre » .

        Quand vous serez tous réunis , pensez aux vieux qui ne peuvent trop se déplacer et prenez un selfie !

      16. Vincent, Thomas, Olivier, Juannessy
        Idem, si vous passez par la capitale n’hésitez pas !
        Ce pourrait être un bon compromis pour un mini rassemblement général 🙂

      17. Merci, c’est noté, Pierre-Yves !

        Mais c’est ce que je disais aussi : si vous passez par la capitale… La capitale de l’Europe, évidemment ! 😉

        Et au passage, je remercie chaleureusement Vincent (si, si) de m’avoir donné l’occasion de dire ce que j’avais sur le coeur à propos de NDDL, depuis… eh bien, depuis le 9 avril. Ça fait quasiment deux mois maintenant ! Et aussi, de me permettre de faire de belles rencontres.

        Finalement, les belles rencontres, n’est-ce pas cela le plus important ?

        A la santé de Juan !

  2. En 1940, les plus jeunes hommes, comme nos pères ou grand-pères, allaient au combat avec, pour ce qui était des troupes belges, plus ou moins d’ardeur, les reconnus les plus acharnés constituaient les 2 divisions de chasseurs ardennais. Quant aux populations les plus âgées, ils fuyaient les hordes germaniques ; ils ont été près de 10 millions de Belges, Français du nord, Luxembourgeois, cédant à la panique, à s’être jetés sur les routes ; c’étaient les migrants de l’époque.
    Quant au cas des rencontres fortuites de néandertaliens et sapiens, à quelques exceptions marginales, cela a du se passer avec peu d’empathie mais plutôt sur le mode violant ou de domination ; il n’est que voir ce qui s’est passé aux Antilles avec les populations noires et blanches, le métissage ayant abouti à une nouvelle race hybride a surtout été le fait des dominants blancs sur les dominés noirs…

    1. @ Tout me hérisse
      Comparaison n’est pas raison.
      De la nature des rencontres entre Sapiens et Neandertal on ne sait quasiment rien.
      S’il y a bien quelques traces probantes de conflits ayant entrainé mort violente durant la préhistoire, bien malin celui qui sait qui a fait le coup !
      https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_2001_num_98_2_12509

      « le métissage ayant abouti à une nouvelle race hybride » – je vous cite.
      Prière d’apporter des éclaircissements sur le concept, svp.
      http://profsvt71.e-monsite.com/medias/images/diapositive47.jpg

    2. Gasp ! « nouvelle race hybride »… Euh, à priori depuis la disparition de Néandertal, reste plus que Sapiens.
      Quant aux « migrants de l’époque », c’étaient plutôt des réfugiés, comme aujourd’hui d’ailleurs…

    3. Quand sapiens et Neandertal et Sapiens se sont rencontrés (-50.000 à -28.000), la révolution néolithique n’avait pas encore eu lieu et les homos (au sens de l’espèce) n’avaient pas encore inventé villes, propriété, argent… L’agressivité était donc sans doute bien moindre, sauf en cas de lutte pour un espace (de chasse) vital. Ce qui est intéressant, c’est que les scientifiques, jusqu’à la preuve de l’hybridation des 2 sous-espèces par l’ADN, aient postulé l’anéantissement de l’une par l’autre. Cela en révèle beaucoup sur… l’idéologie des dits « scientifiques ».

    4. Tout me hérisse.

      Nouvelle race hybride….attention, même si ça vous hérisse, il y a peut de chance que vous n’en soyez pas….

      Quand à l’empathie et la tendresse il y a 50 000 ans, pourquoi pas ?

      Une fois mis à plat les codes de l’époque et ceux d’aujourd’hui, j’imagine pour ma part que le niveau de « sauvagerie » n’a pas du trop bouger….

  3. Moment opportun pour poser la question :
    http://www.museedelhomme.fr/fr/visitez/agenda/exposition/neandertal-expo
    https://www.inrap.fr/en-2018-une-saison-prehistoire-ancienne-l-inrap-13534

    Sinon pour l’issue de la rencontre fortuite, disons qu’elle dépend de la durée précédente d’abstinence et des frustrations qu’elle peut engendrer 🙂
    Et un peu aussi des atours de la dame :
    https://storage.canalblog.com/46/90/1290174/119618911.png

    1. Comme elle est peinte là la dame, même si ce n’est pas Charlize Théron, ça m’étonnerait que ça n’aurait donné qu’un seul bébé métis tous les deux mille ans ! Il devait y avoir autre chose. Ceci par exemple :

      Rappel (à titre de comparaison) :

      1. Bon.
        Du coup, je ne suis pas sûr du sens de l’interrogation « Et si », ni de votre réponse à mon commentaire.
        Où voulez-vous en venir ?

      2. Peut être que l’autre chose se situe plus du côté de ce qu’aurais pensé la dame en bleu : male ou mari ? J’ai comme l’impression que la masse musculaire et la hauteur du centre de gravité la donne gagnante dans 80% des cas et dans les 20% qui restent c’est encore elle qui aurait eu le dernier mot quand à l’avenir de la progéniture engendrée. 😉

      3. En parlant de choses peintes, on peut regarder de ce côté, ce patrimoine d’images est d’une richesse à la hauteur de l’imaginaire.
        Depuis l’histoire de « Lot et ses filles » nous avons une petite idée du pouvoir du dieu bacchus et du pouvoir de l’ivresse comme ingrédient du passage à l’acte.
        Petit hommage, en images :
        http://www.interbible.org/interBible/decouverte/insolite/2011/insolite_110408.htmlhttp://www.societe-cezanne.fr/wp-content/uploads/2013/11/R076-Lot-et-ses-filles-c65-ou-plus-tôt.jpg
        http://www.thearttribune.com/IMG/jpg/Poussin_Bacchus_Peinture.jpg

        Je sais plus qui a dit que si les poètes n’avaient pas parlé d’amour, l’amour n’existerait pas. Sincèrement, sans les troubadours et trouvères le flirt ne serait pas ce qu’il est.
        La publicité la fort bien compris.
        https://www.youtube.com/watch?v=2sHHpILIM9k&feature=youtu.be

  4. Poser la question comme vous le faites semble supposer que la décision de l’échange reposait uniquement sur les épaules de l’homme sapiens et de sa condescendance à bien vouloir considérer la néandertalienne comme une femme et à daigner l’honorer en conséquence. Une sorte de double présupposé de supériorité en tant que sapiens et en tant qu’homme. En fait, si ça se trouve, les hommes sapiens étaient très demandeurs de ces rapports mais se prenaient des râteaux auprès de néandertaliennes capables de se défendre. Apparemment, le dimorphisme sexuel chez les néandertaliens était semblable à celui des sapiens, mais qu’en était-il entre femme néandertalienne et homme sapiens, les néandertaliens étant réputés robustes et musclés ? Si ça tombe, les hommes sapiens n’arrivaient pas à pécho de la néandertalienne, et ce sont surtout des échanges entre hommes néandertaliens et femmes sapiens qui ont eu lieu. Bref, tout ça reste tellement hypothétique. Encore que l’ADN mitochondrial transmis par la mère pourrait donner des indices, je n’en sais rien.

    1. @ Marcel
      La réponse pour l’ADN mitochondrial dans l’article de Wikipedia en lien plus haut (en l’état actuel de la recherche). Extrait:

      « Aucun indice d’ADN mitochondrial néandertalien n’a été trouvé chez l’humain moderne12,13,14. Ceci indique que l’hybridation réussie avec les Néandertaliens se déroulait paternellement plutôt que maternellement du côté des Néandertaliens15,16. Une des hypothèses possibles est que l’ADN mitochondrial néandertalien portait des mutations néfastes qui conduisait à l’extinction du porteur, que les hybrides issus des mères néandertaliennes étaient élevés dans les groupes néandertaliens et s’éteignirent avec eux, ou que les femelles néandertaliennes et les mâles sapiens n’avaient pas de progéniture fertile15. L’absence de preuve d’ADN mitochondrial néandertalien chez les humains modernes ne discrédite pas la théorie de l’hybridation. En effet, une étude a produit en 2012 un modèle qui a démontré qu’une croissance exponentielle est compatible avec la survie d’un seul ADN mitochondrial ou une lignée de chromosome Y, si le taux de croissance est dans un intervalle étroit et supercritique. Par conséquent, même si les Néandertaliens et les Africains modernes appartenaient à la même population hybride et même si la population pouvait croître exponentiellement à un taux réduit, le résultat le plus probable serait toujours que tous les humains descendent d’une seule femme (ADN mitochondrial – Ève mitochondriale) et d’un seul homme (chromosome Y – Adam Y-chromosomique). Le modèle estimait qu’il n’y a que 7 % de probabilité pour que les humains puissent avoir soit l’ADN mitochondrial, soit le chromosome Y d’origine néandertalienne17. »

      Dimorphisme sexuel. Un illustrateur en a caricaturé les extrêmes (pas toujours de très bon goût, mais lâchons nous avant que l’Anastasie des temps modernes fasse son œuvre)
      https://www.dessinoriginal.com/852/albert-dubout-le-fou-dessinant.jpg

    2. Dans le cas de nos amis équidés :
      « Les mulets sont le plus souvent stériles. En cinq siècles, la société muletière britannique n’a enregistré que 60 naissances naturelles dues à des croisements spontanés entre mulets4, ce qui montre la marginalité du phénomène et la quasi impossibilité en pratique de créer une nouvelle espèce commercialement viable pour les éleveurs. »

      Ca nous fait 240 naissances sur 2000 ans, si on intègre la mortalité infantile (s’entendant de la naissance à la maturité sexuelle) de l’époque, le ratio 1/240 n’est pas du tout extraordinaire.

  5. Même si nous pensons pouvoir disposer de notre libre arbitre le plus souvent possible, nous évoluons dans un espace-temps limité.
    C’est le lot de chacun.
    Peu parmi nous sont allés sur la lune, pourtant, nous nous surprenons chaque jour de ce que l’on découvre , petits riens ou soucis plus sérieux qui tombent à l’improviste.
    Etendre ses limites, comme vous le faites en supposant d’improbables rencontres c’est un peu ce que font les poètes, les musiciens ou les peintres mais pas seulement eux. Lorsqu’on entreprend cette démarche, le premier acquis est l’émancipation.
    On voit par soi-même. Et là tout commence.

  6. Merci Paul!
    Votre pensée du jour m’a poussé à m’intéresser à notre lointain cousin…
    J’ai lu un dossier sur le sujet sur le site de Futura Sciences (toujours mieux que Wiki, on est d’accord! ;-.) que j’ai trouvé passionnant.
    Il parle d’une étude de l’Institut Max Planck de Leipzig avec l’Université de Californie qui aurait démontré que nous avions 99,7% de gêne commun avec les Néandertaliens!!!!!!!A ce taux là, il est fort probable que nous n’avons pas fait que nous raconter nos histoires de techniques de chasses quand nous nous rencontrions ……Ah, si les grottes pouvaient parlé…
    En tout cas, j’ai aimé la fin de dossier et je ne peux pas m’empêcher de vous en rapporter le final magistral.
    « Alors que les Néanderthaliens sont, en quelque sorte, réhabilités, il faut se garder d’un autre écueil, qui consisterait à les considérer comme supérieurs. Ils n’étaient ni inférieurs, ni supérieurs à nous : ils étaient simplement différents, ni des brutes épaisses, ni des « bons sauvages » ! Certains s’interrogent : avec toutes leurs capacités physiques et cognitives, pourquoi a-t-il disparu ? À quoi je répondrai : ils ont vécu près de 300.000 ans, et nous, combien de temps vivrons-nous ? »
    Oui Paul, et nous, combien de temps nous reste t-il à vivre????Pauvre Homo Sapiens que nous sommes!
    C’est dommage que l’on n’enseigne pas ardemment l’histoire de notre frère Néandertalien, parti d’Afrique ,comme nous mais avec un temps d’avance, coloniser l’Europe en particulier et aujourd’hui disparu. Il a rejoint la longue, longue, longue, liste des espèces disparus qui ont eu le privilège, le temps de quelques millénaires, de jouir des bienfaits de notre si belle Terre.
    Dossier complet: https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/prehistoire-etait-neanderthal-1334/

  7. Pas trop compris la référence à Abraham qui a quand même commencé sa vie de couple en épousant sa demi sœur .

    Pour ce qui est de passer de la femelle à la femme, qu’elle soit de Cro-Magnon , de Neandertal , voire autre, j’imagine que ça a été une longue quête ( pas forcément terminée ) qui suivait un peu le même parcours que le soin aux blessés , l’enterrement des morts , le soin des enfants ,l’agriculture , la sédentarisation , la constitution puis l’abandon du « cheptel » féminin ( c’est pour vérifier si Jducac nous suit encore ) , les arts…bref toutes choses qui réclament largement plus que 77 générations .

    L’âge de celui qui se pose ces questions inquiètes , n’est pas forcément étranger à l’appréciation de la réponse .

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19457644&cfilm=738.html

      1. Le complément était une redite !

        Je vais me coucher , d’autant que j’ai fait l’effort d’aller écouter Michel Barnier parler cet après midi du Brexit et de l’Europe , pendant plus de deux heures , et que ça n’est plus de mon âge ou de mes forces .

        Au passage , je n’ai rien retenu de révolutionnaire ,ce qui aurait pu pourtant être le cas , car l’orateur entame son speech sur l’alerte contre les inégalités de richesses dans le monde ( ce qui me paraissait une excellente entame ) pour terminer sur une mise en cause de « l’ultra-libéralisme » comme ferment de la montée de l’insatisfaction populaire … mais visiblement pour considérer qu’il a contribué à régler ce problème avec les 41 lois de régulation qu’il a « fait voter « .

        Je crains que , si la réorientation du projet européen se confirme dans le sens où il l’a implicitement décrit
        ( protection – aux frontières ?-, sécurité – terrorisme?-,investissement dans les nouveautés numériques pour l’entreprise et la formation ) , l’outil européen indispensable pour assurer notre souveraineté , ne résiste qu’avec peine aux assauts de Trump , de Farage et des populistes de gauche et de droite , dans un environnement de Chine qui sera de plus en plus tentée de se partager le monde avec l’oncle Sam , ou de Russie continuant à jouer de ses ressources et territoires pour sauvegarder une position de franc tireur dangereux .

        Retenu à son actif que Michel Barnier , comme Paul Jorion , ne confond pas populisme et force populaire ,.

        Mais si les candidats pour les européennes 2019 ne savent pas comprendre que l’Europe ne sortira pas de l’ornière marchande par le protectionnisme et l’efficacité des forces de sécurité , mais plutôt par la réduction des inégalités dans chaque nation , dans l’espace européen , et dans le monde , on risque de retrouver au PE plus d’eurosceptiques que de véritables progressistes .

        On n’a pas l’adhésion des cœurs , digne d’un vivre ensemble , par la parade mécanique ( aléatoire d’ailleurs ) aux peurs , même si ça peut faire gagner l’élection du moment .

        L’espoir Europe , ce doit être un « esprit » Europe , qui n’a pas manqué d’écrivains , de penseurs , de philosophes , d’enseignants , de travailleurs de tous métiers , de paysans , d’ingénieurs ,de juristes , d’inventeurs …pour lui donner des traductions dans toutes les langues :

        Liberté , Egalite , Fraternité étendue au vivant .

      2. Barnier, Bonlieu 01/06 18h;

        J’y étais aussi, stylo en main.
        Je n’arrive pas à décanter. Beaucoup trop à dire. Les à-côtés ne manquaient pas de saveurs.
        Pourriez-vous faire un résumé?

      3. @Daniel :

        C’est ce que je croyais avoir fait . Sans note et sans stylo . Lancez vous avant l’article de presse traditionnel dans le Daubé .

        Les « à cotés » ne m’ont pas paru signifiants dans un discours qui restait ( forcément ) très convenu .

      4. Je vais être cruel… juste pour masquer mon incapacité à en tirer des observations/réflexions valables, à mon sens:
        Votre « résumé », vous l’avez pompé sur le Daubé?

        Y’a des jours, et des jours, sans.

      5. Je ne pense pas que le Daubé soit déjà imprimé à l’heure où j’ai transcrit ma « synthèse » .J’ai d’ailleurs vu que l’écho de ce matin se limite à une photo et une dizaine de lignes . Les journaleux de service sont décidément encore plus fatigués et nuls que moi . A moins qu’ils attendent plus « d’indications » pour un compte rendu plus fourni ultérieur .

        Si vous continuez à décanter , vous finirez bien par rentabiliser votre présence dans l’assistance .

        Dans mon ressenti , au niveau de ce que je place quand même dans les choses non porteuses , j’avais aussi noté l’anecdote d’une très récente rencontre Barnier- Farage lors de laquelle ce dernier semblait se dédouaner des , sinon regretter les , fausses informations véhiculées lors de sa campagne pro-brexit , et surtout , devant le plus gros intérêt manifesté par Barnier sur la future relation UK-EU , la déclaration de Farage qui lui aurait dit :  » mais ,il n’y aura pas de relation UK-UE dans trois ans …car il n’y aura plus d’Europe. »

        Dans ce sens les assauts de Trump , qui envoie ses émissaires faire les yeux (économiques) doux aux britishs , de Poutine , et des eurosceptiques de droite et de gauche ( bien aimé l’allusion de Barnier qui met dans le même sac Wauquiez , Marine et Mélenchon ) donne cependant des raisons d’espérer à Farage .

    1. @Juannessy
      J’ai apprécié et apprécie encore beaucoup ce film de J.J. Annaud, mais pour ce qu’il est : un film qui parle plus de notre imaginaire de la préhistoire que de la réalité (un bien grand mot d’ailleurs tant les zones d’ombres sont encore importantes). Excellent acteur Ron Perlman quand il ne joue pas dans des blockbuster hollywoodiens.

      1. Mon « on s’y croirait » (plus bas pour cause de hiérarchisation des commentaires) porte sur le film. Mais, bien d’accord avec toi Arkao : on s’y croirait parce qu’il est un miroir de nos fantasmes ! 😉

      1. @PYD :

        C’est le principal et merci de l’info .

        Mais , comme je l’ai senti , Vigneron n’avait pas besoin d’être accepté pour défendre ( avec talent et arguments ) une opinion , macronienne ou pas , et au contraire le clic clac des épées le stimulait .

        S’il s’absente volontairement , c’est qu’il a du renoncer à quelque chose , pas forcément à convaincre .

      2. Juannessy
        Bien vu.
        Je faisais du mauvais esprit, la cause réelle du départ de vigneron je l’ignore.

        Je ne suis certain d’ailleurs qu’il s’y retrouve avec le Macron actuel, car ce dernier n’est pas vraiment l’héritier de Rocard qu’il était supposé être …

    2. Là , c’est sur, Jducac est soit :

      – mort ou malade ou empêché ,
      – en abandon du blog ,
      – en train de changer d’opinion ,
      – autre

      J’ai les mêmes interrogations pour Vigneron à qui je serre la paluche s’il n’est pas mort , et si Gudule , à laquelle je l’avais subrepticement uni n’est donc pas veuve virtuelle .

      1. Oui Juan, je me suis dit la même chose: si Vigneron n’intervient plus sur le blog, c’est qu’il est mort… ou en tout cas, solidement empêché !

        Vigneron, si tu nous lis, je t’en prie (!), un signe de toi ! Pouvons-nous encore croire en toi si tu ne te manifestes pas ?…

      2. Juannessy

        vigneron a juste décliné l’offre qui lui était faite de devenir le porte parole officiel d’Emmanuel Macron sur le blog. 😉 Sage décision ! Il y a maintenant Griveau pour ça, qui n’arrive pas à la cheville de vigneron, mais ça c’est le problème de Macron.
        Juannessy, je sais de source indirecte qu’il n’est pas mort, Dieu soit loué.

  8. La réflexion de Paul est en trois parties, toutes aussi interpellantes chacune. « Est-ce qu’en mai 1940 j’aurais sauté sur un vélo et parcouru 70 km ? » . Vise-t-il l’impulsion ou l’engagement (dans la fuite) ? Posons la question autrement : « Est-ce qu’en 1936 j’aurais rejoint les brigades internationales en Espagne ? » Engagement (plus évident) ou impulsion aventureuse… Mais l’important est la réponse adverse : « non, je me sentais plus engagé à rester agir sur place, résistant avec d’autres ». Et enfin l’alternative : « pas fou, pour vivre heureux vivons cachés, surtout dans cette période d’arrangements entre amis d’un soir ». Dès mai 1940 en Belgique, il y a eu des résistants de 15 ans…
    En deuxième partie, Paul affirme que « la mosaïque des réponses que l’on se donne à ces questions hypothétiques » »à travers l’image qui se compose petit à petit  » « contribuent quand même à forger la personne que l’on deviendra », mais ce sont des fictions bien entendu. Je suis étonné que les hypothèses fictionnelles auraient autant ou plus de poids que « le roman que je bâtis à partir de ce que je suis le seul a avoir ressenti de ce que moi et mes proches nous avons vécu en commun » (je vous donne mon mémo caricatural de Lacan pour ce qu’il vaut).
    En troisième partie, Paul nous emmène dans une hypothèse la plus abstraite possible, où en homo sapiens perdu au volant de sa décapotable, il rencontre une néandertalienne faisant du ‘stop. (« Je remontais là-haut dans le brouillard, elle descendait dans le midi-i-i ».) Bref une hypothèse improbable, car les uns et les autres vivaient en groupes socialisés.
    Et finalement, son message est que ce n’est que toutes les 77 générations que que l’un de nous peut considérer une femme comme une humaine égale à nous et non pas un animal qui ne nous arrive pas à la cheville.
    Non, ce n’est pas ce qu’il dit ? Mais finalement, il ne nous dit rien ou nous en dit trop et nous égare par ses messages sibyllins ?
    .

    1. @Chabian
      Il est possible aussi que nos capacités cognitives soient limitées par rapport à celle de PJ en raison d’un plus fort pourcentage d’ADN néandertalien 😉

      1. Comment c’est arrivé ? En fait, Paul Sapiens a décidé de quitter son groupe et de faire un peu de terrain. Il trouvait que ses congénères manquaient vraiment d’intelligence. « Oui, va faire un tour au lieu de nous faire l’article » lui a dit sa mère. Or donc, il rencontre plus loin un groupe de néandertaliens. Leur chef lui déclare : « en vérité je vous le dis, il n’est pas bon que le mâle soit seul ». Paul se dit : pas mal, je vais la replacer un jour, celle-là. Mais il est tout surpris de voir que le chef lui offre sa fille et il comprend vite qu’il n’est pas question de refuser (son apparence n’entre pas en jeu). Donc ils cohabitent et, tandis qu’elle est enceinte, ils retournent dans le groupe des Sapiens, car il veut présenter sa compagne à sa mère. Aussitôt, les mâles l’entourent : Comment tu l’as obtenue ? Je l’ai reçue. C’est pas vrai, on doit s’échanger les femelles à coups de gourdin, sinon c’est pas de jeu. Vous manquez vraiment d’intelligence ; on peut faire des échanges au travers d’une stratégie de don. Mais les sapiens étaient butés, et ils ont, à coup de gourdin, exterminé cette peuplade aux pratiques inacceptables. Finalement, le bébé est né, et son père Paul lui dit : je te nomme paul, toi comme moi. Et tu te nommeras Sapiens Sapiens, car deux intelligences valent mieux qu’une. Et ainsi naquit une lignée de PAuls. Leur devise était : le dernier qui s’en va devra nous mettre en lumière !

    2. C’est un sentiment et expérience que j’ai souvent eu comme chef de service : quand on vous prend en arbitre d’une sujet indémerdable où tout le monde s’étripe , il suffit de lâcher la première idée qui vous passe par la tête , mais sous une formulation assez sibylline .

      Si , comme c’est vraisemblable , vous ne saviez pas vous même ce que vous affirmiez , dans les 24 heures qui suivent , vous avez une kyrielle de traductions circonstanciées de votre  » pensée » ( souvent contraires !), avec des développements parfois délirants mais souvent géniaux , parmi lesquels vous pouvez vous faire une opinion vachement enrichie .

      Et l’asséner à ce moment là comme la seule bonne parole que vous aviez désiré porter .

      Il ne faut pas en faire une règle , mais parfois ça soulage .

    3. « pas fou, pour vivre heureux vivons cachés, surtout dans cette période d’arrangements entre amis d’un soir »

      C’était l’oncle Martin, c’était l’oncle Gaston
      L’un aimait les Tommies, l’autre aimait les Teutons
      Chacun pour ses amis, tous les deux ils sont morts
      Moi qui n’aimais personne, eh bien je vis encore…

      https://www.youtube.com/watch?v=Qgm9oy5ZPwk

  9. La projection dans des futurs improbables (mais exigeants : défi chevaleresque, amoureux, artistique) constitue un pendant du rire : nos machines neuronales à faire du futur prévisible (à remettre en place à partir de et autour de l’étroit « regard » de la conscience un récit du futur articulé avec celui du passé) ont de fortes chances d’arrivée en impasse dans bien des cas.
    Un cas très générique d' »impasse » a été « prévu », du moins a-t-il convergé vers une figure connue de l’homme : le rire, qui décore toutes les associations saugrenues qui émergent du bouillon, et en a quelques unes des caractéristiques : acide ou caustique, « delicious » ou delightful.
    Ce dont nous rions et comment nous rions en disent autant dans notre construction que ce sur quoi nous nous projetons. Rimbaud s’est souvenu du moment où l’apparence des deux est semblable, avant que l’on se fie davantage aux séquelles du [chevaleresque/amoureux/intellectuel sublimant] dans son auto-édification : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans »
    Sans doute avait-il pris de la graine d’un Juannessy un jour de sybillitude ?

    1. En tous cas , les sybilles étaient des femmes ( ou des femelles , allez savoir ? ) et faisaient largement concurrence à Paul Jorion en matière de prophéties ( parfois risquées ) .

      Sans avoir lu « défense et illustration du genre humain » .

      1. @Juannessy
        2 JUIN 2018 À 0 H 41 MIN

        Oui Juan, d’ailleurs un afflux sanguin massif aux extrémités fait parfois des merveilles, youpi, et ce quelque soit la nature du sexe qui y consent, isn’t it ?
        A l’envers c’est pas mal aussi.

        Enjoy ! 😉
        https://blogs.mediapart.fr/56140/blog/310518/numericus-circus-2-0

        ET

        Sisters are doing it for themselves.

        Féminismes et ARTivisme dans les Amériques, XXe-XXIe siècles

        « Le mouvement des femmes est pluriel et ancien. Or, la diversité des voix et des modes d’action au féminin, dans le temps et dans l’espace, ont souvent été occultés. Comme dans d’autres domaines de pensée et d’action, les théories et les manifestations occidentalo-centrées ont été les plus visibilisées. Ces dernières se sont vite imposées comme universelles. Les théoriciennes reconnues ou de la périodisation du féminisme en « vagues » ne concernent qu’un groupe de femmes, plutôt blanches et de classes moyennes et supérieures. Toutefois, d’autres formes d’expression et d’action se sont développées de manière tout aussi ancienne. Ainsi, le féminisme africain-américain remonte au XIXe siècle et s’inscrit dans le mouvement plus large en faveur de l’abolition de l’esclavage. Dans l’Amérique dite ibérique, l’organisation politique des femmes noires est plus tardive, mais des travaux récents soulignent l’agency des esclaves et l’insoumission au féminin. Quant aux femmes indiennes, leur participation politique au sein des communautés est importante depuis l’époque coloniale, comme l’atteste l’action centrale de Gregoria Apaza, Bartolina Sisa et Micaela Bastidas dans la révolution de Túpac Amaru II (1780-1782). »

        « Les formes d’organisation des femmes racisées doivent néanmoins être appréhendées en tenant compte du contexte historique et social dans lequel elles se déploient. Les systèmes d’exploitation coloniale (plantocratie, esclavagisme, latifundisme) ont conditionné les modalités d’association américaines. Le contrôle et la répression exercés tout particulièrement sur le corps des femmes noires et indiennes ont longtemps limité les possibilités de réunion et d’engagement politique. Survivre en dépit des oppressions a été le travail à plein temps d’un grand nombre de femmes. Les luttes n’ont pas été absentes pour autant. Celles-ci ont cependant été plutôt autonomes, multiples et variables dans le temps et dans l’espace. Elles n’ont pas donné lieu à la création de mouvements globaux. Cette histoire particulière explique également l’apparent « retard » dans l’intégration de leurs actions dans l’histoire. C’est la raison pour laquelle il faut réévaluer la place et la contribution de ces mouvements dans le champ académique, ce à quoi veut contribuer ce numéro de revue. »
        https://blogs.mediapart.fr/anouk-guine/blog/010618/feminismes-et-artivisme-dans-les-ameriques-xxe-xxie-siecles

      2. Ça alors , je parle de Gudule et elle sort du bois !

        S’agissant de la considération portée aux femmes , j’ai déjà cité que j’avais été profondément intrigué , dans mes pérégrinations des années 60 , par la différence entre la position des femmes gabonaises qui n’hésitaient pas à montrer qu’elles existaient , quitte à cogner leur mari ( cas vécu plusieurs fois , et comme ce sont elles qui travaillaient aux champs , ce sont elles qui avaient le bon swing ) , et celle des femmes algériennes qui n’avaient à l’époque pas le droit d’assister à un repas , même voilées , si un étranger à la maison y participait , et restaient sous tutelle complète du mari et de la famille .

        Vive l’Afrique subsaharienne !

      3. @Juan

        Mdrr, que nenni preums ! On s’est croisé , youpi !

        Donc, il y a des communautés matriarcales, oui et pas seulement en Afrique. Les mamas envoient du bois, c’est vrai, et elles peuvent être très convaincantes, j’aime bien les panthères, no problemo, mais j’ignorais que certaines pouvaient aller jusqu’à « tataner » leur « doudou »…, bigre !

        Clair, à ce titre, comment une gamine peut-elle se défendre quand elle refuse les coutumes et les mutilations physiques au nom de la « tradition » ?

        Bref la mama, je la préfère très largement en « version » solaire, riche et lumineuse, énergie de folie yep, chaleureuse, chantante ou pas, émancipée et bienveillante….
        ou en danse afro yep le pied !

        Fascinante Afrique !

        https://www.youtube.com/watch?v=_63BXwFs11A

        https://www.youtube.com/watch?v=E0BhNPiq78k&list=PLiX3oB1RnepcEyLtpoePqjJDXkpqZO5Zc

        https://www.youtube.com/watch?v=59Q_lhgGANc

      4. @Gudule :

        Oui , j’aime aussi l’Afrique , tout en préférant à vos liens ceux qui peuvent renvoyer à de plus authentiques et merveilleux ballets africains , nationaux ou pas , avec des artistes hommes et femmes incroyables de talent .

        Mes plus forts souvenirs de ce point de vue , sont les presque trois jours de danse non stop ou presque , dans un petit village gabonais près de Koulamoutou au Gabon , où j’étais à l’abri en attendant qu’un camion de service vienne me récupérer avec la land rover qui avait rendu l’âme . J’ai encore le tam tam dans l’oreille et le goût du vin de palme dans la bouche ( pas terrible mais c’est comme le whisky , après le deuxième verre , tout est bon ).

        Mais ce qui me rend définitivement amoureux de l’Afrique , c’est le souvenir toujours vivace de la petite gamine ( 8 ans ) du couple voisin de la case où j’étais basé , qui un soir où j’avais branché mon petit lecteur de cassette avec un enregistrement de musique congolaise et tambours sénégalais , s’est mise à danser de façon improvisée comme je n’ai jamais vu danser et s’exprimer qui que ce soit . Ce jour là , un peu comme en écoutant pour la première fois le jeune kazakh Dimash que je rappelais tantôt , je n’ai pas vu une femme , une fillette , encore moins une femelle . Je suis resté muet , sans remuer ni pieds ni pattes, pour ne pas rompre le charme . Il n’y avait pas de mots , pas de langue , juste la certitude que la vie était là , dans toute son insondable joie et finalité , et que cette gamine le « disait » comme je ne saurais jamais le faire .

        Et si c’était ça , ce qui change tout , plus que la comptabilité et l’IA ?

        Monde en danger à besoin de quelques anges avec ou sans sexe pour rappeler l’étoile du beau .

      5. @Juan

        « Il n’y avait pas de mots , pas de langue , juste la certitude que la vie était là , dans toute son insondable joie et finalité , et que cette gamine le « disait » comme je ne saurais jamais le faire .
        Et si c’était ça , ce qui change tout , plus que la comptabilité et l’IA ?
        Monde en danger à besoin de quelques anges avec ou sans sexe pour rappeler l’étoile du beau . »

        Je ressens profondément ce que vous exprimez et je suis très émue et vous voyez clairement et vous savez l’exprimer : la beauté claire et spontanée, naturelle, cette joie de vivre.
        Merci.

  10. C’est la récré, entre gosses (mâles).
    Les femmes seraient bien admises mais elles sont oubliées, comme toujours.
    Chère Madame néandertalienne…

  11. Finalement , même après pas mal d’avancées , les femmes ont aussi sans doute autant de difficulté être femelle ET femme , que …nous à être mâle ET homme .

    « Dabadabada … »

    Reste à trouver comment ces quatre états peuvent faire bon … ménage .

  12. @Juan

    je ne la connaissais pas, plutôt chouette cette nana !
    une autre facette :

    « Quelle place le féminisme laisse-t-il à la fragilité ? Comment assumer ses faiblesses à un moment où tout semble possible, ou chaque femme peut et doit s’imposer ? « On ne peut pas être à la fois mère, sainte, pute, fantasme et réelle, avance Clara. C’est trop. Nous sommes aussi des animaux. C’est ce que dit la chanson Drôle d’époque : accepter sa féminité, c’est un chemin que l’on parcourt tout au long de la vie. J’ai la chance de faire un métier où mes chansons se nourrissent de mes failles, donc je peux en faire une richesse. Mais je pense qu’il ne faut pas être intransigeant avec soi. On doit pouvoir parler de ses échecs et de ses réussites avec la même facilité. Et admettre que la fragilité puisse servir de terreau à la créativité. »

    « Une philosophie qu’elle-même met en œuvre petit à petit : « Il y a des moments où j’ai été très bas dans ma solitude, dans ma tristesse. Maintenant je les sens venir, je les reconnais et je me demande quoi en faire : je dessine, j’écris des chansons. Ça rend le truc supportable et, après, quand j’en ai tiré quelque chose, je suis fière de moi. » Alors merci pour Les Fleurs. Et plus encore, merci pour tout cela. »
    https://www.grazia.fr/culture/musique/clara-luciani-lafragilite-puisse-servir-de-terreau-a-la-creativite-885046

    1. @ P Jorion

      Goblekitepe : merci, superbe bas relief et sculpture monumentale aussi, entre autres, avec des animaux magnifiques et si expressifs, beaucoup apprécié, apparemment ils taillaient la pierre avec des outils en pierre (diorite ?), j’aimerais les toucher, les yeux au bout des doigts cool.

  13. Pardon de sortir des clous du billet .

    Message à Pierre :

    Je lis dans le courrier des lecteurs du Dauphiné Libéré de ce jour , un courrier signé d’ un Pierre d’Ardèche ( sujet les retraites ) qui semble être un concentré direct de ce qui se dit sur le blog . Il s’agit de vous ?

  14. Aujourd’hui, probablement, l’armée des ombres – aux multiples visages – cache soigneusement la méthode de son temps et ses tribulations. Car probablement encore, celle-là se créé en marchant, empruntant le chemin des possibles à mesure.

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