Les choses se précipitent… toujours davantage, le 24 août 2018 – Retranscription

Retranscription de Les choses se précipitent… toujours davantage. Merci à Eric Muller, à Olivier Brouwer et au retranscripteur Masqué !

Bonjour nous sommes le vendredi 24 août 2018. Hier j’avais fait une petite causerie qui s’appelait « Les choses se précipitent… ce n’est pas moi qui le dis ». Aujourd’hui je vous en fais une qui s’appelle « Les choses se précipitent… toujours davantage ». Voilà, quatre choses dont je voudrais vous parler. Je l’avais donc dit hier : il était possible que les choses aillent très très vite désormais et effectivement : quatre événements.

Je commence par un dépôt de plainte, probablement dans la journée, d’une cour de l’État de New York inculpant l’organisation Trump, la Trump Organization, à partir des révélations dans le document où M. Michael Cohen, ancien avocat de M. Trump, plaide coupable, et où il est question effectivement d’un versement qui serait une infraction à la loi sur le financement des campagnes électorales, et dans le document signé par M. Cohen dans le Southern district de New York (donc Manhattan), il était question d’un versement fait par la Trump Organization, mentionnant deux individus qui ont fait le paiement, en sachant qu’il s’agissait d’un paiement visant à être de la hush money : de l’argent pour faire taire une personne qui a eu une relation illicite avec M. Donald Trump.

Pourquoi est-ce que c’est important? Eh bien, parce que dans la perspective que j’ai signalée d’ailleurs il y a très très longtemps quand on a parlé de cette inculpation de M. Michael Cohen dans le cadre de New York, d’un État, et pas du niveau fédéral [erreur de ma part : il s’agit précisément dans ce cas-là, du niveau fédéral ; ma remarque reste valable de façon générale], j’avais déjà signalé que c’était une manière de protéger l’enquête contre un éventuel renvoi de M. Mueller à la tête de la commission qui enquête sur une collision éventuelle, une conspiration éventuelle avec la Russie. Il protégeait les arrières de l’enquête en distribuant au niveau des États, les enquêtes à faire. Et quand il s’agit véritablement d’une plainte d’un État, on sort du domaine de la grâce présidentielle (je l’ai mentionné hier aussi), et ce qui peut toucher tout particulièrement M. Trump, non pas nécessairement lui-même, mais dans la mesure où des inculpations au niveau des États toucheraient des membres immédiats de sa famille, comme dans le cas d’une plainte par l’État de New York contre la fondation Trump cette fois-ci, et dont les représentants principaux sont MM. Éric Trump [fils], Donald Trump Jr. [fils] et Mme Ivanka Trump [fille]. Des personnes donc qui sont de sa famille immédiate et qui dans le cas d’une inculpation ne pourraient pas bénéficier de la grâce présidentielle dont [Trump] parle très généreusement. Il en parle encore à propos de Paul Manafort, « Un très brave homme » dit-il malgré les inculpations qui ont eu lieu.

En faisant que [certains] procès ne soient pas directement des procès fédéraux, on fait deux choses : qu’ils puissent se poursuivre s’il y a récusation de M. Robert Mueller à la tête de sa commission, éventuellement même de M. Rod Rosenstein (numéro 2 du ministère de la Justice) qui avait lancé l’enquête Mueller, et éventuellement même de protection contre une démission du ministre de la Justice ou une révocation du ministre de la Justice M. Jeff Sessions, parce que dans la journée d’hier M. Trump s’est encore emporté contre son ministre de la Justice, pourtant un de ses soutiens de la toute première heure dans sa campagne électorale, mais dont il met en cause son absence de loyauté, c’est-à-dire de s’être récusé de s’occuper de toute cette affaire de collusion avec la Russie. Pourquoi ? Parce que, je vous le rappelle, ce M. Jeff Sessions avait menti sur le fait d’avoir eu ou non des discussions avec des personnalités russes : il avait omis de dire qu’il avait eu une conversation avec l’ambassadeur de Russie.

Donc deux choses dans ces cours (pas fédérales) des États : on sort du domaine de la grâce présidentielle et on est protégé contre des récusations, limogeages, au niveau central, ministère de la Justice, commission Mueller etc., c’est-à-dire donc l’assurance que tout ça continuera de toute manière : c’est une protection contre les interférences, les ingérences de M. Trump utilisant au maximum et dans un cadre tout à fait farfelu souvent, ses prérogatives, comme quand il a considéré que puisqu’aucun texte ne mentionne qu’il n’est pas possible à un Président en fonction de se pardonner lui-même, c’est donc que la chose est absolument possible. Il a raison d’une certaine manière parce qu’il n’y a pas de jurisprudence, puisque ça ne serait jamais venu à l’esprit de personne avant lui. Il n’y a pas de jurisprudence et donc des questions de discussions à ce sujet-là pourraient remonter jusqu’à la Cour suprême.

Deuxième élément important de la journée d’hier, ça peut paraître un élément mineur mais ça ne l’est pas, vous allez voir pourquoi. C’est à propos là de M. Manafort. Je vous avais signalé que les jurés du procès de M. Manafort qui avait lieu donc à Alexandria en Virginie (j’avais précisé que c’était une banlieue de Washington DC, la ville de Washington), une jurée est passée à la télévision et elle a appris au public qu’en fait il n’y avait qu’un seul juré, et c’était une jurée, qui s’était opposée à ce que sur les dix-huit chefs d’inculpation il y ait une reconnaissance de dix-huit condamnations relatives à ces chefs d’inculpation. Elle a appris au public qu’il y avait onze jurés, dont elle, qui étaient en faveur de reconnaître un délit commis sur les dix-huit chefs d’inculpation, et une personne s’est opposée et a dit qu’il y avait un doute raisonnable sur dix des dix-huit chefs d’inculpation.

Ça peut paraître tout à fait anecdotique si ce n’est que cette personne, cette Mme Paula Duncan a été interrogée : on lui a demandé si elle était prête à révéler ses propres opinions politiques. Elle a dit oui. Elle a affirmé qu’elle était un supporter résolu militant de M. Trump, qu’elle avait d’ailleurs dans sa voiture une casquette « Make America Great Again », le fameux « MAGA » : le slogan de M. Trump et que si elle en avait eu l’autorisation – ce qu’elle n’avait pas eu bien entendu – elle aurait fièrement porté sa casquette [dans l’enceinte du tribunal].

Alors pourquoi est-ce que c’est une très mauvaise nouvelle pour M. Trump ? Ce n’est pas le fait qu’il ait des supporters enthousiastes. C’est le fait que même une supporter aussi enthousiaste, aussi militante qu'[elle], était prête à reconnaître M. Manafort coupable sur les dix-huit chefs d’inculpation, et que quand on lui demande si elle a une idée de l’opinion politique de la personne qui s’opposait en son âme et conscience à ce que dix chefs d’inculpation soient reconnus, elle dit que non : elle n’a pas le sentiment que cette personne était particulièrement proche de M. Trump. Donc il s’agissait, je dirais, sans doute d’une idéaliste prenant très au sérieux la question de l’inculpation ou non. Ce dont il faut bien entendu la féliciter : si ce n’était pas le cas, la justice ne pourrait pas s’exercer je dirais comme il faut, de manière idéale.

Donc très mauvaise nouvelle pour M. Manafort parce que ça veut dire que dans le prochain procès qui aura lieu bientôt sur la question du fait qu’il est un représentant de pays étranger en Amérique et qu’il ne l’a pas reconnu [le 17 septembre à Washington], il peut se dire qu’il n’aura peut-être pas autant de chance, et que même des partisans véritablement militants de M. Trump peuvent – comme dans le cas du premier procès – en fait reconnaître sa culpabilité. Mauvaise nouvelle pour M. Manafort, parce que ça veut dire que ça va peut-être l’encourager à collaborer avec la justice dans les cas suivants en se disant que justement il n’aura peut-être pas la chance qu’il a eue cette fois-ci, et mauvaise nouvelle pour M. Trump parce que si M. Manafort lui aussi collabore avec la justice, on va se retrouver dans un cas… il y a des tas de choses qui apparaîtraient à ce moment-là en plus de celles qu’on connait déjà. Et je le souligne, ce qu’on connait en ce moment, c’est surtout des choses qui n’ont rien à voir avec la Russie. Si M. Manafort vend la mèche, ce seront des choses qui seront certainement en rapport avec une collusion éventuelle avec la Russie ou avec d’autres pays. Je vous en dirai un mot sur d’autres pays éventuellement tout à l’heure dans la quatrième partie [j’oublierai en réalité de le faire].

Alors, troisième élément : on a appris hier ou avant-hier que dans le cas de la reconnaissance de sa culpabilité par M. Michael Cohen, deux éléments déterminants ont joué : c’est la collaboration de deux personnes qui ont accepté de collaborer là avec la justice et qui ont donné des informations extrêmement dommageables pour M. Michael Cohen. On trouve, quand on relit le document de la cour, on retrouve des parties, dans la documentation, dont le caractère explicite est manifestement lié aux deux personnes dont on a appris qu’elles collaborent désormais avec la justice. Le premier c’est un certain M. Gene Freidman, de son vrai nom Evgeny Freidman, un repris de justice, quelqu’un qui en fait a un diplôme d’avocat, qui s’est fait connaître dans le domaine de la gestion de compagnies… de taxis individuels, à New York et dans sa banlieue, et qui a été très très souvent condamné pour différents types de fraude : pour ne pas payer les taximen comme c’était prévu par contrat et ainsi de suite. Quelqu’un qui a peut-être des liens avec d’autres choses liées à sa nationalité mais ça, il n’en n’est pas question : il vaut mieux ne pas en parler parce que ce n’est pas là la chose [importante].

Pour tout ce qui est des inculpations, il y avait huit chefs d’inculpation dans le cas de M. Michael Cohen. Les six premiers ce sont des questions de fraude fiscale, de choses qui n’ont pas été payées, de déclarations mensongères à des banques… Manifestement toute l’information vient de ce M. Evgeny Freidman qui a obtenu une réduction des sommes qu’il devrait payer [selon la justice]. Sa fraude fiscale sur laquelle il devait éventuellement faire un remboursement a été réduite d’un montant de 5 millions de dollars à 50.000. 50.000$ c’est encore beaucoup pour vous et moi mais par rapport à 5 millions c’est quand même considérablement moins [1%]. Ça c’est donc pour les six premiers chef d’inculpation de M. Cohen mais toute l’information qui est là vient probablement de ce qui a été trouvé chez lui mais aussi d’informations qui ont été données par ce M. Gene ou Evgeny Freidman en vue d’une réduction de peine.

Et dernier élément : on a maintenant le nom des deux personnes qui on fourni l’ensemble de l’information relative aux deux paiements à Mme Karen MacDougal et Mme Stormy Daniels, de son vrai nom Stephanie Clifford, dans le cadre de ces hush money, l’argent qui a été payé pour qu’elles se taisent sur leurs relations avec M. Trump, mais vu le moment des paiements, c’est-à-dire juste avant les élections, il s’agit de sommes qui ont été mises – ça a été reconnu par M. Michael Cohen – pour ne pas que cela ait un effet négatif sur le déroulement de l’élection. Donc je souligne : on ne parle pas de Russie là, il n’y a aucun rapport avec la Russie, il s’agit de choses tout à fait différentes ! Et avant que je parle de ce M. David Pecker et de M. Dylan Howard, je voudrais souligner que ce sur quoi attirent [l’attention] les commentateurs en ce moment, c’est sur le fait que dans les déclarations que fait M. Trump à la presse en particulier, et dans les tweets qu’il envoie – maintenant c’est véritablement au milieu de la nuit, il a envoyé un tweet au milieu de la nuit, à une heure du matin, qui disait : « Pas de collusion avec la Russie [- chasse aux sorcières truquée !] », en lettres capitales, en majuscules [“NO COLLUSION – RIGGED WITCH HUNT!”] – dans son vocabulaire, c’est de plus en plus un vocabulaire que les amateurs de littérature consacrée à la mafia connaissent, et que le cas qui se développe est un cas de type gangsters [rires].

Il y a un parallèle à faire. Vous vous souvenez – enfin, vous ne vous vous souvenez pas mais vous êtes au courant [rires] – que l’affaire d’Al Capone, le grand gangster de Chicago, on l’a fait tomber sur une affaire de fraude fiscale. On n’a pas pu l’atteindre directement en tant que gangster, et c’est sur une affaire de fraude fiscale qu’il est tombé. Et dans le cas de M. Trump, le parallèle, c’est le suivant : c’est qu’il n’est plus question tellement de collusion avec la Russie, il est en train de tomber sur une histoire de gangsters, véritablement sur une affaire de gangsters. Tout ce qui sort, ce sont des pratiques de type mafia et autres. Je ne vous parle même pas non plus des liens éventuels avec la mafia russe. J’ai commencé à lire ce livre très intéressant dont je vous ai promis un compte-rendu [Craig Unger, House of Trump, House of Putin: The Untold Story of Donald Trump and the Russian Mafia], mais il m’est arrivé hier seulement au courrier et je fais quand même partie des personnes qui ne font pas le compte-rendu d’un livre en n’ayant lu que la préface [rires], mais je vous tiendrai au courant.

Voilà, il y a un glissement : on est parti de cette histoire de collusion avec la Russie – et il sortira sans doute des choses à ce sujet-là, mais comme disent les commentateurs, en fait on les connaît déjà : ça fait un an qu’on sait exactement ce qui s’est passé. Oui, on pourra encore savoir si M. Trump lui-même était véritablement au courant de la réunion en juin [2016] avec les émissaires russes, on pourra savoir si oui [ou non] il connaissait la teneur des correspondances dommageables à Mme Clinton avant que ce ne soit publié par Wikileaks etc. Et ce qui va apparaître dans cette histoire de collusion avec la Russie ce sera finalement ce que j’appellerais « clore certains chapitres ». Ça n’apportera peut-être pas des éléments décisifs. Les éléments décisifs, ils sont en train d’apparaître : c’est des histoires, effectivement, de gangsters.

Alors, j’ai mentionné les deux noms : MM. David Pecker et Dylan Howard. Ces deux personnes de l’entourage immédiat de M. Trump, ce n’est pas sa famille, mais ce sont les dirigeants de American Media Inc., la firme qui publie le National Enquirer, cet organe de presse de caniveau dont tout le monde dit : « Oui mais personne ne l’achète ! » Mais à ce moment-là, il y a un professeur d’Université, de droit, qui dit : « Oui, personne ne l’achète mais tout le monde lit les titres ! » Pourquoi ? Parce que, effectivement, quand vous allez dans un supermarché aux États-Unis, vous avez des trucs là pour vendre [présentoirs] qui ne sont pas loin des caisses, ça existe comme ça en France aussi, mais il y a aussi un espace avant l’endroit où vous pouvez déposer sur le tapis roulant vos marchandises. Il y a un espace avant et sur cet espace-là, il y a en général des copies du National Enquirer dont je vous donne toujours le même exemple mais c’est parce qu’il m’avait frappé particulièrement : « J’avais épousé un extraterrestre, mais j’ignorais qu’il était homosexuel ». C’est quelque chose, je vous assure, que j’ai vu véritablement et je l’avais retenu. Mais sinon, ça parle d’autres choses, et en particulier, ça a parlé longuement des maladies mortelles dont était atteinte Mme Hillary Clinton pendant la campagne électorale, du fait qu’elle buvait énormément et ainsi de suite, enfin bon tous les ragots qui vont dans le sens de torpiller la campagne.

Et je vous mettrai une couverture du National Enquirer pendant la campagne électorale. C’est Monsieur Ted Cruz, vous vous souvenez peut-être, c’était un des seuls [concurrents] sérieux de M. Trump à l’intérieur du Parti républicain, et là, la une du National Enquirer, montrant que le père de M. Cruz avait des liens avec Lee Harvey Oswald, l’assassin de Kennedy. En fait, on le voit effectivement en arrière-plan dans une photo où Lee Harvey Oswald passe devant un tribunal. Je n’ai pas lu l’article, je ne sais pas exactement pourquoi il se trouvait là. Il faisait sans doute partie des hommes politiques ou des policiers qui avaient été conviés au fait qu’on transfère Oswald vers une cour ou vers une prison, des choses de cet ordre-là. Mais enfin, voilà, donc, le niveau où ça se passe. [Enquête faite, il s’agit d’une photo prise à la Nouvelle-Orléans où trois hommes, dont l’un est Lee Harvey Oswald, assassin de John Kennedy, distribuent des tracts affirmant « Ne touchez pas à Cuba ! ». Les deux autres furent – selon l’un des deux, nommé Charles Steele – recrutés au Pôle emploi local par Oswald pour distribuer des tracts pendant 20 minutes pour 2$. Le troisième homme, affirme la Commission Warren qui enquêta sur l’assassinat de Kennedy à Dallas, n’a jamais pu être identifié. Source : The 50-year-old mystery behind that photo of Lee Harvey Oswald, le Washington Post, le 22 juillet 2016].

Et donc, ces MM. David Pecker et Dylan Howard ont obtenu l’immunité : ils ne seront pas poursuivis, en aucune manière, pour ce que le journal a fait. Ce que le journal a fait, bien entendu, et pour lequel il peut être véritablement en réelles difficultés – et il le sera sans doute mais il n’y aura pas de peines associées – [c’est] le fait qu’il est sorti de son rôle déterminé de la presse, c’est-à-dire qu’il est intervenu de manière directe dans les campagnes électorales et pas simplement en donnant de l’argent à des personnes qui pouvaient faire des révélations et en ne publiant pas ensuite les articles, mais parce qu’ils avaient dans un coffre-fort toutes les affaires qu’ils ont empêché d’apparaître [étouffées], qu’ils ont achetées : toutes les informations qu’ils ont achetées pour qu’elles n’apparaissent pas comme des informations négatives pour M. Trump. Et là aussi, il s’agit d’un rôle qui ne peut pas être joué par la presse : la presse peut dire ce qu’elle veut – 1er amendement de la Constitution des États-Unis – bien davantage que dans d’autres pays, et en particulier quand vous ouvrez ce livre de M. Craig Unger : celui sur les liaisons, les rapports entre la mafia russe et M. Trump, il est mis qu’en raison des lois en Grande-Bretagne on ne peut pas diffuser une information de la même manière qu’on le fait aux États-Unis parce qu’il y a des lois, justement, sur le slander, sur la médisance, sur la calomnie, qui empêchent qu’on le fasse.

Alors voilà : deux personnes de plus qui vont pouvoir vider leur sac, qui devront en principe le faire pour obtenir l’immunité, ne pas être inquiétées, par la justice.

Voilà, je continue à vous tenir au courant de tout ce qui pourrait se passer encore par la suite, et je suis sûr qu’il y aura encore des choses !

À bientôt !

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