Le Monde / L’Écho – Quand la loi du marché impose sa loi, le 8 octobre 2018

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Le Monde : « La relative impunité des chefs d’entreprise est-elle légitime ? »

L’Écho : Quand la loi du marché impose sa loi

Le rapprochement de deux événements éloignés de la vie américaine éclaire les éternelles contradictions entre défense de l’intérêt général et respect des intérêts particuliers.

Premier événement : l’accord intervenu entre Elon Musk, P-DG du constructeur automobile Tesla, et la SEC, la Securities and Exchange Commission, le « gendarme de la Bourse » américain, l’équivalent de l’Autorité des marchés financiers en France.

Second événement : les auditions devant une commission sénatoriale du juge Brett M. Kavanaugh dans la perspective de sa nomination à la Cour suprême.

Rapprochant ces deux événements, les considérations émises à leurs propos, respectivement par Jay Clayton, le président de la SEC, et par James Comey, ancien directeur du FBI, révoqué en mai 2017 par Donald Trump.

Dans l’affaire Musk, l’homme d’affaires a été condamné par la SEC au versement d’une amende de 20 millions de dollars et son désistement de la fonction de président de Tesla (dont il restera le P-DG) pour avoir annoncé à tort qu’il disposait des fonds lui permettant de retirer à la firme son statut de société cotée en Bourse, peine jugée légère et qui ne sera probablement pas suivie de poursuites pénales. Clayton a justifié cette clémence en arguant que les peines à l’encontre des compagnies et de leurs dirigeants affectent à l’arrivée essentiellement leurs investisseurs. « On observe souvent, a-t-il déclaré, que les intérêts des actionnaires – qui n’ont été pour rien dans les comportements répréhensibles – sont intimement liés aux intérêts des dirigeants et de la société pris en faute » ; il ajouta : « les talents et le soutien apportés par certains acteurs-clé peuvent être essentiels au futur succès de la compagnie ». Pris à la lettre, les propos de M. Clayton garantissent une impunité de principe aux dirigeants de sociétés, tout reproche qui pourrait leur être adressé ayant un impact négatif sur la valeur en Bourse de leur entreprise. Corollaire : il est de l’intérêt de tout P-DG de personnaliser au maximum sa direction pour que toute critique de sa gestion affecte à la baisse la valeur actionnariale de l’entreprise, justifiant son impunité dans tous les cas de figure.

Dans un tout autre domaine, la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême, James Comey, ancien chef du FBI, a écrit dans une tribune libre * :

« Nous vivons […] dans un monde où un juge fédéral en fonction fait écho au Président en invectivant le comité sénatorial chargé d’examiner sa nomination […] un monde où le président est accusé d’être un prédateur de femmes en série, enregistré se vantant de sa capacité à agresser les femmes et comparant les accusations contre son candidat à l’« infox » dont il s’affirme la victime.

Le plus troublant, c’est que nous vivons dans un monde où des millions de Républicains et leurs représentants pensent que quasiment tous les points mentionnés dans le paragraphe précédent ne causent aucun souci. »

N’entend-on dans les reproches de l’ancien du FBI, l’écho, mais inversé, de la justification apportée par le président de l’autorité des marchés américaine ? Il suffit en effet de remplacer « actionnaires » par « Républicains » et « Elon Musk » par « Brett M. Kavanaugh ». À savoir qu’il n’y aurait pas de comportement dans la société civile qui ne soit admissible s’il apparaît rentable à une fraction significative d’électeurs, comme c’est le cas, selon Clayton, pour les actionnaires. Dans un tel cadre « à la Milton Friedman », pour qui la seule responsabilité d’une entreprise était d’augmenter son profit, le principe directeur deviendrait : « Si quelqu’un pense comme moi, le fait qu’il enfreigne ou non la loi importe peu », et la notion d’« intérêt général » se dissoudrait entièrement car chacun chercherait à s’assurer une « part de marché » de l’opinion, impliquant son indifférence revendiquée à tel ou tel aspect de la Loi.

La relative impunité des chefs d’entreprise est-elle généralisable à la société civile, et si tel n’est pas le cas, est-elle alors légitime dans son cas ?

* James Comey: « The F.B.I. Can Do This », The New York Times, Sept. 30, 2018

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28 réflexions sur « Le Monde / L’Écho – Quand la loi du marché impose sa loi, le 8 octobre 2018 »

  1. Sans être trop féru en droit , poser la question me semble d’autant plus nécessaire que la porosité est de plus en plus sensible entre droit privé et droit public .

    Le droit pénal , donc pas des moindres , est d’ailleurs l’exemple le plus fréquemment cité comme exemple de droit « mixte  » ( internet pose aussi le même type d’ambiguïté ;

    On notera aussi au passage que les droits de pays d’ idéologies  » autoritaires » ne font souvent pas de différences entre droit privé et droit public .

    Mais qu’il soit public ou privé , encore faut il que l’élaboration du droit soit d’initiative , de rédaction , de modification et sanction citoyenne .

    1. A propos de régime autoritaire , c’est ce qui avait pu me faire écrire il y a peu , que des événements graves se profilaient aux USA où l’on s’apprêtait à brûler Montesquieu au bucher .

  2. « Pourri » ; ce serait le qualificatif qui vient à l’esprit, autrement dit, la corruption, pas celle grossière des pays que l’on nommait en voie de développement, où des valises pleines de billets étaient remises en douce à des fonctionnaires et/ou des politiciens véreux par des firmes pour obtenir des privilèges, mais celle plus « agile » effectuée par des lobbys, par de généreux sponsors, ou tout simplement par le poids grandissant de l’argent dans la décision publique et les jeux d’influence des intérêts privés …La corruption est un symptôme là où le droit recule…..

    1. Il faudrait donc comme c’est déjà sûrement fait définir les propriétés exclusives de la loi du marché ( convention comptable etc.) , et puis forcément trouver le moyen de les changer, sous l’égide de la loi !

  3. Rien ne nous oblige à réfléchir selon la traque où l’auteur espère nous maintenir. Faisons un pas de côté, sinon essayons de voir haut et loin, plus haut et plus loin ; c’est cela même : levons le nez du guidon. Y’a un risque : généralisation abusive. Faut l’assumer en cherchant d’autres sources d’information ; sur le sujet elles sont nombreuses. On peut y rajouter une tournure (‘twist’) comme béquille intellectuelle et préférer Andersen à Socrate ou autres penseurs germaniques très dispensables.Le conte moral , l’intuition et l’accumulation de faits très semblables à ceux évoqués par l’auteur déclenchent un éclair de lucidité :
    « Le roi est nu ».
    Transposé dans notre époque : Les USA sont en pleine décadence.
    Ça dure depuis longtemps et l’avenir dira si c’est destiné à durer. Actuellement, les USA c’est out. Passons à autre chose. Par exemple, on sait si peu sur l’Allemagne. Tout se passe comme si 80 millions d’individus étaient muets. Si proche et si loin.

    ‘Arrête de m’dire que j’vais pas bien ; j’veux descendre de là’
    https://www.youtube.com/watch?v=IyGSLZ9FG_k

    1. Les USA et les Trump seront out quand la Chine n’y trouvera plus son compte, et que le Dollar ne permettra plus de vivre sur le dos du monde .

      Le droit international et local deviennent le seul droit de la monnaie de référence .

  4. Hier j’ai regardé arrêt sur images qui propose une analyse d’1heure 15mn de la politique de Trump. Moi, influencée par Paul Jorion et sa détestation de Trump (justifiée et argumentée) je suis un peu retombée sur terre.
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/journalistes-trump-est-une-aubaine-on-vit-de-trump

    La présentation étant :

    « Pour beaucoup de médias français, la cause est entendue depuis le début : avec ses provocations sur Twitter, avec les multiples accusations qui l’assaillent de tous côtés quasi-quotidiennement, Donald Trump ne peut que susciter le rire ou la frayeur. Et pourtant, près de deux ans après son élection, il est encore à la Maison Blanche, et il peut se targuer de certains succès économiques et diplomatiques. Est-ce qu’il faut donc rire de Trump ? Question que nous posons à nos trois invités : Corentin Sellin, professeur d’histoire spécialiste de la politique américaine, auteur de chroniques pour Explicite ; Thomas Snegaroff, professeur d’histoire spécialiste de la politique américaine, auteur de « L’Amérique et son président : une histoire intime » (Editions Dunod) ; et Jean-Bernard Cadier, correspondant BFMTV à Washington.
    « Trump est beaucoup plus solide qu’on ne le pense »

    Rire de Trump, c’est à la mode, surtout dans les émissions d’infotainment, comme « C à Vous » (France 5), qui relaie à coups de rire et de «  »chocs » » les petites phrases polémiques du président américain. «  »Donald Trump est quelqu’un de divertissant, et il en joue très bien » », admet Jean-Bernard Cadier. Attention cependant à ne pas «  »trop rire » » de Trump : «  »il est beaucoup plus solide qu’on ne le pense. Ceux qui disent qu’il est nul, qu’il est ridicule, passent à côté de l’Histoire » ».

    Difficile de rendre compte de l’électorat de Trump, à coups de micro-trottoirs de 30 secondes. Il reste important de suivre des médias « pro-Trump », rappelle Cadier. Sur la question des sources d’informations et d’analyses, Corentin Sellin explique se reposer davantage sur le « Washington Post » que le « New York Times », qui a «  »commis plusieurs fois des erreurs assez lourdes » ». Le « New York Times », trop engagé, donc moins crédible ? Ce n’est pas l’analyse de Thomas Snegaroff, qui insiste : il faut prendre des pincettes avec tous les médias. «  »Les institutions démocratiques fonctionnent » », nuance Jean-Bernard Cadier, prenant l’exemple du vote de confirmation pour le juge Brett Kavanaugh, candidat à la Cour Suprême, qui devrait avoir lieu dans les prochaines heures. Analyse que nuance Snegaroff. «  »Je me demande ce que Trump deviendrait s’il n’avait pas autant de contre-pouvoirs. » »

    «  »Le » New York Times, « le « Washington Post, » CNN, NBC, gagnent énormément d’argent et de lecteurs grâce à Donald Trump » », rappelle Cadier. Un bon calcul financier mais un véritable «  »pacte avec le diable » ». Et un débat qui date déjà des primaires pour l’élection présidentielle, rappelle Corentin Sellin. «  »Trump a réussi à construire un monde dual, une Amérique culturelle où on est soit pour, soit contre » », conclut Snegaroff. «  »C’est la défaite de la nuance, de la pensée » ».
    « évoquer les trucs rigolos parce que ça passionne les américains »

    Focus sur un événement particulier : la veste que portait Melania Trump lors d’une visite aux enfants réfugiés séparés de leurs familles, semblant critiquer la politique de son mari. Un «  »événement politique » », pour Jean-Bernard Cadier. Pas forcément pour nos autres invités : «  »Il y a un truc très faux-jeton dans les médias français, et j’y participe moi-même, c’est d’évoquer les trucs rigolos de Trump sous l’angle «ça passionne les Américains» » », note Thomas Snegaroff. La solution ? Partir du drôle pour évoquer le plus sérieux. Echange vif de nos invités sur la différence entre journaliste, analyste et historien, et la question du «  »biais idéologique » » dont souffrent certains médias français selon le correspondant de BFM. «  »Aujourd’hui, on a tendance à faire l’analyse avant de prendre connaissance des faits » », regrette-t-il.

    N’y a-t-il pas un autre risque, celui de se faire déborder par le compte Twitter de Trump, souvent très largement commenté. «  »Il nous entraîne dans un temps court dans lequel il excelle » », admet Corentin Sellin. Comment éviter ce piège ? Pour Cadier, «  »il y a toujours un tweet sur dix qui sera un élément d’information important, et ça il ne faut pas le louper » ».
    « Menteur, Tricheur et qui arrive à obtenir des résultats économiques »

    Lors du discours de Trump à l’ONU, les rires de l’Assemblée Générale face au président ont été repris bien plus rapidement que son bilan, qu’il vante ensuite. Y a-t-il un biais sur la présentation du bilan économique de Trump ? Pas pour Snegaroff. «  »On ne peut pas s’arrêter en disant «Trump a réussi économiquement», c’est beaucoup plus compliqué » ». Réponse que ne partage pas Jean-Bernard Cadier. «  »Au bout de presque deux ans, il faudrait accorder un peu de crédit à Trump, notamment sur l’emploi » », s’agace-t-il. Exemple notamment avec l’augmentation des salaires d’Amazon, conséquence du plein emploi selon le correspondant. «  »Qu’est-ce que c’est que ce président qui est un menteur, un tricheur, un xénophobe et qui néanmoins arrive à obtenir des résultats économiques d’une telle ampleur pour son pays ? » »

    Pour terminer l’émission, une dernière question : n’y a-t-il pas le risque, à tant traiter de Trump, de perpétuer le pacte avec le diable déjà reproché aux médias ? Absolument, approuvent nos invités, et il faut rester prudent. «  »Trump, c’est une aubaine, c’est une mine d’or pour nous les journalistes » », répond Cadier. Qui conclut : «  »On a besoin de Trump, on vit de Trump » ».  »

    Les 3 interviewés sont plus modérés de ce que j’ai lire ici, tant par les commentateurs.

    1. En gros, un président des Etats-Unis consensuel reçoit (par la machine d’état) deux mandats, un qui comprend pas vraiment son rôle de représentant un seul et celui qui veut changer les choses se fait abattre (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pr%C3%A9sidents_des_%C3%89tats-Unis).
      Je classe Trump à cheval entre le consensuel et celui qui n’a pas vraiment pigé son rôle. Un manipulateur mégalo.
      Le problème ce n’est pas Trump, c’est le climat.

    2. Climat : face à Trump, les élus et le business résistent

      Le président américain Donald Trump pilonne les avancées obtenues par Obama sur le climat. Mais des centaines de dirigeants ripostent. Jusque devant les tribunaux.
      https://www.lejdd.fr/international/climat-face-a-trump-les-elus-et-le-business-resistent-3671297

      Plusieurs coalitions dans la société civile se sont formées pour atteindre l’objectif signé à l’accord de Paris, malgré le retrait des Etats-Unis décidé par Donald Trump.

      Deux tiers de l’objectif atteints
      « Juste après l’annonce de Donald Trump en juin 2017, la mission du mouvement ‘Still in’ a d’abord été d’indiquer au reste du monde qu’une large majorité de l’économie et de la population américaine restait engagée envers l’action climatique », raconte Gwynne Taraska. Mais très vite, « Still In » s’est focalisé sur des actions concrètes, avec en premier lieu la réduction des gaz à effets de serre .

      « De même, malgré une Maison-Blanche favorable à l’utilisation du charbon , les fermetures de centrales à charbon ne se sont jamais autant accélérées que depuis l’année dernière. »

      D’autres mouvements
      « Ce genre de coopérations venant du bas vers le haut est une caractéristique typique du fonctionnement des Etats-Unis », analyse Paul Bodnar. « Ces chiffres ne sont donc pas très surprenants malgré l’absence de leadership fédéral », ajoute le directeur du « Rocky Mountain Institute ».

      « Aux côtés de « Still in », d’autres coalitions ont émergé. La « U.S. Climate Alliance », par exemple, qui inclut 16 Etats et Porto Rico, totalise 134 millions de personnes et représente un PIB de plus de 9 trillions de dollars (environ 46 % du PIB américain). Ou encore le rassemblement « U.S. Climate Mayors », qui existait déjà avant le retrait de l’accord de Paris. Regroupant 29 villes en 2016, il en comprend désormais 412. »

      Plusieurs niveaux d’action
      « Ces mouvements ne peuvent se substituer à une action fédérale, tous les niveaux du gouvernement devraient participer à la transition écologique », rebondit Gwynne Taraska. Avant de soupirer : « Mais pour l’instant, ils compensent le déficit de l’Etat fédéral. »

      « Heureusement, aux Etats-Unis, les Etats ont à leur disposition des leviers très puissants en matière de politique environnementale, expliquent les deux spécialistes. Via des décrets et des lois, ils peuvent donc contrecarrer les décisions prises par Donald Trump. A l’instar de Jerry Brown, qui a signé en début de semaine un texte bloquant la récente autorisation fédérale de forage pétrolier offshore le long des côtes californiennes. Les villes, quant à elles, contrôlent tout ce qui concerne l’aménagement urbain, les normes de bâtiments et la délivrance de permis de construire, les transports publics et la gestion de l’eau. Des moyens d’action primordiaux pour atténuer le changement climatique. »

      Le rôle des entreprises
      « Enfin, si les entreprises n’ont pas la main sur les politiques publiques, elles ont une influence directe sur les secteurs polluants via leurs investissements. Et puisqu’elles représentent une part significative de la consommation d’énergie dans le pays, elles peuvent décider de comment elles veulent obtenir leur électricité et leur chauffage. »
      https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0302322549209-climat-comment-les-americains-sorganisent-pour-lutter-contre-la-politique-de-trump-2209342.php

      1. Aux États-Unis, le temps des femmes

        « Si on scrute les étages situés en dessous du Sénat ou des postes de gouverneurs, on mesure qu’il s’est réellement passé quelque chose : c’est là que s’est faite la vraie différence, à la Chambre des représentants ou dans des élections plus locales.

        En plus de record de candidates, flagrant au Parti démocrate – avec 183 prétendantes contre seulement 51 au Parti républicain –, il faut souligner que 133 des candidates sont des personnes de couleur et, plus étonnant encore, 158 sont totalement novices en politique !

        Au Parti démocrate, près de 40 % des candidats sont donc des candidates – du jamais vu. La Chambre des représentants, qui compte actuellement 84 élues (22 % du total), devrait donc changer de visage.

        Dans les assemblées des États, 87 des 99 congrès locaux seront renouvelés, soit 6070 sièges à pouvoir. Les femmes sont en première ligne pour prendre toute leur place dans ces différentes assemblées, et la poussée sera forte : 3 260 femmes sont candidates dans les 46 États soumis au vote. Là encore, le précédent record (2 649 candidates), qui date de 2016, est battu. »

        « toutes ces femmes sont toutes arrivées au sommet, en figurant sur le bulletin de vote, et leur destin dépend désormais des électeurs. Car rien n’est impossible, dans aucun État, et des candidatures jugées totalement improbables voici à peine quelques mois nourrissent désormais de réels espoirs : Stacey Abrams en Georgie et Laura Kelly au Kansas sont en passe de devenir gouverneures dans des États très républicains, alors qu’elles sont démocrates et femmes. »

        Les petites nouvelles qui deviennent grandes
        S’il semble désormais évident que les femmes vont progresser très largement dans les congrès des États, les chances des femmes dans ce scrutin législatif au niveau fédéral sont également très élevées : sur les 125 sièges qui peuvent basculer d’un parti à l’autre (sur un total de 435), elles sont 65 candidates à pouvoir espérer devenir députée (Représentante). Cinq d’entre elles sont même certaines de siéger puisqu’elles n’ont aucune opposition ! »
        https://theconversation.com/aux-etats-unis-le-temps-des-femmes-104355

    3. Merci d’apporter cette nuance, et il serait intéressant en effet d’en savoir plus sur la situation économique réelle des USA. On parle de croissance et d’emplois, mais on parle aussi d’une augmentation de la dette publique et privée encore plus importante, d’une accentuation de la concentration des richesses et des inégalités , d’un taux réel d’inactivité plutôt en hausse, d’une diminution des ressources dans les domaines de l’éducation et la santé, et des services sociaux en général. Bref, est ce que le quotidien des américains moyens s’est amélioré ou s’est dégradé, et sur quoi repose les  » bons résultats économiques » des USA ? Il est vrai que les médias (pas seulement US) se focalisent beaucoup trop sur le côté « people », passant à côté de la vie de tout les jours des gens…..

    4. Il n’est pas étonnant de voir que la presse américaine détenue par des oligarques, trouve avantageux de spéculer sur le ridicule d’une créature publicitaire, en la personne de Trump. Ces oligarques sont un panier de crabe comme un autre…Pourquoi ne le feraient-il pas ?

  5. Ils ont aussi pris en « exemple » l’opposant Sanders qui n’est jamais tombé dans le buzz mais a toujours gardé son calendrier et ses objectifs politiques.

  6. Nadia Murad, co-prix Nobel de la paix, avec le D.r Mukwege.

    C’est la reconnaissance du génocide Yézidi. Il continue d’ailleurs, à Efrin par exemple. Conversion forcée. Kidnapping, rançon et viol. Destruction de bâtiments de culte.

  7. La capacité d’agir d’un État dépend essentiellement du revenu moyen de ses citoyens. Pas d’argent, pas de moyens. Les États-Unis, contrairement aux autres pays sous sa domination, investissent massivement dans leur armée ce qui renforce la capacité commerciale de ses compagnies multinationales. Nous autres, citoyen d’État laquais, ne pouvons que constater l’impuissance de nos gouvernement vis-à-vis des employeurs du secteur privé. Dans cette relation dominant dominé, le travail est l’élément-clé de l’existence même de l’État et de la justice.
    La gratuité pour l’indispensable garantie la dignité à tous les citoyens et desserre le joug sur l’État et la justice.
    On comprend aussi le silence de plomb et le dénis de tous les gouvernement concernant la disparition du travail.

    1. Comme nous le savons, le cerneau de la proposition Jorionienne est la combinaison SIMULTANÉE:

      a. de la GRATUITÉ dans quelques secteurs et thèmes de base (comme c’est, par exemple, déjà le cas dans le Royaume Uni avec son National Health Service, Service National de Santé, et des musées gratuits)
      et
      b. la TAXE Sismondi ou la TAXE robot, comme réaction adéquate à la disparition du travail (dans pas mal des secteurs, mais certainement pas dans TOUS les secteurs comme souligne aussi la OIT Genève).

      ad a). En ce qui concerne la gratuité, il n’y a rien de neuf, malgré le fait que le mythe TINA nous veut faire croire que tout sera mieux si nous payons. Le très grand succès du NHS au Royaume Uni a démenti cette Thatcherisme, et, encore plus fort, a même survécu le TINA.

      Alors, dans ce cas une raison de bel espoir, et une raison de mobilisation de conscience et politique!
      Mesdames / messieurs, au boulot s.v.p.!

      ad b). En ce qui concerne l’introduction de la taxe Sismondi / taxe robot, il me paraît util de nous rappeler que Paul Jorion a fait appèl sans cesse quant à son urgence, et c’était Paul Jorion qui a aussi poussé le débat au Parlement Européen dans ce sens (à voir l’initiative de Mady Delvaux de 2015, re: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML%2BCOMPARL%2BPE-582.443%2B01%2BDOC%2BPDF%2BV0//FR).

      Oui, on a perdu, c’est vrai. Mais, cela n’était qu’un premier effort!

      Rappelons nous les luttes pour le suffrage universel et le droit des votes de femmes. Rappelons nous les luttes pour pouvoir organiser des coopératives, des mutualités, des organisations syndicales: tout cela était impliquaient des luttes, finalement des luttes sans fin.

      Heureusement, il y a des supports, par exemple du coté des auteurs suivants:

      * https://www.socialeurope.eu/taxing-the-robots
      * https://www.socialeurope.eu/getting-robots-pay-tax
      * https://theconversation.com/why-we-should-start-taxing-the-robots-that-are-taking-human-jobs-91295
      * https://www.techemergence.com/robot-tax-summary-arguments/

      Je trouve que l’observation sur un supposé ‘silence de plomb’ et ‘dénis de tous les gouvernements’ soit un peu exagérée. Il me paraît qu’il nous faut mieux nous organiser et qu’il nous faut mieux (re-)lancer le débat et la lutte.

      Commencons par des publications au site de Social Europe, c’est gratuit (voir le site http://www.socialeurope.eu) et utilisons le momentum du quasi-équilibre pour mettre nos petits poids dans la balance.

      Le battement des ailes d’un seul papillon peut libérer la révolution, chaque contribution compte et pèse.

  8. L’élection de Brett M. Kavanaugh qui ne saurait tarder démontre que peu importe les actes délictueux des élus du moment qu’ils sont « du bon côté ».
    C’est une vue courte de la part des gens de pouvoirs, voir l’effet au Brésil, et peut-être bien chez nous en France (et dans une grande partie de l’Europe) : les partis extrêmes qui prônent l’ordre montent et peuvent être élus.

    Je n’ai pas en tête l’Histoire de toutes les prises de pouvoir des fascistes depuis le début du XXème en Europe (Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, Hongrie) mais il me semble que ce serait quelque chose d’approchant qui les a fait monter et prendre le pouvoir. Et concernant Erdogan ? y avait-il un dégoût des politiques en Turquie ? (j’ai oublié).
    Si on prend l’Histoire de l’Antiquité on retrouve ces mêmes raisons. La dictature de Rome, aucun rapport avec l’actuelle puisqu’il était nommé pour une durée brève alors que « nos » dictateurs entendent rester le plus longtemps possible, mais pour des raisons similaires.

    Dans le cas de dictature on peut aussi voir la Russie de 1905 puis 1917.

    Les régimes faibles parce que laissant tous pouvoirs aux hommes de main, aux intrigants, aux prévarications diverses amènent les Citoyens à envisager et préférer des régimes forts genre dictature, car de Gaulle vint aussi parce que fort dans un moment de faiblesse de la Nation, ce qui fit craindre à certains qu’il soit dictateur…

    Trump doit apparaitre comme l’homme fort du moment et donc salutaire à une grande partie de ses concitoyens, et l’inverse à ses adversaires ! Si bien que la balance est en déséquilibre : pas de majorité nette, et des convaincus autant d’un côté que de l’autre. La loi n’a plus de sens dans ces cas, et d’ailleurs la loi est faite pour changer.

  9. Deux articles dans le même sens dans le Guardian :
    surtout celui-ci:

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/oct/05/americas-new-aristocracy-live-accountability-free-zone-david-sirota

    Mais cet autre sur la spoliation de fait exercée par la City sur l’économie britannique révèle bien la mécanique de la chose : la crédibilité supérieure donnée à une voix rend les droits consentis aux voies moins fortes inopérants.
    Ce qui devrait être un équilibre des pouvoirs enter have et have not devient dès lors un combat pour reprendre le dessus de la part des seconds : ils n’auront gain de cause qu’au cours d’un moment forcément révolutionnaire. Aucun 4 août néolibéral en vue, aucune philia.

      1. Raoul Vaneigem : « Tant que la liberté restera le produit idéologique du libre-échange, la justice se bornera à régler, protéger, punir l’homme en le considérant moins en raison de sa valeur humaine que de sa valeur marchande. Tant que nous continuerons d’obéir aux lois de la prédation, le cycle de l’interdit et de la transgression déterminera le fonctionnement de la justice. »

      2. @Bain : autre type d’approche :

        « L’initiative privée avance au rythme choisi par chaque individu, alors qu’il faut une action collective complexe pour changer les cadres et les usages de la démocratie. La primauté accordée à la liberté économique et à la propriété privée pousse surtout les électeurs à demander à la politique de protéger leurs biens, même si cela remet en cause leurs droits civiques.(…..) Pour perdurer la société de marché ne pourra pas conserver les apparences d’une démocratie : elle devra peu à peu glisser vers une forme neuve de totalitarisme où chacun sera surveillé , contrôlé , et où les formes même de Laliberté perdront leur sens . »

  10. Bonjour,
    « Le Marché » ou bien tout simplement l’Homme qui impose sa loi?
    Il faudrait arrêter de se réfugier derrière des raisonnements où l’Homme ne serait qu’une marionnette manipulé par des organisations dont ils n’auraient aucun contrôle. La vérité c’est que derrière ces deux « événements », il y a des Hommes. Pour ma part, je n’y vois qu’une des multiples manifestations de l’expression de la survie humaine.
    Dans le premier cas, les responsables des autorités de marché évitent de mettre en danger un des rares nouveaux « fleuron » de l’industrie Américaine afin d’éviter le feu des critiques de la presse et du monde de la politique. Elon Musk incarne encore ce « rêve » Américain, la croyance pour un peuple et ses élites de vivre dans le pays du « tout possible » , dans le pays qui va transformer le monde, toucher à cet idole aurait été impardonnable d’où la décision de ces responsables qui ont préféré sauvegarder le doux confort de leur rond de cuir…..et leur survie…..
    Dans le second cas, Kavanaugh avait besoin du vote de certains sénateurs Démocrates. Or, pour les prochaines élections de mi-mandat, ces derniers auront besoin des aides des Républicains pour se faire réélire sénateur. Encore là, on retrouve l’expression de la survie.
    On pourrait presque tout analyser dans la vie humaine par le prisme de la survie. D’ailleurs, je n’ai jamais compris ce qui se cache derrière la survie. Quelle est la force qui l’anime dans le sens « physique » des choses? Pourquoi des entités biologiques sont « programmés » à survivre? On en arrive vite à la question du pourquoi la vie sur terre plutôt que rien? On est loin de Kavanaugh, de Trump ou de « Tesla » avec ces questions! Pourtant, elles me semblent immensément plus importante!
    Bon Dimanche

    1. On en n’ est pas « loin » , au contraire !

      Car savoir ce qui nous fait homme , c’est traiter du refus de ce que sont Trump et Kavanaugh .

      C’est aussi ce qui répond à la question « pourquoi survivre ? » et qui me fait refuser le transhumanisme .

  11. @ Pierre : bien sûr que la vie nous enjoint de survivre, ainsi qu’à tous les vivants, sinon on ne serait pas là pour le constater.

    Le piège culturel des humains, c’est de croire qu’elle ne nous enjoint pas grand chose, qu’elle peut nous parler uniquement sur le plan du plaisir (ce serait bien de dormir sur un lit de pétales de roses), autrement dit d’avoir transcendé la fonction plaisir originellement câblée comme récompense pour « engraver » les choses, un peu moins violemment que la peur engravée dans l’hippocampe, dirait Mme Christine Blasey Ford.

    Le développement humain (néo-cortex, support de mémoire, outil) a donc en quelque sorte « hacké » l’outil « plaisir » pour le détourner du méta-moyen de survie qu’il ‘était encore un tant soit peu vers « confort », « conditions du confort », le tout encore jouable dans un mode socialisé entre 200 amazoniens, mais un peu plus dur à gérer entre 200 millions de brésiliens (je tremble d’aller voir le résultat du vote) ou 7,314169265358979 milliards d’humains …

    1. @timiota
      « je tremble d’aller voir le résultat du vote »
      nous avons maintenant le résultat le fasco est élu ! (mais depuis vous avez du en être informé !)
      https://www.romandie.com/news/Presidentielle-au-Bresil-un-vote-pour-le-changement-Bolsonaro-favori/960124.rom
      « Les Brésiliens ont voté dimanche pour le premier tour de la présidentielle, portés par l’espoir d’un changement dans ce pays en crise, où une vague de « dégagisme » pourrait propulser au second tour le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro. »
      devons nous rester optimiste pour le second tour ? je crains que non.

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