Ai DeepMind vs Starcraft, par Charles Ballarini

Ouvert aux commentaires.

Bonjour M. Jorion

Dans la vidéo ci-dessous, la démonstration de AlphaStar, l’Ai de DeepMind qui joue à StarCraft 2. Même si vous n’êtes pas familier de ce jeu, je pense que cette information va vous intéresser. 

Le jeu implique un nombre d’actions bien supérieur aux Échecs ou au Go, en temps réel et avec information limitée. Il s’agit d’une véritable prouesse. Les commentaires la qualifient de « créative et surhumaine ». Tout en ayant des stratégies diversifiées, elle ne se contente pas d’imiter les humains, elle a un coup d’avance sur eux, elle joue dans une « meta » (metagame) différente d’eux et d’après cette démonstration, meilleure qu’eux.

Le résultat des deux matchs 5-0 contre deux joueurs différents, soit 10-0 en faveur de AlphaStar. Il s’agit de joueurs de la meilleur équipe États-unienne et seul les Coréens sont meilleurs.

Bonne journée à vous,

L’article dans Vox qui en dit bien plus.

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15 réflexions sur « Ai DeepMind vs Starcraft, par Charles Ballarini »

  1. Dans un jeu où les apms (actions par minute) sont un critère primordial dans l’obtention de la victoire, il n’y a rien de très surprenant qu’une IA surclasse un humain. Y voir une performance procède de l’abolition du sens critique à l’égard du sujet IA.

    On va me rétorquer qu’il y a déjà une « IA » (on emploie couramment – et abusivement – ce terme dans le domaine du jeu vidéo pour évoquer ce qui ne sont finalement que les mécaniques du jeu) déjà intégrée dans le jeu pour permettre aux joueurs de faire des parties solo, et que celle-ci est nettement moins performante. Mais là encore, aucune surprise, car quel serait l’intérêt pour les développeurs de créer un jeu auquel les joueurs ne pourraient jamais gagner? « L’IA » intégrée dans ce jeu (comme dans tous les autres) est par conséquent tout à fait volontairement limitée. Des niveaux de difficultés modulables (facile-normal-difficile) sont même fréquemment implémentées pour proposer une opposition de la machine plus où moins opiniâtre.

    1. Vous sous estimez la performance. Étant développeur en jeu vidéo et plus spécialement en IA pour jeu vidéo je suis bien placer pour comprendre le sujet. Si il ne s’agissait que d’une question de précision ou d’APM le sujet ne m’aurai pas du tout intéressé. Alors oui elle est plus précise que l’humain dans la qualité des « cliques » mais elle a moins d’apm que les pro-gamers (environ 30% de moins). L’Ai qu’on voit à l’œuvre dans cette démonstration est vraiment innovante sur les stratégies, le placement d’unité et les décisions offensives et défensives. Il ne s’agit pas d’une Ai à la DeepBlue qui est juste une brute en calcule. L’infinité de solutions potentielles dans les actions de starcraft sont hors de porter de tout ordinateur. Il s’agit vraiment d’une simulation proche du jeu d’un joueur humain.

      Pour precision:
      AlphaStar joue a partir des données visible à l’écran et je sais que Blizzard (éditeur de StarCraft) a mis en place une API pour aider à la compréhension du jeu pour les AI. Mais une fois l’analyse de l’image réalisé l’Ai est soumis aux mêmes règles que le joueur humain sur ces actions et ses informations.

      1. Mettons alors concernant les apms que l’IA optimise mieux ses actions, ce qui ne me semble pas particulièrement plus impressionnant, en fin de compte.

        Concernant la metagame, je considère depuis longtemps que c’est un carcan que s’imposent les joueurs à eux-même et qui ne se justifie pas nécessairement par l’augmentation de leurs performances (estimation variable selon le jeu dont il est question toutefois). Cela procède très souvent d’un mimétisme paresseux (« tel joueur ou telle équipe joue de telle manière et gagne, faisons donc la même chose plutôt que d’élaborer une méthode qui nous est propre ») qui sous-exploite les possibilités offertes par le jeu et conduit à des déroulements de parties dramatiquement stéréotypées.

      2. Ils pourraient aussi faire un bras artificiel pour bouger la souris ça serait un sacré exploit mais au fond ça changerait quoi ? ça reste une machine actionnée par des algorithmes , un processus purement physique ( sans méta devant ) 🙂

    2. Les apm d’alpha star sont limités à ce que font les humains. On le vois en bas à gauche de la vidéo lors des matchs, et les commentateurs le précisent au début de la vidéo. Pour critiquer, il faut se renseigner.

    1. Réponse:
      « c’est super impressionnant quand on connait un peu le truc, elle a mis la pâté à deux des meilleurs joueurs du monde en étant moins rapide mais juste infiniment plus tactique c’est incroyable. »

  2. Vous pouviez déjà jouer contre  » l’intelligence artificielle  » à la sortie du jeu , il était pratiquement impossible de battre l’ordinateur au niveau le plus élevé , donc quoi de neuf ?

    1. Le titre est sensationnaliste et l’article banal. Comme si l’on allait pouvoir comprendre les acquis de l’IA en décomptant le nombre d’instances des mots utilisés. La suggestion que le deep learning va disparaître parce que d’autres techniques se sont avérées des voies de garage est ridicule : que la théorie du phlogiston ait été abandonnée n’était pas une indication que la théorie atomique qui lui a succédé serait elle aussi un feu de paille. Cette dame imagine qu’on peut aborder les progrès qui ont été réalisés en IA comme s’il s’agissait du remplacement du chapeau à plume par le béret qui sera lui-même suivi par le bonnet, à moins qu’il ne signale un retour au chapeau à plume…

  3. Analyses constantes, choix de tactiques et de stratégies adaptées, micromanagement, division de l’attention sans dispersion, adaptation adéquate et potentiellement instantanée à l’évolution de la situation, capacité à changer d’échelle (dans le cadre établi). On peut prendre acte de l’état de l’art actuel et de ce que cela peut signifier, mais il n’y a rien d’étonnant à ce que l’IA devienne plus performante lorsque tout ces domaines sont poussés à leur limite chez l’humain. On peut réduire le nombre de coups par minute, demander à l’IA de manœuvrer elle même sa caméra pour lui retirer sa vue d’ensemble instantanée. Il reste que l’infaillibilité deviendra toujours plus forte chez l’IA. Une IA sera toujours meilleur qu’un humain pour mettre en œuvre une fréquence, l’humain lui met en œuvre un rythme, c’est un aspect important de la vie, l’inexactitude des rythmes. Il n’est pas surprenant que la capacité d’inhibition, de choix devienne meilleure chez l’IA.
    Un autre aspect sur lequel l’article nous renseigne, ou plutôt ne nous renseigne pas, c’est l’absence d’émotions chez cette IA?
    C’est aussi la non utilisation du renoncement chez l’IA (ou peut-être qu’elle n’a rien à perdre à ne pas renoncer ?) et si l’on en croit Freud, la conscience serait la conséquence du renoncement aux pulsions. (Peut-on considérer la consigne de gagner comme une pulsion ?). Qu’en serait-il si on lui faisait prendre en compte son coût énergétique de fonctionnement sur plusieurs partie ? ou la gestion d’une image publique (une forme d’égo ?). On améliorera sûrement l’imitation. Mais est-ce que l’on parviendra à ce que l’IA fasse sauter son propre cadre d’apprentissage d’elle-même (ce que d’une certaine manière fait le joueur humain lorsqu’il choisit de pondérer préférentiellement l’expérience accumulée sur ces 5 parties précédentes avec l’IA pour sa 6ème partie).
    L’IA n’a nul besoin d’être humaine pour nous écraser ou nous exterminer, mais pour se rapprocher de l’humain, il lui faudra à minimum s’approprier nos limitations « flottantes », l’inexactitude de la vie, la capacité de créer de l’amour, s’approprier la nature humaine finalement.
    Et d’ailleurs il est urgent que nous comprenions ce qui fait de nous des êtres humains si nous voulons continuer d’exister.

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