Ai DeepMind vs Starcraft, par Charles Ballarini

Ouvert aux commentaires.

Bonjour M. Jorion

Dans la vidéo ci-dessous, la démonstration de AlphaStar, l’Ai de DeepMind qui joue à StarCraft 2. Même si vous n’êtes pas familier de ce jeu, je pense que cette information va vous intéresser. 

Le jeu implique un nombre d’actions bien supérieur aux Échecs ou au Go, en temps réel et avec information limitée. Il s’agit d’une véritable prouesse. Les commentaires la qualifient de « créative et surhumaine ». Tout en ayant des stratégies diversifiées, elle ne se contente pas d’imiter les humains, elle a un coup d’avance sur eux, elle joue dans une « meta » (metagame) différente d’eux et d’après cette démonstration, meilleure qu’eux.

Le résultat des deux matchs 5-0 contre deux joueurs différents, soit 10-0 en faveur de AlphaStar. Il s’agit de joueurs de la meilleur équipe États-unienne et seul les Coréens sont meilleurs.

Bonne journée à vous,

L’article dans Vox qui en dit bien plus.

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82 réflexions sur « Ai DeepMind vs Starcraft, par Charles Ballarini »

  1. Dans un jeu où les apms (actions par minute) sont un critère primordial dans l’obtention de la victoire, il n’y a rien de très surprenant qu’une IA surclasse un humain. Y voir une performance procède de l’abolition du sens critique à l’égard du sujet IA.

    On va me rétorquer qu’il y a déjà une « IA » (on emploie couramment – et abusivement – ce terme dans le domaine du jeu vidéo pour évoquer ce qui ne sont finalement que les mécaniques du jeu) déjà intégrée dans le jeu pour permettre aux joueurs de faire des parties solo, et que celle-ci est nettement moins performante. Mais là encore, aucune surprise, car quel serait l’intérêt pour les développeurs de créer un jeu auquel les joueurs ne pourraient jamais gagner? « L’IA » intégrée dans ce jeu (comme dans tous les autres) est par conséquent tout à fait volontairement limitée. Des niveaux de difficultés modulables (facile-normal-difficile) sont même fréquemment implémentées pour proposer une opposition de la machine plus où moins opiniâtre.

    1. Vous sous estimez la performance. Étant développeur en jeu vidéo et plus spécialement en IA pour jeu vidéo je suis bien placer pour comprendre le sujet. Si il ne s’agissait que d’une question de précision ou d’APM le sujet ne m’aurai pas du tout intéressé. Alors oui elle est plus précise que l’humain dans la qualité des « cliques » mais elle a moins d’apm que les pro-gamers (environ 30% de moins). L’Ai qu’on voit à l’œuvre dans cette démonstration est vraiment innovante sur les stratégies, le placement d’unité et les décisions offensives et défensives. Il ne s’agit pas d’une Ai à la DeepBlue qui est juste une brute en calcule. L’infinité de solutions potentielles dans les actions de starcraft sont hors de porter de tout ordinateur. Il s’agit vraiment d’une simulation proche du jeu d’un joueur humain.

      Pour precision:
      AlphaStar joue a partir des données visible à l’écran et je sais que Blizzard (éditeur de StarCraft) a mis en place une API pour aider à la compréhension du jeu pour les AI. Mais une fois l’analyse de l’image réalisé l’Ai est soumis aux mêmes règles que le joueur humain sur ces actions et ses informations.

      1. Mettons alors concernant les apms que l’IA optimise mieux ses actions, ce qui ne me semble pas particulièrement plus impressionnant, en fin de compte.

        Concernant la metagame, je considère depuis longtemps que c’est un carcan que s’imposent les joueurs à eux-même et qui ne se justifie pas nécessairement par l’augmentation de leurs performances (estimation variable selon le jeu dont il est question toutefois). Cela procède très souvent d’un mimétisme paresseux (« tel joueur ou telle équipe joue de telle manière et gagne, faisons donc la même chose plutôt que d’élaborer une méthode qui nous est propre ») qui sous-exploite les possibilités offertes par le jeu et conduit à des déroulements de parties dramatiquement stéréotypées.

      2. Ils pourraient aussi faire un bras artificiel pour bouger la souris ça serait un sacré exploit mais au fond ça changerait quoi ? ça reste une machine actionnée par des algorithmes , un processus purement physique ( sans méta devant ) 🙂

    2. Les apm d’alpha star sont limités à ce que font les humains. On le vois en bas à gauche de la vidéo lors des matchs, et les commentateurs le précisent au début de la vidéo. Pour critiquer, il faut se renseigner.

    1. Réponse:
      « c’est super impressionnant quand on connait un peu le truc, elle a mis la pâté à deux des meilleurs joueurs du monde en étant moins rapide mais juste infiniment plus tactique c’est incroyable. »

  2. Vous pouviez déjà jouer contre  » l’intelligence artificielle  » à la sortie du jeu , il était pratiquement impossible de battre l’ordinateur au niveau le plus élevé , donc quoi de neuf ?

    1. Le titre est sensationnaliste et l’article banal. Comme si l’on allait pouvoir comprendre les acquis de l’IA en décomptant le nombre d’instances des mots utilisés. La suggestion que le deep learning va disparaître parce que d’autres techniques se sont avérées des voies de garage est ridicule : que la théorie du phlogiston ait été abandonnée n’était pas une indication que la théorie atomique qui lui a succédé serait elle aussi un feu de paille. Cette dame imagine qu’on peut aborder les progrès qui ont été réalisés en IA comme s’il s’agissait du remplacement du chapeau à plume par le béret qui sera lui-même suivi par le bonnet, à moins qu’il ne signale un retour au chapeau à plume…

  3. Analyses constantes, choix de tactiques et de stratégies adaptées, micromanagement, division de l’attention sans dispersion, adaptation adéquate et potentiellement instantanée à l’évolution de la situation, capacité à changer d’échelle (dans le cadre établi). On peut prendre acte de l’état de l’art actuel et de ce que cela peut signifier, mais il n’y a rien d’étonnant à ce que l’IA devienne plus performante lorsque tout ces domaines sont poussés à leur limite chez l’humain. On peut réduire le nombre de coups par minute, demander à l’IA de manœuvrer elle même sa caméra pour lui retirer sa vue d’ensemble instantanée. Il reste que l’infaillibilité deviendra toujours plus forte chez l’IA. Une IA sera toujours meilleur qu’un humain pour mettre en œuvre une fréquence, l’humain lui met en œuvre un rythme, c’est un aspect important de la vie, l’inexactitude des rythmes. Il n’est pas surprenant que la capacité d’inhibition, de choix devienne meilleure chez l’IA.
    Un autre aspect sur lequel l’article nous renseigne, ou plutôt ne nous renseigne pas, c’est l’absence d’émotions chez cette IA?
    C’est aussi la non utilisation du renoncement chez l’IA (ou peut-être qu’elle n’a rien à perdre à ne pas renoncer ?) et si l’on en croit Freud, la conscience serait la conséquence du renoncement aux pulsions. (Peut-on considérer la consigne de gagner comme une pulsion ?). Qu’en serait-il si on lui faisait prendre en compte son coût énergétique de fonctionnement sur plusieurs partie ? ou la gestion d’une image publique (une forme d’égo ?). On améliorera sûrement l’imitation. Mais est-ce que l’on parviendra à ce que l’IA fasse sauter son propre cadre d’apprentissage d’elle-même (ce que d’une certaine manière fait le joueur humain lorsqu’il choisit de pondérer préférentiellement l’expérience accumulée sur ces 5 parties précédentes avec l’IA pour sa 6ème partie).
    L’IA n’a nul besoin d’être humaine pour nous écraser ou nous exterminer, mais pour se rapprocher de l’humain, il lui faudra à minimum s’approprier nos limitations « flottantes », l’inexactitude de la vie, la capacité de créer de l’amour, s’approprier la nature humaine finalement.
    Et d’ailleurs il est urgent que nous comprenions ce qui fait de nous des êtres humains si nous voulons continuer d’exister.

  4. Mardi matin, février 1984 …
    30 secondes pour répondre …

    (456 . 789) exp 5 . 123 exp 4 = ?

    Machine : one point
    Human ; zero.

    Rien de neuf à l’ouest.

    Jouer à n’importe quel jeu numérisable et comparer ensuite les performances d’une structure électronique (ces versions ludiques toutes plus stupides les unes que les autres commencent à lasser … surtout les chercheurs en sciences cognitives, qui ont depuis longtemps dépassé les fantasmes des technicistes de Palo Alto sur l’intelligence physique) à celles d’un réseau neuronal humain relève de la même platitude critique et d’une cruelle absence de valeur scientifique.

    La finalité spécifique d’un réseau neuronal humain n’est pas de jouer à ces jeux futiles (contrairement à certaines machines très indispensables !!!) … sauf chez certains malheureux de la nature et de la culture, qui gagneraient surtout à rester méconnus.
    Bref.

    Un peu plus tard …
    Le mercredi 20 février 2019 …
    30 jours pour répondre …

    Comment les info 3D objectives (sans point-de-vue) dispatchées dans le cerveau, inclues ainsi à l’hypothétique « monde » physique (en 3D objective, lui aussi), se transforment-elles en percepts synthétiques 2D subjectifs (en relief avec point-de-vue) non inclues dans le cerveau ou dans le monde physique (par nécessité géométrique et confirmation expérimentale) ?

    Machine : what is a « synthetic percept » or a « synthetic object » or even a « physical world » ??????

    Machine : zero.
    Materialist humans ; zero

    Ontology of the 21st century (and later) : one point.

    De toute évidence, ce site reste prioritairement destiné aux cyborgs et aux réactionnaires matérialistes … ou aux fans physicalistes de Benjamin Libet. 🙂

    On pourrait digresser à l’infini sur ce qu’une structure matérielle bricolée serait plus apte à réaliser en un temps record par rapport à un esprit non matériel.
    Une boîte à rythme joue plus vite qu’un batteur. Magnifique !

    Depuis des millénaires, le bœuf laboure un champ plus vite qu’un humain.
    Et alors ??????

    Bientôt le festin du veau gras …

  5. Plus rapide ou plus tactique … surtout quand les objectifs du jeu sont traduits en langage machine par un programmateur humain.
    Toujours du computing matériel.
    Rien de neuf à l’ouest

  6. Sinon, à titre purement anecdotique …
    En dehors des activités pubères des geeks, des joueurs de tout poil, des militaires ou des boursicoteurs, quelle question existentielle fondamentale serait-elle susceptible d’être traitée (comprise, n’en parlons pas) par ce que l’on appelle abusivement et pompeusement une « intelligence  » artificielle ?
    Une « intelligence » artificielle est-elle seulement capable d’appréhender la notion-même d’intelligence … ou cette étiquette d’intelligence n’a-t-elle de sens que pour l’humain qui la lui pose, avec beaucoup de peine pour expliciter avec intelligence cette étiquette fantaisiste ?
    N’assisterait-on pas ici au retour en force des croyances magiques ?

  7. Patrick Bruel est champion international de poker, jeu qui demande d’autres atouts que la rapidité …
    Je n’attends pourtant pas avec impatience qu’il publie un traité révolutionnaire d’épistémologie !

    Les performances de « l’intelligence » artificielle ne relèvent généralement pas de thèmes qui concernent fondamentalement « l’intelligence » … sauf pour qui l’intelligence aurait comme visée première ces performances dans des jeux particulièrement futiles.

    Concédons ici que ces projets manifestement niais de l’intelligence artificielle actuelle ne tiennent pas à l’électronique elle-même mais surtout aux idiots qui en font leur passion.
    Si des penseurs se penchaient un jour sur ce domaine qui reste encore indubitablement entre les mains de techniciens bas de plafond, cette intelligence artificielle pourrait éventuellement porter des fruits un peu moins futiles … malgré ses limites ontologiques manifestes.

  8. Aristote distinguait déjà « tekhnè » et « épistémè ».
    Dans la culture et la société humaines, les deux jouent leurs rôles respectifs.
    L’intelligence artificielle relève principalement de la première.

    Cette emphase de l’IA dans la recherche, la littérature et les fantasmes populaires reflète surtout l’indigestion technologique de notre société contemporaine.

    Le problème socio-culturel et politique de cette situation vient en partie du fait que l’épistémologie est aujourd’hui largement à la traîne dans la culture et les médias face à cette emphase technologique.
    La philosophie académique reste majoritairement formatée par la formation littéraire et se montre encore incapable de suivre les évolutions techniques et scientifiques des 20ème et 21ème siècles (constat mis en évidence notamment par Stephen Hawking).

    Suite à ce retard, le discours actuel sur l’IA reste principalement celui de l’approche « tekhnè » (comme le montre le glossaire au lien proposé généreusement par Juannessy).

    L’IA reste (jusqu’à preuve du contraire) une intelligence physique, cantonnée à la structure 3D de son support (et à la dynamique 3D de l’information).

    L’intelligence humaine comporte, elle, des composantes non incluses a priori au monde physique, des composantes « méta-physiques », au sens étymologique, (les percepts visuels déjà mais aussi des notions de philo, logique, mathématique …). L’intelligence humaine est intimement corrélée à son support physique mais ne s’y limite pas.
    La conscience humaine n’est pas « dans l’univers physique » (c’est géométriquement impossible … contrairement à l’IA).

    Ces composantes méta-physiques de l’intelligence humaine peuvent être « matérialisées » (par un auteur humain) en langage physique symbolique (langage écrit ou oral) mais la traduction ultérieure de ce message symbolique, pour y donner sens, ne pourra se faire que par une intelligence « méta-physique » elle-même.
    Une intelligence purement physique pourra traiter ces symboles de manière strictement technique avec une grande efficacité mais en dehors de toute affectation de sens.

    Une machine qui bat un humain à un jeu ne donne a priori aucun sens à cette victoire … à moins que son programmateur n’ait au préalable décidé d’y associer des symboles qui feront sens à une lecture humaine ultérieure. mais ce sens sera le fruit de l’esprit humain (auteur ou lecteur).
    Gagner ou perdre à un jeu n’a aucun sens pour une machine.
    Associer éventuellement un smiley à la victoire de la machine n’aura de sens que pour un humain.
    Les émoticônes n’ont de sens que pour un lecteur humain.

    L’IA se montre (déjà dès ses préludes) plus performante pour le traitement de type « tekhnè » des symboles (en vitesse et maintenant en tactique) mais ce traitement, comme pour le cerveau humain (aspect physique de l’intelligence humaine), reste limité à la structure du monde physique.
    On peut évidemment s’émerveiller de ces performances et des répercutions positives à espérer pour les humains (médecine, logistique …).
    On peut aussi s’en inquiéter quant à l’impact possible sur la culture, l’économie, la politique … comme pour toute technologie.

    L’inquiétude traditionnelle envers la technologie visait surtout les dérives possibles de la part de leurs utilisateurs humains (concentration de pouvoir, pouvoir destructeur …).
    S’ajoute aujourd’hui une inquiétude quant à des dérives moins prévisibles, à partir d’un stade (futur possible) d’autonomie de cette IA par rapport à ses concepteurs et utilisateurs humains.
    Avec un certain recul historique, il n’y a pourtant aucune raison de craindre plus l’autonomie éventuelle de l’IA que la folie humaine des utilisateurs des technologies précédentes.

    Ironiquement, la folie et le cynisme politique restent des domaines où l’IA présente encore beaucoup de retard sur l’humain.

    1. « Une intelligence artificielle pourra éventuellement à l’avenir présenter un discours bluffant et tout aussi intelligent (voire plus) sur la conscience, cela ne prouvera pas autant qu’elle aura accès à cette conscience.
      Imiter un être conscient ne prouve pas que l’on est conscient. »

      Ben vi. Comme les…perroquets ou des « singes savants » ?

      « La relation entre l’intelligence matérielle (cerveau ou autre processus, humains ou non) et la conscience est bien plus subtile et complexe.
      Certains processus matériels cérébraux inconscients et certains processus psychiques non matériels (non situés dans la structure physique 3D du monde physique) participent du processus global aboutissant à la conscience. L’étude des processus physiques (cérébraux ou non) « intelligents » reste ainsi fortement lacunaire pour étudier la problématique bien plus vaste de la « conscience ».

      « Son étude dépasse ainsi largement les considérations strictement techniques de la grande majorité des chercheurs actuels en IA ou en cognition, emprisonnés pour la plupart dans des paradigmes matérialistes ou physicalistes gravement réducteurs, hérités principalement des 18ème et 19ème siècles. »

      Entre autres…
      Merci ! 🙂
      Je plussoie : Simuler n’est pas jouer

      Cependant, oui, toutes ces tentatives d’algorithmer, coûte que coûte, le fonctionnement de la conscience doivent nous interroger et rapidou !

      «Le premier à avoir formulé des lois pour se protéger des robots, c’est l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov, en 1942», souligne l’ingénieur de recherche au CNRS Édouard Kleinpeter. Trois lois, très simples, qui servaient principalement à empêcher le robot de porter atteinte à l’humain ou l’humaine, l’interdit suprême, et à le maintenir dans une position de vassal. Que faire face à des machines plus complexes et plus autonomes? «Aujourd’hui, on envisage d’exprimer la morale de façon algorithmique, programmable, pour l’intégrer aux machines, dont certaines d’entre elles sont déjà dans les rues, au contact des humains.» Comment programmer une morale? En la réduisant à une série de choix. »

      « Quatre millions de réponses plus tard, Moral Machine devient «la plus grande enquête mondiale sur la morale», selon son concepteur Iyad Rahwan. Les résultats de l’étude devraient, selon le MIT, permettre aux concepteurs et conceptrices de programmer les voitures autonomes dans leur prise de décision, en s’appuyant sur le fameux dilemme du Tramway. «C’est un exercice de philosophie analytique qui traîne un peu partout depuis les années 1970. Il permet d’envisager les grands principes d’éthique et de morale, explique la philosophe Frédérique Leichter-Flack. Or crowdsourcer la morale me paraît problématique. Cette petite fiction manipulatoire banalise la décision de vie ou de mort et est biaisée. Il est impossible de retranscrire ce qui se joue dans notre prise de décision IRL: les émotions? les doutes? les grands principes?»

      «Un petit exercice de pensée comme Moral Machine nous pousse à nous interroger sur nos valeurs, sur l’acceptabilité sociale de telle ou telle chose, poursuit Frédérique Leichter-Flack. Mais le vrai débat est: dans quelle société a-t-on envie de vivre? Peut-on accepter de vivre dans un monde où seuls l’utilitarisme, l’efficacité, comptent?» Si on s’inquiétait encore d’être un jour dépassés par une escadrille de robots, on peut toujours se rassurer en se disant que, pour l’instant, nous, au moins, on est en capacité de se poser toutes ces questions.
      http://www.slate.fr/story/170313/preferer-ecraser-homme-ou-femme-chien-ou-enfant-morale-intelligence-artificielle

      Markus Gabriel : « On a remplacé à tort l’idée d’âme par l’idée de logiciel »
      REMY DEMICHELIS 13/02/2019
      https://www.lesechos.fr/intelligence-artificielle/cercle-ia/0600686215341-markus-gabriel-on-a-remplace-a-tort-lidee-dame-par-lidee-de-logiciel-2244454.php

      1. « Si nous ne voulons pas devenir les victimes de la numérisation, si nous refusons de nous muter en junkies désespérés de l’info ou en zombies technologiques, il faut que nous exorcisions nos gadgets technologiques et les dépouillions de cette croyance en leur toute-puissance. »

        « Qu’est-ce que penser ? Cette interrogation, aussi vieille que la philosophie, est plus actuelle que jamais, à l’heure où pensée et intelligence artificielle sont souvent associées. Une représentation erronée et dangereuse, soutient Markus Gabriel, qui explique pourquoi la pensée humaine ne sera jamais remplacée par les machines. À travers ce livre incisif, qui mêle théories philosophiques et références culturelles populaires, le philosophe prend part à un des débats majeurs de notre époque. »
        https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/pourquoi-la-pensee-humaine-est-inegalable-9782709663922/

  9. Comme ingénieur en électro-mécanique, j’ai depuis longtemps eu l’opportunité d’observer les fines préoccupations épistémologiques et philosophiques en général des spécialistes en cybernétique.
    Ce constat ne peut les blâmer, ils ne sont aucunement responsable de leur désastreux cursus universitaire ou technique.

    Lâcher dans la société des ingénieurs sans culture épistémologique ou philosophique, comme c’est globalement le cas, est socialement bien plus irresponsable que d’accorder un permis de conduire sans formation ni examen à des adolescents de 12 ans.

    Voici un demi-siècle, notre société a lâché de manière sauvage dans l’écosystème des ingénieurs nucléaires munis des mêmes œillères culturelles, sociales, politiques et de la même suffisance intellectuelle que les spécialistes actuels en IA.
    Ces génies ont construit des centrales dont la durée de vie correspondait, comme par hasard, à la leur. Joli nombrilisme.

    On ne change pas une équipe qui gagne !

  10. Un humain aveugle de naissance et suffisamment cultivé est indubitablement apte à présenter un discours intelligent sur la peinture, alors qu’il n’a jamais eu accès directement aux percepts visuels.

    L’aptitude (par imitation, analogie, assimilation, analyse externe des données …) à présenter un discours intelligent sur un registre ontologique ne constitue en rien une preuve que son auteur a un accès direct à ce registre.

    Une intelligence artificielle pourra éventuellement à l’avenir présenter un discours bluffant et tout aussi intelligent (voire plus) sur la conscience, cela ne prouvera pas autant qu’elle aura accès à cette conscience.
    Imiter un être conscient ne prouve pas que l’on est conscient.
    – On éludera ici la vaste problématique ontologique du (des) solipsisme(s) en corollaire de cette critique. –

    L’étude technologique se laissera peut-être bluffer par la mise en scène, non l’analyse épistémologique critique.

    Certains processus manifestement intelligents (parfois plus intelligents que l’intelligence consciente) du cerveau humain ne sont pas corrélés directement à des phénomènes de conscience subjective et restent ainsi inconscients pour le sujet. Ces mécanismes inconscients ne se révéleront éventuellement qu’à une analyse plus poussée (psychanalyse, étude comportementale, imagerie cérébrale, autopsie …).
    L’activité d’une intelligence (humaine ou autre) fonctionnelle n’implique donc pas systématiquement l’apparition de phénomènes conscients subjectifs associés.

    La relation entre l’intelligence matérielle (cerveau ou autre processus, humains ou non) et la conscience est bien plus subtile et complexe.
    Certains processus matériels cérébraux inconscients et certains processus psychiques non matériels (non situés dans la structure physique 3D du monde physique) participent du processus global aboutissant à la conscience.
    L’étude des processus physiques (cérébraux ou non) « intelligents » reste ainsi fortement lacunaire pour étudier la problématique bien plus vaste de la « conscience ».
    Son étude dépasse ainsi largement les considérations strictement techniques de la grande majorité des chercheurs actuels en IA ou en cognition, emprisonnés pour la plupart dans des paradigmes matérialistes ou physicalistes gravement réducteurs, hérités principalement des 18ème et 19ème siècles.

    Concernant plus particulièrement l’avenir de l’IA, on peut s’attendre culturellement et socialement à une divergence du discours (dont les grandes lignes se dessinent déjà) :
    – le discours technique (majoritairement matérilaiste ou physicaliste, à l’ontologie réductrice mais satisfaisante pour les problèmes techniques), qui accumulera les sophismes et amalgames mais n’en perdra pas pour autant toute efficacité pratique dans la solution de certains problèmes techniques (tout en en créant d’autres, comme toute technologie) ;
    – le discours scientifique critique, qui s’appliquera à plus de rigueur logique et épistémologique (fondé sur des considérations ontologiques plus complexes que le physicalisme primaire) mais risquera de garder une distance existentielle trop prudente, voire socialement inefficace.

    Il s’agit là de la dialectique multiséculaire entre tèkhné et épistémè.

    Quelle voie suivre ?
    Dans la poursuite boulimique technologique et le gonflement de la bulle spéculative actuelle qui s’en nourrit, la voie technique sera probablement préférée et des effets médiatiques comme des challenges ludiques (échecs, go, jeux vidéo …) boosteront les ventes de l’édition et la cote des actions des investisseurs dans ces technologies … jusqu’à éclatement de la bulle.

    Pour les questions éthiques, juridiques, socio-culturelles, etc., il serait par contre urgent de commencer à corriger cette naïveté technique analytique par quelques touches de réflexion épistémologique critique (sans s’égarer dans les dérives de type religieux, prévisibles sur certains thèmes associés) … avant d’accorder la citoyenneté à une marionnette techniquement intelligente, apte à singer ou à dépasser l’intelligence technique humaine, sans avoir le moindre accès subjectif direct à la conscience.

    Théoriquement, rien n’empêchera le législateur de bricoler à l’avenir de nouveaux statuts juridiques concernant les futures formes d’intelligence, lesquelles participeront de plus en plus activement à la vie de la cité et auront indubitablement leur mot (de plus en plus intelligent) à dire.
    A un moment, cette démarche juridique deviendra incontournable.
    Il serait par contre assez stupide (et dangereux pour la défense des droits de l’Homme) de chercher à extrapoler ces nouveaux statuts atypiques à partir de ce qui existe déjà pour l’humain.

  11. Charles Ballarini,
    Grand merci pour votre thème proposé.
    Nous sommes tous sur ce thème des primitifs.
    Nous avançons des théories, des hypothèses, des thèses, etc., qui nous apparaissent cohérentes en 2019.
    Les certitudes actuelles n’ont pour la plupart aucun fondement, notamment les thèses matérialistes, physicalistes ou autres réifications des hypothétiques modèles relatifs aux êtres « cachés derrières » les apparences phénoménales (percepts conscients des sciences cognitives).
    Poursuivez vos recherches.
    Prochainement, elles montreront leur pertinence … mais probablement pas « où » vous l’attendez.
    Bonne route,
    pascal

    1. Je confirme qu’en matière de métaheuristique , je suis dans les limbes, et ça me désole de n’avoir pas soixante ans de moins pour creuser ce sillon .

  12. Juannessy,

    C’est (entre bien d’autres choses) ce qui vous distingue fondamentalement de l’IA.

    Le nœud de la métaheuristique est la notion d’optimisation.
    En algorithmique et en IA, cette notion a une connotation principalement quantitative (déjà !).
    L’optimisation se définirait sommairement comme la recherche d’une singularité paramétrique, comme un minimum ou un maximum (locaux ou absolus).
    Les paramètres y sont principalement quantitatifs et leur optimisation aussi (sauf si un humain arrive à modéliser les notions qualitatives de la psychologie humaine en termes quantitatifs, traités par l’algorithme ou l’IA).

    Mais le choix final entre maximum ou minimum relève généralement de la subjectivité humaine du concepteur ou de l’utilisateur humain, qui aura influencé dès le départ les méthodes de choix en un sens plutôt que l’autre.

    Par exemple, concernant de temps de résolution d’un problème donné, c’est l’humain qui donnera une préférence au temps de résolution minimal par rapport à un temps de résolution maximal.
    Cette notion première fonde toute la rhétorique actuelle de la métaheuristique.

    La psychologie humaine préférera un temps de résolution minimal en réponse à sa propre impatience ou à des principes idéologiques subjectifs comme « carpe diem » ou « on ne vit qu’une fois », etc.

    Pour une machine ou une IA, il y aura bien découverte de singularités et d’extrema, mais le sens donné à ceux-ci relèvera de la subjectivité humaine. De même pour la préférence en une catégorie de singularités plutôt qu’une autre.

    Pour l’IA, concernant le délai notamment, trouver une solution à un problème dans une minute ou dans un an ou un siècle … c’est kifkif.
    « On ne vit qu’une fois », cela n’a aucune signification et ne fonde aucune préférence a priori pour l’IA. Si ses composants électroniques (ou biologiques) sont déstructurés puis recyclés pour une autre entité d’IA, cela ne concerne pas a priori son traitement de données. Que la solution à un problème soit trouvée lors de sa « vie individuelle » ou plus tard, c’est pareil.
    Le carpe diem, elle ne connaît pas !
    … sauf si un humain a introduit cette préférence subjective du « délai court » dans les objectifs de résolution.

    C’est l’humain qui va sélectionner des formes d’IA qui sont plus rapides que d’autres … selon ses propres impératifs psychologiques subjectifs … sauf si l’humain place ensuite ces IA dans des situations de compétition éliminatoire où le « délai court » deviendra un critère compétitif positif.

    Pour revenir au début …
    Regretter de ne pas être né à une époque plutôt qu’une autre, c’est typiquement humain. Cela dépasse les considérations strictement techniques et quantitatives.
    Pour les êtres humains, cette rapidité de résolution par l’IA engendrera probablement des externalités sociétales qui deviendront (humainement) plus problématiques que les problèmes initiaux traités artificiellement. (Voir le désenchantement après un demi-siècle d’utopie nucléaire, civile et militaire).

    Dans un siècle, une majorité d’humains (ceux qui subiront les effets de l’IA, aux mains d’une minorité hyper-puissante) prononceront peut-être le regret suivant, malheureusement encore plus utopique : « ça me désole de ne pas être né soixante ans plus tôt ».
    😉

    Dans un registre plus prosaïque, comme l’économie, l’IA peut trouver des singularités comme « bénéfice maximal » ou « bénéfice minimal ». Point.
    Choisir l’un plutôt que l’autre relève de la subjectivité du concepteur humain et de l’utilisateur.
    Fondamentalement, une IA se fout royalement d’obtenir un bénéfice maximal ou minimal … sauf si une préférence lui a été dictée par un humain.
    Plus fondamentalement, l’intérêt pour toute « singularité » n’est-il pas un trait psychologique humain ?

    Concernant un jeu de stratégie, on pourrait par exemple chercher à programmer l’IA pour qu’elle perde les parties paires et gagne les parties impaires.
    … ou tout autre objectif « fantaisiste ».
    La notion de « fantaisie » relève aussi de la psychologie humaine.
    Pour l’IA, chercher à gagner, perdre ou toute autre issue n’a aucun sens a priori.

    L’approche de ces technologies reste encore assez proche des phénomènes culturels religieux avec leurs projections tous azimuts d’origine anthropique.

    L’IA ne choisit pas elle-même, jusqu’à présent, ses propres objectifs de manière « libre ».
    On peut éventuellement la concevoir pour qu’elle les choisisse de manière « aléatoire ».

    Mais, en philosophie humaine, les notions essentielles de « libre » et « aléatoire », ne sont pas équivalentes, loin de là.
    Ce qui n’est pas le cas actuellement en métaheuristique !
    En métaheuristique, la notion de « liberté » se traduit techniquement de manière extrêmement réductrice en « processus aléatoire ».

    Ce genre de réductionnisme épistémologique et philosophique maintient manifestement l’IA dans le registre de la technologie.
    Technologie « de pointe », « haute » technologie, technologie « intelligente », soit … mais rien d’autre que de la technologie.

  13. Petite mise en garde destinée aux « techniciens à œillères » actuels de l’IA …

    L’IA ayant comme tendance et à terme comme objectif de traiter de manière exhaustive tous les problèmes techniques de la vie humaine, individuelle et collective, elle est ainsi vouée à remplacer socialement … les techniciens eux-mêmes.

    Si ces technologies sont à l’avenir mises au service de la collectivité de manière équitable, utopie extrêmement improbable, ces techniciens peuvent alors rêver de la semaine des quatre jeudis et des congés payés à vie.

    Mais selon une prospective bien plus réaliste, ils sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, eux et leurs enfants.

    Les marionnettistes occultistes (de Palo Alto ou d’ailleurs, loin des idéologies matérialistes naïves qu’ils entretiennent pour maintenir le peuple dans l’ignorance) ont quant à eux des prospectives et ambitions qui ne relèvent ni du réductionnisme techniciste ni de l’équité sociale.

  14. L’impasse pour le citoyen lambda est le partitionnement politique international des puissants (de l’IA maintenant, comme du nucléaire de la guerre froide) qui a pris depuis longtemps le pas sur la très utopique « internationale des travailleurs ».

    https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-intelligence-artificielle-quand-la-chine-aura-pris-le-pouvoir-73417.html

    La problématique sociale liée à l’IA (et au reste) n’est plus locale (ni française, ni européenne) mais planétaire.
    L’Europe se trouve actuellement en concurrence/partenariat avec les USA et en concurrence/guerre contre la Chine, principalement.

    Les démocraties nationales européennes ne peuvent espérer gérer unilatéralement (même en s’unissant au niveau européen, utopie qui arrive déjà trop tard) l’explosion de l’IA pour en faire un outil démocratique.
    La Chine se fout magistralement des considérations démocratiques !
    Et la prospective actuelle prévoit à terme une domination croissante de l’IA chinoise … au service de la dictature.

    Partout où il pose actuellement ses pions stratégiques (économiques et militaires), l’impérialisme chinois, dictature nationaliste raciste, évince les travailleurs locaux des postes clés pour y placer ses sbires chinois.
    Son projet n’est pas une démocratie humaniste planétaire mais l’emprise à échelle mondiale d’un nationalisme chionis exacerbé, qui n’a rien à envier au « make America great again » d’outre Atlantique : faire de la dictature chinoise de tonton Xi la plus grande puissance mondiale, économiquement, politiquement et militairement pour 2050.

    Le moteur idéologique de ce projet, nourrit par un passé de frustration locale envers l’impérialisme européen, rappelle la frustration allemande consécutive du traité de Versailles. Vive le romantisme nationaliste !

    La gestion dictatoriale actuelle des réseaux « sociaux » par le gouvernement chinois et sa surveillance tous azimuts à la sauce Big Brother prévoit des lendemains qui chantent.

    Il est désormais fortement conseillé aux geeks occidentaux d’apprendre le chinois et l’obéissance aveugle … ou à jouer au go manuellement pour occuper leurs longues années de prison, au cas où il leur viendrait à l’idée dans quelques années de tenter la désobéissance civique envers la dictature chinoise.

    Vivement dans 60 ans !
    🙂

    1. Merci de ces développements .

      Je retiens le lien privilégié entre « sens  » et  » temps « , comme une vieille « connaissance » .

      Si , comme certain, je ne suis pas là dans 60 ans , buvez un coup à ma santé .

  15. Outre l’orthographe bâclée, vous aurez corrigé :
    Cette divergence était absente de l’univers-bloc (zone future) de départ … quoique déjà présente dans le multivers d’Everett mais dans des branches nettement moins probables. Cette présence était évidemment virtuelle.

  16. On notera ici qu’en littérature (ou au théâtre, au cinéma), ce qui donne « sens » à un récit, par rapport à une histoire platement prévisible, est généralement l’accident, ce qui est improbable ou au moins imprévisible.
    Ceci ne signifie pas que tout accident soit porteur de sens, pour une conscience humaine.
    Toutefois, on peut déjà s’attendre à ce que l’IA du futur, appliquée à la création artificielle de récit, soit obligée de jouer sur cette notion de faible probabilité pour tenter de donner un ersatz de sens à un récit imaginaire.
    Seule la lecture par une conscience humaine restera juge en dernier ressort de la réussite de cette technique artificielle.
    Par une stratégie de comparaison avec la masse de données de la littérature existante, cette tentative artificielle de création d’un récit générateur de « sens » (vu comme intérêt littéraire) atteindra peut-être plus fréquemment son but.
    D’ailleurs, cette technique, comparable au plagiat, permet déjà à certains auteurs humains de faire illusion malgré une absence manifeste de talent créatif.

    La réflexion sur la relation entre « sens » et « occurrence improbable » pourra également s’étendre à d’autres domaines que l’IA, comme notamment la notion de « synchronicité » (CG Jung).
    C’est cette relation ambiguë qui a amené CG Jung à développer sa thèse selon laquelle certains « signifiants improbables », non humains, pourraient être porteurs d’un « sens transcendantal » émanant d’une hypothétique intelligence nouménale, transcendant les occurrences physiques phénoménales.
    Cette thèse avance l’idée selon laquelle tout signifié subjectif humain consécutif à l’interprétation de ces signifiants physiques improbables ne se limiterait pas à une spéculation gratuite, inspirée par ces occurrences particulières … mais constituerait un média particulier de communication avec une intelligence nouménale non humaine, d’origine transcendantale ou inhérente à un inconscient collectif (non physique).

    L’avenir de l’IA, selon des approches scientifiques méta-matérialistes (domaine de recherche encore embryonnaire), nous permettra probablement de développer ces réflexions et de disposer de grilles de lecture plus pertinentes que celles actuelles (surtout les grilles matérialistes).

    Mais quels que soient les développements de ces recherches, ils ne permettront jamais d’atteindre une certitude absolue quant à ces thèses ontologiques fondamentales liées à la dialectique noumène/phénomène … comme pour les théories « à jamais hypothétiques » apparentées au solipsisme.

  17. (Texte précédent le post du 4 mars 2019 à 4 h 11 min
    Désolé pour l’ordre perturbé)

    Pour la relation temps/sens, bien vu !

    La relation au temps est essentiellement différente entre la situation d’une intelligence physique (l’IA ou le cerveau dans ses processus non conscients) et celle de la conscience.

    Pour mieux cerner cette différence, il faudrait ici présenter quelques considérations de mécanique relativiste concernant la notion d’univers-bloc. Ce paradigme post-mécanique classique montrerait alors tout son intérêt en ontologie mais surtout en sciences cognitives.
    Rentrer dans ces considérations impliquerait de développer une approche ontologique plus fine et complexe à propos des notions de réalité et de virtualité.
    Cela serait assez oiseux (encore plus que mes tartines usuelles !!!) dans la phase introductive, avant d’arriver aux implications elles-mêmes.
    Tentons quand-même ici un raccourci sauvage. 🙂

    On passe alors notamment par une approche théorique intéressante du multivers d’Everett, qui ne nécessite pas en outre les interprétations pseudoscientifiques usuelles de la mécanique quantique (notamment sur le principe d’incertitude). Une structure non discrète de l’espace-temps se dispense déjà du principe théorique d’incertitude, du simple fait qu’une mesure de précision infinie est impossible en pratique dans un espace continu. Lapalissade.

    De même, ce multivers (à ne pas confondre avec d’autres notions de multivers) ne peut être abordé avec pertinence ontologique sans ces considérations plus fines (réalité, virtualité, etc.) et sans rapporter ces considérations à leur impact coercitif (selon l’hypothèse réiste grossière) sur la conscience subjective humaine.

    Un univers-bloc (même en incluant les considérations de mécanique quantique) est indépendant du « temps vécu » par un visiteur conscient. Sa structure physique (objets 4D formant un tableau 4D) est atemporelle et figée (comme un livre fermé).
    Il est strictement déterminé (même si cette détermination est physiquement inaccessible « de l’intérieur », à partir d’un « point instantané 4D » d’observation). Cette indétermination ponctuelle (espace-temps) ne fonde pas ontologiquement l’existence d’une divergence d’univers-bloc, ni son éclatement « réel » en multivers.
    Cet éclatement reste virtuel. Par ailleurs, on peut imaginer une divergence virtuelle tant vers le futur que … vers le passé ! Elles ne sont pas symétriques dans leurs principes organisateurs mais les deux sont virtuellement possibles (mais selon des virtualités de types différents).
    Cette divergence virtuelle ne fonde pas non plus le sens de la flèche du temps.
    Bref.

    Dans cet univers-bloc, le futur (au sens physique et selon notre sens conventionnel actuel de la flèche du temps en mécanique classique) existe déjà … comme virtualité.
    La notion de « réalité en soi » de ce futur n’a pas de sens, sinon un sens factice et gratuit, en dehors de toute coercition « actuelle » avec une conscience de lecture.
    C’est la « coercition en acte » avec la conscience qui fonde ontologiquement la distinction entre réalité et virtualité.
    On peut évidemment développer une ontologique qui recense et classe divers types de virtualité (certaines étant plus « réelles » que d’autres).
    Déjà, par rapport à un hypercône lumière, on repère 3 zones correspondant à 3 types de virtualité : la virtualité de type passé (intérieur arrière) ; de type futur (intérieur avant) ; et de type espace pur (extérieur latéral).

    On peut imaginer d’autres univers-bloc virtuels et d’autres multivers virtuels répondant à d’autres lois physiques … ou des mondes non physiques plus fantaisistes. Etc.
    Cette approche ontologique rationnelle permet de classer avec plus de finesse et d’intelligence les « hypothèses virtuelles religieuses » … que via les réflexes usuels de déni primaire des idéologies matérialistes ou physicalistes réductrices.

    Ce qui « réalisera la virtualité » sera immanquablement la coercition en acte avec une conscience (voir aussi ici les cogitations sur les divers solipsismes).

    Etc.

    Remarquons au passage que cette coercition « réalisante » n’est pas instantanée, au sens d’instant pur.
    La conscience n’est pas une succession « d’instants purs de conscience » … sinon, la notion de temps qui passe n’existerait pas.
    La notion de « maintenant » non plus.
    Dans l’univers-bloc, c’est « maintenant partout » !

    Pour une IA, intelligence strictement physique, « maintenant » n’a pas de sens (sinon un signifié technique).
    L’IA est atemporelle, elle relève strictement de la structure de l’univers-bloc.
    Il est possible de lui donner un contenu « pseudo sémantique » artificiel à un signifiant lexical comme le mot « maintenant ». Elle peut aussi l’acquérir par traitement de données en analysant les écrits humains.
    Mais le signifié artificiel traité par l’IA du mot « maintenant » restera essentiellement différent des sensations psychologiques subjectives que la conscience humaine associe au mot « maintenant ».

    L’IA n’est pas une intelligence du « maintenant » au sens psychologique.
    L’IA est celle d’un texte 4D participant au livre 4D de l’univers-bloc virtuel.
    L’IA technique de l’an 2500 existe déjà dans l’univers-bloc … mais virtuellement.

    Transférer l’intelligence technique cérébrale humaine dans un support artificiel pour un avenir où la conscience subjective métaphysique de lecture serait absente ne présente aucun intérêt.
    D’ailleurs, ce futur existe déjà … virtuellement.
    Sans conscience « réalisante », il ne se réalisera jamais.

    Si « l’intelligence métaphysique » humaine (pas celle de son cerveau abandonné à ses fonctions biologiques neuronales premières) introduit dans l’univers-bloc des options structurelles de probabilité physique quasi nulles … alors elle y introduit une divergence de type Everett.
    Cette divergence était absente de l’univers-bloc (zone future) … mais déjà présente dans le multivers d’Everett mais dans des branches nettement moins probables. Cette présence était évidemment virtuelle.

    Il s’agit ici, pour la conscience humaine, d’un autre type de virtualité … moins probable selon les seules lois physiques … mais plus intéressante pour la conscience humaine.
    Et ces distinctions (types de virtualité et différence de probabilité) sont étroitement liées à la notion de « sens » pour une conscience humaine.

    Pour une IA, le développement en signifié du signifiant « sens » se limite à celle inscriptible dans un univers-bloc abandonné aux seules lois physiques.

    Quel intérêt alors de la relation entre une conscience humaine et le multivers ?
    Choisir simplement une branche peu probable ?
    Non, de toute façon, toutes ces branches existent virtuellement, les probables et les moins probables … mais sur un plan virtuel, non réalisé.

    Le multivers a-t-il besoin de l’humain pour « élaborer » ces signifiants improbables ?
    Non plus.
    En outre, la notion temporelle « d’élaboration » (ou de « création ») n’a pas de sens concernant un univers-bloc car il existe virtuellement « antérieurement » à toute notion de temporalité, il est atemporel.

    Mais ce qui est existentiellement essentiel pour la conscience humaine, c’est le « signifié subjectif métaphysique » au niveau de la conscience, signifié temporel « actuel » associé à ce « signifiant physique muet » de l’univers-bloc ou du multivers strictement physique et … gratuit ontologiquement.

    C’est lors de la coercition de ce signifiant virtuel physique envers une consciente « actualisante » (en vécu psychologique subjectif conscient, non inscrit explicitement dans la structure physique) que naît le « sens ».

    Et ce « sens » conscient se distingue nettement du signifié technique grossier (même éventuellement très complexe) d’une IA ou de la structure cérébrale.

    On pourrait ici étendre la réflexion sur la relation entre la faible probabilité physique d’une branche du multivers et la richesse du sens associé au niveau psychologique méta-physique.
    Cette réflexion permettrait alors de mieux cerner la distinction fondamentale entre la complexité (croissante) d’une IA, complexité à forte probabilité d’occurrence physique, selon la prospective actuelle … de la notion de « sens » développée en philosophie et ontologie … dont l’occurrence selon les seules lois physiques correspond à des branches nettement moins probables d’un univers d’Everett.

    Si les présentes cogitations sommaires inspirent peu l’épistémologie de demain, espérons qu’elles plaisent au moins aux auteurs de science-fiction.

    🙂

  18. Célébrons la beauté et la profondeur de l’Univers : une conversation inspirante avec Trinh Xuan Thuan
    30 décembre 2018

    Pour bien commencer l’année 2019, en prenant de la hauteur, la rubrique Science et Technologies vous propose de goûter aux splendeurs du cosmos : l’astrophysicien Hervé Dole, auteur de l’ouvrage Le côté obscur de l’univers converse avec son confrère Trinh Xuan Thuan (astrophysicien et professeur à l’université de Virginie) à l’occasion de la sortie de son Dictionnaire amoureux illustré du ciel et des étoiles.

    « Vous, qui êtes spécialiste des galaxies naines et des premières étoiles, avez-vous d’autres domaines de prédilection que vous aimez évoquer ? »

    « J’aime écrire sur la relativité, la déformation du temps et de l’espace, et cette notion d’absolu qui fonde la théorie à travers l’invariance de la vitesse de la lumière. Je suis aussi en train d’écrire un ouvrage sur l’histoire de l’astronomie. Au début, les humains regardaient le ciel sacré, puis l’espace est devenu profane grâce à la science. Aujourd’hui, je veux évoquer l’interaction entre ces deux univers. Emerveillés, nous avons redécouvert le sens du sacré ».

    « Quelle est la place de la spiritualité, dans votre démarche de scientifique et de vulgarisateur ? »

    « La science et la spiritualité constituent, de mon point de vue, deux magistères différents. Les lois physiques et mathématiques sur lesquelles la communauté des chercheurs se sont accordées au cours de l’Histoire fondent la science. Quand elle s’arrête, commence le pari pascalien :

    « Car enfin, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. »

    « C’est mon pari métaphysique. La science m’éclaire, mais elle ne s’applique pas au spirituel. Aucune équation mathématique ne démontrera l’existence d’un Créateur et, moi astronome, je ne découvrirai aucun Dieu barbu au bout de ma lorgnette. Je suis un bouddhiste, adhérant à une pensée qui existe depuis 2500 ans et qui n’a pas besoin de preuve scientifique. Mais j’ai la conviction que ces deux domaines, qui décrivent le réel chacun à leur manière, doivent se rencontrer quelque part. La cosmologie est une science qui pose des questions d’ordre métaphysique : d’où vient l’Univers ? Ou va-t-il ? Il y a cette impermanence des choses, tout change, tout bouge, tout évolue, pour le vivant et pour l’univers. De même, tout est interdépendant, tout est connecté. L’astrophysique l’a montré : nous sommes tous des poussières d’étoiles. »

    Comment parler de l’Univers aujourd’hui ? Que transmettre ?

    « Nous avons de la chance : l’astronomie passionne le public. Son « zoo » galactique fascine : pulsars, quasars, trous noirs, autant d’objets encore mystérieux. Que dire aussi de l’évolution des étoiles, de notre soleil, de cet infiniment petit qui a accouché de l’infiniment grand… De toutes ces questions ouvertes qui nous échappent encore, la matière noire, l’énergie noire. Et tout cela n’est pas abstrait. Il y a des personnages qui ont fait vivre cette histoire de 13,8 milliards d’années. Galilée, Newton, Einstein sont les plus célèbres, mais il y en a tant d’autres. Cela devrait nous obliger, en tant qu’humains dépendants les uns des autres, à prendre soin de notre planète commune, et à trouver des solutions au réchauffement global qui la menace. De passage à Paris ces jours-ci, j’entends parler d’une pétition citoyenne signée par plus d’un million de personnes pour obliger les Etats à s’engager plus pour le climat : c’est une belle initiative, et un symbole très fort. »
    https://theconversation.com/celebrons-la-beaute-et-la-profondeur-de-lunivers-une-conversation-inspirante-avec-trinh-xuan-thuan-109195

  19. Lien intéressant de nouveau.
    Grand merci.

    L’émerveillement intellectuel ou artistique est a priori une porte ouverte sur « le » sacré.
    (Voir l’ouvrage de référence « Le sacré » de Rudolf Otto).
    Ce qui sent la lapalissade, en grattant un peu …
    La (non)notion de « sacré » ressemble, dans une société du langage aux étiquettes compulsives, à une vaine tentative d’objectivation de notre état émotif lorsque nous n’avons plus prise sur une situation phénoménale ressentie comme « mystérieuse » ?
    Mais cette tentative d’objectivation profanera immanquablement ce supposé sacré lors de l’exercice de substitution effectué par le mental, qui remplacera in fine cet indicible par un artefact conceptuel.
    Cette porte ouverte sur le sacré se referme souvent sur les pièges des sens et du mental.

    C’est là que bifurquent deux voies principales, celle de l’initiation et celle du religieux (qui déguise le profane en parodie de sacré, en illusions et artefacts … la maçonnerie, religion parmi d’autres, tombant elle-aussi dans cet écueil de la mise en scène).

    La dérive religieuse usuelle consiste alors à poser sur cet « indicible sacré » des noms, comme s’il s’agissait d’un phénomène, voire d’un objet utilitaire … que le mental s’empressera d’écrire avec une majuscule pour se rassurer quant à sa volonté de puissance.
    Le plus naïf et le plus éculé de ces subterfuges est le mot « Dieu ».
    Le bouddhisme (sauf certaines voies radicales du zen) n’échappe pas à cette dérive, avec son interminable liste de superlatifs à majuscule.

    Les mots à majuscule, dans les textes présentés comme spirituels, témoignent surtout d’une forme sournoise d’idolâtrie, celle des scribes et de leurs lecteurs, dans une société de l’écrit.
    La multiplication de ces majuscules dans un texte supposé spirituel nous enseigne non sur le sens du sacré de son auteur mais plutôt sur son idolâtrie du verbe (le new age bat des records dans cette niaiserie).
    Les religions de l’écrit n’ont-elles pas poussé cet égarement jusqu’à poser sur le sacré des étiquettes propres aux scribes eux-mêmes comme le « Logos » ou le « Verbe » … avec leurs majuscules symptomatiques ?
    Les yogis antiques, obsédés par la maîtrise de la respiration, ont eux aussi pondu en leur temps le concept d’Ātman.

    Bigoterie multiséculaire !
    Pourquoi notre époque y échapperait-elle ?
    Tout ceci est d’autant plus prévisible que nos sociétés occidentales s’imaginent libérées des égarements religieux … l’avenir nous montrera qu’il n’en est rien, loin de là.

    Dans une société du visuel, cette dérive idolâtre prendra d’autres formes … comme l’émerveillement sensualiste face aux images (artificielles de surcroît), qui deviendront les nouveaux supports, les nouvelles idoles.
    Les photos ou vidéos remplacent les statues des religions antiques ou primitives.

    Il me semble que l’on assiste ici à une telle dérive religieuse idolâtre … qui reste fondamentalement profane.
    « Célébrons la beauté et la profondeur de l’Univers ».
    Notons au passage que chez les adeptes de la religion matérialiste, l’univers a pris évidemment une majuscule … tiens, tiens ! Alors que vous le trouverez bien dans la partie « noms communs » d’un dictionnaire.

    L’univers n’est rien d’autre qu’un concept humain parmi d’autres.
    Sacraliser artificiellement les concepts en leur apposant une majuscule laisse deviner un mécanisme narcissique sous-jacent. En idolâtrant ses concepts, le mental se glorifie indirectement lui-même ainsi que sa prétendue aptitude à tout cerner, tout maîtriser.
    Quand le mental vénère l’idée de dieu ou l’idée d’univers, jusqu’à les écrire avec majuscules, c’est lui-même qu’il vénère.
    Une spiritualité critique chercherait à éviter ces écueils idolâtres sournois … d’autant plus sournois que l’on s’imagine abusivement qu’il suffirait de gommer de la culture le mot « dieu » pour se libérer par magie des tendances religieuses archaïques.

    Chassez l’obscurantisme religieux par la porte … il entre par la fenêtre … ou par le télescope ou l’écran.

    Pour la sagesse hindoue, tout ceci ne reste pourtant qu’illusions de la māyā.
    Pour le zen … si vous croisez un Bouddha (surtout à majuscule), « tuez-le ! ».

    Par ailleurs, cette nouvelle « religion cosmique » (pour reprendre les élucubrations matérialistes d’Einstein) ne s’émerveille pas sur un hypothétique « univers en soi », lequel reste inaccessible aux sens … mais sur les projections sensuelles propres à la psyché humaine … projections appelées abusivement « percepts ».
    S’il existait des « percepts » sensoriels fiables, ils se limiteraient à la seule structure quantique physique (les quantas), supposée exercer une coercition sur les sensations subjectives de la conscience.
    Cette religion, entretenue aussi par la littérature new age, s’oriente actuellement vers de nouvelles formes de bigoteries … d’autant plus sournoises qu’elles s’ornent des oripeaux de la science.

    Une spiritualité contemporaine critique, dépoussiérée de ces dérives religieuses usuelles, s’interrogerait plutôt sur ce qui reste encore à ce stade un mystère : comment une structure essentiellement quantique (l’univers-bloc, dont le cerveau est une partie) peut-elle avoir un pouvoir coercitif apparent sur des sensations conscientes … surtout si ces sensations n’appartiennent pas géométriquement à cet univers ???
    Autre mystère : pourquoi ces sensations conscientes (les images colorées, les émotions et sentiments comme l’émerveillement, etc.) naissent-elles à la conscience plutôt de se limiter à une terne copie de la structure 3D du cerveau physique (ou une partie de cette petite structure quantique) ???

    Pour le bouddhisme, l’émerveillement face à l’illusion d’univers présente au moins deux écueils majeurs.
    D’abord, l’univers n’existe pas en soi mais se limite à une illusion sensorielle (vacuité des phénomènes), illusion dont le mental se libèrera pour atteindre l’éveil.
    Ensuite, l’émerveillement s’éloigne de l’équanimité sensorielle et émotive ; l’émerveillement constitue une source d’attachement aux phénomènes, obstacle manifeste à l’éveil.

    Méfions-nous ici de l’exotisme bon marché de la presse de vulgarisation et du bouddhisme frelaté à la sauce occidentale.
    Cet astronome est peut-être né dans un milieu de bouddhisme populaire mais ses propos ne témoignent pas ici de l’enseignement bouddhique orthodoxe.
    Des charlatans sont eux aussi partis jadis en croisade au nom des évangiles …
    La récupération religieuse à des fins populistes reste une vieille affaire qui tourne.

    Rappelons aussi la notion de distanciation associer à la notion de sacré.
    La notion de sacré prend sa source dans une distance essentielle entre le « mystère » (réification projective abusive d’un état psychique « distancié » involontaire face à une situation phénoménale insaisissable).
    Elle est ensuite générée artificiellement par le rituel religieux, qui institue et entretient cette distance entre sacré et profane.

    Cette nouvelle « religion cosmique » interpelle en notre siècle naissant, à la croisée des chemins.
    Nous assistons ici à une nouvelle dialectique, aux ressorts religieux latents :
    – une sacralisation « new age » du cosmos … et surtout des illusions visuelles entretenues par les médias de l’audiovisuel, laissant entrevoir de nouvelles formes de bigoteries ;
    – une profanation technologique balbutiante du cosmos, avec les actuels projets mégalos de conquête spatiale tous azimuts … alors que nous n’arrivons même pas à gérer intelligemment notre « capital écologique terrestre » de départ.

    Il s’agit bien ici d’une problématique typiquement religieuse.
    La raison est une fleur rare qui se protège et se cultive avec la plus grande attention.
    Elle est en train de nous glisser entre les doigts.
    Le scientisme, le technicisme et autres dérives populistes laissent entrevoir le grand retour de l’obscurantisme religieux, sous des formes éternellement renouvelées … pendant que les « observateurs aveugles » (un phénomène récurrent en religion) se focalisent sur la stigmatisation des fondamentalismes traditionnels.

    Le scientisme borné, nourri des superstitions matérialistes, sème les graines d’un « nouvel âge » d’un obscurantisme encore inédit.

    Les illusions de la māyā ont décidément plus d’un tour dans leur sac …
    🙂

      1. Grammaticalement, les noms et prénoms sont bien classés parmi les noms propres …
        Mais la question peut être amusante.

        Il serait aussi intéressant d’étudier l’origine de la signature au bas d’un texte ou d’une oeuvre picturale.
        Il ne s’agit pas d’un invariant culturel.

      2. Juan,
        Merci pour le lien.
        Intéressantissime (venant d’un obsédé de la critique destructive gratuite, ce superlatif positif dénote)..
        Encore ces « sacrés » sumériens.
        🙂
        Merci aussi à TMH pour sa contribution.

      3. Ne serait-il pas porteur de commencer par une étude de la relation historique entre la signature et la notion de propriété individuelle (et de son évolution dans un capitalisme croissant) ?
        Ensuite, observer et envisager comment le numérique interférerait sur cette relation.

        Dans le registre des œuvres picturales, il me semble que le capitalisme exacerbe la valeur marchande de la signature, marquant surtout le « support matériel logistique » de l’oeuvre, par rapport à la valeur subjective artistique de l’expression artistique immatérielle transcendant le support lui-même, plus difficilement marchandable.
        Cette dissociation entre l’oeuvre et un support matériel marchandable ouvrant la porte actuellement à « l’économie libre » non marchande des œuvres, picturales, audio et vidéos, sous seul support numérique.

      4. Sans être vraiment capable de la justifier ou démontrer , j’ai aussi cette intuition qu’il y a une tentative par nos « Vérités » de s’approprier le Réel , au « travers » de la signature , pour « mettre la main  » sur le moyen qui garantira la fin .

        Pour le coup les premières signatures seraient plus anciennes que celles relatées dans le lien donné . Elles auraient la forme d’une main , que l’on retrouve encore aujourd’hui sur nos PC pour faire glisser un pan d’écran , même si elle a tendance à se réduire aux deux doigts nécessaires sur un écran tactile :

        https://www.hominides.com/html/art/main-prehistoire.php

        Ou : quand l’art trahit notre corps ET notre image du monde .

        Mais il y a des mains que l’on aime encore voir avec émotion , et des mainmises actuelles qui sont des mains sales .

        « Mal-propres » , dirait Michel Serres.

    1. « Les illusions de la māyā ont décidément plus d’un tour dans leur sac … »

      Oups. Raison de plus pour voyager léger…

      « J’ai décidé d’être heureux par ce que c’est bon pour la santé »
      Voltaire.

      1. Je vous rejoins.
        Prendre son pied à réfléchir à son aise sur les théories d’astrophysique ou simplement à regarder un coucher de soleil ou un ciel étoilé, voilà qui semble sain.
        Mais un article de presse qui invite à une « célébration », avec en arrière fond une ambiance à peine voilée de « religion cosmique », cela me parait bien excessif.
        Le psychologue Paul Diel, ami d’Einstein au passage, considérait l’exaltation (religieuse ou non) comme un signe de déséquilibre psychique.

      2. « Je vous rejoins. »
        Merci, je me rejoins itou, avec ou sans vous, par ce que comme précisé, je voyage LEGER.

    1. « Cet astronome est peut-être né dans un milieu de bouddhisme populaire mais ses propos ne témoignent pas ici de l’enseignement bouddhique orthodoxe. »

      Merci pour toutes ces informations aussi inutiles et indigestes, que vos savantes, aussi creuses que détaillées, sodomisations de diptères, étalées ad nauséam.
      D’aucuns, pourront éventuellement en faire un usage utile, je n’en doute pas, et à ce titre, je leur concède volontiers cette inénarrable jouissance. Un chien de garde ne renifle pas que les caniveaux et les poubelles. En outre, curer la fosse à purin a son utilité dans ce vaste monde de perdition. Dante nous l’avait bien dit.
      En clair et sans décodeur, les gurus de tout et même sans poils et leurs digressions délirantes névrotiques, et ce, quel que soit leur nature, ne m’intéressent pas plus que les vôtres.

      « Si le sourd n’a pas entendu le tonnerre, il verra bien la pluie. »
      Proverbe malinké

  20. http://edu.mnhn.fr/pluginfile.php/22996/mod_resource/content/2/O.Brosseau_polycopie_cr%C3%A9ationnismes_15nov2017b.pdf

    La propagande du créationnisme, les grossières magouilles pseudoscientifiques de la richissime « John Templeton Fondation » et … le mysticisme new age de Trinh Xuan Thuan.
    Voilà un bien lourd fardeau pour « voyager léger ».
    🙂

    Tant qu’on y est, pourquoi pas un copier-coller des élucubrations du brillantissime et très scientifique docteur Mario Beauregard (dont le compte en banque ne correspond pas non plus à un bagage léger) ?

    La notion « d’âme », très hypothétique support du fardeau moral (positif ou négatif) des vies antérieures, est l’argument fallacieux éculé des dictatures religieuses de tous temps, pour justifier politiquement et juridiquement, par des hypothèses relevant tout autant du sophisme que du dogme gratuit (sous des formes fantaisistes diverses comme le karma ou la justice divine), les inégalités sociales de naissance.

    Le fondateur du bouddhisme, Gautama, s’est radicalement opposé à la notion d’une identité transcendantale migrant de vie en vie : d’où la théorie des agrégats et la rhétorique de la « vacuité du soi ».
    Si des agrégats (mnésiques ou autres) transmigraient éventuellement de vie en vie, cela ne correspondrait en rien à la notion d’âme.
    Pour le bouddhisme orthodoxe, il n’y a pas de « je » passant d’une vie à une autre. Tout « je » est illusoire.
    Gautama s’est d’autan plus radicalement opposé à cette superstition qu’elle fondait en Inde le partitionnement hiérarchique de la société, qui a abouti plus tard au système toujours actuel des castes.

    On sait aujourd’hui, par expérience scientifique, qu’il est tout à fait possible d’intégrer à la psyché individuelle par des moyens divers (hypnose, méditation, psychotropes, manipulation mentale, accidents traumatiques, etc.) des « faux souvenirs ».

    Il est ainsi désormais et définitivement strictement impossible de prouver de manière indubitable qu’un individu (ou l’hypothétique support transcendantal de son identité, son âme) aurait vécu « personnellement » une vie antérieure.

    Même dans les hypothèses spiritualistes les plus improbables, si des souvenirs de la vie d’un individu persistent de manière immatérielle, rien ne pourra jamais prouver que ces souvenirs soient associés fusionnellement à une « âme » persistante.
    Ces souvenirs pourraient notamment être stockés dans une mémoire collective nouménale pour s’imprimer ensuite (à la naissance par exemple) dans la psyché d’un individu qui prend vie pour la première fois … et qui accapare ensuite inconsciemment ces souvenirs étrangers en se convainquant abusivement qu’ils lui sont propres.
    De même pour le « don des langues ».

    Ces phénomènes atypiques ne constitueront jamais une preuve irréfutable de l’existence d’une « âme » individuelle, hypothèse à jamais indémontrable … mais qui intéresse de nombreux charlatanismes.
    Le bouddhisme s’est principalement propagé par syncrétisme avec les religions locales, en intégrant notamment les fréquentes croyances animistes … diamétralement opposées à la philosophie originelle de Gautama.

    Le bouddhisme tibétain a notamment inventé de toutes pièces au moyen âge la notion de « tulku ».
    Notion « gratuite » qui donne droit (selon des protocoles très controversés) à certains privilèges matériels et sociaux aristocratiques (propriétés terriennes, avoirs divers, droit à bénéficier du servage de citoyens « secondaires », etc.).

    Avancer publiquement la notion d’âme relève de la croyance personnelle et de la liberté de pensée et d’expression.
    Jusqu’ici, aucune objection à ce qu’un auteur présente publiquement ses fantaisies personnelles … à condition qu’il les présente honnêtement et explicitement comme telles.

    Mais ce qui relève manifestement de la falsification culturelle et du manque d’intégrité intellectuelle (dérives entretenues par les intérêts marketings de l’éditeur), c’est le fait d’avancer publiquement ces superstitions animistes au nom tant de la science contemporaine que de la philosophie bouddhique.
    Ces superstitions ne relèvent ni de la science ni du bouddhisme orthodoxe.

    Et il apparaît particulièrement inacceptable, dans un pays qui a la chance de bénéficier des avancées culturelles, sociales et juridiques de la philosophie des droits de l’Homme, de jouer à ce petit jeu, lequel s’oppose radicalement à un principe fondamental de cette philosophie :
    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »

    La notion d’âme traîne derrière elle des principes religieux multimillénaires prêts à saper cette philosophie et à réintroduire la superstition selon laquelle certaines inégalités de naissance seraient l’expression d’une « justice transcendantale ».

    P.s.
    Ce commentaire ne vise pas les choix individuels des commentateurs de ce bloc, qui restent évidemment entièrement libres d’exprimer leur ressenti et leurs croyances subjectives.
    Mes respects.

    Mais il vise à tenter de contrebalancer la propagande agressive de lobbies comme la Fondation Templeton (dont certains échos apparaissent indirectement ici) et à permettre à tout lecteur de jauger les deux plateaux de la balance pour se faire sa propre opinion.

    On remarquera aussi que je laisse ici le loisir à tout lecteur de consulter à son aise le lien proposé ci-dessus … et que je ne m’applique pas à des copier-coller prosélytes du texte accessible à ce lien.
    Merci et bonne route.
    🙂

      1. @Juannessy
        Concernant le site immo-sign, ils font erreur concernant le fax:
        Le réel inventeur est Edouard BELIN qui a mis au point dans les années 1920, un appareil capable d’envoyer et recevoir des photographies à distance, il l’avait nommé bélinographe.
        Alexander BAIN, dans les années 1800, était l’inventeur d’un code semblable au code MORSE et qui permettait l’envoi de textes par le télégraphe…

      2. @Tout me hérisse :

        Plates excuses . Ça y est , j’ai fait le joint .

        J’avoue que je ne m’étais pas trop intéressé au fax dans mon propre lien .

        S’agissant de signature , je fais intuitivement des correspondances avec signes et codes , tels que merveilleusement mis en « scène » par Roméo Castellucci dans son spectacle  » Democracy in America ».

      3. A propos de ce spectacle , de codes et de mots , je recycle ça pour occuper ce moment où le taulier réfléchit à l’ingouvernabilité des anglo-saxons :

        https://www.pauljorion.com/blog/2018/01/27/ce-nest-pas-lindifference-qui-nous-afflige-mais-bien-le-sentiment-dimpuissance-par-madeleine-theodore/#comment-645944

        Je vois d’ailleurs une certaine consanguinité entre « gouverner » et  » les codes et les mots  » , car il s’agit dans les deux cas de projeter sur le réel et les corps , le « sens » en tentant de « s’approprier » la faculté d’agir sur l’avenir .

        Il me semble aussi que l’IA est l’aboutissement actuel de cette quête du code qui tente de faire triompher Corneille sur Racine , et il est paradoxal ( mais inévitable?) que , par effet retour , le « Code dernier cri  » puisse alors sembler être en mesure de définir et le « sens » et l »agir » .

        Mais comme « gouverner » , dans les dictionnaires , précède immédiatement « gouzigouzi » , j’hésite encore à publier cette confuse fulgurance !

      4. Bon ça y est , la vidéo « ingouvernabilité » vient de paraitre .

        Après audition , je ne vois plus qui ou quoi peut éviter l’effondrement mondial .

    1. « La propagande du créationnisme, les grossières magouilles pseudoscientifiques de la richissime « John Templeton Fondation » et … le mysticisme new age de Trinh Xuan Thuan.
      Voilà un bien lourd fardeau pour « voyager léger ». »

      Vous avez raison tout cela est tellement lourdisssime et plombé, que je n’hésite pas une milliseconde à vous le restituer en TOTALITE. Hop ça dégage !

      Je continue de regarder les belles étoiles en pensant….aux belles étoiles.

      Perso, je voyage léger et je continuerais de voyager LEGER.
      Normal, je suis du mossad.
      Krav et maga, lady gaga.

      Merci à vous, bonne route itou, salutations à vos amis Darwin et Donald l’agent orange bouddhiste, au KKK et aux néo-cons créationnistes, même aux anciens d’ailleurs qui ne peuvent plus « creuser » les pôvs, si vous les croisez un de ces 4…

      1. Le lien proposé montre notamment que Trinh Xuan Thuan est un collaborateur de la Fondation Templeton (spécialisée notoirement dans la promotion pseudoscientifique des idéologies religieuses arbitraires, comme le créationnisme).
        L’aura de TXT dans son domaine professionnel, l’astrophysique, n’est évidemment pas à remettre ici en cause : ses compétences y sont indubitables et s’associent à un talent remarquable de vulgarisateur.

        Mais quand ce monsieur sort de son registre professionnel, il devient a priori monsieur Toutlemonde.
        Et en l’occurrence, il n’hésite pas à se lancer dans le grand n’importe quoi. Lorsqu’il s’aventure dans l’épistémologie fantaisiste et plus particulièrement dans le détournement pseudo-philosophique des théories physiques, il perd alors toute crédibilité.
        Cette collaboration sulfureuse jette de surplus un sérieux discrédit sur ses publications hors de son domaine de compétences professionnelles.

        Quant au bouddhisme, ses références sont encore plus discutables.
        Son parcours scolaire s’est effectué dans le cadre du confucianisme.
        Et le bouddhisme vietnamien ambiant s’éloigne, pour sa part, fortement de l’orthodoxie, du fait qu’il a été corrompu dès le départ par les croyances animistes locales.

        Ce bouddhisme frelaté est par ailleurs le cousin d’une autre supercherie religieuse, le lamaïsme tibétain, lui aussi corrompu par l’animisme du bön.
        Le dalaï lama n’est certes pas athée, il voue un culte à sa déesse protectrice, la déité courroucée Palden Lhamo … entre de multiples autres superstitions.

        Ceci explique en partie qu’il s’entende comme larrons en foire avec cet autre charlatan du détournement pseudoscientifique à finalité de prosélytisme religieux, sa Sainteté Omnisciente Matthieu Ricard … qui a grandi dans le cadre d’un autre charlatanisme : l’ennéagramme. En effet, le papa Ricard était un adepte de Gurdjieff en personne.
        Cela aussi, c’est notoire et vérifiable par documents.

        Tout ceci relève de l’observation élémentaire et ces collaborations farfelues n’ont rien de secret.

        La collaboration d’un autre illuminé du détournement des théories scientifique, Mario Beauregard, avec cette Templeton Fondation n’a rien de secret non plus.

        Pour résumer, quand un scientifique s’éloigne de son domaine professionnel pour aller magouiller avec cette Fondation ou d’autres charlatans, il perd toute crédibilité intellectuelle (hormis dans son strict registre de départ).

      2. @Pascal Gillardin :

        Dans cette veine , Hubert Reeves est effectivement plus honnête et sait ne pas dire ce qu’un scientifique ne peut pas dire .

        @ Tout me hérisse :

        Ou bien j’ai eu une sortie de corps que j’ai complètement zappé , ou bien vous faîtes méprise et faux destinataire , mais je ne vois pas à quoi votre commentaire se réfère me concernant .

        @Dundee :

        Soyons léger mais restons concentré .

      3. TXT n’a rien prétendu de ce que vous énoncez . H Dole l’a bien précisé, en répondant à un zélé zététiste, dans les comments de l’article mis en lien : absolument aucune propagande de la part de TXT.
        Sauf la vôtre sur le BPJ , celle d’un cureur de caniveau, totalement hors sol et ignare, d’une malhonnêteté et d’une bêtise crasses. En outre, TXT n’est pas astronome comme vous le mentionnez, mais astrophysicien. Pour le moment, celui qui veut jouer au scientifique et prétendre qu’il en les capacités, c’est vous. Ce qui donne du piment au débat, pourvu que cela ne devienne pas pathologique. Surtout lorsque vous accusez un autre scientifique de détournement alors que vous pratiquez des digressions totalement délirantes par le biais d’une propagande sectaire pithiatique encore plus à la ramasse que les créationnistes que vous …dénoncez, bref vous ne valez pas mieux !

        Déjà, un scientifique ne tronque pas les faits et les paramètres, et ne les détourne pas pour renvoyer une sauce irrecevable ad nauséam.

        Exemple, prenez-en de la graine !
        Hervé Dole, l’astrophysicien qui a eut un l’entretien avec TXT, auquel vous pourriez envier son honnêteté et sa hauteur de vue, à un zététiste zélé, et cité dans mon commentaire et relatif à l’article extrait du site The Conversation :

        @….
        Bonjour,
        « le court texte de ce long entretien n’a peut-être pas permis d’en saisir l’entiereté. Je vous rejoins: pas de mysticisme ni de mélange. TXT a bien rappelé (et nous nous rejoignons), fermement, que la science ne se dilue pas. Point de mélange donc (merci de ce sain rappel de zététique !). »
        « Cela n’empêche pas, en dehors de la science, d’avoir une sensibilité et des approches propres à chacun. En n’étant pas forcément d’accord avec tout, je respecte ce positionnement, pusiqu’il n’y a ni mélange avec ni ingérence dans la science. »
        https://theconversation.com/celebrons-la-beaute-et-la-profondeur-de-lunivers-une-conversation-inspirante-avec-trinh-xuan-thuan-109195

        J’ai compris le niveau. Je ne vais certainement pas perdre mon temps avec vos incontinences verbales et vos échos de racleurs de fosse à purin. Par ce que, j’en connais des sceptiques, ce sont loin d’être des bouffons paranoïaques et hors sol dans votre genre qui se complaisent à l’infini à tout tirer vers le bas en s’accrochant par les testicules. Enfin…ce qu’il en reste.
        Pôv petite chose.

        « Les agélates prennent pour hérésies de joyeuses folâtries » Rabelais

    1. Sémantique ?

      Oui, je suis d’accord, il faut les broyer ou plutôt les brûler ces suceurs de sang parasites bactériophiles.
      Y qu’a demander….

      Les tiques et leurs bactéries : association de malfaiteurs
      6 juin 2018, 23:10 CEST

      « Les tiques ont mauvaise presse, et cette réputation est bien souvent justifiée. Ces animaux comptent parmi les principaux vecteurs de microorganismes pathogènes pour les humains, mais aussi pour de nombreux autres vertébrés terrestres. La liste des maladies associées aux morsures de tiques et aux pathogènes inoculés semble pléthorique et, à vrai dire, peu ragoûtante :
      « Pourtant les tiques n’hébergent pas que des pathogènes, la majeure partie de leurs microorganismes sont en fait bien inoffensifs. Nos travaux, pilotés par le CNRS en association avec le CIRAD, ont récemment établi que certaines bactéries sont même nécessaires à la survie des tiques. Privées de ces bactéries symbiotiques, les tiques souffrent d’un arrêt précoce de développement les conduisant à un lent dépérissement. Cette symbiose, si importante pour les tiques, trouve ces origines dans leur régime alimentaire si particulier. »
      https://theconversation.com/les-tiques-et-leurs-bacteries-association-de-malfaiteurs-97723

  21. pascal gillardin,

    Je me suis épargné la video et j’ignore ce qu’est l’électro-mécanique mais nombre de vos coups de balais et panneaux de circulation m’ont fait plaisir à lire. Le fond de commerce du religieux est de vendre du sens à la vie, dont chacun se préoccupe pour la sienne avec les moyens du bord, avec l’offre du marché. La promotion du progrès via l’I.A. ne me séduit pas, même si j’ai bien compris que si personne n’est aux commandes des progrès des sciences notamment mathématiques, il existe des responsables pour le fric qui est investit dans ses effets. Votre approche multicartes offre l’avantage d’articuler des domaines aux fragiles cloisonnements, à la façon dont j’apprécie la gymnastique de P.J. déportant des fragments de disciplines de terrains connus en terres inconnues par eux. Vous soulignez fortement la dimension politique en jeu en rompant la fascination (fascinum latin = phallus). Des réserves pourtant sur votre regard bridé sur le péril Basam-Damdu, sur votre jungisme. Pour le « sacré » sorti par la fenêtre en 1789, il est revenu par la porte de la « propriété » dans notre « fondement » constitutionnel.

    Quelques best of

    Lâcher dans la société des ingénieurs sans culture épistémologique ou philosophique, comme c’est globalement le cas, est socialement bien plus irresponsable que d’accorder un permis de conduire sans formation ni examen à des adolescents de 12 ans.

    Ces mécanismes inconscients ne se révéleront éventuellement qu’à une analyse plus poussée (psychanalyse, étude comportementale, imagerie cérébrale, autopsie …).

    Son étude dépasse ainsi largement les considérations strictement techniques de la grande majorité des chercheurs actuels en IA ou en cognition, emprisonnés pour la plupart dans des paradigmes matérialistes ou physicalistes gravement réducteurs, hérités principalement des 18ème et 19ème siècles.

    Dans la poursuite boulimique technologique et le gonflement de la bulle spéculative actuelle qui s’en nourrit…

    Pour les questions éthiques, juridiques, socio-culturelles, etc., il serait par contre urgent de commencer à corriger cette naïveté technique analytique par quelques touches de réflexion épistémologique critique…

    Fondamentalement, une IA se fout royalement d’obtenir un bénéfice maximal ou minimal … sauf si une préférence lui a été dictée par un humain.

    Les marionnettistes occultistes (de Palo Alto ou d’ailleurs, loin des idéologies matérialistes naïves qu’ils entretiennent pour maintenir le peuple dans l’ignorance) ont quant à eux des prospectives et ambitions qui ne relèvent ni du réductionnisme techniciste ni de l’équité sociale.

    L’impasse pour le citoyen lambda est le partitionnement politique international des puissants (de l’IA maintenant, comme du nucléaire de la guerre froide) qui a pris depuis longtemps le pas sur la très utopique « internationale des travailleurs ».

    Bigoterie multiséculaire !
    Pourquoi notre époque y échapperait-elle ?

    S’il existait des « percepts » sensoriels fiables,

    La raison est une fleur rare qui se protège et se cultive avec la plus grande attention.
    Elle est en train de nous glisser entre les doigts.

    La notion « d’âme », très hypothétique support du fardeau moral (positif ou négatif) des vies antérieures, est l’argument fallacieux éculé des dictatures religieuses de tous temps, pour justifier politiquement et juridiquement, par des hypothèses relevant tout autant du sophisme que du dogme gratuit (sous des formes fantaisistes diverses comme le karma ou la justice divine), les inégalités sociales de naissance.

    La notion d’âme traîne derrière elle des principes religieux multimillénaires prêts à saper cette philosophie et à réintroduire la superstition selon laquelle certaines inégalités de naissance seraient l’expression d’une « justice transcendantale ».

    1. « Personne n’est aux commandes ».
      « Il existe des responsables pour le fric ».

      Vous posez là le constat le plus concis et pertinent sur la situation (je mettrais en plus le mot « responsable » entre guillemets … évidemment).

      Personnellement, je reste sceptique quant à l’opportunité d’envisager une « commande » selon les modalités que l’Histoire nous a déjà proposées. La question reste ainsi ouverte et d’actualité pressante.
      Quant à la monnaie, j’ai l’intime conviction qu’elle a joué historiquement un rôle ambigu quoique « profitable » sous divers aspects … mais qu’elle arrive à bout de souffle.

      Techniquement, la monnaie est un instrument supposé supporter une « valeur d’échange de droit d’usage ».
      D’Aristote à Marx, la théorie pose une dichotomie plus réductrice entre « valeur d’échange » et « valeur d’usage ».
      C’est en fait bien plus complexe et subtile.

      La monnaie constitue un « droit d’usage blanc » (à objet non spécifié), ce qui permet de la matérialiser sur un support neutre aux fonctionnalités logistiques non négligeables.
      On échange alors facilement ce support (et le droit d’usage blanc associé) … tout au long des longues routes commerciales et aujourd’hui via le numérique … puis au bout de la chaîne, arrive enfin la spécification du droit (qui donne sens au jeu d’échange) en usage réalisé.

      Les candides supposeront toujours que cette spécification finale relève du « bien » (satisfaction de besoins louables), dans une société conviviale de citoyens « bien » intentionnés.
      Mais cette hypothèse utopique sur la conversion ultime « bonne » montre désormais ses limites et dérives.
      Le support (et le « droit d’usage blanc » associé) ouvre la porte à l’accumulation capitaliste, la spéculation fantaisiste, les jeux de pouvoir, la concentration socialement dangereuse, le trafic mafieux, etc.
      Cette accumulation de pouvoir peut atteindre un stade ou cette comptabilité irrationnelle (un droit n’est pas scientifiquement une grandeur mesurable et la notion d’étalon monétaire à son propos reste une falsification grossière de pseudoscience) du « droit d’usage » finit par outrepasser les droits civils premiers, originellement plus fondamentaux que le droit commercial.
      Nous vivons actuellement cette impasse sociétale du capitalisme … laquelle relève non seulement de l’économie mais plus fondamentalement du droit.

      Il est ainsi nécessaire aujourd’hui de repenser le droit d’usage selon des principes moins réducteurs et plus intelligents que cet artefact monétaire grossier … qui a atteint les limites de son utilité logistique historique pour multiplier à outrance ses externalités sociales négatives.
      Les outils numériques laissent entrevoir des opportunités plus pertinentes que la monnaie pour gérer en bonne intelligence collective le droit d’usage.

      Espoir …

      1. Pour cette ébauche de théorie économique de la valeur, c’est très sommaire , désolé.
        Comme la digression s’éloignait assez du thème du billet de départ, j’ai tenté de faire court mais cela perd en lisibilité.

      2. pascal gillardin 13 mars 2019 à 1 h 06 min
        Oui j’avais remarqué le sommaire, inhérent au format blog ! Pour préciser mon terme « commande » il est référencé à ce que Lacan a développé avec son syntagme « discours de la science ». Ci-dessous plus loin quelques copier/coller d’extraits pour picorer sur un mur du pain dur…
        « Responsable » avec guillemets soit laisse entendre qu’ils ne le sont pas, soit pousse à coupable ?

        Sur l’argent, il y a de bonnes pages dans le bouquin de Jorion, même si trop brèves sur le SMI à mon goût.

        Clair qu’il n’y aura plus de référent étalon type « or ».
        Clair que la notion de valeur est un cache misère. Seul le prix est pensable. Il ne saurait être autre chose que constitué par le pouvoir d’achat, qu’un état du rapport de force social a produit par le biais d’un système économico-politique, cette dimension elle même articulée avec le rapport au manque d’un sujet lambda, lui-même pris dans les rets d’une singulière histoire de ses objets pulsionnels, et dans ses liens à l’ambiance de représentation du marché des objets en circulation que les effets de la science ont produit. C’est mon dernier mot.

        …[ l’analyse n’est pas une science, c’est un discours sans lequel le discours dit de la science n’est pas tenable par l’être qui y a accédé depuis plus de trois siècles ; d’ailleurs le discours de la science a des conséquences irrespirables pour ce qu’on appelle l’humanité. L’analyse c’est le poumon artificiel grâce à quoi on essaie d’assurer ce qu’il faut trouver de jouissance dans le parler pour que l’histoire continue. On ne s’en est pas encore aperçu et c’est heureux parce que dans l’état d’insuffisance et de confusion où sont les analystes le pouvoir politique aurait déjà mis la main dessus. Pauvres analystes, ce qui leur aurait ôté toute chance d’être ce qu’ils doivent être : compensatoires ]…

        …[Pour nous, pour ce discours de la communauté, ce discours du bien général, nous avons affaire aux effets d’un discours de la science, où se montre, pour la première fois dévoilée, une question qui est proprement la nôtre, c’est à savoir ce que veut dire ce qui s’y manifeste de la puissance du signifiant comme tel. Je veux dire que pour nous se pose la question qui est sous-jacente à l’ordre de pensée que j’essaie de dérouler ici devant vous, à savoir si du développement soudain prestigieux de cette puissance du signifiant, de cet ordre, un discours surgit des petites lettres des mathématiques, discours qui se soutient, discours qui se différencie de tous les discours tenus jusqu’alors, discours qui, par rapport à nous, devient en quelque sorte une aliénation supplémentaire. En quoi ? En ceci, c’est que le discours issu des mathématiques est un discours qui, par structure, par définition, n’oublie rien, à la différence du discours de cette mémorisation première, celle qui se poursuit au fond de nous, à notre insu, du discours mémorial de l’inconscient, dont le centre est absent, dont la place et l’organisation sont situées par le il ne savait pas, qui est proprement le signe de cette omission fondamentale où le sujet vient se situer. Et l’homme, à un moment, a appris à se servir, à lancer, à faire circuler, dans le réel et dans le monde, ce discours des mathématiques qui, lui, ne saurait procéder à moins que rien ne soit oublié. Quand seulement une petite chaîne signifiante commence à fonctionner sur ce principe, il semble bien que les choses se poursuivent tout comme si elles fonctionnaient toutes seules, puisque aussi bien, là où nous en sommes, est à ceci, c’est de pouvoir nous demander si ce discours de la physique, ce discours engendré par la toute-puissance du signifiant, ce discours de la physique va confiner à l’intégration de la Nature ou à sa désintégration. Tel est ce qui, pour nous, complique et singulièrement – encore que sans doute ce ne soit qu’une de ses phases – le problème de notre désir. Disons que, pour celui qui vous parle, c’est là à proprement parler que se situe la révélation du caractère décisivement original de la place où se situe le désir humain comme tel, dans ce rapport de l’homme au signifiant, et dans le fait de savoir si, ce rapport, il doit ou non le détruire.]…

        …[Ce support tient à ceci, que la mathématique n’est constructible qu’à partir de ce que le signifiant peut se signifier lui-même. Le A que vous avez écrit une fois peut être signifié par sa répétition de A. Or, cette position est strictement intenable, elle constitue une infraction à la règle, au regard de la fonction du signifiant, qui peut tout signifier, sauf assurément lui-même. C’est de ce postulat initial qu’il faut se débarrasser pour que s’inaugure le discours mathématique. Entre les deux, de l’infraction originelle à la construction du discours de l’énergétique, le discours de la science ne se soutient, dans la logique, qu’à faire de la vérité un jeu de valeurs, en éludant radicalement toute sa puissance dynamique. En effet, le discours de la logique propositionnelle est, comme on l’a souligné, foncièrement tautologique. Il consiste à ordonner des propositions composées de telle sorte qu’elles soient toujours vraies, quelle que soit, vraie ou fausse, la valeur des propositions élémentaires. N’est-ce pas se débarrasser de ce que j’appelais à l’instant le dynamisme du travail de la vérité ? ]…

        …[Ne croyez pas que le maître soit toujours là. C’est le commandement qui reste, l’impératif catégorique Continue à savoir. Il n’y a plus besoin qu’il y ait personne là. Nous sommes tous embarqués, comme dit Pascal, dans le discours de la science.]…

        …[J’ai lu hier un article assez stupéfiant dans une revue que, pour des raisons personnelles, je n’avais jamais ouverte, qui s’appelle L’Inconscient. Dans le dernier numéro paru, un nommé Cornelius Castoriadis, ni plus ni moins, a cette interrogation de mon discours, pris soi-disant en référence à la science. Que dit-il ? — sinon ce que je me trouve moi-même à répéter, à savoir que ce discours a une référence extrêmement précise à la science. Ce qu’il dénonce comme la difficulté essentielle de ce discours, à savoir, je vous le précise, ce déplacement qui ne cesse jamais, c’est la condition même du discours analytique, et c’est en cela que l’on peut dire qu’il est, je ne dirai pas complètement du discours de la science, mais conditionné par lui, en ceci que le discours de la science ne laisse aucune place à l’homme.]…

      3. @Rosebud :

        Y a -t-il vraiment une différence entre la cervelle d’un juriste ( voire d’un juge ) et celle d’un physicien ( ou « scientifique » à peu près sain ) ?

      4. Juannessy 13 mars 2019 à 11 h 38 min
        C’est selon l’autopsie ou loto psy ou l’auto-psy mais indissociable du gang de l’ αυτός et à sa gangue.

      1. C’est bien pour ça que je vous interroge avant .

        Vous n’avez idée de la façon dont fonctionnent habituellement vos homologues qu’en les autopsiant ?

      2. Vous me rappelez une personne croisée à un dîner mondain à laquelle je répondais tellement évasivement sur mes occupations qu’elle avait conclu que je travaillais dans les pompes funèbres. Chacun trouve chaussure à son pied.

      3. Je ne peux pas vous dire , je n’ai jamais participé à un dîner mondain , où l’on apprend parait il l’art du faux fuyant enseigné par des faux culs .

        Mais j’imagine qu’il est normal d’y trouver des chaussures à son pied même si elles sont funèbres .

      4. Je ne vous demande pas de me dire, c’est vous qui m’interrogez, alors que depuis 10 ans vous avez plusieurs fois témoigné à votre initiative que vous ne compreniez pas ce que j’écris.

      5. C’est vrai .

        Et j’ai fini par comprendre qu’il n’y avait rien à comprendre . J’essayais juste d’exciter électriquement ma grenouille écorchée pour voir quand , comment et où ça bouge . Activité réflexe confirmée .

        Bon appétit pour votre prochain diner .

  22. Je ne peux parler au nom de PSDJ.
    Mais si j’ai bien compris un de ses projets, il consisterait à tenter de « sauver éthiquement » la monnaie par la mise en place d’un système de compensation (dont certains rouages restent encore assez abscons à ma position de dilettante en économie) afin d’en conserver les usages socialement acceptables et en atténuer les externalités déplorables.
    Je lui présente mes meilleurs vœux pour son projet mais il me semble que les technologies numériques ouvrent par ailleurs des opportunités qui transcendent le réductionnisme monétaire et pourraient compléter ce projet louable.
    Je referme ici pour ma part cette parenthèse économique, qui sort largement de mes compétences, bien qu’elle puisse rebondir sur le thème du billet, l’IA ou déjà plus simplement des logiciels adéquats offrant a priori des opportunités de gestion du droit d’usage bien plus performantes et socialement plus équitables que cet archaïsme monétaire.
    Remarquons au passage que l’écosystème s’en est assez bien sorti depuis des millions d’années avant la monnaie, alors que l’économie monétaire humaine semble de plus en plus difficilement conciliable avec les utopies écologistes.

    De toute façon, une étape transitoire semble inévitable entre l’économie monétaire et l’économie post-monétaire.
    L’économie chinoise marche déjà sur deux jambes, une monétaire et une méta-monétaire, ce qui lui permet de courir plus vite.

    1. Maintenant, est-il préférable de courir plus vite ou d’apprendre à observer le paysage avec sagesse ? voilà une question que l’économie contemporaine se pose rarement.

       » Etymologie : du grec ancien oïkonomia, gestion de la maison, constitué de oikos, maison, et nomos, gérer, administrer.  »
      … on s’en éloigne.

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