Ce n’est pas l’indifférence qui nous afflige, mais bien le sentiment d’impuissance, par Madeleine Théodore

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est à un bien funeste rappel que nous convie la manifestation organisée à Paris ce lundi 22 janvier 2018 par l’Association Oxfam, dans le but de nous alerter sur la montée en puissance et l’accélération des inégalités dans le monde depuis un an.

En effet, interpellant record, le nombre de milliardaires a connu l’année dernière sa plus forte hausse de l’histoire avec l’éclosion d’un nouveau milliardaire tous les deux jours : 82% des richesses créées dans le monde pour la même période ont bénéficié aux 1% les plus riches, alors que la situation est restée inchangée pour les 50% les plus pauvres, les personnes peinant à survivre avec de 2 à 10 dollars par jour, dont l’indigence extrême pourrait être supprimée par le boom incroyable de cette richesse créée de 762 milliards de dollars en 12 mois.

En synthèse de ce consternant rapport, les 1% les plus riches se sont accaparé plus de deux fois davantage de croissance que les pauvres depuis 1980 et notre économie sert les intérêts de ces demi-dieux.

Aux Etats-Unis, les bilans établissent le même constat, comme l’avait déjà mentionné Paul Jorion dans son livre « La crise du capitalisme américain » : pour les 1% de la population privilégiée, sa part est passée de 30,30 % de la richesse globale en 1989 à 35,5% en 2017. Corrélativement, sur la même période, la part de cette manne pour la moitié la plus pauvre de la population est passée de 2,8% à 1,1%.

Au-delà de ces chiffres parlants mais sans doute insuffisamment quant à la représentation de la misère et de la folie qu’ils recouvrent, force est de constater que rien n’a changé depuis la crise financière de 2007-2008, sinon en pire.

Les flots d’argent se déversant sur les « élus » aboutissent dans le vide de la surconsommation inutile, ostentatoire autant qu’indécente (si la loi est respectée, l’éthique elle est bien malmenée), dans un climat où beaucoup ont de plus en plus de mal à survivre, quand ils n’alimentent pas les chemins de la spéculation, frein et obstacle à l’économie réelle.

D’où vient notre sentiment d’impuissance?

S’il vient de notre solitude, nous pouvons toujours réaffirmer notre force du groupe et notre identité collective.

S’il vient de notre écrasement face aux institutions, nous pouvons toujours les remettre en cause, d’autres avant nous l’ont bien fait, et souvent avec succès.

S’il vient du plus profond de nous-mêmes, sachons que nous serons bientôt aussi les victimes de ce que nous hésitons à combattre, mais il sera peut-être trop tard, réduits que nous serons à  notre « misère financière impuissante ».

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92 réflexions sur « Ce n’est pas l’indifférence qui nous afflige, mais bien le sentiment d’impuissance, par Madeleine Théodore »

  1. Comme il est possible de l’observer depuis 30 ans au moins, le mouvement de l’histoire moderne va vers plus d’inégalité (Piketti). Les dernières décisions fiscales de Trump par exemple vont aussi dans ce sens.
    On peut parier que nulle évolution ne se fera par “bonne volonté”, “esprit de justice”, “bon sens”, etc…
    Les élites auraient finalement décidé d’abandonner la multitude à son sort. (B.Latour).
    S’il y a remise en cause, elle se fera probablement violemment comme souvent dans l’Histoire.
    Nos bulbes cérébroides sont décidément trop étroits.

    1. Il a près de 12 ans, le parti ECOLO de Belgique proposait un “green new deal”, ce que Varoufakis&Co semblent vouloir défendre à nouveau. Le keynesianisme vert est très proche d’une option social-démocrate fort modérée. Comme l’ont montré les commentaires d’un précédent article de Brulavoine et Lepesant sur ce blog, le clivage nouveau que doivent franchir ceux qui espèrent un monde meilleur est de renoncer à faire dangereusement grossir le gâteau et de se battre pour un meilleur partage et surtout une meilleure composition…

  2. ” D’où vient notre sentiment d’impuissance?
    S’il vient de notre solitude, nous pouvons toujours réaffirmer notre force du groupe et notre identité collective. ”
    Notre Dame des Landes , quoi !

  3. Un sentiment d’impuissance ? Oui. Du désespoir ? Encore oui. Et le tout dans la solitude. Et même parfois pas faim quand il y a des frites à la cantine (God gracious!)

    Mais n’oublions pas les bons mots de l’ami Candide : « Il faut cultiver son jardin ».

  4. D’où vient notre sentiment d’impuissance, demandez-vous Madeleine ?
    De l’incompréhension.
    Il y a de quoi être incrédule. Depuis 10000 ans que nous nous organisons, pour mieux vivre, comment admettre que nous revenons depuis 40 ans et malgré-nous au stade du chasseur cueilleur, ou au premiers stades du néolithique (mouvement du retour à la terre, aux usas)
    A cette différence près : nous redevenons chasseur-cueilleur en milieu urbain : fouilleur de poubelle, prostituées, petits voleur, trafiquants, passeurs…
    Il faut convaincre, dénoncer cette supercherie du ruissellement (le ruissellement se fait dans la finance), et de ne pas laisser faire cela plus longtemps.

    C’est ce que je vais tenter de faire, si vous m’y aidez, en venant publier des billets sur le blog “Liquidation totale avant fermeture” (de869.ispfr.net/findutravail). Ce blog est hébergé gratuitement sur mon serveur dédié, mais c’est le vôtre. Ma petite personne n’y suffira pas.

    1. A y réfléchir, l’incompréhension de produit pas directement de l’impuissance. Mais face à l’incompréhension, si on formule des mauvaises réponses, ou si on produit une mauvaise analyse, ou si on écoute des mauvaises analyses, ce qui ne manque pas dans le champ politique, alors on ne tarde pas à constater l’inefficacité des mesures prises. Je crois que le sentiment d’impuissance vient de là.
      Nicolas Sarkhozy nous en a donné le meilleur exemple. Il a construit son personnage de lêve-tôt superman, pourfendeur de la délinquance, et des avantages acquis…les gens y ont cru, et finalement ça a fait flop => sentiment d’impuissance : “même “un mec comme ça” (formule entendue de mes propres oreilles) n’a pas infléchi la tendance à déliquescence sociale.

  5. Que voulez-vous, un riche devient encore plus riche, c’est automatique: il touche des intérêts sur son capital, des institutions spécialisées se chargent de multiplier son argent ad infinitum…….tout cela est parfaitement légal. Plus vous avez de l’argent, plus on vous en donnera. Et difficile de lutter contre l’industrie liée aux nouvelles technologies, elle domine le monde; leur pouvoir est devenu immense, elle a plus de pouvoir que les larbins politiques. D’ailleurs inutile de compter sur le milieu politique pour changer le sort de ceux qui en sont exclu; en dehors des discours hypocrites ou évasifs il ne se passera pas grand’chose. De plus l’individualisme, favorisé par le capitalisme/consumérisme exalté, fait que les gens passent leur vie devant la télé/internet, au lieu de se mobilisier comme en 1936. Donc tout va très pour les 1 pourcent.

  6. Quand on lit ces chiffres sur l’inégalité entre les riches, les pourvus et les pauvres, les dépourvus, on ressent une impuissance vertigineuse d’autant plus forte que ce déséquilibre phénoménal se révèle dans tous les domaines de notre existence sur terre, aussi bien dans la nature, le climat, la structure sociale, la procréation etc
    la puissance de la colonisation techno-scientifique nous anéantit insidieusement et chacun utilise le peu de forces qui lui restent pour sauver sa peau!Comme la situation va empirer, nous serons bien obligés, tout du moins pour certains, d’unir nos forces et nos imaginations!

  7. Tiré du rapport d’Oxfam (page 6):

    “Le dividende annuel versé par la société mère de la chaîne de magasins de vêtements Zara à Amancio Ortega (la quatrième plus grande fortune privée au monde) s’élève à environ 1,3 milliard d’euros. Stefan Persson, dont le père a fondé H&M2, se place au 43e
    rang du classement Forbes des personnes les plus riches du monde et a récolté l’année dernière un dividende de 658 millions d’euros.
    Au Bangladesh, Anju coud des vêtements destinés à l’exportation. Elle travaille souvent 12 heures par jour, jusque tard dans la nuit. Elle doit souvent sauter des repas par manque d’argent. Elle gagne un peu plus de 900 dollars par an.”

    Bon pour les bouffons et les tocards libéraux-libertaires, qui ne trainent plus par ici dieu merci, je leurs offre le calcul suivant :

    Imaginons qu’on ne laisse à Ortega, le violeur d’intégrité humaine de femme (#balancetongrosporcdexploiteur), 300 millions de dollars de dividende par an, une aumône quoi, on obtient donc quand même :

    1 000 000 000 : 900 = 111 111 femmes blangladaises qui voient leur salaire doublé, ouais doublé, (x2 pour les nuls qui captent rien) par an par exemple. Pour les idiots ça veut dire on prend à gros porc ortega 3/4 de ses dividendes, ce qui ne le fera même pas boiter ce cochon, et Anju vit 2 fois mieux quoi.

    Mais bon faut pas rêver hein, on ne règle pas la vie des gens avec une calculette.

    Essayons quand même :

    “La revalorisation des salaires des 2,5 millions d’ouvrières et d’ouvriers de la confection vietnamien-ne-s d’un niveau moyen à un niveau décent coûterait 2,2 milliards de dollars chaque année. Cela équivaut à un tiers des sommes versées aux actionnaires par les cinq plus grandes entreprises du secteur de la confection” (page 10).

  8. Voilà un sujet de recherche pour les perfectionnements en psychanalyse que Paul Jorion envisage , mais si je comprends bien , ça va faire du monde dans la salle d’attente avant la consultation.

    S’agissant de motivation , il y a eu déjà pas mal de travaux sérieux ou charlatanesques , dans le domaine du travail , ou des armées , ou scolaires , ou …

    Pour combattre il faut avoir un désir particulier , et , si le combat est d’envergure, il vaut mieux que ce soit le désir d’un grand nombre .

    L’article de Soros fourni par Chauvet donne une partie des causes des sentiments “d’impuissance” : la culture sans éthique et vocation citoyenne des multiples désirs immédiats ( présents ) qui ne font globalement pas sens ( futur ) .

    La “thérapie” passe selon moi par deux conditions :

    – la conscientisation de l’état de dépression sans perspective actuel et de la souffrance engendrée , par “un grand nombre” ,
    – le partage d’un “désir d’avenir” ( coucou Ségolène ) qui fasse sens dans un “projet” qui ne peut être que politique .

    Globalement , parler seulemnt d’impuissance me parait révéler que la phase “abattement” est encore là , mais que la prise de conscience intime de la dépression douloureuse n’est pas encore partagée .

    J’éviterais donc de parler “d’impuissance” , qui est une façon de s’installer dans sa dépression , et d’ailleurs rien n’est plus puissant qu’un groupe quand il se met en mouvement .

    On fera davantage oeuvre humaine en identifiant les blocages et en se donnant les lieux , les modes d’échanges , les outils et produits …qui permettent de faire partager ,en le modelant petit à petit , cet avenir qui donnera envie de combattre .

    1. De bien sages paroles…
      Je me permets d’ajouter aux ‘dépression, souffrance, abattement’ etc, c’est, je crois, un certain ‘ras le bol’ ou même ‘je m’en fout’, il suffit de tendre l’oreille dans la rue ou dans les troquets, y en a encore des sympas…! 🙂

    2. […]On fera davantage œuvre humaine en identifiant les blocages et en se donnant les lieux , les modes d’échanges , les outils et produits …qui permettent de faire partager ,en le modelant petit à petit , cet avenir qui donnera envie de combattre .[…]

      Oui, mais cela est un processus long à mettre en place, quelle structure pourrait abriter cette réflexion ?
      Les partis politiques traditionnels se sont ‘plantés’ et les équipes actuelles qui ont pris le pouvoir à la suite d’une situation fabriquée pour arriver à ce résultat, masquant le peu d’adhésion du corps électoral en terme absolu, mais revendiquant représenter la ‘majorité’.
      Les syndicats, quant à eux, sont le plus souvent à la traîne de la base, laquelle voudrait être plus mordante.
      Il est non moins vrai également que l’opinion dans son ensemble est assez fatiguée à la suite des combats menés et qui n’ont point aboutis, état de chose qui induit auprès des équipes au pouvoir qu’ils peuvent compter sur une sorte d’adhésion implicite à la politique menée.
      Espoir: mai ‘68 s’est déclenché alors que tout était calme, rien ne laissait augurer de cela…

      1. Les partis , les syndicats , les compagnonnages , les associations et même les élus , finissent par ressembler au monde comme il va ou devrait aller . On a même vu , à petite échelle , un gouvernement retenir le glaive au dessus de Zadistes .

        68 en France n’était ( c’est plus facile à dire aujourd’hui ) peut être pas si imprévisible que ça ni même strictement franco-français . En tous cas ce n’est pas en regardant de vieilles photos qu’on écrira de nouveaux scenarii .

        Ce qui est particulier aujourd’hui , c’est la violence des acteurs , la taille mondiale des enjeux structurels à faire évoluer , l’accélération des temps et l’urgence écologique et sociale .

        Ce qui peut être identique , c’est le caractère apparemment secondaire de la mise à feu de la poudre
        ( les fameuses ruses de la raison ou de l’Histoire ) .

      2. mai 68 a été admirablement récupéré par le système capitaliste, notamment les idées d’autonomie et du primat de la créativité, pour opérer la mutation qui a mené à l’impasse actuelle : précarisation (l’entreprise cesse d’être paternaliste et hiérarchique, rendant par la même caduque la notion d’emploi à vie et même de salaire), externalisation des fonctions de contrôle (chacun doit s’auto-contrôler au sein de l’entreprise), nomadisme forcé (l’employé ne doit pas être avoir d’attaches mais être “libre de ses mouvements”), sous-traitance (car la vraie entreprise ne soit s’occuper que des hautes tâches liées à la créativité)… Le sociologue Boltanski en parle très bien.
        Bref on en est là non pas en dépit de mai 68 mais en grande partie “grâce” à mai 68.

      1. Je n’ai pas de certitude sur la “réflexion” visée dans votre question .

        Si elle vise la “combinaison” de ” ce qui est particulier aujourd’hui” avec “ce qui peut être identique” , je n’ai pas de réponse originale .

        Juste une , aussi vieille qu’expérimentale , et que j’avais aussi vérifiée dans mon apprentissage africain : si on veut maîtriser le résultat de la combinaison , il vaut mieux stocker séparément la gomme A et les détonateurs , se soucier de la météo ( temps orageux chargé d’électricité ) pour éviter les mises à feu ” prématurées” , et dans tous les cas mettre le personnel et la population à l’abri avant le déclenchement du tir .

      2. Non, non, c’est pas ça. Je dis qu’il faudrait approfondir la “thérapie combinatoire”, associant deux conditions : conscientiser et partager. Mais là, comme j’ai pas le temps, j’espère revenir sur votre proposition en prenant comme exemple le sentiment exprimé précédemment par clara jabris “Nous serons bien obligés, tout du moins pour certains, d’unir nos forces et nos imaginations!”
        En attendant, cette question : ce “nous serons bien obligés…” désigne-t-il un effet cliquet ?
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_cliquet

      3. Ceci étant , il doit y avoir plus de “chances” d’évènements “à bifurcation” dans l’Histoire que de chances de gagner au jeu de l’Euromillions ( une sur 116 531 800 , si ma calculatrice de PC n’a pas déconné) .

        Mais la foudre tombe partout .Il arrive même qu’on soit dessous quand elle tombe .

      4. @Phillgill:

        Pardon pour la méprise qui m’aura cependant permis de vérifier que je sais encore me servir des factorielles .

        Sur votre dernière question , j’aurai tendance à conseiller de ne pas recourir trop facilement aux métaphores – repères ( ça m’arrive pourtant aussi trop souvent ) . Vous rapprocher cliquet et ” obligation logique” de façon trop vague pour que je n’y vois pas en fait une opposition de sens .

        Ce que j’énonçais de mon côté entre conscientisation des impasses douloureuses et travail partagé pour modeler un avenir autre et désirable , n’avait pas la prétention de donner LE mode d’emploi , seulement de traduire ce que j’ai pu constater , et parfois mettre en œuvre , comme étant efficace pour se sortir réellement de ces impasses .

        En général la méthode ne satisfait pas les gens plus pressés que réellement soucieux de bien faire avec autrui , mais ils ne m’impressionnent ni dérangent plus . Faire vraiment , ça prend du temps , de la sueur , de l’empathie , de l’humour , de l’organisation , du courage .

        Ceci étant la méthode de guérison doit beaucoup de sa pertinence à celle que l’on porte au diagnostic de la maladie .

        Je ne serai donc ” assuré ” , avec ou sans cliquet , que sur la validité de l’approche “thérapeutique” des sujets sociétaux débattus ici , car c’est bien de l’humain dont il s’agit ( comme le revendique Béber ) et pas de robots .

      5. @Juannessy
        Force est de constater que nous sommes beaucoup à faire le choix du changement que, si malheureusement, nous y sommes personnellement contraints et forcés.
        Si nous voyons dans le changement un moyen tangible et efficace pour sortir d’une situation de dégradation, d’exploitation, de domination particulière ou d’aliénation subie ; alors plusieurs d’entre nous mettrons en œuvre une nouvelle approche conscientisante, afin de modeler un « avenir autre et désirable… »
        En résumé, je subis une situation pénible qui me pousse dans un second temps à adopter une position d’ « auto-observation », qui elle-même, m’oblige à agir. D’une certaine façon, nous sommes bien face à une « obligation logique » ; le cliquet étant, par induction, l’impasse concrète et douloureuse qui me pousse à revenir sur moi-même pour aboutir enfin, à une vision plus vaste, une perspective plus large, ou, à une idée de portée générale, voire même une loi.
        Car on ne se libère pas seulement avec une idée, mais en posant des actes, des actes juridiques. Bref, des lois qui contribueront également à modifier les consciences…

        Certes, il est de bon conseil de ne pas recourir trop facilement aux métaphores. Mais de la métaphore au raisonnement inductif, et réciproquement, cette approche « thérapeutique », via un collectif de conscientisation, n’est-elle pas « la méthode, le moyen, et le comment » pour traduire ce que nous pouvons constater, et parfois mettre en œuvre, comme étant efficace pour se sortir réellement de ces impasses ?
        Comme disait Jean Jaurès : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »
        ……….
        « Ceci étant la méthode de guérison doit beaucoup de sa pertinence à celle que l’on porte au diagnostic de la maladie. Je ne serai donc assuré, avec ou sans cliquet , que sur la validité de l’approche « thérapeutique » des sujets sociétaux débattus ici ».
        Mais alors, il nous faudrait trouver une sorte de « boîte à outils »!
        Evidemment pas des outils pour robots, car c’est bien de l’humain dont il s’agit…
        Euh, voyons, fermons les yeux un instant, et imaginons que nous ayons tous ces outils à portée de main…
        Eh bien, voyez-vous cher Juannessy, si Bill est un médecin qui a bien du mal à se « connecter » avec la réalité, dans le dernier film de Kubrick, Eyes Wide Shut, ce n’est pas un hasard…
        À la fin de sa vie, Stanley Kubrick avait décidé de travailler, non pas sur un, mais sur deux projets en parallèle. Il travaillait d’un côté sur AI, et de l’autre sur Eyes Wide Shut. En fait, le choix pour lui était simple. Soit, il attendait en continuant à travailler sur le scénario de AI, tout en tournant Eyes Wide Shut. Soit, il demandait à son ami Steven Spielberg, de réaliser ce film que lui-même aurait produit…
        Et si, finalement, il avait réussi à connecter les deux, d’une façon très subtile, et inductive. Le secret derrière le secret de ces deux projets réside peut-être dans leurs combinaisons. Qui sait ?

        Juannessy : « On fera davantage oeuvre humaine en identifiant les blocages et en se donnant les lieux , les modes d’échanges , les outils et produits …qui permettent de faire partager, en le modelant petit à petit, cet avenir qui donnera envie de combattre. »

        Stanley Kubrick : « On ne sait jamais de quoi on est capable tant qu’on n’a pas essayé. »

      6. @Phillgill :

        J’ai mieux compris le lien que vous faîtes entre cliquet et “obligation logique” . J’ai cependant l’impression que le cliquet que vous trouvez “par induction” est intime et personnel , là où Paul Jorion le pose comme construction voulue par le système dominant en place , en principe conscientisable sans introspection particulière .
        Il n’en reste pas moins , j’en suis d’accord , que cette phase de conscientisation des impasses personnelles ou systémiques doit trouver une expression commune et suffisante au travers de la rationalité politique , pour avoir prise sur le réel. C’est d’ailleurs , pour rebondir sur la dernière vidéo du jour , ce moment qui distingue Hegel ( et Sartre ) de Heidegger ( ou Husserl) .

        Votre rappel de la citation de Jaurès rend aussi effectivement compte de ce moment trouble et encore pas théorisé de façon absolue , du passage ( dans les deux sens ) entre vérité et réel , entre “l’être et le temps”
        ( pour Heidegger ) ou “l’être et le néant” ( pour Sartre ).

        Ma femme a profité d’une période où j’arrive à bouger pour me traîner hier au théâtre . Il s’agissait de ” Democracy in América” mis en scène et proposé par Roméo Castelluci , librement inspiré par le bouquin en deux tomes d’Alexis de Tocqueville . Spectacle que j’ai pris pleine face et plein esprit avec une minorité de l’assistance nombreuse . C’est une formidable évocation , au delà du support américain , de la naissance ,via la confrontation de la culture puritaine avec des espaces non encore labourés ( mais déjà habités par d’autres qui ont leurs propres représentation du monde , leur langue – “leurs mots” , leurs outils et organisation / les indiens ) , d’une nouvelle forme d’organisation sociale qui n’est plus la version grecque de la démocratie .

        L’œuvre présentée ne conclut bien évidemment pas , mais j’ai trouvé ( et j’ai pu partager cette sensation avec un jeune étudiant avec lequel j’ai échangé , alors qu’il s’interrogeait pour savoir le sens de ce qu’il venait de voir et entendre ) , que venaient de défiler sous mes yeux ce qui depuis toujours plante le décor de nos expériences au monde , comme la peau d’une mue ( le symbole est utilisé dans le spectacle) que l’on se transmet à chaque naissance humaine ou chaque renaissance sociale : les contingences du corps , la quête du sens , la force et la faiblesse des signes et des codes ( les mots ou l’IA ).

        Mais quand on constate qu’une démocratie a pu amener un Trump là où il est , on se dit qu’il est temps que Grecs , Confucius , Aristote , Jésus , puritains ,femmes et hommes de bonne volonté reprennent les combats antiques et charnels .

        Ça n’était pas le cas majoritaire hier soir , dans un public sans doute trop occupé à ses affaires , et c’est l’affinité avec le regard attentif et intelligent d’un jeune de 20 ans qui semblait comprendre ce qu’un trop vieux lui ouvrait comme horizon , qui m’a permis de ne pas m’endormir trop navré .

        J’ai aussi retrouvé l’idée , pour faire écho aux “objections” ( bienvenues de RV ) , que pour venir en aide à la raison ( via l’éducation , les médias , le politique avant et après le vote ) , et tenter de réveiller les corps , l’art et le théâtre en particulier, avait une fonction pour accoucher cette conscientisation des “maux” , avec ou sans “mots” . Ce en quoi ou retrouverait la vocation de la tragédie grecque pour accompagner l’éclosion d’un nouvel ordre politique .

  9. Mais non, Chère Madeleine…
    Soyons positifs…
    Le parti des pauvres progresse de jour en jour, et cela au même rythme que leur vertu.
    Ce 1% si dominateur, ne prouve t-il pas chaque jour, qu’il ne saurait se satisfaire de vivre avec 82% des richesses que nous produisons, cherchant en permanence à accroître encore ses réserves aux dépends de 99% de ses congénères?
    Ce faisant, et par la force des choses, la masse dominée prouve chaque jour au contraire, qu’elle parvient à survivre toujours avec encore un peu moins que “moins que rien”!
    Quelle magnifique détermination!
    Quel incroyable expertise de masse en matière d’économie de fonctionnement!
    Et donc (Tenez vous bien!) Ces 99% là seraient un danger pour la planète?
    Oui! Trop nombreux, trop gaspilleurs, trop pollueurs alors que si peu utiles?
    C’est vrai, ça grouille quoi!
    Il conviendrait donc pour certains (oui, oui, même ici!) d’en éliminer une bonne part…
    Bon, seulement après les avoir dépossédés du peu qu’ils ont, bien-sûr!
    Vous remarquerez que lorsqu’il s’agit de déposséder le fameux 1% qui possède tout, chacun s’entend pour dire que le profit pour les 99% restant serait alors quasi négligeable…
    Alors qu’est ce qui pourrait donc justifier ( seulement en terme de rentabilité) l’accaparement par ce 1% des richesses de la planète au détriment des 99% de ses habitants?
    Réponse:
    C’était un piège… La rentabilité n’a rien à voir la dedans.
    La rentabilité, l’économie, c’est pour les pauvres.
    Enfin… C’est pour vous autres, qui grouillez là, autour, et qui comptez vos sous en révant de bonheur, de fortune.
    Et pourtant, l’argent, voyez vous, c’est d’un ennui…
    Allez contentez vous donc de la santé, le reste est si superflu…
    A la vôtre! Eric.

    1. Sans parler du fait que les super-riches sont de moins nombreux en pourcentage. La victoire des pauvres est donc inéluctable !

      1. L’ironie quand elle devient celle du désespoir , c’est un peu mieux que le sentiment d’impuissance , mais , de la même façon que se reconnaître con quand on est con , c’est déjà l’être un peu moins , ça ne change pas fondamentalement le problème .

        Surtout quand , pour résoudre le problème , il faut joindre l’espoir et le courage du combat .

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  10. J’accuse ces milliardaires, personnes, entités, gouvernements qui alors qu’ils disposent de tous les moyens d’informations possibles ne portent pas aide aux personnes en danger de mort. Victimes potentiellement certaines qui ne disposent même des aliments sains pour vivre ni d’espace. Je les accuse également de provoquer et d’organiser le déclin de la race humaine voire de l’accélérer volontairement. Je les accuse de contaminer l’espace vital de la Vie dans sa globalité. Je les accuse de mépriser leur prochain voire d’en rire et de parader.

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    1. Attendez, Juan…

      C’est quoi pour vous, l’espoir, le courage du combat?
      J’ai bien une idée…
      L’espoir:
      Celui que vous entretenez, de parvenir un jour à forger, par le verbe, l’arme qui convient à ce beau et noble combat?
      Le courage:
      Celui de vos semblables qui, seuls, bataillent déjà salement, sans noblesse et sans vous, ni même aucune arme?
      Ah, Monsieur, quelle belle leçon de courage vous allez pouvoir me donner, j’en salive d’avance…
      L’ironie, est une arme puissante, elle aussi, mais nullement alimentée par un quelconque désespoir…
      Voyez seulement comme Etienne se prend pour Zola après quelques saines vérités…
      Dire “Le roi est nu” n’est pas de l’ironie, c’est un coup d’état!
      Manqueriez vous aussi de vêtement que vous n’osiez l’admettre?
      A bientôt, Eric.

      1. Si dire “le roi est nu” est un “coup d’état” , ça n’est effectivement pas de l’ironie , c’est une tragique connerie .

        Sans espoir , ni courage .

  11. A partir de la 17ème minute , une petite demi heure de confrontation Baverez , Polony , Glucksmann , qui semblent indiquer que si sentiment d’impuissance il y a , les élus démocrates semblent aussi commencer à prendre conscience des murs qui les enferment :

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-grand-face-a-face/le-grand-face-a-face-28-janvier-2018

    PS : S’agissant de “l’encadrement régulation “du capitalisme libéral , j’imagine que Paul Jorion aurait des choses à raconter à Nicolas Baverez .

    1. Les milliardaires ne sont pas tous seuls, ce ne sont parfois que des prête-nom à des groupes très bien organisés, des familles souvent, de véritables cliques semi-mafieuses parfois. Une grande partie de leur milliards ruissellent réellement sur un petit groupe d’élus, une sorte de maisonnée élargie, mais s’arrêtent irrémédiablement à cette frontière. Ce qui les rend en apparence inexpugnable est un extrême degré de cohésion, et également de complexité, de leur maisonnée élargie. Cette féodalité restreinte a par son mode de vie et de fonctionnement fait sécession du reste de la société tout en profitant sans vergogne, à la manière d’un passager clandestin, de l’Etat qui les protège.
      Tout ça pour dire qu’il n’y pas des “milliardaires” mais des “groupes milliardaires”, et que c’est à la nature de ses groupes, qu’il conviendrait d’abord de s’intéresser pour mieux comprendre comment de tels kystes ont pu se constituer dans les divers corps nationaux.

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    2. Pour info, à une vingtaine de km d’ici, l’usine de Villers-Écalles fabricant la fameuse pâte à tartiner (filiale française) va s’agrandir, 30 millions d’euros prévus…
      Promos et émeutes à venir ? 🙂

      1. On peut bien sur se demander la ou les causes des comportements suscités par ces “promotions” .

        Mais je me demande aussi les attendus de cette nouvelle forme de marketing , car le cas n’est pas le premier ni isolé .
        Une nièce m’avait par exemple signalé une “vente” du même type , sur 48 heures , par Casino sur Saint-Etienne , qui a écoulé quelques tonnes de pommes de terre de qualité tout à fait honorable , apparemment d’origine française , en un rien de temps au prix de 1 euro pour dix kilos …

        Bizarre , bizarre , vous avez dit bizarre .

  12. Grève dans les Ehpad: “il y aura du monde” (CGT)

    (Par Le Figaro.fr Publié le 28/01/2018 )

    “Je peux vous assurer qu’il y aura du monde” pour la journée d’action organisée mardi dans les d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), prévient dimanche Philippe Martinez (CGT) dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France.”

    Il y aura certes sans doute du monde ce mardi et dans ce secteur d’activité particulièrement sinistré, mais cela peut-il changer la tendance tout à l’avantage du Capital au détriment du Travail ?

    Non absolument pas, et Martinez continue de se foutre de la tête des travailleurs lorsque de cette mobilisation catégorielle il veut en faire une stratégie globale:

    “…Concédant que la mobilisation contre les ordonnances réformant le droit du travail n’a “pas été un franc succès”, M. Martinez estime que la mobilisation dans les Ehpad sera un “exemple intéressant” de ce qu’il faut faire pour réussir une contestation…”

    Ainsi selon le secrétaire général de la CGT, une mobilisation progressive à la base du personnel des Ehpad, c’ est la tactique à suivre à l’avenir dans les autres secteurs, pour voir germer des “contestation” (sic) (non pas des victoires mais simplement des contestations) réussies. Il nous dévoile la tactique ayant permis selon lui à la mayonnaise de monter:

    “…Son syndicat a “fait monter la mayonnaise” depuis “un an”, avec “des mobilisations, maison de retraite par maison de retraite, sur des questions concrètes d’emploi, de conditions de travail”, explique-t-il. “Maintenant, on est en capacité d’organiser une journée d’action de l’ensemble” et “je peux vous assurer qu’il y aura du monde”, prédit-il.

    “Cette stratégie”, selon lui, “il faut l’appliquer dans tous les métiers”.

    Les représentants des personnels ont appelé à une grève nationale inédite dans les Ehpad mardi, pour réclamer plus de moyens. Ce mouvement est unitaire, regroupant CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC et SUD, avec le soutien de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) et d’associations de retraités…”

    Lisez bien camarades la tactique pensée par ces bureaucraties syndicales géniales autant que combatives, cette tactique si inventive: elles daigneront appeler à une journée de grève de 24h00, à partir du moment où pendant des mois, service par service, bureau par bureau, atelier par atelier, attachement par attachement, maison de retraite par maison de retraite, vous vous serez ruinés et fatigués la santé dans des batailles d’escarmouches.

    Et pourquoi ce retour au B-A-BA de la lutte des classes ? Parce que comprenez bien que si la Loi El Khomery et les Ordonnances Macron sont passées comme une lettre à la poste, pour Martinez c’est de votre faute, non pas de la sienne, lui il est génial, de VOTRE FAUTE:

    “…Selon Philippe Martinez, la mobilisation contre les ordonnances, quant à elle, n’a pas pris parce que “certains salariés” ne se sont “pas (sentis) concernés” par les “mots d’ordre nationaux”.

    Oublié le fait qu’au printemps 2016 les directions syndicales se soient platement couchées et se soient refusées à appeler à une manifestation centrale devant l’Assemblée Nationale pour exiger des députés PS et PCF (majoritaire alors) de ne pas voter le Loi El Khomery; Relativisé la posture inadmissible de ces mêmes directions ouvrières à ne pas avoir appelé à un vote de classe lors des élections, mieux à avoir appelé à voter Macron. Ce Macron qui immédiatement élu a pu compter sur un soutien inconditionnel de ces crapules pour faire passer ses ordonnances. Non les échecs que nous vivons depuis trente ans sont dût a ” certains salariés” ne se (sentant) pas concernés” par les “mots d’ordre nationaux ”

    “Pour une mobilisation efficace, il faut d’abord travailler sur la réalité des travailleurs pour faire ensuite la liaison avec les enjeux nationaux” nous dit le stratège Martinez. Sophisme de traîtres répondons-nous.

    Le gouvernement Macron-Philippe continue à profiter pleinement de l’orientation des directions syndicales, consistant a accepter de participer à des négociations-concertations jouées d’avance, orientation dite de collaboration de classe, qui elle plus que tout, empêche toute résistance réelle, toute mobilisation réelle du prolétariat et de la jeunesse en défense de ses intérêts et de ses droits. Il ne faut cesser de déclamer cette vérité sous tous les tons !

    Ce ne sont pas quelques travailleurs qui ne se sentiraient pas concernés par la lutte des classes qui permettent à Macron de zigouiller les restes des derniers vestiges de nos acquis sociaux, c’est Martinez et ses acolytes des autres syndicats, canailles et politique d’autant plus destructrices, qu’elles sont couvertes par Mélenchon et les directions des partis d’extrême gauche type NPA ou LO. Voilà où se niche le sentiment de désespérance de la jeunesse et du prolétariat travaillant en France. Ce sentiment d’impuissance faisant couler beaucoup d’encre ici.

    Mais nous révolutionnaires marxistes, nous avons une question à poser à Martinez lorsque, paradoxalement il met en garde le gouvernement, contre toute tentative de revenir sur les régimes spéciaux de retraite, et à ce titre en oublie même sa fine tactique aussi inventive que combative, de la mobilisation maison de retraite par maison de retraite, laborieusement exposé plus haut:

    “…En ce qui concerne les réformes à venir, le leader de la CGT prévient : “pas touche aux régimes spéciaux” de retraite. Si le gouvernement veut les supprimer, la mobilisation “se fera spontanément”. …”

    Interrogeons-nous gravement, posons notre question à Martinez.

    Pourquoi lorsqu’il s’agit des intérêts du personnel des Ehpad et du reste du prolétariat, on y va mollo mollo et graduellement ?

    Pourquoi dans la perspective d’une attaque des intérêts des salariés couvert par un régime spécial , SNCF, RATP par exemple, il faudrait alors y aller franco de port et spontanément ?

    Si le gouvernement engage une réforme des retraites, les bureaucraties syndicales se rendront-elles à Matignon, ou refuseront-elles de cautionner par leur présence cette nouvelle attaque ? Si elles n’y allaient pas, cette absence ne prouverait-elle pas que durant toutes ces années, en acceptant d’être là, elles auront rendu possible par leur présence les réformes libérales passées ?

    N’est ce passe ces tactiques a géométries variables, qui donnent le tournis aux travailleurs, et que certains salariés ne se sentent pas convaincus par les mots d’ordre nationaux de Monsieur le stratège Martinez ? D’où ce sentiment d’impuissance collective !

    Il faut démissionner, dégager vite ces crapules de la tête de nos syndicats.

    Voilà l’urgence du moment !

    Nous, participants de ce blog, nous devrions nous interroger sur cette grande nécessité de mettre en place, sous l’autorité morale de Paul Jorion, un grand forum démocratique, des différents courants socialistes et syndicalistes ouvriers résistants et existants à la base, en vue d’informer toujours et encore l’ensemble de la population victime de la coalition de fait, qui existe entre le gouvernement, le patronat et les directions des syndicats ouvriers.

    1. J’aurais aimé être une mouche dans son bureau pour voir la tête de Paul Jorion en prenant connaissance de cet appel à prise du leadership de la nouvelle internationale .

      Mais il est déjà en train de faire la psychanalyse d’alfa2Go et n’est donc pas disponible .

      1. @ Juannessy

        Auriez- vous été dans ce bureau Juan, vu votre sens de l’observation a peu près du niveau d’un type ayant été mordu par une mouche tsé tsé, vous vous seriez réveillé en sueur, à moitié éveillé, un peu comme un locataire dans un établissement Ehpad, et vous vous seriez écrié :

        “Quoi ? Que ce passe-t-il ? Le personnel de notre maison organise une AG à la cantine, et menace de séquestrer le poète Jorion ! Et qu’est ce que je mange moi à midi ? et mon yaourt ?

        Appelez moi la direction ! On frôle le scandale ! Lepen vite ! “

      2. J’aime pas le yaourt et je suis d’une frugalité à étonner un poète . Le scandale , depuis la leçon de Paul Jorion , ne me parait pas digne de ce nom . Le Pen va bientôt crever , même pas dans une EHPAD ( où l’on ne parle pas de cantine , mais de salle de restauration ) .

        Pour le reste on verra quand les mouches tsé tsé auront des dents …pour mordre .

        1
      3. @ Juannessy

        Mais la mouche qui vous a mordu hier Juan, à vous moquer de l’Internationale gratuitement, ce doit être une mouche génétiquement modifiée, par le changement climatique en cours.

        C’est la seule explication scientifique que je trouve à sa faculté de mordre !

        Maintenant en science, il faut toujours se méfier des apparences trompeuses.

        Regardez vous, à priori vous n’avez plus de dents, et pourtant vous êtes frugal, vous semblez bien connaitre les coins bouffes dans les Ehpad, et depuis toujours sur le blog, vous nous prouvez quotidiennement que vous savez mordre !

        Celui qui te mord te rappelle une chose, c’est que tu as des dents !

  13. Déconstruire, détricoter ces groupes, sans s’attaquer de front à leur prête-nom, en faire ressortir les zones d’ombre, maîtriser leur organigramme, mettre de manière répété à l’épreuve leur loyauté, plier chacune de leur composante à la common decency, et faire s’effondrer le mythe du “milliardaire homme seul”, telle devrait être la tâche d’un état digne de ce nom.

  14. Ce qui nous pend au nez c’est un dérèglement climatique tel, que nos enfants, (dans les 35 ans à venir, c’est à dire dès 2050) seront confrontés à des conditions climatiques dont nous n’avons même pas idée.
    Il y a 20 000 ans la terre était en pleine aire glacière. En Europe, le niveau des océans avait baissé de 120 mètres. La Manche n’existait plus, les pays scandinaves étaient sous 2000 mètres de glace, la végétation ressemblait à celle du nord de la Sibérie actuelle.
    Et savez vous de combien de degré Celsius la température moyenne de la terre était descendue ? 5 petits degrés en quelques milliers d’années ! (1:14:48 de la vidéo en lien ci-dessous)

    Ce dont nous avons besoin, demain matin, pas après demain, c’est d’une économie de guerre contre les émissions de gaz à effet de serre.
    D’après les chiffres/courbes diffusés par J. M. Jancovici, dans sa conférence du 21/11/2017, “Anticiper l’effondrement énergétique”
    notamment à 57:46 de la vidéo
    https://www.youtube.com/watch?v=Fp6aJZQldFs
    l’objectif des 1,5° est derrière nous et celui des 2° ne sera atteignable qu’en réduisant nos émissions pour ne plus émettre jusqu’en 2050 qu’1/6e de ce que nous et nos parents ont pu émettre (1:22:13), c’est à dire une décroissance abrupte volontaire.
    Autant dire qu’il n’y a aucun espoir de contenir le réchauffement en deçà des 2° (1:21:42), d’où son rappel historique des 5 petits degrés Celsius, qui déterminent une aire glaciaire, qui devrait nous faire toucher du doigts les conséquences d’un réchauffement dépassant allègrement les 2° en quelques dizaines d’années.

    Alors oui le sentiment d’impuissance semble incontournable et tout ce qui va dans le bon sens, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, même si ce n’est pas en adéquation parfaite avec notre macro-analyse devrait être promus et encouragé.

    1. J’avoue que si je partage le tout dernier paragraphe pour tout un tas de raisons , j’ai eu de la peine à suivre comme une démonstration ,ce qui l’a précédé à l’ère glaciaire .

      Stupidement , je pourrais vous dire que les annéciens se réjouissent sans le savoir des effets de certain réchauffement climatique , car il y a 15000 ans (c’est pas si vieux et les glaciers allaient jusqu’à Lyon ) , il y avait un glacier d’une épaisseur de 1300 mètres à l’emplacement du lac d’Annecy . La fonte a d’ailleurs commencé à peu près à cette époque
      ( 14 000 ans ) pour donner aujourd’hui le troisième lac de France et 25 000 m3 d’eau potable pompés chaque jour pour l’alimentation de l’agglomération .

      1. et bien, disons qu’avec 5° de moins il y avait de la nourriture pour quelques centaines de milliers de personne en Europe, pas de végétation en quelque sorte, et qu’avec 5° de plus nous n’avons aucune idée de ce que sera le climat et donc la végétation.
        Si avec 5° de moins on a le climat du nord de la Sibérie actuelle, avec 5° de plus on risque d’avoir celui du Sahara actuel, mais on n’en sait rien !

      2. La référence à l’aire glaciaire n’est pas une démonstration mais une illustration de l’ampleur du changement climatique induit par 5° Celsius, juste histoire de planter le décor.
        Essayons d’extrapoler à partir de cet exemple annéciens,
        quand 5° ont transformé un glacier en lac, on est passé de glaciaire à tempéré, que feront 5° de plus ?
        Peut-être bien de passer de tempéré à aride, bien que cette proposition soit sans doute un peu trop linéaire.

      3. Ça m’a “l’air ” de se tenir , bien que les annéciens et d’autres ne devraient pas trop s’émouvoir si vous leur dîtes qu’on va se réchauffer de 5 ° en …. 14 000 ans .

      4. Juan,

        “qu’on va se réchauffer de 5 ° en …. 14 000 ans”. Ce n’est pas ce que te dit RV, il te parle en décennie maxi 1 à 3 siècles pour la prochaine hausse ! Mais bon rien à battre en fait.

      5. @ Juannessy 29 janvier 2018 à 12 h 00 min
        il me semble que vous faites la confusion courante de confondre météo et climat.
        Reprenez l’exemple de l’aire glaciaire qui est le résultat de 5° de moins en moyenne à l’échelle du globe et la variation été hiver aujourd’hui ou hier, bien plus élevée que ces 5°
        Les effets ne sont pas comparables, on additionne pas des torchons et des serviettes

        @ CloClo 29 janvier 2018 à 19 h 19 min, je comprend votre agacement, mais restons serein et échangeons

      6. Suis très serein.

        “Comme on n’a jamais vu 5 °C en plus pendant l’histoire récente, on n’a aucune idée de ce qui peut se passer avec une telle augmentation de température en dehors de ce que racontent les modèles, mais à l’évidence il s’agirait d’une modification majeure de notre environnement, et non d’une promenade de santé. A cause de ce caractère inédit, qui empêche de savoir très à l’avance ce qui pourrait se passer, il est même possible d’affirmer que nous allons avoir essentiellement des surprises, probablement plus souvent mauvaises que bonnes.” Dixit Jancovici (https://jancovici.com/changement-climatique/predire-lavenir/ou-nous-situons-nous-dans-lechelle-des-temperatures-par-rapport-au-passe/)

      7. Je sais que Juan comprends très bien de quoi tu parles, mais y joue au benêt. Ou alors il arrive à une distorsion du temps sur la fin qui lui font voir quelques décennies comme quelques millénaires. Et ma foi, le temps semble bien s’arrêter à l’horizon d’un trou noir pour l’observateur extérieur… Y a peut-être un trou noir dans sa cuisine !

      8. @RV :

        Vous avez bien raison , mais de mon côté j’évoquais bien une hausse moyenne de 5°C mais à …14 000 ans pour rester dans l’échelle de comparaison avec cette même évolution “avant nous ” .

        Pour répondre à Clo Clo , j’avais aussi bien retenu depuis déjà quelques années que les échéances communément avancées étaient de l’ordre de 50 ans à 3 siècles . Il m’arrive de lire ce qui s’écrit ici entre autre .

        Si je reviens à RV , qu’on parle de moyenne ou pas , je me borne à avancer que dès que l’échéance dépasse 50 ans , on n’a peu de chance d’émouvoir “le peuple” qui déjà refuse de s’imaginer vieux en EHPAD ou pas .

        PS : Clo Clo n’est pas agacé , il est comme ça .et c’est comme ça qu’on l’attend .

      9. @ Juannessy 30 janvier 2018 à 20 h 38 min

        Jancovici montre une courbe (sortie de la compilation du GIEC) qui s’arrête en 2100, il n’est nullement question de 14000 ans, d’où vient ce chiffre ?
        Une des composante du problème est bien la soudaineté de ce changement de température, nous ne sommes pas du tout sur des schémas “naturels” à moins d’un degré Celsius par millénaire.

      10. D’où viennent ces 14 000 ans ?

        Cherchez dans la file , vous allez les trouver , si votre polarisation sur votre plaidoyer le permet .

      11. @ Juannessy 30 janvier 2018 à 22 h 55 min
        La première occurrence de ce chiffre de 14000 ans est votre commentaire du 28 janvier 2018 à 21 h 04 min
        Cette donnée historique ne dit rien du rythme du réchauffement ou du refroidissement qui est la question essentielle.
        D’après la littérature sur le sujet le rythme des refroidissements et réchauffements climatiques étaient, jusqu’à la fin du XIXe siècle, de moins de 1° par millénaire, 0,2 d’après https://www.astronomes.com/le-systeme-solaire-interne/le-rechauffement-climatique/
        Nous parlons aujourd’hui d’une prévision du GIEC de 5° en 85 ans – 2015 à 2100 – si nous continuons à émettre au même rythme, ce que nous faisons depuis la COP21.
        C’est cette accélération qui pose problème et devrait nous amener à nous “focaliser” sur la réduction nos émissions de toute urgence.

      12. @RV :

        Non seulement je ne conteste rien de tout ça , mais vous prêchez un convaincu .

        Ce que j’ai essayé de vous renvoyer , mais apparemment sans succès , c’est qu’il ne suffit pas d’être convaincu et convaincant pour convaincre .

        Dit autrement , tant qu’il n’y a pas pour chacun des impacts sensibles et à horizon temporel proche rendus perceptibles et intégrés par ‘les corps” , il y a peu de chances que les peuples violent leurs dirigeants pour les rendre plus intelligents .

        Votre remarquable énergie sera donc plus utile en direction des leaders qui commencent à être moins cons que les peuples qu’ils gouvernent . ( ce qui me ramène au dernier commentaire de tout me hérisse ) .

      13. @ Juannessy 1 février 2018 à 0 h 12 min
        Sans succès effectivement, je n’ai pas vu dans vos commentaires précédents que vous mettiez principalement l’accent sur la question pertinente s’il en est de l’opinion et de l’action.
        Si vous voulez toucher le plus grand nombre, il y a l’éducation, depuis qu’elle est obligatoire et les médias qui touchent tous les soirs au 20h plus ou moins 6 millions de citoyens.
        Mais ces deux canaux ne sont pas mobilisé sur le sujet qui nous occupe.
        Alors oui une voie à utiliser est de parvenir à accéder aux politiques.
        Quelqu’un comme Jancovici, mais ce n’est qu’un exemple, nous dit qu’il est parfaitement conscient qu’avec ses 50000 auditeurs/lecteurs par an, il ne fait pas le poids.
        Sa stratégie est de s’adresser aussi aux corps intermédiaires et aux lobbys qui eux peuvent avoir une influence sur les politiques.
        Mais le citoyen lambda, dans nos gouvernements représentatifs, non, je ne vois pas quel accès il aurait aux politiques, à la confection de leur programmes et bien sur à leurs choix quand ils sont parvenus au pouvoir.

      14. @ Juannessy 1 février 2018 à 0 h 12 min

        “des leaders qui commencent à être moins cons que les peuples”

        Faites-vous allusion à ce jeune dirigeant qui est à l’origine du remplacement de lignes de trains par des autocars dans un pays où l’électricité est une des moins émissives de la planète ? Mais bon, bien sur, une hirondelle ne fait pas le printemps.

      15. @RV :

        Ça n’était pas une allusion franco-française et elle visait plutôt la classe politique en général .

        Quand je dis “moins cons” , ça signifie surtout qu’ils sont mieux informés que le commun des mortels , et qu’ils commencent à l’intégrer dans leurs discours et leurs contraintes électorales ( gagner les 10 à 20 % de citoyens déjà au parfum et actifs ) , à défaut d’en faire encore une priorité d’actions . A cette aune là , Macron et pas mal d’autres élus démocrates ( ou pas d’ailleurs) sont effectivement moins cons que les 80 % qui se “livrent en aveugles au destin qui les entrainent .”

        Pour “les actions ” , elles reposent encore sur les actes de terrains de colibris dans un environnement anarchiste , d’entreprises dans un environnement capitaliste persistant ( mais qui ne s’y retrouve pas vraiment , d’Etats dans un environnement idéologique totalitaire .

        On attend désespérément que ce soit sur des actes orchestrés par une entité démocratique qui se serait donné un horizon partagé riant et un modèle économique qui l’autorise par les moyens alors accessibles . Mais il faut sans doute pour ça que le 80/20 s’inverse , ce qui est encore inatteignable tant que le malheur n’est pas inéluctablement perçu .

      16. Ce dernier de mes commentaires pourrait d’ailleurs servir de commentaire au billet sur la ” création monétaire ex nihilo “, pour lequel Paul Jorion doit commencer à se désespérer de convaincre , alors que le sujet a été décortiquer ici en long , en large et en travers , et dans “l’argent mode d’emploi ” ( 10 €à la fnac ).

        Apparemment ça n’est pas par la raison que la vérité éclairera les 80 % qui se livrent au “destin” .

      17. Je m’aperçois aussi , alors que je n’avais pas encore auditionné la Vidéo n° 1 du jour , que j’avance une vision
        ( enjeux , actions , 80/20 , démocratie ) qui lui fait écho .

        Mais j’ai toujours du mal avec le prince et le philosophe .

        Même si je suis assuré que je peux partager avec eux le
        ” positif ” .

      18. Je viens de visionner ( et écouter ) la vidéo n° 2 .
        Vidéo de transition . Voyons la suite .

        PS : Bien que vous n’ayez pas le faux semblant de Glucksmann vs Polony , que France Inter nous annonce en duel ( ça doit être plus “vendeur “) et qui ont parfois de la peine à ne pas être d’accord , il faudra peut être trancher avec votre compère ( salut Eninel ) Michel Saloff- Coste , pour choisir entre “tu” et “vous” , afin que le fond continue bienheureusement à prendre le pas sur la forme .

  15. Depuis un peu après mai 68, le prolétariat a perdu. Depuis 1995 (Kyoto, et le marché du carbone), les environnementalistes ont perdu. Depuis 1979, la menace d’alternative au capitalisme s’est écroulée, comme aussi la libération du “Tiers-Monde”. Il y a de quoi être désespéré… de la perte de nos espoirs. Pendant tout ce temps, nous avons mal mesuré les évolutions : la structuration sociale en classes et en représentants (syndicats et partis) s’est vidée de sa substance ; l’individualisme a gagné les esprits par la consommation et la communication de masse, hypnotiques ; tout cela qui avait été permis par le changement des trente glorieuses (multiplication par cinq des revenus, sans aucun changement redistributif, dit Piketty) entre 1945 et 1965, a donné un profond changement social encore pendant 20 ans, alors que le contexte passait déjà à autre chose avec 1973 (crise du pétrole), 1979 (écroulement du mur) ; et tandis que le rapport du club de Rome (1972) et le rapport Bruntland pour l’ONU (1970) n’allaient rien produire de marquant, avant qu’il ne soit trop tard.
    Je sors d’un débat de jeunes adultes sur “se changer, qu’est-ce que cela change”, et je suis frappé qu’ils se réfèrent à un monde de relations et d’éthique et de nouvelles relations de pouvoir et d’autonomie, sans aucune référence à nos anciens contextes. Un nouveau paradigme en marche ? (Pour renvoyer à l’article plus récent de Paul Jorion) — Hélas, ils sont une minorité, et la masse ne changera de paradigme qu’au pire de l’effondrement, après un cruel temps d’égoïsme de survie. Bref, Titanic. Y aura-t-il un après ?

  16. @ Chabian pour le Titanic et RV pour le reste.

    La bonne vieille image du Titanic.
    Faites votre choix.
    Elle est mauvaise. A l’échelle de l’humanité, ce rafiot mal conçu et à la fabrication coupable, et sa cargaison, étaient minuscule et n’a rien changé.
    Peut-être un peu de pollution s’il carburait au pétrole, ce que je ne sais pas. Quasi nulle si c’était du charbon. Le Titanic ? une chiure de mouche. Que Dieu, en son infinie miséricorde veuille nous accorder des centaines de Titanic pour le prix de notre hybris…

    Elle est très bonne: vous et moi sommes là avec des milliards d’autres. Donc vous, moi et l’humanité, survivrons au choc comme nous l’avons déjà fait.
    Un peu de compassion, s’il vous plaît; vous ne pouvez pas nous promettre l’Armageddon et en même temps nous inciter à sacrifier notre mode de vie: puisque c’est foutu, autant continuer comme avant. Et si même l’évolution du climat est lente quoique inéluctable, pourquoi prolonger le supplice?

    Puisque nous vivons dans une société de communication et de pub. ( comprendre: la superficialité est tout) il faudrait faire effort pour devenir attractif… Le Titanic est contre-productif, sauf pour Hollywood.

    Les lacs alpins témoins des variations (locales ou globales) de température:

    http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/chalain/fr/index2.html

    Y’a du stoff, bien présenté.

    Le lac d’Annecy a vécu des variations de température et de niveau très importantes.Le pollen est formel:au cours d’une périodes de réchauffement, les pentes et montagnes environnantes ont perdu leurs résineux et gagnés 100% de feuillus. La densité de population s’en est bien trouvée. Le niveau du lac a baissé de 8 m environ. Il y avait un passage à pied sec vers Talloires. J’y étais pas mais le groupe de recherche sub-aquatique d’Annecy, lui oui, par delà le temps.
    N.B.: les villages lacustres n’existent pas.

    @ Juan, avec retard, vos 26 janvier 2018 à 21 h 24 min et 27 janvier 2018 à 15 h 44 min
    Vous êtes un sage. La nostalgie ? Point trop n’en faut.

  17. L’égoïsme généralisé est un lux de civilisation ayant un accès à de l’énergie abondante et les techniques pour dominer le milieu naturel et les autres civilisation moins bien lotis.
    La solidarité est le recours naturel pour optimiser la survie d’une communauté dans un milieu “hostile”.
    Quand je regarde les pyramides (montgolfières) des âges des grandes nations industrielles, que j’y ajoute l’effet irréversible d’une éducation par des parents égoïstes, je partage aussi ce sentiment d’impuissance pour une solution globale et pacifique.
    Le terreau de la puissance est le même que celui de la solidarité. Il se trouve dans l’inconnu, la prise de risque, l’aventure, maintenant et tout de suite.

    1
      1. @Juannessy, qui joue bien avec les mots…

        Pourquoi n’envisage-t-on que “le dernier qui s’en va…” sans évoquer ceux qui viennent ?

        … allumer

      2. @Adoque :

        C’est pourtant bien ce que j’ai évidemment fait dans mes propos binaires que PHILLGILL veut combiner .

      3. @Adoque bis :

        Mais si je me fie à l’appréciation du naufrage européen tel que François Leclerc le germanise ( il n’est pas le seul apparemment ) , ce n’est plus d’Europe que devrait renaître la flamme .

        Et pourtant …

      4. @Juannessy
        Oui, c’est vrai, mais je pensais ‘bougie’ et au lien avec candela/candélabre… :-/

      5. Mais “un lecteur” devrait se retrouver en partie dans la vidéo Colmant-Jorion , dans la mesure où l’accord semble se faire quant à la vocation jusqu’alors donnée à l’Euro : protéger la rente , le capital des classes possédantes ( à ce jour globalement les plus âgées , dans les EHPAD ou pas ) et assez largement majoritaires en germanie , plutôt qu’être mis à disposition d’un projet de société plus humain , démocratique avant que d’être marchand .

        Société cherche projet permettant aux jeunes naissants et aux vieux mourants de le faire en paix et sans trop souffrir . Solutions par esclavages des enfants et /ou ballade de Narayama exclus . Faire offre sans restriction de lieux et de temps . Européenne serait un plus .

      6. A la liste d’exclusion , j’aurais aussi pu citer “exploitation des migrants ” .

        Ce qui semble cependant une tradition historique dont je situe mal l’origine réelle .

    1. A la question de l’énergie abondante je substituerai la question de l’énergie carbonée, car c’est bien de gaz à effet de serre dont il est question.
      Si nous continuons à en émettre à ce rythme et c’est ce que nous faisons nonobstant la COP 21, nous dépasserons allègrement les 2° Celsius en 2100 et cela n’aura rien d’anodin.

  18. @Juannessy
    C’est vrai, je vous ai fait un petit mot en réponse immédiate à votre “lux”, sans remonter le fil.
    Il faut avouer qu’il est difficile suivre les conversations dont la hiérarchisation se limite à un seul niveau.

    Je note, et apprécie, que vous conservez une attitude constructive, et généreuse pour “ceux qui viennent” et aussi pour “ceux qui ne s’en vont pas, qui restent” 😉

    1. Y a ceux qui viennent , ceux qui restent et ceux qui s’en vont .

      Et ce sont les mêmes .

      Pour construire , il faut prendre en compte tous ces ceux là, et c’est un peu plus difficile que de suivre la hiérarchisation des fils de conversation

      Si on ne construit pas avec cette condition , on ne parle pas de l’espèce humaine .

      1
  19. N’oubliez pas le temps du toboggan, en cas d’effondrement. La solidarité jouera de manière suffisante quand nous aurons atterri, mais à la marge seulement auparavant. L’égoïsme, nous l’avons vu au moment de l’annonce d’un plan de coupures électriques hivernales (en 2015 ?) en Belgique : un tollé massif, incrédule et populiste contre une réalité prévisible. Et ces périodes ne manquent pas dans l’histoire.
    J’ai dit Titanic ? Juste pour ce déni du principe “les femmes et les enfants d’abord” par de nombreux hommes. Je le dis contre l’euphorie du Tout pourrait bien se passer. Au plan social, au plan alimentaire, au plan du chauffage, au plan des relations humaines, au plan de la violence politique et militaire, tout va évidemment mal se passer dans notre “monde riche”.
    Alors chiche, pensez un Manuel du savoir vivre en effondrement : quelles sont les 10 choses les plus importantes à organiser collectivement ?

    1. Si on n’en trouve qu’une , on ne gagne rien à ce jeu de téléréalité ?

      Déjà , que chacun participe à la seule celle qui lui semble répondre à la prescription “organiser collectivement” , ce serait plus efficace qu’une constitution à dix commandements .

      1. @Juannesy
        (Je vous ai répondu sur le lien proposé…)

        et si je vous vois comme “le dernier qui s’en va”, ne serait-ce que par votre présence active, je vois aussi que ce n’est pas sans passer le flambeau, un flambeau encourageant porté par l’amour du vivant (= pas d’extinction prématurée).
        Il me semble qu'”organiser collectivement” deviendra le passage obligatoire, évident, le seul capable de relancer cette espèce particulière qu’est la nôtre, à réinsérer harmonieusement dans l’ensemble du vivant.

  20. Concernant le réchauffement climatique, – nié par certains et dont les conséquences sont superbement ignorées par la frange des 1 % les plus riches de la planète, soucieux d’accroître toujours plus leur richesse.
    Le salut n’advenant point d’une prise de conscience de cette classe dominante, l’irruption d’une catastrophe telle que l’explosion volcanique de 1258 dans l’archipel indonésien (ou de celle de 1815), ne pourra-t-elle pas donner un choc climatique et régler pour quelques années le problème du réchauffement comme cela a pu l’être à ces époques, certes, il sera porté également un choc terrible sur les population par les famines qui en résulteront, initiant des troubles propices aux changements.
    Mais, qui sait, un basculement politique pourrait advenir et voir l’élimination d’un système trop favorable à l’accroissement des richesses pour quelques-uns ?
    L’activité des volcans ne cesse de s’accroître, alors… ?
    https://www.volcanodiscovery.com/fr/volcanoes/today.html

  21. La pente et son accélération du réchauffement climatique…
    (“85 ans” versus “14000 ans”)

    Faut-il écouter les non experts ou les experts ?
    Un élément de réponse: comme “il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses saints“, je ne ferai pas comme Paul Jorion invoquant Paul de Tarse, mais directement la “Parole de Dieu” ( 😉 ) suivant le Déluge, avec cette promesse:

    Il n’y aura plus jamais de déluge d’eau mais un déluge de feu.
    “Comme au temps de Noé … ils ne s’aperçurent de rien…”

    Mythe(s) ou pas ?

  22. Permettez un commentaire sur cet autre sujet “Où en sont les robots?”
    https://www.pauljorion.com/blog/2018/02/02/ou-en-sont-les-robots/

    Il me semble que leur évolution ne sera pas dans la direction “évidente” de plus de robots pour moins de travail humain.

    Le système cherchant l’efficacité maximale ne peut pas se débarrasser des contraintes: il lui faut les exploiter “au mieux”.
    Une contrainte: la pyramide des âges; une autre: minimiser la consommation de ressources.
    Quel est déjà le retour d’expérience dans le développement des robots ? Il y a celui-ci: en cherchant à reproduire les capacités de l’humain, c’est quand-même une bonne piste, les chercheurs se rendent compte des capacités de souplesse et d’agilité du modèle, et pour les atteindre et les dépasser, il y a un coût croissant et aussi une consommation énergétique…

    Dans la vidéo, il est mis en évidence que la collaboration entre machines et humains est plus efficiente.
    Une Intelligence Artificielle nous le démontrera en pro(im)posant ce modèle: exploiter à fond les capacités de l’humain sous contrôle, pas vraiment des robots, mais des algos.

    Amazon a une longueur d’avance, discrète, mais pas moins illustrative:
    la solution (homéopathique à cette heure) consiste à assortir les travailleurs humains d’objets connectés: chronomètres, détecteurs de mauvais gestes, correcteurs… avec un feedback permettant l’apprentissage du bon rythme, l’optimisation, une notation des progrès avec prime à la clé…

    Voilà: nous deviendrons de parfaits danseurs, au moindre coût; celui de quelques petites puces implantées (comme des vaccins proactifs), recueillant toutes données utiles et pourquoi pas, créant une stimulation de la machine biologique.

    Nous voici “augmentés” de l’intérieur, et pas en concurrence avec trop de mécanismes…
    et cerise sur le gâteau, “socialisés” grâce à IA qui supervise pour le meilleur 🙂

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