« Mes vacances à Morro Bay », depuis 6 jours en librairie

Pages 45 et 46

Cet après-midi j’ai compris pourquoi j’étais allé passer mes vacances à Morro Bay. La journée n’avait pas trop bien commencé.

Le matin, j’avais commencé par aller explorer les rues de la petite ville. J’avais scruté ces vitrines figées dans les années soixante ou soixante-dix. C’est bizarre, cette disposition de toutes les petites stations balnéaires du monde, à faire preuve d’un retard de trente ou quarante ans sur les grands centres. Est-ce parce que ce sont les habitants des petites villes fauchées du reste du pays qui passent leurs vacances sur les petites plages fauchées ? Ça doit jouer. Je regarde la vitrine d’un agent immobilier, les photos de propriétés à vendre sont jaunies : pour être aussi pâles elles datent d’au moins cinq ans. Ces maisons peuvent-elles vraiment être en vente depuis tant d’années ? J’en doute. Les photos restent là, non-renouvelées, probablement pour leur valeur exemplaire. Les heures d’ouverture affichées sont également avares : de 11 heures à 13 heures, puis de 15 à 17 heures, le mardi et le jeudi. Les propriétaires ont apparemment des choses plus importantes à faire du reste de leur temps. Ah ! Voilà qui est plus intéressant : Crêperie Sophie, le menu propose : Ficelle Picarde. Il faudra que je vienne voir à quoi ça ressemble. Il est neuf heures, c’est fermé, je jette un oeil à l’intérieur. Des photos des années trente : une famille à la plage (Trouville ?), une photo : un portrait de femme, probablement Sophie, les lèvres très peintes, apparemment très rouges, des cheveux courts et permanentés, des accroche-coeur sur le front. Oui, il faudra que je revienne. 

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