Brexit – Qui est pour, qui est contre ?

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Je vous montre un diagramme : les derniers sondages pour les législatives anticipées du 12 décembre au Royaume Uni.

Maintenant je vous montre comment se répartissaient les partisans des différents partis en Resteurs (« Remain ») et Quitteurs (« Leave ») au moment du referendum.

Enfin, je multiplie l’un par l’autre. Cela suppose que les gens n’ont pas changé d’avis (connaissant les gens, c’est une supposition raisonnable). Faute de chiffre, j’ai supposé pour le SNP indépendantiste écossais 95% de Resteurs, 5% de Quitteurs. Et j’obtiens au total :

Resteurs : 47,41% ==== Quitteurs : 47,59%

Bon, d’accord, c’est pas ça qui va nous aider !

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23 réflexions sur « Brexit – Qui est pour, qui est contre ? »

  1. Très intéressant. Match nul. Mais en trois ans et demi le corps électoral s’est modifié. Les plus jeunes ont atteint l’âge de voter et quelques électeurs plus vieux ne sont plus là pour voter. Il y a aussi le remord des quitteurs qui ont vu que le Brexit avait des inconvénients qu’ils n’avaient pas imaginés. Enfin un certain nombre d’électeurs peuvent avoir des réticences à l’égard du PM et de sa politique destroy

    1. Ce qui est frappant est que le Labour a perdu son avance en juillet aout et que le Tory l’a dépassé depuis la période Johnson. En juin les grands partis étaient à 25-25 et les petits à 20-20.

  2. Comme dans beaucoup d’élections ce sera ceux qui vont décider de ne pas aller voter (28% au référendum de 2016) qui vont décider du resultat.

    Si on me demandait mon avis je dirais que c’est surtout ceux qui avaient voté leave (et en particulier ceux qui votent habituellement pour le Labour) qui vont s’abstenir cette fois ci.

  3. Prendre une telle décision politique (le Brexit) lorsque les deux camps en présence sont à égalité relève du pur non sens. C’est ni plus ni moins rechercher la guerre civile.

    En même temps (sic!), imposer le non Brexit à une moitié de la population, n’est-ce pas la même chose?

    Pourquoi ne pas prendre une telle décision sur la base du consensus, en relevant de 50 à 66 ou 75 % la barre nécessaire à atteindre?

    Le problème politique serait donc ici la question de la pertinence de la majorité absolue…

    Isn’t it?

    1. La majorité absolue n’a jamais eu de pertinence.

      Vous êtes 10 à table et le choix du menu se fait à la majorité absolue. 6 sont de farouches mangeurs de viande qui ne pensent qu’à eux. Ils imposent à tous les repas, petit-déjeuner compris, de la viande, sans substitut. Pendant 10 ans, 20 ans, 30 ans. (Ca fonctionne aussi avec des végéliens qui ne peuvent pas voir un oeuf.)

      Ca s’appelle la démocratie et c’est « le meilleur système au monde ».

  4. Ce qui est triste, c’est de voir que au final, trois ans plus tard, le désir de rester en Europe ne soit pas plus vivace. Au départ, j’avais cru que le brexit était une sorte de malentendu. Une sorte de mixture issu du mélange entre un électorat du « Leave » bien rassemblé et ayant voté en masse et un camps du « remain » moins mobilisé qui se serait laissé surprendre par le résultat final….Or, il faut bien admettre que mon illusion de l’amour caché des Anglais pour l’Europe était un leurre….J’avais déjà compris que j’avais totalement tort lors des résultats des dernières élections Européennes où les Britanniques avaient porté un Nigel Farrage largement en tête….Où étaient ces hordes d’Anglais prêt à crier leur amour pour l’Europe? Où étaient ces jeunes qui ne votent jamais mais qui devant cette situation auraient du se mobiliser???
    La vérité , c’est qu’une majorité d’Anglais s’en foute de l’Europe….Qu’ils soient dans ou hors de l’Europe ; ils s’en foutent…pourvu que le salaire tombe, que le boulot soit pas trop pénible….En gros, chacun se démerde pour soi, aucune conscience collective, aucune vison d’avenir. Le chacun pour soi dans toute sa splendeur…..Une belle société occidentale, broyé par 2 siècles de capitalisme. Individualisme, individualisme et encore de l’individualisme.
    Alors cher Anglais, si vous partez , je serais triste mais après tout……Bon vent!

    1. @Pierre

      Contrairement à ce que vous semblez dire, c’est peut-être une conscience collective aigüe qui incite une part non-négligeable de britanniques de vouloir quitter l’UE, précisément parce que cette dernière exacerbe structurellement des réflexes individualistes. Pour les eurosceptiques, la vision d’avenir que produit l’UE est celle d’un naufrage, ou d’une guerre (qui est dors-et-déjà économiquement effective et même constitutionnalisée, la fameuse « concurrence libre et non faussée »). Rien de très affriolant en somme.

    2. Pierre
      je suis exactement sur la même position que vous.

      Mais en plus je fus pour une sortie de la France de l’Europe côté gauche (très gauche en fait) à cause de l’ordolibéralisme imposé par l’Allemagne à toute l’Europe (je ne peux oublier que l’Allemagne a à son actif 2 guerres mondiales en moins d’un siècle plus une avec annexion 1871, 1914, 1940).

      J’identifie la conduite par l’Allemagne de la politique économique de l’Europe comme une application de son désir depuis Westphalie de commander et diriger toute l’Europe (le monde elle est dépassée par plus gros qu’elle).
      Elle a très bien organisée son truc : faire fabriquer ses richesses dans les pays aux bas salaires (dont l’ex Allemagne de l’Est, lire un article sur le Monde diplo de novembre à ce sujet) de l’Est de l’Europe, et les revendre au prix max pour son propre bénéf. Puis reprocher en les punissant tous les autres si jamais ils ne réussissent pas aussi bien qu’elle en matière économique. Peu importe : chacun pour soi.

      Mais le Brexit m’a servie de leçon. Pas aux Anglais visiblement. Nous ne devons pas avoir la même notion du collectif et du bien commun.

    3. Pourquoi faudrait-il aimer l’Europe ? Quelle idée bizarre !

      Vous prônez la même chose pour l’URSS ? Qu’il vaut mieux avoir une conscience collective et une vision d’avenir ensemble ? Mais beaucoup d’anciens pays de l’URSS ont voulu se démerder seuls, comme vous dites, et il est probable que s’ils voulaient reconstituer l’URSS, on entendrait des hurlements de la part de ceux qui prônent les mêmes idées de partage et de conscience collective que vous.

      Personnellement, je ne vois pas quelle « vision d’avenir » porte l’Europe. J’entends très bien le discours officiel de la Chine : plus de pauvres, une prospérité modérée pour tous, le respect de l’environnement, etc. Les conditions de vie des Chinois se sont améliorées dans des proportions gigantesques, les gens peuvent le toucher du doigt. Mais en Europe ? Comment se fait-il qu’il y ait encore des SDF qui meurent par centaines, des pauvres, des esclaves au travail quand le chômage s’élève toujours plus ? Quelle est exactement la « vision d’avenir » que porte l’Europe ?

      La future dirigeante de l’Europe veut envoyer des milliers d’hommes combattre en Syrie – pays qui ne nous a jamais agressés, contre toutes les lois établies par l’ONU, le pire des crimes étant les guerres d’agression. C’est ça, la vision d’avenir de l’Europe ? Apporter aux autres pays une liberté par les bombes, liberté qui s’effondre jour après jour chez nous ? Tous fichés ? Mutilés dans des manifestations pacifiques ?

      Mais vous vivez où, pour dire que l’Europe a une vision d’avenir ?

    4. Mais on verra. L’hypothèse de PJ c’est que les électeurs n’ont pas changé d’avis mais c’est une hypothèse absolument pas réaliste et on peut très bien anticiper une progression des resteurs

  5. Je ne comprends pas vos chiffres ils ne vont pas voter pour ou contre le brexit , c’est déjà fait depuis longtemps et les résultats sont connus , ce n’est pas un nouveau referendum mais des élections classiques

  6. L’Union européenne n’est qu’un grand marché où on se contente de mettre l’huile qui permettra de bien faire tourner les rouages. Les Remain veulent continuer de le faire, les Brexit veulent plonger la GB dans une grande mer d’huile, les électeurs ne voient pas bien la différence

  7. 50 -50. Depuis trois ans que cette histoire dure, il y a une constance, un paramètre qui ne change pas : c’est que le « projet européen » est en panne. Il est vide, sans âme et sans envie. Juste synonyme de bureaucratie, d’austérité, d’orthodoxie néolibérale, d’opacité sur la façon dont ça fonctionne, de « réformes » sociales les plus impopulaires les unes que les autres : réforme du travail, des retraites, du chômage, des privatisations….Je suis sûr que si on demandait à un passant de citer trois mesures ou actions jugées positives qui ont été apportées par l’Europe ces, disons, dix dernières années, il y serait incapable. L’échec du Brexit est largement partagé par l’échec de l’Europe….

    1. Je partage votre avis, notamment au regard de l’actualité récente en France ayant vu nombre de manifestants éborgnés et gravement blessés pour des raisons liées à l’application de réformes libérales et injustes.
      Et même si un référendum avait lieu outre Manche et donnait un résultat inverse, il est à craindre que le Remain l’emporte uniquement pour des raisons de peur distillée par les médias. Et pas par un « amour » de l’idéal européen revenu au premier plan.
      J’ai toujours pensé que ce spectacle était une mascarade à durée indéterminée avec pour seul but de lasser le peuple anglais et qu’il rentre dans le rang.
      Avec comme corolaire un risque d’émeutes voire de guerre civile.
      Mais l’Europe vaut bien cela.

    2. Je ne dirais pas 50 – 50, mais 47,5 – 47,5… ce qui laisse cinq petits pourcents pour décider, en cas de nouveau référendum (assez improbable dans l’état actuel des choses, mais ne navigue-t-on pas à vue dans un brouillard épais pour le moment) de quel côté pencherait la balance…
      Pour ma part, je pense qu’il serait certainement utile de « rafraîchir » les données concernant le petit tableau « Leave-Remain », datant… du référendum de 2016. L’image pitoyable que les députés britanniques ont renvoyé de leur pays depuis lors pourrait selon moi (et contre l’avis de Paul, apparemment) avoir refroidi plus d’un sujet de Sa royale Majesté…
      Pour le reste, je suis d’accord avec vous, bien sûr.

  8. Les quatre principaux partis britanniques ont le mérite de proposer des options assez claires, et qui couvrent assez bien l’éventail des options envisageables là où en est aujourd’hui le Royaume-Uni.

    Du mieux au plus mal placé dans les sondages à date :

    – Conservateurs = Sortie avec l’accord de retrait « révision B » tel que mis à jour en octobre

    – Travaillistes = Négociation d’un accord de retrait avec future relation plus proche, possiblement en restant dans le marché unique, puis référendum pour choisir entre la sortie avec cet accord et le maintien dans l’UE

    – Libéraux-démocrates = Révocation du déclenchement de l’article 50 et annulation du Brexit

    – Parti du Brexit = Sortie sans accord

    Il faut espérer que l’un de ces partis aura la majorité, ce qui permettra du moins au RU de choisir une direction claire et de s’y tenir, plutôt que les différentes pantalonnades et palinodies depuis la fin 2018. Sinon… ce sera de nouveau parlement bloqué et absence de décision que ce soit dans un sens ou dans l’autre.

    Pour l’instant, les conservateurs tiennent la corde. Mais attention, ça pourrait changer : Theresa May avait une avance plus confortable dans les sondages lorsqu’elle a déclenché une élection en 2017, et ça ne l’a pas empêchée de perdre !

    Admirer cette évolution des sondages à l’époque https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e5/Opinion_polling_UK_2020_election_short_axis.png … ou le gros « Oups ! » qu’a du prononcer Theresa à part elle quand elle a vu les conséquences !

  9. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai la conviction qu’une majorité de Britanniques est convaincue que l’insularité les a dotés de qualités et d’aptitudes propres à vivre en autonomie voire même en autarcie. Pendant la seconde guerre mondiale, sous les bombes, ils ont su affronter un blocus – ce n’était pas la première fois – qui leur a permis de développer une forte résilience. Peut-être me trompé-je mais je crois ce peuple collectivement extrêmement résilient. Est-ce le cas des Français ? Je crains que non.

    1. Extrêmement résilient.

      Ouais, avec la rente coloniale, on peut se permettre d’être sacrément résilient, en effet.

      (On voit ce que ça donne en France quand elle n’est plus là.)

    2. À propos du « Mur de l’Atlantique » et du fait qu’Élisabeth II est toujours la reine de quinze autres royaumes du Commonwealth.

      « l’insularité les a dotés de qualités et d’aptitudes propres à vivre en autonomie voire même en autarcie. »

      Cette impessionante carte du (soit disant) Mur de l’Atlantique (Atlantikwall en allemand) semble vous donner raison: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_l%27Atlantique#/media/Fichier:Atlantikwall.png

      Pourtant le fait que l’armée allemande se soit mise à construire des blockaus tout le long des côtes européennes (de l’extrême nord de la Norvège à la frontière entre la France et l’Espagne!) après que les Etats-Unis soient entrés en guerre contre l’Allemagne en decembre 1941 me semble mettre en évidence la situation tout à fait particulière résultant des liens qui existaient et existent probablement toujours entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

      Si on y ajoute le fait qu’en plus de l’Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande, Élisabeth II est demeurée reine de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Îles Salomon, de Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Belize, d’Antigua-et-Barbuda et de Saint-Christophe-et-Niévès on ne devrait pas être trop surpris que pour beaucoup d’anglais faire la distinction entre ce qui relève du folklore et ce qui constitue les liens les plus solides entre leur île et le reste du monde soit difficile…

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