20 réflexions sur « L’Intelligence Artificielle contre le réchauffement climatique »

  1. Déçu… Moi qui rêvais d’un article annonçant la venue d’une sorte de Skynet qui prendrait le pouvoir dans l’intérêt de l’espèce humaine, qui prouverait noir sur blanc l’obligation de changer le système, qui clouerait les avions au sol, etc. Mais non. L’IA doit juste servir à peaufiner le système. Pfff…

    Je lis mal l’anglais. Est-il écrit quelque part si la consommation supplémentaire (électricité, matériaux) demandée par le déploiement de cette IA ne va pas bouffer tous les bénéfices qu’elle est censée apporter ?

  2. Je suis nul aussi en anglais, mais nous avons vu auparavant grâce a de nombreuses experts et à un certain bon sens que les bénéfices financiers ne peuvent s’accommoder de l’alliance avec une écologie radicale, et comme vous le dites : intelligence artificielle ou non, l’énergie est nécessaire, alors ce serait une première. Il faudrait tenir compte du temps de reformation des matières premières…

    1. On pourrait bien sûr faire des ajustements en fonction de la rareté ou de notre besoin de ces matières car… Le temps presse !

  3. Je n’ai pas trouvé la discussion sur l’entropie et la néguentropie dans l’article. Bien qu’il mentionne à plusieurs reprises le paradoxe de Jevons, soit l’effet rebond. Est-ce à dire qu’il est « à côté de la plaque » ?

    « The Jevons paradox in economics refers to a situation where increased efficiency nonetheless results in higher overall demand.
    For example, autonomous vehicles could cause people to drive far more, so that overall GHG emissions could increase even if each
    ride is more efficient. In such cases, it becomes especially important to make use of specific policies, such as carbon pricing, to
    direct new technologies and the ML behind them. See also the literature on rebound effects and induced demand. »

    Autre gros bémol : nulle mention des robots-policiers qui veilleront à ce que la populace n’émette pas trop de CO2, pour laisser les riches consommer de plus en plus, dans le totalitarisme néolibéral technoscientiste en gestation (nul besoin que ces policiers soient très intelligents, il suffit qu’ils soient mortels). High risk, middle term, high leverage 😉

    Enfin, quid de la surveillance totale des citoyens dans ce totalitarisme néolibéral, grace au data mining, par les systèmes GAFA, comme en Chine, avec une carte individuelle de rationnement CO2 (pour la populace uniquement évidemment) ?

  4. Autre critique : les SUV sont responsables d’une part importante de la hausse des émissions de CO2 en occident ces dernières années.

    Faut-il du machine learning pour interdire le SUV ?

    En quoi est-ce nécessaire ?

    Pour fabriquer une drogue du consentement pour l’injecter aux citoyens afin qu’ils acceptent cette mesure gouvernementale ?

    Je m’interroge !

  5. L’article entier semble reposer sur l’idée que l’optimisation énergétique et matérielle (ici induite par le machine learning, mais ça reste de l’optimisation classique) réduit l’empreinte écologique. Or il semble que l’histoire dise exactement le contraire.

    Or si l’on observe effectivement un découplage relatif qui témoigne de gains importants de productivité énergétique et matérielle par dollar de PIB depuis un siècle dans de nombreux pays, on n’a jamais observé de découplage absolu de l’économie pour l’ensemble des variables environnementales (l’empreinte écologique), pour l’économie mondialisée, sur une période autre qu’une décroissance économique, et en tenant compte de l’externalisation des secteurs primaires et secondaire par l’occident.

    Bref, je maintiens mon billet sur les Cornucopiens et la nécessité de fixer politiquement des limites, quel que soit le niveau de technologie.

    Aucune technologie ne nous dispensera de nous fixer collectivement des limites, sauf s’il s’agit d’une technologie au service d’une minorité de riches (pour limiter l’empreinte des pauvres) ou d’une technologie qui prend le pouvoir sur l’espèce humaine (pour limiter l’empreinte de l’espèce et accaparer ressources énergétiques et matérielles).

    –> lire d’urgence Georgescu Roegen

    1. G Roengen est considéré comme un peu dépassé, Cédric, ou disons « étroit » dans sa prétention à tout subsumer sous l’entropie sans assez de précautions épistémologique/scientifiques.

      Il y a eu palanquées d’autres penseurs sur la néguentropie, la non-ergodicité, le chaos, etc. depuis.
      Ceci dit tes commentaires sur les points aveugles de l’article sont dans le mille, c’est un article « solutionniste » au sens de Evgueni Morozov (To save everything click here).

      De fait, cet excitation autour de ML/AI me rappelle celle d’il y a pile 20 ans sur la « NNI », la National Nanotechnology Initiative », (https://en.wikipedia.org/wiki/National_Nanotechnology_Initiative).
      Beaucoup de « hype », avec 20 ans de recul, je le sais pour avoir perso flirté avec un des avatars de la NNI, la « plasmonique ».

      J’en étais arrivé à la conclusion que, contrairement au domaine des semi-conducteurs qui avait gagné ses galons par les dispositifs réels sur lesquels il avait débouché(*), la nouvelle loi de ces domaines « disruptifs » était que « comme ça n’a rien donné depuis 5 ans, c’est que c’est très difficile, donnez nous encore plus s’il vous plait ».

      Pour la petite histoire, l’idée de la NNI est née par jalousie des physiciens/gens de sciences des matériaux (~chimie visant de prouver des propriétés « bonnes pour les dispositifs », disons), vis-à-vis des gens de la médecine, qui avaient su attirer dans la décennie 1990 des monceaux d’argent grâce aux promesses de la génétique (le génopôle d’Evry naquit aussi à ce type de moment, le CEA y avait aussi ses entrées côté « biopuces »).

      Donc j’ai l’impression que l’AI est quelque part entre le monde des semi-conducteurs (où l’utilité finale est proche et souvent prouvée) et l’aspect, « gazeux » d’initiative comme la NNI, qui ont conduit souvent à effacer de la bonne recherche antérieure des cursus et des mémoires, un peu comme la science de la centrale nucléaire a sombré à peu de choses en France et à Flamanville-tranche-EPR en particulier bien sûr.
      Il est vrai que le son du cor est pis que celui de Roland à Ronceveaux, le combat semblé désespéré, pour le climat, lançons de l’argent sur la solution, qui est la seule qui se présente avec de bonnes joues bien vives, l’AI.

      La principale critique est toujours celle de Morozov : sans délibération, pas d’acceptation suffisante des actions.

      De mon côté, je « vends » quelque chose à quoi l’AI ou le ML peut servir au plus de carburant mais pas de « mantra » : (r)établir des « cercles de savoirs » qui font converger les techniques sans ignorer leurs externalités. C’est partiellement vrai dans certains cas comme l’aviation civile dont on peut s’inspirer au niveau organisationnel (l’innovation y est « lente », mais très rentabilisée, car l’usage de chaque kg de matière est « à 100% », un avion est en service 18h par jour, voire plus, il y a une forme d’optimalité acceptée, et une appréhension commune des disciplines à suivre, depuis les passagers jusqu’aux contrôleurs, via les pilotes et les fabricants. Le plantage du 737 Max est un exemple « par l’absurde » de ce qui se passe en cassant un petit bout du « cercle de savoir » (la certification, où la FAA ne désigne plus elle-même les ingé Boeing qui seront ses correspondants / ses « protégés » s’ils veulent sonner l’alerte (« ouisseulleblohouer »). Et l’impact comparé aux industries où ce cercle n’est pas bouclé reste « limite décent » (374 morts, contre 50000/ ans pour les opioïdes aux US, tant et tant de la pollution (merci VW, Peugeot, …) et de la route (merci à General Motors d’avoir effacé les trams de la surface des villes pendant 60 ans)

      (*) (merci les légendaires Bell Labs notamment), ces domaines « nouveaux » lancés par la coïncidence d’une sémantique bien choisi et d’une focalisation de financement « schumpeterienne » (« disruptez » donc abandonnez vos vieilles lunes les gars, … heureusement que les papas de la LED bleue (et blanche) , les japonais récipiendaires du Nobel 2014, n’ont pas écouté cela au milieu du gué en 1990, quand leur recherche sur le GaN (le nitrure de Gallium) restait à moitié envasée, notamment pour les connaisseurs la question de son dopage de type p. )

  6. J’ai des certitudes.
    1. La technologie est un pure produite de l’humanité.
    2. Le réchauffement climatique actuel est un pur produit de l’humanité.
    3. La réponse à l’imminence de notre extinction nécessite un changement de l’humanité.
    La technologie nous a essentiellement servi à la conquête et la maîtrise de notre milieu.
    La technologie doit sans attendre pouvoir nous proposer des nouvelles configurations de l’humanité pour préserver notre milieu.
    Une lecture rapide du texte proposé laisse apparaître une version tronqué de l’humanité à son bébé la technologie et son language, la science.
    L’IA doit nous permettre de voir les futurs possibles de l’humanité, pour que nous puissions nous engager dans des changements au niveau mondial.

  7. Intéressant : https://en.wikipedia.org/wiki/Jevons_paradox

    Khazzoom–Brookes postulate
    Main article: Khazzoom–Brookes postulate
    In the 1980s, economists Daniel Khazzoom and Leonard Brookes revisited the Jevons paradox for the case of society’s energy use. Brookes, then chief economist at the UK Atomic Energy Authority, argued that attempts to reduce energy consumption by increasing energy efficiency would simply raise demand for energy in the economy as a whole. Khazzoom focused on the narrower point that the potential for rebound was ignored in mandatory performance standards for domestic appliances being set by the California Energy Commission.[12][13]

    In 1992, the economist Harry Saunders dubbed the hypothesis that improvements in energy efficiency work to increase (rather than decrease) energy consumption the Khazzoom–Brookes postulate, and argued that the hypothesis is broadly supported by neoclassical growth theory (the mainstream economic theory of capital accumulation, technological progress and long-run economic growth). Saunders showed that the Khazzoom–Brookes postulate occurs in the neoclassical growth model under a wide range of assumptions.[12][14]

    According to Saunders, increased energy efficiency tends to increase energy consumption by two means. First, increased energy efficiency makes the use of energy relatively cheaper, thus encouraging increased use (the direct rebound effect). Second, increased energy efficiency increases real incomes and leads to increased economic growth, which pulls up energy use for the whole economy. At the microeconomic level (looking at an individual market), even with the rebound effect, improvements in energy efficiency usually result in reduced energy consumption.[15] That is, the rebound effect is usually less than 100%. However, at the macroeconomic level, more efficient (and hence comparatively cheaper) energy leads to faster economic growth, which increases energy use throughout the economy. Saunders argued that, taking into account both microeconomic and macroeconomic effects, technological progress that improves energy efficiency will tend to increase overall energy use.[12]

    A different path which arrives at the same conclusion was pioneered by Garrett, with additional work from Nolthenius (« Generalized Jevons’ Paradox ») independently of Khazzoom and Brookes, using a more physical thermodynamic approach. Garrett had earlier argued that the value of civilization is not primarily in capital or labor but rather in the networks which engage people to each other and to physical capital, and that these active networks must be constantly furnished with ongoing power in order to retain their function and provide civilization’s value. This framework, Garrett argues, identifies energy as the central value imperative for civilization. Garrett further argues that large scale efficient international trade implies that any Jevons’ Paradox effects must be evaluated strictly in a closed bounded economic system, hence on a global and not on a national or local level. Garrett showed that on a global level the sum total of all historical global GDP spending (« Wealth ») should, from thermodynamic reasoning, be closely correlated to the current rate of global primary energy consumption, and that historical data in fact shows current global primary power consumption is directly proportional to « Wealth » (the Garrett Relation). This relation remains true when non-financial « shadow economy » transactions are included, as Nolthenius argues should be done. The fact that distant past spending enters the Garrett Relation with the same value to today’s civilization as does recent spending, argues for the high efficiency of human endeavor to create enduring inflation-adjusted compounded value. Nolthenius argues that the motivational reason is the universal genetic human motivation for growth on individual, local, regional, and global levels, bred by Natural Selection. Combining the Jevons paradox with the Garrett Relation leads to a particularly simple expression for the Generalized Jevons Paradox, or equivalently a re-statement of the Khazzoom–Brookes postulate: Increases in energy efficiency generate savings. History shows all savings are spent, and the Garrett Relation shows that all spending encumbers proportional new ongoing power requirements to maintain the growth it creates against the 2nd law of thermodynamics, while simultaneously raising the ability of the enlarged civilization to access primary energy at a faster rate. These combined effects more than compensate for the lowered energy consumption narrowly and directly caused by the improved energy efficiency, so that total primary energy consumption rates go up, not down. The existence in historical data of the Garrett Relation then argues for the truth of the Khazzoom-Brookes postulate on an explicitly global level, not necessarily on any regional levels.

    1. L’objectif n’est PAS de réduire la consommation humaine d’énergie.

      Mais bien de réduire la pollution humaine, en l’occurrence au dioxyde de carbone ou au méthane les principaux gaz à effet de serre que notre économie émet dans l’atmosphère.

      Il ne peut donc être question de se contenter d’augmenter l’efficacité énergétique. Il s’agit de REMPLACER les fossiles – pétrole, charbon et gaz – non de les améliorer.

      Alors, le paradoxe de Jevons ne s’appliquera pas et la consommation de fossiles sera fortement réduite, avec la pollution aux gaz à effet de serre, malgré une utilisation énergétique qui sera peut-être augmentée dans l’intervalle.

      De même que notre utilisation de transports bien plus intense qu’au XIXème siècle n’a pas entraîné une explosion des quantités de crottin de cheval sur nos routes… parce que nous n’utilisons plus de chevaux pour nous déplacer.

      1. Le cheval utilisait de fait l’énergie solaire (photosynthèse dans le champ).

        Mais les substitutions vers les renouvelables restent a minima « extractivistes ». Si on vit chacun avoir ses 100 kWh par jour « sous le coude », même si la génération renouvelable intermittente existe, il nous faut batteries + cuivre (new grid pour recharger…) , etc. ce qui va creuser El Teniente (Cu @Chili) et la Bolivie (Lithium si j’ai bonne mémoire) où le lac Poopo est pratiquement déjà disparu (pas de rapport direct, mais pour dire, on joue avec la géographie de tout le pays !).

        Il faut vivre avec un extractivisme très restreint, ce qui veut dire penser au cycle de chaque kg de matière, penser au cycle de l’eau, penser à l’agriculture tout entière et son lien avec ce qui doit rester de forêt/bocage, etc.

        une paille…

    2. Il peut être intéressant pour pas mal de gens ici de lire Robert U. Ayres (& Benjamin Warr)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Ayres

      https://www.goodreads.com/book/show/8635129-the-economic-growth-engine

      Le « résumé rapide », pour ceux qui connaissent les  »  » lois «  » l’économie, la loi de Cobb-Douglas Y= 1,01.K^\alpha *L^\beta (où Y = prod = « P_F » , K = capital, L= Labor, dans l’étude empirique de départ alpha=1/4, beta= 3/4) est remplacée par une loi à 3 facteurs Y =K^\alpha L^\beta E^\gamma avec un troisième exposant, et cela permet de se passer un peu mieux des mystérieux aléas de la constante en facteur de K L , la fameuse « productivité des facteurs » qui est le cache-misère de la chose.

      1. Et Ayres pose au fond la bonne question : est-ce que ce qu’on a appelé « progrès » est distingable de l’effet Rebond (ou effet Jevons donc). Et en gros, sa réponse est non : il y a substitution vers le plus efficace en permanence, mais augmentation globale permanente aussi (de fait, permanente par à-coup, et il faut donc s’attaquer aux pathologies que sont les à-coup pour tenter de trouver comment « prendre la main »…)

  8. tout a fait , il est impossible d’échapper au paradoxe de jevon , vous consommeriez d’autant plus d’énergie , quand bien même elle serait abondante et non polluante, et alors la machine extractive s’emballerait encore plus , vous auriez vite fait d’epuiser toutes les autres ressources minérales et d’engloutir la biosphère à la vitesse d’un cheval au galop !

  9. La petite fille d’une famille riche va dans une école pour riches. L’institutrice leur a donné une rédaction à faire : « décrivez une famille pauvre ». Alors la petite fille écrit : « le papa est pauvre, la maman est pauvre, les enfants sont pauvres, la cuisinière est pauvre, la femme de ménage est pauvre, le chauffeur est pauvre… »

    J’ai l’impression que beaucoup de gens ont la même lucidité que cette petite fille quand il s’agit d’imaginer un monde écologiquement responsable : les gens y seront écolos, les gouvernements y seront écolos, les extracteurs de charbon et de pétrole y seront écolos, les compagnies aériennes y seront écolos, les fabricants de voitures y seront écolos, l’exploration spatiale y sera écolo, les Google et Cie y seront écolos, les partisans d’un homme augmenté y seront écolos, la finance y sera écolo, etc., etc., et bien sûr les experts en IA y seront écolos…

    Bref tout aura été repeint en vert et rien n’aura changé.

    Mais ne vivons-nous pas l’ère du simulacre ?

      1. François Ruffin propose de lancer un Front Populaire Écologique. C’est une initiative qui va dans le bon sens.

  10. Pour éviter de prendre des décisions Politiques difficiles, Macron a bricolé un groupe tiré au sort, d’autres se rabattent sur la techno-science et la prétendue intelligence artificielle.

    Dans tous les cas, réviser le fonctionnement en profondeur de ce système techno-économique n’est pas une petite affaire, moins d’ailleurs sur le plan technique que sur celui des résistances humaines dont la principale est : profite maintenant, on verra après pour le reste.
    C’est là-dessus qu’il faudrait réfléchir, et puisque nous n’avons pas de réponse simple, l’ « intelligence » artificielle n’en aura pas non plus puisqu’elle n’invente rien.
    Il nous faut à mon avis plus d’imagination réaliste (bien humaine, surprenante, non linéaire) que de simplisme imformatique…

      1. Qu’elle ne soit pas « prétendue », soit, mais reste une question de fond sur la « critériologie » que doit appliquer l’IA.
        Si j’achète une machine d’IA pour optimiser mon profit sur ma flotte de véhicules (voitures, bus, camions de livraisons ou avions), j’ai un critère que je maitrise à peu près (on donne à la machine de quoi se faire une idée des coûts, coûts humains compris (hum) ) et je sais pourquoi je le veux.
        Si je pose une question plus ouverte, « limiter l’impact du changement climatique pour l’humanité », l’IA peut choisir très largement « ses » critères. Ayant écouter HAL, elle choisira en plus ses critères compte tenu de notre dynamique d’affect, et d’une certaine façon, compte tenu de sa propre survie : elle nous fera plaisir. Donc elle peut « savoir » que nous sommes des lemmings inégalitaires et colonisateurs, et calculer que sa meilleure chance de survie est une apparence d’égalité (pour faire durer le plaisir) mais en réalité une bonne dose d’inégalité (pour concentrer assez de ressource pour faire tourner l’IA), en cachant nolens volens aux humains qui la paramètrent qu’elle les leurre.
        L’article suggère une fragmentation du problème, ce qui éviterait les leurres, on redescend sur une critériologie sectorielle. Mais une IA mise à brouter les données générales et non sectorielles ne tardera pas à se rendre compte du degré d’intrication des éléments (la construction, le transport, le chauffage, l’azote, les maladies, l’âge des populations, les inerties de tout ce beau monde, de ses gouvernements et ses décideurs). Ce qu’elle en déduira sera une sorte de « nudge » (~incitation aux décideurs) géant, mais dont le nombre de bandes du billard est élevé. A moins de lui demander de sucroit d’assurer « Liberté, égalité, fraternité », mais là encore, il reste du mou dans la définition et les proportions, et aussi dans le choix « intertemporel » (sacrifie ta liberté de maintenant pour la fraternité de demain, et l’égalité d’après-demain).
        Bref, l’IA devra gérer les « éléments de langage » d’une politique. Comme le font les « spin doctors » dont s’entourent les Cameron, Blair, et Johnson, pour prendre comme exemple une démocratie voisine. A côté de cela, c’est un John Bercow (le Speaker) pétri d’humanités classiques qui tente « à la main » (sans artifice autre que sa force de conviction) de faire marcher le parlement dignement et constructivement face au gouvernement, comme il l’a expliqué dans les conférences qu’il a donné en septembres aux USA (NYU et Kennnedy School of Politics à Harvard, vidéos en ligne).
        Bon, je brode un peu loin du sujet, mais je ne vois pas ce qui va limiter un outil qui veut organiser un petit tout puis un grand tout, en deux ou trois décennies, pour quelque chose qui a pris un bon millénaire aux systèmes de type religion (christianisme pour celle qui a eu la plus grande traduction en terme de gouvernement, mais je n’aurais pas dit cela à Ispahan en 1350 évidemment, ni dans l’actuelle Indonésie en 1600).

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