22 réflexions sur « Nous nions la réalité, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Comment faire visualiser au plus grand, développer artistiquement un concept, qui souligne la part du fantasme à distinguer de la peur qui existe actuellement en France, au sujet des retraites, animant tous les débats passionnés, historisés au sujet d’irrationalités (« privilèges », « justices, équités » promises)… jusqu’à celles irrationalités (j’hésite à parler d’irresponsabilité collective) niant par exemple, le recul de l’espérance de vie en bonne santé, arrivés à l’âge de la retraite, des 30% des « bénéficiaires du RSA » (NON RECOURS) qui ne touchant aucune « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent » n’auront quasiment aucunes couvertures vieillesses (notant aussi que ce public subit par ailleurs les discriminations impunies à l’accès aux logements, à l’embauches, des les brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès et « manifestations interdites »)… et cynisme de la cerise sur le « gâteau » (dépense constante de 14% du BIP dédiés aux retraites, malgré la croissance démographique, le baby-boom, la raréfaction de l’emploi et du travail – « ordinissisé, ubérisé » et défiscalisé, désocialisé…)… « l’abstentionnisme » de reconnaissance du statut de victimes de politique publique de « l’exterminisme », ou même « d’héroïsme » sacrificiel, pour retarder, mais en vain, l’extinction totale des espèces, dont la notre… ?

    1. Pardon de me rectifier, mais il semble que le problème n’est pas que de s’adresser qu »au plus grand », mais au plus grand nombre.

  2. Nous disposons de dizaines d’exemples pour apporter la preuve que les gouvernements ne  »profitent » pas des premiers signes de l’effondrement pour aider leurs peuples à développer dès à présent la résilience ( canicules, crues,… ) , pour aider leurs concitoyens à réparer ce qui doit l’être, à renoncer à des milliers de projets devenus inutiles en cours et à s’engager sur de nouveaux chemins . Nous ne savons pas trop pour quelle raison – elles sont multiples -ils se vautrent dans des débats qui ne mènent nulle part ( voile, retraites …) et d’autant qu’ils persistent à s’en tenir au cadre. Cadre économique mais aussi législatif, réglementaires etc… qui sangle notre impuissance commune. Par ailleurs chacun voit bien qu’il faudrait commencer par mettre d’accord des centaines de millions de personnes pour envisager – peut-être – un début de changement.
    Alors ne reste-t-il plus qu’un chaos soudain qui opportunément détruirait le cadre existant pour enlever à l’humanité toutes les raisons auxquelles elle persiste à vouloir s’attacher, au fond pour la débarrasser de sa nostalgie d’un monde foutu et la contraindre à une reconstruction positive.

    1. @Régis, mais encore chère toutes et cher tous
      « au fond pour la débarrasser de sa nostalgie d’un monde foutu et la contraindre à une reconstruction positive. »
      C’est ce que Pablo Servigne appelle de ses vœux, que chacun fasse le deuil d’un monde qui n’existera plus tel qui l’est aujourd’hui pour enfin penser et fabriquer le monde de demain dans « Un autre fin du monde est possible. »
      Et un chaos peut aider voire accélérer le deuil du monde tel qu’on se le représente.
      Jacques Saignan à fait selon moi un très bon billet sur ce blog sur « Le langage du changement » et l’importante du signifié.
      Après le chaos et/ou l’effondrement nous reconstruirons avec un nouvel imaginaire.
      François Ruffin tente des choses sur le dernier Fakir il souligne l’importance de changer d’imaginaire avec entre autre un slogan/Gimmick « Plus de lien moins de bien ».
      Cela ne peut advenir principalement pour celles et ceux qui ont déjà fait l’expérience du tout, du trop.
      De ma place d’observateur de la question sociale jusqu’en 2006 comme Assistant Social, les aspirations des plus démunis des plus opprimes est « de faire riche » de faire comme les riche. Ils sont et resteront un base arrière des riches et des bourgeois (dans le sens de Bégaudeau, « Ta bétise »).
      En résumé la reconstruction ne peut se penser/panser que si il y a eu destruction comme l’a montré l’astronome de la reine si j’ai bien compris le précédent billet de Vincent Bruno-Galpin.
      Allez comme dab bonne soirée avec toute ma tendresse humaine, Pierre de la tribu des Quel Art’s.

  3. Tout nous sépare du  » FAIT « .

    Nous sommes dans des villes , des maisons, des voitures, derrière des écrans ( notez bien que dans un dictionnaire d’avant guerre, l’écran est ce qui cache )

    Protégés du chaud, du froid, des bruits et de la vision de ce qui est naturel, de la difficulté d’accéder à l’eau fraiche, et à la nourriture.

    Notre cerveau a déjà une facheuse tendance à construire des représentations, mais en 2019, il n’a même plus de repère pour ne plus dérailler complètement.

    Le réchauffement est, dans ce contexte, une histoire comme les autres.

    Jusqu’à ce que la tempête rase la maison, bien entendu.

  4. Merci d’avoir mis un nom, « dissonance cognitive », sur le mal dont apparemment je souffre.
    Aussi je peux plaider « responsable mais non coupable » pour tous mes commentaires passés qui ont pu être interprétés comme relevant du climatoscepticisme.
    Chers commentateurs, je vous prie donc d’être indulgent envers moi à l’avenir, puisque je souffre d’un trouble psychique requérant une mansuétude particulière en rapport avec mon état 🙂

    1. Sans doute aussi grave que la dissonance cognitive, le mal dont souffrait Arthus-Bertrand: le hiatus entre les discours et les actes et l’incapacité à identifier les véritables causes.
      Il savait et même militait contre le réchauffement climatique, mais il était incapable d’en tirer des conséquences pratiques pour lui-même et pour le système. Encore un effort M. Bertrand, joignez-vous au combat contre le capitalisme !
      https://www.lejsl.com/france-monde/2019/12/04/yann-arthus-bertrand-ne-veut-plus-prendre-l-avion

  5. Dans cet article est cité le magazine d’extrême-droite : Valeurs Actuelles.
    Or c’est ce même magazine que le président Macron a choisi pour faire passer son message de diversion avec ses propos sur l’immigration.
    https://www.valeursactuelles.com/politique/en-couverture-de-valeurs-actuelles-cette-semaine-immigration-communautarisme-identite-notre-grand-entretien-avec-emmanuel-macron-112296

    Il ne s’agit pas d’une simple dérive idéologique du président de la République, c’est plus grave que cela : c’est aggraver le déni par la désignation de boucs émissaires. Non seulement la survie de l’humanité en tant que sujet vital n’est pas traitée par le président et son équipe gouvernementale, mais on ajoute le mal au mal en focalisant l’attention sur un faux problème qui nous éloigne encore un peu plus des solutions.
    Macron ne peut pas ne pas ignorer qu’avec le réchauffement climatique, les migrations vont s’accentuer, et dans des proportions autrement plus importantes que ce que l’on a connu ces dernières décennies, et s’il n’y a pas migrations, c’est que les catastrophes ou/les guerres auront éliminé une partie des populations concernées.
    Oui il y a un réel déni, mais il me semble que la réponse ne peut venir d’un mouvement spécifique contre le réchauffement climatique. Cela ne marche pas, pour les raisons indiquées dans ce billet d’ailleurs. La menace est bien trop vague. Et quand la vague sera là, il sera trop tard.

    C’est en luttant contre les fins de mois difficiles, en rapport avec une critique du système, qu’on a une petite chance de menacer le système, ce système qui est une fuite en avant.
    La question climatique n’offre pas de prise immédiate, la réponse ne peut donc être qu’indirecte, ce qui n’est pas moins efficace, puisque tout se tient.

  6. Je pense qu’il y 2,5 Milliards de personnes au bas mot qui n’ont jamais entendu parler de Greta Thunberg, les chinois et les indiens.
    Je ne parle même pas des africains, indonésiens etc…

    Nous raisonnons à la française au mieux à l’occidental, donc nous passons à côté d’une mobilisation mondiale sur le réchauffement climatique. Je pense que nous occidentaux n’ayant aucune conscience du réchauffement et de ses conséquences allons nous affronter et certainement disparaître face aux milliards de personne qui ne tolèreront plus ce que nous avons fait subir à l planète avec nos émissions de CO2 et autres saloperies.
    Nous risquons beaucoup plus de périr à brècve échéance dans un affrontement généralisé que des conséquences directes du réchauffement. Voilà ce dont il faut parler au plus grand nombre : le risque de massacres entre peuples comme nous n’avons pas connu depuis très longtemps. La on serait dans le concret et nous dépasserions le déni.
    Si il y a une alerte a sonner c’est celle de la guerre mondiale. Maintenant si il faut en passer par là pour réduire massivement les émissions de C02 !!! et sauver la vie sur Terre, peut-être est-ce le choix inconscient que fait l’humanité !

    1. Je pense qu’il y 2,5 Milliards de personnes au bas mot qui n’ont jamais entendu parler de Greta Thunberg, les chinois et les indiens.
      Je ne parle même pas des africains, indonésiens etc…

      Vous croyez vraiment qu’on n’a pas la télé dans tous ces pays ? Nous vivons dans un monde globalisé mon cher Monsieur !

  7. Bien d’accord avec vous, nous manquons d’œuvres artistiques géniales et largement diffusées sur ce sujet.

    Conformément au mythe de Cassandre, il faut en passer par Apollon pour rendre crédibles les prédictions catastrophiques !

    Cette absence d’œuvres prémonitoires fortes est d’ailleurs étrange : les grands artistes sont connus pour avoir des antennes et sentir des évolutions non encore perceptibles par leurs contemporains. Pourquoi rien ne s’est-il encore produit ? Autocensure ? Mise sous l’éteignoir par les médias (les oeuvres existent mais sont restées confidentielles) ? Les scénarios de films ont été rejetés par les producteurs ? Décadence artistique ?

    Un peu de tout ça probablement. Et maintenant, il est un peu tard : la bataille engagée il y a 2 siècles contre la nature est en passe d’être perdue, et nous n’avons pas de général pour sonner la retraite sur des positions que nul, sauf peut-être quelques milliardaires, n’a préparées à l’avance.

    Comme tout est interconnecté, que la finance est dans un état métastable, et que ça craque de partout, il est même probable que la prise en compte du risque d’effondrement par quelques dizaines de millions de personnes, qui freineraient brusquement leur consommation, suffirait à déclencher la catastrophe redoutée : effet de prédiction autoréalisatrice.

    Je soupçonne que certains décideurs en sont conscients et ne savent, du coup, absolument pas quoi faire, bricolant de ci de là pour juste maintenir la « paix sociale » en attendant de se réfugier dans un endroit sûr (comme s’il allait en rester !)

    En fait, comme le cas de la Russie l’a montré dans les années 1990, une bonne crise économique reste le meilleur outil connu, déjà expérimenté, pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre ! Et ça peut se faire, ça me semble en bonne voie.

  8. Regardez les programmes qui commencent à circuler en vue des municipales françaises. Il s’agit de construire , de rénover, d’essayer de favoriser des implantations industrielles et surtout commerciales, sans compter la pérennisation des feux d’artifice . Le tout présenté avec la carotte du maintien ou du développement de l’emploi local.
    Personne n’ose dire  » arrêtons tout et revoyons cela avec d’autres lunettes  » et ne récolter que quelques pour cents de voix.

  9. Pancarte vue à la manif’ du 5 décembre : « pas de retraites sans planète ».
    Le thèse s’immisce dans le social, il me semble que c’est la voie à suivre.

  10. Je pense que le déni écologique est une réalité pour certains, mais une masse croissante comprend et tente d’agir. Non le problème c’est la dimension des moyens mis en place pour affronter le sujet et en faire l’explication réaliste et la pédagogie.
    Le médium est un moyen de depasser le déni de réalité. Mais je ne pense pas qu’on manque d’œuvres, notamment au cinéma, pensez à Interstellar, take shelter, gravity Elysium, Gravity. Et bien entendu dans la litterature Silo, La Route… Mais ces œuvres magistrales sont noyées dans un flot de publicités ou de divertissements ou de conneries sur tous les canaux.
    Ça n’aide pas à la prise de conscience la reconnaissance de la situation et tout le travail et les étapes psychologiques à traverser pour permettre l’action.
    La il y a une responsabilité complete des politiques de ne pas faire ce premier travail sans parler du reste de l’action.
    Parfois je me dis qu’on devrait faire un cauchemar qui émulerait notre situation dans des situations d’effondrement et de tragédies personnelles… Pour voir..

    1. J’en suis désolé, mais aucune des œuvres que vous citez ne présente avec assez de vraisemblance le déroulement d’un effondrement par surchauffe climatique et/ou mégacrise économico-financière et/ou énergétique pour que les spectateurs puissent sentir que ça pourrait bien les toucher sous peu de cette manière-là.

      Le processus onusien du GIEC et des COP a clairement échoué. Je soupçonne que bien des gens se disent : « 2° de plus, 50 cm de montée des océans, ça n’est pas si grave, on fera avec, on a encore le temps pour éviter que ça aille plus loin ! »

      Or c’est faux. Pour je ne sais quelle raison, il n’est jamais rappelé que, sur une planète couverte aux 3/5 par des océans qui atténuent la hausse de température au-dessus d’eux, la moyenne de la hausse sous-estime gravement ce qui va se passer sur les continents : on peut y multiplier la moyenne de la hausse par 2 ou 3 pour imaginer ce qui va se passer, c’est-à-dire l’ordre de grandeur d’une sortie de glaciation, mais en quelques décennies, voire moins ! Qui aura le temps de s’adapter ?

      Quant aux océans, le GIEC revoie les prévisions à la hausse à chaque rapport. Au début, on estimait la fonte sur la base de l’énergie requise pour opérer le changement d’état de l’eau. Puis on s’est aperçu qu’il n’était pas nécessaire que la glace fonde pour faire monter l’océan : il suffit qu’un glacier perde sa glace sous forme d’icebergs, et le réchauffement accélère ce vêlage par divers phénomènes qu’on ne sait pas encore modéliser précisément. Jusqu’où ira, et à quelle vitesse, la déstabilisation des glaciers du Groenland et de l’Antarctique de l’ouest ? Mystère, et mauvaises surprises bien possibles.

  11. Bonjour,

    un exemple : ce matin à l’hypermarché, les grosses crevette rouges d’Equateur, un euro et 10 centimes les 100 grammes.

    si si, c’est la vérité.

    Cordialement,
    Personne

  12. L’hallucination collective, qui a laissé la voie libre à la Shoah, me parait le désastre humain le plus à même de rendre compte d’un phénomène qui dépasse notre entendement.
    La mise en cause des dérives potentielles de notre société, bien qu’entrevues et dénoncées dès le 19e siècle n’a pas eu l’effet modérateur qui a fait défaut jusqu’à maintenant.
    Faut-il en conclure que la correction des erreurs ne relève pas de la volonté humaine mais qu’elle s’impose à l’homme selon des lois d’équilibre naturels évidents – écologiques en l’occurence?

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