10 réflexions sur « Sortir du fatalisme et renouer avec l’optimisme, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. De mon côté j’ai banni le verbe croire, au sinistre bilan.

    Croire, en Dieu, ou en la science, c’est laisser le chèque en blanc, de ce qui sera fait en leurs noms.

    Avant de faire un pas, de se lancer, avoir posé les principes qui garantissent que ce travail, cette énergie ira bien là où elle doit. ( Amour, beauté , justice et compagnie )

    La confiance est un préalable qui me parle bien plus que la croyance.

  2. La prise de conscience d’une remise en cause de notre mode de vie bien que nécessaire n’est pas chose suffisante. Il convient d’organiser des enchaines d’actions coordonnées sur de multiples sujets de sociétés ce qui nécessite une re-fondation du droit dans de nombreux domaines. Là, je pense que les alliés les plus efficaces et les plus redoutés pour faire dans l’urgence basculer vers des prises de décisions efficaces seront les catastrophes elles-mêmes. C’est d’ailleurs ce que l’on voit au fil du temps, au fur et à mesure qu’elles apparaissent.
    Un autre grand soucis, le prix des places dans les canaux de sauvetage.
    Si la mise en place des politiques sociales ont un sens au regard de la prévoyance et d’un futur proche, la dégradation de notre modèle Etat Providence (santé, aides sociales, durcissement des conditions au travail) et l’ouverture au privé indiquent clairement l’enjeu et le projet ficelé pour affronter la crise environnementale : ce sera chacun pour soi.
    C’est le contexte !

  3. Toute la difficulté n’est pas dans la levée de la determination , mais dans l’étendue du « nous » à convoquer.
    Beaucoup du mal être de notre monde occidental provient conséquement de la perte du nous, du sentiment d’appartenance dissout dans la concurrence que l’on se livre tous pour l’accès à la reconnaissance.
    Les liens qui ont longtemps noués les individus les uns aux autres – la famille – le village et son économie de subsistance – la tradition cultuelle/culturelle – l’histoire commune à travers ses affres et ses fortunes – la territorialité – se sont desséres dans l’élargissement du champs d’investigation de la volition humaine – on peut recomposer sa famille – le village devient villégiature – la tradition folklore – et l’histoire – sans cesse actualisée – ne convoque plus que repentance ou nostalgie désincarnée – quant au territoire – la planète est devenue notre foyer.
    Alors le défi est là, le plus grand, lever une conscience mondiale qui surmonterait tout ce qui nous sépare aujourd’hui et celui-la ne sera possible qu’en échange d’une promesse à ceux qui se rallieront d’un avenir meilleur.
    Aussi le combat de la sauvegarde de notre milieu doit aller de pair avec un combat pour la justice sociale, un programme politique doit accompagner le programme économique censé adapter notre comportement à l’enjeu climatique.
    L’optimisme ne se décrète pas, il ne se lèvera pas sous la seule volonté, il lui faut un horizon et la sauvegarde n’est pas suffisante pour une grande majorité qui éxigera au moins d’approcher ce que beaucoup d’entre nous – occidantalisés – avons déjà goutés.

    1. Il est intéressant que dans pas mal de cas, l’action cohérente ne nécessite pas un horizon ou un promesse explicite. C’est le cas de secteurs industriels que j’appelle « vertueux » à leur façon (modulo plein de conditions aux limites) : ils sont vertueux en ce sens qu’ils sont arrivés à contraindre la technique pour des besoins précis et qu’on reconnaitre aisément comme utiles, en maitrisant assez bien la dépense énergétique (% au service rendu) et en évitant les dérives des N autres secteurs industriels qui déconnents + ou – grave (Mediator & opioïdes, Dieselgate, énergies fossiles, GAFAM) : l’aéronautique civile et l’industrie des semi-conducteurs (le hardware le plus pur : les fabs+ le design).

      En gros, les gens dans ces industries bossent « spontanément » (ou sans besoin d’une « promesse ») vers un optimum, accidentologie presque nulle en aviation (le 737 Max le montre à sa façon, la moitié des français n’ont pas encore entendu parle des 400 000 morts pourtant ricains des opioïdes, mais de 2 crash à ~400 tués en tout, soit mille fois moins, oui sans doute). Et circuits fiables à un point dont on ne se rend même pas compte dans nos smartphone et autres. Seul le (micro)soft lié à GAFAM les plantes, les linuxiens ont fait un choix de puriste pour y échapper.

      Tout ça pour dire qu’il existe des « savoirs partagés/partageables », peut-être lié à une dépense énergétique fossile incompressible mais ce n’est pas prouvé (l’aviation électrique démarre…), aux seins desquels un optimum de qualité de fonctionnement est atteint (même dans la bétaillère Ryan Air).
      Si on pouvait cloner cette logique sur bien d’autres choses (l’habitat, la santé, les transports de surface), on n’aurait pas tout résolu (agriculture, biodiversité, fin du tourisme pour un autre horizon, là oui, je suis d’accord qu’il faut un « autre chose », mais sur 5% du temps, résolvons aussi les 95% du temps « ordinaire »), ce serait bien.

  4. Vincent, je me pose ces questions :

    – 1 – Les avions américains ont servi à détruire des territoires ennemis et des territoires  »Alliés » offrant ainsi la possibilité de reconstruire et de dynamiser de nombreuses économies.

    Que faudrait-il massivement détruire désormais pour réorienter l’espèce humaine ?

    -2- :  » En 1939, leur production d’avions de guerre (2.141 pour l’année) était quatre fois plus faible que celle des Allemands à la même époque. Cinq ans plus tard, ils ont multiplié leur production annuelle par un facteur de 45 ! Ils produisaient ainsi presque trois fois plus d’avions que les allemands au même moment.  »

    Quel type de production faudrait-il alors multiplier par 45 pour se doter de moyens efficaces ?

    Il va de soi que le champ des réponses peut s’étendre aux domaines matériels, intellectuels et spirituels.

    1. A multiplier par 45 :
      – L’isolation (« one ounce of insulator is worth a pound of oil »)
      – Les dessertes urbaines (uber comme service public décentralisé, sur le modèle des « taxis collectifs » en usage au proche orient de longue date)
      – L’agriculture « équilibrée » (bocage, pacage et bien moins de monoculture, idem agroforesterie)
      – Les soins à la biodiversité
      (le nombre d’espèce a trop décru, même pour le riz, où il y en avait sans doute 20 fois plus en 1900 (variétés locales sélectionnées localement) qu’en 2010.
      Et à multiplier par 4,5 : l’éducation, surtout envers les populations les moins favorisées, réservoir de cerveaux aux 3/4 gâchés.

      1. Stiegler parlait vers 2010 de chiffre comme cela, avec 500 000 embauche d’agents public en France, je crois qu’un Green New Deal ne serait pas forcément si loin (lequel me dira-t-on)… en le finançant par des « bons » adaptés à la théorie monétariste ou keynésienne à laquelle vous appartenez.

Les commentaires sont fermés.