Covid-19 : Lutte entre agents pathogènes, par Paul Arbair

Ouvert aux commentaires.

Réflexions sur le sens d’une pandémie par Paul Arbair

La crise de santé publique mondiale sans précédent que nous traversons aujourd’hui révèle sans doute quelques vérités fondamentales sur notre monde et notre destinée.

Nous sommes tous déjà saturés d’informations concernant la pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), provoquée par le coronavirus ‘SRAS-CoV-2’. À ce stade, il ne sert pas à grand chose d’essayer d’ajouter quoi que ce soit à ce déluge d’information, en particulier lorsque l’on ne dispose pas d’une expertise scientifique ou médicale pertinente concernant l’épidémie elle-même, ni d’un accès à des informations qui ne sont pas déjà publiques et largement partagées et commentées dans les médias ou sur les réseaux sociaux.

Pour autant, il peut être utile de tenter de rassembler quelques réflexions sur le moment que nous vivons, et sur ce qui est probablement destiné à devenir l’une des périodes les plus marquantes de la vie de l’ensemble des être humains qui peuplent aujourd’hui la planète, indépendamment de leur génération et de leur origine. Il est peut-être utile, en particulier, de s’interroger sur le sens historique et anthropologique du drame qui se déroule sous nos yeux.

Tragédie humaine

La première chose à souligner est évidemment que cette pandémie est et sera une tragédie pour des millions d’humains à travers le monde. Partout, les scientifiques tentent désespérément d’identifier un traitement possible pour les personnes touchées par le virus et un vaccin pour ceux qui ne l’ont pas encore attrapé, mais ces efforts prendront probablement des mois, voire des années, avant de porter leurs fruits. Dans l’intervalle, et même si certains pays parviennent à « aplatir la courbe » de la progression du COVID-19 au cours des prochaines semaines, des millions de personnes seront directement affectées par le virus, soit parce qu’elles seront elles-mêmes contaminées, soit parce que leurs proches seront touchés et pour certains y succomberont.

Il reste encore beaucoup à apprendre sur le coronavirus ‘SRAS-CoV-2’, mais sa contagiosité et sa croissance exponentielle dans plusieurs régions touchées en font déjà probablement l’ennemi le plus redoutable auquel l’espèce humaine ait été confrontée depuis au moins un siècle. Si les efforts de confinement sont insuffisants ou échouent, les systèmes de santé pourraient être totalement submergés, comme cela a failli arriver à Wuhan en Chine, et comme cela risque encore d’arriver dans le nord de l’Italie, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour l’ensemble de la société. A travers le globe, des systèmes de santé débordés seront inévitablement confrontés très rapidement au terrible dilemme éthique du « triage », et devront décider qui (tenter de) sauver, et qui laisser mourir. De plus, le virus pourrait frapper le monde en plusieurs « vagues », comme l’avait fait la grippe espagnole en 1918-1919, et ce faisant briser véritablement des sociétés même complexes et avancées. Pour éviter le pire, l’humanité n’a pas aujourd’hui d’autre choix que de mener une guerre totale au coronavirus.

Un monde à l’arrêt

Deuxième observation, la force et la vitesse avec lesquelles le microscopique agent pathogène met le monde entier à l’arrêt sont tout simplement stupéfiantes. Ce qui se passe actuellement est sans précédent, et projette le monde dans des territoires totalement inconnus. De nombreux gouvernements à travers le monde sont sévèrement critiqués pour leur gestion de la crise, et souvent avec raison. Cependant, il convient de rappeler que personne n’a jamais eu à gérer quoi que ce soit qui ressemble un tant soi peu à ce genre de situation auparavant, et qu’il n’existe aucun plan préétabli pour y faire face.

Le coronavirus s’impose de fait comme le « grand perturbateur » de notre monde hyper-connecté, et pose un formidable défi à la civilisation humaine elle-même. Le voir bloquer si rapidement et si efficacement l’ensemble des éléments constitutifs de notre civilisation complexe et mondialisée est un spectacle à la fois terrifiant et fascinant. Nombreux sont probablement ceux qui éprouvent ces jours-ci le sentiment angoissant que le monde qui leur est familier, que leur monde, est en train d’imploser, de se briser, de s’effondrer, et il s’agit là d’un ressenti que la plupart d’entre nous ne sommes pas préparés, mentalement et émotionnellement, à gérer. Pour beaucoup, les croyances et les certitudes volent aujourd’hui en éclats comme jamais auparavant, ce qui génère inconfort et anxiété individuelle et collective. Il est probable qu’il faille s’y habituer, un retour à la « normale » semblant chaque jour s’éloigner un peu plus.

Les bulles éclatent

Le troisième point à noter est que cette crise sanitaire a et aura des conséquences économiques et financières considérables. SARS-CoV-2, de fait, est l’épingle qui vient finalement crever la « bulle universelle », c’est-à-dire l’ensemble des bulles spéculatives massives et synchronisées qui ont été gonflées depuis plus d’une décennie en réponse à la grande crise financière de 2008-2009, et qui ont soutenu la soi-disant « reprise » de la croissance mondiale depuis lors. Cette « bulle universelle » était condamnée à éclater tôt ou tard, mais le coronavirus a manifestement accéléré le processus. En réponse, et comme on pouvait s’y attendre, les principales banques centrales du monde tentent déjà d’inonder le système financier mondial de liquidités, comme elles l’ont fait après la crise financière. Cependant, leurs interventions n’ont pour l’instant que peu ou pas d’effet, les marchés financiers continuant de s’effondrer dans ce qui semble être une liquidation systémique inarrêtable.

De fait, la relance monétaire, même massive et à l’échelle mondiale, ne sera probablement pas suffisante cette fois-ci. Contrairement à 2008-2009, ce n’est pas la crise financière qui provoque un crash de l’économie, mais l’inverse. La suppression des taux d’intérêt et les politiques dites « d’assouplissement quantitatif » , même menées à outrance, ne permettront en rien de redémarrer la machine économique tant que les magasins et les entreprises devront rester fermés et que les gens seront confinés chez eux dans une partie du monde industrialisé. Les économistes et les experts discutent déjà de la gravité de la récession mondiale désormais inévitable et de la forme de la reprise qui devrait suivre, mais ce qui devient de plus en plus probable chaque jour est non pas simplement une récession mais une véritable « dépression » mondiale, avec toutes les conséquences désastreuses que cela pourrait entraîner. Là encore, les dirigeants politiques du monde entier n’ont pas de plan préétabli pour faire face à ce type de situation, et bon nombre des réponses politiques qui seront proposées et adoptées aboutiront probablement à accélérer l’implosion du système financier et économique mondial plutôt qu’à le sauver.

« Elles » sont arrivées

De fait, il semble que le monde soit désormais rattrapé par ce que nous avons essayé d’ignorer et de nier depuis plusieurs décennies, à savoir les « limites à la croissance » économique, qui ont depuis longtemps été identifiées par des scientifiques et théoriciens des systèmes complexes dont les mises en garde ont cependant été largement ignorées, moquées ou déformées. Nous avons réussi pendant un certain temps à repousser ces limites grâce à la financiarisation, la mondialisation, la libéralisation et la « technologisation » de l’économie, et également au cours de la dernière décennie grâce à un aventurisme monétaire effréné. Mais tout ce que nous avons réussi à faire, au bout du compte, est de convertir l’économie mondiale en une « machine à bulles », dans laquelle le PIB croît essentiellement sous l’effet du gonflement de bulles d’actifs alimentées par l’endettement, et part périodiquement en fumée lorsque ces bulles éclatent. Cette machine est aujourd’hui enrayée, et elle a accumulé des problèmes qui dépassent désormais de très loin notre capacité à les résoudre. Les « limites à la croissance » sont finalement arrivées. Elles ne ressemblent pas totalement à ce qui était attendu, et elles portent un masque de protection, mais elles sont bel et bien arrivées…

Défaillance systémique

La crise sanitaire du coronavirus est ce qui révèle cette arrivée. Elle le fait en exposant, comme l’a souligné le journaliste canadien Andrew Nikiforuk, les vulnérabilités inhérentes à plusieurs conditions propres à notre ère technologique moderne et souvent présentées comme des marqueurs de progrès : des méthodes de production et de livraisons d’approvisionnement en mode « juste-à-temps », une urbanisation rapide, un allongement de la durée de vie, et une mobilité humaine inégalée, entre autres. En fait, et comme l’anthropologue américain Joseph Tainter l’a diagnostiqué il y a déjà longtemps, les sociétés humaines ont historiquement tendance à échouer sous l’effet des mêmes processus qui ont conduit à leur succès, ou à la perception de leur succès. C’est pourquoi, de tout temps, les sociétés ne comprennent généralement pas ce qui leur arrive lorsque ces processus cessent de produire du succès et commencent à induire l’échec. C’est pourquoi, également, elles sont inévitablement prises au dépourvu lorsque les choses commencent à mal tourner.

De nombreux penseurs et observateurs ont depuis longtemps compris que les processus qui ont produit le « succès » des sociétés industrielles modernes ont aussi, et dans le même temps, semé les graines de leur échec à venir. Ils ont aussi depuis un certain temps compris que le mouvement menant à l’échec était déjà enclenché. La crise du COVID-19 pourrait maintenant être le déclencheur d’une accélération de ce processus d’échec sociétal que Joseph Tainter a appelé « effondrement », et qu’il définit comme une perte soudaine et majeure de complexité sociopolitique – ou bien elle pourrait simplement être un avant-goût de ce qui nous attend à l’avenir. La première hypothèse paraît de plus en plus probable, tant les dommages infligés par le microscopique agent infectieux à presque tous les aspects de notre complexité sociopolitique s’aggravent, s’accumulent et se conjuguent de jour en jour. Mais la seconde reste toujours possible, car il n’est pas totalement exclu que nous puissions parvenir par quelque artifice à retarder encore un peu l’inévitable. Si cela se produit, attendons-nous à ce que notre monde devienne pour une brève période de temps un endroit encore plus étrange et dysfonctionnel qu’il ne l’est déjà – avant que ne s’enclenche inexorablement ce que le penseur américain Nate Hagens a appelé la « Grande Simplification ».

Lutte entre agents pathogènes

Au-delà de toutes ces considérations, cependant, il devient de plus en plus difficile de ne pas voir dans cet incroyable assaut contre les sociétés humaines du made entier comme un moyen pour « Mère Nature » / « Gaïa » / le « système terrestre », ou comme on voudra bien l’appeler, de combattre son propre pire agent pathogène, à savoir Homo Sapiens. En effet, l’être humain, « conquérant de la nature », se trouve également être la pire source de dégradation du système terrestre, et la dégradation qu’il provoque sans relâche atteint désormais des niveaux critiques à de nombreux égards, et perturbe dangereusement l’équilibre d’ensemble du système.

Nous comprenons maintenant de plus en plus clairement que le système terrestre est un système vivant, et en tant que tel il est inévitable qu’il réagisse tôt ou tard afin de rétablir son équilibre, d’une façon ou d’une autre.

D’une manière générale, il existe deux mécanismes principaux par lesquels un équilibre est maintenu entre la multitude des êtres vivants qui font partie du système terrestre. Le premier est le mécanisme de la « prédation », par lequel les êtres vivants se mangent les uns les autres, les plus gros dévorant généralement les plus petits. Le second mécanisme est celui de « l’infection » , par lequel les êtres vivants s’empoisonnent les uns les autres, les plus petits étant en général les plus dangereux. Les espèces « Homo » formaient initialement partie intégrante de ce système de la vie sur Terre, et leur nombre ainsi que leurs impacts sur leur environnement étaient régulés à la fois par le mécanisme de la prédation et par celui de l’infection. Cependant, grâce à leur maîtrise du feu puis de l’énergie, les humains ont réussi à s’imposer comme les prédateurs ultimes du règne animal, et donc à se libérer de la menace de prédation par d’autres espèces. Par conséquent, il était prévisible que la défense du système terrestre contre son pathogène Homo Sapiens, lorsqu’elle surviendrait, prendrait la forme d’une infection.

Quoi qu’il arrive désormais concernant la pandémie de COVID-19, et même si nous parvenons à contrôler les dégâts cette fois-ci, cet épisode sans précédent devrait au fond probablement être perçu comme un avertissement à l’humanité, un avertissement que la réaction de Mère Nature contre son agresseur est enclenchée. Cette réaction ne s’arrêtera pas là, car le système terrestre doit se défendre contre ses agents pathogènes tout comme nous devons nous défendre contre les nôtres. On remarquera, au passage, que la carte de la pandémie montre que les zones les plus touchées semblent être précisément celles dont les habitants sont les plus responsables de la dégradation du système terrestre : la Chine, l’Europe de l’Ouest et très bientôt l’Amérique du Nord -–comme si Mère Nature avait décidé de concentrer sa réponse immunitaire contre les principaux coupables de ses tourments…

La « revanche de Gaïa », en fait, est et a toujours été inévitable. D’une manière ou d’une autre, le système terrestre rétablira son équilibre, et il le fera soit en « neutralisant » Homo Sapiens, soit en l’éliminant. C’est peut-être là la leçon la plus importante de l’épreuve que nous devons maintenant affronter. En fin de compte, c’est à cela que nous devons véritablement nous préparer, et à quoi nous devrons nous adapter si, en tant qu’espèce, nous voulons avoir une chance de survie.

En attendant, tout dans notre monde est désormais bouleversé. Ce qu’il nous restait de « certitude » est décédé, victime d’une insuffisance respiratoire terminale. Tout ou presque semble désormais possible, et plus rien n’est véritablement prévisible – si ce n’est que les prochains mois seront mouvementés et que le monde nous paraîtra probablement très, très différent dans un an.

En attendant, également, des millions de personnes sont désormais confinées chez elles à travers le monde, espérant échapper à un ennemi invisible mais implacable dont elles savent et sentent qu’il se rapproche de jour en jour. Des millions d’autres seront dans la même situation dans quelques jours ou semaines. Bonne chance à eux tous, bonne chance à nous tous, et espérons que nous serons capables et désireux de comprendre le véritable sens de tout ceci une fois que le pire de la crise sanitaire sera passé.

Illustration :
Cas de coronavirus COVID-19 dans le monde, Center for Systems Science and Engineering (CSSE) de l’Université Johns Hopkins (JHU).

Partager :

45 réflexions sur « Covid-19 : Lutte entre agents pathogènes, par Paul Arbair »

  1. La Chine va-t-elle venir à la rescousse de ses clients ? haha .. ou trop petite pour y faire quoi que ce soit ?

    Les quelques références « Chamaniques » de ce texte montre la voie à suivre, celles d’un modèle solidaire et parcimonieux. La chance est là si la guerre ne passe pas par là avant.

    Ou bien dans quelques mois on recommencera comme avant, juste un peu plus bas sur la courbe du CAC ?

  2. On peut contester en partie que cette pandémie soit une première pour l’humanité , car le siècle et un peu plus que l’orient et l’Europe ont connu au milieu du 14 ème siècle , même s’il ne s’agissait pas d’un virus vicelard a déjà fait pas mal de nettoyage par le vide ( dont un tiers des européens dont les survivants se sont révélés ensuite vaccinés contre pas mal de bricoles) . Mais c’est vrai que c’est une première , par définition , dans le monde massivement interconnecté et nomade qui est le notre aujourd’hui .

    La sidération devant la mort incontrôlable , ou presque , n’est donc pas un phénomène nouveau dans les sociétés humaines structurées . Les « réactions » immédiates ou à terme ont fourni in fine « le meilleur » ( la Renaissance par exemple) , ou  » le pire « ( le pire du pire étant sans doute l’amnésie qui en chinois s e traduit par un proverbe : l’humanité qui devrait avoir 6000 ans de sagesse retombe en enfance à chaque génération ) .

    Ce qu e je perçois de particulier dans cet évènement ( laissons Gaïa tranquille ) , c’est son universalité immédiatement conscientisée grâce à l’information numérique, son impact brutal sur un système économique et monétaire mondial qui n’est pas calibré pour ces atteintes assez naturelles ( en attendant la chute d’une météorite toujours possible ou l’absorption de notre système solaire par le trou noir de notre galaxie ) .

    On peut imaginer ( espérer ?) que , plutôt que de demander des comptes à la Chine comme le conarddevirus Trump , on se trouve poussé à enfin considérer notre espèce comme insérée dans un monde vivant sur notre terre , sans illusion stupide de fuite intergalactique et que c’est à ce niveau qu’il faut désormais penser et structurer notre relation à notre vaisseau , nos relations et échanges entre peuples , notre relation à notre biotope et à la ressource .Pour ce faire la déconfiture du système monétaire , de la spéculation et de la suprématie du dollar sont nécessaires pour redéfinir un système mondial . J’entends le Bancor qui piaffe .

    Pour aller dans le sens évoqué par VBG s’agissant de crise écologique après ( concomitante en fait ) la crise sanitaire:

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-virus-au-carre/le-virus-au-carre-18-mars-2020

  3. Même si l’on peut être d’accord sur une bonne partie du constat démontrant des mécanismes nous conduisant, là ou l’un des pires scénarios, peut se produire, n’est-ce pas une vison plutôt fataliste qui ferme les portes à d’autres alternatives, d’autres possibles… ? Croyant presque être immergé dans le film « Phénomène » (un film catastrophe américano-indien réalisé par M. Night Shyamalan, sorti en 2008), le « monde d’après » que semble dessiner ce scénario fataliste, ne déplairait peut être pas aux « survivaliste ».

    Mais en attendant cette fin du monde façon « rééquilibrage naturel », éliminant la pathogène que serait devenu l’humanité, pour « Gaïa », et elle même … ? Tout à t-il était réellement tenté… ? Personnellement je ne crois pas qu’il soit impossible de rien trouver d’autres a faire, que d’accompagner les effondrements les uns après les autres.

    Par exemple ? Qu’est-ce les « survivalistes » dirons à leurs enfants, si ceux ci découvrent que…….. ?

    «  »Tri sélectif » et « crise sanitaire ». L’arbre qui cache la forêt…?

    Épisode 9 d’une « Dystopie… ».

    ATTENTION. Ce billet ne vise en rien le dévouement et courage du « petit personnel » de la santé publique (et pas que…) pris en otage entre conséquences d’une absurde austérité décennale, des « réformes structurelles » du droit du code du travail, de la fonction publique… des violences et brutalités subites lors de « manifestations interdites » précédentes… et conflits internes entre « grands pontes » (« l’élite » n’étant pas ciblée particulière, car si « schisme » il y a bien lieu dans ce domaine scientifique – façon « Les Marchands de doutes » – soutenir ceux qui condamnent le masque de décisions se servant de la science pour déguiser une idéologie toute politique – « libéralisation » et privatisation rampante du service de la santé publique, « libéralisation » des soins et de la recherche, etc – c’est faire acte de résistance)… pris en otage entre des polémiques et propagandes de chaînes d’info en continue… et politicien.e.s n’assumant jamais des décisions politiques, néolibérales, purement électoralistes, court-termistes…

    Ce même personnel, tant éprouvé, tant tiraillé par rapport aux risques qu’il prend, et fait prendre à sa famille, n’est pas épargné, comme le sont les propriétaires privés d’actions, d’entreprises et autre riches citadins gagnant leurs confortables résidences secondaires, pour se « confiner ». Rien donc ne l’épargne, « l’exonère » moralement, par rapport au choix cornélien qui s’impose à lui dans un tri… le fait d’opérer une sélection… lorsque un nombre croissant de patient.e.s des plus graves, doivent se partager le manque de moyen et de personnel, et des soins intensifs…

    Si avant la « déclaration de guerre » au Covid-19 il était constaté (en 2016. Mais rien n’indique que ces chiffres aient changé en 2019/20) que « 10.000 à 14.000 décès par an sont imputables au chômage en France par maladies chroniques, hypertension, rechute de cancer… et la mobilisation collective est quasi inexistante »… quels risques y a t-il aujourd’hui pour les demandeur.e.s d’emploi du « halo du chômage », les plus âgé.e.s par ailleurs… de ne pas guérir comme les 98% de la population, et de faire parti des 20% qui en détresses respiratoires.. mais aussi manque de matériels et personnels de santé, pourraient être défavorisé.e.s par un « tri sélectif » (« Darwinisme social », à la française)… ?

    « L’effort de guerre » de la part de la gouvernance, promettant de multiplier par 5 ou plus… l’assistanat sans contreparties (endettement public du genre « on rase gratis » avec un nouveau QE) des même propriétaires privés d’actions, d’entreprises que lors du crack financier de 2008 (qui pour la partie parisienne par exemple, s’est « exilée » dans ses maisons secondaires, etc pour « vivre heureux le confinement », et être pris en charge éventuellement par d’autres hôpitaux publics que ceux parisiens, du Haut Rhin.. risquant la saturation), qui avant la « crise sanitaire », demandaient et obtenaient toujours moins d’impôts, de « charges », de droits et protections sociales du modèle social… pour ne pas plus embaucher les demandeur.e.s d’emploi (discriminé.e.s, mutilé.e.s, brutalisé.e.s par les violences policières au cour de contrôles aux faciès manifestations interdites, etc), et se justifiaient de ne pas plus vouloir contribuer au financement des services publics (hôpitaux par exemple) que de rembourser les déficits et dettes publiques (immorale optimisation, « droit à l’erreur fiscale » blanchissant les délits moraux, sociaux, fiscaux, environnementaux, impunis) sous prétexte que « trop d’impôt tue l’impôt »… cet « effort gouvernemental » doit-il seulement suspendre, haut et court, au bout d’un trop mince filet de sécurité, la survie menacée de ces personnes en situation d’extrêmes détresses… ?

    Quelles peuvent-elles être ces situations d’extrêmes détresses (avant, « on » parlait à peine, si ce n’est qu’à « noël », de « fin de droit », de NON RECOURS, et personnes n’angoissaient non plus que pour les pauvres, le budget santé était insuffisant, se soigner était repoussé…) qui n’indignaient pas plus de « monde solidaire » hier… qu’aujourd’hui nuls (des médias de masse aux politicien.e.s) ne semblent s’inquiéter ce que va être de survivre sous le seuil de pauvreté (voir le billet sur les SDF), une situation de confinement « longue durée », d’isolement dans des lieux de promiscuité indignes (insalubres, délabrés, etc), et encore plus dangereux pour des santés fragiles, ce que va devenir le quotidien sordide de familles, qui amputées de leur « pouvoir d’achat » (85% du SMIC en cas de chômage partiel, sachant que plus de la moitié des chômeurs vivent sous le seuil de pauvreté. Comportement d’incivilité vidant les rayons de supermarchés et soupçons de manipulations et organisations de pénuries sur certaines denrées alimentaires…), vont devoir opérer un « tri sélectif » sur les hausses de dépenses pré-engagés, comme le budget bouffe, énergétique, eau (mal bouffe, etc) qui va exploser en nourrissant et gardant à domicile des enfants plus scolarisés, qui bénéficiaient avant la « guerre »… de la « gratuité » de cantines scolaires, du chauffage, de l’eau potable, et de l’énergie disponible, dans les écoles, collèges, lycées, services publics suspendus… ?

    Rajoutez à cela, l’arrêt de l’économie » et la facilité donnée aux propriétaires privés… de licencier… et le report des interventions lourdes, hospitalières, que devait subir une partie de cette population précarisée, pour que par « solidarité » les malades gravement atteints du covid-19 aient la priorité, et mesurez vous la profondeur du drame qui se « joue », la hauteur de la tragédie qui se trame…?

    A l’heure ou la question du « tri sélectif » est soulevée avec tantôt une anxiété ambivalente, irrationnelle diraient certain.e.s… tantôt une dédramatisation, minimisation, « dédiabolisation » extrémiste, irresponsable… (que les médias mainstream, politicien.e.s… assument leurs parts de responsabilité dans la misère du monde dans lequel ils interfèrent, s’ingèrent, influencent…) faudra t-il attendre la « fin de l’État de guerre » pour que des études sociales, sociologiques, et « sociétales », des victimes décédées du covid-19, et d’autres pathologies indirectement liées à cette infection (cas de malades dont le reports des interventions, fut létale) jugent de comment « le degré élevé de notre civilisation » s’est préoccupée des plus vulnérables, fragiles, des sien.e.s…?

    Parce qu’en attendant, dans cette période trouble, ou fins et moyens sont confondues, et ou moyens et fins des leçons qui devront servir au monde de demain, sont rendues confuses, qu’une telle info puisse passer inaperçue (Hier : « L’AMF confirme l’interdiction temporaire des ventes à découvert pour 92 valeurs ») devrait en interroger plus d’un.e voulant se hisser aux plus hauts sommets… d’une telle cordée…

    Est-ce une leçon – cette interdiction temporaire – tirée de la nocivité constatée en »direct », de ces CDO, CDS, etc, qui permettent à celles et ceux ayant des moyens suffisant de convaincre que « leurs risques sont couverts » (comme pour la crise des subprimes. Les « paris nus », c’est à dire sans avance d’argent, sont permis quand même à des « acteurs solvables », il me semble), de parier et gagner à coup sûr, que le « marché » des 92 valeurs en question, soit à la hausse ou à la baisse (en exemple les « marchés » alimentaires – des grandes enseignes, producteurs/distributeurs/transformateurs, de leurs stocks réels et potentiels risques de pénuries – soit des paries faits sur le risque de faim dans le monde, comme en 2008 ou 10 et une famine dans certains pays d’Afrique… avec les banques françaises… leurs actionnaires… prises et pris la main dans le pot de confiture)…?

    N’est-ce pas un peu tard et léger comme réaction quand leurs interdictions, permettraient aussi d’avancer sur la mise en place de la « gratuité » pour l’essentiel, l’indispensable : s’assurer que la production de denrées alimentaires, ne pollue plus les sols, l’air, l’eau potable, la biodiversité, n’aggrave plus le dérèglement climatique, ne soit plus source de conflits territoriaux, ethniques (guerres commerciales, monétaires, de « civilisation » pour satisfaire la « compétitivité » de croissance démographique, les ventes « d’armement patriotique »…) et de spéculations…? »

    Lien 1 https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.francetvinfo.fr%2Fsante%2Fpatient%2Fdroits-et-demarches%2Fle-chomage-tue-entre-10-000-et-14-000-personnes-par-an_1445584.html%3Ffbclid%3DIwAR0ZtA_Ddwpap4Ub_QT5RsbDOvUU8rPw00WnJ78bbTM2yS1JXhzzobHR4-M&h=AT0X8YSwy3tcZKdLtcX7tIwT37oWp-wRy7M111FBpqpdZhmfpHs_u6Rr3a1LL61ExtIMcpNfYFkIH6gTxGix_ZRyVHYJyDaYxB-w72OD48Ui5xBurotJ7seLSM_-oZDlVt4cibwAvCaCVNL_TK1eWx0c23xKxLtGJQHYxA2heciasWBFFztpS44R38FpOG7GJZBLJajPgavKSEKERI-kB-4lIUiK-hfmcTRoYPSsd3FKbiQV3xT2qQsJyi9T6I1lB1ogZhKjPcYjuWUulOJ0OweQA-2ehR65B8QGIv8MOfOnrLwPjMuKxH1r35aZ8N0P61DtVA_b9cibJNzaMdOSjx8zCuBs8Ic7ghy-_uVlgXP_FuGoJL4_x3siP00FoQujoYUhc9KhnQblgwntoSi-sTXgu9ZD6NB351_btGSMdgxscQdGxyLZXHcPK3BKTxqGrGj7n9AK2QkkTDnVuh18CWSshT3zfHhonf7qGSs2wi86do0U4jQb9TL-xmXUZZipQlZyDH8Ipd0JQHIZwO6G_58FfM858GjVY_cbHM0DqYbiSkC1vFqzcPSbjbiOxYGqgKP0Qpcm6wGlNCC3SH0a97tZcU3nOttGNQE2_sv9wANlRmiFDmYI-2eGuUueUFvx7hCvZg

    Lien 2 https://www.lefigaro.fr/flash-eco/l-amf-confirme-l-interdiction-temporaire-des-ventes-a-decouvert-pour-92-valeurs-20200317?fbclid=IwAR3hM7vAdyJ0eAhDJo9opLvHiNN0qacjuc29TxUVidncwdjVIz9IiWUUU0c

    Lien 3 https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fmrmondialisation.org%2Fces-trois-banques-francaises-qui-speculent-sur-la-faim%2F%3Ffbclid%3DIwAR3yjmwegapDEldSEv4MCfQ6AUe6NgjySV3UjIQlGfZUCGawUgXSJERhpcA&h=AT1NLhzJHe7EePEb2j9MyqNEuBJakNd7WVdxoKXxco799kTwkwK5Ug511YeqRzNpL5tVG4N8ft8O_6tPIXoZJev2zxJvNuM0DSzvJ6CKM4M6CabZDyg29pnJ6Myy79CoQsA-dxKIAWKPAtd_

  4. @ Paul Arbair,
    votre billet est remarquable par sa profondeur et sa synthèse.
    Une petite anecdote sur les humains et le reste des animaux pour illustrer comment nous avons détruit ces liens et comment nous pourrions un jour les retisser :
    https://soirmag.lesoir.be/287905/article/2020-03-17/coronavirus-venise-les-habitants-decouvrent-ce-que-ca-fait-de-voir-les-poissons
    Le problème de la « revanche de Gaïa » est bien le point où elle pourra s’arrêter avant que l’espèce humaine ne disparaisse et que toute la biosphère ne soit détruite. Un réchauffement climatique à plus de 5°C serait cette limite mais on peut supposer que parmi les Terriens majoritaires, les microorganismes survivant dans les profondeurs pourraient en un milliard d’années recréer une nouvelle biosphère complexe où ils pourraient circuler comme c’est le cas actuellement.
    Dernière remarque d’un homme venu du XXe siècle. J’aurais été fasciné par les progrès technologiques comme enfant quand je dévorais des bouquins de SF (aujourd’hui c’est la dystopie des fins du monde).
    Chez nous, en 1967, nous n’avions pas de téléphone et nous venions d’avoir une télé N&B, avec 2 chaînes.
    Nous étions heureux.

  5. « La « revanche de Gaïa », en fait, est et a toujours été inévitable. D’une manière ou d’une autre, le système terrestre rétablira son équilibre, et il le fera soit en « neutralisant » Homo Sapiens, soit en l’éliminant.  »

    N’importe quoi.
    Ce n’est pas la peine d’être athée (et même râler après l’idée que l’homme serait doter de « volonté » et de « libre arbitre ») si c’est pour réinjecter du finalisme ou de l’intelligent design la première crise sanitaire venue…
    On nage ici en plein délire théologique.

    L’étape suivante c’est quoi? Faire des virus des sujets de droit ?

    1. ne vous inquiétez pas, la ruse de Gaïa est que pas mal d’ humains croient à un équilibre,

      alors qu’il n’y a qu’un grand surf permanent.

      Avec des cygnes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et même plus (noir, blanc, pistache, cassis).

      1. @ Timiota, d’où l’intérêt d’un détour par la pensée chinoise… le grand surf permanent = le yin/yang, la transformation incessante…

      1. Dans le cadre de ma décroissance personnelle j’ai supprimé ma ligne fixe depuis plusieurs années, du coup je dois faire attention, ce dont je ne me plains pas, au contraire, j’en suis fier.

  6. Pas d’accord avec aucun gouvernement ne pouvait prévoir. J’ai l’impression que les Chinois avaient prévu. Et même si ce n’est pas le cas, ils ont montré aux autres ce qu’il fallait faire et c’était clair depuis la 3ème semaine de février.

    1. Les Chinois et de manière générale, les Asiatiques, ont montré la voix à suivre: confinement, mais aussi tests généralisés. Il faut les 2 pour juguler le virus. En France, on est au début dans le déni. On nous demande de laver les mains. Comme ça ne marche pas, on nous confine. Mais il manque toujours les tests et les masques.

      Les produits sont fabriqués en Chine, mais la science aussi se crée là bas. Pendant que les médias dénigrent la Chine, le professeur Didier Raoult leur dit: « Je transmets des choses que d’autres devraient aussi transmettre… ce qui se fait à l’étranger … les Chinois sont devenus les plus grands producteurs de science au monde »

  7. L’Afrique et l’Inde semblent peu touchés. Mais si les médicaments anti-paludéens s’en prennent vraiment au SARS-COV-2, ceci pourrait expliquer cela.

  8. Décidément, je n’aime pas que l’on divinise la nature, par l’expression « Mère Nature », « Gaïa », ou autres.

    On peut aimer la nature.
    On peut ressentir, intimement, que l’on fait partie de la nature.
    On peut vouloir comprendre la nature. On en a même l’obligation éthique, eu égard à notre improbable et précieux héritage évolutif, qui nous en rend, au moins partiellement, capables.

    Mais dès que l’on utilise la majuscule, « Nature », on se met dans un rapport intrinsèquement biaisé, qui, à mon avis, empêche tout à la fois d’aimer, de ressentir, et de comprendre. Nous ne sommes PAS les « maîtres et possesseurs de la nature », mais nous ne sommes pas non plus devant une divinité qui doit nous écraser dans l’humilité, car, si vous y réfléchissez sérieusement, vous conclurez que c’est incompatible avec aimer, ressentir, et surtout, comprendre.

    Et décidément, j’aime encore moins que l’on compare l’humain avec une vermine pathogène. Ça rappelle de très mauvais souvenirs… Nous ne sommes pas de la vermine, mais une des composantes les plus précieuses de la nature. Nous sommes même peut-être -qui sait?- le seul moyen que l’univers a de se comprendre lui-même.

    Pardon à l’auteur, mais cette présentation de Gaïa qui s’auto-régule (l’idée n’est pas nouvelle…) me semble intellectuellement pernicieuse, et éthiquement perverse.

    Certaines caractéristiques de notre héritage évolutif (espèce colonisatrice), et certaines contingences culturelles malheureuses (« maîtres et possesseurs »), nous ont conduit à saloper cette partie de nous-même qu’est la nature, ou bien à saloper la nature dont nous faisons partie, cela revient au même. Nous avons la responsabilité de nous guérir. Je préfère, de loin, dire les choses comme cela.

    1. @ Marc Peltier et @ mouettepleureuse, je comprends vos objections mais si vous avez lu mon propre commentaire (enthousiaste) vous devinerez que je ne les partage pas du tout.
      P. Arbair parle du système terrestre  » pour « Mère Nature » / « Gaïa » / le « système terrestre », ou comme on voudra bien l’appeler ».
      Notre capacité de charge a dépassé les limites de la Terre (ou Gaïa comme nom de ce système) et il est juste de dire que l’espèce humaine peut modifier ce système (n’en déplaise aux climato-sceptiques) de la même façon à une échelle moindre mais notable que des coraux construisent une gigantesque barrière.
      Je me permets de suggérer à tous la lecture d’un livre fondamental, génial :
       » Thermodynamique de l’évolution, un essai de thermo-bio-sociologie » par François Roddier, Paroles éditions
      https://www.editions-parole.net/produit/thermodynamique-de-levolution-un-essai-de-thermo-bio-sociologie/
      (je l’ai lu en 2014 ; je vais le relire car il est encore plus actuel)

      1. @Jacques Seignan
        Les trois quarts du billet ne me causent aucun problème; je m’y retrouve. Mais la fin (et le titre) sont vraiment… bref!

        Dire « le système terre » ou dire « Dame Nature », ou « Gaïa », ce n’est pas du tout « comme on voudra »!

        L’hypothèse Gaïa est de considérer la biosphère comme un être vivant. Cette représentation a été proposée pour rendre compte de certaines caractéristiques d’homéostasie qui SEMBLENT être présentes ici ou là. Mais on est très loin de pouvoir conclure que l’homéostasie est généralisée, et encore plus loin de pouvoir cocher tous les critères du vivant. C’est juste une représentation, pas très féconde sur le plan scientifique, d’ailleurs : Timiota a raison de souligner que la représentation du « surf permanent » est bien plus pertinente.

        Inférer à partir de là que Gaïa prend sa revanche, c’est le genre de délire dont on espérait être débarrassés!
        Gaïa est en colère! Gaïa va nous punir! Vite, des sacrifices humains!

        Une autre critique majeure que je fais au texte, vers la fin, c’est que nous sommes présentés comme un pathogène externe pour Gaïa, ce qui méconnaît l’essentiel : Gaïa, c’est nous!

      2. Quelques éléments de réponse, si vous permettez, car il me semble que certains n’ont pas vraiment lu ou compris le texte, ou bien l’interprètent selon leurs propres schémas et catégories de jugement.
        @ Marc Peltier
        – Le texte n’affirme nulle part la validité de l’hypothèse Gaïa. L’important ici est que l’ensemble des connaissances scientifiques accumulées sur le « système terrestre » tendent à montrer qu’il s’agit d’un système « vivant », c’est à dire qui possède un métabolisme dont la logique est spécifique et ne se limite pas à la somme de ses composants.
        – Le fait qu’un système soit vivant n’implique pas qu’il possède une « conscience ». Il existe d’ailleurs sur Terre des créatures vivantes qui n’ont pas de conscience.
        – Le texte n’affirme nulle part que la Nature, ou nature si vous préférez, est une divinité qui doit nous écraser dans l’humilité.
        – Gaïa, si on veut l’appeler ainsi, ce n’est pas nous. Nous en faisons partie, et peut-être que nous en sommes la plus remarquable composante, mais cela ne signifie pas que c’est nous. Le système terrestre c’est nous plus la multitude d’autres composantes de la biosphère.
        – L’expression « revanche de Gaïa » est évidemment une image. Il n’y a aucune volonté délibérée d’une divinité de la Terre ou de la nature de se venger des hommes, mais juste la nécessité pour un système vivant de réagir face à ce qui compromet l’intégrité et l’équilibre de son processus métabolique.
        – En l’occurence, ce qui compromet l’intégrité et l’équilibre du processus métabolique du système terrestre c’est le métabolisme du « superorganisme » humain, qui dégrade la biosphère à grande échelle et élimine une partie du vivant à un rythme qui s’accélère.
        – L’homme n’est pas un pathogène externe au système terrestre, puisqu’il en fait partie. Ce qui définit un agent ou un facteur pathogène n’est pas qu’il soit externe ou interne à l’organisme affecté, mais précisément qu’il provoque une affection. Et le fait que nous soyons peut-être la plus remarquable composante du système terrestre n’empêche en rien que le métabolisme du « superorganisme » humain n’agisse comme un agent pathogène, c’est à dire un facteur d’affection du système terrestre.
        – Le texte ne dit en rien que Gaïa est en colère, va nous punir, ou réclame des sacrifices humains. Il pose simplement l’hypothèse que le système terrestre doit comme tout système vivant se défendre contre ce qui l’affecte, en l’occurence la civilisation humaine. Et qu’il le fera sans aucun doute.
        @mouettepleureuse
        – Il n’y a dans le texte nulle trace de finalisme ou d’intelligent design, encore moins de vision théologique. Encore une fois, le fait que le système terrestre soit « vivant » n’implique en rien qu’il possède une conscience et encore moins qu’il soit d’essence ou de nature divine.
        @timiota
        – Le fait qu’un système vivant maintienne un équilibre n’implique pas que ce système soit statique. Un équilibre peut être dynamique – et l’est nécessairement en ce qui concerne le système terrestre.

      3. @ Paul Arbair
        Je vous donne acte de vos dénégations, et je vous demande, de votre côté, de comprendre que je ne vous soupçonne pas de demander des sacrifices humains! Je mets en cause le fond de votre billet, qui n’apparaît que dans le dernier quart du texte, après avoir apprécié le bien fondé et la clarté de votre écriture dans les trois premiers quarts.

        Vous dites que votre texte n’affirme jamais nulle part la validité de l’hypothèse Gaïa, mais c’est bien cette hypothèse qui fonde toute votre description et votre argumentation. Vous tenez pour acquis que la terre est un système vivant, doté de la propriété caractéristique d’homéostasie, qui explique et prédit qu’elle va se débarrasser d’un facteur de déséquilibre (nous) par les mécanismes agissants d’homéostasie dont elle disposerait.

        Personne n’a jamais décrit de tels mécanismes globaux, et on serait bien en peine de leur trouver une raison de s’être mis en place, ou une histoire évolutive cohérente. Je ne vois dans le recours à cette idée qu’une révérence quasi mystique aux « propriétés de la vie », c’est à dire un avatar du vitalisme.

        La description du « système terre » comme globalement vivant n’est en aucun cas acquise et ne fait absolument pas consensus. Elle n’est marginalement utile, dans certaines disciplines, que pour des approches heuristiques. En lui donnant un caractère téléologique, vous commettez, à mon sens, une faute de pensée majeure, et dans un sens très malheureux, qui justifie que l’on vous brocarde un peu, malgré les qualités d’une grande partie de votre texte.

      4. @ Marc Peltier,
        Paul Arbair a pris la peine de vous répondre et vous lui répondez à votre tour ─ en redisant la même chose (téléologie par ex.).
        Vous démontrez seulement que vous plaquez vos hypothèses de lecture sans avoir la capacité de changer d’avis sur le fond du texte.
        Quand on dit à quelqu’un « qu’il commet une faute de pensée majeure (sic) », il faut savoir si soi-même on est réellement à sa hauteur.
        Libre à vous de nous montrer vos limites (selon moi) mais je suggère à Paul Arbair de laisser tomber…

        PS – plus haut j’ai suggéré la lecture de Roddier…

      5. Après réflexion, je retire « téléologique », pour réaffirmer tout le reste. Je ne cherche à blesser personne, mais à débusquer les idées non fondées.

      6. @Marc Peltier :
        J’avais également émis des réserves sur la convocation de « Gaïa » .

        Pour ce qui est du vivant , comme de l’intelligence, on peut se demander si la question a vraiment un sens , mais je pose qu’il y a plus à apprendre sur ce qu’est la vie en étudiant une bactérie ( ou un virus dont on notait déjà qu’il était un « objet » bizarre capable d’être « inerte » ou « vivant » ).

        Comme je prêche pour « liberté , égalité , fraternité étendue au vivant » , la logique voudrait que le SRAS – CoV-2 soit mon frère, ainsi que ses propres frères annoncés à terme proche et lointain .

        Va falloir qu’on établisse tous les deux les règles de notre code de la famille .

    1. A Jacques Saignan
      Ravi de voir cette référence à l’ouvrage du professeur Roddier, trop rarement cité, dont on trouve de bons résumés dans plusieurs de ses conférences : https://www.youtube.com/watch?v=H7ErDjEOogg.
      Du big bang à la vie sur terre via le principe de dissipation d’énergie, une belle promenade simplement expliquée depuis le cosmos à nos gènes, et qui éclaire de façon originale sur cette pièce maîtresse de toutes composantes quelles qu’elles soient et de nos sociétés : l’information.

  9. Sauf mutation en augmentant violemment la létalité, COVID-19 ne réduira pas notablement la surpopulation humaine actuelle. Mais il va nous offrir un superbe exercice de décroissance du PIB, en préparation de ceux que le bouleversement climatique ou le renchérissement de l’énergie (que le meilleur gagne !) va nous imposer sans nous laisser beaucoup de temps pour nous remettre.

    À quelque chose malheur pourrait être bon… à condition de donner le pouvoir à des dirigeants ayant le souci du long terme et le sens de l’intérêt de l’espèce.

    1. Base de l’exercice en France :
      l’évolution telle qu’elle se dessine (MàJ de mon pifométrage du samedi 14 mars)

      1. Pour le nombre de cas journaliers détectés, ça semble passer sous la barre des 20% de progression, 16.54% hier et 18.16% aujourd’hui. (ratio 1,17/1,18)
        Wait and see…

  10. Juste pour mémoire – « Une révolution sanitaire est aussi nécessaire »

    NOUS NIONS LA RÉALITÉ, CHAPITRE 2, PAR JEAN-FRANÇOIS LE BITOUX
    12 DÉCEMBRE 2019 PAUL JORION 8 COMMENTAIRES

    « Conclusion très provisoire », le réchauffement de la planète participe certes directement à l’élimination de l’espèce Homo pseudo-sapiens mais il y aura de mécanismes microbiologiques bien plus rapides qui participeront à cette extinction s’il n’y a pas « d’Adultes au travail ». Il faudra bien mieux gérer l’état des lieux, même si l’Etat « ne sait pas » tenir compte des lieux. Cela devient une antienne insupportable : « Etat ne sait pas faire ! ».

    En fait, j’ai eu l’occasion d’évoquer cette menace sanitaire à plusieurs reprises sur ce blog. Je n’imaginais pas être rattrapé par la réalité aussi vite !
    Il sera dorénavant plus facile d’évoquer les risques épidémiologiques devant la « société civile ».

    Un détail technique qui me choque de la part des « experts » qui sont des « médecins d’humaine ». Les vétérinaires et les éleveurs savent que l’émergence de pathogènes dans les troupeaux provient d’une adaptation de germes à des conditions d’élevage déficitaires ou carencées. Même s’il s’agit le plus souvent de virulence bactérienne croissante ! La zootechnie consiste d’abord à mieux gérer le troupeau ( en anglais Herd immunity pour BoJo)
    Une fois la crise passée, il sera toujours temps d’évoquer ce qui se passe en conchyliculture (ça fait 150 ans que ces phénomènes sont ignorés) et aussi en oncologie ! Il n’y a aucun intérêt à préciser une étiologie plus exigeante si elle ne débouche pas sur des thérapies et éventuellement une prophylaxie plus efficace. On en reparle après cette vague scélérate, imprévisible certes mais qui se répétera.

  11. Bonjour

    J’ai souvenir avoir lu, ici, des questions concernant le pourquoi il y a avait moins de mort en Allemagne qu’en France à contamination parallèle. La réponse doit tenir dans ces lignes :

    « L’Allemagne dispose déjà à ce jour d’environ 25 000 lits de ce type, nettement plus qu’en France ou en Italie par exemple. Avec plus de 80 millions d’habitants, le pays compte plus de 8 000 cas confirmés d’infection par le nouveau coronavirus et entre 12 et 16 morts, selon les estimations. »

    Plus du triple qu’en France de lits de réanimation, soins intensifs. Ils diviseront par 3 le bilan à contamination égale, ou pourront absorber 3 fois de contaminés que la France.

    https://www.sudouest.fr/2020/03/18/coronavirus-l-allemagne-va-transformer-des-hotels-et-grandes-halles-en-hopitaux-7341948-4803.php

    1. Pas que…

      L’Allemagne a testé beaucoup plus (maillage de petits labos indépendants), et a donc une représentation plus étoffée du nombre réel d’infections, là où la France ne teste plus que les SDRA indiscutables, autant dire pas grand-monde. Le nombre d’infections est largement sous-estimé en France et donc les pourcentages sont faussés.

      Le deuxième facteur non négligeable est la pyramide des âges des personnes infectées. L’Allemagne – une fois n’est pas coutume – a nettement moins d’infections dans sa population plus âgée que la France. La pyramide des âges est même plus jeunes que celle de la Corée du Sud. Et comme on sait que la mortalité du Covid-19 est plus importante parmi les malades âgés, CQFD.

      1. Tiens salut JA ! Confiné ? Ravis de te revoir, je glissais des messages subliminaux souvent mais personne ne répondait jamais sur ta longue absence.

        Merci de la précision. C’est toi qui m’a remis en mode confinement ? 😛

      2. Oui, mes estimations à latrès grosse louche de « l’effet vieux » dans la pyramide :

        Corée =1
        Italie = 2,2
        France=1,8
        Allemagne = 1,6

      3. @Otromeros
        J’ai posté sous cette courbe dans un fil de MP.
        Ne pas oublier que la chirurgie ambulatoire s’est énormément développée depuis les années 1990,
        et que nombre d’opérations par endo-truc-much (laparoscope, etc.) + les scanners IRM évitant les biopsies invasives ont beaucoup réduit les jours d’hosto qu’il fallait quand on « ouvrait » le patient un peu plus … « ouvertement ».
        Je pense que ça explique à la louche une moitié de la baisse de 12 à 9…. pas l’autre (de 9 à 6).
        Mais **pour l’instant** le nombre de lit n’est pas , honnêtement, le facteur critique ( ==>ça le devient dans le Grand Est depuis mercredi): si on se base sur le cas coréen, c’est tout le reste (traçage, masque, tests tests tests,…) qui a permis de tasser l’exponentielle.

      4. @timiota
        Merci.

        A-t’on enfin une « bonne » approximation des divers délais liés à l’hospitalisation pour « prise en charge Corona » :
        durée lit (loi?) avant respirateur ; taux de succès respirateur seul; durée lit(loi?) avec respirateur;taux de succès lit avec respirateur;durée lit (loi?) de réanimation-machine ; taux de succès ; importance des séquelles selon chaque phase en cas de succès… autres.
        Et surtout , puisqu’il va falloir « choisir » (pour ne pas écrire « sélectionner ») , la manière (et le délai) d’arriver « à la fin » pour le « recalé » suivra-t’il la loi « laisser cr*v*r-Léonetti » …traduction , est-il utile de plutôt de chercher à se faire hospitaliser en Belgique par exemple pour , disons , les séniors.. ? (Question jamais abordée et pourtant tristement sérieuse.. une des seules initiatives d’éthique populairement majoritaire qui aurait pu être réglée « facilement » par la pléthore-Macron).

  12. Même si un début d’épidémie c’est effrayant, je suis agacée par le ton dramatique qui mêle « des millons » des « experts » et un « nous » dans lequel je ne me retrouve pas.

    « Tragédie humaine », « défi à la civilisation humaine » d’un « microscopique agent infectieux » (leCoVid), « spectacle à la fois terrifiant et fascinant », la description est celle d’un film d »epouvante. d’où probablement le « sentiment angoissant que le monde […] est en train d’imploser, de se briser, de s’effondrer ».

    Un texte qui raisonne en s’appuyant à ce point sur un vocabulaire si chargé émotionnellement, me met dans une méfiance critique exponentiellement proportionnelle (ça pardon mais c’est pour rire)

    1. M’exprimant au nom de tous ici certainement, je voudrais vous faire savoir que nous sommes extrêmement attristés par le fait que la pandémie du coronavirus vous agace. Être agacé est en effet, nous le savons, très désagréable.

      En 2008, un collègue enseignant m’avait ainsi appris que sa « meilleure étudiante » trouvait la crise des subprimes « très ennuyeuse ». Je l’avais assuré de ma sympathie : si c’était bien là sa « meilleure étudiante », j’aurais certainement été catastrophé de connaître l’opinion des autres.

      1. Où, dans mon texte, avez-vous lu que c’est la pandémie qui m’agace ?
        C’est l’emphase qui me gêne.

        Pour le dire plus clairement, mon sens critique s’éveille aussitôt que les grands mots sont de sortie : comme lorsque (par exemple) notre Président parle de « guerre », décrit les soignants comme des « héros » (lui qui n’avait pas « d’argent magique » pour l’hôpital).

        Les mots comptent (je n’ai pas commenté le raisonnement).
        Je fais simplement remarquer une gêne – dont j’avais perçu l’écho à propos de « Gaïa » ou « Mère Nature ». Même si je ne m’exprime qu’en mon nom.

  13. Les soignants sont des héros. Les éboueurs aussi. Et les caissières de supérettes.

    Cela dit, merci pour le lien de la conférence de Sansonetti, éclairante et dénuée de pathos.
    (idem pour les mises en perspective de Jean-François le Bitoux, de Timiota et pas mal d’autres)

Les commentaires sont fermés.