22 réflexions sur « « Comment changer le monde ? Réfléchissons ! », le 17 mai 2020 – Retranscription »

      1. Ne sous-estimez pas trop le pays que vous squattez 😀 :
        . Sur France Inter ce matin le PDG de Danone parle d’écosystème de bilan carbone de résiliance et de agriculture durable.

        Yahhouuuu

  1. https://qg.media/
    ou
    https://www.youtube.com/watch?v=3rf-8M6zxAY
    Quartier Libre – Gérard Mordillat : « Le moment covid du néolibéralisme » 19/05/20
    Aude Lancelin reçoit Gérard Mordillat, romancier et cinéaste, coauteur de la grande série documentaire « Travail, Salaire, Profit » sur ARTE, pour évoquer le changement de nos vies depuis le confinement, les actions à mener pour retrouver le contrôle de nos vies, et les recompositions politiques en cours

    1. Mordillat… un passé tranchant.
      Mordillat… un présent.. co-souscripteur ( créateur ou , au moins sollicité.. ) de l’ « appel » lancé last week par le « nouveau conseil de la résistance française » dont question/interrogation sur ce blog.
      Lien (pas encore vu) en général de qualité , permettant sans doute d’en apprendre plus.

      1. En particulier pour les pressés :
        minute 17+ : « écologie et politique » …et… minute 39+ : « Conseil Résistance new look »

  2. Avec le Decameron, Boccace interrogeait déjà « le monde d’après » en confinant sept jeunes femmes et trois jouvenceaux… suite à la peste noire qui avait ravagé Florence 1346 (et toutes les cités italiennes)…

    Dans le collectif Histoire Mondiale de la France sous la direction de Patrick Boucheron l’ouvrage a retenu plus de 150 dates qui ont fait la France. L’année 1347 s’interroge sur l’origine de la peste : « Vient-elle d’Asie centrale, du Kurdistan ou de la Volga ?… » puis l’année 1357 questionne : « Un monde nouveau émergera-t-il après la peste ? Partout en Europe grondent les contestations politiques… »

    Entendez-vous l’écho ?
    https://www.youtube.com/watch?v=Ugc8R50IP68

  3. « Après 1981, je demandais à François Mitterrand :
    – Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque Mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. En France, on élit, et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire. »
    Danielle Mitterrand. (trouvé sur le web…)

  4. De l’intérêt d’une démarche prospective au regard de la pandémie de 2020

    Nous avons tous une forte curiosité, angoissée, pour le futur immédiat, qu’il nous est difficile d’entrevoir : crise sanitaire, crise financière, crise économique, crise énergétique, crise climatique, que va donner ce cocktail ? Et notre regard, jadis confortable mais vaguement inquiet, est profondément modifié par le surgissement de la pandémie. Pour autant nos outils sont très limités, nous touchons plusieurs domaines où les compétences sont dispersées. Nous cherchons à nous documenter, à critiquer cette documentation, à recevoir des appels à agir, des programmes, des analyses d’ensemble – mais cela ne réduit pas vraiment la part d’incertitude que nous essayons de gérer en nous. Compensant cela, nous nous attachons à des vérités plus simples, principes dont la complexité serait dépendante. Et nous sommes –parfois– rétifs à la discussion.

    Nous avions un calendrier de long terme, mais singulièrement en train de se raccourcir : l’horizon des perturbations climatiques était celui des années 2100 (rapport Meadows Halte à la croissance, 1972), puis des années 2050 (rapports GIEC), enfin des années 2030 (indicateurs d’irréversibilité). La pandémie perturbe cette vision linéaire en rétrécissement : il faut mieux intégrer des improbables événements dans la perspective. Il faut étudier des scénarios moins évidents, plus diversifiés, et pourtant conclure à des décisions d’action à effet rapide !

    C’est là qu’une étude prospective, collective, aurait tout son sens et sa pertinence. Mais cela demande un processus intégrant les acteurs concernés, avec des méthodes et des outils, explorant une multitude de thématiques. Autant dire d’abord que la forme d’un blog et d’un forum n’est pas le cadre pertinent. Et que ce processus demanderait une conduite, un mandat, une attente formulée par un groupe porteur ou même une autorité politique.

    Il y a bien longtemps (jusque vers 1995?), la Commission Européenne avait bâti une Cellule de prospective qui avait proposé quatre scénarios contrastés pour le XXIe siècle, en réunissant des hauts fonctionnaires, experts et représentants externes (on ne parlait pas encore de lobbys), et le résultat était passionnant – mais il ne débouchait pas sur un programme de décisions d’actions : il ne faisait que démontrer des risques et opportunités et l’intérêt de faire des choix. Pour autant que je m’en souvienne.
    Malheureusement, le document résultant de ce processus ne paraît plus disponible.

    Pour en savoir plus sur la prospective, je vous renvoie à un powerpoint de Pierre CHAPUY, en 2012, avec des exemples, qui permet d’entrevoir de quoi il s’agirait : http://als.univ-lorraine.fr/files/conferences/2012/Dupuy-Prospective.pdf . (C’est le premier document apparu pertinent après une recherche internet – nul doute que d’autres idées et approches doivent faire l’objet d’une discussion). Et on trouvera par exemple un exercice de prospective, encore incomplet, à court terme (fin 2021) prenant en compte la pandémie, avec des scénarios, dans un document à télécharger de 75 pages (je ne l’ai pas approfondi — je n’y ai pas vu d’approches par des parties prenantes, il est plutôt « en surplomb » mais fouillé quand même).

    Ce qui me paraît utile à poser à l’origine, est la nécessité de définir un territoire pertinent, avec un système de parties concernées accessible et gérable. On aurait envie de prendre l’Europe, mais ce n’est sans doute pas tenable au vu des variations nationales et régionales : trop de points de vue seraient à rassembler et synthétiser. Au contraire, du point de vue citoyen, pour limiter le poids étatique-administratif, on pourrait prendre une échelle très limitée, un département par exemple ou une Région pour atteindre un niveau d’autorité politique suffisant (en Belgique, une Région de l’État fédéral pourrait constituer une échelle acceptable).

    Ensuite, j’aime bien une approche rétro-prospective qui prendrait la forme suivante (c’est une suggestion) : « Nous sommes en 2050, et nous sommes assez contents de nous ; les mesures essentielles pour éviter un réchauffement de plus d’1,5° ont été installées et les effets positifs en sont mesurables et nous encouragent à continuer l’effort. Quelles mesures avons-nous adoptées par étapes depuis 2020 ? ». Une telle formulation est déjà problématique, puisqu’une action unilatérale d’une seule région du monde n’aurait aucun effet global ! Mais on peut penser à agréger des plans proches et gagner ainsi l’échelle d’un continent à tout le moins. Bien sur, on peut penser qu’il serait plus facile de prendre une perspective pessimiste : « nous avons échoué en 2050, tout est foutu car voici ce que nous avons été incapables de décider, avec quels blocages, depuis 2020 – ou avant ». Le résultat en serait pauvre, car il ne serait pas indexé sur les décisions d’action à prendre. A contrario, l’approche optimiste pourrait être un leurre, et il ne serait pas inutile de tenir ensemble les deux perspectives, avec l’effet recherché d’un « avocat du diable ».

    Il faut ensuite définir une série de thématiques et s’entendre sur des contraintes et des opportunités probables à prévoir : en énergie, en ressources extractives, en air et eau, en alimentation/agriculture, en démographie, etc. Avec de nombreuses interactions entre ces domaines.

    Il faut ensuite construire des scénarios ayant une cohérence d’intention, par exemple : le scénario « local, éthique, décroissant, ‘anarchiste’ », le scénario « étatique volontariste contraignant », le scénario « ‘libéral’, prédominance des entreprises industrielles et de la finance », le scénario « étatique ‘populiste’ aventurier ». Encore une fois, ce n’est qu’une proposition illustrative ; les acteurs pourraient valider des scénarios plus clivants ou plus accrocheurs…

    Il faut ensuite passer en revue une série de « secteurs d’influence » sur les mentalités, tels les religions, les arts et la culture, les visions militaires, les ressentis nationaux, les sciences et les tecnologies, les médias, réseaux sociaux et les jeux de partis et mouvements structurant la société. Car il faut toujours garder à l’esprit la question de l’acceptation sociale des mesures prises. Nous avons été surpris par l’acceptation presque mondiale de mesures de confinement. Mais pour combien de temps ? Avec quelle approche sociale ? Cette question ne peut être négligée.

    Il peut sembler gratuit d’énoncer un tel projet de processus. Qui le portera ? Mais l’idée est aussi de réduire à leur juste mesure les divers « appels » qui sont annoncés ces jours derniers et qui paraissent dans les médias, dans lesquels ils ne faut pas négliger les appels puissants à rejoindre au plus vite le « monde d’avant ». Certains portent davantage sur des programmes « de principe », d’autres portent davantage sur des regroupements institutionnels nouveaux (tel le Conseil national de la Nouvelle résistance »). Ces appels et regroupements veulent motiver, orienter, construire. Mais leur socle de pensée est faible. La force d’un réseau spontanément réuni par l’appel est encourageante, mais elle n’est pas durable. Ni par la quantité, ni par la qualité. Parfois elle est purement symbolique, et symbolise même un ancien monde décrié.

    Il peut se trouver des indications très pertinentes dans ces appels ou dans des livres récemment parus (tel Comment sauver le genre humain de Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin).

    Mais nous devons bâtir une perspective collective, structurée, portée par plusieurs secteurs de l’opinion des acteurs concernés et pouvant rassembler avec force et pour longtemps. La Prospective est sans doute l’exercice qui nous mettra sur le bon chemin !

      1. C’est comme dans les bons polars . On ne livre le nom de l’assassin que dans les trois dernières pages .

        ( j’ai enfin récupéré ma carte bleue )

  5. « ..La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire. »
    Danielle Mitterrand. .. ».
    Comme quoi, les politiques ne sont pas tous stupides.
    En fait tout est question de taille (et d’autarcie). Roosevelt a pu révolutionner les USA. Par contre, la France et les autres européens « ne font pas le poids » nécessaire à l’exercice d’une réelle souveraineté. Si les européens le veulent, ils peuvent retrouver leur souveraineté en s’unissant , renvoyant les cornichons de type Lepen ou Mélenchon aux oubliettes de l’histoire.
    Les Trump, Poutine et Xi l’ont bien compris qui flattent les nationalismes pour éviter le retour des européens parmi les puissances.

    1. Comme toujours avec JMJ .. ne pas oublier de consulter les commentaires ( pour se faire une idée du suivi )

      Entre autres , peut-être celui-ci d’intérêt « général » , relié à la polémique de l’autre jour :

       » J’aimerais l’avis de mr jancovici sur la centrale jupiter 1000
      Le power to gaz une solution concrète pour stocker l’électricité des renouvelables*
      https://youtu.be/yYbfbP3gsfo
      Projet concrétisé à fos sur mer
      https://www.jupiter1000.eu/actu

      (Premiere installation fonctionnelle le 20 février 2020)
      https://m.actu-environnement.com/actualites/jupiter-1000-grt-gaz-hydrogene-35040.html … « 

  6. Voici ma modeste contribution aux réflexions de l’après Covid-19, fruit de mes lectures de ces derniers mois et années souvent alimentées par le blog de Paul et ses livres.
    Merci déjà pour vos commentaires !

    Après le Covid-19

    Après les plans d’urgences qui ont fait le maximum – “quoiqu’il en coûte” – pour aider les services de santé à endiguer la crise sanitaire et permettre à chaque ménage de disposer de revenus de remplacement pour tenir financièrement jusqu’à la reprise des activés économiques, l’Union Européenne et chaque État membre doivent définir des plans de reconstruction économiques, budgétaires, fiscales et monétaires audacieux et non dogmatiques – comme expliqué par exemple dans le livre “La monnaie écologique” de Alain Grandjean et Nicolas Dufrêne ou par Michel Aglietta dans Le Monde https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/15/michel-aglietta-la-vraie-richesse-des-nations-est-leur-capital-public_6039727_3232.html pour la politique monétaire – pour développer une économie, un capitalisme, des organisations et des entreprises
    * qui créent de la valeur non plus pour les seuls actionnaires mais pour l’ensemble des parties prenantes (cf. Infra et comme défini par le “Stakeholders Capitalism” cher au World Economic Forum), grâce à la “valeur immatérielle” liée surtout à la qualité de leurs produits et services
    * qui assurent le développement des biens communs que sont la santé, l’éducation et la culture et donc d’un monde co-habité par tous les êtres vivants et aligné réellement sur les Objectifs de Développements Durables (ODD) définis par les Nations Unies pour 2030.

    Demain, et comme l’écrivait déjà Philippe de Woot, le capitalisme et les entreprises ne doivent plus être le problème mais (re)devenir la solution ! Comme le décrit le livre “Capitalisme et progrès social” d’Anton Brender. Ou comme l’écrit Muhammad Yunus dans Le Monde, pour faire en sorte que l’économie soit un moyen, “un outil que nous devons penser et repenser sans cesse jusqu’à ce qu’il nous conduise au plus grand bien-être commun possible”. Après les “quarante piteuses” de la période d’ultra-libéralisme, il y a donc lieu de réguler à nouveau le capitalisme pour en modifier radicalement les principaux rapports de force !

    Pour cela il faut tout d’abord, sans doute au niveau des Constitutions de l’Union Européenne et des États membres, (re)définir par rapport aux valeurs universelles que sont l’égalité, la solidarité (qui justement a retrouvé toute sa valeur depuis la crise) et la liberté, ce qui constitue la propriété, à savoir :
    * La propriété “commune” pour tout ce qui relève du bien commun – qu’il soit universel comme l’eau, l’air, les autres êtres vivants et les ressources naturelles comme les hydrocarbures et les forêts mais aussi la santé (on pense à la polémique suscitée par le vaccin de Sanofi contre le Covid-19), l’éducation et la culture ; collectif comme les monnaies ou les infrastructures, voire même individuel comme les données personnelles (cf. infra) et l’expertise de chacun – se définit par sa fonction sociale, doit être garanti comme étant “inaliénable” parce que sa valeur est inestimable et que donc sa propriété ne peut être transférée, doit au contraire être partagée et utilisée dans le respect des valeurs universelles de solidarité et d’égalité entre tous les membres des différents écosystèmes et être organisée dans ce qui est appelé plus loin des “organisations gouvernementales sans but lucratif” (“Nonprofit Governmental Organisation”) associant des capitaux publics et privés ;
    * La propriété “privée” pour tout ce qui relève de ce qu’un individu ou une organisation peut s’approprier, privatiser, (“abuser”), pour produire, vendre ou louer et recycler – à son profit mais sous sa responsabilité individuelle ou collective – un bien ou un service qui cherche à répondre aux besoins d’autrui, mais en privilégiant la valeur d’usage sur celle d’échange dans le marché, tout ce qui en définitive relève traditionnellement des valeurs universelles de liberté et parfois de solidarité, comme dans le cas des entreprises sociales, propre au capitalisme ;
    * La propriété “personnelle” pour tout ce qui relève des données personnelles de chacun telles qu’elles sont définies par le RGPD et qui sont aussi “inaliénables” puisque leur échange et leur usage doivent se faire sans “abus”, sans appropriation, dans le respect de la valeur universelle de solidarité (qui par exemple justifie que les données de santé soient rendues accessibles au monde médical)

    Plus concrètement il faut :
    * Obliger les organisations (quel que soit leur forme et statut) – avant tout appel aux crédits, aux marchés financiers ou aux aides privées ou publiques – à “penser et repenser sans cesse”, démocratiquement et statutairement, leurs missions qualitatives et quantitatives par rapport à toutes leurs parties prenantes :
    * Les actionnaires, qui sont en droit de récupérer leurs investissements et de couvrir leurs risques initiaux sans pour autant accaparer à tout jamais les bénéfices
    * Les collaborateurs, qui ne sont pas de simples variables d’ajustement ou des ressources comme défini dans https://democratizingwork.org/#francais, parce qu’ils doivent pouvoir donner du sens, de la valeur à leur travail et éviter ce qu’on appelle aujourd’hui les “jobs à la con”
    * Les fournisseurs et partenaires qui doivent pouvoir être aussi rentables que leurs clients
    * Les clients/consommateurs qui en définitive sont ceux qui paient les rémunérations de tous les autres
    * Les collectivités dont les coûts d’infrastructures et de services doivent aussi être rentabilisés
    * La Terre (qui contrairement à l’humanité ne risque pas de s’effondrer !), dont toutes les formes de vie et les ressources doivent être valorisées – et non plus externalisées – pour leur assurer une co-habitabilité et un renouvellement
    * Et donc en définitive par rapport aux ODDs des Nations Unies qui définissent les échéances communes pour 2030
    Pour en synthèse, indiquer que le profit à réaliser est un moyen au service de ces missions et non plus la fin première, qu’en définitive les missions de l’entreprise l’emportent sur ses profits et ses rendements !
    * Obliger les organisations à publier dans leurs bilans et comptes de résultats, leurs réalisations en matière d’ODDs et à appliquer un système de notation démontrant que leurs produits et services ont un impact sociétal et environnemental, sont sans nuisance pour l’humanité et la Terre
    * Définir des règles de répartition des bénéfices de l’entreprise en fonction d’un ratio entre d’une part la valeur de l’entreprise et d’autre part son rendement pour limiter le rendement annuel autorisé à maximum 8% de la valeur et distribuer ce rendement en trois parties égales pour
    * les dividendes aux actionnaires,
    * les réserves et en priorité celles qui permettent de couvrir le passif social de l’entreprise en suivant l’exemple du Fonds de solidarité de Solvay pour ses employés et leurs familles suite au Covid-19 https://www.solvay.com/fr/fonds-de-solidarite-solvay
    * et les investissements durables, internes ou externes à l’entreprise qui s’appuient sur la taxonomie verte de l’Union Européenne
    * Instaurer le “patient capital”
    * En taxant les dividendes à 20% et les plus values à 80% si les actions sont vendues dans l’année de leur achat et à 10% de moins pour chaque année supplémentaire pour qu’elles ne soient pas taxées si les actions sont conservées 8 ans (on pourrait même imaginer de taxer à 100% la première année pour arrêter toute spéculation…)
    * En interdisant les opérations boursières à découvert
    * Stopper le principe de privatisation des profits et de socialisation des pertes
    * En utilisant la technique d’Albert Frère qui a été appliquée pour le rachat de la banque Fortis par BNP Paribas : l’Etat devient un des actionnaires de l’entreprise – grande, petite ou start-up – lorsqu’il lui fait une aide – investissement qui sera amorti dans la durée dans la comptabilité publique et non plus dans l’année – et serait soumise aux mêmes règles du “patient capital” défini plus haut
    * En interdisant le rachat d’actions, l’inscription dans les paradis fiscaux et les dividendes tant qu’une entreprise bénéficie d’aides publiques – puisque son statut serait provisoirement celui d’une “organisation gouvernementale sans but lucratif” (“Nonprofit Governmental Organisation”) – mais en conservant les obligations de réserves et d’investissements durables lorsque l’entreprise redevient profitable.
    * Définir des règles relatives aux rémunérations des différentes parties prenantes en réduisant au maximum l’écart et la hiérarchie entre les rémunérations d’une part, et celles de l’utilité sociale d’autre part, puisqu’il est clair aujourd’hui que nous avons d’avantage besoin de personnel médical que de cambiste (qui en définitive ne fait que faire monter ou descendre des montants de monnaies scripturales sur base de paris!) et qu’il faut donc rééquilibrer l’utilité sociale et la valeur ajoutée dans le travail rémunéré pour revenir à des ratios de l’ordre de 1 à 20 maximum
    * Interdire les primes et commissions sur les ventes et les remplacer par des primes basées sur la fidélité des clients et la pérennité de l’entreprise, ce qui rééquilibreraient les rémunérations des commerciaux et des services après vente
    * Obliger les organisations à auto-financer leurs investissements à 33% au moins
    * Interdire les pratiques d’évasion fiscale comme les paiements de management fees, de brevets ou de licences dans un autre pays – et en particulier dans les paradis fiscaux – que celui où sont réalisé les ventes des produits ou services et imposer à toutes les organisations une déclaration annuelle de tous leurs résultats pays par pays pour que les États puissent jouer, de facto, le rôle de percepteur fiscal de dernier ressort comme le propose Gabriel Zucman

    Parallèlement, il faudrait chercher à mettre en place un revenu universel pour chacun à partir de 18 ans, financé en partie par une taxe sur les robots et les algorithmes de l’intelligence artificielle utilisés par les entreprises

    La gouvernance des banques privées doit faire l’objet de règles spécifiques mais il faudrait retrouver les dispositions qui avaient été définies après la crise de 1929.

    Encore une fois merci à tous pour vos éventuels commentaires

    Jean-Luc Schellens

    1. Si vous visez à améliorer nos sociétés consuméristes et capitalistes, dans un monde infini, vos propositions font sens.
      Si vous visez à éviter l’effondrement de notre civilisation démocratique et consommatrice, vous êtes à coté de la plaque. Car:
      1) Les  » Objectifs de Développements Durables (ODD) définis par les Nations Unies » ne sont qu’un ramassis de voeux pieux et contradictoires dégoulinant de bonté et de bêtise. Il s’agit d’avoir le beurre, l’argent du beurre, le sourire de la fermière et le lait.
      Lisez: https://jancovici.com/transition-energetique/choix-de-societe/a-quoi-sert-le-developpement-durable/
      2) On apprend à l’école qu’un problème mal posé ne peut se résoudre. Or notre problème est PHYSIQUE, pas politique ni économique ni social. Très simplement, notre consommation de ressources toujours croissante est impossible dans un monde FINI.
      Cette consommation, nous pouvons la nommer aussi richesse ou destruction, nous la mesurons par le PIB. La croissance du PIB que tous espèrent n’est autre que la croissance des destructions et pollutions.
      On peut écrire (math élémentaire): PIB = POPulation * PIB / POPulation.
      Le facteur PIB/POPulation n’est autre que la richesse moyenne par habitant, cad le niveau de vie, cad le pouvoir d’achat.
      Donc, éviter l’effondrement implique de diminuer , soit la population, soit le niveau de vie, soit les deux.

      1. (Uniquement) sur votre 1) : dans le lien JMJ on retrouve tout ce qui lui est rédhibitoirement reproché sous couvert de « nucléaro-philie »… hélas.
        …  » Tout ou presque de ce qui est présenté aujourd’hui comme permettant le « développement durable » pèche par l’ignorance du nombre de zéros avant la virgule : au niveau actuel de consommation , il est physiquement impossible de remplacer le pétrole par du biocarburant, les centrales électriques classiques par des éoliennes, la pêche par l’aquaculture de carnivores (que sont les bars, les turbots et les saumons, pour ne citer qu’eux), le charbon par du bois, le plastique par des fibres de lin ou des résidus de culture…  »
        …(…)…
        …  » Mais il ne faut pas se voiler la face : la traduction concrète la plus fréquente du développement durable, aujourd’hui, est selon les cas de figure, une auberge espagnole, où chacun met très exactement ce qui l’arrange, un voeu pieu, une escroquerie intellectuelle, un parfait exemple de schizophrénie, ou…un dialogue de sourds.

        Cette absence d’intérêt pratique de la définition de ce concept signifie-t-elle qu’il faille se désintéresser des limites ? Sûrement pas, car dans un monde fini les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel, et contrairement à ce que l’on a l’habitude de présenter comme alternatives, le choix n’est pas entre « se priver pour toujours » et « se goberger pour toujours » : pour toute ressource limitée – ou capacité d’épuration ou de recyclage limitée – dont nous sommes actuellement dépendants, le choix est hélas uniquement entre gérer nous mêmes une inéluctable décroissance, dont nous pouvons éventuellement choisir le rythme pour que cela soit le plus agréable possible, ou attendre que la régulation arrive « toute seule », l’histoire nous enseignant que le deuxième cas de figure est généralement fort peu plaisant.  »

        Quant au point 2) : POP est univoquement numériquement défini. Par contre PIB… M’est avis qu’il y aura d’autres interventions.

      2. Un peu comme dans l’affaire du « R0 » qui étant distribué ne situe pas du tout les seuils au même endroit,
        dès qu’on fait des moyennes sur le PIB, on fait disparaitre une énorme hétérogénéité.

        Tenter de résoudre la question en disant qu’il faut limiter la population fait fi de cette hétérogénéité.
        Certes sur les 7 milliards de gens, on pourrait choisir « le milliard le plus écolo (meilleur compromis PIB/durabilité)
        qui n’est pas le milliard le plus pauvre (qui « coupe trop de bois » pour faire court, lire la suite), mais sans sans doute
        le 2ème ou 3ème milliard en partant du bas (des plus pauvres), et dire « on généralise », et on coupe les bords de la distribution, notamment les 3 à 5 milliards trop peu durables parmi les riches.

        Mais ce serait un faux calcul car tant la richesse (« ruissellement », ahem) que la pauvreté (extractivisme, aie aie) affectent le milliard « optimal » en question, et changeraient donc beaucoup si on coupe les flux (exemple : Piketty rappelle que vis à vis des pays de l’Est de l’Europe qu’on ne trouve pas assez rapide dans la transition écolo, par exemple, les flux d’aides publiques sont très très largement SURcompensés par les bénéfices extraits par les fabricants d’automobiles et autres multinationales qui font une part de bénéfice sur de l’activité faite là-bas, mais dont la couleur n’y est pas vue du tout).

        Le simplisme de « trop de POP » est donc bien trompeur.

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