Les enfants insolents : Chantal Montellier et Paul Jorion

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Lors de notre entretien jeudi, Chantal Montellier avait été surprise lorsque j’avais suggéré que le qualificatif d’« insolente » lui avait sans doute été appliqué au fil des années. Il en est résulté le petit dialogue que voici :

PJ : Comment peut-on dire d’un enfant de six ans, comme l’a fait à ma mère mon institutrice Mme Renée Dautreppe, que je suis un très bon élève, à ceci près que je le suis « en dilettante » ?

CM : “Des possibilités inexploitées, travaille en dilettante”… Et ça, toute ma scolarité ! Ça devait donc être vrai.

PJ : Que peut bien vouloir dire ce « en dilettante » ? Il est à rapprocher à mon sens de l’accusation qui m’est faite à la même époque, d’être un enfant « insolent ». 

CM : Des heures de colle pour cette même raison. Et aussi parce que je “recopiais des chansons pendant les cours”, alors que j’écrivais des poèmes !…

+ des zéros en cascade pour mes rédactions, car toujours accusée d’avoir pompé !!! (Je lisais énormément mais ne pompais pas).

On ne prête qu’aux riches, et ma famille était tombée dans la mouise….  Et puis j’étais trop douée pour être crédible. (Mais sous-douée en maths, physique, etc.)

PJ : Qu’est ce qu’un enfant insolent ?

CM : Un enfant orgueilleux… ?

PJ : La réponse se trouve plus aisément que pour un enfant « dilettante ». D’abord, l’accusation d’insolence s’exerce toujours de haut en bas : de supérieur à subordonné, d’un adulte vers un enfant, et elle vise dans le chef de celui qui porte son regard du haut vers le bas, ce qui est interprété comme une remise en question implicite de la supériorité de celui ou de celle qui, dans le cadre existant, est défini comme supérieur. 

CM : Exact !

PJ : L’accusation d’insolence, n’est pas tant réponse à des mots prononcés me semble-t-il qu’à l’expression du visage qui accompagne ceux-ci chez l’accusé. Lequel se montre incapable d’accueillir sans un scepticisme visible les contradictions, les incohérences, du sujet supposé savoir en face de lui ou elle.

CM : Preuve d’intelligence (critique).

PJ : Supposé savoir, ceci dit, par des institutions bien en place que sont selon le cas, la hiérarchie militaire, la séniorité, etc.

CM : Il peut y avoir aussi un irrespect structurel… Pour ma part, J’avais un mépris exagéré pour les adultes quels qu’ils soient,  à quelques exceptions près… Je les prenais majoritairement pour des sortes de clowns ridicules et un peu effrayants.

Quand enfant on m’emmenait au cirque, j’avais des crises d’angoisse terribles devant les spectacles (dressages, clowneries, trapèze)… Je n’y voyais qu’humiliation et souffrance alors que les autres gamins exultaient … Il fallait m’évacuer.  Idem, pour les trucs sportifs auxquels on a essayé de m’emmener… Du coup, on ne m’emmenait plus nulle part !

Et on me regardait avec une certaine inquiétude dans la famille (oncles, tantes, cousins)… Ma passion et mon don pour le dessin et l’écriture ne faisait qu’aggraver les choses. “Chantal est vraiment bizarre”…

PJ : L’accusateur d’insolence a vu remise en cause par des faits dans le réel, la supériorité supposée naturelle qui justifie à ses yeux la condescendance, le paternalisme, le regard dirigé vers le bas comme un ce qui va sans dire. 

L’enfant perd l’habitude de poser des questions à l’adulte systématiquement désarçonné, plongé dans la perplexité par elles, recourant au bluff dans ses réponses, faute de mieux, et qui l’accuse en retour d’insolence. L’enfant insolent prend alors l’habitude d’enquêter par ses propres moyens. Il entreprend sa quête de la vérité à l’écart des adultes dont il lui est déjà clair que sur ce plan là en tout cas, ils ne sont guère fiables.

CM : Oui !

Je m’amusais souvent à poser – très sérieusement – des questions n’ayant aucun sens, mais très bien formulées à mes profs, pour voir ce qu’ils allaient répondre. J’avais une ou deux complices parmi les autres élèves… Quand on a explosé de rire un peu trop fort toutes en même temps, l’une de nos victimes a fini par comprendre… moralité: engueulade carabinée plus d’innombrables heures de colle…

 Aaaah ! Jeunesse…

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22 réflexions sur « Les enfants insolents : Chantal Montellier et Paul Jorion »

  1. L’insolence est cette pulsion qui se dresse face à une dystopie, lorsque cette dystopie indique un chemin à prendre qui n’est pas souhaité.
    Mais l’insolence ne nait pas d’une simple humeur.
    Elle est le résultat d’une suite de « contrariétés » diverses, intériorisées, dont l’accumulation nécessite à un moment donné une opposition forte, immédiate et VITALE.
    L’insolence est esthétique par essence !
    Il faut éduquer à l’insolence.

    1. Je ne partage pas l’idée que l’insolence est une pulsion , et pour le coup j’aimerais bien avoir l’avis du psy de service .

      Pour moi , l’insolence est déjà le résultat d’une  » construction » très  » travaillée » .

      1. M’en fous . Mon vrai prénom ( René ) m’octroie deux vies !

        Et il vaut mieux être un vieil insolent qu’un jeune con .

    2. Ce qui précède l’insolence , c’est la lucidité dans la lecture de l’environnement physique et social , adossée à une faculté particulière de l’individu jeune . Cette faculté peut être l’empathie , la créativité ( surtout selon moi ), la logique , la faculté d’anticiper et de se projeter . L’insolence potentielle vient quand la contrainte externe « brime » le résultat de cette lucidité  » réfléchie » ( cerveau de gauche ou de droite ou des deux ).Elle s’exprime en principe pour n’importe quel enfant ( Na! ) . Elle est recevable ( mais pas forcément reçue !) si la lecture était aussi exacte que lucide , et l’enfant se sent alors reconnu et grandit en même temps qu’il fait grandir le receveur .

      Mon idée est que si c’est vers six ans qu’on se fait traiter de dilettante ou d’insolent , c’est plutôt la faculté de créativité qui était à la manœuvre . Même suspicion si c’est vers 14 /16 ans . C’est une faculté que certains peuvent garder comme l’héritage de leurs 20 premières années pendant la suite de leur vie .

      L’insolence cultivée me parait une bien dangereuse idée pour celui à qui on l’appliquerait .

  2. Si j’étais insolent ( je vais l’être ) je dirai que le coup de mou de la vidéo du jour semble se digérer !

    Sur l’insolence seule , je trouverai que votre définition , comme ses attributs ( et en particulier l’axiome qu’elle se pose comme critère de domination du plus vieux vers le plus jeune ) , si elle est la plus courante aujourd’hui , n’est pas aussi univoque dans l’histoire du mot telle qu’on peut la lire dans la littérature . Il y a des joies , ou des succès  » insolents » qui attribuent l’insolence à la puissance dominante .

    L’insolence d’un enfant , par contre et par construction , s’exerce forcément dans le sens dominé vers dominant . Est ce pour autant qu’une insolence enfantine est sanctifiée et automatiquement recevable ? Sans doute pas . Quand elle s’exerce , il n’en reste pas moins que c’est le plus souvent le signe d’une intelligence et agilité d’esprit vives qui cherchent à s’exprimer .

    On a tous été témoins , parfois complices , parfois victimes ( surtout les grands parents !) de ces éclairs qu’il faut savoir accueillir et traduire . Je crois même que c’est une manifestation beaucoup plus largement répandue que votre dialogue le laisserait imaginer ( deuxième insolence : il me semble qu’en vous donnant de l’insolent , vous pointez en fait l’intelligence et le côté  » à part » que vous vous octroyez , un peu comme la Rochefoucauld pouvait dire que la modestie est le désir d’être loué deux fois ).

    Il y a eu aussi des auteurs pour distinguer l’insolence de » caractère  » , de l’insolence de  » physionomie » . La première se manifeste de temps en temps et de manière portant sens . La seconde se manifeste comme un état permanent , de façon  » pathologique » et négative .

    C’est un peu la même subtilité qu’il peut y avoir entre ironie moqueuse ( qui permet de construire ) , et sarcasme ( qui cherche à tuer ) . L’ironie est trace d’intelligence , le sarcasme trace de maladie .

  3. Ne confondez pas Paul Jorion avec un chat ! On digère du mou, mais un coup de mou ? Et, de sa part, si peu courant, si peu « de lui » !
    Notre hôte parait avoir laissé son cœur en Californie. Et ce retour ici sur un moment d’enfance est peut-être un dérivatif… Je lui souhaite donc de retomber sur ses pattes.
    Quant aux souffrances d’enfance… Où en serait l’humanité si elle n’avait brimé les dons de ses enfants… Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. La socialisation est un domptage.

  4. Pour « dilettante » , je serais plus dans le confus , car si j’ai connu des dilettantes super intelligents et passionnants , de vrais pros dans tout ce qu’ils touchaient par occasion ou choix , j’en ai aussi connu de vrais fumistes , amateurs à peine éclairés dans leurs vagabondages qui leur permettaient surtout de ne s’engager nulle part .

  5. Ah, ah, les heures de colle, c’est la seule chose que je parvenais pas à sécher discrètement… 🙂
    Mais purée Albert Einstein, par exemple, devait être très insolent !?

    1. C’est ce qu’on lit dans sa biographie , car , à part la fameuse photo de la langue tirée , ses appréciations scolaires le traitaient assez largement de dilettante , et il n’a réussi certains examens que de justesse .

      Mais , s’il suffisait d’être insolent et dilettante pour être Einstein , on ne saurait plus où mettre tous ces génies !

      Et s’il a beaucoup à faire connaître la vitesse de la lumière , il n’a jamais prétendu être une lumière .

  6. La jeune intelligence artificielle peut elle être insolente et si oui , avec qui ou quoi ?

    Les dessins de Chantal Montellier sont ils insolents ?

  7. Il faut discerner « insolence » et « troll ».
    Pour un prof d’aujourd’hui, il n’est pas toujours évident de trier les deux, instantanément et devant un public à l’affût, en plus.
    C’est l’excuse XXL de base : « non, mon enfant n’est pas insolent, il est hyper actif et/ou HPI (haut potentiel intellectuel) »
    Pour tout vous dire, une palanquée de génies va arriver sur le marché très bientôt, c’est moi qui vous le dit ! :)))

    J’ai toujours trouvé ces élèves catalogués « HPI » (les vrais !) très intéressants, car peu scolaire, « sortant du cadre » avec une tonne d’imagination très utile pour ma classe.
    Ce qui ne les empêchent pas d’être parfois à côté de la plaque (si si ! m’enfin c’est normal ! voire nominal ? 😉 et formateur ).
    (Je parle d’élèves de collège, en sciences)
    Il faut tout faire pour que le haut potentiel s’exprime… car beaucoup s’éteignent ou…

    Juannessy : « Pour « dilettante » , je serais plus dans le confus , car si j’ai connu des dilettantes super intelligents et passionnants , de vrais pros dans tout ce qu’ils touchaient par occasion ou choix , j’en ai aussi connu de vrais fumistes , amateurs à peine éclairés dans leurs vagabondages qui leur permettaient surtout de ne s’engager nulle part . »

    Ah oui, oui oui oui, exactement, magnifiquement dit, c’est d’une justesse que je ne peux que confirmer !
    En bref, le côté obscur de la force, ou plutôt son côté glandouille (oui, il y a un côté glandouille de la force !!), c’est par là que je voulais me diriger, c’est fait, merci Juannessy !
    HPI n’implique pas non plus HPM, Haut Potentiel Moral…

  8. @ Paul Jorion

    Medellín, le 31 mai 2020

    quote
    CM : Oui !

    Je m’amusais souvent à poser – très sérieusement – des questions n’ayant aucun sens, mais très bien formulées à mes profs, pour voir ce qu’ils allaient répondre. J’avais une ou deux complices parmi les autres élèves… Quand on a explosé de rire un peu trop fort toutes en même temps, l’une de nos victimes a fini par comprendre… moralité: engueulade carabinée plus d’innombrables heures de colle…

    Aaaah ! Jeunesse…
    unquote

    Observation précise de la part de Chantal M…. ce manque TOTAL de quelconque sens d’humour du coté des ¨cheffeuses – chefs¨…… et par manque de créativité, ou étouffé.e//aveuglé.e par leur propre auto-importance, exprimant, gritant leur PROPRE malheur dans la forme d’une reproche (comme le dit bien Paul Jorion).

    Dans la psychothérapie, une reproche [a l’AUTRE], par définition, est TOUJOURS l’expression INDIRECTE d’un sens de malheur de l’emetteuse/emetteur, c’est a dire: c’est précisément cette émetteuse, cet émetteur qui est ¨l’enfant¨ ou mieux dit, ¨in-mur.e¨…

    SVP pensez a tous ces films, livres, textes amusants, ou un.e adulte se se heurte a une patte d’une chaise… la réaction MURE serait: ¨aiii cela me fait mal m’heurter a cette chaise¨, et ensuite, la personne heurtée fera tout pour se soigner, ou pour diminuer le mal.

    La personne immature, ou amusante dans de tels films, textes, amusants etc prend un baton, frappe la chaise, en disant: ¨chaise méchante!¨ (exemples: Charlie Chaplin, mais aussi Robert Skynner et John Cleese dans leur livre: ¨Families and how to survive them..¨ [Les familles et comment les survivre……].

    (c’est une signe d’une sensibilité et d’une intelligence tres élevées du coté de Chantal M. qu’elle se sentait mal dans les cirques regardant précisément de telles scenes…).

    Rentrons a la cheffeuse qui ¨criait¨ a Paul Jorion ayant 6 ans, la reproche d’etre ¨dilettant¨ pendant son éducation primaire (sans doute TRES belge, alors autoritaire, et NON-finlandaise…), cette institutrice Renée Dautreppe.

    (Et on pourrait meme penser que cette fille Renée Dautreppe Christiaens était jalouse.. puisque.. dire a sa maman que Paul, ayant 6 ans, est ¨un bon éleve¨ pourrait etre interprété également avec la meme loupe de l’expression indirecte de malheur du coté de la fille Renée Dautreppe Christiaens.)

    Mais j’aimerais ajouter un autre aspect, exprimé dans les mots de nos deux ‘acteurs’, Chantal et Paul… et c’est la compétition… cet aspect persistant, continu, et effrayant de l’etre humain.e.
    (c’est dans nos genes? l’aspect de l’agressivité compétitive?)

    Il suffit d’allumer votre TV…: parions-nous qu’elle nous montre un jeu, une action, un aspect de compétition?

    Alors, regardons, a travers de google, la vie de cette fille Renée Dautreppe Christiaens, et nous trouvons…. que selon le Belgisch Staatsblad elle… a été élevé dans un ordre, a la date du 15 novembre 1945…

    quote
    Belgisch staatsbladbooks.google.com.co › books- Translate this page
    Dautreppe-Christiaens, Renée, institutrice, id. Elle prendra rang dans l’Ordre à la date du 15 novembre 1945.
    unquote

    C’est a dire: elle rencontrait dans la personne de Paul Jorion, ayant 6 ans en 1952, son adversaire de compétition… 7 années apres d’avoir élevé dans un certain ¨Ordre¨.. (probablement pour des raisons objectives tres honorables dans la période 40/45…) et dans son fierté//arrogance d’appartenir a un certain Ordre, elle n’avait pas d’autres mots devant un enfant de 6 ans sensible et intelligent de lui rapprocher d’etre ¨un bon éleve¨ et ¨un dilettant¨.

    Renée Christiaens (- Dautreppe):

    Quel sort de perdre ses liens avec sa jeunesse…
    Quel malheur d’avoir perdu son sens d’humour…
    Quelle tristesse ces ¨adultes¨, ces ¨grown-ups¨…

    Vive https://www.youtube.com/watch?v=67CWI2L7Lmc

  9. Doux (aigre-doux) souvenirs d’initiation au questionnement, à la recherche de la vérité et à la remise en question. Les réactions des figures de l’autorité sont si semblables face à l’enfant insolent.

  10. Insolent, un sot lent.
    Un idiot (dans le sens de Dostoïevski) qui prend le temps de déchiffrer l’existence en dehors des cadres qu’on lui impose. L’insolent, le vrai, l’est malgré lui. Car ce n’est pas son attitude qui dérange, mais ce qu’il est….

    1. Non ,  » l’idiot » de Dostoïevski n’est pas insolent , et il serait mortifié que vous le lui affirmiez .

      L’insolent , le vrai , celui qui rend service , l’est sciemment (même à l’insu de son plein gré !) .

      1. @juanesssy Et si nous brisons la cage et libérions l’oiseau qui par son langage énigmatique pourrait réenchanter le monde ?
        Pardonnez mon insolence…

      2. Par les temps que nous avons voulu , je me demande si l’oiseau n’est pas plus en sécurité dans la cage qu’à l’extérieur .

  11. L’insolence reste une forme de violence .
    Avec le potentiel de toute violence , à savoir …dégénérer ou faire la rencontre d’une violence plus grande encore.

    Elle s’attaque à l’égo de l’autre , en cherchant à lui faire comprendre qu’il n’est pas si grand que cela.Il arrive parfois que ce qui est perçu comme de l’insolence n’en soit pas , parce que l’autre n’est effectivement pas si grand que cela ( nul n’est parfait).

    L’insolence a parfois l’air de quelque chose de construit ,d ‘une provocation de l’esprit avec pour arme cet humour qui rallie à sa cause la camaraderie des rigolants.Mais elle relève bien plus souvent du réflexe que de la stratégie.Quand l’insolence s’inspire un peu trop de la boxe , elle n’est plus une réponse instinctive à un coup qui fait mal, elle recherche le KO technique, le combat prenant fin par l’absence désirée de combattant.

    Dans le cas d’un enfant , c’est bien son instinct qui motive sa potentielle insolence , lui donnant l’audace de s’attaquer à plus fort que lui ( l’adulte plus fort que l’enfant , en théorie ) .Cela signale que le mépris auquel il doit faire face est destructeur, parce que l’empêchant d’être ce qu’il est. Les enfants ne sont pas naturellement violents, pas naturellement insolents.

    On ne guérit pas facilement de l’insolence , on ne peut que soigner les blessures de l’enfance si on prend le temps de s’en souvenir.D’autant plus qu’en France , l’insolence est culturelle , bastion de la résistance à bien des puissants .On l’a retrouvé à travers le goût de la caricature ,littéraire , dessinée ou télévisuelle.Difficile de dépasser sa propre culture, d’autant plus que rigoler , ça détend tout le monde…sauf celui à qui s’adresse l’insolence .Les politiques savent qu’il vaut mieux que le peuple se défoule , le point limite de tolérance étant fonction de la brutalité du pouvoir en place.

    Pour l’adulte , quand l’insolence est devenue rituelle , violence banale dans un monde violent, où les violents ne se respectent qu’à coup de peignées …quand l’insolence n’est devenue qu’une justification de son mépris de la différence des autres (sur fond de valorisation excessive de sa propre personne ), on peut quand même se poser la question des origines de ce besoin d’insolence .L’expression d’une colère , une habitude culturelle , un combat né d’une absence de reconnaissance , une volonté de prouver sa toute puissance?
    Reconnaissance de ce que l’on est , de ce que l’on essaie d’être , reconnaissance de ce que l’on fait , de ce que l’on essaie de faire , ultime moyen de révolte ?
    Enfant roi , adulte roi , refus de l’idée même de limites?

    L’insolence a bien des visages , il faut la regarder dans les yeux ( qui ne baisseront pas ) pour en comprendre la nature.Er si on ne veut pas soi même se faire emporter dans le cycle de la violence , ne pas oublier d’enlever de son propre regard toute forme d’agressivité.Complexe ?
    Oui , Risqué ? Oui.

    Ainsi parlait Bernard qui a passé des années au service d’ados , nos maîtres en insolence , et c’est tant mieux.

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