Lettre à un ami – À propos de la vidéo « Comment expliquer le dérapage Macron ? », par Thomas Saupique

Monsieur Jorion, je commencerai par dire que je perçois moi aussi l’existence de ces corps intermédiaires comme problématique. Dans un certain monde de l’entreprise, ils sont l’un des maillons essentiels de la productivité dans le sens réducteur de la recherche de profits à court terme. Il s’agit de cette tranche d’individus dans la hiérarchie à qui sont confiés des tâches dites de Management. Leur fonction est de gérer pour un salaire un peu plus élevé, les intrants et extrants du processus de production. Toutes les chaînes d’enseignes fonctionnent de la même manière comme vous le savez : des tâches simplifiées à l’extrême pour pouvoir être confiées à des personnels type étudiants, new migrants, non diplômés, chômeurs, personnes isolées… Le manager a pour mission parmi tant d’autres de veiller à éviter toute constitution de groupement de travailleurs et individualise le mérite par des initiatives du type : désignation de l’employé du mois ou sanction des comportements non productifs. Il est l’adjudant en contact avec les troupes qui sur le terrain s’assure que la rentabilité de l’enseigne soit assurée, pour que les dividendes soient versés en temps et en heure aux cadres et aux actionnaires. Son rôle est de surveiller et punir, en service actif sous les ordres et le contrôle d’une hiérarchie distante. Le responsabilité de l’outil de travail par l’employé est nul et la qualité du service à la hauteur. Ces enseignes ont la fâcheuse tendance de s’installer partout, au dépend du commerce de proximité, de l’entrepreneur local, qui par nature devra composer avec ses employés au fil de la relation.

Selon la même maxime, il semblerait que CEO Macron patron de la compagnie France ait désigné son nouveau Chief executive officer, you name it, en la personne de Jean Castex. Lui même ayant recruté une équipe d’Executive general managers… Des personnels donc temporaires dont la mission n’est pas de réfléchir et s’impliquer corps et âme pour produire une politique mais d’appliquer une décision venue d’en haut. En ce sens, Général Macron est à la barre, décide du cap et si la direction suivi ne vous semble pas être celle dont il parlait pendant le confinement comme vous aimez à le rappeler, le Général est dans sa cabine sur le pont supérieur, certains ont déjà essayer de se faire entendre et voir, avec des gilets jaunes, mais il semble sourd à toute vindicte !

Cependant, j’attire votre attention sur un phénomène se produisant parallèlement depuis plusieurs années, nourrissant cette personnification du pouvoir : la disparition de certains corps intermédiaires comme celui des diplomates, pointée par certains universitaires (Maurice Vaïsse). Ainsi les chefs d’Etats aiment de plus en plus à voyager et à se rencontrer intimement lors d’évènements internationaux, seuls ou à plusieurs, pour constituer des alliances. Le budget des affaires étrangères à largement diminué et ces hauts fonctionnaires qui s’impliquaient dans la construction des relations internationales sur le long terme sont désormais marginalisés dans les négociations, chaque président constituant son réseau à partir de personnes qui lui seront alors dévoués. La verticalisation du pouvoir s’intensifie, les intérêts personnels grandissent, l’idée de nation se dilue dans des politiques à court terme, sur un schéma similaire à celui du monde compétitif de l’entreprise à capitaux privés. The Board of Directors ou les actionnaires majoritaires sont les hommes de l’ombre qui nouent et dénouent les élections usant des ficelles que l’on connait : soutien financier, médiatique, intellectuel et stratégique à un volontaire préalablement adoubé.

Je vois dans l’exemple du gouvernement Macron 2 l’expression d’un autoritarisme hiérarchique qui infantilise et cristallise des mécontentements encore d’avantage. Pour rejoindre votre référence révolutionnaire, l’idée de suppression de ces classes managériales qui aspirent toujours à des positions plus élevées dans la hiérarchie du pouvoir, semble bien être une utopie que dans un élan de reforme la Terreur a signifié. C’est peut-être en cherchant d’avantage l’implication / adhésion de ces corps intermédiaires dans le processus de décision que l’équilibre se trouvera. Ainsi, les questions de rivalité souvent bien masculines devront faire place à d’avantage de collaboration entre appétants politiques pour permettre à un intérêt collectif et à un cap d’émerger collégialement. Pour différentes raisons, les femmes seront donc plus profilées pour devenir les leaders désignés de demain, laissant place à une sensibilité différente de l’autorité de s’exprimer je pense.

Votre video évoque aussi votre soudaine curiosité pour la fonction d’orateur public. Je la trouve candide et en même tant, comme tout bon joueur de carte, candeur égale atout. Car vous entretenez une fraicheur d’esprit que l’on ressent dans votre approche sincère des tourments de l’actualité, démontrant ainsi vos qualités d’intellectuel humaniste. Je saisis donc la balle au bond puisque vous la lancez avec cet esprit joueur et je dirais que l’exemple choisi de François Ruffin parle de lui même. C’est la construction d’une structure associative très engagée localement autour de son journal Fakir qui a fait naître plus tard son documentaire « Merci Patron ». La réalisation de ce dernier impliquant encore une fois nombre de bénévoles engagés. Ensuite, ces mêmes gens furent naturellement la Nuit Debout puis enfin, de la partie de campagne pour l’élection de Monsieur Ruffin comme représentant de sa circonscription. Parti de rien ? Non. Parti de loin ? Oui.

Dans des partis existants, la leçon est la même ; j’étais moi-même journaliste à Lyon au moment où la jeune Najat Vallaud-Belcacem ambitionnait de devenir une leader politique. Elle était donc très active au sein du PS local, son profil de jeune femme intelligente, motivée et représentante d’une forme de diversité a bien entendu séduit en interne, elle a donc été encouragée et pas à pas a fait la carrière très classique et rapide qu’on lui connait jusqu’au ministère de l’éducation nationale. Il y existe donc une fonction rituelle consistant à introniser les jeunes prétendants aux fonctions publiques au sein de leur « famille politique ». Par rituel j’entends la participation active du prétendant au sein de son groupe pour emporter une forme d’adhésion liée à son charisme, ses idées, sa détermination. Même si les parachutages d’en haut existent bien entendu concomitamment.

Si j’en revient à votre brève vidéo, je trouve votre récit « candide » donc, dans la mesure ou vous décrivez votre impulsion politique comme celle que je qualifierais de « l’homme providentiel ». Une tendance décrite dans le champs de la psychologie par la troïka des archétypes du « sauveur, de la victime et du bourreau ». L’objectif encouragé par le thérapeute étant de sortir de ce jeu de dépendance et de croyance pour revenir à des principe de réalité. Si je me permets de revenir à votre histoire du café de la gare du Nord donc, il y a l’élan du « sauveur ». De celui qui voudrait aider de son expertise et sa bonne volonté pour répondre à des problématiques à sa portée. Ensuite, plus loin dans le récit, il y a l’élan de la « victime ». Celui qui pense que personne ne l’a rappelé alors que pourtant sa volonté était bien sympathique, n’est-ce pas ?

Le thérapeute aime a rappeler qu’il y a comme souvent derrière cette énergie toute enfantine de ce mouvement de l’âme, cette incompréhension du jeune enfant qui ne comprend pas pourquoi le monde des adultes est si burlesque, violent et indifférent à la fois. Mouvement inconscient bien entendu. Bien sûr, vous êtes un homme sage et malicieux Monsieur Jorion… je doute en ce sens que vous souhaitiez réellement vous engager sur ce chemin de l’élu, préférant nourrir le jeu gourmand du débat d’idées ! En tout cas c’est mon ressenti depuis quelques mois que je vous suis. Car si vous regardez plus attentivement comme moi les cernes sous les yeux de François Ruffin depuis ses débuts dans sa cuisine où j’ai eu le plaisir de faire votre connaissance ! Vous observeriez combien François Ruffin est totalement « exhausted » par la charge émotionnelle que représente la confrontation de son idéalisme exemplaire à la réalité cynique de l’arène de notre 5e République qui semble parfois, à bout de souffle… Réalité donc.

Permettez moi ici de développer, je vous devine gourmand et comme j’aime à vous écouter, vous devriez aimer ma faconde…

Toute tentative de proposition est repoussée systématiquement par le parti verticalement contrôlé en la modeste personne d’Emmanuel Macron explique Ruffin. Selon moi, le modèle patriarcal de notre sytème présidentiel est totalement « has been » en 2020, dans une société ou la cellule de base de toute société humaine, à savoir le groupe d’individus composant la « famille », est en profonde mutation. En effet, les intrications d’âges – Macron en offrant un exemple saisissant – mais aussi de genres, de nombres, d’origines, de durées : l’écart entre la génération Gaullienne / coloniale / seconde guerre mondiale /  chrétienne de mon grand-père et la mienne, millennial, est tout simplement fantastique. Avant même d’être économique, contrairement au diagnostic de Mister Macron, je dirais que la crise – ou le défi – du XXIème siècle, est avant tout « spirituel » pour reprendre ce que l’on attribue à Malraux. Je m’explique. Les églises dans un mouvement post 68 se sont vidées, hormis pour la sainte trinité Noël – mariage – enterrement, voir pour les plus aguerris seulement, la messe de Pâques ou de la Toussaint. Dans les pages fait-divers sont apparues des histoires glauques de prêtres ou d’évêques et naturellement les vocations se sont asséchées, par absence de réforme d’un ordre bien « poussiéreux »… Pendant ce même mouvement, les écrans publicitaires se sont mis à scintiller, la littérature de gare, la presse magazine, les films de divertissement florissant sur des écrans, partout présents. Ainsi dans les medias de la sphère analogique ou digitale, cette imagerie du « vivre pour soi » a envahi un imaginaire (Ruffin) jusque là très influencé par divers principes religieux du vivre « ensemble ». Une tendance dans les pays les plus avancés technologiquement, bien entendu. La population mondiale ayant elle aussi doublée, l’empreintes des religions traditionnelles reste je crois prédominant dans les pays ou les différents medias sus cités n’ont pas encore envahi la sphère privée totalement.

Si donc la figure de patriarche de mon grand-père ou du Général fut « successful » en son temps – à l’image du sermon d’un curé de campagne encourageant fraternité et piété, souvenir des années de disette et de résistance – elle est bien entendu désormais dépassée. Dans un contexte d’abondance voir d’excès, Emmanuel Macron interprète encore des discours aux accents paternalistes qui se veulent rassurant, sur le mode « je vous ai compris » ! Mais ne pose malheureusement aucun diagnostique visionnaire des symptômes pourtant fiévreux d’âmes citoyennes à la peine. Un style qui sonne d’ailleurs creux par rapport à la promesse même du produit : celle de faire grimper le chiffre d’affaire de la boutique France. Sur ce plan Macron que l’on disait tycoon et prodige n’a pas la carrure d’Elon Musk… Enfant têtu et capricieux ?

Vous me rétorquerez peut-être : mais si la quête de « valeurs » d’une génération ne trouve plus réponse dans le discours de l’église ou sa nouvelle alternative médiatique, que reste-il de celles gravées sur les frontons de nos écoles ? Liberté, Egalité, Fraternité peut-on lire partout, n’est-ce pas ? Certes, les repères conceptualisés par les penseurs du Siècles des Lumières dont nos ancêtres révolutionnaires sont les héritiers, sont toujours enseignés au lycée. Néanmoins, comme le rappel Naomi Klein, l’injonction paradoxale actuelle rend la jeune génération confuse : il faut ainsi consommer pour créer de l’emploi, tout en niant les écarts de richesse stigmates d’iniquité et que le vaisseau spatial sur lequel nous convoyons joyeusement autour du soleil prend l’eau… Ainsi, notre jeune fougueux président aime à citer Paul Ricoeur, mais l’expérience de son exercice autoritaire du pouvoir me permet de douter de sa maturité philosophique : il échoue selon moi en tant que leader de la Nation à poser cette équation existentielle, chose qui pourtant ravirait le monde que de voir la France assumer cette propension à un humanisme intellectuel dont vous incarnez parfaitement le pedigree ! Emmanuel Macron lui qui est né la même année que moi, incarne parfaitement le problème de déni de réalité que j’évoquais précédemment. Il est enfermé dans une impasse dite de l’Ego. A savoir qu’il porte une attention concentrée sur sa carrière, son plaisir, son pouvoir, en dangereuse disproportion avec la fonction qu’il devrait assumer. Une immaturité certes encouragée par le star system qui aime les projecteurs, voir même la religion lorsqu’elle dogmatise ses pratiques spirituelles, ou la science « hiérarchisant » le vivant au lieu d’y décerner les fructueuses « collaborations » (Pablo Servigne). Emmanuel Macron confond comme bien d’autres avant lui, la réalisation de ses rêves tenaces d’enfant à savoir devenir président de la République et épouser sa professeur d’expression théâtrale comme une fin. Alors qu’il ne s’agit que du début d’un chemin ardu, impliquant de lui des actes tangibles de défense des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Dans un monde contemporain complexe, il va de soi que les décisions prises par les corps législatif, judiciaire et exécutif nécessiteront l’intense usage du débat parlementaire et des médias pour grandir. Dernier exemple en date de l’échec du jeune président à avoir intégré ce mode relation d’adulte à adulte : sa manière de traiter médiatiquement la crise du Covid19. Lorsque même Donald Trump pourtant exemplaire dans son égocentrisme infantile assurait des conférences très houleuses plusieurs fois par semaine à la Maison-Blanche, le 1er ministre canadien répondait aux questions de la presse tous les jours devant sa demeure tandis que son homologue féminin néo-zélandais de s’adresser éventuellement à ses concitoyens via son téléphone portale, confinée sur le canapé de son living-room ! Emmanuel Macron lui opta pour la prise de parole télévisuelle paternaliste et infantilisante, sans confrontation de point de vue. Ou plus récemment par le truchement d’un choix ultra controlé de journalistes. Immaturité donc, à concevoir que la fonction politique est une fonction de leader qui appelle à se transcender. « Meaning » à pouvoir dépasser ses désirs égocentrés pour faire Nation, garantir un sens de l’équité, une liberté d’opinions, un cadre confraternel. Sa vision de la France semble se limiter à un horizon dont son ambition dessine les contours et ses choix à assouvir son addiction pour le cocktail émotionnel à la mode : succès / notoriété / pouvoir. Dans le même sens, comme le rappelle l’infatigable Noam Chomsky, le problème n’est pas tant constitutionnel mais d’avantage systémique. Une société marchandisée (commoditization) qui propulse des personnalités impropres à des postes complexes, portées souvent par une jouissance de pouvoirs en lieu est place d’un dévouement plus modeste.

Alors oui, Monsieur Jorion, au-delà de votre présence inspirante dans les médias vous pourriez bien sûr vous engager en politique. Mais je crains que pour incarner l’homme providentiel d’aucun ne peut se priver du parcours initiatique que tout leader doit entreprendre ; Ruffin est passé de l’enquête journalistique à l’enquête parlementaire, pourquoi pas Jorion passant de l’analyse sociologique conceptuelle à l’action sociologique de terrain : j’aime à penser comme Pierre Bourdieu que « la sociologie est un sport de combat » n’est-ce pas ? Vous pourriez pour cela vous associer à un mouvement existant, tel celui de Ruffin ou emporter les bataillons de lecteurs qui aiment à vous lire. Mais Ruffin a ceci de particulier qu’il a bâti son journal dès le départ comme une association, une forme d’oeuvre collective dont il serait le facteur Cheval, infatigable à la tâche. Et finalement heureusement car c’est d’une intelligence collective basée sur une confiance à toute épreuve que j’envisionne pour ma part un avenir pour nos démocraties, fatiguées des coups de boutoirs de la promotion consumériste, présentant le « succès » comme unique « achievement » de l’âme humaine. Aux enjeux si variés de notre époque ne peut répondre qu’un large groupe d’individus interconnectés par une forme de conscience, dont la voix serait commune et non « portée » par un leader. Finie la figure du père qui détiendrait la solution et les citoyens, dociles qui s’exécuteraient. L’avenir est à l’autonomie, l’indépendance d’esprit, le travail en réseau, à l’intelligence collective. En ceci je ne crois pas au guide supérieur, à l’élu, je crois à François Ruffin seulement s’il continue d’être le trait d’union des petites gens qu’il côtoie assidûment. Je crois au rôle singulier de celles et ceux qui sont à ses côtés, dans une forme d’action en totale opposition avec celle de l’attaché parlementaire quelconque ou le fonctionnaire de parti politique de base qui vient chercher salaire, position et carrière et non apporter conviction, adhésion, dévouement à son mandataire. Mais plus encore, je crois à l’horizontalité du pouvoir collégial, démocratique, collaboratif à opposer à un rapport vertical à l’autorité, de trop patriarcal, hiérarchique, clivant. Selon moi l’avenir sera horizontal et davantage féminin, la masculinité s’attendrit, viendra l’union, un jour, peut-être. Ainsi soit-il…!

Il est passé le temps où le Général de Gaulle recevait l’un après l’autre dans son bureau les prestigieux ingénieurs français, pour décider de la planification industrielle des 20 prochaines années, discourir de l’indépendance de la France vis-à-vis de l’OTAN, transiger sur la loi sur l’avortement, ou encore refuser à sa femme de changer les rideaux de l’Elysée, pourtant usés… Je vous le dis comme je le dirais à Emmanuel Macron interprétant maladroitement le rôle du vieux patriarche, au prix de sonner « désuet » pour ne pas dire « ringard »: c’est en assumant la fonction d’un chef d’orchestre dirigeant un concert parlementaire d’idées que je vois le rôle du président briller ! Il pourrait user de son autorité pour rendre à nos sénateurs et députés l’honneur d’incarner réellement leurs mandants ! Des musiciens qualifiés pour faire fleurir les graines de l’innovation dont il se veut le garant. Je ne lui conseillerais certainement pas de s’enfermer dans son bureau à double tour. Qui trouverait tout seul une quelconque réponse à des enjeux qui nous dépassent, modeste petites fourmis que nous sommes sur ce cailloux qui tourne à l’infini ? Je conclurais en citant ce vieux sage de Chomsky : « ce n’est pas si compliqué, si on prend le temps d’y penser… » Une assemblée c’est fait pour débattre et pour voter des compromis, n’est-ce pas ? Certainement pas pour enregistrer les décisions d’un d’enfant capricieux. Mais comme Guignol, Macron aime user du bâton. Pan pan sur le derrière et l’humanité va encore continuer de saigner, quelques siècles ou années !

Bien cordialement à vous, cher Paul Jorion.

Au plaisir de vous lire !

Thomas Saupique

Vancouver, Canada

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29 réflexions sur « Lettre à un ami – À propos de la vidéo « Comment expliquer le dérapage Macron ? », par Thomas Saupique »

  1. « De l’analyse sociologique conceptuelle à l’action sociologique de terrain  »
    IAPJ, un outil de pouvoir horizontal?

    Ne serait-il pas devenu nécessaire de « nourrir » un réseau neuronal artificiel, de toute dernière génération, de tout le contenu du blog PJ?

  2. Je n’ai pas compris la plus value apportée à la vidéo initiale ( et aux commentaires qui y ont fait suite ) par votre long et assez convenu développement .

    Mais je suis content de savoir qu’on s’intéresse à la France à Vancouver , qui ne m’était connu que par une jeune canadienne qui avait débarqué à Annecy et qui m’avait abordé pour savoir comment aller à Genève quant on n’a pas de voiture . Je l’avais conduit jusqu’à la gare routière pour lui conseiller le bus ( 10 euros à l’époque ) . C’était une fille de paysan de Vancouver , à ce qu’elle m’avait raconté . Ça m’a paru curieux , mais tout s’est éclairé quand elle m’a expliqué que l’exploitation de ses parents abritait 5000 vaches pisseuses de lait .

    PS 1 :le seul parcours initiatique et formateur que je respecte , c’est celui de maire ayant fait deux mandats ( le deuxième étant la trace qu’il n’a pas fait trop de conneries dans le premier ) .

    PS 2 : le séquençage ou le découplage entre « idée » et « réalisation  » est spécieux si on ne décrit pas mieux les conditions d’environnement , les acteurs , les fonctions et pouvoirs des acteurs , les conditions de l’élaboration de l’idée , les conditions d’empois des outils de réalisation , la prise en compte du temps … Bref , tout ce qu’on apprend en territoriale : le couplage des fins et des moyens .

  3. @T.S. de Vancouver…

    Un bon moment passé à vous lire.
    Tant de choses… En tête , à la grecque : »Que nous vive François RUFFIN »!
    Tant de choses… Par exemple , pour ne pas faire trop long :  » Selon moi l’avenir sera horizontal et davantage féminin, la masculinité s’attendrit, viendra l’union, un jour, peut-être. Ainsi soit-il…!  » …
    Sauf que , voyez-vous , à Paris , capitale du pays des « Lumières » , l’intérêt général , une fois élu(e) , on s’en fout :
    https://www.leparisien.fr/video/video-conseil-de-paris-le-prefet-lallement-rend-hommage-a-girard-hidalgo-applaudit-les-verts-implosent-24-07-2020-8358432.php

  4. Contrairement à Juannessy, j’ai trouvé au contraire des choses excellemment dites dans ce billet de synthèse à propos de choses qui ont été tentées par notre hôte et que j’ai même soutenues, , et dont par retour d’expérience je pense qu’il ne faudrait pas les refaire d’une façon ou d’une autre, comme la candidature via Place publique. Thomas Saupique en fin observateur donne les raisons de l’échec.

    Sur Macron, homme de tous les poncifs de l’époque comme amalgame improbable de ce qu’il y avait de moins bon dans le gaullisme — le paternalisme, totalement inadapté à notre époque, et de l’entrepreneur politique via l’exploitation du star système (Sarkozy : « Macron c’est moi en mieux ») , sur la caducité de l’homme providentiel, du sauveur, en politique. Sur la nécessité en politique de s’appuyer sur une réseau de proximité, à l’écart du parcours électif dans un premier temps.
    Je précise que je suis d’autant plus en accord avec cette analyse, que j’ai été et suis toujours un admirateur du général de Gaulle. Mais il faut admettre que cette figure historique ne peut plus servir de modèle aujourd’hui , que notre époque appelle bien plutôt l’esprit de collégialité. Les solutions dans un monde fragmenté ne peuvent plus s’imposer d’en haut, et d’ailleurs plus personne ne peut prétendre avoir La solution à tous nos maux.

    L’homme de la situation aujourd’hui c’est donc celui qui sait agréger des compétences, des talents divers pour servir un but commun. Ce but c’est la situation dans laquelle nous sommes tous humains sur cette Terre qui nous l’impose : assurer notre survie , et la vie bonne.
    L’homme politique d’aujourd’hui, pourra, devra être ambitieux, mais plus pour lui-même. Ruffin à ce titre est un bon exemple. Il devra renoncer à l’idée qu’il est possible de faire des « coups politiques ». On ne peut pas faire abstraction du système électif, puisqu’il existe et exerce toujours sa force d’attraction qu’on le veuille ou non, mais il est illusoire de penser qu’il faut se caler sur son agenda pour avancer. BIen au contraire, c’est en sortant des clous, qu’il devient possible de s’attaquer au système. Une victoire dans le champs de la politique institutionnelle ne viendrait plus alors que de surcroît, comme force d’appoint, le cas échéant, et non plus comme cela se pense encore le plus souvent, comme le schéma directeur de la politique.
    Macron a fait un coup politique avec sa formation En marche, mais nous voyons bien combien le coup était foireux au vu de ses piteux résultats. Il s’agissait d’un simple opportunisme servant la seule ambition personnelle dans le cadre strict du jeu des institutions de la 5ème République.
    Désormais il faudrait que le succès en politique comme de surcroît à une action menée en profondeur, et non pas comme le résultat d’un stratagème. La Terre ne joue pas avec nous, ne jouons pas avec elle. Il faudra encore des De Gaulle, mais seulement dans la mesure où un homme, une femme, est capable de sortir du rang et de dire non à l’inacceptable.

    1. Des points communs dans nos analyses, Pierre-Yves.
      Mais, je ne crois pas que le succès de Macron soit du au « seul opportunisme ».
      C’est aussi la sphère éco-énarco-financière (pas éco-anarcho-financière, hein !) qui « fait émerger » des gens pour que leur statuts à eux soit maintenus.
      Je reprend là les thèmes de l’analyse du prix suivant Aristote : le maintien du statut de « ces gens là » passe par la « nucléation » (au sens des regroupements de molécule d’eau sur la première opportunité/microparticule qui se présente dans la formation de la pluie) d’un candidat portant leur intérêt.

      Leur force, suivant les mécanismes cités par T. Saupique, est plus grande que nos manifs… (pour l’instant).

      Et nos manifs n’indiquent pas comment prendre en main l’économie (sauf à tous brandir dans ladite manif les brûlots d’un certain Jorion, Paul traitant de l’économie de façon non orthodoxe mais très « instituable »).

      1. TImiota,
        Oui, d’accord avec toi. Macron n’est pas là où il se trouve par hasard et il ne s’est pas fait tout seul.
        Disons que l’opportunisme d’un Macron a rencontré les intérêts opportunistes de la sphère financière ou l’inverse, ce qui revient au même.
        Sinon dans le hors institutionnel je ne mettrais pas que les manifs. Les réseaux sociaux, les blogs c’est déjà du hors institutionnel.
        AU reste les manifs elles-mêmes ont évolué. Un petit groupe de manifestantes sur la place de l’hôtel de ville a suffi pour provoquer la démission de Christophe Girard. Le mouvement me-too a plus fait pour la cause féministe ces dernières années que toutes les propositions émanant des partis.
        Les actions rapides de Greenpeace sur les océans ont plus fait autrefois pour sensibiliser au sort des baleines que des dizaines de papier et de rencontres diplomatiques.
        En bout de course évidemment la contestation doit déboucher sur le changement institutionnel. Les voix et les voies qui y mènent sont multiples.

  5. plaisir de lecture, pas seulement pour la forme…
    Une réflexion à la fois critique et bienveillante, alimentée par une argumentation non-autoritaire, comme c’est agréable pour les neurones !

  6. @ Thomas Saupique :

    « … Des musiciens qualifiés pour faire fleurir les graines de l’innovation dont il se veut le garant. Je ne lui conseillerais certainement pas de s’enfermer dans son bureau à double tour. Qui trouverait tout seul une quelconque réponse à des enjeux qui nous dépassent, … »

    Il y a là un « nexus » (puisqu’on peut parler ici une lingua franca anglo-franco-latine), qu’on ne dit peut-être pas assez :
    – La représentativité « fait diode », elle est unidirectionnelle. Le retour de l »élu vers ceux qu’il représente se fait en flattant l’électeur, aka le clientélisme. Nécessaire à la suite de la carrière politique si on n’a pas eu assez de « bons points » visible dans les médias ou construit dans un cercle associatif comme Ruffin.
    – Du coup, oui, il faut un « cercle » ou un « cycle » pour ces représentants. Certains de mes billets sur le blog prennent souvent l’exemple vertueux (j’ose encore le dire post-covid,) de l’aéronautique civile, dont la baisse d’accidentologie mondiale, incomparable à quoi que ce soit comme réussite technique (et avec une efficacité pas mauvaise, on peut en parler), est liée à mon avis à sa sanctuarisation du « retex » (feedback) le retour d’expérience, pour mille raisons dont celle de la peur de tomber. Ce qui en fait un « milieu associé » remarquable au sens de Bernard Stiegler (tout récepteur peut devenir émetteur/locuteur). On a le contre-exemple récent dans l’affaire du 737 MAX (un de mes billets), du fait de la décision « crony » (copine) de la FAA d’accepter une auto-certification gérée par les managers de Boeing et non par des ingénieurs qu’on protège pendant X années (durant et après la certification) pour qu’ils n’aient qu’une allégeance saine à leur employeur (l’allégeance à la FAA devant primer en cas de besoin) . Je place aussi l’industrie des semi-conducteurs dans le même panier, c’est une autre réussite silencieuse de trains qui arrivent à l’heure (je ne parle pas des softs, je parle du pentium qui ronronne à 3 GHz sous mon clavier, des tags RFID et des transistors MOS ou GaN à la fiabilité incroyable, indépendamment de leur usage). Là, le « retex » est un peu différent, le fait qu’il reste une ITRS (Int’l Technol. Roadmap for Semicond.) est venu parce que les états voulaient que tous les chips existent avec deux sources (« second sourcing »), du temps que l’électronique était chose fort militaire. Du coup, il a fallu faire des briques génériques et en décrire les « specs » en détail (la famille TTL 74xx, CMOS 40xx, les CI linéaires TL71 etc., puis les CI numériques complexes comme les FPGA ou les ASIC, dont l’opération est « designée » indépendamment des fabs).

    Donc pour moi, « il suffirait » (mon « yorèka », le premier du jour) que le corps représentatif d’un Etat fonctionne sur un mode où le savoir s’échange de façon aussi circulaire que dans ces deux grands secteurs, et l’on désamorcerait bien des tensions, voire on ferait revivre la démocratie. Entendez moi bien, ce n’est nullement le modèle entrepreneurial qui m’intéresse (même si c’est un des moins pourris), c’est l’aspect cognitif, qui du coup dit aux gens à quel point ils s’auto-estiment (cf. vos piques « psy » dans votre texte), et c’est une fois cette auto-estime acquise dans le rôle de représentant au seins d’un « collectif », qui stabiliserait (dynamiquement) un mode de fonctionnement meilleur qu’aujourd’hui, par chez le Général Emmanuel M.

    1. Là, je plussois… Quoi que…

      Un « yoréka » timiotanesque à la fois empirique et logique pour le coup !

      De quoi déstabiliser les « jolis cerveaux gélatineux » de toutes celles et ceux qui encore en 2020, y compris ici, sont farouchement attachés aux vieux principes et protocoles hiérarchiques d’un autre âge !

      Ce qui au passage ne change donc strictement rien, quel que soit le genre de la personne retenue ; une Najat Vallaud-Belcacem (pour reprendre ici l’exemple de Thomas Saupique) placée à la tête de l’Etat France sans en changer son organisation, ne ferait finalement guère mieux qu’un Emmanuel Macron…

      Faire du vaisseau spatial Terre une extension de Space X donc ; enfin bon, mauvais exemple…

      Je voudrais tout de même rappeler à Thomas Saupique qu’Elon Musk a perdu de sa superbe en soutenant le marché pharmaceutique de l’hydroxychloroquine dans le sillage de Donald Trump et de Didier Raoult ; ou bien c’était l’inverse ; peu importe, puisqu’il l’a soutenu lui aussi…

      Bon, il n’y a pas photo, il va falloir couper/museler des têtes avant de constituer la première Table Ronde France au sens timiotanesque (retex) du terme, surtout si l’on veut éviter à tout prix de tomber sous le coup de la loi 737 MAX…

      Et vu l’ampleur du chantier, il ne faudrait pas trop traîner, surtout si l’on veut éviter l’anarchie, car c’est au chantier de la Table Ronde ONU qu’il faudra s’attaquer dans la foulée, sans quoi la cabine France coulera en même temps que le paquebot ONU, et ceci au seul profit de la biosphère terrestre qui pourra enfin reprendre son souffle !

      Tic Tac Tic Tac…
      On est très mal barré… Ça va prendre un temps fou tout ça timiota, car même 100 jalons n’y suffiront pas… Alors le « noocène »…

      ps : en parlant de paquebot polluant, ce serait sympas si Thomas Saupique pouvait nous exposer à travers un billet tout aussi passionnant que celui-ci, le contexte de la crise en cours dans l’industrie des sables bitumeux, de Vancouver à Seattle… je dis ça, je dis rien…

  7. Monde dépolitisé, démonétisé, désacralisé – vivre nous est présenté comme l’exploitation de nos ressources individuelles au sein d’un monde légo
    La massification du genre humain décuple l’exigence de singularité, la croyance ne peut plus soutenir la concurrence de la scientificité, le contrôle plus que la liberté devient le moteur de l’ataraxie.
    Finies sont les grandes idéologies politiques – ce sera désormais le règne de l’ordre, de L’hygiénisme sous la surveillance technologique.
    La défiance généralisée des uns envers les autres précipitera cette échéance et comme toujours un tri se fera sans indulgence.

    1. Ouf , s’il y a un tri , on est rassuré et on peut retourner à l’ataraxie non polluée .

      Dieu et Bouddha reconnaitront les leurs .

  8. Merci pour tous ces commentaires. Ce texte et l’interrogation de Paul ressemblent pour moi à une « Etrange défaite » (Marc Bloch) actualisée ?
    Je comprends l’expérience du passage par une mairie comme une épreuve initiatique qui oblige rapidement à mettre le genou à terre. Pour avoir la possibilité de dépenser de l’argent public – car un maire ne peut pas compter seulement sur l’argent de ceux qui ont voté pour lui quel que soit la richesse de ses centres commerciaux et casinos – il faut « verrouiller » différentes strates politiques. Pour l’achat de matériel scolaire plus d’un maire fait l’aumône aux parents et plus loin si possible.
    Il faut donc savoir tendre la main à une ligne Maginot d’administratifs conseillers qui seuls connaissent les codes du système dont le souvenir démocratique et républicain est flou vague et lointain.
    Si le concept de Citoyenneté avait un sens pratique, ces gens-là devraient faire la pédagogie républicaine quotidienne au niveau communal – et préparer leur succession de manière ouverte. Et les Cours des Comptes régionales devraient en faire autant. C’est hors de question car eux-mêmes sont aux ordres de supérieurs qui attendent des ordres encore supérieurs.
    Bref le passage par le niveau Maire est forcément un formatage nécessaire pour qui veut rester dans l’écosystème. Mais en s’appliquant à respecter des règles du jeu carriériste, il s’interdit de faire preuve d’innovation politique : ce n’est pas prévu par la technique administrative.
    Une expression que j’avais repérée l’an passé à propos de l’analyse des dysfonctionnements en Celle St-Denis: « L’Etat ne sait pas faire ». Je l’entendu depuis et elle s’applique parfaitement aux domaines que je connais particulièrement bien, marées vertes et mortalités conchylicoles. « L’Etat ne sait pas faire » parce qu’il en est largement responsable.
    Un témoignage de plus sur ce thème où nous sommes aussi en décrochage :
    https://www.youtube.com/watch?v=2iErDLlIlG4&feature=share&fbclid=IwAR23Il4Qvmu2Vjjyo8-VHos6LXp6Czp9PKxVgiWfwII5jtpeDw0x5EeZWWs

    1. Sur que c’est moins compliqué de gérer des mollusques marins que les habitants d’une ville , mais ça n’est pas tout à fait les mêmes fins ni les mêmes compétences requises .

      Qui s’apprennent cependant toutes en écoutant et tenant compte des moules aussi bien que des habitants ( qui sont largement plus chiants et imprévisibles , je le reconnais ) .

      Pour ce qui est de mettre un genou à terre , de mes propres collaborations avec les maires , je les ai , quand ça arrive , plus souvent vu s’avouer vaincu devant leurs administrés que devant leur administration ( ce qui est d’ailleurs preuve que la démocratie s’exprime ) .

      Par contre , et beaucoup plus gravement , depuis une quinzaine d’années , c’est devant l’étranglement financier et la complexité en tous domaines , qu’ils mettent le genou à terre : plus de marges de manœuvre , difficulté à définir les priorités dans l’urgence et le multiple général .

      L’autre danger qui guette le niveau communal ( via la complexité , la numérisation , les fusions mal préparées , la réunionnite ….) , c’est l’éloignement physique ( qui n’est pas la distanciation physique ) entre le pékin et les associations de base avec un nveau de représentant de la mairie suffisamment disponible et ayant des marges de manœuvres autonomes .

      1. Je crois que nous sommes d’accord sur les grandes lignes.
        J’ai moi aussi chercher à « travailler » avec des maires ou des « responsables » de différentes structures. Mais la seule grille de lecture qui soit tolérée est bien celle de l’administration qui a tout son temps ! Hors de la structure, point de salut, rien que des gauchistes ou pire… des écolos dirait Trump !
        En fait ce sont bien les partis politiques des années passées et dépassées qui ont installés leurs critères de sélection, « corrompus » . Les administrations se sont adaptées avec leurs moyens et leurs techniques. Personne n’a vraiment fait preuve de Citoyenneté, ni de Démocratie qui supposeraient et imposeraient une formation et une information « adultes » et forcément une perte de pouvoir à tous les étages. Je trouve odieux le concept de Tribunal administratif incapable de dire rapidement le Droit »! Qu’on discute l’efficacité de la chloroquine à la rigueur – et encore ça ne durera pas un an – mais les emprunts toxiques Non !
        C’est sans doute trop demander à ceux qui ont d’autres agendas arrivistes et personnels.
        Je reconnais que Maire est un boulot de tous les instants d’autant plus prenant qu’on n’a pas enseigné aux « français citoyens » à se prendre en charge eux- mêmes. Ils n’ont pas à être responsables de défauts dont ils ont hérité – entre autres.
        Ce matin même j’entendais le collaborateur d’un maire écolo dire toute la difficulté à définir des pistes cyclables qui ne gênent pas nos bagnoles! Je rajoute qu’il faut aujourd’hui se méfier des cyclistes électriques qui vont trop vite pour mon âge et celui de mes petits enfants…. Et je n’ai pas de solutions toutes faites !

  9. Je résume de mon mieux.
    Au début, le blog de Paul Jorion est surtout consacré à l’économie et à la finance. Il offre à de nombreux lecteurs des mots à déposer sur leur incompréhension et sur leur colère.
    Puis, le blog s’éveille à l’écologie qui désormais occupe une place déterminante. Écologie politique ? Écologie radicale ?
    Ensuite, Paul qui se reconnaît comme un socialiste hésite. Nuit debout, Benoît Hamon, Place publique, candidatures à des élections…
    Jamais, il me semble, il n’a été question ni dans sa bouche ni sous sa plume de la France Insoumise sauf dans les commentaires. Mais peut-être n’ai-je pas tout lu. Mal lu ? Pas compris ?
    La FI côté Mélenchon peut exaspérer. Son nationalisme pour certains, sa contemplation béate d’une industrie forcément prodigue pour les autres. Et puis sa personnalité. Mais l’argument résiste-t-il à l’observation si l’on se rappelle De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ? Je les cite tous car pas un ne présentait un tempérament à l’abri des critiques.
    Depuis peu Ruffin a émergé à FI. Son cheminement semble ressembler à celui de Paul Jorion. Trajectoires comparables vers la primauté de l’écologie. Ruffin invite PJ dans sa cuisine ; PJTV rend l’invitation. Les deux s’entendent bien, se comprennent. Paul Jorion n’insiste pas.
    Et aujourd’hui, voici que Paul Jorion choisit de mettre sur le devant de la scène un article de TH Saupique qui écrit tout le bien qu’il pense de Ruffin. C’est PJ le patron, non ? ( Hum ! )
    Alors pour PJ, que faudrait-il conserver du programme de la FI ?
    Pour ma part, j’observe ce qui se passe autour de moi. Je persiste à penser qu’il faudra bien se décider à penser l’effondrement en cours avec des outils qui n’auront pas été forgés par des libéraux et des anti-libéraux formés par le même système.
    Dans une structure qui n’existe pas et qui n’a encore jamais existé.

    «  Ce n’est pas si compliqué si on prend le temps d’y penser. » Chomsky

    1. Une histoire de la relation Parti de gauche d’abord, LFI ensuite, et moi, demande manifestement une personne mieux informée que vous 😉

      Un épisode à éclairer en tout cas – il date de 10 ans, voire un peu plus – un mail de Jacques Généreux (avec qui je correspondais déjà) me sollicitant, m’offrant de faire partie d’un petit cénacle de penseurs conseillant le PdG. Je réponds Oui avec enthousiasme.

      J’attends toujours la suite 😉 Quelle a été la nature de l’accident ? Mon mail n’est jamais arrivé ? Un véto quelque part ? Un revirement ?

      1. Un pigeon voyageur s’en serait peut être mieux sorti entre Vannes et Saint Brieuc , encore que 100 kms dans le sens sud – nord , ça laisse de quoi se faire descendre en vol .

      2. Durant l’été 2009, j’ai répondu à l’appel de Martine Billard et Paul Ariès.

        Extraits :  » En France, il y a urgence à faire front au sarkoproductivisme. Pour cela les réponses aux crises écologique, sociale et démocratique nécessitent de s’attaquer au mal à la racine en proposant une rupture franche avec les modes de production et de consommation dominants et de rejeter sans ambiguïté les assauts des démarches marketing d’ « écolo-blanchiment » qui, au-delà de l’effet de mode, participent à l’aggravation de la crise écologique. Le « capitalisme vert » ou la croissance verte, derniers avatars de l’économie de marché, n’offrent pas de solutions à la hauteur des enjeux du XXIème siècle.  »
         » Il n’y aura donc pas d’alternative crédible tant qu’une nouvelle construction politique ne prendra pas en compte les exigences d’une transformation à la fois sociale et écologiste. »
         » Pour nous, qui avons le souci de la préservation de la planète chevillé au corps tout autant que le désir d’égalité sociale et la lutte contre la société du mépris, le Parti de Gauche doit accomplir un geste symbolique à la hauteur des enjeux historiques en montrant qu’il est la force qui rompt avec l’aveuglement du passé. Cela suppose qu’il revendique explicitement l’identité écologiste, seule façon d’ancrer clairement sa volonté de se positionner tout autant dans les riches traditions de gauche que dans celles de l’écologie politique.  »

        L’écolo-anarchiste que je suis joue le jeu de l’échange d’idées mais l’écart est trop grand. Il y a encore beaucoup de l’ancienne gauche dans les rangs du PG. Je fais des propositions de changement de nom pour le PdG en réclamant d’y ajouter le mot « écologiste ». Mais cela coince et le geste symbolique attendu n’est pas accompli. Cela ne m’étonne pas car je me savais depuis une éternité sur une autre planète.
        Néanmoins, plus de dix ans plus tard je fais crédit au PG de s’être engagé sur le chemin malaisé de l’écologie radicale et lui sais gré d’avoir permis de lever une ambiguïté : l’écologie n’a rien à faire avec l’économie de marché, ne peut être qu’anticapitaliste et certainement pas social-démocrate.

      3. @Régis Pasquet :

        Sans attendre le PDG qui n’a pas su convaincre les électeurs , on va voir ce que Paris , Lyon , Marseille , Lille , Strasbourg , Bordeaux , Nantes , Besançon …et quelques autres arrivent à faire sur le terrain qui m’est cher .

        Mais c’est vrai que le système économique mondial dominant est une tutelle qu’il faudra savoir contourner dans les faits et les astuces de terrain . Une opportunité tactique cependant : la valse des milliards générée par le Corona-chamboule-tout , si les collectivités locales sont aussi bien arrosées et dotées que les transnationales pétro-aéro-bagnolesques .

    2. @R.P. 18h05 écrit :  » Pour ma part, j’observe ce qui se passe autour de moi. Je persiste à penser qu’il faudra bien se décider à penser l’effondrement en cours avec des outils qui n’auront pas été forgés par des libéraux et des anti-libéraux formés par le même système. Dans une structure qui n’existe pas et qui n’a encore jamais existé.  » …

      Réinventer le syndicat…. de l’intérieur… (via les résôsociôs si nécessaire , expérience « g.j. » oblige..) .
      En finir absolument avec mes « grasses » dans ce piège à cons devenu « fromage à trous »… En extraire « manu militari » par la base renouvelée et motivée la masse de sangsues à la gamelle galonnées « interlocuteurs sociaux »…
      ((https://www.pauljorion.com/blog/2020/07/20/emmanuel-macron-se-reinvente-par-chantal-montellier/ …comment 21/7 à 22h14))
      L’exemple (grasses personnelles proposées..) à éjecter d’un coup sec bien coordonné :
      …  » Un syndicat est une association de personnes dont l’objectif est la défense d’ intérêts professionnels communs. Les syndicats ou associations professionnels regroupent des personnes exerçant la même profession, des métiers similaires ou connexes et ils ont pour objet exclusif l’étude et la défense des droits, ainsi que des intérêts matériels et moraux, collectifs et individuels des personnes visées par leurs statuts . Ils ont la capacité d’ester en justice afin d’assurer la défense de ces intérêts…  » …
      Remplacer par « intérêt général confronté aux conditions d’avènement à terme de la fin d’espèce humaine ».

  10. Les affaires communales et autres strates territoriales. Comment dire ? Ça intéresse tellement le français de base (pas seulement lui) que 60% des inscrits ne s’est pas déplacé, voir moins sur certains secteurs.
    A quoi servent toutes ces strates (muni, inter, cc, departement, région, « pays » ect.. ) qui se partagent tant de domaines croisés pour que, lorsque une usine ferme, l’administre de base se demande ce que fait le gouvernement central ?
    Récemment j’entendais un sénateur dont un aéroport était concerné par les restrictions exprimer son mécontentement.. L’occasion de vérifier son véritable poids dans le système…

    1. A quoi servent tous ces français qui ne savent qu’exprimer leur mécontentement , et qui en appelle au président de la République pour la moindre paille en croix , tout en se plaignant que tout se décide à l’Elysée ?

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