Déjà revenus au monde d’avant ?, par JPC


Voici une photo du ciel tirée la semaine passée. Fini le ciel bleu azur quand les restrictions de déplacements étaient de vigueur !

C’est le retour de ces trainées blanches d’avion dans le ciel. Nous nous trouvons entre Bruxelles, Londres et Paris. Et ces derniers jours, notre ciel en a été bien fourni de ces traces. Cela laisse penser que le monde d’avant n’a pas disparu. Dans les esprits, je le constate quotidiennement la différence en comparant les médias francophones aux flamands : il n’a presque jamais été mentionné une quelconque remise en question du « monde d’avant » côté néerlandophone pendant le confinement. Tout devait repartir comme avant : vacances, affaires, pollution,… Peu se sont prononcés sur le bienfait de l’arrêt ou le besoin de remettre en question le modèle. Ou en tous cas, il n’ont pas eu droit à la parole. Je commence à croire que c’est une spécificité francophone (en tout cas française et belge), voire dans les milieux intellectuels dans d’autres pays, de mettre en question le modèle de société existant, et aussi d’avoir laissé cette pensée s’exprimer.

Bref, en voyant ce ciel balafré, le confinement vient à nous manquer… A moins qu’il s’agisse du retour en masse et d’urgence des touristes avant la deuxième vague 😉 ?

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16 réflexions sur « Déjà revenus au monde d’avant ?, par JPC »

  1. Depuis le début de cette semaine, je constate dans la presse francophone belge un changement de cap. On est passé du « attention à la deuxième vague! », au « tout va bien madame la marquise ». On s’empresse de nous dire que l’augmentation n’est pas si grave, qu’il faut sortir de la psychose ambiante. On nous dit même que l’on peut déjà songer à alléger les mesures prises. Bref, on ne sait plus sur quel pied danser. Le pompon date d’il y a deux jours. Le matin Steven van Gucht ( porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19) nous annonce que l’on est bien face à une seconde vague. Le soir même, Frédérique Jacobs (elle aussi porte parole interféral) nous annonce que nous ne somme pas face à une seconde vague. Il ne faut pas s’étonner qu’au bout d’u moment les gens finissent par zapper complètement et ne tiennent plus compte de ce qu’on leur raconte.

  2. La géographie est sans doute pour quelque chose, dans le fait que la Hollande, petit pays très densément peuplé, vivant du commerce international, se projette moins facilement que la France gros pays agricole, dans un monde d’après relocalisé…

      1. bonjour
        ici, en Hte Savoie, à 30 km de Genève, (aéroport international) nous pourrions faire la même image et le même commentaire
        concernant le ciel, pour le reste, je n’ai malheureusement aucune illusion…

  3. Et aussi que les néerlandais ont « fait leur choix » (un peu forcé ) de domestiquer la nature à l’échelle du pays entier: polders immenses, digue et barrage sur l’eau du Rhin (la mystérieuse Nieuwe Maas qui passe sous le pont Erasmus à Rotterdam, forêt réduite à du pur agrément, etc, laissant aux « européens dilués  » (les campagnes de France typiquement ) la maitenance « faible  » d’un monde plus sauvage, en fait surtout plus forestier et montagnard.

    1. @Joss.
      Oui, effectivement, les marches pour le climat ont commencé en Flandre. Mais les médias (et le public) passent facilement d’un centre d’intérêt à un autre: Pollution des eaux et de l’air avant-hier, Climat hier, Covid-19 aujourd’hui, crise et reprise économique demain,… sans créer de liens entre ces phénomènes. J’avais déjà étudié cette volatilité lors des mes études en sociologie politique, en faisant état d’une instabilité de l’électorat flamand, comparée au reste de la Belgique.

      @Thomas Jeanson
      Je confirme qu’il existe bien des similitudes entre l’économie flamande et néerandaise: une grande dépendance du PIB aux exportations (80% en Flandre, 84% aux Pays-Bas), mais je n’ai pas pris le temps de tendre l’oreille vers les médias néerlandais durant la crise. Paul a-t-il des connections pour répondre?

  4. Personnellement, j’y verrais aussi le choc entre une culture protestante affirmant que notre monde est le meilleur possible et que Dieu y veille d’une part, et une culture catholique laissant à Dieu et à César leur part respective de responsabilité dans la Jérusalem terrestre d’autre part…
    Pour une culture protestante, c’est à Dieu de gérer le monde (la main invisible), chacun doit se contenter de faire ses affaires ; la réussite est la marque de l’intérêt que Dieu nous porte.
    Pour une culture catholique, nous sommes tous responsable de notre salut et ce seront nos actes ici bas qui compteront (qu’a tu fait de ton talent ?) ; Embellir le monde fait donc parti du contrat passé avec Dieu.

  5. Je prends un immense plaisir à regarder le ciel bleu, immaculé, exempt de ces traces hideuses.
    Penser que tout sera meilleur après la pandémie est une pure illusion. Je fais partie de ceux qui pensent le contraire. La nature humaine ne change pas. Et puis cette pandémie ne sera peut-être jamais finie, ce virus n’est pas comparable à un virus de gripe. Et de plus un virus n’est pas un être vivant, c’est un machin; d’où la difficulté d’élaborer un vaccin. Donc il y aura peut-être d’autres période « ciel immaculé », qui sait.

  6. L’aéroport de Charleroi (Bruxelles sud) ne devrait-il pas être recapitalisé par l’actionnaire majoritaire (Région wallonne)? Si cela se confirme, alors, non rien n’a changé.

  7. Le trafic n’a jamais été totalement nul, il y a toujours eu un mouvement important des avions cargo durant la période du confinement, mais il est vrai que l’on décèle maintenant un grand retour des vols passagers sauf pour certains aéroports ou certaines contrées, il suffit d’aller sur le site de flightaware et taper les initiales de l’aéroport recherché.
    Au dessus de l’Europe ou des USA ou encore de la Chine et Japon, les avions sont comme des mouches au-dessus d’un pot de miel !
    Et voila de quoi il s’agit, c’est le miel : il faut à tout prix ‘relancer l’économie’ et dorénavant, tout doit être comme avant; balivernes que ces histoires de santé et de velléités de changement sociétal… -:)

  8. Ai de la peine à croire que nos voeux pieux aient quelque poids au regard des intérêts financiers soutenant l’industrie et trafic aérien associé, largement subventionnés par les états.

  9. Pas vu venir – Bernard Stiegler est mort – une grosse perte pour le monde d’après et une pensée ému pour ses quatres enfants.

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