Fanjeaux, dans l’Aude, Société de Secours Mutuel Saint-Roch : Paul Jorion, Le 1er novembre 2020

Je suis toujours ravi de découvrir qui a envie de m’entendre. Cette année la procession en costumes en l’honneur du saint n’aura pas lieu mais on aura l’occasion de venir échanger avec moi. On reste quoi qu’il en soit dans le cadre de l’espérance d’un monde meilleur 😀

L’annonce de ma venue :

Partager :

14 réflexions sur « Fanjeaux, dans l’Aude, Société de Secours Mutuel Saint-Roch : Paul Jorion, Le 1er novembre 2020 »

  1. J’ai vu il y a de cela quelques années à la ville de Huy en Belgique une fête en costumes d’époque où on transportait sur un espèce de baldaquin, une statue ancienne d’une Vierge. Il y avait une foule énorme dans les rues de la bonne ville de Huy et une ferveur religieuse indéniable ainsi qu’une adhésion à ce qui passait avec le cortège, une piété populaire réelle un peu incompréhensible en ce début de XXIe siècle.. et de Vatican II qui a tenu ce genre de manifestations à distance de la « Vraie Religion ».. Mais Vatican II est de nos jours fort oublié, c’est vrai aussi !.. (Je n’ai pas encore été revoir sur Google le descriptif de cette manifestation religieuse qui a lieu je crois tous les quatre ans )..

  2. Bonjour,

    je suis un passionné de l’histoire des Cathares et, à un moment donné, j’ai craint que l’on ne fasse l’apologie de Saint Dominique qui lors de l’Inquisition contre les Cathares, avait élu domicile à Fanjeaux où il créa l’abbaye de Prouilhe haut lieu de persécutions abominables .

    Cordialement.

  3. Le rendez vous est donc pour la Toussaint .
    J’ai toujours aimé le nom du fondateur de cette radio .Ça laisse beaucoup d’espoir.

  4. Si la solidarité est l’avenir , on peut dire que le monde d’après aura bien mérité du monde d’avant ,qui a des choses à lui apprendre . A Saint Etienne ( et dans tous les bassins miniers d’alors ) , dès 1852 , on posait les bases organisées (et financées par le travail…), de cette solidarité :

    https://patrimoine.secumines.org/xspecial/fichiers/HIS_Histoire_de_la_Securite_sociale_miniere_-_bassin_loire.pdf

    ( c’était ma contribution à la préparation – s’il en était besoin !- de la journée de Toussaint -jour très œcuménique !)

    1. La Sécu en France, c’est 1673 : l’Enim, l’Etablissement National des Invalides de la Marine créé par Colbert pour encourager à ce qu’on s’engage dans « la Royale », qu’on ne se fasse pas trop de souci quand la basse voilure encombre parce qu’on sait que l’État veillera sur la veuve et les orphelins restés au port.

      Quand j’étais marin dans les années 70, autour de moi, on ne disait jamais la « Sécu », on disait « Les invalides ». Je ne sais pas si l’habitude est restée.

      1. Je ne suis pas assez polyvalent pour rechercher tous les systèmes structurés , locaux , nationaux , voire internationaux , qui ont germé dans l’histoire . Le premier système de sécurité sociale a sans doute été la famille et le clan , avec toutes les dérives possibles quand « l’organisation  » et « le pouvoir » ne sont pas un tantinet consensuels et respectables .

        Par contre , il me semblait que l’OIT avait cogité sur le sujet , et j’ai fini par retrouver ça , qui depuis 8 ans a pu évolué ( en particulier le couplet sur les BRICS ) :

        https://www.cairn.info/revue-regards-2014-1-page-31.htm#

    2. Vous êtes de Saint-Etienne, Juannessy? Moi presque, je suis née à 15 kilomètres de là, (Bouthéon, lieu de villégiature où mes grand parents paternels, des marchands de cycles, avaient leur maison de campagne… ben oui…) J’y ai fait mes études, notamment celles aux Beaux -Arts…. Pierre Séon, mon grand-père maternel (mésalliance aux yeux des Montellier-Guichard) a travaillé à la mine, le puits Couriot, je crois (?) D’abord au fond, puis comme porion… J’ai cru comprendre que le Front Populaire était parti des révoltes de mineurs de la Ricamarie…? Les autres ont suivi. A l’époque et jusqu’aux années 80, Saint-Etienne était une capitale industrielle française (Le charbon, Manufrance, la métallurgie, le ruban, les armes, la gravure sur armes, le cycle,…) La ville était l’arsenal de Napoléon… « ILS » en ont fait la capitale du chômage et la ville la plus endettée de France! qui dit mieux ? La revanche de classe a été sanglante.

      1. Bonjour Chantal ,
        Oui je suis stéphanois issu de plusieurs générations de  » gagas  » aussi bien du côté paternel que maternel . J’y suis né dans le lit parental comme ma sœur et mon frère , et Sainté a accompagné mes vingt premières années puis une petite dizaine d’autres entre pas mal en Afrique , et au Maghreb, à Aix en Provence , à Montbrison , à Belfort , à Annecy , voire trois mois en ex-URSS .
        Le front populaire est plutôt né dès 1934 d’une saine réaction à la résurgence fasciste , mais les bassins miniers dont celui de la Ricamarie , ont , à coup sur, apporté une énergie ( facilement bagarreuse ).

        C’est la saga minière de mes parents , grands parents et oncles ( mon grand père paternel descendait au puit « Janin » dès l’âge de 9 ans puis …à Couriot ) qui a d’ailleurs alimenté ma  » formation  » à la sensibilité « solidarité » , et m’a conduit à m’intéresser moi aussi à la naissance des systèmes d’entraides et de soins .

        Pour tous les stéphanois de ma génération , les gens de la plaine du Forez étaient effectivement des bourges ou des ploucs près de leurs sous .

        Je serai moins radical que vous pour imputer au seul libéralisme la dégringolade de Sainté qui a eu le malheur ( ou la chance ?!) d’être confrontée dès les années 70 à la fin de l’énergie « charbon » qui a asuré sa gloire et ses usines , et à l’écroulement des industries pourvoyeuses d’emplois . L’état actuel de la ville devenue  » métropole  » donne en même temps un peu d’espoir ( la ville a survécu en s’anémiant ) et de la terreur ( car elle donne l’image de ce qui frappe désormais tout le pays , si pas tout un modèle occidental ) .

        PS : Guichard , de Guichard- Perrachon ?

  5. Les anthropologues sont de grands sentimentaux : il n’y a de superstition qu’ils n’exècrent et maudissent pour la somme d’incompréhension et d’illusion qu’elles transportent avec elles, mais ils les respectent aussi et même les honorent, pour savoir la somme de souffrances qui fut au départ leur terreau.

  6. Chers tous, cher Paul

    En trois temps

    1. La fête de la Saint Roch

    Si la Société de Secours Mutuel Saint Roch n’a pas disparu dans les années 80, c’est grâce à l’abbé Subra, curé de Fanjeaux, alors président de la Société, qui eut l’idée de cette procession costumée à l’occasion de laquelle seraient aussi honorée la laïcité et la coexistence pacifiée de toutes les familles d’opinion. C’était d’ailleurs LA CONDITION pour que le projet puisse voir le jour. Tout le monde étant bien d’accord sur LA CONDITION, les hommes ont massivement soutenu en pensée les femmes qui ont massivement dessiné, taillé, cousu les costumes 😉

    A Fanjeaux nous appelons la procession : défilé. C’est vous dire le peu de consonance liturgique de cette fête d’apparence votive.

    C’est comme ça en ruralité. Pas de scrupule à sortir les saintes reliques du trésor un jour du calendrier agraire tout en avançant vers la liberté aujourd’hui, demain et toujours. Il m’arrive même de soupçonner que c’est pour les participants l’occasion de descendre le temps d’un défilé, dans leurs propres profondeurs, d’y chercher la vérité, pour la créer eux-mêmes ! Car ils savent qu’ils ne la trouveront nulle part ailleurs.

    En cette année un tout petit peu particulière, la partie costumée de la fête n’aura pas lieu. Aussi nous avons décidé de resserrer autour du noyau fervent en conservant la messe en occitan : la lengua nostra… parlée par nos parents, nos grands-parents… si bien écrite aussi par de plus lointains ancêtres. Inutile de vous dire que le corps religieux du village s’en trouve bien surpris à deux doigts de penser au miracle 😉 Nous comptons sur cette piété un peu incompréhensible en ce début de XXIe siècle dont parlait Charles-Henri Batjoens dans son commentaire pour susciter l’envie de jouer le jeu chez tous les participants. Le jeu est quelque chose d’extrêmement sérieux. Les enfants apprennent en jouant. Les acteurs du théâtre antique qui jouaient le héros étaient habités par lui. Le 16 août 2020 à Fanjeaux sera l’occasion d’incarner – le temps d’un mini pèlerinage non costumé autour de l’église consacrée au culte des figures illustres de la chrétienté – le rôle de ces héros et héroïne du quotidien qui jamais n’ont sous-estimé leur rêve de vie bonne pour tous et partageuse avec tous.

    Incarner grâce au jeu, le calme, l’entraide, la solidarité et la confiance en temps de crise ne serait-ce qu’une second et s’en souvenir à jamais.

    2. La mutualité

    C’est une fierté des habitants de Fanjeaux que d’avoir pu conserver la Société de Secours Mutuel Saint Roch comme témoignage du passé et de l’histoire de la mutualité.
    Comment répondre à des besoins incompressibles de protection sociale auxquels l’Etat n’a plus la volonté, ni l’envie d’y consacrer les moyens pour les prendre en charge sans redonner vie à des conceptions hiérarchisées (type corporatiste ou assurance privée) de l’organisation sociale faisant une place au lien solidaire ?

    C’est une question que nous poserons à Paul. Nous lui demanderons aussi de revenir sur les notions d’Etat providence et de « gratuité pour l’indispensable ». Et pourquoi pas sur la fin et les moyens, la vérité et la réalité 😉 ou les nouvelles formes de pauvreté dues à la dégradation environnementale. Il sera question de feuille de route pour reprendre son expression dans son dernier ouvrage : Comment sauver le genre humain ?

    Nous essaierons de faire en sorte, avec son accord, que le débat soit filmé pour archive et retransmission à ses followers.

    3. Les cathares

    « Al cap dels sèt cent ans, verdejara lo laurèl » Au cap des 700 ans le laurier reverdira.

    C’était en 1309. Imaginez : Guilhem Belibaste, le dernier bonhomme parfait, est debout sur le bûcher. Il voit autour de lui des gens qu’il connaît, des gens qui connaissent sa pensée. Tous savent ce qu’il prêche. Tous l’ont entendu raconter comment les anges furent arrachées à leur patrie céleste, leur exil en ce monde dont Satan est le prince et la promesse de salut. Tous savent que pour Belibaste dernier cathare, nous sommes des étoiles tombées du ciel qui s’incarnent et se réincarnent dans le monde de l’existence passant d’un corps d’oubli à un autre corps d’oubli à la manière d’un oiseau migrateur jusqu’au moment où nous rencontrerons un ange conscient de l’être qui nous éveillera à la conscience de notre véritable origine.

    Belibaste va mourir pour sa destinée.

    Bien plus qu’une provocation ou un acte ultime de résistance, c’est un message d’espoir qu’il délivre : au cap des 700 ans nous pourrons à nouveau tous ensemble penser et bâtir un monde meilleur, une cité doré promise à tous.

    Je suis toujours touchée quand je pense à ces dernières paroles de Guilhem Belibaste.

    Merci pour vos commentaires. Grâce à eux nous avons voyagé, milité, chanté la grande histoire et rêvé la petite.

Les commentaires sont fermés.