Verlaine et Rimbaud : sur l’importance insigne parfois des questions subalternes

Ne prenant parti sur les questions essentielles que par l’affirmation rare de quelques grands principes, je n’ai pas a fortiori l’habitude de me prononcer sur les questions n’ayant qu’une importance minime comme de savoir si Verlaine et Rimbaud doivent être au Panthéon. Ce qui ne m’empêche pas d’être consterné par la petitesse d’un texte s’y opposant, dont les signataires se classent eux-mêmes en « Rimbaldiens » et « Poètes, écrivains, artistes », et sont déjà entre eux à couteaux tirés puisqu’on y lit :

Associer les deux noms de Rimbaud et Verlaine – ce qui est une simplification biographique et une erreur littéraire, car ils ne sont pas de la même taille.

Ambiance !

Quoi qu’il en soit, j’ai laissé sur le site du Monde la remarque suivante :

Sinistre texte qui confond dissident avec réprouvé. Les ravages de la médiocrité bien intentionnée.

P.S. Inattendu de ma part mais probablement révélateur de ce que je dénonce : mon commentaire n’a pas été publié.

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17 réflexions sur « Verlaine et Rimbaud : sur l’importance insigne parfois des questions subalternes »

  1. Ah, les jaloux que Verlaine ait une lettre de plus à son nom que Rimbaud !
    Qu’est-ce que ça les amuseraient, s’ils ressuscitaient (et à 17 ans comme le dit Arthur)

  2. Ayant un « parti pris » décidément trop bien ancré… dans ce qu’il me faut juger prioritairement… comme étant « essentiel », pour moi certes… mais surtout, pour ce que je souhaiterais être réciproque pour autrui… du moins je ne peux qu’espérer, qu’i-ellel s’y retrouve…. avant d’arbitrer quoi que ce soit d’autre « d’existentialisme » pour « l’abstraction » d’une « culture »… je persiste et signe avec ce retour à ce qui est fait passé pour « irréelle », « irrationnelle » même… à en croire « l’inculturation » de la « dictature des émotions » médiatiques.

    Sans pour autant manquer de respect à notre hôte, ni aux poètes… et encore moins aux sexes des anges, dont il faudrait calculer quelles « natures » « éthérées » ou « physiques » faudrait-il, pour qu’ils-elles soient le plus nombreux possible à « l’orgie »…

    « Faut-il s’étonner de ne pas déjà entendre celles et ceux des « donneurs de leçons de morales » sur la « légitimité du ras le bol fiscal », « poujadisme »… déplorant des méfaits « sociaux » (le « scandaleux » non respect de la « propriété privée », lors de squats de résidences secondaires par exemple ?)… des conséquences économiques (comme la socialisation des loyers, dettes fiscales, sociales, morales… de propriétaires privés d’entreprises, alors qu’il n’y a pas de socialisation des loyers des citoyennetés les plus pauvres…?), durant cette conjugaison de crises sanitaire, « sociétale »… comme celles conséquences aussi, par exemple, de restreindre les contacts, les déplacements, la vie civile, familiale, des personnes les plus a risque, et comme celui risque d’être infecté par la covid-19, pour les plus âgés – anciens fonctionnaires très nombreux, « actifs » dans le bénévolat auprès des associations du genre « les resto du cœur », etc – … est-ce donc étonnant de ne pas les entendre, prévoir « l’incompétence gouvernementale » et l’indignité pour une des plus « grandes puissances mondiale »… à constater de nouvelles queues phénoménales de gens pauvres, dans la précarité, l’injustice des « discriminations systémiques » (discrimination impunies dans l’accès au logement, dans les 80 % d’embauches ne se faisant qu’en CDD très courtes durées, temps partiel subi… discriminations impunies dans les brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès, « manifestations interdites », cas de NON RECOURS – « inégalités de destin » impactant 30 % des « bénéficiaires » du RSA, qui ne touchent aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent ») le long des trottoirs de quartiers sensibles… comme ce fut le cas durant le confinement… et réagir dans le genre de prendre l’air « je vous l’avais bien dit », pour « masquer » le fait de chérir ces inégalités territoriales, scolaires, « sociétales » auxquelles ils-elles se proposent de répondre par imposer : la fusion des minimas sociaux en plus de les rendre imposables sous prétexte de lutter contre les « fraudes sociales »… : le « bénévolat subi », le « travail gratuit » des moins vieux des plus pauvres en « inactivité totale ou partielle » (cumulant aussi nombre de facteurs multiples de comorbidité) contre le droit d’accès au RSA, à une prestation chômage (qui remplacent dans ces assoc, le bénévolat des retraité.e.s à risque, dont il sera bientôt question d’aligner, l’âge de départ à la retraite, dans l’espoir de la vivre en bonne santé, pour les plus précaires, pauvres modestes, en net recul d’ailleurs… au taux de mortalité de ce coronavirus, si la spéculation sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et des prix de masques, réactifs pour les tests, médicaments, vaccins, respirateurs, place de lits de réa, denrées alimentaires, etc, n’est pas interdite )… ? »

    1. Mais que risque donc « d’inventer » comme nouvelle « offre, » les « paris nus », des « marchés », des spéculateurs aussi découverts qu’indécents dans la géométrie variable du « puritanisme » de leur sens « moral »… à « l’anticipation gouvernementale » d’une « demande » de renouveler une »prime du minima social », pour qui des plus pauvres va être confiné… dans le corsé de la « paix social »… après l’étrange coïncidence de l’alignement d’une console de jeux vidéo (90 euros pièce) à la dernière « revalorisation exceptionnelle » de prestations sociales… « revalorisation » qui a largement gavé les grandes enseignes de supermarché, l’industrie agroalimentaire, les banques… leurs actionnaires assistés sans contreparties…. lors du dernier confinement généralisé, qui a privatisé la distribution de la solidarité destinée aux enfants des familles les plus pauvres, modestes, au travers de repas GRATUITS, « à pas chers », habituellement fournis par les services publics des cantines scolaires, en des territoires (les sénatoriales n’étant jamais loin)…?

    1. Voyez les messages qui sont passés, même une pub pour un établissement : on n’est pas très regardant. Ce serait d’autant plus intéressant du coup s’il y avait une liste noire avec un nom, un seul ? 😀

      N’étant pas très parano de nature, je viens de réessayer. Je vous tiens au courant.

      1. Il me semble qu’après 3 vaines tentatives de faire publier le commentaire

        Sinistre texte qui confond dissident avec réprouvé. Les ravages de la médiocrité bien intentionnée.

        … l’hypothèse de ma paranoïa puisse être écartée et qu’il faille se demander ce qui dans ces 2 (brèves) phrases, conduit Le Monde à censurer les propos de pas n’importe qui ( 😀 ) : un de ses propres chroniqueurs pendant 11 années !

        Qu’est-ce qui accroche ?

        texte qui confond dissident avec réprouvé

        ou bien

        ravages de la médiocrité bien intentionnée

      2. C’est « Sinistre » qui coince : « Senestre ». Or pas qustion d’aller à senestre pour Le Monde devenu si dextre.

  3. Dans 100 ans un dilemne similaire surgira de nouveaux et viendra diviser l’idiocratie : qui de Messi ou de Ronaldo … 🙂 🙂
    O tempora o mores !

  4. Peut être n’est-ce pas le commentaire du jour, mais le commentateur qui est sur liste noire, après des commentaires précédents… ? (Vous pourriez le poster avec une autre identité).
    Je ne connais pas un « média » classique qui soit ouvert à une analyse critique. Par exemple, le « médiateur » du Monde est un avocat de la défense. Il en va de même de celui de la RTBF… Or les médias surfent depuis six mois sur la vague de la panique et de la polémique. Ils l’amplifient puisque c’est « vendeur ». D’ailleurs, on pourrait juger une polémique Rimbaud-Verlaine comme un dérivatif, un clivage secondaire.

  5. Il me semble que traiter sans détailler l’ensemble de ces signataires sous l’étiquette « ravages de la médiocrité bien intentionnée » dépasse votre pensée, Paul Jorion.
    De toute façon, ce pouvoir macronien ne mérite que contestation de la quasi totalité de ses entreprises, il est totalement indigne de confiance. Autrement dit, cette mesure est a priori et jusqu’à plus ample information très contestable.
    Au final, c’est votre ange gardien qui fait refuser ce commentaire, un sort que j’aimerais ne pas voir réservé au mien (le refus, pas l’ange gardien).

  6. Quoi qu’il en soit, quand j’ai découvert cette galéjade (« panthéoniser » Rimbaud et Verlaine, de surcroît « en robes de mariés » ? comme le souhaiterait Roselyne Bachelot), heureusement que j’étais assis…
    Absurde et abject, à en donner la nausée… jusqu’où les politiciens iront-ils dans la récupération, falsification, trahison et neutralisation de la révolte ?! comme si industriels, publicistes et autres pisse-lyres n’en avaient déjà pas fait assez…
    Quel rapport entre « le culte des (grands) hommes », institutionnalisé, le remugle des monuments de la culture… et le contre-poison de Rimbaud, cette « protestation de tout l’être devant tout » (comme le qualifiait Breton), qui dans son refus de pactiser écrivait : « Et le poète soûl engueulait l’Univers ! » ?!
    Quant à Verlaine, dans ses « Mémoires d’un veuf » (une notule intitulée « Panthéonades ») il déplorait ainsi le sort réservé à Victor Hugo : «Ils l’ont fourré dans cette cave où il n’y a pas de vin !»“

  7. oups…
    après un coup d’oeil jeté aux « quatre raisons principales » de la pétition de ce projet : « littéraire », « politique », « morale » et « judiciaire »…
    quant à l’aspect « littéraire », évidemment, même si les deux poètes réfractaires ont justement toujours oeuvré contre tout rattachement à l’histoire ou institution littéraire, contre « la vanité littéraire » (« et tout le reste est littérature »)… et contre toute consécration.
    Quant à la politique et la morale, c’est tout simplement un monstrueux contre-sens et une méconnaissance totale, un travestissement de l’oeuvre et de la « pensée « des deux hommes (tous deux défenseurs de la Commune), qui n’ont cessé de cracher sur la politique, l’Etat de leur époque, comme sur la morale…

    Un article dans « Libération » met judicieusement les points sur les « i » en parlant de deux « poètes sauvages », l’exact opposé de ces politiques :
    https://www.liberation.fr/debats/2020/09/16/rimbaud-et-verlaine-trop-sauvages-pour-le-pantheon_1799684

    Toutes ces célébrations institutionnelles ou médiatiques, anniversaires et autres exercices d’admiration, ne sont le plus souvent qu’une pétrification de l’esprit des œuvres, l’étalage d’un respect mortifère, neutralisant le scandaleux et la révolte, derrière la figure statufiée de l’auteur, une béatification des artistes ou écrivains, devenus idoles d’un culte, institutionnel ou marchand. L’intempestif Rimbaud a déjà été ainsi largement galvaudé, passé à la moulinette du recyclage : la prospérité policée du mythe, érosion bienveillante de sa sauvage insurrection.
    Je ne peux que repenser à ce qu’écrivait Georges Picard à propos des célébrations de son 150eme anniversaire en 2004, constat désolant, faisant presque figure de parangon en la matière :
     » […] le spectacle ridicule de poètes improvisés qui se répandent sur la Toile avec une vulgarité à vous faire détester à jamais l’idéal de la poésie. Que reste-t-il de Rimbaud lu, interprété, adapté, plagié, détourné et mouliné par la machine médiatique et publicitaire ? Des slogans, des images simplistes, une icône écœurante. Les bonnes intentions visant à faire connaître Rimbaud partout, jusque dans les halls de gare, par on ne sait quelle malédiction tournent au mauvais sentimentalisme. C’est qu’on ne peut pas accéder à la grande poésie, sinon très superficiellement, par la magie douteuse de campagnes de promotion « vendant » du Rimbaud comme une pop star. »

    1. A force de passer du culte d’origine médieval de la « disputatio » comme boussole du savoir (comme point cardinal) au culte actuel de la « disruptatio » en vogue au macronistan et autres contrées anglo-saxonnes, on considère Verlaine et Rimbaud comme des dieu de la disruption, c’est bien beau.
      Ils représentaient une respiration pour les jeunesses qui avaient étouffé sous les littératures « lourdes » du XVIIIème (fin XVIIè…) et XiXème siècles, celles qui remplissaient les rayonnages de bibliothèques (de Boileau et Fénelon à Sainte Beuve).
      Mais n’étaient pas en phase avec une « modernité disruptive », la modernité n’allait « que » avec l’industrialisation et une science encyclopédique et pasteurienne, gommant son moteur esclavagiste-colonial puis énergétique dans un flou calculé.
      Il y a beaucoup à solder, mais le Panthéon, ce n’est pas Le Printemps ou les Galeries Lafayette, pour ce qui est de solder.

      1
  8. Les philosophes du pouvoir ne suffisent plus à alimenter les potins de la cour, voilà qu’on leur offre des graines à picorer.

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